Transcription de l'épisode : Mononc' Serge — Rétrospective (Partie 1 et 2)

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


0:40 Hugo Lachance : Nous sommes le 15 juillet 2024 sous le chaud soleil des tropiques dans Hochelaga-Maisonneuve et aujourd'hui je reçois le polisson de la chanson, le pornographe du phonographe, Mononc' Serge à l'Album Podcast 

1:03 Hugo Lachance : Bonjour tout le monde, oui aujourd'hui je reçois Mononc' Serge, c'est un honneur. Mais avant de vous le présenter convenablement, je tiens à remercier Véronique Lambert et la salle des tortues parce que c'est elle qui présente le podcast aujourd'hui. Alors cet épisode est présenté par le studio écran vert, la salle des tortues. Pour tous vos projets, vidéoclip, sketch, pub, n'importe quoi, contactez Véro. Trouvez-la sur les réseaux sociaux, le lien est dans la description, puis elle va vous donner un service impeccable. Ben, bienvenue Mononc' Serge.

1:55 Mononc' Serge :  Oui, je rajoute que j'ai tourné quelques-uns de mes clips ici alors voilà. On a toujours du très bon service avec Véro, je la recommande chaudement. Voilà. Ben bonjour, merci d'avoir accepté l'invitation. Ça fait vraiment vraiment longtemps que tu travaillais là-dessus. Oui, je sais.

2:03 Hugo Lachance : Je peux être gossant mais je pense que les résultats vont être bons. Je t'ai présenté tantôt, je t'ai comparé un peu à Brassens. Pour te présenter, j'ai été inspiré d'un article dans la Presse de Dominique Tardif qui te présentait le 17 juin 2023. Je te cite : « Je m'étais toujours vu d'abord et avant tout comme un auteur de chanson dans la tradition de Brassens et c'est comme ça que je continue de me voir ». On te décrit souvent aussi comme un fils illégitime de Plume Latraverse. Est-ce qu'il y a des liens à faire entre ces deux géants de la chanson là ?

2:34 Mononc' Serge : Oh complètement. Moi quand j'ai commencé à faire de la chanson, ce que je faisais ressemblait énormément à Plume puis tout le monde me le disait. Moi ça me vexait à la rigueur parce que je faisais pas des trucs dans la lignée de Plume de façon délibérée. Mais ça m'avait tellement imprégné que quand je me suis mis à faire des chansons, je me suis mis à faire des chansons un peu sur ce ton-là. J'aimais bien les affaires un peu irrévérencieuses.

3:14 Mononc' Serge : Brassens, c'est venu un petit peu plus tard, mais Plume très de façon très précoce. Moi j'étais à la fin du primaire, j'écoutais du Plume. Oui, j'avais un ami qui avait l'album Plume en noir et blanc, puis ça a joué. Je l'ai beaucoup écouté. Toutes les chansons, « La Bière », puis tout ça. Je trouvais ça vraiment jouissif d'écouter ça quand j'étais jeune. J'ai continué beaucoup à aimer ça Plume au fil des ans. Je pense que sans plus ou moins m'en rendre compte, ça m'a beaucoup imprégné. Quand j'ai commencé à écrire des chansons, j'ai fini par prendre un ton avec lequel j'étais à l'aise, qui était un ton assez semblable à celui de Plume, mais je le faisais pas de façon consciente. C'est un peu avec le recul que je me suis dit : « Ouais, c'est vrai que ça ressemble vraiment beaucoup ». Les comparaisons sont quand même inévitables.,,

4:09 Mononc' Serge : Je le reconnais. À un moment donné, j'étais dans un bar fin des années 90, il y avait une toune de moi qui jouait. Je tirais l'oreille puis je me disais : « C'est-tu Plume ? ». Finalement j'ai fini par reconnaître une de mes chansons. Au début, musicalement, ce que je faisais ressemblait à Plume avec ma guitare acoustique. J'ai le moment où j'étais peut-être le plus fan de Plume, c'est à la fin des années 80. Il faisait des shows en trio avec Jean-Claude Marsan puis Cholette Maçon à la basse. C'était vraiment moi cette période-là de Plume, vraiment acoustique. L'album de l'époque là c'était Chansons pour toutes sortes de monde. Ce son-là, c'est quelque chose qui m'a beaucoup imprégné. Brassens c'est la même affaire, j'ai écouté ça plus vers le cégep. Ça s'entend aussi, la manière dont Brassens écrit se reflète dans mes textes.,,

5:13 Mononc' Serge : Peut-être, oui. C'est une écriture. J'ai beaucoup beaucoup aimé Brassens. Je l'écoute beaucoup moins maintenant, même Plume. J'écoute pratiquement jamais ça, mais c'est des affaires qui sont fondamentales pour moi, qui sont à l'origine de ce que je fais. Ça paraît.

5:35 Hugo Lachance : Maintenant on va te présenter dans le fond c'est la même question que je pose à toutes mes invités histoire de te connaître un peu plus. Mononc' Serge ou Serge Robert, c'est un gars de où ?

5:43 Mononc' Serge : Moi je viens de Ville LaSalle. Je suis né à Ville LaSalle en 70 et puis j'ai grandi à Ville LaSalle jusqu'à ce que je quitte le foyer familial au début des années 1990 là.

5:52 Hugo Lachance : Puis ton album d'enfance le plus loin que tu te rappelles ?

6:00 Mononc' Serge : Ah écoute, mes parents avaient une collection de disques chez eux, des albums qui s'étaient fait donner. Il y avait des amis à eux qui leur avaient donné un lot de disques et là-dedans il y avait beaucoup de toutes sortes d'affaires immondes là. Des chansons à boire et à répondre, de la musique hawaïenne. Je me souviens des compilations avec des chansons des années 60, Les Classels, Les Hou-Lops, Les Baronets. Mes parents écoutaient pas beaucoup de musique, c'est des disques qui traînaient puis de temps en temps mon frère et moi on mettait ça là. Le premier disque que j'ai acheté je pense c'est un disque des B-52's.,

7:12 Hugo Lachance : Ton album d'adolescence ?

7:16 Mononc' Serge : J'ai eu bien des phases dans mon adolescence. J'ai écouté du métal, du hard rock puis vers la fin de l'adolescence c'était plus de la musique québécoise, de la musique francophone. J'ai commencé la musique québécoise après ça ça a été musique francophone. Je te dirais que j'ai écouté beaucoup de Harmonium par exemple. L’Heptade, c'est un disque que j'ai beaucoup écouté. J'ai écouté bien du Pink Floyd, du Genesis.,

7:46 Hugo Lachance : Puis dans le métal ce serait quoi ?

7:53 Mononc' Serge : Dans le métal j'écoutais Metallica, Ride the Lightning, Master of Puppets. J'avais des amis qui aimaient ça. Moi j'aimais pas ça tant que ça, je trouvais ça trop. Aujourd'hui j'écoute ces affaires-là je me dis voyons, c'est un peu inoffensif. Le métal s'est beaucoup démocratisé, les gens se sont habitués à entendre du métal. L'époque "devil" est passée, l'époque satanique. Ça a perdu son côté transgressif quelque part. Tu vas au Centre Bell puis ils font jouer du Metallica entre les mises au jeu. C'est rendu très très normalisé.,

8:33 Mononc' Serge : C'est plus la musique qui faisait peur. Moi dans le temps je pense la sonorité je trouvais ça... je sais pas, j'aimais pas bien bien ça. J'écoutais plus des affaires comme Iron Maiden, Dio, The Last in Line, Holy Diver. J'ai eu une période finalement assez courte où je tripais sur des affaires métal. Black Sabbath, Iron Maiden. J'ai écouté ça pendant peut-être un an tranquillement. Je suis allé plus vers les affaires hard rock : Deep Purple, Led Zeppelin. Puis un moment donné je me suis mis à plus apprécier les paroles. En anglais je comprenais plus ou moins, mais en français je comprenais tout. Je me suis mis à écouter beaucoup de musique francophone des années 80 : Paul Piché, Michel Rivard, Claude Dubois.,,

9:40 Hugo Lachance : Puis c'est quoi ton premier instrument ?

9:48 Mononc' Serge : La basse en fait. J'ai appris la flûte à bec à l'école, puis j'ai même eu des cours d'orgue quand j'étais jeune. Mon père avait acheté un orgue puis nous avait inscrit moi et mon frère. Mon frère s'est fait crisser dehors pour indiscipline puis moi j'étais vraiment pas quelqu'un d'indiscipliné, je devais suivre mon frère j'imagine. J'avais l'impression d'avoir rien fait de mal dans le cours d'orgue là.

10:13 Hugo Lachance : Ton frère est plus vieux j'imagine.

10:13 Mononc' Serge : Mon frère est un petit peu plus vieux que moi, oui, un an et demi de plus que moi. Je gossais un peu sur l'orgue de temps en temps, sur la flûte à bec, mais je me suis mis à jouer de la basse vraiment au début de secondaire 2. Je devais avoir 13 ans peut-être. C'est mon premier instrument auquel je me suis intéressé par intérêt personnel, pas parce que j'avais une pression extérieure.,

10:37 Hugo Lachance : Contrebasse après, comment t'es arrivé à la contrebasse ?

10:44 Mononc' Serge : C'est dans Les Colocs ça. À un moment donné Louis Léger, qui était le guitariste des Colocs dans ce temps-là, arrive chez André Fortin et il dit : « Il y a une contrebasse à vendre ». C'était un magasin de musique en face du cinéma Quartier Latin. Finalement j'entends ça puis je dis : « Ben je pourrais peut-être essayer ça ». Je suis allé voir la contrebasse avec un de leurs amis qui était contrebassiste, il a regardé la contrebasse puis il a dit : « C'est un bon instrument, ça vaut la peine ». Je l'ai achetée puis j'ai commencé à jouer comme ça. Je ne me considère pas comme un contrebassiste, je me débrouille.

11:26 Hugo Lachance : Et t'en as joué pas mal par exemple.

11:33 Mononc' Serge : Oui oui j'en ai joué pas mal mais je fais toujours des affaires bien bien simples. Tu te promènes sur Instagram aujourd'hui, il y a des monstres, des virtuoses. Moi je m'accompagnais. Visuellement je trouvais ça bien plus le fun qu'une basse électrique. Tu te démarques bien plus quand tu joues de la contrebasse puis tu chantes. Mais avec Les Colocs j'en ai très peu joué sur scène parce qu'on avait des problèmes à amplifier ça. Ça sonnait pas bien comparé à la basse électrique.,

12:23 Hugo Lachance : Mais sur l'album il y en a. Ok cool. On va faire comme une espèce de rétrospective dans le fond de tous tes albums de ta carrière. Ça va t'éviter de me réinviter. Mais avant ça, on va se rapprocher du personnage de Mononc' Serge. J'ai trouvé un article de Jean-François Gagnon de La Tribune le 9 juillet 1998. On dit que le personnage de Serge Robert c'est quelque chose comme le nouveau Plume. Comment ton personnage va évoluer ?,,

13:34 Mononc' Serge : Moi faut dire que Mononc' Serge c'est pas un personnage dans la mesure où quand je chante c'est plus un paravent. C'est pratique de dire que c'est un personnage, mais c'est pas comme Oncle Georges avec Daniel Lemire ou Papa puis Maman dans La Petite Vie. Ça c'est vraiment des personnages qui sont pareils tout le temps. Mononc' Serge au départ c'était un surnom. Dans Les Colocs on a commencé à me surnommer Mononc' Serge. Finalement quand j'ai quitté le groupe j'étais plus connu comme Mononc' Serge que comme Serge. Ça avait l'avantage de faire office de paravent, de mettre une espèce de distance entre moi dans la vraie vie puis moi quand je chante.,

14:35 Mononc' Serge : Quand j'écris des chansons je me dis pas : « Là je me mets dans la peau d'un personnage ». J'écris ce qui me passe par la tête. J'aurais presque pu dire exactement la même chose que j'ai dit en 98, ça a pas tellement changé. Le côté délirant est quand même là. Dans mes chansons il peut y avoir différents points de vue qui s'expriment sous le nom de Mononc' Serge. C'est plus des postures que je prends d'une chanson à l'autre que un personnage qui va toujours avoir la même ligne directrice.,

15:47 Hugo Lachance : Ton droit à l'incohérence?

15:47 Mononc' Serge : Exactement. Je comprends le public d'être un peu dérouté par ça parce que moi-même j'aime pas ça arriver avec mes gros sabots puis dire « non aux privatisations » ou « non à la pauvreté ». Ça m'ennuie ces affaires-là. J'aime ça quand c'est un peu déroutant.

16:12 Hugo Lachance : C'est justement ça, ton paravent Mononc' Serge te donne l'angle nécessaire pour arriver à ce que tu veux exprimer.

16:19 Mononc' Serge : Moi je m'amuse quelque part. Par un concours de circonstances j'en suis venu à faire des chansons sur des thèmes d'actualité où mes sympathies et mes antipathies transparaissent. Mais des fois les gens s'imaginent que je me dis : « Ok là je vais écrire une chanson sur tel sujet pour exprimer telle affaire ». C'est plus le contraire. Je veux faire de la musique puis je me cherche des accroches pour donner corps à ma musique. Ce qui est central dans ce que je fais c'est mes textes. Mes sujets sont un peu des prétextes à faire de la musique.,,

17:09 Hugo Lachance : Comment t'écris une chanson ? Est-ce que c'est les textes qui arrivent en premier ou c'est la musique ?

17:09 Mononc' Serge : C'est de plus en plus bordélique avec les années. Au départ je partais souvent d'une phrase. Quelqu'un qui me disait quelque chose, un mot ou une expression qui me traversait l'esprit. Je donne souvent l'exemple de Maman Dion. J'avais en tête l'idée musicale de faire une chanson où ça dirait « Fuck you fuck you fuck you ». Je cherchais un nom de quelqu'un en trois syllabes à qui envoyer chier. Il fallait que ce soit un peu incongru d'envoyer chier une personne comme Maman Dion. Je me suis dit : « Bingo, c'est vraiment ça ». La vieille inoffensive possible.,,

18:22 Hugo Lachance : As-tu eu des retours de Maman Dion ?

18:22 Mononc' Serge : Non non non non j'en ai jamais eu. Je pense pas qu'ils vont m'inviter à jouer de la basse pour accompagner Céline.

18:29 Hugo Lachance : Tu étais pas banni à Charlemagne dans ce coin-là d'où vient Céline ?

18:36 Mononc' Serge : Non, j'ai même joué déjà au Bar de l'Eau à Charlemagne.

18:43 Hugo Lachance : Pour faire un pont avec l'article de 98, sur ta biographie maintenant on dit : « Certains le disent injurieux et vulgaire mais n'ont-ils pas raison ? Quoi qu'il en soit Mononc' Serge c'est 15 albums de musique barbare. C'est du métal, de la musique acoustique, il y a à peu près n'importe quoi entre les deux ».

19:14 Mononc' Serge : Oui c'est le compte est pas bon, j'ai 15 albums maintenant plutôt que 14. C'est moi-même qui a écrit ce texte-là alors je les révise une fois de temps en temps pour qu'ils soient au diapason de comment je me sens. C'est correct comme présentation. Ça dit ce que ça veut dire. Un texte écrit, composé, réfléchi.,,

20:01 Hugo Lachance : On va retracer ton parcours. Origine du pseudonyme selon Wikipédia : attablé dans un restaurant montréalais avec ses compères des Colocs, Serge Robert commande des patates pilées alors que les autres demandent des patates frites. Un des membres dit alors : « Ça fait Mononc' ça ».

20:25 Mononc' Serge : C'est pas mal ça. La source c'est moi de façon presque certaine. Je me souviens très bien, on était au restaurant. Je suis le seul qui a pris des pilées puis je pense c'est probablement Jimmy Bourgoin qui m'a traité de Mononc' et puis c'est resté. On le salue Jimmy.,

20:58 Hugo Lachance : Mononc' Serge commence sa carrière avec le groupe Les Colocs en 1990. Il est recruté à la suite de la publication d'une petite annonce dans le magazine Voir pour former un groupe de rock and roll francophone ou se joindre à un groupe déjà existant.

21:06 Mononc' Serge : C'était exactement ça, je voulais faire de la musique francophone. J'ai mis une annonce en octobre et j'ai reçu un coup de fil des Colocs le jour de ma fête le 3 décembre, la journée de mes 20 ans. J'ai reçu un appel d'André Fortin.

21:37 Hugo Lachance : Le groupe était naissant à ce moment-là. Comment ça s'est passé la rencontre ?

21:37 Mononc' Serge : Ça s'est passé de façon un peu surprenante. J'étais en banlieue, je connaissais rien. J'avais moi-même déjà répondu à une annonce. J'ai mis mon annonce au mois d'octobre. Je suis allé là-bas puis je voyais ces gens-là qui étaient plus âgés que moi. Louis Léger, le guitariste, il avait 34 ans. Ils restaient dans un loft au coin de Sherbrooke puis Saint-Laurent. La place était particulière, les gars étaient un peu spéciaux. Pat Napoli, je me souviens, il squattait des logements inoccupés dans ce bloc-là. Il m'avait accueilli chez lui, il était attablé avec une petite lumière au-dessus, ça faisait très tripot. Il souriait pas avec ses tatouages puis avait l'air grave un peu. C'était vraiment du monde que je croisais pas à Ville LaSalle.,,,

23:28 Mononc' Serge : Ils m'ont fait écouter leurs affaires : « Julie », des tounes comme ça. Puis moi je leur ai fait écouter mes tounes. J'ai fait jouer « Je chante comme une casserole ». Pat il frimait un peu quand il rencontrait du monde pour la première fois. Je me sentais vraiment étranger à cet univers-là mais ça me fascinait. Pat il avait le sida en plus, c'était des gens marginaux. Ils m'ont dit après qu'ils avaient été surpris parce qu'ils s'attendaient à voir arriver un gars avec les cheveux longs puis des bottes de cowboy. Moi je suis arrivé vraiment avec un air d'étudiant. J'avais ma basse dans un case puis quand j'ai ouvert le case j'avais une basse en forme d'éclair. Ils ont trouvé ça bien drôle. Ils ont trouvé drôle à quel point j'étais ordinaire.,,

24:49 Mononc' Serge : J'avais acheté ça quand je tripais sur le métal. Elle était noire au début puis je l'avais toute grattée pour la mettre en bois pour qu'elle ait l'air moins métal. Ça a été un drôle de contact au début. Ça m'a pris du temps avant de me sentir intégré au groupe.,

25:39 Hugo Lachance : La première pratique, qu'est-ce que vous avez fait ?

25:39 Mononc' Serge : Écoute je me rappelle pas de la première pratique. On a dû jouer. Je me rappelle de leur avoir fait jouer mes tounes puis ils m'ont fait jouer les leurs. On a tourné un clip je pense le premier week-end après cette rencontre au mois de décembre 90. C'était « La petite bébite ». André avait une caméra noir et blanc. On avait tourné le clip dans une église qui avait passé au feu au coin de Saint-Urbain. André est monteur pour la télé et il a envoyé ça à MusiquePlus. Le clip a été diffusé un peu. C'est une toune qui est sortie finalement sur l'album Atrocetomique dans un arrangement très différent. Dans le clip il y avait moi, Louis Léger, André Fortin, Jimmy Bourgoin puis Pat.,,,

27:23 Hugo Lachance : Ensuite il contribue au premier album éponyme des Colocs qui sort en 1993. L'album connaît un vif succès. Mononc' Serge quitte le groupe en décembre 95 pour se consacrer à sa carrière solo peu après la sortie du deuxième album Atrostomique. Qu'est-ce qui s'est passé ?

27:40 Mononc' Serge : Écoute, je vais faire une histoire courte là. Il y avait des tensions dans le groupe là puis c'était un peu désagréable. Moi j'avais toujours derrière la tête dès mon entrée dans le groupe de faire à plus ou moins long terme mes chansons à moi. Vers la dernière année que je passais dans Les Colocs, j'avais commencé à monter mes chansons dans l'espoir de faire ça en parallèle. Finalement à un moment donné j'ai fini par crever l'abcès puis dire : « Bon là c'est là que ça se passe et puis je m'en vais ».,,

28:27 Hugo Lachance : Mais c'est quand même toi le membre le plus prolifique des Colocs avec 15 albums solo. C'est quand même quelque chose de quitter un groupe qui marchait au top de sa popularité pour faire tes propres affaires.

29:01 Mononc' Serge : Avec le recul ça a l'air d'un groupe qui marchait au bout, mais à l'époque étant dans le groupe je le sentais pas comme quelque chose... oui ça marchait bien mais on gagnait pas notre vie avec ça, ou très misérablement. J'avais d'autres projets à côté. Je finissais par rejoindre les deux bouts mais c'était pas le pactole. J'avais conscience de quitter un groupe qui marchait super bien mais rétrospectivement ça a l'air plus gros que ce que ça était pour vrai.

30:01 Hugo Lachance : Ok donc après ton départ en 1993 tu rejoins Les Quarts de Rouge et Les Blaireaux. Groupe Les Quarts de Rouge, c'est ça tes projets avec Patrick Esposito Di Napoli et Yves Desrosiers ? Le trio interprète un répertoire de chansons fantaisistes.

30:18 Mononc' Serge : C'était des fantaisistes, c'est un drôle d'étiquette là, mais c'est en fait le projet où je suis le troisième à être entré. C'est Yves Desrosiers et Pat Napoli qui ont monté un projet de chansons françaises et ils cherchaient une troisième personne pour compléter. Moi je me suis joint et c'était donc des chansons françaises interprétées avec un beatbox, une drum électronique. On faisait des versions, ouais quasiment là, plus cheap là. C'était vraiment, on faisait vraiment des versions BS de... on les jouait bien tout ça. C'est les petits bars, on faisait des tounes de... moi je chantais quelques tounes de Brassens, Pat Napoli aussi. Desrosiers chantait beaucoup du Dutronc, Boris Vian. Pat, il chantait aussi Nino Ferrer. Moi je me suis mis à chanter aussi des chansons que je pognais sur des cassettes de trucker là, Montant, B.B.I. et puis ces affaires de même. On chantait des affaires un peu disparates, comme de là le mot fantaisiste, c'est l'humour peut-être. On avait toujours du beatbox en arrière et on avait un show de diapositives qui était synchronisé avec notre... ouais, on avait un petit décor puis tout ça. On faisait ça dans des bars, on jouait au Barouf, au B-Bar, des affaires de même. Puis après il y a une déclinaison avec Les Blaireaux. Oui c'est ça quand en fait Pat est décédé en 94, novembre 94. Et puis après on a... moi puis Yves on a... bon, je sais pas si on a complètement arrêté. Je pense que c'est là que je me suis mis à monter mes chansons. Et puis à un moment donné le patron du Barouf, Milou, il a proposé à moi puis Yves qu'on refasse les tounes qu'on faisait avec les Quart de rouges mais pour un anniversaire quelconque du Barouf là. Je pense pas les 5 ans du bar, ou je sais pas les 3 ans, je me rappelle plus. Ouais c'est ça en tout cas. Fait que c'est ça, moi puis Yves on a remonté les tounes qu'on faisait avec Pat, mais que moi et puis lui. Finalement on s'est dit : « Ben garde, ça pourrait fonctionner de monter un show juste à deux comme ça ». Fait qu'on a évacué tout ce qui était l'aspect visuel, les diapositives, le beatbox puis tout ça. On a monté vraiment une chose très simple, acoustique, de guitare, contrebasse. Et puis ça a super bien marché là pendant le temps que ça a duré, peut-être 2 ans à peu près. Puis on a arrêté ça en fait parce qu'Yves Desrosiers qui m'accompagnait dans mon projet solo accompagnait aussi Lhasa de Sela. Quand Lhasa a décollé, moi je l'ai perdu parce que Lhasa... on passe les salutations à Desrosiers, je l'ai contacté pour un éventuel épisode avec lui.

33:09 Hugo Lachance : Ben on le salue, salut à bientôt. Donc à partir de 1997, il présente des chroniques de chansons. Chapitre 12 : L'école CIBL. D'actualité à la station de radio communautaire CIBL. Il en tire l'album Mononc' Serge chante 97, Mourir pour le Canada et Serge chante 98.

33:26 Mononc' Serge : Ouais ben Mourir pour le Canada, c'est pas vrai en fait. Regarde, pour faire une histoire courte là, quand j'ai perdu Yves parce qu'il est allé jouer avec Lhasa puis tout ça. En fait j'ai pas seulement perdu Yves, toute mon équipe c'était des gens qui travaillaient aussi avec Lhasa. Il y avait François Lalonde le batteur qui accompagnait aussi Lhasa, puis même Bruno Desnos qui s'occupait un peu de nos effets sonores, les décors, tout ça. Remarque dans Les Blaireaux on n'avait pas vraiment de décor, mais il donnait un petit coup de main. Puis il y avait Gina aussi qui s'occupait de... toutes ces gens-là travaillaient aussi avec Lhasa. J'avais le même entourage que Lhasa, ça peut paraître bizarre parce que c'est pas toute... c'est le jour et la nuit même. En tout cas, j'avais les faits. Bon, quand Lhasa est partie, quand Lhasa a décollé, j'ai perdu tout mon monde puis je me suis ramassé là au printemps 97 avec rien. J'avais plus d'équipe. Puis mon plan en fait, quittant les Colocs, c'était de monter un show. J'ai monté le show avec Desrosiers et François Lalonde, on a invité des compagnies de disque pour plus... je me suis dit il y a ben une compagnie qui va mordre, qui va vouloir du show. Puis j'ai vu... donc j'ai présenté le show à fin 96 puis au début 97 j'ai eu quelques réponses négatives des compagnies de disque que j'avais invitées au show. Fait que je me ramasse au printemps 97, c'est mon plan A qui était de... tu sais je me suis dit je vais faire un show, j'invite les compagnies, il y en a sûrement une qui va embarquer, on fait un disque après ça on continue. Ça ça a pas marché. Puis non seulement ça a pas marché mais mon équipe je l'ai toute perdue. Fait que je me ramasse au printemps 97, mon plan A a pas marché, mes partners sont tous partis, je suis tout seul. Je fais quoi ? Et puis finalement il y a à CIBL l'animateur du matin André Major, que l'on salue. Salut André, qui est toujours un ami. Il m'a invité à faire une chronique à son émission. Puis je lui ai demandé : « Qu'est-ce que tu veux comme chronique ? ». Il m'a dit : « Tu fais ce que tu veux là ». J'étais allé comme invité en fait à son émission pour présenter un de mes shows. Puis il avait aimé le contact avec moi puis m'avait dit : « Ça te tenterait de faire une chronique ? ». Puis finalement moi je voulais pas faire de la radio, je voulais faire de la musique. Puis finalement, en repensant à des conseils qui m'avaient été donnés, il y a des gens qui m'avaient dit : « Tu devrais faire vivre Mononc' Serge en dehors de la chanson. Tu pourrais faire de la radio, de l'humour, écrire dans des journaux, faire vivre ça en dehors de... ». Finalement je repensais à ça là, j'avais une proposition de faire de la radio puis moi je voulais faire de la musique. Fait que j'ai proposé à André : « Garde, je te propose de faire des chansons mais sur des thèmes d'actualité, une par semaine ». Pour moi, c'était une maudite grosse commande là parce que moi dans le temps j'écrivais peut-être 5, 6, 7 chansons par année tout au plus. Des bonnes années je pouvais en faire plus, des mauvaises années j'en faisais moins. Là fallait que je fasse une toune par semaine, je me mettais à bout. J'avais peur. Puis finalement j'ai fait ça pendant 2 mois, de mai 97 à juin, puis j'ai fait 7 ou 8 tounes en 2 mois. J'ai fait autant en 2 mois qu'en une année puis je trouvais que j'avais des bons résultats, j'étais content oui. Puis finalement j'ai dit : « Ok, c'est désagréable faire ça, c'est stressant, mais ça donne des résultats ». Une discipline. Là j'avais aucune perspective de faire de disque, j'avais aucun projet concret fait que j'ai continué à l'automne. Puis finalement à un moment donné j'ai fait une toune sur Jacques Villeneuve qui a passé à la radio. Puis une des compagnies de disque qui était venue me voir, qui avait pas été intéressée, qui m'a rappelé puis qui a dit : « Écoute nous autres on voudrait sortir la toune sur Jacques Villeneuve ». Puis je suis allé les voir, Pierre Tremblay de Disques Double. Puis là on s'est assis puis je lui ai dit : « Ben écoute, j'ai la toune sur Jacques Villeneuve mais j'en ai fait 16, 17, 18 autres là que j'avais sorties depuis que j'avais commencé à faire des chroniques ». On écoutait ça ensemble en 2h sur le coin de la table. On s'est dit : « Bon celle-là on la prend, celle-là on la prend pas ». Puis ça a fait mon premier album, Mononc' Serge chante 97. C'était au mois de novembre. L'album, un mois plus tard, il était sur les tablettes des magasins. On a refait un peu d'édition vraiment vite fait là, en 4-5 jours j'ai remis le master final. Fait que finalement j'ai enregistré mon premier album un peu à mon insu, oui c'est vrai. D'ailleurs j'avais un 4-track Fostex, un 8-track Fostex, c'est une première enregistreuse digitale. Puis ça, ça m'a beaucoup facilité la tâche pour éditer les chansons après que Pierre Tremblay de Disques Double m'a donné des précieux conseils. Il m'avait dit par exemple : « Ta toune, l'idée est bonne, c'est le fun, mais c'est trop long ». Faudrait que tu sais... au lieu de me braquer j'ai fait : « Ok, je vais essayer de la raccourcir ». Puis j'ai fait ça pour beaucoup de chansons sur le premier album puis j'ai trouvé que les tounes s'en trouvaient très améliorées. Puis finalement pour le deuxième album, la deuxième année, j'ai continué à faire des chroniques comme ça et ça a donné l'album Mononc' Serge chante 98. Mais là le travail d'édition je le faisais plus à la racine. Tu avais appris dans... oui c'est ça, je m'en suis... parce qu'avais en tête que fallait que ce soit plus long. Mais finalement je me suis dit non, 2 minutes c'est mieux que 4 minutes. C'est mieux d'avoir un concentré de bonnes idées que d'étirer un peu la sauce, mettre des solos, faire des bons... tu vois le genre. Fait que voilà, ça a été toute une école pour toi là. Ah oui oui oui oui oui, non c'est vraiment... j'ai eu toutes sortes de chances dans ma vie puis ça, ça en est une. On m'a tendu une perche au bon moment puis je l'ai prise.

39:43 Hugo Lachance : C'est parce que tu as comme connu le succès avec Les Colocs puis après ça tu es revenu à la base, tu t'es reconstruit. À propos des albums, corriges-moi si je me trompe mais tu n'as pas eu de compagnie de disque vraiment toi ? Chapitre 13 : L'indépendance. Les trois premiers albums donc : Mononc' Serge chante 97, Mourir pour le Canada et Mononc' Serge chante 98.

40:00 Mononc' Serge : Je veux juste préciser, Mourir pour le Canada c'est pas des tounes d'actualité. C'est des chansons que j'ai écrites avant. Dans le fond, mes plus vieilles tounes sont sur mon deuxième album. Fait que dans le fond Mourir pour le Canada, c'est les chansons que je faisais dans mon show avant de commencer à faire... c'est pour ça que la citation de Wikipédia est inexacte, faudrait que je corrige ça. Mais tu as toujours été indépendant, c'est ça ? Non, c'est ça. Moi j'imaginais au début que ça me prenait une compagnie de disque. Je trouvais ça un peu mystérieux sortir un album, c'était l'époque aussi que tout fonctionnait avec des compagnies de disque. Exactement, puis moi tout le monde que je connaissais qui était dans le milieu qui avait du succès, ils passaient par des compagnies de disque. Bon, puis c'est ça que j'ai fini par faire. Moi j'ai eu un contrat de licence avec Disques Double. J'ai signé là à la fin de 97 pour trois albums avec Disques Double. Mais étant donné que mon premier album je l'avais déjà fait, le deuxième toutes les tounes étaient déjà en banque. Je l'ai terminé quand même avec Yves Desrosiers puis François Lalonde qui accompagnaient Lhasa, mais ils ont terminé l'album là. Ils ont fait des affaires avec moi dans les années suivantes mais de façon beaucoup plus sporadique. Puis l'album 98 est sorti je pense en octobre 98. J'ai fini beaucoup plus tôt parce que Pierre de la compagnie de disque disait : « Ben écoute, si l'album sort plus tôt on a plus le temps de le travailler ». Fait que j'ai écrit des tounes à peu près jusqu'en septembre 98. On a sorti l'album là peut-être début novembre quelque chose comme ça. Donc en 1 an j'avais sorti mes trois albums pour Disques Double. Fait que là après ça j'avais plus de contrat avec eux. Et c'est pour 13 tonnes trash, mon quatrième album, là je suis allé tout seul parce que Disques Double ils voulaient pas vraiment continuer, ou ils voulaient continuer à certaines conditions. Moi je voulais sortir un album rapidement parce que j'avais plus de show là en 99. Moi j'ai connu vraiment... autant ça a bien marché en 98, je faisais parler de moi, je passais à la télévision. En 99 on dirait que tout s'est arrêté puis à un moment donné j'ai dit : « Bon faut que je sorte un disque parce que sinon je vais virer dingue là ». Puis finalement Pierre Tremblay de la compagnie de disque, lui il ne voulait pas sortir d'album là, il ne voulait pas sortir les tounes que j'avais en banque là. Fait que là je dis : « Qu'est-ce que je fais avec ça ? ». Fait que je me suis renseigné pour avoir un contrat de distribution directement sans passer par une compagnie de disque. Puis c'est là que je suis allé avec le distributeur DEP. Puis finalement je me suis rendu compte que j'étais capable d'être aussi mauvais qu'une compagnie de disque pour faire la... c'est pas si sorcier que ça quand tu mets la main à la pâte. Non c'est ça, le plus dur c'est de commencer mais après... Puis à un moment donné je me suis rendu compte, j'ai dit : « Coup donc, j'aurais peut-être dû... ». Ce qui était dur, c'était de pogner le contrat de distribution parce que c'était essentiel à l'époque. Puis j'ai profité d'une ouverture chez DEP qui s'est refermée pas longtemps après. À un moment donné, DEP ils se sont mis à signer des artistes individuels plutôt que des labels. Donc moi je suis tombé dans la bonne période, ils m'ont signé puis ça a bien marché pour moi. Alors c'est pour ça donc depuis 13 tonnes trash, je suis indépendant. Puis au bout de la licence que j'avais avec la compagnie de disque, qui était de 10 ans, donc autour de 2004-2005, j'ai récupéré mes droits sur mes trois premiers albums. Donc aujourd'hui c'est moi qui a toute ma discographie. C'est précieux ça quand même. Les vieux albums se vendent plus tellement, en fait j'en ai plus des albums physiques là de 94, 97, 98 puis Mourir pour le Canada. J'ai plus de copie physique de tout ça mais bon, quand ça joue sur Spotify, ben c'est moi qui a le 0,008. Tu ne mets pas riche avec Spotify, pas trop non. C'est mieux qu'un coup de pied dans le cul là, c'est mieux que de se faire pirater puis ne pas avoir une crise de cent. Mais en même temps l'état des revenus avant les écoutes en ligne et tout ça, c'est pas du tout pareil. Quand je sortais des albums, je pouvais en vendre 5, 6, 7, 8, 10, 15 000. Ça fait quand même des recettes qui seront jamais accotées par le streaming, les plateformes. Fait que c'est un espèce de manque à gagner. Mais je pense que globalement quand même les grands perdants c'est l'industrie du disque, mais les artistes c'est pas tant une grosse perte que ça. Moi je suis indépendant fait que je suis comme une compagnie de disque. Comme compagnie de disque je suis perdant, mais en même temps comme artiste ça me permet de diffuser. Maintenant je suis un artiste débutant aujourd'hui... à l'époque en 95, 16, 17, si je voulais avoir de la diffusion radio... il n'y avait pas d'internet dans le temps, c'était vraiment difficile d'accéder au public. Maintenant tu t'ouvres une page Facebook, un compte YouTube, tu peux mettre du contenu dedans puis si tu travailles fort tu joues bien tes cartes. Tu auras peut-être pas un succès comme les artistes qui avaient du succès dans les années 90, mais au moins tu vas te rendre à certaines oreilles. C'est une base de fans qui est très fidèle aussi. J'ai eu la chance quelque part d'arriver avant, ça t'a permis justement de continuer là-dedans. Ouais puis je pense que les gens qui écoutent une certaine musique quand ils ont 15, 16, 20 ans, ils restent fidèles à cette musique-là. Fait que moi le gros de mon public aujourd'hui, le gros du public c'est des gens qui avaient justement 15, 16, 20 ans entre 2000 et 2005 grosso modo. Exactement.

Mononc' Serge — Rétrospective (Partie 2)

0:00 // Chapitre 1 : Message d'intérêt public Hugo Lachance : Bienvenue à l'épisode 2 de mon entretien avec Mononc' Serge. Si vous n'avez pas écouté la première partie, ben elle est disponible. Aujourd'hui ce qu'on fait, c'est qu'on passe à travers les 15 albums de Mononc' Serge. On voit plus de 23 chansons. On discute beaucoup, c'est vraiment cool, puis manquez pas à la fin il y a une vidéo avec des gens qui rendent hommage à Serge Robert. Bon épisode tout le monde.

0:41 // Chapitre 2 : Segment : Une chanson après l'autre Hugo Lachance : On est au segment une chanson après l'autre. Donc ce qu'on fait, c'est qu'on va parcourir ta carrière comme on a dit tantôt. On écoute un petit extrait puis après ça tu commentes comme la chanson « Je chante comme une casserole ».

1:15 // Chapitre 3 : Je chante comme une casserole Mononc' Serge

1:43 Mononc' Serge : Ouais, ça fait longtemps que... longtemps j'avais pas entendu ça. en tabarnac, les voix au début, les petits, tout ça là. Ça me rappelle des souvenirs. Mais comment dire, oui, moi sur une toune j'avais joué dans un groupe à la fin des années 80 là qui s'appelait Anticosti. Et à un moment donné j'avais fait une toune sur le... il y avait eu une visite là d'un membre de la famille royale au Québec, je sais pas, le prince machin. J'avais fait une toune pour célébrer la visite royale puis la reine puis tout ça. J'avais une toune puis je chantais particulièrement mal sur cette chanson-là. Puis je faisais pas exprès là, c'était vraiment... puis le guitariste du groupe, François, que l'on salue, il avait dit... il écoutait ça puis il riait puis il disait : « Tu chantes vraiment comme une casserole ». J'avais trouvé... quand je disais tantôt là que tu sais des fois je pars sur une expression, je me dis : « Ah, tu sais ça, ça serait cool de faire une chanson avec ça ». Alors dans les semaines ou les mois qui ont suivi, j'ai écrit cette toune-là qui est d'inspiration très Plume. Des fois il faisait des tounes comme ça. Voilà, c'est ça là. Fait que c'est un peu Ringo Rinfret.

3:05 Mononc' Serge : Voilà, même ma façon de chanter, tu sais je prends un petit accent là. C'est... tu sais je ferais... en tout cas encore une fois je ferais pas ça aujourd'hui mais en tout cas je trouve... c'est pour ça que je l'ai réenregistrée cette chanson-là. Non seulement je l'ai réenregistrée mais je l'ai quasiment réécrite. Ouais ouais, c'est ça, sur Réchauffé. Puis je voulais la... en fait quand j'ai fait l'album Réchauffé, je me suis dit je vais réenregistrer des vieilles chansons. Le but de l'album... au début l'album devait être un album live en spectacle et finalement de fil en aiguille je me suis dit : « Bah tant qu'à avoir un album en spectacle, on est peut-être aussi bien de faire les versions qu'on fait en spectacle en studio » parce que c'était ça que j'avais derrière la tête. En fait on avait réarrangé certains morceaux puis je trouvais les versions en spectacle meilleures ou en tout cas plus intéressantes, ou en tout cas je me disais que ça serait le fun d'avoir des versions enregistrées de ces chansons-là, des versions avec les arrangements qu'on faisait en spectacle de ces chansons-là. Puis c'est ça, de fil en aiguille tu sais je me suis dit : « Bah on tente de le faire en studio, de le faire bien ». Puis finalement je me suis dit : « Bah tant qu'à réenregistrer des vieilles tounes, je vais essayer d'en faire qu'on faisait pas en show », dont celle-là. Puis c'est ça, j'en ai essayé deux ou trois. Ouais c'est ça. Puis j'ai essayé de trouver puis quand j'ai réécouté, j'ai pensé : « Je vais prendre "Je chante comme une casserole" ». J'ai réécouté la toune puis je trouvais que les paroles fitaient pas avec la direction musicale de l'album qui était plus punk-rock. Fait que j'ai changé les paroles pour les rendre plus agressives. En fait probablement que si j'avais écrit cette chanson-là en 2019 elle aurait eu exactement cette gueule-là, celle de la version 2019 qui est la version que je fais.

4:51 Hugo Lachance : J'ai pas chanté ça « Je chante comme une casserole » pendant 25 ans après mon départ des Colocs. Je l'ai chantée un peu au début dans mes premiers shows solo mais dès que j'ai eu assez de matériel pour m'en passer là, je l'ai... j'ai arrêté de la faire. Moi c'est une chanson que j'ai toujours aimée sur l'album des Colocs parce que justement elle était vraiment différente des autres, vraiment humoristique. Ça faisait un beau contraste parce que vous aviez chacun votre chanson.

5:17 Mononc' Serge : Ouais c'est... il y a Pat Napoli qui avait sa chanson, Mike avait pas de toune sur cet album-là mais il y en a sur le deuxième là sur Atrocetomique. Puis il y en a aussi si je me trompe pas sur l'album qu'il a fait après que je sois parti là, Dehors novembre.

5:32 // Chapitre 4 : Le radiothon de CIBL Hugo Lachance : Ok oui oui oui. On passe au radiothon de CIBL. Alors évidemment vous avez compris que c'est pas mon opinion que je donne dans cette chanson-là sinon je vais sortir en me faisant lapider. Ici à Montréal on a toutes sortes de radio, tu n'as qu'à changer de canal tu vas trouver ce qu'il te faut. Il y a Cité pour les vieilles matantes, il y a CKOI pour les Lavallois et pour ceux qui sont sur le bien-être social il y a CIBL, la radio libre à Montréal. Plus on descend dans la société, plus CIBL est un poste écouté. C'est dans les quartiers où on le pogne le mieux que les assistés sociaux sont les plus nombreux. Fait que c'est sûr que si on augmente sa puissance d'antenne, le nombre d'assistés va monter par centaines. Une autre preuve de ce que je disais juste avant c'est le timing du présent événement, donc le radiothon de CIBL. Ça c'est super bon, j'ai vraiment eu du fun à écouter ça.

6:22 Mononc' Serge : Écoute c'était tellement moi. Je me suis fait inviter avant que je commence à faire mes chroniques. Ouais je suis invité à participer au radiothon de la station et donc ils m'avaient invité à venir chanter. Je pense j'avais fait « Les Patates » puis je me suis dit ça serait le fun de faire une toune, tu sais plus sur-mesure pour eux. C'est ça puis je me suis dit : « Bon je vais faire une toune, je vais niaiser le monde de CIBL ». CIBL c'est une station que j'écoutais régulièrement, je connaissais les animateurs puis tout ça, puis c'est dans le ton. Ouais c'est ça, il y avait tu sais il y avait Pierre Thibault, il y avait Jean-Claude Germain là qui était l'espèce de... il n'animait pas mais il était l'espèce de directeur, pas directeur mais parrain de la station. Fait que je niaisais un certain nombre de personnes dans la chanson puis je me disais : « Bon je vais aller là-bas, je vais faire ma toune ». Tu sais moi j'imaginais tout seul tu sais assis avec un animateur puis faire ma toune. J'arrive là, tous les gens que je nomme dans la chanson sont là. Puis là j'étais entouré d'assistés sociaux, ouais tu sais. Puis elle déjà probablement pour quand je commence à chanter ma toune je t'attendais pas à ça. Ouais ben c'est ça. Moi déjà je me souviens là, je répétais la toune avant d'aller à la station, j'étais hyper nerveux là. J'étais pas habitué de faire ça puis là j'arrive là puis là je vois, ils sont tous là puis là c'est un autre cran de stress.

7:58 Hugo Lachance : Mais cette chanson-là fonctionne bien parce que tu prends la balle au rebond. Tu sais je savais pas que tu étais aussi stressé que ça mais dans la toune tu as l'air tellement naturel, ça va.

8:07 Mononc' Serge : Ouais mais c'est je trouve que ça donne de quoi de tripant d'avoir cette tension-là. Ça s'entend pas que tu sais ça a pas l'air stressé mais je pense ça donne du nerf. Tu sais à la... je regardais là par exemple, là je vais prendre de l'avance sur les chansons mais il y a une toune d'actualité que j'ai faite en 2014 qui s'appelle « Coupe Couillard » que j'ai sortie sur mon album Mononc' Serge 2015. Et la version... c'est une toune que j'ai faite à l'origine pour la chanter à la télé tu sais dans l'émission de Mike Ward. Et quand on l'a faite à la télé, moi je me souviens j'étais vraiment sur le gros nerf, je me disais : « Faut pas que je me trompe ». J'avais mes paroles devant moi puis c'était vraiment tough là. Et finalement on l'a réenregistrée beaucoup plus relaxe en studio puis quand je compare les deux versions, elle est bonne la version studio, mais je trouve qu'il y a du nerf dans la version live qui n'est pas là. Puis saisi un moment, oui c'est ça, je trouve que cette espèce de tension-là tu sais, ça donne quelque chose. tu es tendu, tu n'as pas de plaisir, mais je trouve que ça donne un bon résultat au niveau artistique. La version qui est sur l'album est très bonne aussi, mais vraiment plus molo. Tu vois la différence entre les deux, entre le Live puis le studio, c'est carrément ça.

9:36 Mononc' Serge : Complètement. Fait que voilà une chanson que l'on a intégrée sur mon album Mononc' 97, même si c'était pas une chanson d'actualité. Mais on l'a, tu sais comme je faisais mes tounes d'actualité à CIBL puis tout ça, on s'est dit : « Bon tiens, on va la mettre ».

9:44 Hugo Lachance : Super bonne toune aussi.

9:52 Mononc' Serge : Oui, oui, moi franchement je suis content. Puis la réaction du monde, on entend les gens qui rient, tout ça. Il n'y a rien de stagé, c'est spontané. C'est vraiment un bon... c'est ça, c'est spontané donc ça fonctionne, ça donne tout le corps à la toune.

10:00 // Chapitre 5 : Ogunquit Hugo Lachance : On passe à Ogunquit.

10:06 Mononc' Serge : Ogunquit, ouais si tu veux.

10:14 Mononc' Serge : Oui toute la nuit j'ai couru, bourré de troquet en troquet, quand soudain le frère André m'apparaît. Le frère André ! Du coup moi j'en profite.

10:51 Mononc' Serge : C'est une toune que j'ai écrite... j'ai été inspiré par un arrêt au Ogunquit, aux États-Unis. Ma première impression, ça m'a vaguement inspiré cette chanson. Et c'est une des premières tounes que j'ai faites où j'allais vraiment plus à fond dans la vulgarité. Ça paraît pas beaucoup dans la première ligne mais c'est ça.

11:14 Mononc' Serge : Et puis c'est à l'époque où je jouais dans les bars avec Les Blaireaux, avec Desrosiers. On faisait nos duos puis on s'était rendu compte là que, tu sais, il y avait de quoi dans les tounes vulgaires. On avait monté une version écourtée de la toune « La petite grenouille » et puis ça marchait au bout à la fin des spectacles. C'est une époque, je pense, où cette toune-là avait été un peu oubliée. C'est une toune qui était comme semi-oubliée, les gens avaient entendu ça quand ils étaient jeunes.

11:44 Hugo Lachance : Ouais ouais, ils s'en rappelaient.

11:44 Mononc' Serge : Mais plus personne chantait ça. Nous autres, on venait à la fin de la soirée, tout le monde était un peu garlot, on chantait ça. C'était outrancièrement vulgaire, c'est épouvantable. On chanterait ça aujourd'hui, je trouve que la vulgarité a perdu un petit peu de son côté transgressif là. Mais dans le temps tout... je trouve ça marchait bien.

12:01 Hugo Lachance : C'est ta faute peut-être ?

12:01 Mononc' Serge : Ouais, de ma faute et de la faute de bien du monde. Fait que c'est ça, donc ça m'a donné envie de faire des tounes plus trash, plus vulgaires. Parce que là on est sur l'album 13 tonnes trash. Ça c'est un album qui... non, « Ogunquit » est sur Mourir pour le Canada. Ouais c'est une des dernières chansons que j'ai écrites pour l'album Mourir pour le Canada. C'est vraiment une des dernières.

12:34 Mononc' Serge : Mourir pour le Canada, c'est des tounes que j'ai écrites de 88-89 jusqu'au moment de l'enregistrer l'album là en 97 là. Fait que c'est des tounes qui sont assez éparpillées là dans le temps. Et « Ogunquit » là, c'est une des plus récentes, sont plus tardives disons ça comme ça. Vraiment dans l'esprit quand même de 13, plus proche de 13.

13:00 Hugo Lachance : Oui oui oui, complètement.

13:00 Mononc' Serge : L'album d'actualité Mononc' 97, j'avais gardé cet esprit de vulgarité, de transgression et cetera pour l'appliquer à des sujets d'actualité.

13:06 Hugo Lachance : Tu as fait ta marque, la vulgarité aussi, mais l'intelligence quand même dans tout ça. C'est pas gratuitement gratuit, disons.

13:24 Hugo Lachance : Mais il y a toujours un fond que tu as, un certain talent pour faire transparaître le second degré.

13:31 Mononc' Serge : Ouais peut-être. C'est... je sais pas. Tout ça, quand on réécoute des affaires, je me disais pas mal préparé.

13:55 // Chapitre 6 : Marijuana Hugo Lachance : On continue avec « Marijuana ».

14:00 Mononc' Serge : C'est dimanche après-midi au square Berri, la police procède à l'arrestation d'un squeegee. Ils fouillent dans ses poches, ils lui passent les menottes, puis qu'est-ce qu'ils trouvent ? Deux-trois grammes de pot ! La police confisque la matière dangereuse puis après le shift s'en va aux danseuses. Dans le stationnement avant d'entrer, ils fument un gros joint avec le pot confisqué. Marijuana, marijuana, légalisation de la marijuana. Marijuana, marijuana, marijuana.

14:24 Mononc' Serge : Marijuana, faut l'arrêter ! Je l'ai écoutée au complet. C'est drôle cette toune-là, tu sais comment je la chante. J'ai l'impression que je n'ai pas la même voix aujourd'hui. Même ma mélodie est pas tout à fait comme je la fais, puis je chante mal en tabarnac. Comme c'est garroché, agressif, ça passe.

14:40 Mononc' Serge : Mais voilà, moi « Marijuana » c'est pas une chanson sur laquelle j'aurais misé beaucoup, tu sais. Une chanson surprise. Écoute moi c'est une toune, c'est une des dernières tounes d'actualité que j'ai faites en fait en 99. Il y avait eu à un moment donné un événement là au square Berri qui impliquait, je sais pas, une intervention policière avec je me rappelle plus quoi. Mais ça, j'avais fait cette toune-là dans le cadre d'une chronique d'actualité chantée. C'est une des dernières que j'ai faites donc après 1997, au début 99.

15:23 Mononc' Serge : J'ai continué un peu à faire quelques tounes d'actualité puis les dernières tounes d'actualité que j'ai faites se sont ramassées sur 13 tonnes trash. « Monica » entre autres, sur l'affaire Monica Lewinsky. Celle-là, « Marijuana », qui n'a pas l'air d'une toune d'actualité. C'est un peu pour ça que j'ai arrêté, j'avais l'impression d'avoir pressé le citron des tounes d'actualité. Puis j'avais l'impression que je tournais un peu en rond, que j'essayais des fois de faire des tounes qui sont pas d'actualité mais de les raccrocher à un événement. Des tounes fermées, des tounes plus ouvertes.

15:45 Mononc' Serge : C'est ça, puis « Marijuana » j'avais fait une version là... je me rappelle pas de la version que j'avais présentée à la radio. Je pense que c'était une version reggae. Ouais, puis je l'avais montée avec mes musiciens. Puis à un moment donné, à la fin d'une répétition pour déconner là, on jouait puis le batteur s'était mis à faire « tout tout tout tout tout ». On l'avait suivi puis finalement on se disait : « Hé crime, ça serait pas pire de... ». Puis comme ça on l'a réarrangée, ça a pas dû prendre de temps là.

16:20 Hugo Lachance : Et puis voilà, puis à un moment donné tu avais une version comme pour évacuer le côté cliché un peu avec le reggae.

16:28 Mononc' Serge : Oui voilà, c'est ça. Fait que à un moment donné j'ai eu ma version reggae, ma version rock. Je me souviens, au début de mon site web, j'avais mis les deux versions en ligne, probablement en audio là, quelque chose de pas écoutable. Puis je demandais aux gens de voter pour la meilleure version. Puis finalement j'avais gardé la version... je m'attendais pas à un succès. C'est la toune... ça a été une toune pivot quelque part pour moi. C'est la toune qui m'a vraiment amené dans le milieu underground.

16:53 Hugo Lachance : Ouais c'est vraiment l'album. Est-ce que tu définis... c'est ton personnage paravent aussi que tu définis comme il faut puis le son très rock ?

17:08 Mononc' Serge : Ah peut-être, ouais. Mais c'est là que ça a commencé. C'est un album qui est un peu... il y a un pied encore dans la chanson-chanson là, puis il y a un pied dans la... puis il y a tout ça. C'est très disparate, toutes sortes d'affaires là. Mais c'est là que je commence à faire des trucs vraiment plus énervés. Il y en avait peut-être vaguement avant là, je pense à « Céline » sur l'album Mononc' 97, mais c'était vraiment... Mais là en fait avec « Marijuana », c'est une toune qui m'a... c'est une toune qui a eu beaucoup de succès. C'est une toune qui a passé à la radio, je m'attendais pas à ça du tout.

17:31 Mononc' Serge : Puis moi c'est une toune que j'ai jamais beaucoup aimée tu sais. Puis finalement le monde l'aime beaucoup, je fais ok, je la joue encore en show aujourd'hui.

17:47 Hugo Lachance : Moi je l'aime beaucoup le côté bon, c'est drôle. Il y a quelque chose de purement... Mais tu sais là tu viens de m'apprendre que c'était par rapport à un fait d'actualité là, ça change un peu mes perceptions de la toune.

17:56 Mononc' Serge : Ouais c'est ça. Puis encore une fois, c'est... j'ai voulu faire... je me rappelle même pas de l'événement ! Mais c'est juste que j'essayais de rattacher la toune à l'événement. Mais quand tu fais des tounes d'actualité puis que tu fais ça, ça marche pas bien parce que les gens s'attendent à ce que tu aies des références à des choses qui viennent d'arriver puis que les gens ont fraîchement en mémoire. Alors que moi j'étais tanné un peu de ça justement parce que je mettais beaucoup d'énergie à faire des chansons puis des fois au bout d'un mois, la toune elle marche plus parce que les références ne sont plus là, les gens ne les ont plus en tête.

18:27 Hugo Lachance : Le côté un peu en vous moi bien me chercher, c'est cette...

18:35 Mononc' Serge : Ouais c'est ça, les gens l'aiment beaucoup. Bah tu sais, tant mieux. C'est pas, tu sais quoi, c'est pas une chanson que je renie là, mais c'est pas une de mes préférées. Il y a ça puis l'« Âge de bière », on va y arriver tantôt là si je me fie à ta liste. L'« Âge de bière », moi j'aurais jamais misé là-dessus non plus tu sais. Puis c'est... non non, ben c'est ça, ça c'est carrément innocent comme toune mais les gens ont adoré ça.

18:59 Mononc' Serge : Ouais c'est ça. Puis là je me rends compte : la bière, le pot, là ça c'est des valeurs gagnantes pour mon public !

19:14 Hugo Lachance : Qu'on le salue ton public !

19:14 Mononc' Serge : On le salue.

19:14 // Chapitre 7 : La fürher Hugo Lachance : On passe à « La fürher ».

19:17 Mononc' Serge : Ouais, Guy Cloutier et Adolf Hitler, deux noms qui inspirent la peur. C'est vrai que les millions de morts du dictateur font plus peur que les six morts du producteur de la Fureur. N'empêche des jeunesses aryennes, chères à Hitler grâce à Guy, ont repris leurs droits à Radio-Canada le vendredi soir à 8h. Dès 7h, les baveurs de bière de Candiac tout heureux au studio 42. Une SS effectue le tri de la foule et envoie au balcon les Tamouls, les grosses torches, les plus moches, tandis que plus bas dans le champ des caméras, les gens mignons à l'écran se partagent le parterre. D'un côté les belles aryennes, de l'autre les bons aryens.

20:01 Hugo Lachance : Ta première toune rap ?

20:04 Mononc' Serge : Ah c'était pas... ouais c'était... non non. J'ai sur mon album 98, j'ai « Moi j'aime McDonald's » qui était une chanson... à l'époque il y avait Dogmatique qui avait du succès, puis à un moment donné j'ai dit : « Je pourrais essayer de faire une toune dans le goût aussi ».

20:12 Hugo Lachance : Oui oui, plus Jean Leloup complètement.

20:12 Mononc' Serge : Oui oui, Jean Leloup, l'époque Le Dôme là. Ouais ouais complètement. Ouais oui c'est ça. C'est une chanson aussi qui est reliée à un fait d'actualité complètement. C'est une des... à un moment donné j'ai fait une petite batch de tounes d'actualité à la fin de l'année 99 puis il y avait cette chanson-là dedans. Ça m'a permis un peu de compléter mon corpus pour 13 tonnes trash. Il y avait ça, il y avait « Saint-Fortunat » aussi qui était dans les dernières tounes d'actualité que j'ai faites là à la fin de l'année.

20:41 Mononc' Serge : J'ai une toune sur l'émission La Fureur là. Je fais un parallèle entre La Fureur et le Führer. Vraiment un innocent jeu de mots.

20:54 Hugo Lachance : Oui c'est ça, on s'est pas rendu là là ! D'ailleurs pendant que j'y pense, toutes les chansons que je présente, je les mets dans une liste de lecture sur Spotify et puis sur iTunes, ouais Apple Music. Elles sont disponibles sur mon site web fait que si vous voulez consulter les tounes, elles sont toutes là. Voilà.

21:14 Hugo Lachance : Et ben formidable ! Puis donc là « La fureur » c'est ça, avec des jeux de mots comme hallucinants à la fin de la toune. Super drôle.

21:22 Mononc' Serge : Ouais, moi c'est... longtemps ça a été ma toune préférée dans mon propre répertoire.

21:30 Hugo Lachance : C'est brillant quand même !

21:30 Mononc' Serge : Ouais c'est ça. C'est plus le... j'étais super content de toutes les jokes qu'il y avait là avec. Puis je précise aussi que c'est une chanson que j'ai écrite avant que Guy Cloutier se fasse arrêter pour l'histoire de Nathalie Simard. On le perd de vue aujourd'hui mais tu sais quand je commence avec « Guy Cloutier et Adolf Hitler qui font bien », ben en fait c'était quelque chose qui était comme... c'était dans l'air en fait. C'était plus comme quand c'était vraiment pas vrai.

21:59 Hugo Lachance : C'est ça ! Guy Cloutier, on dit : « Guy Cloutier inspire la peur » parce qu'il fait des émissions de merde puis il produit des albums plates. Puis là finalement ça change complètement le sens de la phrase.

22:14 Mononc' Serge : C'est un peu l'inconvénient des tounes d'actualité. C'est ça, les protagonistes changent. On m'a donné raison avec le temps ! En même temps moi si je disais qu'il faisait peur, c'est pas parce qu'il avait abusé sexuellement de Nathalie Simard ou de je sais pas qui, mais c'est vraiment juste à cause de ses productions là. Tu sais, ça détourne le regard. Tu sais on peut penser... bon c'est « Coupe Couillard », c'est un peu la même affaire. En 80... je l'ai sortie en 2014 et à un moment donné j'ai arrêté de la faire. Les gens me disaient : « Ouais mais Couillard est encore là ». Mais en même temps je trouvais que ce que je disais sur Couillard avait perdu son acuité. Tu sais à un moment donné il s'est passé plein d'autres coupures. Ça a été vraiment au début de son mandat. Au bout d'un an, deux ans, trois ans, à un moment donné les gens étaient passés à autre chose puis ils n'avaient plus ça en tête, puis les blagues n'avaient pas le punch qui était vraiment très fort.

23:12 Hugo Lachance : Ouais ouais, que ça marchait au bout de cette toune ! Pour cette toune-là tu n'as pas le choix d'aller dans les extrêmes, d'exagérer autant du côté de « La fureur » que de...

23:28 Hugo Lachance : Le parallèle au départ c'est juste le mot « fureur », Führer. Je charriais au max.

23:36 Mononc' Serge : Brillant ! En même temps tu pousses au maximum parce que la clé on l'a au début. Pour pas... tu l'expliques même dans avec le ton jeu de mots Führer. Voilà, voilà.

23:49 // Chapitre 9 : Saskatchewan Hugo Lachance : On passe à « Saskatchewan ».

23:57 Mononc' Serge : À quoi ça sert de réparer la pépine ? Parle pas à ta femme, sinon tu lui dis : « Bonsoir chéri », en pensant à tous ces beaux grains que tu as vus aujourd'hui. S66, le musée de la police ! Il y a des dounes, il y a des dounes dans les clubs vidéo ! Pas de la...

24:29 Hugo Lachance : Parce qu'à l'époque tu étais comme un petit monsieur fâché. C'est vraiment la toune très très cartoon !

24:36 Mononc' Serge : Tu sais, j'ai même fait une vidéo en dessin animé. En fait musicalement ça ressemble un peu à « Marijuana » au niveau du rythme, un peu le polka accéléré. Exact ! C'est pour ça que j'ai fait le même type de clip. Ouais pour « Marijuana » que pour « Saskatchewan ». Pour « Marijuana » il y avait un clip en dessin animé qui m'a beaucoup aidé à populariser la chanson d'ailleurs.

25:01 Mononc' Serge : Et « Saskatchewan », j'ai fait la même chose. En fait « Saskatchewan » ça s'est inscrit dans une série de chansons que j'ai faites pour la radio avec l'idée de faire un album avec. Je m'explique. À la fin de 99 là, j'ai donc fait quelques tounes d'actualité que je présentais bon à la radio. Puis j'ai fait mon album 13 tonnes trash. Puis tout de suite après la sortie de mon album 13 tonnes trash, j'avais rien devant moi tu sais. J'avais pas de show, j'avais pas... ça a pris du temps un peu avant que 13 tonnes trash vraiment décolle.

25:34 Mononc' Serge : Puis moi ayant horreur du vide là, je me suis dit : « Bon faut que je me trouve un projet musical ». Puis en jasant avec un ami, j'ai comme conçu le vague projet de faire une série de chansons sur le Canada où je voyagerai à travers le Canada puis je m'arrêterais dans chaque province.

25:49 Hugo Lachance : Ce qui est un excellent concept !

25:57 Mononc' Serge : Ben en tout cas peut-être. En tout cas je trouve c'est mon album qui est le plus complet, le plus abouti. Ouais ouais ouais ouais. Puis bref j'ai fait ça un peu. Donc cette idée d'album là, je l'ai faite sous forme de chronique comme je faisais mes chroniques d'actualité. Donc j'ai proposé aux animateurs du matin à CIBL dans ce temps-là d'aller leur présenter une toune par semaine sur une province du Canada. Fait que j'ai commencé ça au mois de septembre en 2000 et puis j'ai traîné ça jusqu'au mois de décembre. Et puis avec des ajouts, des ajustements et cetera, ça a donné l'album qui a sorti l'année suivante là en 2001.

26:36 Mononc' Serge : Je me rendais pas compte dans ce temps-là mais je sortais des albums à intervalle très rapproché. Oui oui, 13 tonnes trash je l'ai sorti en 2000 puis Mon voyage au Canada je l'ai sorti comme 15 mois après. Aujourd'hui dans ce sens-là ça me semblait normal mais aujourd'hui je me dirais : « Carine que j'y allais ! ».

26:53 Hugo Lachance : Et tu avais... est-ce que c'est parce que tu avais déjà une discipline de travail que tu avais développée à CIBL ? Une confiance ?

27:00 Mononc' Serge : C'est peut-être aussi parce que mes affaires marchaient pas tant que ça puis que j'avais pas tant de shows, de gestion de tout le tralala. Puis je pouvais... j'avais peut-être plus de temps pour faire. Puis j'étais plus jeune aussi, j'avais plus d'énergie, j'avais l'espèce de rage de réussir tu sais, de gagner ma vie avec ça, de m'établir. Puis pour moi c'était important là de nourrir la machine, de faire quelque chose, de rester actif, rester présent.

27:30 Hugo Lachance : Rester vivant puis présent, ouais.

27:39 Mononc' Serge : Puis c'est ça, donc « Saskatchewan » c'est... j'ai écrit ça quasiment dans une soirée même pas ! Tu sais c'est une toune aussi... Mais tu vois j'étais parti, je me souviens quand j'ai écrit cette toune là, j'étais parti pour écrire une toune un petit peu plus sérieuse dans Mon voyage au Canada puis ça a été un échec lamentable. C'était... puis justement ça c'est vraiment typique de... tu sais je voulais écrire une chanson là genre sur la révolte des Métis. Puis finalement tu sais la veille au matin je regarde ça : « C'est pas bon ! ». Vraiment j'étais découragé puis je me suis mis à écrire des niaiseries tu sais.

28:10 Mononc' Serge : Puis finalement, je prends ma guitare... je me souviens j'avais un show à Joliette le soir. J'ai une photo de moi, j'ai mon texte de « Saskatchewan », je pratique ma toune que j'ai écrite dans l'après-midi tu sais. J'ai juste aligné des faits sur la Saskatchewan très très vite. J'ai chanté la toune live à la radio le lendemain matin et puis je l'avais. La toune n'avait pas 24 heures puis c'est resté. Je pense que j'ai rien changé dans la structure. Évidemment l'enregistrement qui est là n'est pas celui que j'ai chanté à la radio. Musicalement c'est très bon aussi. Les guitares, la composition, les modulations, des petits détails, plein de textures. Il y a du slide aussi là-dedans puis Dominique Lanois qui joue dessus, Olivier Langevin je crois, François Lalonde. C'est musicalement super.

29:00 Hugo Lachance : Question pour toi : est-ce qu'on va finir par le voir ton album de chansons sérieuses de Mononc' ou de Serge Robert ?

29:09 Mononc' Serge : Il y a tellement de monde qui font des bonnes chansons sérieuses que tu sais je me sens... à chaque fois que je me suis essayé à faire des tounes plus sérieuses, je ne me crois pas. Tu sais c'est on dirait je me crois pas dans la vie en général quand je commence à me lamenter ou d'être triste ou d'être...

29:31 Hugo Lachance : C'est profond tu sais ! Je trouve... des fois tu touches à ça quand même dans tes albums. Il y a toujours des chansons un peu plus sérieuses ou les sujets qui sont identifiés qui sont plus sérieux. Souvent tu ramènes ça un peu au déconnage mais on sent qu'il y a un intérêt quand même pour ça.

29:48 Mononc' Serge : Ouais mais il y en a très peu des tounes plus sérieuses. Ça cafouille un peu. Il n'y a rien. « L'homme qui ne voulait plus vivre », « L'humour chien ». Ouais mais c'est ça, c'est pas des... je me sens pas à l'aise là-dedans. Je pense pas que je... puis c'est ça comme là je me répète mais il y a beaucoup de gens qui font des chansons sérieuses puis ils le font très bien. J'aimerais ça, j'aimerais ça être bon pour faire ça. Mais j'ai l'impression que ça prend aussi comme interprète quelqu'un qui s'inscrit beaucoup, quelqu'un qui est à fond. Tu vois Léo Ferré là qui chante, c'est tout lui, il s'inscrit en tabarnak, je l'adore là !

30:28 Mononc' Serge : Mais tu sais il l'était un peu. Puis Brel, il joue plus un comédien qui chante pour moi. Il incarne des personnages mais quand il est dedans, il les incarne pour vrai. Léo Ferré pas tant, c'est pas un personnage, j'ai l'impression que lui c'est un être humain. Ah lui il va à fond là ! Ouais c'est ça. Puis la plupart des chanteurs en fait, ils mettent sur leurs chansons ce qu'ils sont pour vrai puis ce qu'ils expriment. Moi pas ça. Moi quand j'écris des chansons, je veux comme sortir de ma vie. Je veux pas être dedans, je veux être ailleurs tu sais. Je veux sortir, je veux délirer, déconner. Puis quand j'essaie d'être plus proche de ce que je suis, on dirait que je m'ennuie.

31:09 // Chapitre 10 : Fourrer Hugo Lachance : Bon, on va parler de chanson sérieuse : « Fourrer ».

31:19 Mononc' Serge : Ah, je fais plus dans cette tonalité-là ! Inspecteur, je me mets à table, j'avoue tout, je suis coupable. C'est messieurs les constables de fesser sur mon être lamentable. J'ai une urgence, j'ai besoin d'une ambulance ! J'ai besoin d'une sirène qui crie. J'ai la fièvre, j'ai besoin d'une paire de lèvres où mon gland puisse cracher du blanc. Parce que fourrer c'est une fatalité, c'est ma finalité, c'est ma raison d'être, ce mot de sept lettres qui veut dire se mettre. J'en suis l'esclave soumis, je lui obéis. Que la Fédération des femmes et la Sainte Vierge me pardonnent. J'ai tout essayé pour rester dans les bornes de la bonne pensée socialement acceptée mais rien à faire : je ne suis qu'une machine à fourrer. Quand je vois une femme passer, j'aimerais bien penser : « Oh la noble créature ! »

32:32 Mononc' Serge : Et le reste suit. Oui, je suis surpris des... ça fait longtemps j'ai écouté ça. Les arrangements, ah ouais ! Les Olivier Langevin, très très bon ! Puis François aussi. Le groupe qui m'accompagnait était vraiment...

32:48 Hugo Lachance : Mais toi aussi tu es très bon là-dedans parce que la façon dont tu chantes dans cette toune-là... écoute là on va un peu dans le profond mais la façon dont tu chantes, c'est complètement horrible dans les paroles, tu vas extrêmement loin.

33:04 Hugo Lachance : Mais la façon dont tu chantes on voit que le personnage intervient là-dedans. C'est tellement... il y a tellement de rage, quelque chose de viscéral dans cet ensemble-là. Le fait que tu dises des affaires énormes et tu assumes là-dedans.

33:19 Mononc' Serge : Ben écoute je sais pas trop quoi dire là-dessus. Moi c'est vraiment... c'est une toune qui est sortie comme un jet pour vrai à la face du monde complètement tu sais. C'est vraiment ça. C'est vraiment une toune bien sentie sur le fait de, tu sais, d'avoir envie de fourer tu sais au bout. Puis de se sentir mal de tout ça aussi. Tu prends la rue, tu regardes des femmes tabarnac tu sais, tu as envie de graffigner là ! Puis là tu vas virer fou là, tu sais. Obsession. Une obsession, un truc totalement normal mais à la puissance 10.

33:54 Mononc' Serge : Ouais ouais ben c'est ça. Puis tu sais à force de, je sais pas, mettre le couvercle sur la marmite là, la pression sort. Cette toune est comme démentielle ça c'est... c'est ça, je pense c'est pas fait pour tout le monde mais quand on l'écoute comme il faut, il y a quelque chose à tirer là-dedans. C'est une bonne toune mais elle voit loin.

34:20 Mononc' Serge : Ouais, moi je suis comme habitué. Ça c'est une toune que je fais encore très très souvent en spectacle puis même c'est pas dans la même tonalité là. En fait j'avais de la misère à la chanter tu sais, elle était trop trop haute là puis j'ai dit : « Bon je vais la chanter bizarrement ». Je l'ai montée de tonalité mais ça a fait en sorte que ma mélodie, j'ai pu la faire comme plus haut placée là. Je trouvais un espèce de...

34:44 Hugo Lachance : Mais comment tu es arrivé avec celle-là ? Parce qu'à un moment donné tu dis : « Je l'écris moi ».

34:51 Mononc' Serge : C'est ça, c'est une question pour Mon voyage au Canada. Tu sais c'est une chanson que j'ai faite là-dedans. En fait dans Mon voyage au Canada il y en a quelques-unes comme ça qui n'avaient pas de lien particulier avec le Canada. « Finisseur » par exemple. J'ai fini par mettre une allusion dans « Finisseur » à un village en Nouvelle-Écosse puis c'est devenu la toune de la Nouvelle-Écosse. C'est vraiment juste ça là.

35:15 Mononc' Serge : Bon, pour cette toune-là tu sais, je me rappelle pas pourquoi qu'est-ce que j'avais derrière la tête quand j'ai écrit ça. Mais je me souviens avoir écrit ça très très vite puis ça paraît quelque part. La toune prend toutes sortes de... il n'y a pas de refrain vraiment... il y a un refrain mais il n'y a pas vraiment de couplet. Il y a des bouts qui se succèdent puis à un moment donné il y a le refrain qui revient. Tu sais il y a quelques tounes qui sont construites comme ça sans que ce soit vraiment prémédité là. Je me suis pas dit : « Je vais écrire une toune de même ».

35:40 Hugo Lachance : Faut le faire écrire une toune comme ça, ça prend des couilles quand même ! Écoute, comment tu arrives avec le texte et proposer ça à tes musiciens ?

35:56 Mononc' Serge : Eux autres dès que je les paye, ils sont contents ! On les salue.

35:56 Hugo Lachance : Salut ! Ben on passe à...

36:02 // Chapitre 11 : L'âge de bière Hugo Lachance : L'âge de bière, oui.

36:08 [Musique]

36:39 Mononc' Serge (chantant) : Nous sommes à l'âge de bière et l'homme des tavernes rentre chez lui le soir et se fait chier par sa femme : « Tu pues, tu es con, tu es encore un poisson, tu ne penses à rien qu'à un bidon ». Donc « L'âge de bière », oui, là il n'y a pas grand-chose à dire là-dessus en fait.

37:06 // Chapitre 12 : La rencontre avec Anonymus Hugo Lachance : C'est quand même important parce que c'est un tournant dans ta carrière cet album-là avec Anonymus.

37:14 Mononc' Serge : En fait c'est comme l'aboutissement d'un tournant qui a commencé peu de temps avant. Sur 13 tonnes trash, j'ai commencé à faire des tounes plus énervées. Foncièrement, c'est un album de chansons, mais là-dessus il y avait deux tounes un petit peu plus énervées, et même plus que ça franchement. C'est des tounes qui ont marché. Je parle surtout de « Marijuana ». Ça a marché beaucoup, ça a été mon premier vrai succès si on veut, et peut-être le seul d'ailleurs. C'est la seule toune de moi qui a joué à la radio. Suite à « Marijuana », j'ai commencé à être invité dans des événements de musique underground puis tout ça. Je me suis rendu compte qu'il y avait peut-être des opportunités de développement de ce côté-là. Je me suis mis à me dire : « Je pourrais peut-être m'essayer à faire des tounes un peu plus dans ce genre-là ». Finalement, je me suis rendu compte que l'espèce de côté virulent de mes paroles se mariait bien avec le côté plus trash. De fil en aiguille, mon album s'est ramassé entre les mains du groupe Anonymus.

38:23 Mononc' Serge : Ils m'ont d'abord invité au festival Poliwog en 2001. Ils m'ont invité à venir chanter ma propre toune « Marijuana » sur leur show. Eux, ils l'ont réarrangée. J'ai vraiment trouvé ça très cool. Je ne les avais jamais vus en show. J'étais sur le côté de la scène puis je les regardais aller, c'est spectaculaire. Tu vois Carlos qui joue, le batteur, puis les gars, les quatre sont... tu as l'impression qu'ils sont au front, ce ne sont pas des accompagnateurs. Ils donnent tout ce qu'ils ont, ils sont à fond. Quand tu joues avec eux, tu as l'impression d'avoir une locomotive dans le cul, ça te pousse au bout. Tout de suite après le show, je me souviens avoir jasé avec Oscar, le bassiste, sur le côté. Je lui ai dit : « Écoute, si vous voulez monter d'autres tounes de même, moi ça me tente ».

39:22 Mononc' Serge : Finalement, on a monté ça à petit feu. Moi j'allais sortir mon album Mon voyage au Canada à ce moment-là et Anonymus travaillait aussi sur un de leurs albums, Daemonium, qui est sorti en 2002. Le projet, on travaillait dessus à temps perdu et il est sorti en 2003. La toune « L'âge de bière », c'est la seule sur l'album que j'ai faite sur une musique d'un des gars d'Anonymus, Oscar en l'occurrence, que l'on salue. Oscar m'avait envoyé une musique qui était celle-là, puis ça faisait un silence. Je me suis dit : « Là, il faudrait que je crie quoi dans le silence ? ». J'essayais toujours de trouver un truc d'une syllabe à crier. J'avais fait même une chanson sur un autre sujet, j'avais fait des essais avec. Un moment donné, j'ai eu un flash : au lieu de mettre un cri d'une syllabe, je vais mettre un bruit. J'ai pensé à un rot. Je vais mettre un rot dans le trou et je vais faire une toune sur la bière. À partir de là, le texte s'est fait assez vite.

40:50 Hugo Lachance : C'est devenu le plus gros succès. Vous avez vendu comme 20 000 ou 25 000 copies de cet album ?

40:58 Mononc' Serge : Je dirais au moins entre 20 000 et 25 000. C'est dur de savoir combien de copies tu vends sur Internet en numérique, mais en copies physiques, on doit être pas loin de 25 000.

41:14 Hugo Lachance : C'est un mariage parfait. Ça propulse ton personnage, ça t'ouvre d'autres barrières avec un band comme ça, une locomotive en arrière. Le résultat est hallucinant, ça fonctionne au bout.

41:21 Mononc' Serge : Je ne voulais pas anticiper comme ça. Quand on a sorti l'album, je me disais : « On va faire ça pour le fun ». Finalement, c'était... c'est l'album qui m'a demandé le moins de travail. Les tounes existaient déjà. Sur l'album L'Académie du Massacre, il y a neuf réarrangements de vieilles chansons. À peu près la moitié des tounes, je les ai réarrangées moi-même, puis l'autre moitié c'est Anonymus. J'ai ajouté à ça cinq compos originales dont « L'âge de bière », qui est à moitié à moi et à moitié à Anonymus. Ça a amené à des tournées, un DVD, un autre album. C'est l'album qui a marché le mieux, ça m'a complètement surpris. Ce n'était pas un plan d'affaires. Je pensais même que j'allais avoir moins de monde, qu'on allait jouer dans des petites places, et finalement non.

42:55 // Chapitre 13 : Je chante pour les morons Hugo Lachance : Félicitations d'avoir saisi l'occasion. On continue avec « Je chante pour les morons ». [Musique]

43:16 Mononc' Serge (chantant) : Oh, Radio X ! L'auditoire téléphone de partout. Premier appel, ça doit être un prix Nobel, un brain, une sommité : « Hello, ouais c'est Mononc', comment tu fais pour être fier ? ». Appel numéro deux, ce n'est pas mieux. Appel numéro trois, on n'est pas sorti du mois. Appel numéro quatre, je baisse mes défenses, je me rends à l'évidence : je ne chante pas pour la crème, je chante plutôt pour les morons ! Comme dans con-r, comme dans redoublé, comme dans orthopédagogue. Pas faisable ! Mais profitez-en, ce n'est pas comprenable. Je chante M-O-R-O-N avec un S au pluriel. Je chante pour les morons !

44:00 Mononc' Serge : Voilà, cette toune m'a été inspirée par ce que je raconte au début de la toune. Je suis allé à la radio à Cool FM. Il y avait une ligne ouverte, les gens pouvaient me poser des questions. Je m'attendais à ce qu'ils me posent des questions un peu comme celle que tu me poses aujourd'hui, mais c'était : « Mononc', tu te cross-tu ? ». C'était vraiment des affaires : « Qu'est-ce que tu fais après l'émission ? ». C'était exactement ça. Je me souviens, en revenant en bicyclette, je me disais : « Voyons donc ». Finalement, le refrain « Je chante pour les morons » m'est venu en tête. J'ai écrit la toune à partir du refrain assez rapidement. Ça m'a pris beaucoup de temps, bizarrement, à faire l'intro, à trouver de quoi qui m'amènerait au refrain. Finalement, j'ai eu le flash de raconter quand je vais à la radio.

45:10 Hugo Lachance : C'était le début d'une relation spéciale avec ton public parce qu'à partir de là tu as chié sur ton public régulièrement.

45:17 Mononc' Serge : C'était comme ça avant aussi, mais en même temps les gens comprennent que ce n'est pas sérieux. Les gars chauds dans les shows sont morons en général. Il y a toujours l'après-show, tu ne sais jamais ce qui va arriver. On se doute un peu. J'ai une autre toune qui s'appelle « Le Moron aux mille visages » sur un album plus récent. C'est un peu ça, tu as l'impression de parler toujours à la même personne qui change de face tous les soirs. Des rencontres assez prévisibles : « Je t'ai vu à telle place en 99 ». Il y a des gens qui ont fumé des bats avec moi alors que ça fait comme 15 ans que je n'ai pas fumé un bat. Ils insistent pour te dire qu'ils t'ont déjà vu : « J'étais là au Polliwog ». Je n'étais pas là. On les aime, on les salue les fans de Mononc' Serge.

46:45 // Chapitre 14 : L'anecdote de Jeff Fortin d'Anonymus Mononc' Serge : Jeff Fortin d'Anonymus me racontait qu'un gars est venu le voir dans la loge, il venait du public. Il lui a dit quelque chose de stupéfiant, il ne lui a dit rien d'autre que des sacres : « Heille, tabarnac, criss ! ». Jeff a dit : « Ok, bonne fête, salut ! ».

47:14 // Chapitre 15 : Chanteur engagé Hugo Lachance : On continue avec « Chanteur engagé ». [Musique]

47:15 Mononc' Serge (chantant) : Quand le chanteur engagé se fait appeler encore une fois pour chanter à un show bénéfice pour je ne sais quoi. Le chanteur est pas né, oui, quand ça lui règne de cracher sur l'opportunité de te faire une belle publicité. Chanteur engagé, chanteur engagé !

47:32 Mononc' Serge : C'est un peu de l'autodérision. J'ai été beaucoup engagé dans des événements bénéfices, surtout quand je faisais des tounes d'actualité au tournant des années 2000. C'est un peu pour me moquer de moi-même. Personne n'était ciblé à part moi-même. J'y allais parce que je n'aurais pas été appuyer des causes avec lesquelles j'aurais été en désaccord, mais la principale cause que j'allais appuyer, c'était la mienne quand même. En début de carrière, tu veux te faire entendre, il y a des gens qui t'invitent, tu y vas. C'est une toune qui existait déjà quand j'ai fait Serge blanc d'Amérique, mais il y a des tounes qui sautent des albums. Dans ma tête, ce n'était pas une bonne chanson. À un moment donné, je suis retombé sur l'enregistrement fait avec François Lalonde, Pierre-Luc Lafontaine et Peter Paul. Je l'écoutais et je me disais : « C'est bon, celle-là ». C'est tout simple, assez cliché, genre Ramones ou Sex Pistols.

49:19 // Chapitre 16 : Signe s'es boules Hugo Lachance : On continue avec « Signe s'es boules ». [Musique]

49:58 Mononc' Serge : « Signe s'es boules », ça c'est tout le temps bizarre de signer une paire de boules. On finit par s'habituer, j'en ai signé quelques-unes.

50:14 Mononc' Serge : Ça peut leur faire plaisir, c'est un peu stupéfiant la première fois que ça arrive. Tu ne sais pas trop comment tu t'attaques dessus, si tu vas ou tu ne vas pas. Je ne fais pas exprès pour pincer là, il faut savoir manipuler le Sharpie. Du moment que la propriétaire le demande... mais tu as souvent des morons qui arrivent avec. C'est une toune de l'album Ça, c'est de la femme. La majorité de cet album, ce sont des tounes que j'ai écrites sur des musiques de Peter Paul.

51:04 // Chapitre 17 : Peter Paul Mononc' Serge : Peter Paul est mon principal collaborateur depuis 2005, ça fait presque 20 ans. Il m'accompagnait sur l'album Serge blanc d'Amérique en 2006. Après la tournée, j'ai recommencé à faire des shows avec Anonymus. Lui, dans l'entre-deux, a monté des tounes instrumentales et cherchait quelqu'un pour les chanter. Peter Paul a eu un album vers 2005-2008 qui s'appelait Peter Paul groupe de rock, mais il n'aimait pas être frontman. Pourtant, j'ai vu des shows de lui qui étaient très bons. C'est un très bon guitariste, extrêmement inventif. Dans cette toune-là, tous ses solos sont à la limite entre quelque chose de déjanté et quelque chose de vraiment hallucinant. Il y a un côté rock et un peu délibérément brouillon. C'est très virtuose mais très brouillon en même temps. Les gens qui aiment les trucs super précis n'apprécient pas trop, mais moi sa personnalité collait bien à la mienne. Il chante là-dessus d'ailleurs. Dans le vidéoclip, on me voit me faire casser la gueule par Alex Jones.

52:47 Mononc' Serge : Peter Paul écrivait des musiques et cherchait un chanteur. On était restés en très bons termes. Je lui ai dit : « Ben écoute, je pourrais peut-être essayer de faire des chansons avec ça moi-même ». La première toune que j'ai faite, c'est celle-là. Il m'a envoyé sa musique et rapidement j'ai eu le flash de faire une toune niaiseuse sur le signage de boules. Je trouvais que la musique appelait quelque chose d'un peu cliché rock and roll, genre sex, drogues et rock and roll. Ça m'a inspiré cette toune et ça marchait super bien. J'ai essayé après ça au fil des mois d'en faire d'autres. J'ai trouvé ça très difficile de partir d'une musique pour mettre des paroles. D'habitude, je fais mes musiques sur mesure pour mes paroles. Là, je partais d'une musique, je changeais les formats, je coupais des bouts. Les musiques de Peter Paul sont très denses, on dirait des tounes instrumentales qu'on peut écouter sans paroles. C'est dur de caser des paroles là-dedans et de trouver un sujet qui colle à l'ambiance. On a commencé en 2009 et en 2011, j'avais six ou sept tounes d'écrites. Pour terminer l'album, je me suis donné un coup de pied dans le derrière et j'ai écrit trois ou quatre tounes assez rapidement. On a rajouté deux morceaux de moi qui n'étaient pas sur des musiques de Peter Paul. On a aussi avec nous Marc-André Vertefeuille, qui est le troisième larron sur l'album.

55:17 // Chapitre 18 : Le joual Hugo Lachance : On continue avec « Le joual ».

55:17 Mononc' Serge (chantant) : Le joual, parler populaire qui s'élève des rues populaires. Ce n'est pas une langue châtiée, c'est la langue des champs puis des chantiers. Moi je parle comme je l'ai appris, je parle comme mes voisins quand j'étais petit. Ce n'est pas du français international, moi ce que je parle c'est le joual ! C'est le joual, c'est le joual !

55:48 Mononc' Serge : C'est une autre chanson faite sur une musique de Peter Paul. Le bout que j'ai pris dans les couplets, c'était juste un petit passage que j'ai fait jouer en boucle. J'aimais le côté très punk, un truc un peu martial. Je l'ai récupéré pour en faire la musique du couplet. Musicalement, je la trouve brillante.

56:29 Hugo Lachance : Ton texte est halluciné. « Signe s'es boules » et « Le joual », ce sont les deux grosses tounes. Quand tu dis que le joual c'est « un diamant en plywood gravé avec un couteau de pêche », c'est magnifique. Ton rapport à la langue est unique. Personne ne peut écrire et chanter comme toi.

58:05 Mononc' Serge : Quand tu as des limitations comme moi, tu écris du sur-mesure pour toi. Je ne suis pas un interprète, tu ne me donneras pas une chanson de n'importe qui à chanter, j'aurais de la misère. Il faut vraiment que ça soit taillé pour moi, sinon ça ne fonctionne pas.

58:44 // Chapitre 19 : Rendez-vous mou Hugo Lachance : On passe à « Rendez-vous mou ». C'était très 80.

58:44 Mononc' Serge (chantant) : Ici au Québec, les granos avaient vendu leur flotte traversière puis leur kit acoustique pour s'acheter des claviers, des guitares MIDI puis des drums électroniques. Ils sont passés par un trou dans les nuages comme un étron par le tuyau de la bolle. Manifeste, battre le record Guinness de la musique la plus molle ! Une musique qui donne le goût de frapper, non pas aux portes du matin, ni à grands coups d'amour dans la vie, mais dans le radio à grands coups de poing ! Rendez-vous mou !

59:21 Mononc' Serge : J'ai fait allusion à toutes les chansons que j'ai écoutées dans cette période-là : « Un trou dans les nuages », « Aux portes du matin ». J'ai fini par me détourner de cette musique-là et j'ai fait un personnage enragé qui déteste ces musiques que je trouve plates. Pour moi, ce n'est pas une bonne période de la musique québécoise. C'est l'après-nationalisme.

1:00:15 Hugo Lachance : C'est un texte habile. C'est un clin d'œil à une période de l'histoire de la musique. Pourquoi tu joues du rock and roll ? J'ai adoré cet album.

1:00:32 Mononc' Serge : Je l'ai fait un peu en même temps que Ça, c'est de la femme, c'est pour ça qu'il est sorti pas longtemps après, au printemps 2013. C'est Peter Paul qui joue les petits licks de guitare.

1:01:37 // Chapitre 20 : La maladie du préjugé Hugo Lachance : J'aime beaucoup cet album et surtout cette toune, « La maladie du préjugé ».

1:01:37 Mononc' Serge (chantant) : La maladie du préjugé ronge notre monde où triomphe le mensonge. On exclut trop de gens dont la faute est de ne pas être comme les autres. Prenez par exemple les homophobes : ils ne peuvent pas sortir du garde-robe. Un coming out et tout est foutu, on les boude, on les fuit, on les hue. Il y a aussi les batteurs de femmes, on les blâme comme si c'était un drame qu'ils ne soient pas de parfaits hommes roses...

1:02:24 Hugo Lachance : Cette toune-là, quand je l'ai entendue la première fois dans le métro, j'ai ri, j'étais estomaqué. Le texte est tellement bien ficelé. L'angle de défendre tout ce qu'il y a de pire, c'est tellement drôle.

1:02:49 Mononc' Serge : C'est toujours : jusqu'où doit aller la tolérance ? On n'ouvre pas le dialogue. C'est une toune qui est beaucoup inspirée de Didier Super.  Didier Super, c'est un chanteur français qui fait... tu devrais aller voir ça. C'est un type qui faisait des spectacles de rue.

1:03:12 Hugo Lachance : Véronique vous approuve.

1:03:20 Mononc' Serge : Ah ouais ! C'est un gars qui faisait des espèces de spectacles de rue, puis il a fini par faire de la chanson. Il chante encore plus mal que moi, mais il est super acide dans son humour. Il y a une espèce de personnage de débile léger qui dit plein d'énormités, mais qui sont fines au final. Il a tendance à parler justement de trucs comme les extrémistes, toutes sortes de choses. Tu iras voir.

1:03:53 Mononc' Serge : J'ai un peu de difficulté à ramasser ça, mais quand je joue en France et que je fais cette chanson-là (« La maladie du préjugé »), les gens disent que justement Didier Super parle souvent des nazis, des trucs comme ça. C'est une chanson qui a été beaucoup influencée par ce type d'humour-là. La musique aussi est drôle. C'est vraiment un enregistrement maison, à part le piano qui a été rajouté par la suite.

1:04:18 Hugo Lachance : Je trouve ça brillant, ton texte. La façon dont tu parles, l'angle que tu prends pour en parler, c'est brillant. On continue avec le Chapitre 22 : Groupie.

1:04:26 [Musique]

1:04:29 Mononc' Serge (chantant) : S'il y avait moins de groupies, il y aurait moins de musique. Les magasins vendraient bien moins de guitares électriques. C'est parce qu'il y en a un tapon au top que ça nous crinque pour monter la côte. S'il en avait appelé dans l'espace plein d'étoiles, il y aurait plus de cosmonautes. Moi je n'ai pas de dédain pour la groupie.

1:04:46 Hugo Lachance : Un autre angle qui est vraiment comique là-dedans, c'est-à-dire prendre l'angle de pourquoi la musique existe : c'est parce que les musiciens peuvent rencontrer des groupies.

1:04:55 Mononc' Serge : C'est sûr que quand tu es jeune, tu essaies de voir c'est qui les gars qui pognent avec les filles. Tu te rends compte qu'il y a une clientèle féminine pour les musiciens, puis ça te pousse à jouer de la musique. C'est aussi bête que ça. D'ailleurs, cette chanson-là, c'est un de mes « succès » entre guillemets radiophoniques parce qu'elle joue à la radio de temps en temps.

1:05:21 Hugo Lachance : Ah oui ? Je me suis dit : « Crime, comment ça se fait ? Où ça ? ».

1:05:29 Mononc' Serge : Justement, ça m'est déjà arrivé que quelqu'un m'écrive. Il avait son poste de radio allumé dans sa voiture avec le nom de la station puis latounequi était en train de jouer.

1:05:36 Hugo Lachance : Sérieux ?

1:05:44 Mononc' Serge : Non non, vraiment, la radio genre... je ne sais pas. En fait, j'ai compris pourquoi ils me faisaient jouer : c'est parce que la toune est courte. Je suis pas mal sûr qu'ils sont capables de rencontrer leur quota de musique vocale française comme ça. Je soupçonne que c'est ça. En même temps, je pense que la toune est assez bon enfant comme humour, c'est rigolo, c'est une toune légère.

1:06:08 Mononc' Serge : J'ai été surpris de savoir que la toune jouait à l'occasion à la radio encore la semaine dernière. Quelqu'un m'a écrit pour me le dire. Probablement qu'aux heures creuses, je ne sais pas si c'est à Rouge FM ou à quelle station, mais je dois être dans l'ordinateur.

1:06:25 Hugo Lachance : Ça serait quoi la station avec une pierre ? Énergie ?

1:06:31 Mononc' Serge : Énergie peut-être, je ne le sais pas. Je ne regarde plus jamais mes relevés de droits d'auteur pour savoir où je joue et où je ne joue pas. On continue avec le Chapitre 23 : Chums.

1:06:44 [Musique]

1:06:53 Mononc' Serge (chantant) : Mon chum Jean-Louis est gros puis il est roux, il a de la peine à marcher à cause de ses genoux. Avec sa grosse barbe blanche, il a l'air d'un moyen mou, moitié Père Noël, moitié hibou. Il craque ses culottes à cause de son cul qu'on voit tout le temps. C'est pour ça qu'on l'appelle Provin. Il prend tout le temps des grosses assiettes puis il mange piquant malgré son diabète.

1:07:17 Mononc' Serge : Donc « Chums »... excuse-moi, ça coupait des fois. C'est ça, je ne réécoute jamais mes albums, alors des fois ça me fait un peu curieux.

1:07:25 Hugo Lachance : Ça fait ça avec les artistes que je reçois.

1:07:33 Mononc' Serge : Ouais, c'est ça. J'écoutais des détails, le son de la basse puis la façon de chanter aussi. Je la chante plus agressive en show forcément.

1:07:40 Hugo Lachance : C'est une excellente toune.

1:07:48 Mononc' Serge : Ah ben merci. Encore une fois, c'est une chanson que j'ai écrite quand j'ai fait l'album Révolution conservatrice. On avait des dates de studio de prévues et à la dernière minute, peut-être un mois avant la date d'échéance, je me suis rendu compte qu'il manquait des tunes. J'ai écrit assez rapidement trois morceaux qui sont, je pense, parmi les meilleurs sur l'album : il y avait « Chums », « La transgression » et puis « Chanteur professionnel ».

1:08:11 Mononc' Serge : « Chanteur professionnel », c'est une chanson que j'ai faite sur une musique d'Hugo Di Vito, mon batteur. Il m'avait envoyé une musique. Il y avait l'atmosphère dans la chanson, puis j'ai imaginé quelqu'un qui roule en char. Je pense que Hugo lui-même m'avait suggéré ça. Quelqu'un lui avait dit que la toune lui faisait penser à une scène dans Les Simpson où il y avait un gars qui chauffait. J'ai pensé : « Ah ben, ça peut être un chanteur qui revient chez lui le soir, qui lutte contre le sommeil pour revenir à la maison ».

1:08:52 Mononc' Serge : J'ai écrit cette chanson-là, puis j'ai écrit « La transgression » qui est d'un point de vue de l'enfance. J'ai voulu faire une toune bon enfant, une chanson gentille quelque part, mais ce n'est pas « fuck nous autres », on est vraiment dans un truc super réussi.

1:09:18 Hugo Lachance : Effectivement, moi j'adorais « La transgression », c'était dans mes tunes joyeuses que j'aime bien.

1:09:25 Mononc' Serge : Et il y avait cette chanson-là, « Chums », que j'ai écrite en pensant à un album de Cayouche que j'ai beaucoup écouté, son tout premier, Un vieux hippie. Il y a une chanson où il raconte et parle de différentes personnes dans son entourage : sa mère qui travaille au village acadien, sa sœur... Je me suis dit que je pourrais faire une chanson comme ça sur les gens qui m'entourent. Finalement, c'est devenu la chanson « Chums ».

1:10:08 Hugo Lachance : C'est vraiment bien fait, je trouve. Le texte est vraiment, vraiment bon.

1:10:16 Mononc' Serge : Ah ben c'est gentil. C'est bizarre, mes tunes plus récentes, j'oublie plus facilement comment je les ai écrites que mes vieilles tunes. On dirait que mes vieilles tunes sont des souvenirs vraiment enracinés. Les tunes plus récentes, j'ai tendance un peu à travailler dessus pendant 2-3 semaines ou un mois, puis je les enregistre. Finalement, je les écoute, je trouve ça pas bon, je les mets de côté. 3, 4 ou 6 mois après, je revois le nom de la toune et je me dis : « Mais c'est quoi ça ? ». Je réécoute, puis là ça me revient.

1:10:46 Hugo Lachance : Parlons du vidéoclip, le vidéoclip qui met en vedette un grand acteur québécois : ma propre personne, Hugo Lachance ! On me voit à peu près 15-20 secondes.

1:11:01 Mononc' Serge : C'est un super beau vidéoclip. On est dedans avec Dom Massie.

1:11:10 Hugo Lachance : Dom Massie qui fait un rôle, mais la vidéo est super belle. C'est Mathieu Charet qui a fait la vidéo.

1:11:18 Mononc' Serge : Mathieu Charest a fait la vidéo de « Chums », de « L'âge de bière » et de « Signe s'es boules ». La vidéo est vraiment, vraiment très belle. C'est un plan séquence au super ralenti dans un casse-croûte. Il y a Marianne Farley qui fait la serveuse. Elle a été en nomination aux Oscars pour un court-métrage qu'elle a réalisé. On la salue.

1:12:08 Hugo Lachance : Maintenant, je ne peux pas passer à côté du Chapitre 24 : La dictature de la vertu. Moi je ne sais pas pourquoi cette toune vient me chercher.

1:12:14 Mononc' Serge (chantant) : Voyez notre époque noyée dans le fiel, la démocratie génère nous sommes jusqu'au cou englués dans la boue qui s'écoule des isoloirs. Regardez ces masses, leur ignorance grasse. Regardez ceux qu'ils ont élus. Oui là j'en suis sûr amis, nous sommes mûrs pour la dictature de la vertu. Les radios poubelles, cracheurs de fiel, et leurs idéologues de droite dont le verbe exacerbe la haine de la populace ont fait tant de ravage, causé tant de dommage, rendu le peuple si confus qu'il n'a plus assez de jugeote pour penser au vote. Mieux vaut la dictature de la vertu.

1:13:04 Hugo Lachance : En fait, il y a deux choses : musicalement, c'est hallucinant, ça ne te ressemble pas. Mais je la trouve hallucinante.

1:13:11 Mononc' Serge : J'aime beaucoup les arrangements de Peter Paul qui sont, en fait, pour l'album au complet, Révolution conservatrice. Moi je leur envoyais des démos, puis on brassait beaucoup les tunes. Surtout celle-là, il y avait une version qu'on appelait « version de police ». Il y avait une autre version qui était pas mal non plus, on a beaucoup hésité entre les deux. Finalement, on a opté pour celle-là qui était effectivement très inhabituelle pour moi. C'est un truc que j'aime beaucoup de travailler avec Peter Paul : je lui envoie des chansons puis il est capable de les virer de bord sur un 10 cennes.

1:13:58 Mononc' Serge : Particulièrement sur l'album d'après, L'an 8000. Je lui envoyais des musiques des fois. Je me souviens d'unetounequi s'appelle « La shop ». Moi j'avais envoyé une espèce de musique western, lui il me renvoie un arrangement, une espèce de riff bizarre. J'ai dit : « Tu t'es trompé de toune là ! ». Finalement, en l'écoutant, j'ai compris ce qu'il voulait faire. Il est déroutant, il me sort complètement de là où j'irais spontanément. C'est très, très le fun de travailler avec lui.

1:14:37 Hugo Lachance : J'aime beaucoup les textes aussi. La vertu prend une autre dimension. On est dans une époque de « cancellation », de radios poubelles, de complotisme.

1:14:55 Mononc' Serge : Jusqu'à quel point les idées qui sont véhiculées par les élites, et qui ne sont pas partagées par le gros de la population, ne vont pas finir par être imposées ? Quand j'ai écrit cette chanson-là, j'étais plus hésitant. Je pense aujourd'hui que le problème vient plus de l'autre côté. Carine, faut pas tomber dans le politique trop trop !

1:15:39 Hugo Lachance : C'est vraiment ça. Je pense que c'est pour ça que ça me touche parce que c'est unetounequi est d'actualité, surtout depuis la pandémie. On sent une espèce d'écœurement. La basse, c'est toi qui l'as composée ?

1:16:02 Mononc' Serge : On l'a fait ensemble. On se réunissait tous dans le sous-sol d'Hugo Di Vito, mon batteur, qui reste dans les Laurentides. On se réunissait le jeudi, on faisait une répétition le jeudi soir, puis on dormait sur place. Le lendemain matin, on répétait jusqu'en début d'après-midi, puis après ça on rentrait chacun chez soi.

1:16:48 Mononc' Serge : On se donnait un rendez-vous hebdomadaire, une toune à monter par semaine. Contrairement à L'an 8000 où c'était plus chacun qui faisait un arrangement maison et l'envoyait. Je trouve que Révolution conservatrice et L'an 8000 forment une belle suite logique dans la composition.

1:17:22 Hugo Lachance : Merci beaucoup. On continue avec Chapitre 25 : Énergie Cardio. J'ai ri quand j'ai entendu ça.

1:17:29 Mononc' Serge (chantant) : Le gouvernement nous endoctrine pour qu'on aille nager à la piscine, faire des pompes, de la course à pied. Moi je dis : allez donc tous chier ! Si ces maudits de marde veulent qu'on fasse du sport, c'est pas pour qu'on soit mieux dans notre corps, c'est pour qu'on passe tellement de temps à s'entraîner qu'on n'ait plus le temps de les critiquer. Mangez de la marde, crapules de politiciens qui nous manipulent ! Avez-vous vu que j'ai pas de poil dans le dos ? Vous me baiserez pas chez Énergie Cardio !

1:18:10 Mononc' Serge : Encore une fois, une toune dont j'avais oublié l'arrangement. Les cuivres ont été rajoutés par Alexandre Fecteau, qui jouait avec les Planet Smashers. C'est unetounequi est un résidu d'un projet que j'avais, un peu dans le genre de Mon voyage au Canada, mais au lieu de faire une chanson par province, j'avais imaginé un centre d'achat. Je m'arrêterais dans chacune des boutiques pour faire une chanson.

1:19:06 Mononc' Serge : Une autre survivante de ce projet-là, c'est matounesur le Colonel Sanders. Mais en même temps, ça me poussait à faire des tunes plus comiques, et ça me lasse de faire ça à la longue. J'avais une toune sur Walmart aussi, mais ça me déprimait. Donc voilà, c'est une petite toune niaiseuse contre la mise en forme. Je me moque du fait que se mettre en forme serait un complot du gouvernement. Il reste trois tunes !

1:19:55 // Chapitre 26 : Tout l'monde se crisse de Mononc' Serge Hugo Lachance : On y va avec « Tout l'monde se crisse de Mononc' Serge ».

1:20:06 Mononc' Serge (chantant) : Serge le lutin n'a aucune crédibilité, il ne débite que des futilités. Il ne parle que de pets et de bière, de baises et de fesses, de merde et de poils. Il pense qu'il est fêlé et qu'il vous a choqués, que vous rougissez et réagissez, qu'il vous a offensés, qu'il vous dérange quand il mange la merde de tous ceux dont il n'aime pas la face. Il cherche le kick dont tout le monde se crisse.

1:20:31 Hugo Lachance : Parlons du vidéoclip. Un vidéoclip qui met en vedette encore une fois un de mes acteurs fétiches : Hugo Lachance, en remplacement d'Alex Jones dans le rôle du flic. Moi c'est une toune que j'aime beaucoup. Je te présentais dans une « story » comme quelqu'un qui n'intéresse personne selon lui, à cause de cette chanson.

1:21:02 Mononc' Serge : C'est unetouneassez ancienne qui datait de l'époque de Serge blanc d'Amérique. Je pensais la mettre sur Pestacle qui est un album live, mais je l'ai réservée pour Musique barbare. La version qu'on vient d'entendre, c'est le réarrangement qu'on a fait pour Réchauffé, mais c'est l'arrangement initial que je faisais en spectacle avec mes musiciens à l'époque.

1:21:51 Hugo Lachance : Ton autodérision est hallucinante. On passe au Chapitre 27 : Vendeur de bière.

1:22:02 Mononc' Serge (chantant) : Je joue tout croche, j'écris pas si bien que ça puis ma voix est poche. Pourtant c'est moi que les patrons engagent pendant que les autres artistes mangent les ouvrages. Moi je fais du cash puis je signe des seins, mais on ne vous invite pas vous, c'est que je vends de la bière à profusion. Vendeur de bière, vendeur de bière !

1:22:35 Mononc' Serge : J'étais assis un soir avec Steve Hill et Pépé et sa guitare, après le lancement de Révolution conservatrice à Trois-Rivières. On était allés souper les trois ensemble avec Karine, l'épouse de Pépé. À un moment donné, Steve Hill a dit : « On va s'entendre sur quelque chose, nous autres trois ce soir, on est des bons vendeurs de bière ». J'ai trouvé que c'était une bonne étiquette. Plus qu'un chanteur, je suis un vendeur de bière.

1:23:31 Mononc' Serge : Si je présente de l'intérêt pour des producteurs, c'est pas seulement parce que je vends des billets, c'est beaucoup aussi parce que les chiffres du bar sont bons. Tout le monde fait de l'argent, tout le monde est content. J'exagère beaucoup dans la chanson, mais il y a un fond de vérité. C'est un argument de plus pour vendre ton spectacle.

1:24:10 // Chapitre 29 : En van avec mon band 

Hugo Lachance : On termine sur « En van avec mon band ».

1:24:27 Mononc' Serge (chantant) : Tanné de rouler en van avec mon band. Tanné de voir leur face, tanné de gueuler pour qu'ils se réveillent de leur brosse de la veille. Tanné de les voir en tabarnac parce que la bière est pas froide.

1:24:53 Mononc' Serge : C'est drôle parce que la première mouture de cette chanson était très « bon enfant ». C'était « je suis content de rouler en van avec mon band ». J'avais tassé la tour parce que je la trouvais vraiment pas bonne. En venant pour enregistrer un album, je suis retombé sur ce morceau-là. Je me suis dit que l'idée n'était pas mauvaise, mais qu'il fallait que ce soit plus agressif. Je l'ai refaite « version tannée ». J'ai beaucoup changé le texte et Peter Paul a fait l'arrangement saccadé qu'on entend.

1:25:57 Hugo Lachance : Ça marche encore plus parce que tu as quoi, 30 ans de carrière ?

1:26:05 Mononc' Serge : Avec Les Colocs ça fait 30 ans, et en solo ça fait 25 ans. Je trouve ça de plus en plus difficile la vie en tournée. On ne voyage plus en van avec mon band, on est trop éparpillés géographiquement. Tout le monde prend son char. Ce n'est pas très écologique, mais c'est ça.

1:26:54 // Chapitre 31 : Alex Jones (WD-40) Alex Jones : En direct de mon sous-sol entre deux transpotages de plants et de passage de tondeuse, je vais dire que je t'aime. Ce qui m'a toujours impressionné chez toi, c'est ta rigueur. La rigueur, pour moi, c'est quelque chose de vraiment important. Toi, tu as une ténacité, tu as une constance, tu as une passion dans les choses les plus incroyablement stupides, mais crime que tu ne lâches pas!. Ça m'épate énormément, ça m'a toujours impressionné.

Je me souviens, on était très proches quand on a fait Mourir pour le Canada. C'est vrai qu'à l'époque, j'étais un peu à moitié mort, mais c'était un bon moment que j'ai vécu avec toi sur tout l'album Mourir pour le Canada : le castor, les spectacles... Avoir été roadie pour toi, pour moi, c'était un honneur. C'était des beaux moments jusqu'à ce que ma transmission saute. J'ai un nouveau camion, je voulais te le dire. Mais continue Serge, continue pour la suite du monde, pour le bien des générations futures, pour la continuité dans ton œuvre, pour ta postérité. Pour la suite du monde, tout simplement. Serge : passion, rigueur, résultat. Je t'aime, salut !

1:28:20 // Chapitre 32 : Maxime Gervais (Humoriste) Maxime Gervais : Salut, c'est Maxime. Je vais vous parler un peu de Serge. Je me souviens, ça doit faire peut-être deux ou trois ans, un beau soir j'avais acheté un petit vinyle en ligne. Et là tout de suite, je ne sais pas, Serge il m'écrit puis il dit : « Ah ben, je pourrais partir en vélo, je serais chez vous dans quoi, 15-20 minutes là ». Je suis comme : « OK ». Et comme de raison, 15-20 minutes plus tard, ça sonne à la porte.

Je vais répondre, puis il y a Serge, habillé en suit d'hiver avec un espèce de casque à vélo. Puis là, tu sais, c'était le mois de février là. Puis là, il me donne mon vinyle puis bon : « Ben merci ». Je n'en revenais pas. Je ferme la porte, je pense à ça deux secondes, je suis comme : « Crime, il n'a donc rien à faire dans la vie cet homme-là pour livrer ses vinyles en bicyclette dans la neige, tabarnac ! ». Serge, trouve-toi de quoi faire là ! Trouve-toi une ligue d'impro, je ne sais pas moi, des kits à coller, whatever, mais là il y a bien des limites. Enfin, en tout cas, c'est ça, c'est tout ce que j'avais à raconter. Bye-bye.

1:29:29 // Chapitre 33 : Carlos Araya (Anonymus) Carlos Araya : Bonjour monsieur Mononc' Serge, ici Carlos d'Anonymus. Écoute, nous ça fait à peu près une vingtaine d'années là qu'on se côtoie, qu'on se connaît. Puis écoute, tu sais plus que le temps avance, plus que je me rends compte que tu es un fucking chien avec les gens. Tu n'arrêtes pas de les insulter, de les rabaisser : Maman Dion, Sébastien Benoît... Ces gens-là, ça passe. Mais c'est quand tu as commencé à blaster les métalleux... Nous, les métalleux, ça, ça ne passe plus ! Je te dis, nous autres on n'aime pas ça qu'on nous niaisage de même avec nous autres. Fait que si tu n'arrêtes pas là, nous autres là on va t'envoyer en enfer, mon hostie, tu vas voir, tu vas brûler mon criss ! Bonjour !

1:30:33 // Chapitre 34 : Noël Fortin (Père de Fred Fortin) Noël Fortin : Mononc', je ne sais pas si tu te souviens quand tu avais joué au Vieux Couvent. J'avais des beaux moniteurs flambant neufs, puis j'avais dit que j'étais fier de mes moniteurs, on venait de les acheter. Puis toi, tu avais répandu de la bière dessus puis tu mettais tes pieds dessus. Je ne t'avais pas trouvé drôle, c'est sûr que je ne t'aimais pas. Mais c'est normal, mon Serge, quand tu es sur la scène c'est une bête, alors que c'est un gentleman en personne.

1:31:06 // Chapitre 35 : Daniel Souto (Anonymus) Daniel Souto : Bonjour, salut ! Une belle journée d'été comme ça, ça m'a rappelé des souvenirs. J'ai eu des flashbacks de l'été passé, la tournée du 20e anniversaire de L'Académie du Massacre qu'on a fait avec Mononc' Serge et Anonymus. Ça a été tout un été, l'été dernier : des shows de fous, un public en feu, une excitation palpable.

Ça m'a juste fait penser que ça serait le fun peut-être un jour de refaire quelque chose avec Mononc' Serge. On verra ce que le futur nous réserve, mais avant qu'on soit trop vieux, avant qu'on soit une vieille gang de crisses de métalleux, faudrait peut-être faire quelque chose, ça serait le fun. Fait que, salut Serge !

1:31:44 // Chapitre 36 : Ugo di Vito (Batteur de Mononc' Serge) Ugo di Vito : Oui, SALUT c'est Ugo ! Je m'étais fait demander de dire un petit mot sur Mononc' Serge. Donc moi, ce que j'aime beaucoup de jouer avec Mononc', c'est que quand j'arrive pour l'installation des spectacles l'après-midi, même si je suis en retard, j'arrive toujours avant lui. Donc ça, c'est quand même vraiment très cool. Merci, bonne journée !

1:32:07 // Chapitre 37 : Steve et Rox (Enfants Sauvages) Steve et Rox : C'est ça qu'il y a à dire, Serge. Comment faut qu'on fasse un message ? On a les cheveux, moi j'ai les cheveux crissement sales parce qu'on vient de faire un show. Mais ça, ça va avec toi parce que tu aimes ça pas très propre. Puis lui, il pue tout le temps. Ouais, on est à l'âge de bière, on est à l'âge de bière, pas moi. Puis qu'est-ce qu'on pourrait ben dire ? Tellement, va chier ! Fait qu'on s'en crisse pas mal de toi, mon Serge.

Des anecdotes à dire ? Ah mon Dieu, je sais qu'il aime beaucoup les légumes autre que les patates, les concombres... Je ne dis pas ce qu'il fait avec, ni qui lui en donne. Qu'est-ce qu'on pourrait dire aussi ? Que ton lit là, on ne partira pas de rumeurs, mais ton lit est quand même confortable même si tu n'es pas dedans. Et puis oui, le pâté chinois est excellent, fait par Serge lorsqu'il nous accueille chez lui. Il y a un petit lit pour Max en dessous là où il dort. Pourquoi tu ne l'invites pas d'ailleurs à dormir chez vous ? Parce que lui, il rentre trop tard. Toi, tu te couches bien trop de bonne heure, hein ? Tu fais croire au monde que tu es un drogué, mais ce n'est même pas vrai : tu te couches à 10h, tabarnac, avec de la tisane ! Fait que va chier, mon Serge !

1:33:39 Mononc' Serge : C'est pas vrai que je bois de la tisane ! Ben, c'est Roxane qui le dit, mais elle ment. Elle m'affronte ! Je bois du café, je bois des eaux pétillantes, je bois toutes sortes d'affaires, mais la tisane c'est rare. Elle dit n'importe quoi. On a fait un épisode avec elle, elle dit vraiment n'importe quoi. On la salue pareil. Salut Roxanne, salut Steve, salut tout le monde. C'était gentil de voir Noël, ça faisait un bout de temps que je n'avais pas vu Noël Fortin. Alex Jones torse nu, ou Max... C'est tout vrai ce qu'il raconte là. C'est vrai que je n'ai rien d'autre à crisser que d'aller livrer mes vinyles en vélo. Mais c'est moins long pour moi d'aller chez lui que d'aller au bureau de poste, puis je sauve 15 piastres !

1:34:34 // Chapitre 38 : Conclusion Hugo Lachance : Hé, ça conclut l'épisode marathon ! Ben, merci pour ces beaux témoignages. Merci pour ton temps, merci à vous autres et merci à toi Serge.

1:34:41 Mononc' Serge : Merci à toi, puis merci à Véro de la Salle des Tortues.

1:34:49 Hugo Lachance : Alors si vous avez des projets vidéos, besoin d'un écran vert, pensez à Véro pour tout ça. Tout le monde, allez vous abonner aussi sur toutes les plateformes. Mon nom est Hugo Lachance, puis on se revoit dans un autre épisode de l'Album Podcast. Merveilleux !

1:35:05 Mononc' Serge : Merci Hugo.