Téléchargez l'épisode audio Spécial wd-40 : La nuit juste après le déluge.
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Vingt-cinq ans de carrière, un 5e album studio et une résilience rock inébranlable : le groupe originaire du Saguenay, WD-40, marque son territoire dans le paysage culturel québécois avec son opus le plus mature à ce jour. Pour ce nouvel épisode de L’Album Podcast, l'animateur Hugo Lachance déplace à nouveau ses micros ; dans la cours d'Alex!
Entouré des deux frères et piliers fondateurs, Alex Jones (Alexandre Carrier) et Étienne « Jean-Loup » Carrier, le batteur de la formation revient sur l'année 2018, un jalon crucial pour le trio qui célébrait son 25e anniversaire avec la sortie de La nuit juste après le déluge…. Un entretien poignant qui navigue entre résilience, nostalgie de la quarantaine et ferveur collective.
[00:02:29] // Les dessous de la création du documentaire sans fard Né pour être sauvage
[00:06:10] // Le cri du cœur : L'histoire derrière le fameux cri « Bedang! »
[00:07:40] // Carnet de tournage et anecdotes entourant le vidéoclip de la pièce D'aussi loin
[00:11:15] // Les coulisses de la campagne Kickstarter « 40 jours pour WD-40 »
[00:15:36] // Les discussions secrètes : Yann Perreau a-t-il failli réaliser l'album ?
[00:16:12] // Souvenirs de leur performance explosive aux Francos de Montréal 2018
[00:35:51] // LE SEGMENT : WD-40 crève l'écran dans le film La disparition des lucioles de Sébastien Pilote
Après onze ans de silence radio depuis la sortie de Saint-Panache (2006), les membres de WD-40 se sont sérieusement interrogés sur leur pertinence en 2016. La réponse, fulgurante, est venue directement de leur communauté. Tout a redémarré en 2015 avec l'opportunité de réaliser un vidéoclip pour la chanson D'aussi loin, ravivant instantanément l'intérêt des médias et des fidèles de la première heure.
Pour concrétiser ce nouvel album de manière 100 % indépendante, la formation a lancé une campagne de sociofinancement participatif sur la plateforme Kickstarter intitulée « 40 jours pour un nouvel album ». Le résultat a dépassé toutes les attentes : l'objectif initial de 4 000 $ a été pulvérisé en moins de 48 heures, pour finalement amasser un grand total de 10 000 $. Cette approche ancrée dans la philosophie D.I.Y. (Do It Yourself) a permis au groupe de maintenir un contact direct et privilégié avec ses contributeurs à travers la diffusion de capsules vidéo régulières.
La nuit juste après le déluge… se distingue par une architecture sonore nettement plus droite et incisive que ses prédécesseurs. Pour garantir un disque percutant et sans temps mort, le trio a opéré un tri serré, sélectionnant 10 compositions parmi 15 pistes de travail. Les arrangements s'ouvrent avec audace sur des influences rockabilly et post-punk, tout en conservant jalousement leurs indéfectibles racines country-garage.
Sur le plan des textes, l'écriture d'Alex Jones embrasse pleinement la réalité et les bilans de la quarantaine. Il y est question d'expérience de la vie, d'épreuves surmontées, de solidarité familiale et de remises en question personnelles. Comme le résumait si bien l'animatrice Rebecca Makonnen au critique Olivier Robillard-Laveaux sur les ondes de Radio-Canada : c'est « l’album qui t’as réconcilié avec le rock québécois. »
« L’art est dans le faire, il faut créer pour continuer d’exister… » — Alex Jones
La singularité de WD-40, souvent qualifiée d'« ovni » inclassable de la scène locale, continue de résonner bien au-delà des scènes de tavernes. Le groupe s'est ancré durablement dans le septième art québécois en jouant son propre rôle dans le long métrage acclamé La disparition des lucioles du cinéaste saguenéen Sébastien Pilote, où leur pièce Le déluge occupe une place centrale dans la narration.
De plus, le clip de la chanson La forêt, réalisé de main de maître par le batteur Hugo Lachance, a décroché une sélection officielle au prestigieux Festival international du court-métrage REGARD, prouvant que la charge visuelle du groupe est aussi puissante que ses riffs.
Ce projet documentaire, réalisé par le cinéaste Pierre-Alexandre Bouchard, retrace sans fard ni complaisance l'histoire trouble et chaotique des premières années d'existence de WD-40. Il dresse le portrait sans filtre d'un groupe fragile, constamment sur la brèche, naviguant entre la pauvreté crasse et les conflits de caractères. Le film documente notamment une tournée de spectacles particulièrement désastreuse où tout a littéralement « chié », des pannes de génératrices répétées jusqu'à l'explosion physique de poteaux d'Hydro-Québec.
Le texte s'enracine directement dans les événements tragiques du déluge du Saguenay en 1996. Au moment où les éléments se sont déchaînés, Alex Jones se trouvait isolé dans un chalet du village de Sainte-Rose-du-Nord. À la suite de l'effondrement majeur de la route à Saint-Fulgence, il s'est retrouvé coupé du monde pendant près d'une semaine. Ce climat post-apocalyptique, marqué par un silence total et l'absence complète d'activité humaine, lui a procuré une véritable épiphanie créative qui a marqué sa plume à jamais.
Alex Jones suivait de près les publications de Frank La Liberté sur les réseaux sociaux, fasciné par la poésie brute et provocatrice de cet écrivain souvent qualifié de « poète maudit ». Un jour, Frank a écrit personnellement à Alex pour lui confier son admiration, mentionnant qu'il aurait profondément aimé être l'auteur du texte de D'aussi loin. Tragiquement, le poète a succombé à une surdose une semaine à peine après l'envoi de ce message, un départ brutal qui a profondément ébranlé le chanteur.
Les images ont été captées entre les murs de l'institution culturelle du Plateau, le bar le Quai des Brumes. L'idée originale était de mettre en scène les musiciens attablés tranquillement au comptoir du bar, pendant qu'ils performaient simultanément sur la scène située juste derrière eux par le biais d'un effet d'écran vert. L'anecdote veut qu'Alex Jones ait été forcé de retourner en studio pour un reshoot de dernière minute afin d'intégrer des séquences supplémentaires mettant en vedette Maman Loup déguisée en sirène.
Sources et revues de presse :
Archives et notes de production de la campagne Kickstarter officielle de WD-40, 2017.
Critique de l'album, Voir.ca, 2018.
Portrait par Éric Parazelli, Paroles & Musique (Magazine de la SOCAN), 12 décembre 2017.
Chronique d'Alain Brunet, La Presse, 12 juin 2018.
Chronique d'Ariane Coutu-Perrault, Magazine 100% Culturel, 11 juin 2018.
Analyse de Benoît Poirier, Voir, 19 septembre 2017.
Reportage de Daniel Côté, Le Quotidien, 28 septembre 2018.
Critique de Stéphane Deslauriers, Le Canal Auditif, 2 novembre 2017.