Ô Voleur! : Le dégel
Ô Voleur! : Le dégel
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Ô Voleur! : https://ovoleur.bandcamp.com/
Le 14 avril 2024, c'est à Repentigny que L’Album Podcast s'est arrêté pour braquer ses projecteurs sur une formation fière de ses racines lanaudoises : Ô Voleur!. Autour de la table, Hugo Lachance a cuisiné Marc-André Cyr-Sabourin, Julien Lefort et William McDuff à l'occasion de la sortie toute fraîche de leur album Le Dégel.
Composé de routiers de la scène locale passés par des projets marquants comme Test Your Might, Reanimator et Salvation, le groupe est revenu sur l'évolution du milieu musical régional, saluant au passage des bands phares comme Mudie-Jacques et rappelant l'importance cruciale des petites salles alternatives pour la culture émergente. En prime, l'épisode se clôt en beauté avec une prestation acoustique et brute de leur morceau Le règne minable.
[00:13:46] // État des lieux de la scène musicale underground dans Lanaudière
[00:16:05] // Les coulisses et les détails de la formation d'Ô Voleur!
[00:31:17] // Le processus de création graphique de la pochette
[00:33:47] // L'anecdote entourant la toute première chanson du groupe
[01:23:18] // LA PRESTATION : Performance en direct de la pièce Le règne minable
Lancé officiellement le 15 avril 2024, Le Dégel propose sept pistes denses qui explorent le froid, l'isolement et la reconstruction. Entièrement autoproduit, le disque s'est façonné à l'artisanat entre juin 2022 et janvier 2024, voyageant d'un appartement à un sous-sol de la région.
Le noyau dur du groupe — composé de Marc-André Cyr-Sabourin (voix), Julien Lefort (guitare, voix) et William McDuff (guitare, basse, voix, batterie programmée) — s'est adjoint les services de Patrick Du Tremble, Marc-André Poisson et Dominic Gratton pour enrichir les textures de l'album. Pour célébrer le tout, la bande a orchestré un lancement mémorable le 27 avril 2024 au Vieux Palais de L'Assomption, partageant les planches avec Grolar et Oktoplut.
« Cet album explore la transition entre une période de froideur ou de gel intérieur vers un mieux-être, un concept renforcé par l'expérience de l'isolement. »
L'épisode permet de décortiquer une écriture à deux têtes où Lefort et Cyr-Sabourin fusionnent leurs obsessions. On y traverse des pièces puissantes comme Le règne minable, plongée lourde dans la catatonie existentielle, ou encore Le poids de la neige, qui image l'engourdissement créatif. Lors du traditionnel segment des coups de cœur, la formation a d'ailleurs couronné son Top 3 du disque : Le règne minable, Longue Distance et Crépuscule.
Le texte prend directement sa source dans le parcours de Marc-André Cyr-Sabourin, qui a composé avec de violents troubles d'anxiété et des crises de panique. La chanson traduit avec une vérité désarmante ce moment de détresse absolue où l'on perd tous ses moyens — au point de devoir se coller physiquement au sol pour réussir à retrouver son air — avant de franchir, pas à pas, cette « distance » psychologique vers la guérison et une meilleure compréhension de soi-même.
L'image de l'éponge est intimement liée aux thèmes de l'autosabotage et du point de non-retour. Dans le titre Tant pis trop peu trop tard, le narrateur choisit de jeter l'éponge préventivement, paralysé par la peur de l'échec. À l'inverse, dans la pièce Émoi, le personnage cherche désespérément cette même éponge une fois qu'il réalise l'ampleur de ses torts, symbolisant l'incapacité douloureuse de faire marche arrière ou de réparer les pots cassés.
Écrite par Marc-André Cyr-Sabourin, cette pièce s'aventure dans la psyché complexe d'un individu qui tente de rationaliser l'irrationnel après avoir commis un acte irréparable. Le concept de « l'intrus » y est développé pour illustrer comment une idée noire peut s'immiscer tranquillement dans un esprit jusqu'à légitimer le pire. Le texte s'inspire en partie d'une réflexion viscérale sur le désir de protection paternelle, rappelant l'ambiance lourde du film québécois Les 7 jours du talion.
Julien Lefort a pris la plume pour ce morceau immédiatement après avoir dévoré le roman à succès Le poids de la neige de l'écrivain Christian Guay-Poliquin. Sans pour autant proposer une adaptation littérale de l'intrigue, c'est l'atmosphère hivernale étouffante, confinée et brute du livre qui a servi de bougie d'allumage pour illustrer la pression et l'urgence créative qui habitaient le groupe à ce moment-là.
Le nom s'est forgé au fil de longues discussions animées entre les membres de la formation. Il s'articule autour d'un jeu de ponctuation et d'une imagerie biblique forte, évoquant les figures des voleurs crucifiés sur le mont Golgotha. L'ajout du « Ô » exclamatif insuffle une dimension presque théâtrale, sacrée et proclamative, créant un contraste ironique et percutant avec la criminalité brute du mot « voleur ».
Transcription intégrale de l’épisode avec Ô Voleur! : Le dégel