Transcription intégrale de l’épisode Spécial 10 ans de la Table Tournante avec Marco Marchand, Conflit Majeur, Ô Voleur! et Cobra Barbara
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Entrevue avec Marco Marchand
Hugo Lachance : Hey bonjour tout le monde, ici Hugo Lachance de l'album podcast. Là, vous vous demandez sûrement mais qu'est-ce qu'il fout dans mon podcast celui-là ?. Ben oui, j'ai décidé de faire une collaboration avec les gars de « Du bruit à mes oreilles » pour souligner les 10 ans de la Table Tournante, disquaire à Terrebonne. Aujourd'hui, je suis avec Marco qui est propriétaire, exactement. Bonne fête, Marco !.
Marco Marchand : Merci beaucoup !. On est au parc Saint-Sacrement. C'est la première fois, à ce que je sache, qu'il se passe quelque chose comme ça à Terrebonne. J'avais le goût de faire du bruit et d'inviter mes chums, ma famille, puis un bon show de punk et de rock « all age ». C'est « all age » surtout parce qu'il n'y a pas ça, il y a rarement ça à l'extérieur de Montréal, des salles. Je trouve que ça manque parce que la scène de jeunes en ce moment est en train d'exploser, puis il faut en profiter justement.
Hugo Lachance : Ben oui, exactement, c'est un retour au... En parlant des bands, qui as-tu invité pour ton party ?.
Marco Marchand : J'ai invité, je ne vais peut-être pas les dire dans l'ordre, Snatchers, Cobra, Barbara, Ward... Attends, je vais sortir la liste. Il y a Ward of, The Snatchers, Ô Voleur!, Cobra Barbara, À l’envers, Conflit Majeur, puis Truck Violence.
Hugo Lachance : Parfait, là on vient d'entendre Ô Voleur!, qu'on a reçu d'ailleurs à l'album podcast, un excellent épisode. Je me plogue dans ton podcast, c'est parfait. Donc, dix années pour la Table Tournante. Qu'est-ce qui a le plus changé en 10 ans dans l'industrie du disque ?.
Marco Marchand : C'est la clientèle, je trouve. Quand j'ai commencé il y a 10 ans, c'était surtout des collectionneurs, puis là en ce moment, c'est n'importe qui, n'importe quoi, qui vient acheter des disques. C'est tant mieux comme ça aussi, et surtout, il y a surtout une recrudescence chez les jeunes justement, qui veulent découvrir. Il y a tellement de bands à découvrir, autant des nouveaux bands que des vieux, ça se donne. Les jeunes aiment le format physique, ils adorent ça. C'est surtout les punks et les métalleux, ça a tout le temps été eux les ramasseux de vinyles.
Hugo Lachance : En tant que commerce, qu'est-ce qui a le plus changé ou évolué dans vos 10 années ?.
Marco Marchand : Justement, Terrebonne, on a été souvent reconnus pour le rock avec des bands comme Jimmy Target qui avaient beaucoup pogné à l'époque. Ça s'était perdu. Je te dirais que depuis les 5 dernières années, il y a plein de jeunes qui viennent me voir, qui se sont partis des bands puis qui veulent avoir des places où jouer justement. C'est ça que j'essaie de leur offrir. C'est un peu le rôle d'un disquaire, ce n'est pas juste de vendre, c'est... moi, la musique m'a beaucoup aidé. Je me dis que si ça peut aider les autres, c'est ce que j'essaie de faire avec les jeunes.
Hugo Lachance : On entend que la situation économique est difficile pour tout le monde, les produits sont chers, puis on entend beaucoup de disquaires qui ferment, je pense à La Planète Claire et tout ça. De votre côté, ça va bien ? Comment voyez-vous l'avenir ?.
Marco Marchand : Moi, pour être franc, tant que je suis capable de me payer mon appart puis de manger, je vais faire ça toute ma vie. Je n'ai pas besoin de plus. Je fais vraiment beaucoup ça pour le love. Dans le fond, je me l'ai créé parce que j'ai une paralysie cérébrale et ça a été bien compliqué de me trouver une job. C'est pour ça que j'ai ouvert le magasin, parce que je n'en trouvais pas. Je me faisais refuser tout le temps, j'étais tanné de me faire revirer de bord, fait que j'ai ouvert mon magasin. C'est ma vie, je ne sais pas ce que je ferais d'autre si je ne faisais pas ça.
Hugo Lachance : À part le vinyle, y a-t-il d'autres médiums ?.
Marco Marchand : La cassette revient beaucoup aussi parce que ça ne coûte pas cher à produire. C'est un beau collectable justement, les jeunes aiment collectionner ces affaires-là. Il y a vraiment un retour de la cassette et les prix, c'est une dizaine de piasses. C'est le même prix qu'un album numérique. Un bon disquaire, c'est quelqu'un qui va être là pour ses clients puis pour leur... moi, ce que je me donne comme mission, c'est de faire découvrir la musique au monde. C'est ça que j'aimais de mes disquaires quand j'étais jeune. J'ai entendu dire que le drummer de WD40 était bien beau, en tout cas, si ce n'était pas de mes disquaires, je ne connaîtrais pas ça.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui s'en vient pour toi ? Des projets à long terme ?.
Marco Marchand : J'aimerais ça ouvrir mon label puis « printer » mes disques. C'est vraiment ça que je veux faire. C'est dans mes projets d'avoir un label, justement avec Conflit Majeur et Ward of. C'est ça qu'on s'en vient faire. Le fait d'avoir un disquaire, de rencontrer des jeunes, ça me fait capoter. La jeunesse fâchée, c'est ma jeunesse préférée. Il y a tout le temps eu des bons bands à Terrebonne. Il y a eu Yanni Capano aussi qui a beaucoup poussé la scène dans la ville, puis je reprends son flambeau.
Hugo Lachance : Tu t'impliques dans la communauté, c'est ce que j'aime entendre. Le spectacle de ce soir, a-t-il été bien accueilli par la ville ?.
Marco Marchand : Par la ville, oui. Il y a un organisme qui s'appelle la SODEC qui, je trouve, sont vraiment endormis et qui nous empêchent justement de faire ces trucs-là, ils ont le monopole du spectacle. J'ai chialé à la ville contre ça puis ils m'ont donné le droit de faire le mien. C'est un super bel événement, c'est pour toute la famille. Je voulais démocratiser la musique, je veux que le punk et le crust soient contents. Ça finit tôt pour ne faire chier personne. C'est le premier festival de plusieurs, c'est mon but d'en faire dans la vie.
Entrevue avec Cobra Barbara
Hugo Lachance : Hey bonjour tout le monde, ici Hugo Lachance qui continue sa collaboration avec les gars du podcast « Du bruit à mes oreilles ». Aujourd'hui, je suis avec le chanteur et guitariste du groupe Cobra Barbara.
Phil : Moi, c'est Phil, enchanté !. On est là pour les 10 ans de la Table Tournante, le magasin de disques mené de main de maître par Marco. On a un show ici, le line up n'a pas de bon sens.
Hugo Lachance : Si on mettait des étiquettes à votre band, à quoi on pourrait comparer votre style ?.
Phil : On se range plutôt dans le psychédélique garage, parce que ça englobe bien des affaires, mais ça va dans la même zone que King Gizzard. De temps en temps, on merge aussi dans la phase stoner où l'on écoute un peu de Sleep à gauche à droite. Le premier band du gars de Queens of the Stone Age, Kyuss, pour le côté désert, on s'en est pas mal inspirés aussi.
Hugo Lachance : Quel est votre parcours ?.
Phil : On est tous allés en musique en jazz, ça paraît. On est des musiciens chevronnés. On s'est rencontrés au cégep. On est tous des gars qui jouaient du rock avant d'aller étudier, fait qu'on revient un peu à nos premiers amours après les études. On essaie d'intégrer des jams à gauche à droite. Souvent, à cause de notre « background », on est à l'aise de se laisser aller. On a eu deux cordes qui ont pété pendant le show, même une corde de basse, mais on s'est rendus à la fin pareil.
Hugo Lachance : Avez-vous des enregistrements ?.
Phil : On a deux EP présentement qui sont sur toutes les plateformes. On en prépare un troisième pour le début de l'année prochaine. On essaie d'être très actifs parce que les gens oublient vite aujourd'hui. À la batterie, il y a Simon Desrosiers, à la basse Philippe Marcille, à la guitare Carl Giroux et moi-même au vocal et à la guitare. On compose d'une manière très jam, on s'enregistre avec notre téléphone puis on « build up » là-dessus.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui s'en vient pour vous ?.
Phil : On a un lancement de cassette double avec nos deux EP, un de chaque bord. On fait un lancement le 3 novembre à l'Escogriffe à Montréal. On prépare un prochain EP qui va être plus rapide, plus rentre-dedans, dans l'esprit punk psychédélique, puis un quatrième qui sera plus Doom Stoner. En faisant des EP, on peut faire un mode spécifique en 5 ou 6 chansons et le sortir rapidement pour rester plus d'actualité.
Entrevue avec Ô Voleur!
Hugo Lachance : Ici Hugo Lachance, on fait une collaboration avec le balado « Du bruit à mes oreilles ». On est à Terrebonne avec Julien et Marc-André d'Ô Voleur!.
Julien : C'était notre meilleur concert, je crois. L'ambiance était vraiment bonne et ça sonnait bien.
Hugo Lachance : C'est cool d'avoir un événement comme ça, tous âges, en après-midi. Qu'est-ce que vous en pensez pour renouveler un peu l'attrait ?.
Marc-André : C'est un show sans politique. Marco de la Table Tournante connaît beaucoup de gens, il a une bonne culture underground québécoise. Il a pris les gens autour et a fait un « line up » excentrique qui va chercher pas mal de monde. On est en train de préparer un EP, ça fait longtemps qu'il est écrit. Ça va s'appeler « Lupercal ». C'est un peu concept, c'est ésotérique et on parle de rituels.
Hugo Lachance : Vous pensez le sortir quand ?.
Marc-André : Le plan est de sortir une chanson en décembre, puis l'EP peut-être en mars. Ça dépend de moi, ma femme est enceinte et il reste 6 semaines. On est prêts à enregistrer. Will est à la réalisation.
Hugo Lachance : Vous avez un nouveau membre, Dominique à la batterie. Comment ça a changé l'approche d'écriture ?.
Julien : Ça a tout changé. Dom a un instinct de batteur, il est au service de la « toune ». Il travaille pour la chanson. Il a fait ses devoirs et il personnalise les chansons du premier album. Ce n'est pas un drum qui est là pour faire un show, c'est là pour que la « toune » fasse le show. On a composé deux nouvelles chansons en groupe cet été.
Marc-André : On a aussi Marc-André Poisson à la basse et au clavier. Il ajoute beaucoup à notre processus créatif, il a un esprit poète et il collabore beaucoup aux textes. Musicalement, on joue beaucoup plus dans les nuances et les dynamiques par rapport au premier album.
Hugo Lachance : Dans le fameux jeu des étiquettes, à quoi ressemble Ô Voleur! ?.
Marc-André : C'est comme si la musique québécoise avait le goût de faire mal un peu et avait un mal de vivre. C'est notre façon de faire sortir le négatif. On est trop punks pour être métal, trop métal pour être punks. On est un peu des ados, mais qui ont plus l'âge d'être ados, on est devenus des messieurs casés, mais on a encore des problèmes existentiels.
Entrevue avec Conflit Majeur
Hugo Lachance : Je suis avec Conflit Majeur, Justin et Charles. Comment a été le show ?.
Justin : J'ai pété deux cordes sur deux guitares différentes. On s'en est sortis finalement, ce sont des leçons de vie. On a déjà eu plein de problèmes dans d'autres shows, il faut faire avec.
Charles : On est super fiers pour la Table Tournante, il y a du monde qui s'est déplacé d'ailleurs, on est contents.
Hugo Lachance : Justin, j'ai entendu que tu travaillais à la Table Tournante ?.
Justin : Oui, les dimanches après-midi. Je vais là depuis que je suis tout jeune, c'est Marco qui m'a montré tous les bands de punk que j'écoute maintenant. C'est lui qui m'a donné la claque à écouter de la musique. Un disquaire est important dans un environnement comme Terrebonne où il n'y a pas tant de choses pour les jeunes marginaux. Avoir un disquaire comme ça laisse place à se sentir différent et à vivre sa différence.
Hugo Lachance : Conflit Majeur, vous préparez un album ?.
Justin : On est concentrés sur la composition pour un enregistrement bientôt au Studio Da-In. On va enregistrer avec eux parce qu'on leur fait confiance et on veut encourager la scène. On ne sent pas tant une recrudescence des bands de rock, mais plutôt qu'on s'est joints à un mouvement qui a toujours été là. Les jeunes réalisent de plus en plus qu'il y a des jeunes qui font du punk.
Hugo Lachance : Quels sujets abordez-vous ?.
Justin : On veut avoir des paroles engagées parce que c'est important. On est plus vieux, on a plus réfléchi à comment on vivait la vie. Pour nous, c'est super important de montrer qu'on est unis et qu'on est alliés avec la cause LGBTQ+. On veut que nos shows soient un « safe space » où tout le monde se sent bien et à sa place. On l'affiche « loud and clear » pour que les gens sachent qu'on est pro-LGBT.
Hugo Lachance : Quel est votre objectif ultime ?.
Justin : Ce serait de rejoindre les jeunes de notre âge qui sentent qu'ils n'ont nulle part où aller ou qui ne s'identifient à rien. On était dans une école de banlieue avec des gens qui nous jugeaient, puis on a découvert la scène locale à Montréal, ça a été un éveil. Mon but, c'est de motiver d'autres gens à faire ça et de sentir que, même si tout le monde pense que tu es « weird », il y a toujours du monde qui est là. On veut changer les mentalités et rendre notre communauté aimable où tout le monde se respecte.
Hugo Lachance : Merci beaucoup les gars !.