Transcription de l’épisode WD-40, Spécial 30e anniversaire — Épisode 2 : Crampe en masse

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Hey tout le monde ! Bienvenue au spécial 30e anniversaire de WD-40. Voici l'épisode numéro 2 qui traite de l'album Crampe en masse. Alors, bienvenue à L’Album Podcast ! Avant de commencer, je tiens à remercier Éric Goulet pour le thème de l'émission. C’est un plaisir de vous retrouver pour revoir l'histoire et la discographie du groupe.

Hugo Lachance : On va parler du parcours d'Alex Jones et d'Étienne, entre autres, mais avant de débuter, je vous invite à suivre les épisodes de L’Album Podcast sur YouTube ou sur nos réseaux sociaux. Cherchez « L’Album Podcast » sur Facebook, Instagram et TikTok. S'il vous plaît, laissez des commentaires et mettez-nous plein d'étoiles sur Apple Podcast par exemple. Vous savez comment ça fonctionne, ça nous encourage vraiment à continuer. Il est maintenant temps de vous présenter mes invités.

Hugo Lachance : On y va pour ce deuxième épisode en compagnie d'Alex Jones. Merci d'être là ! On va se concentrer un peu plus sur l'histoire du groupe. Pour continuer là-dedans, j'ai relevé deux extraits de chroniques du journal Voir datant de novembre 2001, signées par Nicolas Tittley.  Je voulais en parler. Le premier extrait mentionne : « Alex Jones et ses deux comparses, dont son frère le guitariste, ont connu une carrière pour le moins surprenante qui les a amenés de la Californie à Montmartre en passant par Sherbrooke ». Je trouvais ça bizarre parce que ça ne semble pas être le bon album, mais ça parle de l'histoire du band.

Alex Jones : En fait, c'est parce qu'on avait complètement inventé une discographie pour célébrer nos 40 ans ! On avait fait les maths à mort. On avait inventé des histoires de Californie et de Montmartre.

Alex Jones : J'ai fait un tour dans le studio de répétition des Wampas une fois, mais c'était à titre personnel, pour mon plaisir. C'était vraiment des histoires inventées. On n'est jamais allés en Europe avec WD-40.

Hugo Lachance : Ah, d'accord ! Ça m'étonnait aussi, l'Europe. Le deuxième extrait, vers 94, c'est Alex qui parle : « En 94, j'ai lancé WD-40 pour le fun, même si dans le fond, ce que j'espérais vraiment, c'était de devenir une vedette de rock pour ne jamais avoir à travailler et recevoir assez de redevances de la SOCAN pour rester chez nous, un point c'est tout ». Ce sont vraiment de belles paroles, j'y crois encore !

Alex Jones : La SOCAN, c'est quelque chose qui a sauvé la musique, je crois. Il n'y aurait plus de musique indépendante aujourd'hui si la SOCAN n'existait pas. C'est simple, je pense que 90 % des artistes québécois vivent de ça. Aujourd'hui, ça a changé et ça fait mal à bien du monde. On pourra en reparler plus tard, mais les redevances diminuent. J'aimerais qu'on regarde ça, parce qu'à un moment donné, il ne faut pas parler de complot, mais la SOCAN, c'est supposé être très payant.

Alex Jones : J'ai travaillé en télévision, en film, j'ai été professeur de musique. J'ai posé du MacTac et du vinyle, j'ai travaillé pour Postes Canada. Finalement, on est tous du monde qui aimerait ça rester chez nous, mais les redevances ne sont pas assez élevées.

Hugo Lachance : Écoute, on va tomber au prochain segment : la présentation de l'album. Parce que Crampe en masse, c'est quand même un gros morceau avec une vingtaine de pièces là-dessus. On va le remettre en contexte, car on veut savoir où vous étiez dans votre vie à ce moment-là. Le titre est donc Crampe en masse. Ça n'a rien à voir avec le duo d'humoristes Crampe en Masse ? Est-ce qu'ils vous ont demandé la permission ?

Alex Jones : On est sortis en même temps. Je ne sais plus qui est sorti en premier, mais on parle de jours ou de semaines. Dans ce temps-là, il n'y avait pas d'Internet. Eux étaient inconnus à cette époque-là, il faut le dire. Nous, ça a tellement « niaisé » avant qu'on sorte notre disque parce qu'on n'avait pas d'argent. On pensait sortir au printemps, après ça à l'automne suivant. On a changé de gérance pour Productions Chrysanthème, mais ça a tellement « gossé » que ça a pris un an avant qu'on le sorte après l'enregistrement. On s'est fait damer le pion parce que le groupe d'humoristes a sorti son truc à peu près en même temps. On était vraiment en fusil parce qu'on pensait avoir une idée sensationnelle avec ce titre-là.

Hugo Lachance : L'album est paru en 1998. Il existe des traces sur YouTube du lancement où tu te fais interviewer, Alex, par Mike Gauthier pour MusiquePlus, le 8 juin 1998.

Alex Jones : Je me souviens, MusiquePlus était venue pour nous filmer. C'était impossible de jouer le disque sans jouer par-dessus. MusiquePlus était tellement importante dans ce temps-là.

Hugo Lachance : Il y a aussi l'histoire de la pochette, qui est bien particulière. Je suis quand même content du résultat.

Alex Jones : On a fait faire la pochette par un graphiste recommandé par Jean-Robert Bisaillon, que j'aime beaucoup et qui apparaît dans l'album. Jean-Robert m'avait recommandé Sylvain Fernand, un genre de « nerd » qui garde ses bonhommes Star Wars dans leurs emballages originaux pour qu'ils prennent de la valeur. Il y avait même des boîtes de céréales ouvertes avec des bonhommes dedans ! Il avait compris le concept et travaillait toute la nuit là-dessus.

Alex Jones : Sauf que dans ce temps-là, il fallait faire une impression de film à l'imprimerie. Son écran était mal calibré et quand Rick Dexter a fait imprimer les films de la pochette, ça a été laborieux. On s'est compliqué la vie. On avait pris des photos de notre environnement : la cour à « scrap » en arrière de chez Global Néon, qui n'existe plus. Il y avait un garage à une porte, mais lui a décidé de faire un garage à quatre portes. Il a passé huit heures à faire ça, je me demandais bien pourquoi.

Hugo Lachance : Il y a un personnage sur la pochette, est-ce que c'est lui qui l'a fait ?

Alex Jones : Finalement, la pochette a coûté deux fois plus cher que prévu parce qu'il a fallu réimprimer les films. J'étais pauvre dans ce temps-là et ça a coûté 800 $ de plus que je n'avais pas. Le bonhomme sur la pochette, c'est « Cowboy ». On avait pris une photo de lui dans une toilette de la « shop » pendant qu'il était dans un état pas possible. Des gens pensaient que c'était moi quand j'avais mon dentier ! On voit aussi le volant original de notre premier camion de tournée.

Hugo Lachance : L'enregistrement a eu lieu au studio Plante Verte, c'est ça ?

Alex Jones : C'est sur la Rive-Sud, à Longueuil ou un peu plus loin. On a enregistré pendant l'été indien, on entendait des criquets. Les infos que j'ai, c'est studio Plante Verte et Piccolo.

Hugo Lachance : On passe à la rubrique « Ils ont dit ». J'ai trouvé des extraits de critiques de l'époque.

Hugo Lachance : Éric Parazelli écrivait dans le Voir du 10 juin 98 : « J'irais même jusqu'à dire très honnêtement qu'Alex, cet enfant de chienne, ce zombie, cette bête du lac, sait avant tout être tendre et doux. Il a pondu parmi les chansons les plus vraies de mon palmarès québécois. C'est vrai qu'il est vulgaire, qu'il chante des histoires de sexe, de drogue et de bière avec une sombre brutalité, mais il décrit aussi ce délire existentiel avec un panache et une ironie irrésistible ».

Alex Jones : Les gens du Voir nous soutenaient beaucoup. Quand les gens tombent en amour avec WD-40, ils restent accrochés longtemps. Je peux comprendre Éric là-dessus, parce qu'avant d'être dans le système, j'étais moi-même un fan.

Hugo Lachance : Il y a aussi un extrait de Christiane Laforge dans Le Progrès-Dimanche du 21 juin 1998. Elle présentait un spectacle à venir au TNT de Jonquière : « Il interprétera sans doute des extraits de son récent album Crampe en masse, musique dite punk-garage de type Ramones ou Wampas. On le dit non sans gêne, mais non sans reproche ». Êtes-vous encore « avec reproche » ?

Alex Jones : J'ai toujours beaucoup aimé les Wampas, surtout quand on les a rencontrés en 97. Ils sont venus jouer à Chicoutimi et c'était magique. Ils ont d'ailleurs fait un album qui s'appelle Chicoutimi à cause de ça.

Alex Jones : Je voulais aussi rendre hommage à Franck Laliberté, qui est cité dans une chanson. C'est lui qui a fait l'histoire de la « pioche coutumière ». C'était un gars très anarchiste, légèrement poly-toxicomane, mais qui avait un certain talent. Il m'a écrit une semaine avant sa mort pour me dire qu'il avait beaucoup aimé la pièce. Il est mort juste après.

Alex Jones : Il était au concert des Wampas dans un état « près du Wisconsin ». C’est là que la chanson « Reprendre à l'école » a pris forme, avec l'idée d'arrêter le chimique.

Hugo Lachance : Quel était le contexte d'écriture de cet album en 98 ?

Alex Jones : Beaucoup de chansons se retrouvaient déjà sur les démos. On s'est fait reprocher de ne pas avoir mis « Y'en aura pas de p'tites culottes » sur l'album, mais je voulais déjà passer à d'autres choses. C'était une prolongation de Hors-série. On jouait et on pratiquait beaucoup. Je composais tout le temps. On travaillait à la « shop » : on travaillait, on buvait et on composait. On voulait faire un album qui allait révolutionner l'histoire du monde entier !

Hugo Lachance : C'est le 25e anniversaire de Crampe en masse cette année. Comment percevez-vous cet album aujourd'hui ?

Alex Jones : C'est le vrai premier album, le plus marquant avec ses 20 tounes. On pensait vraiment devenir des stars !

Hugo Lachance : On passe au segment : une chanson après l'autre. On va écouter un extrait de 30 secondes pour chaque pièce et vous pourrez commenter.

Hugo Lachance : On commence avec l'intro monstrueuse.

Alex Jones : Ça n'a pas été enregistré sur digital, c'est de l'analogique. Comme on n'avait pas beaucoup d'argent et qu'il restait des bouts de bandes de 8 pistes, on a utilisé les restants pour faire des intros. On a cogné sur une bonbonne de gaz et une cloche. On a fait des mix de ça. C’est un peu comme les Beatles, on a utilisé la bande au complet parce que ça coûtait cher !

Hugo Lachance : Chapitre 7 : Quand le yâble me pogne. [Musique]. Canadien. [Musique].

Alex Jones : Je me souviens, je sais que Jean-Robert jouait du clavier là-dessus, mais je me rappelle que je devais seulement jouer du Korg parce que j'ai toujours voulu jouer de mon ostie de vieux Korg monophonique. C'est ça l'espèce de slide au début, le « wouh ».

Hugo Lachance : C'est quoi encore ? C'est quoi, c'est un clavier Korg qui me suit, c'est quoi son numéro ?

Alex Jones : Écoute, c'est une grosse machine que j'avais achetée au marché aux puces à Chicoutimi, genre en 89. Je l'ai fait réparer une couple de fois, mais maintenant il est rendu une pièce de collection. C'est un genre de clavier monophonique, ça faisait un son par un. Il est vraiment de base, il y a comme trois ou quatre pitons, quatre ou cinq sons. C'est un clavier très court avec un casing en bois. C'est vraiment préhistorique, c'est un Korg, je pense c'est un 70 ou un 76, une affaire de même. C’est une vieille machine, mais ce sont des sons analogues assez puissants, donc j'en ai mis sur tous nos albums. C'est comme mon clavier fétiche, puis je trouve qu'il est très dur à maîtriser parce que, premièrement, je maîtrise très mal le clavier.

Alex Jones : Jean-Robert a fait quand même une très bonne job. Je me souviens que je le suivais en tournée une couple de fois. Il était supposé juste jouer sur une couple de tounes, mais il jouait tout le long, il s'est complètement investi parce que c'est lui qui fait ça. Il avait un Jupiter 6, je pense. Il jouait du Jupiter 6, de la simu de B3, il y avait un autre clavier que je me souviens plus c'était quoi. Pour mon Korg, je ne me souviens pas maintenant si c'était moi ou lui qui l'opérait, il me semble que c'est lui.

Hugo Lachance : Moi je trouve que dans mes notes, j'ai : chanson avec un côté humoristique mais aussi un côté existentialiste. C'est clairement une toune de quelqu'un qui s'emmerde. C'était pas drôle, je ne sais pas pourquoi. Ce n’est pas que je n’aime pas, mais c'est une toune nerveuse. Peux-tu m'expliquer ça ?

Alex Jones : Écoute, c'est pas compliqué, c'est la vie que j'avais à l'époque. J'avais réussi à avoir une vie quand même très stable à ce moment-là de ma vie. J'habitais avec ma blonde à l'époque, j'ai été un bout de temps sur la rue Cartier. On avait un très bel appartement sur le Plateau qui aujourd'hui doit valoir un million de dollars. Je travaillais à la shop, mais j'avais quand même pas pire une qualité de vie selon moi. Aujourd'hui, je serais multimillionnaire d'avoir gardé ça. Mais tout ce que je voulais, par exemple, c'était toujours plus me la poigner que ma blonde, puis je voulais juste... j'avais comme un besoin de fuite à quelque part. Il ne manquait rien vraiment pour être heureux, mais j'en voulais plus, en fait c'est ça.

Étienne Carrier : Sais-tu, moi, tu as toujours eu plus de facilité que moi, parce que la shop, pour moi, c'était vraiment terriblement lourd à porter. De mon côté, je voyais que je partais à la brosse parce que j'étais seulement déprimé d'aller poser des enseignes électriques, de tomber des échelles cette année-là. Moi, je veux dire, j'étais très heureux pour toi, mais je le voyais chez toi aussi. Moi, je me disais : « Qu'est-ce que je fais ici ? ». Je me suis toujours dit que j'étais un intellectuel. Qu’est-ce que je faisais là ? Puis ça a duré toute ma vie en plus, c'est ça qui est grave. Mais ça fitte avec la toune, par l'existentialisme, Albert Camus, André Malraux. C'est exactement ça, je te dis, j'étais déprimé.

Hugo Lachance : Tu vois qu'on sent vraiment qui vous êtes, et moi qui vous connais personnellement tous les deux depuis longtemps, ça résonne vraiment. C'est hallucinant. J'ai noté aussi, parce qu'avant d'être batteur de la formation j'étais un fan, il y a ce que je perçois de l'humour dans WD-40 parce qu'il y a bien des trucs qui m'ont fait rire à fond. Au départ, je me souviens de t'entendre parler de tes vapeurs de la même brosse, du genre : « J'écoute La Semaine verte en passant le claude », c'est quand même quelque chose ! C'est hallucinant. Mais je comprends ça, parce que quand j'ai écouté l'album après, j'ai plutôt accroché. Je pense à mon avenir en me passant un cross, il y a quand même une espèce de... justement, on parle d'édition, sortir un jour. « Moi tout ce que je voulais, c'était me crosser plus souvent ! » [Rires]. C'est fou !

Alex Jones : Oui, je voulais qu'on... j'avais envie de faire des musiques. Ça ne me dérangeait pas de travailler à la shop, ça m'inspirait. Encore maintenant, tu sais, je suis comme ça, ça ne me dérangeait pas moi. Oui, il y avait des bouts roughs, des bouts plates, mais on partait le matin puis je strappais du GTO dans le camion, ça me mettait de bonne humeur. J'avais une nouvelle caisse de lait pour mettre mon coffre d'outils, j'étais content !

Hugo Lachance : Là on est en janvier 2023. Le dernier truc qu'on a fait, c'était le 22 décembre pour Noël dans le parc à Émilie-Gamelin. Alex est arrivé avec son gros truck avec Corona écrit dessus. Non seulement il amène le stock, mais il amène les enseignes, des caisses de t-shirts, les ventilateurs, les boîtes lumineuses au-dessus. C'est énorme, ça prend toute la place, mais ça a quand même été bon pour le band !

Étienne Carrier : Oui, c'est sûr ! Moi je ne voulais rien savoir. Je me disais que c'était bien meilleur si ça arrivait à Alex. Mais là, il commence à réparer une patente, il se coupe le doigt ! On joue dans une heure !

Hugo Lachance : Chapitre 8 : L'anecdote du doigt coupé. Il s'est coupé le bout du doigt ! Ah, ça c'est le genre d'affaires... Moi je me disais que je ne ferais pas ça, me couper le doigt.

Alex Jones : C'était pour quand je m'étais coupé le doigt là, c'était pour le vidéoclip de « Je reviens de l'Est ». Il avait fallu que je fasse une enseigne One Way. Quand tu dis One Way, toi, tu vois le but ? La flèche que tu te rentrerais dans le cul ! [Rires]. Je me suis coupé le bout du doigt en la faisant. D'ailleurs, mon doigt n'est jamais vraiment revenu, il y a toujours comme un petit bout... il est comme toujours plus rond de ce bord-là le bout du doigt, mais c'était tellement profond mon ami !. Je ne sais pas si on jouait à MusiquePlus le lendemain, mais on avait joué « Graine de mort » parce qu'il n'y avait juste deux notes, puis je jouais à deux doigts parce que je ne voulais pas prendre mon index. Ah non, je m'étais vraiment coupé.

Hugo Lachance : C'était pour le vidéoclip « Je reviens de l'Est ». D'ailleurs, quand « le yâble me pogne », maintenant il faut dire que c'est aussi un beau vidéo.

Alex Jones : Mais ça se passe d'ailleurs en arrière de la chute avec le feu. José Belrose était déguisé en démon. Il y avait du monde avec lui, ils étaient tellement contents de faire le vidéoclip avec nous autres, le maudit qu'ils étaient contents ! Ils s'étaient tous maquillés au complet avec des culottes en crocodile, avec le casque de poils, les lunettes blanches et la bedaine rouge. Qu’il était content !

Hugo Lachance : Philippe, tu te rappelles ce diable ? Mais celui qui crachait du feu, c'était qui ? C'est loin. Qui avait réalisé cette petite compagnie de clips ? C'est eux qui faisaient les vidéoclips après ça des Marmottes Aplaties. C'était le premier clip qu'ils réalisaient.

Alex Jones : Faudrait aller voir sur notre chaîne YouTube, je sais que la vidéo est là, peut-être que les informations sont là. Ils étaient vraiment fins, ils l'avaient fait pour pas une cenne. On avait fait ça nous autres, je me souviens qu'on ne les a même pas payés je pense, ou pas grand-chose. Eux, ils l'avaient fait comme pour se faire une carte de visite, puis ils ont dû avoir une subvention quelque part, je ne sais pas d'où, mais je me souviens que ça ne nous avait pratiquement rien coûté. Tout le monde avait travaillé bénévole là-dessus. Quelqu’un avait fait des sandwichs, je me rappelle, il était arrivé avec un pain sandwich, le genre de pain rentré dans le pain pour avoir un Craft. On avait tout tourné ça en pellicule. Pellicule 16mm, je pense. C'est là que ça m'a touché. En tout cas merci, c'est une bonne occasion de dire d'aller voir notre chaîne YouTube, ils sont là. En parlant de gogosses que tu as faites comme patenteux, il n'y en a pas qu'on a oubliées pour les épisodes qu'on enregistre aujourd'hui ? C'est la fameuse enseigne de WD-40 !

Alex Jones : [Rires]. J'avais fait, quand je travaillais au Fond Électrique, j'avais fait une énorme enseigne. Oui, elle était vraiment belle avec une pin-up. Elle s'est fait voler parce qu'elle n'a pas duré longtemps, mais elle était belle. C'était une belle pin-up imprimée sur une toile, un canevas comme un vrai canevas imprimé dessus. J'avais fait le frame avec mon même système de lumière avec un flash et tout, mais elle était grosse, il fallait que je la plie en deux !. Je suis arrivé dans le groupe, je pense que dans les dernières fois qu'on l'a vue ça se peut, parce qu'avant ça c'était un panache pendant longtemps. Mais ça, ça prenait quasiment un trailer pour l'amener, tabarnak !

Hugo Lachance : On va passer à la prochaine toune.

Alex Jones : Oui, je veux juste dire que sur Crampe en masse, la toune « Quand le yâble me pogne », c'était aussi une recherche musicale parce que la toune au début on l'avait faite tout « dou dou dou dou ».

Hugo Lachance : OK, mais prochaine toune. Chapitre 9 : Caroline. Ah ouais. [Musique]. Je parle de Caroline, je le dis mais je suis tout seul. Demain capable, ta vie saine. [Musique]. OK, « Caroline ». Moi je trouve que le son est bon. Merci Marc-André ! [Musique]. On dirait que ça a été tapé dans une grange, aucune incidence, je ne le sais pas, mais tu vois que le son est riche, il y a ici quelque chose d'intéressant. Mais quand tu dis que ça a été tapé dans une grange, dans une ferme... moi cette chanson-là, malgré que tu ne l'aimes pas Alex... je ne sais pas, un pédophile qui se crosse devant des revues puis qui viole sa voisine... on s'entend que ça ne marche plus beaucoup.

Étienne Carrier : Mais moi, c'était plus une dénonciation, #MoiAussi ! Non, c'était plus pour rire. Mais là-dessus, j'ai fait une belle petite guitare, c'est mes premiers « to do do do do do ». C'est mon style aussi. C'est vrai que si vous voulez contourner une toune par rapport aux affaires dont on ne peut plus parler, c'est un point de vue intéressant. Mais c'est vrai que les paroles, c'est très épais. C'est épais parce qu'en plus c'est parti d'une dérivée, parce que c'était mon ancienne voisine d'en haut qui était une Hollandaise de six pieds quatre qui s'appelait Caroline Caron parce qu'elle crachait du feu ! Je me rappelle de ça, je ne sais pas ce qu'elle est devenue d'ailleurs. Ça n’avait pas un bout de basse en plus dans le nocturne ? On en parlera plus tard.

Hugo Lachance : [Rires]. Ce que j'avais noté, c'est comment une toune comme ça vieillit. Vous avez répondu, on n’ajoute pas le pourquoi. Ça fait l'effet parce qu'on a parlé au dernier épisode de l'effet de « Y'en aura pas de p'tites culottes » qui a donné une toune dont les femmes avaient besoin. Prochaine chanson : « Le monde entier me tombe sur les nerfs ». Chapitre 10 : Le monde entier me tombe sur les nerfs. Dans les bars je me brosse la poche bien, j'ai de la misère à avoir du fognard, c'est quand j'ai besoin de prendre l'air parce que le monde entier me tombe sur les nerfs !.

Étienne Carrier : [Rires]. J'ai de la haine dans ma babidaine puis ça brise ma fin de semaine !

Hugo Lachance : Musicalement, c'est une toune qui est assez pesante, très rock métal, avec une espèce de chœur qui chante. Moi je trouve qu'on la voit assez souvent en show. Mais ma question après 25 ans : est-ce que le monde entier vous tombe encore sur les nerfs ?

Étienne Carrier : [Rires]. J'ai des photos de l'époque là, le gaz était à 46 cents ! Moi je me rappelle d'être avec Philippe de la shop, il était bien forgé parce que le gaz avait monté à 76 cents ! Ah non, si c'est vraiment pas le repos, on ne se repose pas assez pour le prix du gaz. Mais aussi, on a dit qu'on était jeunes puis qu'on s'en colissait, puis qu'on n'avait pas d'attaches. À un moment donné, tu finis par avoir des responsabilités, soit familiales, soit tu comprends. On en a parlé tantôt avec tous les réseaux sociaux, sur notre catégorie de monde qui nous tombe sur les nerfs. Il y avait une photo où tu voyais une télé avec une toilette au deuxième étage qui floche de la merde dans la télé, ce qui donnait un peu l'impression qu'on nous faisait boire de la merde. On se rend compte que finalement, maintenant, le monde ne regarde plus la télé puis il se met de la merde tout seul dans les écrans qu'on regarde. Il y avait avant une genre de déresponsabilisation comme s'il y avait un complot gouvernemental pour nous faire avaler la merde. L'homme est un loup pour l'homme, c’est une phrase d’une chanson. Mais non, c'est pas compliqué, crisse, c'est que le monde se chie dans la face puis ils aiment ça ! On fait juste ça regarder, même si on a le goût de croire qu'on essaie de nous faire avaler quelque chose. Mais non, ils vont sortir. Peut-être que le fait que tout le monde puisse prendre la parole, que tout le monde puisse avoir une caméra, ce n'est pas une bonne époque pour être plus intelligent ! Moi je suis rendu là, je suis un vieux croûté finalement !

Hugo Lachance : Parfait, on va passer à la prochaine toune. À personne, parce que tu te rejoins plutôt.

Alex Jones : Ben écoute, le monde peut faire des podcasts ! Un peu comme plus vraiment... tu ne suis plus le monde autant, tu essaies de comprendre la game des jeunes, ce qu'ils vivent.

Hugo Lachance : Chapitre 11 : Là où les chiens jappent du trou d'cul. [Musique]. Ok, « Là où les chiens jappent du trou d'cul ». Avec l'ambiance de la musique, j'ai vraiment l'impression que j'ai composé ça au complet de A à Z. Je pense qu'on était sur le balcon chez Stéphane Toutain, qui était notre gérant à l'époque. On était chez lui puis toi, tu faisais quasiment des menaces de mort !

Étienne Carrier : [Rires]. Vingt-cinq fois durant la soirée !

Alex Jones : Sur son balcon, on avait commencé à jammer. Il avait joué avec toi, puis toi tu avais sorti ça. C'est tellement bien écrit musicalement.

Étienne Carrier : Parce que moi j'ai habité longtemps avec des Polonais, des Slaves. Je me suis rappelé que j'avais eu un flash quand j'habitais sur Saint-Laurent, je me suis senti tout d'un coup très loin du Saguenay. J'avais comme plus d'amis, plus de points de repère. J'étais tout seul, tu n'étais pas encore arrivé je pense. J'étais tout seul avec tout ce que j'avais autour de moi, c'était des Polonais. Mais c'est une belle chanson, puis ils m'avaient sorti ce proverbe-là : « C'est par chez nous, au loin ». Comment est-ce qu'ils disaient ? « Là-bas au loin, là où les chiens jappent du trou de cul ». OK ? Pour dire que tu sois sûr que tu venais d'un trou, soit qu'on t'avait envoyé chez les chiens ! Ah mais ça c'est malade comme proverbe polonais. On pense, ben ça se peut que je l'aie transposé, mais ça reste une très belle chanson. Bertrand de Canada pensait que c'était pour lui, il est mort aussi. Le guitariste de WD-40 au début. On a fait un show avec lui je pense, on a fait un ou deux. On a fait une couple de parties avec Zlata, c'est là que je l'ai remplacé. Je ne pense pas qu'on ait eu tant de temps vraiment, on a fait un démo ensemble avec une guitare puis une bouteille de vodka. Est-ce que c'est bon ? Ses solos ? Il avait une très bonne énergie en spectacle, mais c'est bien correct ce qu'il a fait avec WD au début. Il chantait « baby », il faisait de la peinture, c’était intestant, intéressant.

Hugo Lachance : On y va avec la suite, parce que « Là où les chiens jappent du trou d'cul », c'est vraiment une belle chanson, une chanson d'amitié. Les gars, on passe à un autre intermède. Celui-là je veux qu'on s'attarde à lui, parce que je pense que c’est un intermède culte : avec Marcel dans la brume. Chapitre 12 : Intermède avec Marcel dans la brume. [Musique]. [Rires]. [Applaudissements]. Ok, ma question pour toi sur Marcel Martel : je connais ton amour pour Marcel Martel dans ton paysage musical. Quel souvenir en as-tu ?

Alex Jones : Pour moi, ce sont les racines. C'est vraiment ça tout mon côté country. Je parle du québécois, il y a aussi un peu de Soldat Louis quand même, mais vraiment une grosse partie de Marcel Martel. J'ai tellement écouté des chansons de lui. Quand j'étais professeur de guitare, j'en ai beaucoup joué parce que je faisais du country avec les personnes âgées. Mais j'aimais vraiment ça. C'est vraiment immortel pour moi parce que, je veux dire, on en joue encore. Ils ont mis une de mes chansons dans le film de Robert Morin là, Requiem pour un beau sans-cœur. C'était aussi il y a quelques reprises qu'on avait faites sur mon album à moi. On écoutait beaucoup Marcel Martel en camion, parce qu'on l'avait en cassette. Des cassettes que je n'ai jamais retrouvées, c'était « Héritage québécois ». On voyait juste une grange sur un fond bleu dans un chêne, mais c'était les meilleures, la meilleure époque de Marcel Martel avant qu'il essaie de... parce que le country, moi ce que je lui reproche beaucoup, c'est que quand ils ont voulu essayer d'avoir un meilleur son, ils ont tout perdu. Ça a enlevé toute sa texture, tout ce qu'il y avait justement d'organique, même sa voix. Il faut dire qu'il a eu des gros problèmes de poumons, je pense que sa voix était plus aiguë avant mais elle est devenue plus grave par la suite. Mais il y avait vraiment quelque chose, on dirait que ça sort quasiment d'Hank Williams, le Hank Williams du contenu ! Ça ressemble vraiment, c'est ça que j'aimais. Quand on a voulu faire, une année, un projet de faire un hommage à Marcel Martel, le gars d'Arsenic 33 m'avait demandé si j'allais faire ma bière ou mon costume de bain ! [Rires]. Tous les animaux sont mes amis ! C'était de vouloir jouer devant le plus vaste public possible !

Hugo Lachance : Chapitre 13 : Né pour être sauvage. On continue l'écoute de l'album Crampe en masse..

Alex Jones : Je ne sais pas pourquoi, j’étais vraiment en crisse contre tout le monde à cette époque-là, on ne va pas s'attarder là-dessus. Ça fait partie de qui j'ai été, même si c'est n'importe quoi..

Étienne Carrier : On partageait ça aussi. Moi je continue de dire que c’est avec Alex Jones, le bagarreur qui pète des jeunes là-dedans aussi. Mais il ne se battait pas si souvent que ça parce qu'il ne laissait aucune chance aux autres !.

Hugo Lachance : Dans ma vie, quand j'ai commencé à jouer avec vous, je me rappelle qu'on jouait dans un bar et il y avait une machine avec un gant de boxe..

Alex Jones : J'avais assommé un bonhomme au bar, on ne devrait pas nommer de places, mais on salue le gars ! Je te dirais que « Né pour être sauvage », pour en parler, c'est la deuxième chanson que j'ai composée au complet, 100 % le texte progressivement, pour me mettre dans le bain notamment..

Étienne Carrier : Au début, Alex ne voulait pas que j'en fasse tant que ça. Il me l'avait même dit : « Toi c'est 20 % puis moi je suis à 80 % ». Mais là, avec le temps, à un moment donné, ça a fini par changer. J'étais un peu restreint, mais en même temps je n'avais pas mal le choix. Je l'aime beaucoup Alex, il a des bonnes idées, mais ça se ressemble beaucoup..

Hugo Lachance : Il faut dire que toi, Étienne, tu es formé en musique, tu connais la théorie musicale, alors qu'Alex est beaucoup plus dans l'instinctif. Ça paraît aussi dans l'évolution des tounes; ça paraît quand Étienne prend sa place. Quand les deux se combinent, ça fait des tounes musicalement vraiment intéressantes..

Étienne Carrier : Moi j'avais composé ça pour dire une fin de « Né pour être sauvage », mais je parlais d'Alex. J'ai renvoyé la balle et il a trouvé le reste. On s'entend qu'on n'était pas loin du « Born to be Wild », on va se le dire, mais j'avais quand même cette idée-là..

Hugo Lachance : J'avais une question : on allait dîner à la Taverne qui était juste à côté, c'était au Faubourg des deux. On allait dîner là, puis après la job on allait prendre une bière. On sortait là le vendredi. On a même fait un Noël noir dans cette taverne-là !.

Alex Jones : Ah oui, on a joué deux fois là ! Il y avait une crisse de belle enseigne avant qu'elle change, ça s'appelait « Du fond au bout » avant. On était tout le temps là..

Hugo Lachance : C'est quand même un espèce de... j'avais une question pour vous autres, mais je pense que je vais la garder pour plus tard. J'étais convaincu que c'était toi, Étienne, qui avais écrit le texte pour ton frère parce que tu parles souvent de lui dans tes tounes..

Étienne Carrier : Il passe par moi pour mieux parler de lui. C'est le même type que moi, j'ai un peu de chauffage là-dedans !.

Hugo Lachance : On s'attaque à l'album Crampe en masse et je suis de retour avec mes invités Alex et Étienne. On venait de finir « Né pour être sauvage », l'hymne national argentin. On était rendus jusqu'au bout..

Hugo Lachance : Chapitre 14 : Jusqu'au bout. Moi j'aime bien le premier couplet là-dedans. Après, le texte change un peu. Il y a un personnage, l'un des nombreux personnages. On me demande ce que ça veut dire..

Alex Jones : Je n'ai jamais été quelqu'un de normal. C'est l'histoire de quelqu'un qui a quitté la Rive-Sud pour s'établir au Saguenay et qui fait du ski-doo en fait. Peut-être qu'il en aurait envie de son ski-doo. C'est le ski-doo qui dit : « Jusqu'au bout ! »..

Hugo Lachance : On enregistre deux épisodes du podcast en même temps, c'est pour ça que l'énergie est la même. On va retourner avec « Enfant de chienne »..

Hugo Lachance : Chapitre 15 : Enfant de chienne. « Le jour se lève, tu rentres à Rio, il fait soleil mais il fait pas beau de toi. Michel n'est pas ouvert »..

Étienne Carrier : De notre bord de vue, ça vaut toujours la peine d'essayer d'être victime..

Hugo Lachance : C'était une toune de « boys ». Ma question pour Alex : as-tu déjà fait du « Squeezie » dans des coins de rue dans ta vie ?.

Alex Jones : J'ai jamais, non, non ! Crisse, j'ai jamais été dans la rue. J'ai toujours été assez débrouillard pour me trouver une place où habiter, j'ai toujours payé mon loyer. J'ai jamais été un « jeune de la rue » comme certaines époques disaient. Non, tabarnak, j'ai jamais été un jeune de la rue ! C’est aussi insultant pour moi que quand tout le monde pensait que ma mère habitait en campagne. « J'ai un gros chien à donner, ta mère a de la place, elle est en campagne ! ». Ben oui, c'est ça ! Je n'ai jamais de toute ma vie été dans la rue et je n'ai jamais fait de « Squeezie »..

Hugo Lachance : Je te pose la question parce que, pour être bien honnête, dans l'univers des paroles de Hors-série, ce sont des sujets que tu abordes souvent. Je sais que tu voyais ce monde-là..

Alex Jones : À une certaine époque, j'ai déjà mangé dans des places de pauvres parce que j'étais vraiment pauvre. Je suis allé chez Paps quand j'étais arrivé à Montréal..

Étienne Carrier : J'étais très jeune et j'ai vécu des situations très précaires. J'ai fait à peu près tout ce qu'il y avait comme centres d'accueil ou de missions pour me faire donner de la bouffe. Pourquoi pas ?.

Hugo Lachance : Vous pouvez vous référer à l'épisode précédent sur Hors-série pour avoir une discussion là-dessus. Un classique maintenant, la prochaine toune : une méthode préférée de WD-40..

Hugo Lachance : Chapitre 16 : Gosse de beu. Moi c'est une de mes préférées parce que c'est une toune qui est active, encore avec des personnages là-dedans. On ne l'a jamais jouée je pense..

Alex Jones : Moi je pensais que c'était une grosse chaufferie. Je ne veux pas dire que ce n'était pas à lui, mais checke chez vous. C'est une leçon de poésie. J'aimais aussi que ça parte tout d'un coup, comme d'une « chatte ». C'est une chanson très représentative de cette époque-là, avec des personnages plus grands que nature..

Étienne Carrier : Juste avant, quand le gars n'avait plus une cenne, il allait au dépanneur se faire créditer des cartouches de cigarettes qu'il revendait après ça dans la rue moins cher pour avoir de l'argent. Il devait quand même la cartouche de cigarettes, mais ce n'était pas grave parce qu'en allant changer son chèque de BS le prochain mois, c'était comme une roue qui tournait. Même si tu voyais que c'était un non-sens total, ça marchait pareil..

Alex Jones : Ce qui était absurde, c'était cette faune spéciale, une faune assez particulière. Je me rappelle, on croisait encore Vanille le poète, tout tatoué, qui avait l'air de sortir de je ne sais quel film. Il y avait des personnages étranges. Tu en vois encore aujourd'hui, le pauvre bonhomme qui marchait comme un corbeau. Mais je dois te donner ça : ça ne s'applique plus vraiment là, ce n'est plus le même marché. Il y avait vraiment des spécimens pas possibles. Tu avais encore des livreurs de triporteurs à Montréal, il y avait quelque chose de beau là-dedans..

Étienne Carrier : Combien de fois qu'on s'est fait défoncer des trucs ou qu'on s'est fait voler ! On allait faire le tour des « pawn shops » pour essayer de trouver où c'était rendu. C'était impossible, je ne sais pas qui réussissait à retrouver de quoi là-dedans..

Alex Jones : J'habitais sur Ontario, au 1292 Ontario. J'ai déjà habité avec des prostituées d'ailleurs, oui !.

Hugo Lachance : Chapitre 17 : Intermède bobette sale..

Étienne Carrier : Ça n'aurait pas dû changer grand-chose, mais c'est bon, ça fait un rappel avec la toune de l'autre album, ça fait un pont..

Hugo Lachance : Chapitre 18 : Tendre et doux..

Étienne Carrier : Soit le mal, soit le loup, mais reste douce..

Hugo Lachance : C'est un ovni dans votre catalogue de tounes, c'est comme un test parce que tu l'as chantée différemment..

Hugo Lachance : Chapitre 19 : L'anecdote de Pierre Flynn. Juste pour inclure le sujet, on a quand même gagné 500 piastres aux Francouvertes avec ça..

Étienne Carrier : Ça a été le prix de la Meilleure chanson remis des mains de Pierre Flynn ! « La route est longue », et oui, parce qu'on l'avait présentée aux Francouvertes et on avait gagné le prix de 500 $..

Alex Jones : Je salue Pierre Flynn d'ailleurs, c'est vraiment quelqu'un d'exceptionnellement gentil, c'était surprenant. Je l'ai connu après, on a parlé de bien d'autres affaires, mais c'est lui qui nous avait remis le prix parce qu'il trouvait que c'était la meilleure chanson de la soirée. Il aimait beaucoup l'écriture de cette chanson..

Étienne Carrier : C'est vrai que le texte est beau. Mais on s'entend qu'en 2023, tu aurais eu 10 000 $ pour ce que 500 piastres valaient dans ce temps-là ! Pour les textes, des fois ce sont de totales niaiseries. Un jour, Jean-Robert Bisaillon m'a demandé un texte pour une toune, c'est « Courage »..

Alex Jones : En fait, j'ai toujours dit que je ne comprenais pas du tout cette toune-là, il y avait trop de changements. J'ai fait un texte et c'est vraiment de la marde ! On va aller voir ça, je m'en excuse encore aujourd'hui. Eux, ils l'ont enregistré, ils l'aimaient ! C’est un gros morceau quand même..

Hugo Lachance : Chapitre 20 : Sombre était la nuit..

Alex Jones : C’est vraiment purement faire de la pop déguisée, sans côté négatif..

Étienne Carrier : Moi j'ai essayé de comprendre mes paroles. Il y a un couplet sur un gars qui revient, il a rencontré le démon. Ça me touche beaucoup parce qu'il ne se rappelle plus..

Alex Jones : On devait chercher des tounes parce qu'on avait besoin de 10 chansons. On est arrivés avec 12, on en a enregistré 12. On enlève ça au montage parce que ça peut sembler bizarre, mais c'est une toune extrême et intéressante..

Hugo Lachance : Chapitre 21 : Bête du lac. C'est quoi ce truc ?.

Alex Jones : C'est pas compliqué, j'ai dit qu'on allait faire comme dans les disques de métal : on va mettre la voix à l'envers !.

Étienne Carrier : C’est vrai, Alex est un des grands compositeurs de la chanson en étant le premier à faire une énigme en ligne dans un couplet ! Il m'a promis d'aller jouer à un coin, c'est bien moins plat avec une station..

Alex Jones : Merci ! Écoute, mon but à atteindre, c'était les WAP et Pink Floyd en mangeant des hot-dogs ! C'était ma réponse à ça..

Étienne Carrier : On parle de « Lycée Bragard ». Ça avait été cité au « Décrocheur d’étoiles » par Michel Garnaud qui l'avait trouvé particulièrement bon. J'avais fait une émission animée par Michel Garnaud et Christine Germain à Radio-Canada, on y est allés deux fois. C’était une très belle rencontre; il est décédé lui aussi le pauvre monsieur Garnaud, qui était un grand poète de ce qui restait des « vieux » de Radio-Canada..

Alex Jones : Cette chanson-là, des fois je ne me rappelle pas, mais c'était ma grosse influence Black Flag. C'est vraiment le début de « Six Pack » qui ressemble à ça. J'ai toujours aimé Black Flag, c'était un genre de musique très travaillée..

Hugo Lachance : Évidemment, on parle de qui est la fameuse « bête du lac ». Il y a des gens qui se sont un peu proclamés..

Alex Jones : Ta réponse m'étonne parce qu'on en avait discuté. C'était une espèce de personnage du lac. On avait mis en photo à l'intérieur de l'album que c'était lui la bête du lac : c'est Bernard Barrette ! Il y a une photo de lui qui se baisse les culottes. C'est une légende au Saguenay !.

Hugo Lachance : Chapitre 22 : L'Anecdote du héros du Lac. Puis c'est perdu carrément dans sa course. Et puis il va retrouver moi, tabarnak, puis il est parti, puis il l'a trouvé, puis il l'a sauvé sur le bord d'un ruisseau à moitié... Mais dans le texte, ah oui, c'est moi la bête du lac, c'est lui qui se tient sur ses deux pattes. Le prestataire à temps partiel, celui qui ne met jamais les poubelles. C'est un peu comme une façon de dire, tu sais...

Alex Jones : Comme moi, je me suis toujours battu contre ma vie. Je me suis fait reprocher de ne pas être assez organisé, pas assez bien de m'occuper de mes affaires, puis de ne pas être accessible pour être assez... Ça, c'était comme un genre de réponse à dire : « Garde, si c'est beau, largement je m'arrange tout seul ». Comme dire : « Moi après, je suis capable de gérer mes affaires aussi ». L'histoire de dire d'être plus grand que... Si je m'étais déjà fait dire par un gars qui m'avait vu dans un bar puis il m'avait dit qu'il pensait que j'étais Alex Jones : « C'est pas toi, Alex Jones est plus grand que toi ». C'est le plus beau compliment qu'on m'a dit pour la Bête du Lac.

Hugo Lachance : Chapitre 23 : Samedi soir gros lendemain de brosse. La prochaine : « Samedi soir gros lendemain de brosse ».

Étienne Carrier : Dans le fond aussi, des histoires de... Moi, j'étais pas là du tout là, ça c'est vraiment les histoires à Alex là, oui.

Alex Jones : Parce que j'étais allé... je suis même allé jouer à Sorel une fois parce qu'on avait des amis à l'époque. Une des premières formations de WD-40, c'était moi, Bertrand Boisvert et Martin Tamar qui jouait dans Ficherelle. Parce que France — faut pas la nommer — avait des amis à Sorel, qui était Nancy, puis on sait qui ils sont. Le Christ et Nancy travaillaient dans une taverne. On était allés à la taverne en question. De faire cette chanson-là... Puis dans le temps que j'habitais sur Saint-Laurent, puis avec Bertrand justement, qu'on avait un spectacle le lendemain matin.

Hugo Lachance : Chapitre 24 : Elle avait les boules basses. D'ailleurs, j'ai écouté le film Le Duel, non, de Steven King... non, c'est l'histoire de Jean de Carrouges qui est joué par Matt Damon, on dirait qu'il s'appelle plus Jean de Carignan.

Alex Jones : Il fait le méchant, il est bon, hein ! Il y a une superbe belle scène... ça, je pense que c'est parce que ça a quand même été réalisé par Ridley Scott. Je pense que c'est un hommage aux filles de calibre parce que... ouais, je sais que c'est un fan de belles juments. Il y a un étalon qui arrive bien bandé, puis là c'est là que Jean de Carrouges dit : « Non, pas cet étalon », puis il lui donne un coup de pelle pour qu'il laisse sa jument parce qu'il ne veut pas qu'il y ait un gros changement parce qu'une jument... compétition. Est-ce qu'il lance un sourire sur Netflix ? Mais excuse-moi... Mais il y a une jument.

Hugo Lachance : La prochaine : « Elle avait les boules basses ». De l'autre bord de la rue, il me semble que je l'ai déjà vue.

Hugo Lachance : Des chansons d'humour, c'est ici, avec les chansons d'humour ou les chansons innocentes. Je vais vous poser la question suivante : qu'est-ce qui vieillit mal dans cet album ? Dans quelle catégorie situez-vous cette chanson ? Ouvrir une parenthèse qui peut te faire du mal... Le gars me semble que la fille qui crachait du feu, c'était la même ?

Étienne Carrier : Mais moi je pense que oui. Tu ne veux pas nous le dire ? Parce que j'ai pas envie d'en parler, je ne veux pas salir sa mémoire. Malheureusement, j'ai pas de montage, je ne sais pas comment faire. Mais ne coupe pas !

Hugo Lachance : Chapitre 25 : Intermède avec grosse mama. OK. « Intermède avec Grosse Mama ». Parce qu'il fallait être là. Est-ce qu'on peut expliquer cet intermède ?

Hugo Lachance : Chapitre 26 : À jamais pour toujours. « À jamais pour toujours ». C'est pour ceux qui n'écoutent pas le premier épisode de la série, on en a parlé au premier épisode, mais on se retrouve quand même. Mais ce sont les mêmes versions.

Alex Jones : Le sens des affaires, tu l'as toujours eu. Ma grosse force...

Étienne Carrier : On a voulu plus faire ça 30 ans après, on s'est accompagnés avec l'autre. Je veux dire, c'était juste une... C'est pour ça qu'on s'est dit : « On ne va pas la mettre nulle part ailleurs, puis on n'en entendra plus parler ». Dernière fois... est-ce que c'est beau ? Le texte est pareil, puis ça c'est important.

Alex Jones : Aux portes de l'enfer, c'est marqué : « Toujours jamais ». Moi j'ai fait « À jamais pour toujours ». Mon amour de l'ancien temps. J'avais vu ça... Tu ne dis pas que l'enfer te dessinait ? Tu avais Lucifer qui t'accueillait, c'est toujours marqué : « Toujours jamais ». C'est quoi la pause de « Toujours jamais toujours » ? J'en ai plusieurs ici d'ailleurs, on pourrait toujours la consulter. C'est bon, c'est marqué aux portes de l'enfer, c'est pour ça que moi j'avais comme juxtaposé ça. J'avais déjà « À jamais pour toujours ».

Hugo Lachance : Un superbe beau titre, puis tu l'as tatoué, donc c'est important pour toi.

Hugo Lachance : Chapitre 27 : Zombie. La prochaine que j'aime bien aussi, un classique : « Zombie ».

Alex Jones : « L'angoisse de toute ma vie, je ne veux pas mourir ici, je veux sortir de l'agonie. Je sais, je m'ennuie, je n'ai plus de vie. Du vendredi je travaille et je verse... » Ah oui, je suis un zombie !

Hugo Lachance : Alex, est-ce que tu verras encore... Je veux dire, une forme de moisissure ? Ça veut dire que c'est vert, tout le monde, c'est ça.

Hugo Lachance : Chapitre 28 : La joke de zombie.

Alex Jones : Je travaille sur mon recueil de la main gauche en étroit, donc ça c'est le numéro... Et donc là, cette chanson-là, en 94 quand même, une des premières tounes que vous avez composées. Je pense que quand je suis arrivé à Montréal, tu l'avais déjà composée.

Étienne Carrier : Pourquoi je l'avais composée ? Pour qui je l'avais composée ? Mais je l'ai composée. OK. Moi, c'est la toune qui m'accroche un peu, mais elle est vraiment bonne. Mais c'est elle qui me parle le moins, seulement.

Hugo Lachance : Chapitre 29 : On the road again. « On the road again ».

Étienne Carrier : De Montréal sur le pouce à Vaches... C'est juste l'inspiration de base là, ce n'est même pas... C'était Hugo Pointe, Alexandre Dufour. Il n'y avait aucune parole, puis était juste un monde de « Road de gun because ». Pour avoir des propos... Mais non, ça a toujours été... Mais garde le reste.

Alex Jones : Moi, cette toune-là, j'avais eu beaucoup de succès avec quand je l'avais faite la première fois au Quai des Brumes. Quand on avait fait une coupe de shows au Quai des Brumes, ça avait eu un gros hit. Mais surtout le bout où c'est plus parlé, que j'explique. Non, c'était vraiment un infime frame que tu as fait une zone. Musicalement, si j'en ai fait une partie Bichette, je ne savais même pas que ça venait de quelque part. C'est vraiment traditionnel aussi, parce que le démo de 94, c'est vieux là. C'est ça que c'est vieux, mais ça raconte mes histoires sur le pouce. J'ai fait énormément de pouce vers Montréal. Je suis coutumier, puis il y avait des fois où je me perdais à Québec, puis je restais une coupe de jours, je revenais plus tard. Ma mère pensait que j'étais mort ! Il m'est arrivé beaucoup d'aventures sur le pouce, par exemple, mais c'était ça. C'est sûr que je raconte... Moi j'étais mal préparé peut-être, pourquoi, mais c'est comme si tu viens me chercher.

Hugo Lachance : J'avais préparé la question : c'est quoi votre meilleur souvenir de tournée ?

Étienne Carrier : Je pense que quand on est allé jouer au Yukon là, je pense que ça reste un bon souvenir. On est allé à Vancouver un peu avant, ça reste un de mes plus beaux souvenirs, je pense. Oui, c'est vrai que c'est vraiment un beau souvenir. Je commençais une médication en plus, j'étais en forme mentalement ! Non, j'ai dit pas mal oui, c'est vrai que c'était une belle expérience.

Alex Jones : Je voulais prendre des nouvelles, OK ? Mais tu ne sais pas pourquoi... une bière avec toi ? Il m'a communiqué sur Facebook, puis il voulait que je l'appelle. Je l'ai appelé, on a parlé 5 minutes.

Hugo Lachance : Chapitre 30 : SEGMENT : Rafales. À faire le top 3 ! Je vous donne le mien en premier. Top 3 de l'album : « Gosse de beu » bien entendu en troisième. Deuxième : « Né pour être sauvage », c'est un classique des classiques. Puis la première : « Là où les chiens jappent du trou d'cul ». C'est mon top 3.

Alex Jones : Moi j'irais avec « Là où les chiens jappent du trou d'cul », quand le Yâble me pogne... Ressemblerait aussi beaucoup à ça. Moi je pense que pas mal « Né pour être sauvage », c'est sûr, parce que c'est ce mot de composé puis je suis bon. On devrait la jouer, c'est une bonne chanson.

Hugo Lachance : Meilleure chanson en show de l'album ?

Étienne Carrier : Je te dirais que je trouve que c'est une bête. J'étais bon avec le mal, on a parlé de la base tantôt. Effectivement.

Hugo Lachance : D'un autre côté, de quoi êtes-vous le plus fiers ? La pochette ?

Alex Jones : C'est de l'avoir payé et de l'avoir réalisé ! Parce que je me souviens, pour finalement le payer... parce qu'au début on avait écrit, je pense qu'ils avaient chargé des peanuts, je me rappelle que ce n'était pas cher. Il en avait donné la moitié, puis là on voulait avoir les bandes pour pouvoir le sortir, et puis Marc-Henri m'avait donné les bandes pareil, alors qu'on ne l'avait pas payé ! On l'a payé un an après. Oui, je l'ai payé avec ma subvention des propriétaires de tes balles ! Il disait ça souvent le soir : « La liberté en musique, sois propriétaire de ce que tu fais ». Mais là, avec la subvention du Conseil des Arts que j'ai eue, la minute que j'ai eu de l'argent, je l'ai appelé puis j'ai réglé.

Hugo Lachance : Le prochain album on va t'appeler !

Étienne Carrier : Moi je pense que juste faire un premier album, un vrai là...

Hugo Lachance : Qu'est-ce qu'on doit retenir de cet album ?

Alex Jones : Je pense qu'on ne s'est pas trop exprimé quand même ici avec l'espèce d'indépendance. Quand tu possèdes ta musique, ça pourrait être une façon un peu avant...

Étienne Carrier : J'aimerais ça qu'on retienne que c'était un grand classique. Mais je comprends plus ta question. Mais en fait, c'est sûr que là on a passé à travers... Faut savoir qu'on fait deux épisodes, on a passé à travers deux albums, beaucoup de choses aussi. C'est sûr que c'est une question en fin de parcours qui est un peu difficile. Mais dans le fond, c'est que tu sais, c'est bateau de sortir cet album-là, Crampe en masse, on a expliqué le contexte aussi, dans comment vous l'avez fait. Qu'est-ce que vous voulez qu'on en retienne de cet album-là ?

Alex Jones : Moi je n'ai pas assez touché à la gloire, mais propriétaire aussi de sa musique.

Hugo Lachance : La dernière chose : prochain épisode, on va aborder l'album Aux frontières de l'asphalte. Ça, c'est une autre époque si on veut, un gros morceau. À quoi peut-on s'attendre pour le prochain épisode ?

Hugo Lachance : Chapitre 31 : Conclusion.

Alex Jones : Des révélations juteuses !

Hugo Lachance : OK les gars, merci beaucoup pour votre collaboration !

Étienne Carrier : Ça me fait plaisir, merci à toi !

Hugo Lachance : Gros merci à tout le monde d'avoir écouté ce podcast. On se retrouve au prochain épisode du spécial 30e anniversaire de WD-40. Comme on l'a dit, on va aborder Aux frontières de l'asphalte, un gros morceau. On se retrouve bientôt, au revoir !