Transcription de l’épisode WD-40 Spécial 30e anniversaire — Épisode 5 : Saint-Panache
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Nous sommes le 4 août 2023 et aujourd'hui nous sommes à Chicoutimi. Chez Anne Jones, les parents de mes deux invités ce soir, mais avant de vous les présenter convenablement, je vous rappelle que le but du podcast est de parcourir un album d'un artiste invité, et ça, une chanson à la fois. Aujourd'hui on fait ça avec WD-40 pour le spécial 30e anniversaire. C'est déjà le cinquième épisode. On va ouvrir l'album Saint-Panache. Je vous rappelle aussi de venir vous abonner sur nos plateformes Facebook, Instagram et surtout YouTube, c'est super encourageant. Nous serons présents pour un épisode enregistré devant public le 3 septembre 2023 au Cheval Blanc à Montréal. Il y aura Alex, Étienne, moi-même, Éric Goulet et d'autres invités surprises. C’est la première fois qu'on va faire ça pour l’Album Podcast, alors on vous invite à être là.
Alex Jones : Ah oui oui, bien dit ! Bravo Hugo quand même. Donc on va être là le 3 septembre au Cheval Blanc pour un épisode live, soyez là. Au dernier épisode, on a parlé de l'album Fantastik Strapagosse qui était une période très difficile pour chacun des membres du groupe. L'extrait suivant témoigne de votre état d'esprit à cette époque, Alex, je te cite : « Claude-André ici, 2006, non je n'ai pas le sida ni l'hépatite, j'ai été un "living dead" pendant 4 années et les deux dernières ont été terribles ». Voilà une des raisons pour lesquelles nous ne serons plus avec La Tribu et aussi pourquoi mon frère Jean-Louis ne voudrait plus jouer avec moi. Cela a créé des tensions avec la famille et le groupe. Julien, notre batteur, a aussi connu des problèmes personnels et il est parti vivre aux Îles-de-la-Madeleine. J'ai joué ponctuellement seul ou avec Éric Goulet qui ne m'a jamais lâché pendant cette période. J'ai tout perdu : ma montre, mes instruments, mes amplis. J'ai donc voulu repartir à zéro, je n'avais pas le choix, j'étais à zéro.
Hugo Lachance : Heureusement, tout ça s'est écrit au passé, c'était en 2006 et nous sommes en 2023. Comment ça va ?.
Alex Jones : Ah ça va bien là !. Écoute, je reviens de vacances, j'ai failli voir une grosse baleine bleue, mais on ne l'a pas vue. Écoute, les enfants et moi on a mangé tellement de fruits de mer que je suis capable de voir un homard même si j'en ai pris en photo. Ça explique la caméra. La crème solaire, ça ne colle pas sur ma peau, moi j'ai jamais mis ça à la grève. Parce qu'on arrive de loin là, on se retrouve à Saint-Panache en 2006. Premièrement, ça n'existe pas, c'est une ville inventée parce que justement je me suis créé un univers. C'est le concept de l'album pour me recueillir parce que je n'existais plus. Ça va être un podcast difficile. C'est vrai, je me suis créé une ville imaginaire. Entre-temps, j'ai rencontré Maman Loup, mais à l'époque ce n'était pas encore Maman Loup.
Étienne Carrier : Pas de questions, Jean-Lou ?.
Alex Jones : Oui, j'ai des informations. Je me mets aussi à développer une amitié très virile avec Michel Dufour. Tu ris, mais c'est vrai parce qu'on s'est mis à faire une genre de pré-prod, on se rencontrait au local. On s'est mis à composer des tounes, pas à enregistrer, mais j'avais acheté une enregistreuse et je pensais mettre des démos longs et des patentes. C'est là qu'on a fait la base de Saint-Panache. Mais avant Michel, il y a Julien qui est quand même disparu, quelles sont les circonstances de son départ ?.
Hugo Lachance : Chapitre 2 : Julien Livernois et Michel Dufour.
Alex Jones : Il est parti, c'est qu'avec ses deux chiens et sa femme, il a perdu sa femme sur la route et il a gardé ses deux chiens. Il vit vraiment là-bas, aux Îles-de-la-Madeleine, il a ramassé des restants de bateau et s'est construit une cabane. Il est très débrouillard, vous savez qui il est. Il est parti là-bas et il n'est jamais revenu, il a fait une croix sur WD-40.
Étienne Carrier : Je te le demande, moi je pense qu'il n'a pas fait une croix, il a juste été poussé par le vent. La vie l'a amené là, il était parti faire ses affaires là-bas.
Hugo Lachance : Je me rappelle que vous aviez décidé de faire une pré-production. Je me rappelle qu'on avait du plaisir franchement. Comment vous avez composé ça ?.
Alex Jones : Écoute, on a demandé une subvention au Conseil des arts. J'avais reçu ça puis je me suis dit que je suis coupable d'être professionnel. On a réussi à avoir une autre bourse avec Fred Poulin pour la réalisation et on a réussi à avoir du sucre dans une bourse de MusicAction justement. Fred Poulin, c'est vrai que c'est important là-dedans.
Hugo Lachance : Chapitre 3 : Fred Poulin. Il est apparu, moi je l'ai vu comme un grand chauffeur, c'est lui qui nous aime tellement.
Alex Jones : Ah oui, on l'aime. Le guerrier pacifique, toutes les patentes de l'Atlantique aussi, c'est un truc de Stephen King. Fred Poulin est apparu, je ne me rappelle plus trop, mais quelqu'un nous l'a présenté. C'est peut-être Michel Dufour. On va y aller, on va présenter l'album.
Hugo Lachance : Chapitre 4 : SEGMENT : Présentation de l'album Saint-Panache. Le titre est Saint-Panache, année : 26 septembre 2006. Ça ne nous rajeunit pas, les Productions Papa Richard. Réalisation : Éric Goulet. Enregistrement, mixage et mastering : Justin-Luc Lavigne. Je me rappelle de lui, il jouait dans un band qui avait une tune qui s'appelait genre Étape. Michel Dufour à la batterie, Éric Goulet aux voix et multi-instrumentiste, Marie-Soleil Bélanger au violon sur Saint-Panache. Le concept, c'est que vous êtes dans un champ accompagné de bisons. Vous avez bricolé les pancartes pour créer justement ton village, ta ville. Tu as travaillé fort là-dessus.
Alex Jones : J'avais tout gossé ça chez Global Néo, on avait monté l'enseigne au complet, c'était énorme. C'était un gros panneau, on avait planté ça dans le décor au milieu de nulle part. On dirait que c'est un photomontage, mais ce n'en est même pas un. On était là, Étienne me dit qu'on dirait que c'est un dessin, mais ce sont des espèces de gros panneaux. J'avais loué une patente pour mettre ça dedans, ça coûtait plus cher que le cachet qu'on avait. On dirait que c'est un dessin parce que c'est carrément mon dessin que j'ai fait en bas.
Hugo Lachance : C'était très intéressant visuellement, c’est une belle pochette. Et le graphisme, c'est Hugo Lachance.
Alex Jones : Chapitre 5 : L'arrivée d'Hugo Lachance. C'est là que tu arrives dans le décor. On t'a rencontré avec Fred, ça fait longtemps. Tu as fait le graphisme pour l'anthologie et pour Saint-Panache aussi, les designs de t-shirts. C’est là que tu apparais dans l'histoire de WD. Quel est le fil conducteur de l'album ?.
Étienne Carrier : Moi je dirais qu'il est arrivé après sa rédemption, il s'est dit qu'il fallait faire un album. On n'était vraiment pas prêts à faire un album, on était arrivés en studio et on avait seulement 5 tounes. Avec les années, il aimait ça aller aux toilettes et là il composait des textes. On faisait des tounes, mais j'étais un peu sceptique, je lui disais : « Voyons, ça fait deux trois ans que tu dis ça, et là tu vas en studio avec 5 tounes ». On en a fait 12 finalement.
Alex Jones : Ouais, c'est moi qui ai composé. D'ailleurs ça paraît dans l'album parce que Étienne est complètement effacé de cet album-là. C'est l'album où il est le plus effacé parce qu'Éric Goulet lui disait qu'il fallait qu'il soit « aérien », et Étienne n'est pas un guitariste aérien. Moi je pense que ça a donné un album un peu de remplissage là-dedans.
Hugo Lachance : Le financement de cet album a donné naissance aux Productions Papa Richard, votre label qui vous accompagne encore. C'est ton père qui a financé l'album, Alex.
Alex Jones : Oui, il a mis de l'argent de ses poches qu'il n'a d'ailleurs pas revu, parce que ce n'est pas un album qui était rentable. Ce n'est pas un mauvais album quand on l'écoute aujourd'hui, mais il y a beaucoup de tounes de remplissage.
Hugo Lachance : Chapitre 7 : SEGMENT : Ils ont dit. La réaction des médias était élogieuse, il y a eu beaucoup d'articles en français et en anglais. Olivier Robillard Laveaux le 28 septembre 2006 : « Bien que les textes de ces 13 nouvelles pièces, dont une chantée avec Marjo, exorcisent les démons qui ont jadis mis Jones sur le carreau, l'atmosphère générale n'a rien de lourd ou de déprimant. Au contraire, il s'en dégage une sérénité contagieuse ». Un survivant, Alex entoune et refait sa dépendance dans Les Précipices et La fin du monde. Réalisé avec une efficacité digne de Plume Latraverse. Est-ce qu'il faut toujours créer dans l'urgence ?.
Alex Jones : Absolument pas d'accord. Ça donne des tounes qu'on risque de ne plus jouer. Tous les animaux sont mes amis, c’est un riff que j’avais composé avec Michel Dufour. C’est une traduction. Le 9 novembre 2006, un article disait que le disque Saint-Panache était le chef-d'œuvre du groupe et l'un des plus forts au Québec cette année-là. C'est autobiographique, rempli d'images « on the road », d'alcool, de drogue, d'amour et de loyauté. Une longue chute et une longue montée vers la conscience sans nombrilisme. Un album étrangement festif, country rock galopant. J'ai fait un petit appel à tous sur Facebook pour demander des commentaires sur Internet et voici ceux des auditeurs.
Hugo Lachance : Chapitre 8 : Commentaires des auditeurs. Quelqu'un dit que Et les chiens hurlèrent jusqu'à l'aube possède une fine poésie avec un clin d'œil à Prévert et Gainsbourg. C'est l'une des plus belles chansons qu'on a faites.
Alex Jones : Je suis d'accord avec toi parce que c'est un texte incroyable et c'est une bonne musique que j'ai faite, pour vrai, je ne me vante pas. C’est directement influencé par André Gagnon en plus, j'étais dans mon trip d'André Gagnon dans ma tête, le piano sur la mer. Quelqu'un d'autre parle de la pièce titre, à la fois simple et improbable, surprenante par sa collaboration avec Marjo. Les voix, les guitares et les arrangements sont parfaits. Le choix était très difficile.
Étienne Carrier : C’est vrai, à l'époque les gens devaient être écœurés d'écouter la chicane de je ne sais pas trop qui, André Waters ou Marc Lavoine. Geneviève de Montagne mentionne que l'album l'a accompagnée durant une séparation difficile. Saint-Panache a beaucoup marqué le monde parce qu'il arrive souvent en premier dans les préférences.
Alex Jones : Je me demande si je l'ai jouée sur l'album, je ne suis même pas sûr. Je suis jaloux, c'est la deuxième plus populaire, je pense que ce n'est pas moi qui joue non plus. C'est une chanson que j'avais écrite pour toi, Étienne. Je veux juste ouvrir une parenthèse, je ne suis pas sûr qu'on devrait faire des podcasts à cette heure-là. La prochaine fois, on va prendre un café plus tôt.
Hugo Lachance : Chapitre 9 : SEGMENT : Présentation de l'album Saint-Panache. Tous les animaux sont mes amis, je ne me rappelais même pas qu'on avait fait deux versions. L’anthologie est sortie six mois avant l'album. Elle contient 19 titres, on ne passera pas au travers parce qu'on en a déjà parlé dans un podcast précédent, mais il y a deux nouvelles pièces : Tristesse et Femme tout nue. C’est encore Productions Papa Richard et Éric Goulet au mix et master. J'ai fait le graphisme et le dessin est d'Alexandre Teixeira. C'est quoi l'idée exactement de sortir ça ?.
Alex Jones : On voulait avoir du matériel à vendre en spectacle. On avait un embargo sur tout ce qu'on avait créé avec La Tribu, on n'avait plus accès aux CD qu'on avait faits. Tout le monde nous demandait nos vieux succès en 2006. On s'est dit qu'on allait faire une anthologie regroupant les 10 premières années du band. On va y aller avec Tristesse.
Hugo Lachance : Chapitre 10 : Tristesse.
Alex Jones : C'est une des premières tounes que j'ai composées au complet dans les années 90. Je la jouais tout seul en show une fois de temps en temps, mais on ne l'avait jamais endisquée. J'ai voulu l'enregistrer proprement pour réutiliser un texte que je trouvais intéressant. C'est Bertrand Boivin des Flocons givrés, un grand homme de la musique québécoise, qui jouait. J'ai brodé des harmoniques, j'ai gossé parce qu'il y avait deux tounes qui se ressemblaient beaucoup. Les paroles sont tristes : « Je suis triste ce soir, j'ai le désespoir... la vie en vaut-elle la peine, peut-être que je vais me trancher les veines ». C'est bizarre, j'étais jeune quand j'ai écrit ça. On passe à Femme tout nue.
Hugo Lachance : Chapitre 11 : Femme tout nue.
Alex Jones : C'est un standard, je ne savais pas trop quoi faire. J'aime beaucoup jouer avec la 7e et la 9e. C'était un blues, une ode à la femme. Pour moi, c'était vraiment juste une toune de remplissage qu'on n'avait jamais enregistrée. On va passer au premier single : Les Précipices.
Hugo Lachance : Chapitre 12 : Les Précipices.
Alex Jones : C'est moi qui ai eu l'idée de cette chanson-là. J'avais acheté deux ou trois guitares au Dollarama sur Rosemont et je les avais modifiées pour pouvoir les brancher sur un ampli. Je faisais des sons avec les pitons et ça a donné une bonne toune. L'idée était géniale. On se faisait comparer à Indochine avec cette toune-là. On pensait qu'on pouvait percer à l'international avec ça. C’est un exercice de rimes en « is » : pénis, clitoris, pubis. Le message est hilarant et érotique. On continue avec Et les chiens hurlèrent jusqu'à l'aube.
Hugo Lachance : Chapitre 13 : Et les chiens hurlèrent jusqu'à l'aube.
Alex Jones : Je me suis inspiré de la chanson de Prévert chantée par Yves Montand, Les Feuilles Mortes. C'est une des premières chansons que j'ai appris à jouer dans mon orchestre de jazz à la contrebasse au Conservatoire. Je n'étais pas bon, je ne savais pas mes notes, mais je me suis inspiré de tout ça. C'était l'automne, un changement dans ma vie.
Hugo Lachance : C’est la continuité de ce que tu as vécu. WD-40 est aussi apparu au cinéma.
Alex Jones : Chapitre 14 : WD-40 au cinéma dans "La vérité" de Marc Bisaillon. On est allés jouer à Saint-Hyacinthe aux Haricots et Marc Bisaillon avait écrit son scénario de film. Le point culminant du film est basé sur notre présence au bar. On joue notre propre rôle. On était figurants aussi, on voit deux jeunes qui se tapent sur la gueule dans le bar. On est l'élément déclencheur du film. C'est la première de deux apparitions au grand écran. On va continuer avec Saint-Panache.
Hugo Lachance : Chapitre 15 : Saint-Panache.
Alex Jones : Chapitre 16 : Marjo. En 2006, la presse parlait d'une surprenante combinaison : Marjo avec WD-40. Comment ça s'est passé ?. Moi je ne l'ai pas vue enregistrer, je n'étais pas là. Elle était entre deux albums, elle n'avait rien de concret alors elle a dit oui. C’était inespéré pour nous. Honnêtement, elle s'attendait peut-être à ce que ça lève plus. Le lancement au Cheval Blanc l'avait déçue parce qu'on n'avait pas fait de show, on avait juste fait jouer l'album.
Étienne Carrier : À cette époque, il y avait un problème avec les lancements de disques, on lançait des albums mais il n'y avait pas de prestations live. Les gens restaient sur leur faim. Il faut comprendre que quand tu lances un album, tu fais un show et tu vends les albums. C'est encore plus « anti-rock » de lancer un disque sans show. Marjo était déçue parce qu'elle s'attendait à ce qu'il y ait plus de Kodak, mais sans prestation, personne ne se déplaçait.
Alex Jones : On a voulu faire un clip, mais ça n'a pas marché. Je voulais faire un duo avec une rencontre qui me rappelait l'Abitibi. Quand je suis allé en Abitibi, j'étais fasciné par le côté western lointain, les serveuses, les prostituées. C’était un autre univers. C'est là que j'ai compris l'univers de Richard Desjardins et ses villes minières qui sont lointaines mais urbaines en même temps. Ça rappelle le Yukon, Whitehorse ou Dawson City. Ce sont des petites villes où le monde travaille fort. J'ai composé la suite des paroles en me mettant dans la peau d'une femme pour pouvoir écrire ça. C’est une bonne toune, mais l'acte de faire la toune est un peu marqué par ce bruit.
Hugo Lachance : J'ai des vieilles photos de Fred Poulin en studio pendant que vous enregistriez. Tu étais en train de chanter une toune qui n'est pas sur l'album, Sexe Pouvoir.
Étienne Carrier : Ça ne m'intéressait pas, c’est une chicane qu'on a eue. Je n'y croyais pas vraiment, je faisais mes affaires avec mon côté plus country rockabilly de mon bord. D'ailleurs quand on écoute, on sait très bien que ce n'est pas moi sur certaines tounes, c'est Michel ou Alex. Je ne trouve même pas ma signature sur les tounes que je n'ai pas composées. C’est comme l'album de par ailleurs où je ne me retrouve pas là-dedans. J'adore qu'on fasse un parallèle entre WD-40 et les Red Hot Chili Peppers.
Hugo Lachance : Chapitre 17 : Ma dépendance. On écoute un extrait : « Ton cœur, le mien, que je le pose ici, ça va lui faire du bien. Il se remet un peu du droit de sèche. Chaque élève de tous les démons qui le hantent, de ses ennuis les sédiments, son éternel adolescent... Sa dépendance. Ouvre tes yeux, je ferme... ma dépendance ». J'ai rien à voir dans la chanson là, mais je trouve que c'est une très belle chanson, très bien écrite et très bien faite.
Alex Jones : Il y a même un changement ce qui était bête, mais non, c'est bien fait. Ça a un petit côté manouche que j'aime, mais c'est pas bon de reposer du tout. Ça vient d'un voyage en Europe où on était allés voir le Boban Marković Orkestar, celui qui faisait la musique de Chat noir, chat blanc. On l'a vu jouer à Budapest live avec tout l'orchestre et je me suis dit : « Tabarnak ! ». J'ai vu dans ce côté manouche quelque chose qui m'a inspiré.
Étienne Carrier : C'est ce qui t'a inspiré pour « Ma dépendance », mais d'ailleurs, c'est de là que vient l'histoire où tu ne comprenais pas c'était quoi ton boléro en bois. C'était un boléro en faux poil trouvé dans une boutique de fourrure au Québec dans les années 80. C'est vraiment ça qui a inspiré « Ma dépendance ».
Hugo Lachance : Chapitre 18 : Bronco Billy. Bravo, tu es parti ! J'ai oublié les noms, mais je me souviens de lui. On l'a fait pour compiler, on a fait le beau gosse. [Musique]. Ça me sort un peu de mes racines.
Alex Jones : Oui et non, mais moi j'ai toujours fait un lien entre les deux. J'ai toujours été fasciné par ce monde-là qui se faisait exploser dans le char. C'est l'histoire des courses de char, ces fameuses courses qu'on voyait dans les vieux films d'horreur des années 60 : il y a une pitoune qui lève un foulard entre les deux chars, puis ils partent malades jusqu'au bord de la falaise. Ils jouent à « chicken » : le premier qui va tourner gagne, sauf que là, son char explose.
Hugo Lachance : Chapitre 19 : L'anecdote de "Boursouf".
Alex Jones : C'est vrai que Boursouf m'a toujours impressionné. C'était un indépendant qui ne voulait pas s'affilier avec les autres à l'époque, le chef des « Compagnons » qui s'appelait Boursouf. Il s'était fait exploser dans son pick-up dans la cour de l'école Dominique-Racine. Ils avaient mis de la dynamite dans son véhicule, ce qui était un petit peu « overkill » pour un Motorhead. Le char a explosé et il y a eu plein de légendes : toutes les vitres de Dominique-Racine ont pété au complet et ils auraient même trouvé son pénis sur le terrain de baseball. C'est arrivé dans les années 80, entre le moment où on est partis de Rivière-du-Loup et la fin des années 80.
Hugo Lachance : Chapitre 20 : À l'auberge du cheval qui boit. [Musique]. « Le chemin du retour, celui qui me ramène à toi ». On l'a jouée il y a un an ou deux.
Alex Jones : C'est une toune que j'ai composée, mais Éric Goulet, qui n'est pas fan de grands compliments, m'avait dit que c'était bien fait.
Étienne Carrier : Musicalement, je trouve que le texte aurait pu être mieux que ça, mais ça c'est mon avis à moi. Je ne te dis pas que tu as mal fait ça, le gros, je te dis que ça me touche moins, même si musicalement c'est une belle toune.
Hugo Lachance : Chapitre 21 : L'envie de vouloir. [Musique]. Ça nous fait revenir un instant aux passions du début, celles qui nous ont fait plonger dans une mer inconnue et qui ont fait de nous ce que l'on fut. Rationalisé, c'est un gars qui frenche une pitoune à certains moments.
Alex Jones : C'est pour dire les choses en gros, c'est ça.
Hugo Lachance : La prochaine toune : « Bing Pawf pis Salut! ».
Chapitre 22 : Bing Pawf pis Salut!. [Musique]. « Tes yeux sont à... je m'obstine à l'ennui. Mes yeux suivent la route estompée sous la pluie et le jour s'étouffe sur moi et ma Suzuki. Toujours plus loin, aller jusqu'à demain ».
Étienne Carrier : Je sais qu'on était vraiment prêts à faire cet album-là, mais il nous manquait des bouts. Alex a dit : « OK, il faut que j'aille chier », il revient et il dit : « J'ai fait un texte ! ». J'allais dire un texte d'écureuil, mais ça aurait pu être un orignal qu'on ajoute.
Alex Jones : Ce sont des gars qui avaient des « mauvaises villes », ils mouraient des fois plus vite que d'autres. Souvent, dans les compagnies d'enseignes, il y avait un gars qui posait des affiches, un petit bonhomme tout le temps bien dans son « one-piece » de travail. Il disait : « On va arriver, on va pogner l'enseigne, on va la calisser sur le mur. Pif, paf, pif, bing pof, salut ! ». C'est de là que vient le titre.
Hugo Lachance : Chapitre 23 : Tous les animaux sont mes amis. [Musique]. On s'était dit qu'on allait faire ce qu'on n'avait jamais fait : une toune qui va « pogner » à MusiquePlus. On a dit : « On va faire un vidéoclip et ça va passer à MusiquePlus ».
Alex Jones : On est allés à MusiquePlus, mais j'étais rendu vieux, c'était tout des enfants là-bas. Il y avait Mélodie, mes enfants aujourd'hui, et je me disais : « Tabarnak, on dirait que je suis dans une cour de secondaire ». J'arrivais avec ma toune d'animaux mongole et je me demandais ce que je faisais là. C'était vraiment une stratégie. Il fallait qu'on fasse des « likes » sur MusiquePlus pour être le « boss clip » de la semaine.
Étienne Carrier : Je suis tellement nul avec les ordinateurs, juste cliquer pour faire des « likes », j'ai pas le talent. Il fallait se « ploguer » et se « sloguer », tout le monde faisait ça à l'époque. C'était la fin d'une époque, juste avant que les téléréalités ne commencent à prendre toute la place.
Hugo Lachance : Chapitre 24 : La ville m'en veut. [Musique]. « Plus j'y pense et plus j'en veux, je me questionne sur l'état des lieux, si c'est tant mieux... Elle me suce le sang, elle me rend... Donc la ville m'en veut ».
Alex Jones : Je ne m'étais pas écoeuré, mais Éric Goulet ne voulait pas que je prenne une Metal Zone parce que moi j'aime ça, la Metal Zone. Ça ne me dérange pas, ça fait 30 ans que je joue avec une Metal Zone. Mais là, il ne voulait pas parce qu'il y avait des harmoniques. Il m'est arrivé avec une « Rat », mais c'était impossible de faire les harmoniques que je voulais avec ça. Ça me faisait chier parce que je la voyais vraiment comme une grosse chanson métal.
Étienne Carrier : On l'entend que ton harmonique ne sonne pas comme d'habitude. C'est un bon exemple, une harmonique de la fin du monde.
Hugo Lachance : Chapitre 25 : La fin du monde. [Musique]. Ta voix s'améliore avec le temps. « Pour mieux voir venir, on a connu... Je veux vivre la fin du monde, si je peux mourir aussi pour entendre toute une seconde l'humanité dans ce liquide au sang du cygne ou de colombe ». Ce qui m'a surpris, c'est la fin.
Étienne Carrier : C'est une chanson d'Alex. Je trouvais que c'était un de ses plus beaux textes, j'aimais moins la musique alors je l'ai changée dans la réalisation de l'album. On a pris une drôle de direction. Ça sonne un peu comme du Jean-Pierre Ferland, ça a pris une tangente que je n'attendais pas.
Alex Jones : Ça a donné ça, c'est un beau texte mais on dirait que ça sonne daté. Le problème de cet album, c'est qu'on n'était pas du tout au diapason. Étienne pensait que ça devait sonner comme ceci, moi comme cela, et Michel Dufour pensait à autre chose. C'est après ça qu'on s'est séparés de Michel parce qu'il n'était plus disponible pour la tournée.
Hugo Lachance : On voit tout ça dans le documentaire de 2008. On était tous dans des états différents à ce moment-là.
Alex Jones : Le documentaire a été fait pendant qu'Hélène était enceinte de Mia et il a fini quand elle a accouché de Mélodie. J'ai commencé à jouer après cet album vers 2007 ou 2008.
Hugo Lachance : Chapitre 26 : Te souviens-tu Jean-Loup ?. [Musique]. Je me demande si je joue de la guitare là-dessus. « De belles années, ces longues soirées, courtes tournées... de ces filles et soleils que j'ai tant qu'on se laisse ».
Alex Jones : David m'avait poussé à écrire ce que je voulais dire à mon frère. Je l'ai toujours autant aimé que je l'ai haï. Il m'avait poussé à lui écrire une lettre et c'est devenu une toune. On a « gossé » ça avec Michel pour en faire une chanson.
Hugo Lachance : Chapitre 27 : Au bar-salon des mal-aimés. [Musique]. « Son âme, ses pensées, le corps de sa blonde le long de nos... presque réussi, presque... ».
Alex Jones : C'était une idée de Michel de faire un changement par-dessus. C'est du « gossage » expérimental, un petit trip à la Tom Waits. J'aimais ça parce que ça conclut bien l'album.
Hugo Lachance : On finit avec le Top 3. Mon top 3 à moi : 1. « Ma dépendance », 2. « Te souviens-tu Jean-Loup ? », 3. « Et les chiens hurlèrent jusqu'à l'aube ». Mention d'honneur à « Bronco Billy » et « Sur le chemin du retour ». Et toi Alex ?.
Alex Jones : Pour moi, c'est « Et les chiens hurlèrent jusqu'à l'aube », « Saint-Panache » et « Au bar-salon ». Merci beaucoup tout le monde !. Le prochain album qu'on verra, c'est La niche après le déluge.
Hugo Lachance : Merci tout le monde ! Je vous invite aussi le 3 septembre pour l'épisode live. Merci, bye !