Transcription de l’épisode avec Rouge Pompier (Spécial Festivoix)

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 1er juillet 2024 à Trois-Rivières et c'est un épisode un peu spécial aujourd'hui parce qu'on est invités au Festivoix. On est dans les loges de la scène au Festivoix de Trois-Rivières et aujourd'hui, je suis bien content parce que je reçois un groupe que ça fait longtemps que je voulais rencontrer. Alors, je vous les présente tout de suite. Avant de commencer, je tiens à vous inviter tout le monde à vous abonner sur Apple Podcast, Spotify et YouTube; ça fait plaisir, vous savez comment faire. Il y a plusieurs personnes qui regardent les vidéos, mais il n'y a pas beaucoup de monde qui s'abonne, alors je vous encourage à le faire. Aussi, je tiens à remercier vraiment le Festivoix de m'avoir invité à cette édition. Voilà ! Alors, je suis en ce moment avec Alex Portelance, bonjour, et Jessy Fuchs de Rouge Pompier. Les deux plus beaux du band, ça c'est clair !.

Alex Portelance : Bah oui, dans le band, c'est nous deux les plus beaux !.

Hugo Lachance : Aujourd'hui, c'est pas un épisode régulier, on est en mode festival, fait que les questions vont plus être axées sur le spectacle, sur la scène, puisque vous performez ce soir. Bienvenue au podcast ! Est-ce que c'est votre première participation au Festivoix ?.

Jessy Fuchs : Non, c'est notre deuxième. La première fois, on avait joué dans une genre de taverne, quelque chose comme ça, on avait joué avec Solids.

Hugo Lachance : C'est de là qu'est partie l'idée de jouer dans le milieu, du partage ?. Parce que c'est ça, c'est une pratique que vous avez développée, quand même assez particulière : normalement, vous vous installez au milieu du public et non sur la scène. Vous adaptez ça à un festival ?.

Jessy Fuchs : Mais c'est ça le problème, c'est que techniquement, avec les assurances et la technique, c'est tough; fait qu'ils n'aiment pas, mais c'est pas qu'ils n'aiment pas ça, mais ils essaient de trouver des solutions puis ils n'y arrivent pas. Ça se peut que Music 4 Cancer soit le premier festival à réussir le coup, mais on ne va pas crier victoire tout de suite. Mais en festival, c'est plutôt des scènes régulières. Ça ressemble donc aux shows qu'on faisait entre mettons 2012 et 2014, là où on n'avait pas encore eu l'idée de copier Solids.

Hugo Lachance : Mais comment vous vous placez sur la scène donc ? Tout le temps face à face ou de côté ?.

Jessy Fuchs : De côté. En tout cas, quand on est sur le partage, évidemment c'est 360 pour dépendamment d'où tu te places, mais dans le cas de sur scène, c'est toujours face à face. J'ai eu cette idée-là très tôt dans le projet parce que, étant un band à deux, moi j'ai pas envie de vivre le show avec un drummer invisible derrière moi. Tous les bands à deux d'habitude, ils font ça assez classique déjà. Souvent, le drum dans un band va avoir la chance de jouer plus vers l'avant, mais si tu es tout le temps vers le public, tu fais un show tout seul, puis ça c'est pas le fun. Moi j'aime pas ça; j'aime mieux le regarder jouer, je suis plus inspiré puis aussi j'ai plus de plaisir à la fin de la soirée d'être face à lui parce qu'on vit le moment ensemble.

Hugo Lachance : Moi je vous ai jamais vus en show, mais j'ai vu des vidéos et ça a l'air vraiment trippant comme expérience parce que le rapport avec le public est vraiment différent.

Jessy Fuchs : Mais le public, en fait, ils font partie du show. Ils sont autour de nous puis ils se placent où ils veulent. Mais moi, je peux quand même vivre le show avec lui, fait que ça dépend pas tant du public si moi j'ai du fun ou si lui puis moi on a du plaisir à faire ce qu'on fait.

Hugo Lachance : Parce que vous avez quand même... vous êtes très proches de votre public, votre public participe beaucoup en show. C'est un band de rituel en fait. À quoi doit-on s'attendre comme show de la part de Rouge Pompier ?.

Jessy Fuchs : De jouer avec énergie, j'espère l'énergie du désespoir !. On est énergiques, mais c'est une invitation au monde de faire partie de cette amitié-là. Quand on dit à quoi s'attendre d'un show de Rouge Pompier, c'est comme deux chums qui jouent de la musique ensemble : tu peux assister à ça, mais tu peux aussi en faire partie.

Hugo Lachance : Vos fans sont vraiment très présents. D'ailleurs, vous avez un Patreon. C'est pour dire que ceux qui sont inscrits à votre Patreon font vraiment partie prenante du groupe. Ils m'ont suggéré le choix des chansons, ils participent beaucoup. Comment ça fonctionne ?.

Jessy Fuchs : Tu peux t'inscrire à 3, 5, 10, 12 ou 15 piasses par mois, mais ils sont des centaines puis la plupart reçoivent finalement trois chansons par mois. Dépendamment du montant que tu payes, tu vas en avoir plus, mais tu reçois aussi par exemple les albums gratuits quand ils sortent, pas juste en numérique mais en physique, les t-shirts, des trucs de même. C'est un genre de club VIP où les gens décident un peu du futur du band parce qu'on est toujours en train d'enregistrer puis de leur envoyer des tounes. Sur une période de 4 ans, ils ont le temps de donner leur avis, puis on réécoute après ça l'avis du monde; on regarde quand vient le temps de faire l'album, on est prêts.

Hugo Lachance : Vous avez vraiment développé littéralement une communauté alentour de ça. Alex, peux-tu afficher à l'écran l'adresse de votre Patreon ?.

Alex Portelance : Je vais essayer de faire quelque chose pour ça. Il y a sûrement un tutoriel sur YouTube sur comment faire apparaître une adresse web en rond !.

Hugo Lachance : Brièvement les gars, racontez-nous l'histoire de Rouge Pompier, comment ça s'est formé ?.

Alex Portelance : Ça remonte quand même loin. Avec mon premier band, Chapter, on avait fait Emergenza à Montréal. Exterio était sur le même show que nous, puis c'est là qu'on a pris contact en premier. Jessy m'avait donné des démos de promotion, puis après ça, il voulait faire un show dans notre coin à Saint-Jérôme. On s'est rencontrés encore et on a fait un show ensemble avec ces trois bands-là, puis c'est depuis ce temps-là qu'on se connaît. On partageait la scène dans nos bands séparés au début des années 2000. Quand Exterio a comme éclaté un peu, j'ai gardé contact avec Alex. Quand le temps a passé, dans ma tête, ça faisait longtemps que je me disais que si je voulais avoir un autre band, le drummer que je voudrais avoir, ce serait Alex. J'ai été chanceux, son band s'est fini aussi à peu près en même temps que le mien.

Hugo Lachance : Et là, vous avez pris la décision de jouer à deux ? Il y a déjà eu d'autres membres ?.

Jessy Fuchs : Non, c'était vraiment ça le plan.

Hugo Lachance : Si on se déplace plus vers la scène, comment adaptez-vous les chansons de l'album à la scène ?.

Jessy Fuchs : On essaie de faire... on est un band à deux, fait qu'on peut pas faire toutes les petites niaiseries qu'il y a à l'entour. Quoique là, on essaie de jouer avec des séquences pour que ça soit plus rempli pour les nouvelles chansons. Sinon, c'est vraiment guitare, voix, puis des fois Fred il fait des petites lignes au clavier. On n'essaie pas de faire croire au monde qu'on va être capable de leur donner ce qu'on peut faire en studio. Au lieu de faire semblant, on assume que ce sont des versions adaptées, puis le monde ne nous en veut pas avec ça parce que les chansons sont écrites sans toute la friture puis tout l'enrobage. On est capables de faire des versions à deux, mais on se plaît en album d'arriver avec plus de garniture.

Hugo Lachance : As-tu des trucs toi à la guitare pour aller chercher la basse par exemple ?.

Jessy Fuchs : Tout le monde me pose souvent cette question-là, mais la réponse facile, c'est que j'ai exactement le même gear que j'avais quand je jouais dans Exterio. J'ai un ampli de basse, un ampli de guitare. J'ai juste tout simplement splitté mon signal dans les deux. J'ai pas un pickup spécial, j'ai pas un octaver. Mon son va dans un ampli de basse puis j'enlève les fréquences de haute. C'est vraiment simple, il n'y a pas de secret, mais personne ne se plaint et tout le monde est toujours content.

Hugo Lachance : Comment organisez-vous votre setlist ? Est-ce que vous mettez juste des hits ou des tounes moins connues ?.

Jessy Fuchs : Ça dépend des soirs. Comme un soir d'après moi, ça va être plus un setlist avec les chansons plus connues. Ça ne sera pas très obscur comparativement aux deux autres shows de la fin de semaine qu'on a faits. Dans ce cadre-là, c'est pas le temps de commencer à essayer des affaires. Il faut juste être honnête : le monde est là pour passer une bonne soirée, tu leur joues les tounes qu'ils ont envie d'entendre. Si tu veux faire des trucs plus obscurs, tu peux l'annoncer, mais on n'ira pas leur jouer mettons notre nouvel album dans l'ordre, c'est pas le temps pour faire ça.

Hugo Lachance : Fred fait un peu plus partie du spectacle maintenant ?.

Jessy Fuchs : On a comme une présence sur scène qui ramène tout ça dans le familier. Le monde connaît Fred depuis toujours, c'est pas une surprise pour eux qu'il soit là, mais là c'est le fun qu'il ait du plaisir à jouer avec nous autres.

Hugo Lachance : Comment soignez-vous l'esthétique ou la mise en scène dans un spectacle ?.

Jessy Fuchs : C'est important peut-être plus côté album puis mise en marché, mais je pense pas qu'en show il y ait une très grosse mise en scène. Le fait qu'on joue au centre, c'est une mise en scène qui est suffisante, ça nous identifie tellement qu'on n'a pas besoin d'en faire plus. À un moment donné, il faut que tu sois capable d'accepter que tes tounes sont simples : guitare, voix, drum. On essaie de toujours se rappeler que c'est important que, organiquement, il faut que ça soit bon avant qu'il y ait de la friture. Dans ce cas-là, le 4e joueur, c'est aussi le public. Les gens sont obligés d'accepter le côté imparfait et organique du show, c'est ça que nous autres on veut promouvoir.

Hugo Lachance : Est-ce qu'il vous arrive d'improviser parfois en show ?.

Jessy Fuchs : Toutes les fois !. C'est pour ça que d'être face à face, on connecte plus. Je le vois ce qu'il s'en va faire, on se connaît. C'est sûr que c'est plus facile à deux. On a déjà même écrit des chansons devant le monde en show. On dit au monde : « Donnez-nous un sujet », et on le fait sur place parce qu'on a une amitié fusionnelle. C'est ça qu'on veut promouvoir, que les gens sont invités à venir assister à cette amitié-là.

Hugo Lachance : Est-ce que c'est déjà arrivé que vous fassiez des interventions dans la foule parce que vous aviez vu quelque chose ?.

Jessy Fuchs : Une fois en particulier avec quelqu'un qui respectait mal la bulle. C'est un privilège d'être avec le band à terre, mais il faut savoir se comporter. La personne ne comprenait pas le protocole des limites. Il y a une bulle à ne pas franchir. Si je commence à te flatter dans le dos, c'est un petit peu too much. Dans ce show-là, il a fallu que je mette une limite. Il faut que tout le monde ait du fun; si toi tu empêches les autres d'en avoir, ça ne marche pas. Mais en général, ils sont très respectueux.

Hugo Lachance : Votre plus gros problème technique ou imprévu ?.

Jessy Fuchs : On est un band très simple en terme d'équipement. On n'a pas besoin d'apporter de soundman, on a juste quatre lignes. Pourtant, il y a des salles où les gens n'arrivent pas à gérer ça, c'est super étrange !. La seule chose que tu as à faire, c'est le bass drop. À la fin de la soirée, on se demande pourquoi ça ne marchait pas alors que c'est la base.

Hugo Lachance : La plus grosse salle que vous avez faite face à face ?.

Jessy Fuchs : Envol et Macadam, on l'a fait trois fois. On amène des risers pour être un peu plus élevés quand il y a 500 personnes. Le Club Soda aussi, c'est des beaux souvenirs.

Hugo Lachance : Quel est votre point de vue sur l'étiquette dans un show, pour les cellulaires ou le monde qui parle ?.

Jessy Fuchs : En fin de semaine, on a eu des problèmes avec du monde qui parle fort. Il faut trouver une façon de le dire pour ne pas avoir l'air d'un band chiant. On donne la permission à nos fans d'intervenir !. Arrêtez de jaser dans un show, on entend toutes vos conversations, vous êtes zéro subtils !.

Hugo Lachance : Un moment de plénitude arrivé en concert ?.

Jessy Fuchs : On en parle souvent : Rouge Pompier est un band moyen, mais quand ça compte, on le sait et on le sent qu'on est bons. On a joué devant 12 000 personnes avant Sum 41 et devant 8 000 personnes avec Simple Plan. On n'a pas le syndrome de l'imposteur. On est à l'épreuve de tout.

Hugo Lachance : Pire moment ? Qu'est-ce que... on dirait, Fred, qu'il y a quelque chose qui te vient en tête.

Alex Portelance : Peut-être pas un pire moment, mais c'est quand on a commencé le band. Les premiers shows qu'on jouait devant Fred puis la fille au bar; comme tous les bands, on est passés par là. Faut essayer de le virer comme étant positif, on essaie tout le temps de faire ça, mais c'est vrai que sur le moment c'est poche. Mettons qu'aujourd'hui on se dit qu'on a peut-être joué devant Fred, mais Fred est plus avec nous, il fait partie prenante du band. Une chance qu'on a fait un show devant juste Fred.

Jessy Fuchs : C'est vrai que ça, des fois, ça a été des bouts tofs. Sinon, il n'y a jamais vraiment eu de... il y a des bouts qu'on a, tu sais comme avant le show, où est-ce que ta batterie est plus finie que là. Va falloir qu'on performe comme on en parlait tantôt. On est capables d'avoir une switch à « on » pour faire le show, mais il y a eu des moments où ce qui est tof, c'est pas le show, c'est l'avant-show. Il est rendu 1 heure du matin, il pleut, tout le monde est brûlé, lui il a le scorbut, mais il faut quand même faire le show. À la fin, le temps passe et on se dit que ça fait partie de l'expérience, mais sur le moment même, tu as le scorbut, il est tard, il pleut et le monde est trop chaud-raide. C'est pas l'idéal.

Hugo Lachance : Notre lancement de notre album avec WD-40, la nuit après le déluge. On était à la place Nikitoutagan à Jonquière pour le festival Le Déluge, qu'on salue d'ailleurs, un très beau festival. C'était la première édition je pense. On lançait l'album puis on commençait avec la toune au drum, puis là il y a la mélodie qui commence avec la guitare, un petit solo, et l'ampli ne marche pas pour X raison. Là, tout le monde se pisse dessus sur le stage. Je continue mon beat, on essaie des plugs, les bruits... ça ne marche pas ! Après ça, c'était cool quand c'est parti.

Jessy Fuchs : C'est comme un pire moment, mais quand tu réussis à le ramener à ton avantage, c'est trippant. C'était dans quelle salle ?.

Hugo Lachance : Nikitoutagan, la grosse qu'on a faite là avec la vitre en avant. Une belle salle.

Hugo Lachance : Avez-vous des rituels, mettons là on est plus backstage, avant, après ou pendant le show ?.

Jessy Fuchs : Manger. Manger, c'est pas mal ça notre affaire. On passe toute notre nervosité dans la bouffe. C'est pour ça qu'on casse les chaises, on mange beaucoup. Alex, lui, il fait quand même des rums, des affaires comme ça, puis moi quand je le vois faire ça, je vois qu'il se met en mode show. Moi, je commence à faire de l'air, mon dos, j'ai des problèmes de dos, puis je révise un peu mes textes parce que je suis pourri pour les paroles. On a plus de tounes que jamais, là des fois je checke mon cell, je vais écouter deux ou trois textes. J'ai ce rituel de juste me rassurer. Sinon il n'y a pas de gros rituels, on n'a jamais fait de poignée de main secrète.

Alex Portelance : On a un rituel d'après-show, par exemple. Des fois c'est ma faute, j'oublie, mais après le show je prends le temps d'aller vers lui tout de suite avant d'aller dans la salle. On se prend dans nos bras, on se félicite. Sinon quand tu parles, le monde commence à jaser et c'est deux heures après que tu vois l'autre personne. J'essaie d'aller voir Alex tout de suite pour lui dire : « Alex, je le sais qu'on était bons, je te rassure, j'ai aimé ça, merci ». C'est une belle façon de boucler le show.

Hugo Lachance : La meilleure chanson en show ?.

Alex Portelance : Moi, c'est toujours « Batman ». C'est comme une boîte.

Jessy Fuchs : Je dirais « Boîte » ou les nouvelles tounes. C'est stimulant les nouvelles tounes, on entend les premières personnes les chanter. On est habitués d'entendre chanter ces bouts-là, on n'est pas blasés mais ça s'en vient. Moi, je sais que quand on va faire « Autobus », le monde va perdre complètement le contrôle de leur corps. C'est la toune où le monde s'approche, ça va vite. Peu importe ce qui s'est passé avant, ça répare tout. C'est un plaster infini sur une soirée, cette chanson-là. Le monde part, ils ne peuvent plus, ça sort les cellulaires, ça mosh. C'est le fun pour ça.

Hugo Lachance : Un secret de backstage ?.

Jessy Fuchs : Les setlists, on les fait deux secondes avant de monter. On se fait un post-it, on se dit qu'on a oublié de faire ça, c'est décidé à peu près huit minutes avant qu'on monte sur scène. On n'est pas un band trash, on ne boit pas de l'alcool avant, mais au Festivoix et à toutes les autres places, on part avec les restants. Ça c'est un secret de backstage : on fait le tour des loges avant de partir. Quand on s'en va, on a de la bouffe pour deux jours. On ramasse les affaires. Rouge Pompier, nous autres on est comme les ratons laveurs du rock. On passe dans les vidanges du monde, on ramène ça puis on n'a aucune honte.

Alex Portelance : C'est parce que le problème, c'est que des fois on joue dans des places où il n'y a pas de dépanneur ouvert aussi tard, fait qu'on est contents d'avoir de quoi à manger après le show. J'étais allé à un festival au Lac récemment, pas avec Rouge Pompier, puis quand Tragiquement Votre est parti, je suis rentré dans leur loge pour checker ce qu'il y avait. Ils avaient un juicer ! Ils faisaient du jus ! C'est le fun de voir ce qu'ils demandent. J'ai aucune honte à partir avec tes restants. Avec Groovy Aardvark récemment à Sainte-Thérèse, on a tout pris ce qui restait. On les voit, ils partent et sont comme : « Vous prenez ça avec vous ? ». Oui ! C'est un excellent secret de backstage.

Hugo Lachance : Je vous ai demandé cinq chansons clés que vous allez jouer ce soir. On commence avec « Bette ».

Alex Portelance : C'est une chanson qui est le fun à jouer. Maintenant, il y a deux ou trois chansons qu'on joue avec des séquences, ce qu'on ne faisait pas avant parce que je n'étais pas assez bon avec le clic. Mais là, je suis correct. Ça va être le fun de faire une toune en show avec des séquences. On ne peut pas faire tout un show comme ça, on n'est pas ce genre de band.

Hugo Lachance : « Vendredi » ?.

Jessy Fuchs : Quand on l'a sortie, ça a rassuré les gens que le prochain album allait être correct. C'est important de ne pas décevoir avec la première toune. Elle a beaucoup plu. On a fait une minute de jam en Norvège, puis on s'est dit que c'était une bonne toune. On a fait du copy-paste pour monter la chanson en mode un peu proto-style. Bizarrement, cette chanson-là est devenue le contraire d'une toune organique, ce qui nous prouve qu'on n'a pas le contrôle sur ce qu'on fait.

Hugo Lachance : « Autobus » ?.

Jessy Fuchs : C'est la première fois qu'on faisait une toune qui a créé nos premiers vrais fans. Le premier album, les gens embarquent, c'est facile. Mais au deuxième album, le monde a des attentes. Quand on a sorti « Autobus », ça a rapatrié les gens qui avaient aimé le premier. C'était le début des fans intenses. On a quatre albums maintenant : 2012, 2016, 2020 et 2024. Chiffre Kevin Bacon !.

Hugo Lachance : Il y a une parenthèse entre Neve Campbell et Michael Keaton. C'est quoi, une réédition ?.

Alex Portelance : Ce sont des tounes que les Patreons n'ont pas choisies. Tout le monde nous demandait ce qu'on aurait mis sur l'album si ce n'était pas les Patreons. On a mis nos choix à nous, puis finalement ça n'a pas marché. Les Patreons ont raison, évidemment.

Hugo Lachance : « Paquet de choses » ?.

Jessy Fuchs : C'est la clé qui rentre dans toutes les serrures. Peu importe ce qu'on fait, c'est une de nos premières tounes. Ça satisfait la nostalgie de tout le monde. Les gens qui nous découvrent maintenant et qui reculent tombent sur « Paquet de choses » et adorent. C'est vraiment la toune master. Dès qu'on fait quelque chose avec ça, le monde a la mélodie dans la tête. Aussi, comme on est un band à deux, il y a le fameux riff de guitare. Je fais juste des open chords, des zéros, dépendamment de son beat. C'est très Rouge Pompier. Le band a appris à rouler avec ça, c'est une tradition.

Hugo Lachance : Dernier petit segment : Choix niaiseux à question niaiseuse. Festival ou petit bar ?.

Alex Portelance : Petit bar ! On s'ennuie des festivals, on est contents d'en faire, mais dans le contexte où c'est sold-out et que les conditions sont bonnes, le petit bar c'est le fun. Comme le show à Saint-Honoré qu'on a fait au Bar Laser; le public était le meilleur qu'on a jamais eu. La soirée n'avait pas de sens. Tu pleures dans les bras du monde tellement c'est touchant. En Abitibi aussi, l'après-show est spécial, le monde est content de nous voir. Notre public, c'est du monde écorché. Beaucoup sont maganés par la vie, mais ils sont contents de nous voir, ça leur fait du bien. On a la responsabilité d'être là pour eux.

Hugo Lachance : Studio ou scène ?.

Jessy Fuchs : Scène ! Le studio, après deux semaines, ça finit par être long, c'est une job comme n'importe quoi. Si tu n'arrives pas à créer une montagne russe, tu finis par t'ennuyer. Un grand philosophe a dit : « La vie est comme un pendule qui oscille de gauche à droite entre la souffrance et l'ennui ». La souffrance c'est quand tu as faim, l'ennui c'est quand tu as trop mangé. Entre les deux, c'est tof.

Hugo Lachance : Avez-vous un studio ?.

Alex Portelance : Je tâte mes affaires au bureau pour les démos, mais quand on décide d'enregistrer, on va dans un vrai studio. Michael Keaton, on a enregistré ça à Santorini en Grèce.

Hugo Lachance : Kamakazi ou Capitaine Révolte ?.

Jessy Fuchs : Kamakazi. On a plus joué avec eux. Capitaine Révolte, ce sont de bons amis, mais Kamakazi est encore là avec du nouveau stock. Je les ai vus grandir, j'ai un attachement personnel, je suis allé au mariage du chanteur.

Hugo Lachance : Jessy ou Alex ?.

Alex Portelance : C'est comme me demander de choisir entre mon nouveau couple et mon ancien couple, je ne répondrai jamais que je préférais mon ex !.

Hugo Lachance : Chevy Chase, Martin Short ou Steve Martin ?.

Jessy Fuchs : Chevy Chase. C'est le gars qui me faisait rire quand j'étais petit. Steve Martin est hallucinant aussi, il joue du banjo. Martin Short est la colle entre les trois, mais humainement on préfère Steve Martin.

Hugo Lachance : Pin-Pon ou Pépinot et Capucine ?.

Alex Portelance : Pin-Pon ! Je me souviens de l'acteur qui jouait dedans, il était bon. Je me demandais s'il était mort l'autre fois, on ne le voit plus.

Hugo Lachance : Rouge Pompier ou Bleu Jeans Bleu ?.

Jessy Fuchs : Rouge Pompier, mais on a beaucoup aimé le dernier album de Bleu Jeans Bleu. C'est probablement l'album qui sonne le mieux au Québec depuis longtemps. Le son est fascinant, c'est subtil.

Hugo Lachance : GAMIQ ou l'ADISQ ?.

Alex Portelance : GAMIQ.

Hugo Lachance : Punk ou punker ?.

Jessy Fuchs : Punker. Un punk, c'est quelqu'un qui veut peut-être trop dire qu'il est punk. Un punker, c'est quelqu'un qui a intégré la culture punk sans trop le vouloir. On vient tous de la même espèce d'énergie.

Hugo Lachance : Merci beaucoup Alex, merci Jessy. On se revoit dans un autre épisode !.