Téléchargez l'épisode audio Spécial WD-40 Ep.7 : Devant public au Cheval Blanc
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Le 3 septembre 2023, un moment historique pour la scène alternative québécoise a été immortalisé entre les briques et les cuves de la célèbre microbrasserie Le Cheval Blanc à Montréal. Pour clore en beauté et en décibels la première saison de L’Album Podcast, l’animateur Hugo Lachance jouait à domicile en réunissant devant public les deux frères et piliers fondateurs de WD-40, Alex Jones (Alexandre Carrier) et Étienne Carrier. Un enregistrement survolté pour célébrer trois décennies d'une trajectoire brute, poisseuse et indomptable.
[00:41:18] // Camions et rock 'n' roll : la fameuse anecdote entourant l'américaine Neko Case
[00:45:01] // Les dessous de la création et du riff de la pièce Mouche à marde
[00:48:53] // Éric Goulet débarque sur scène pour raconter la production d'Aux frontières de l'asphalte
[00:52:19] // LE SEGMENT : L'anecdote de destruction et d'improvisation de Fantastik Strapagosse
[01:10:05] // Le multi-instrumentiste Pat Mainville raconte son arrivée organique dans la famille
[01:13:53] // Le baptême du feu : la fois où Pat a dû remplacer Hugo Lachance à la batterie en Abitibi
Depuis ses balbutiements au début des années 90, la formation originaire du Saguenay s'est imposée comme une boussole essentielle de la faune underground québécoise. L'épisode met en lumière une réalité tordue : malgré un manque chronique d'organisation (ironiquement et fièrement revendiqué par les musiciens), le groupe a traversé les époques grâce à une authenticité désarmante et une amitié à toute épreuve.
Cet enregistrement public a également permis de lever le voile sur un objet de collection hautement convoité : la parution de leur tout premier vinyle. Il s'agit d'une compilation ultra-limitée de 50 exemplaires pressés à l'initiative du Festival de Culte de Port-Alfred. Le visuel monochrome, simple, épuré et sans fioritures s'inspire directement de l'esthétique des mythiques sessions radio de John Peel sur la BBC.
La présence sur scène du réalisateur Éric Goulet (Les Chiens, Monsieur Mono) a permis de replonger dans les rouages techniques de deux monuments de leur catalogue :
Mise en boîte dans un état d'immersion créative totale (et de destruction mobilière partielle), cette œuvre est décrite par Goulet comme un véritable diamant brut. Sa mission à la réalisation consistait à polir subtilement les textures sonores de la formation pour les rendre intelligibles, sans jamais émousser ni trahir leur électricité sauvage d'origine.
Un album beaucoup plus léché, texturé et structuré. Il marque un point de bascule technique et une évolution majeure dans la production globale du groupe, et ce, en dépit des tensions créatives inhérentes à la vision esthétique de chaque membre à cette époque.
Au-delà des éclats de rire, l'entretien s'est mué en une séance de thérapie collective pour les frères Carrier. Alex Jones a confié que le fait de parcourir l'intégralité de leur discographie chanson par chanson s'avérait un exercice profondément cathartique, forçant le groupe à revisiter des tranches de vie intenses, de la pauvreté crasse et du dénuement des débuts montréalais jusqu'à la sérénité tranquille de la quarantaine.
Pour le plus grand bonheur des habitués du Cheval Blanc, la discussion a été rythmée par des segments musicaux improvisés à la guitare acoustique, incluant des versions dépouillées et habitées de classiques incontournables comme Né pour être sauvage ou La nuit je t'appelle.
Les sessions se sont orchestrées en mode commando sur une période de trois jours intensifs dans la résidence des parents de la conjointe d'Éric Goulet de l'époque. Afin de ne pas condamner la maison, l'équipe technique avait improvisé la régie et le studio à l'intérieur d'un Winnebago stationné dans la cour. L'enregistrement s'est avéré particulièrement éprouvant pour le mobilier (le filtre de la piscine a sauté, les chaises de patio ont rendu l'âme et la vitre du réfrigérateur a volé en éclats), mais d'une efficacité artistique redoutable, plusieurs morceaux ayant été fignolés et inventés directement sur place.
Pendant une période de préproduction dans un chalet forestier, les musiciens ont remarqué une carabine de calibre .22 en démonstration, accrochée juste au-dessus de la tablette du foyer. Croyant qu'il s'agissait d'une arme décorative inoffensive, Alex Jones s'est mis à la manipuler et à s'amuser avec, ignorant totalement qu'il s'agissait d'une arme semi-automatique chargée à bloc. Éric Goulet a rappelé au micro que l'incident a frôlé la catastrophe pure et simple, le chanteur ayant pointé le canon par inadvertance vers les membres de l'équipe avant qu'on ne lui arrache des mains.
Le maillage s'est opéré de manière purement fortuite sur les plateaux du septième art. Pat a fait la rencontre d'Étienne Carrier lors d'un tournage de cinéma : le courant est passé instantanément et les deux complices ont commencé à se réunir pour jammer de la mandoline dans un condo. Pat s'est greffé au projet dans un premier temps pour assurer un concert acoustique intime sur la scène du Quai des Brumes. Quelque temps plus tard, il a dû relever un défi de taille : apprendre à jouer de la batterie en catastrophe en l'espace de deux semaines afin de remplacer Hugo Lachance au pied levé pour une tournée complète de bars en Abitibi.
Cet épisode représente une page d'histoire pour l'institution de la rue Ontario Est. Établie depuis le début des années 80 et reconnue comme l'une des toutes premières microbrasseries artisanales de la métropole, c'était la toute première fois de son histoire que ses gestionnaires acceptaient d'ouvrir leurs portes pour accueillir et diffuser l'enregistrement officiel d'un balado devant public.
L'inspiration derrière ce titre à l'imagerie brute découle d'une conversation survenue dans les coulisses de la salle du Metropolis à Montréal. Alex Jones y a croisé la célèbre autrice-compositrice-interprète américaine Neko Case. En discutant de mécanique et de route, Alex a réalisé qu'ils conduisaient exactement le même modèle de camion de marque truck, à une différence économique majeure près : le moteur de Neko fonctionnait au diesel, un carburant nettement moins dispendieux pour avaler les kilomètres à cette époque.
Transcription : L’Album Podcast — WD-40 Spécial 30e anniversaire — En direct du Cheval Blanc