Téléchargez l'épisode audio Spécial wd-40 : Aux frontières de l'asphalte
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Pour ce quatrième volet de notre grande série rétrospective, le balado L’Album Podcast s'enfonce dans les zones les plus denses, éclectiques et mystérieuses de la discographie de WD-40 : l'album Fantastik Strapagosse. Toujours piloté par le batteur de la formation, Hugo Lachance, cet épisode réunit les deux frères et piliers fondateurs, Alex Jones (Alexandre Carrier) et Étienne Carrier, pour revisiter l'année 2001. Un pèlerinage au cœur d'une œuvre hautement culte, née dans la turbulence, la noirceur et un sentiment d'urgence absolue.
[00:11:04] // L'anecdote légendaire du cul de l'acteur Rémi Girard
[00:12:54] // Tempête en studio : l'anecdote intitulée « débâtir le studio »
[00:20:53] // Lecture et analyse de vos commentaires Facebook les plus croustillants
[00:36:08] // LE SEGMENT : Anecdotes de l'Est et dérives urbaines...
Paru le 2 novembre 2001 sous l'étiquette La Tribu, Fantastik Strapagosse atterrit dans les bacs après un passage à vide éprouvant. Bien que l'album précédent (Aux frontières de l'asphalte) ait récolté les éloges unanimes de la critique, les chiffres de vente ne suivent pas. C'est le début d'une période de turbulence : le groupe se sent comme le « Sisyphe du rock », condamné à pousser sa pierre vers les sommets pour la voir dégringoler chaque fois qu'il touche au but.
Alex Jones confie sans fard que cette noirceur — accentuée par des ruptures amoureuses personnelles et une profonde lassitude de l'industrie musicale — a lourdement teinté l'écriture des textes. Pour canaliser cette détresse, le groupe fait à nouveau confiance au réalisateur Éric Goulet (Les Chiens) et à l'ingénieur Pierre Girard.
« On retient ce qu'on veut bien retenir, mais cet album-là, c’est notre œuvre la plus "loose nut", la plus éclatée. »
Musicalement, le disque surprend en s'ouvrant sur des influences jazz, pop et post-rock, tout en maintenant l'ossature garage et abrasive du groupe. L'apport de musiciens invités comme Mara Tremblay (violon, voix) et Duane Ericsson (slide guitar) vient enrichir cette palette sonore. Le concert de lancement au Cabaret du Lion d'Or est d'ailleurs resté gravé dans la mémoire des fans pour sa mise en scène audacieuse (gratte-ciel en carton, étincelles de grinders sur scène) et la participation de Mononc' Serge.
L'épisode passe au peigne fin ce joyau de créativité brute :
Vivre au-dessus de ses moyens : Une pièce aux arrangements ambitieux inspirés de la grande chanson française, mariant un humour grinçant à un désespoir lucide.
Mourir la face dans slush : Qualifié de véritable bijou par la critique de l'époque, ce titre crasseux est devenu l'un des chouchous absolus de la formation à défendre sur scène.
Je reviens de l’est : Un hommage vibrant, poétique et sans fard au quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, capturant l'essence même du Québec urbain et marginal.
Un demi-gramme de mort : Une décharge abrasive et nerveuse qui témoigne des excès et de l'état d'esprit volcanique de la bande durant les sessions de création.
Les commentaires des auditeurs sur les réseaux sociaux confirment le statut unique du disque. Qu'il s'agisse du batteur de Jesuslesfilles, Benoît Poirier, qui salue l'authenticité de Je reviens de l'Est, de Julie Lafrance qui se remémore l'époque bénie de la pièce sur les ondes de CIBL, ou d'Eli Zabeth qui évoque l'humour cru des textes, l'album demeure un repère culturel alternatif indétrônable.
L'écriture du disque s'est faite au cœur d'une tempête intime pour les frères Carrier. Étienne confie qu'il traversait une dépression majeure à cette époque et qu'une distance psychologique grandissante s'était installée entre lui et son frère. Alex Jones qualifie même l'an 2000 de « gros blanc » dans sa mémoire, obscurci par la déception professionnelle d'avoir accouché d'un chef-d'œuvre précédent qui n'avait pas obtenu le succès commercial escompté.
Fidèle à son intensité légendaire, le groupe s'est installé dans la résidence des beaux-parents d'Éric Goulet pour mettre l'album en boîte. Le volume des amplificateurs de guitare était tellement démentiel que les vibrations faisaient décrocher et tomber les cadres des murs. Au fil des sessions, la bande a accidentellement fracassé la vitre d'un réfrigérateur, fait sauter le filtre de la piscine, brisé un luminaire et littéralement défoncé, une à une, toutes les chaises en plastique de l'ensemble de patio en s'asseyant dessus trop brusquement.
La chanson découle d'une rencontre fortuite vécue par Alex Jones un soir de tempête alors que son camion s'était engrisé dans un banc de neige à Montréal. Une travailleuse du sexe d'un certain âge s'est approchée de sa portière pour lui proposer de l'aider à pousser le véhicule en échange de 20 dollars. Comme Alex n'avait pas un sou en poche, la femme a rapidement négocié ses services logistiques à la baisse, acceptant finalement de pousser pour un billet de 10 dollars.
À l'origine, la formation souhaitait ajouter une présence vocale féminine sur cette composition. Il a d'abord été suggéré de confier le micro à la conjointe d'Éric Goulet, puis à celle de Jessie. Ces propositions ont toutefois déclenché des tensions créatives et des chicanes mémorables au sein de l'entourage du groupe. Faute d'un consensus et pour ramener le calme, la pièce est restée purement instrumentale.
Invité à participer à ce cabaret radiophonique dans les studios de Radio-Canada, le groupe a fait honneur à sa réputation en consommant une quantité phénoménale d'alcool en coulisses, s'enfilant notamment une bouteille de 60 onces de whisky ainsi que d'autres bouteilles de scotch. Complètement ivres et désorientés à la fin de leur performance, les musiciens se sont perdus dans les dédales et les couloirs du diffuseur public pendant plus de 20 minutes, avant d'être finalement escortés vers la sortie par une agente de sécurité.
Sources et revues de presse d'époque :
Chronique et critique par Nicolas Titley, Voir, 22 novembre 2001.
Article de Philippe Renaud, La Presse, novembre 2001.
Données exclusives issues de la série du 30e anniversaire de L'Album Podcast.
La grande rétrospective historique de WD-40 tire à sa fin ! Ne manquez pas notre prochain et dernier rendez-vous, où nous plongerons dans l'univers de l'album Saint-Panache et passerons en revue l'anthologie complète de la formation. Préparez-vous à découvrir la conclusion de cette épopée rock incontournable !