Transcription de l'épisode avec  Antoine Corriveau — Oiseau de nuit

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 18 novembre 2025 en provenance de Montréal là où les oiseaux de nuit chassent leur proie mais mon invité quant à lui est plus de l'espèce d'oiseaux de nuit qui aime chanter au-delà du crépuscule. Je reçois Antoine Corriveau à l'album podcast. Bonjour tout le monde ! Avant de vous présenter convenablement mon invité, je tiens à remercier les commanditaires, en fait mon commanditaire pour cet épisode-ci : je parle de la microbrasserie Hopéra qui est une microbrasserie qui est établie à Jonquière au Saguenay. Ils ont un restaurant sur la rue Saint-Dominique à Jonquière et aussi une usine qui s'appelle la Shop qui est en plein cœur du parc industriel. Donc vous pouvez aller à la Chop ils vont vous accueillir il y a un joli petit pub là-bas c'est vraiment chouette. En plus il y a plein d'artefacts de musiciens comme WD40 les premières guitare de Piggy de Voivod et cetera. Vous allez être vraiment bien accueilli alors j'en profite pour saluer Vlad et son équipe. Merci de commanditer cet épisode là puis allez goûter à leur produit pour vrai c'est vraiment bon. Puis c'est une microbrasserie qui est vraiment impliqué dans le milieu culturel au Saguenay puis même partout au Québec alors on les salue. Je tiens à remercier aussi les nouveaux abonnés merci ça fait vraiment plaisir. Allez vous abonner sur YouTube Facebook Instagram toutes les réseaux sociaux ça fait vraiment plaisir. Partagez l'épisode si vous aimez le podcast, parlez-en c'est vraiment important. Aussi si vous voulez soutenir le podcast vous pouvez vous rendre au www.lalbumpodcast.ca comme ça vous allez pouvoir faire un don par mois ou un don comme ça spontané ça ferait extrêmement plaisir. Je vous présente mon invité Antoine Antoine Corriveau bienvenue à l'Album Podcast.

Antoine Corriveau : Merci bonjour.

Hugo Lachance : On a réussi à se voir enfin.

Antoine Corriveau : Enfin.

Hugo Lachance : J'ai appris quelque chose en arrivant ici dans l'auto en allant sur Facebook ouais ça a l'air que tu as un nouveau projet qui s'appelle Mario 2.

Antoine Corriveau : Oui c'est vrai j'ai ça j'ai ça on a sorti notre première chanson aujourd'hui.

Hugo Lachance : Ah ouais ? OK aujourd'hui même ce matin ok cool puis qui est là-dedans ?

Antoine Corriveau : Avec Simon Angell puis Caroline Carbonneau. Caroline qui est dans nos bras de bord puis Simon qui joue dans plein de projets qui a ses projets à lui. C'est tout du monde avec qui Simon joue dans mon band et Caroline fait mon son en tournée depuis plusieurs années. On a ce nouveau projet ensemble qui s'appelle Mario 2 qu'on a composé des chansons.

Hugo Lachance : Cool ! Ben écoute j'ai hâte d'aller voir ça je commence un peu de la même manière avec toutes mes invités je pose les mêmes six questions histoire de placer tout le monde au même endroit. Antoine Corriveau c'est un petit gars de où ?

Antoine Corriveau : De Trois-Rivières.

Hugo Lachance : Ouais ok trois Rivières trois Rivières alr tu es à Montréal depuis combien de temps ?

Antoine Corriveau : Depuis presque 20 ans environ 2007 dans ce coin-là je suis arrivé.

Hugo Lachance : Ok cool puis c'est quoi ton album d'enfance le plus loin que tu te souviennes ?

Antoine Corriveau : Enfance enfance là c'est Henri Dès. Genre musique pour enfant c'est probablement mon premier spectacle aussi. Mais après ça comme un peu moins musique pour enfants ma première cassette ça a été Hélène de Roch Voisine.

Hugo Lachance : Ah ouais ? OK ça explique bien des choses.

Antoine Corriveau : Ouais j'avais eu ça à Noël puis je voulais comme dans la pochette il était en camisole puis je voulais comme la même camisole que lui. Mais j'ai dit ça à quelqu'un récemment qui m'a dit que c'était quand même un rêve accessible.

Hugo Lachance : Oui quand même ça se trouve pas mal au Walmart puis ton album d'adolescence ?

Antoine Corriveau : Mon album d'adolescence c'est dur d'en choisir juste un. Au début moi j'ai beaucoup écouté la musique que ma sœur elle écoutait qui avait comme 3 4 ans de plus que moi. Il y a eu du Leloup il y a eu du Weezer l'album bleu de Weezer puis Pinkerton puis après ça est venu comme mes propres choix là où je suis tombé dans du Oasis puis dans du Bob Dylan. C'est mon ami avec qui j'ai commencé à faire de la musique en fait qui m'a beaucoup initié à toutes ces artistes là puis Radiohead.

Hugo Lachance : Cool et puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?

Antoine Corriveau : Mon père il avait tendance à écouter comme en loupe la même toune des fois pendant comme une semaine au complet. Un de mes bons grands souvenirs c'était le bon gars de Richard Desjardins. Puis ça me fait rire parce que à l'époque on trouvait ça insupportable mon frère puis ma sœur puis c'est vraiment des années plus tard que j'ai compris à quel point c'était extraordinaire du Desjardins puis là que je me suis dit il était donc cool mon père il y avait donc bien des bons goûts.

Hugo Lachance : Je comprends.

Antoine Corriveau : Ma mère elle écoutait Beau Dommage un peu. C'est mes souvenirs mes premiers souvenirs.

Hugo Lachance : Puis à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?

Antoine Corriveau : C'est un peu vers la fin du secondaire c'est ça j'ai rencontré un gars avec qui j'ai commencé à faire de la musique lui il faisait ça il faisait ses tounes puis je trouvais ça cool mais je jouais pas de guitare je savais pas comment faire ça. Mais on dirait que ça m'a tenté puis on a fait de la musique ensemble. Moi je faisais de la bande dessinée en fait dans ce temps-là je faisais pas de musique pas du tout puis je pensais que je me destinais à faire de la bande dessinée. Est venu le moment de choisir là comme d'aller au Cégep puis je trouvais rien je trouvais pas quelque chose. Mon orienteur quand je parlais de la bande dessinée il me disait "Non non mais pas un passe-temps Antoine un métier."

Hugo Lachance : Ah ouais ? Un bon orienteur on salue.

Antoine Corriveau : Salut ! En tout cas un peu dernière minute je me suis inscrit en arts plastiques parce je savais pas quoi faire mais après 3 semaines j'ai réalisé que c'était pas ma place j'étais pas là pour faire ça m'intéressait pas de faire de la sculpture ou de c'était pas mon truc.

Hugo Lachance : C'est il y a comme un espèce de calvaire pour les illustrateurs.

Antoine Corriveau : Je ne sais pas en tout cas puis à ce moment-là c'était comme mes dernières années encore où j'habitais chez mon père puis je lui avais dit genre je vais lâcher ça le Cégep puis je vais me consacrer à la bande dessinée parce que c'est comme ça que ça peut devenir ma job fait que là il a fait "Ah OK" puis j'ai commencé à faire ça mais finalement là soudainement je passais tout mon temps à faire de la musique. Fait que je faisais de moins en moins de BD puis de plus en plus de musique puis là je me suis mis à me tenir avec une gangue de monde qui étudiait en musique au Cégep à Trois-Rivières puis je passais mon temps dans le département de musique au Cégep mais j'étais pas un étudiant. J'ai commencé à faire de la musique puis ça c'est devenu assez clair que c'était l'affaire je voulais le faire le plus.

Hugo Lachance : Je me rappelle un peu la même chose quand j'étais à l'université je t'ai inscrit en enseignement des arts je passais mon temps dans le département des arts c'est très drôle. Ton premier instrument ?

Antoine Corriveau : Premier premier c'est piano quand j'étais enfant j'ai eu des cours de piano un peu mais après ça j'ai comme perdu tout ça puis quand je suis revenu c'est la guitare.

Hugo Lachance : Cool là ici en ce moment on est dans ton studio à Montréal sur la rue Van Horne merci de nous recevoir dans ce super bel espace.

Antoine Corriveau : Ça fait plaisir c'est vraiment cool on a une lumière parfaite aujourd'hui ouais c'est ça quand les feuilles sont tombées il y a beaucoup de lumière ici j'adore ça.

Hugo Lachance : Est-ce que c'est ici que tu as fait ton dernier album ?

Antoine Corriveau : Ouais les deux derniers c'est pas mal ici.

Hugo Lachance : Parce qu'on est là pour parler de ton album Oiseau de Nuit on va y venir un petit peu plus tard dans l'épisode mais avant ça j'ai parcouru les journaux les médias tout ça pour essayer de faire un petit portrait de ton évolution. Alors l'article le plus vieux que j'ai trouvé qui te concerne Isabelle Noël pour le progrès dimanche le 13 juin 2010 dimanche au Saguenay ça. Depuis 84 le festival de la chanson de Tadoussac réussit à dénicher les nouveaux talents qui peupleront la scène musicale québécoise de demain à l'instar des coloc de Malajube et de Lindberg. La cuvée 2010 des artistes de la relève a un avenir prometteur l'auditoire a visiblement apprécié les trois spectacles présentés Antoine Corriveau a brisé la glace en douceur seul avec sa guitare et son harmonica l'artiste chante d'une voix rauque mais apaisante il a présenté quelques-unes de ses chansons encrées dans le folk. L'artiste aborde des sujets très sombres même lorsqu'il chante l'amour. L'uniforme est une pièce née sur quatre pages du bottin téléphonique parle d'un jeune homme qui s'enrôle dans l'armée. Pas pire ça c'est bon on était au festival de la chanson de Tadoussac.

Antoine Corriveau : J'étais comme en 2010 c'est vrai c'était comme juste avant que je sorte mon premier disque l'été 2010 puis j'ai sorti mon premier disque en février 2011. Fait que c'était vraiment je d'ailleurs je sais même pas comment ça se fait que je me suis ramassé là justement j'avais rien sorti mais j'ai dû appliquer puis c'était super cool ça c'était comme une semaine d'écriture.

Hugo Lachance : Puis là tu racontes l'anecdote justement que je pense c'est il y a une dame qui parlait de son garçon était dans l'armée puis là tu as écrit la toune Uniforme avec ça.

Antoine Corriveau : Je sais que c'est de quoi la toune parle mais je me souviens pas de l'anecdote. Je me souviens pas d'avoir vécu un moment comme ça mais c'est le fun de le retrouver.

Hugo Lachance : Non c'est ça parce que c'est quelqu'un c'est une dame qui tu racontes dans le fond qu'une dame qui parlait que son gars était rentré dans l'armée puis là c'est dit qu'une pièce née sur quatre pages du bottin téléphonique ça je comprends pas cette phrase là je sais pas si tu avais écrit.

Antoine Corriveau : Non mais peut-être peut-être j'ai fait ça ou peut-être que je voulais peut-être dire ça parce que c'était un long texte quand même peut-être que c'était comme une manière de dire ça je sais pas. Mais dans le fond je pense que là comme tu me le rappelles je pense que à la base je trouvais ça un peu déprimant comme histoire ce qu'elle racontait la madame là puis elle était donc fière puis je comprenais pas pourquoi j'avais écrit une petite chanson là mais avec toute la naïveté de en 2010 j'avais 25 ans.

Hugo Lachance : J'avais 25 OK c'est bon on va passer à travers ta discographie puis comme ça on va pouvoir créer un petit portrait. J'ai commencé ça avec les Vulgaires Machins au dernier épisode maintenant je vais te nommer ta discographie puis environ une phrase même si c'est impossible résume-moi ton album. Ça a commencé en 2008 avec les EP Entre quatre murs.

Antoine Corriveau : Première première fois en studio première fois avec des musiciens essayer de leader ça sans vraiment savoir comment ça donne un résultat assez oubliable où on n'entend pas la basse. C'est un début pareil ouais mais il est très très obscur comme début disponible nulle part. Je pense j'ai des CD ici j'ai peut-être des CD qui l'avaient mis sur internet parce qu'il y avait pas d'autres plateformes à l'époque.

Hugo Lachance : On va en parler plus tard je pense on va y venir puis mais ça t'a pas arrêté parce qu'en 2009 tu as sorti Ni connu même chose.

Antoine Corriveau : Oui mais je pense je tripais beaucoup sur les artistes qui ça commençait justement on dirait la démocratisation de l'art sur internet puis d'utiliser internet pour partager sa musique. Je sais pas ça devait être soit ça s'en venait ou ça venait d'arriver mettons In Rainbows de Radiohead qui l'avait mis un peu gratuit sur internet ou de quoi du genre. Fait que je pense que j'avais comme j'aimais bien l'idée de crisser une affaire sur internet un peu sans prévenir voici quatre nouvelles chansons puis même s'il y avait 10 personnes qui me suivaient à l'époque mais comme je trouvais ça le fun l'idée de rendre ça accessible rapidement. C'était sûrement sur MySpace. Puis je faisais un peu de contrat de design puis j'avais appris un peu moi-même à programmer fait que je me faisais mon site web fait que là je dompais ça sur mon site web mettons que c'était l'internet 1.0.

Hugo Lachance : 22 février 2012 Guillaume Jacob l'écho de Trois-Rivières en 2008 il a produit un premier maxi en compagnie de quelques amis musiciens et en a lancé un deuxième sur le web quelques mois plus tard en février 2011 son premier album complètement autoproduit a été encensé par la critique mais demeure difficile à obtenir en l'absence d'un distributeur. Là je te cite les deux maxis n'ont pas fait grand bruit mais ils m'ont fait connaître auprès des critiques alors quand l'album est sorti ils ont pris le temps de l'écouter.

Antoine Corriveau : Le premier album c'est ça en 2011 Saint-Maurice Logan c'était comme je l'ai faite puis je l'ai sûrement envoyé dans des labels sans jamais avoir de nouvelles. J'avais fait je pense un peu de sociofinancement pour finir les dernières étapes puis je l'ai sorti. Puis en fait en effet je l'ai envoyé à une coupe de personnes qui en ont parlé. Il y en avait fait une critique à l'époque Radio Can je pense quelqu'un en avait parlé fait que ça a été j'ai été mais c'était une autre époque aussi je pense il y en avait moins qui sortaient j'ai été chanceux.

Hugo Lachance : Ok mais c'est justement tu as lancé ça sur internet ça a donné quelque chose parce que les médias en ont parlé.

Antoine Corriveau : Oui puis à l'époque je pense que tu sortais quand quelque chose devenait semi-viral ça le devenait pour vrai on n'était pas encore soumis aux espèces de qu'il faut que tu payes pour que quelqu'un voit ce que tu postes puis pour vrai c'était quand même à ce moment-là c'était hot de voir comme OK ça peut virer de même ça peut rejoindre plein de monde. C'est dommage en fait qu'on se prive de ça.

Hugo Lachance : Ouais ok on continue 2011 Saint-Maurice Logan.

Antoine Corriveau : Ouais c'est ça Saint-Maurice Logan ben là c'est mon arrivée à Montréal. En fait c'est ça dans le fond je suis arrivé 2008 je pense puis là j'ai construit mon band ici avec du nouveau monde puis j'ai rencontré tout ce qui est devenu ma deuxième famille toute une gangue Nicolas Grou qui a réalisé mes premiers disques qui on a fait ça chez lui puis beaucoup de travail beaucoup d'apprentissage aussi mais comme mon premier full album très encore une fois candide et comme maladroit mais faut passer par là je le trouve encore touchant dans ce qui a représenté.

Hugo Lachance : 2014 Les ombres longues.

Antoine Corriveau : Ben là c'est là que c'est devenu un peu plus sérieux mon affaire là j'ai signé avec un label ouais c'était sur Coyote Records c'était comme leur sous label. Fait que ouais c'est ça puis c'était vraiment je pense que avec mon premier je me suis bouqué des shows moi-même fait que j'ai énormément tourné fait que j'ai appris à chanter je pense en 2 ans de tournée. J'étais arrivé je pense j'étais plus solide je savais plus ce que je voulais puis la collaboration avec les musiciens avec Nicolas encore à la réalisation ben on a fait quelque chose qui a été super bien reçu super chanceux mais très folk très sombre ok mais très peut-être comme encore accessible mais on invite les gens à les consulter ces albums là.

Hugo Lachance : 2018 Feu de forêt ça c'est un EP avant ça il y a Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter.

Antoine Corriveau : Oui oui j'ai ça c'est un beau titre en tabarouette du monde qui le trouvait long pas grave ça c'est drôle parce que justement à l'époque Coyote il hésitait pour mon titre puis il m'avait dit "Ouais on n'est pas sûr que ça va fitter sur la tranche du CD." J'avoue comme c'est votre seule raison je pense qu'on va s'arranger. Mais ça c'était comme un trip très ben c'est beaucoup Marianne Houle qui a fait des arrangements de cordes qui a pris une grosse grosse place sur ce disque puis Rose Normandin aux arrangements de cuivre. Un disque orchestral vraiment où il y avait cette base de chansons plus folk mais qui était vraiment dans des arrangements où il y avait beaucoup moins de guitare beaucoup de.

Hugo Lachance : Ouais ça devenait un petit peu plus un petit peu plus élaboré.

Antoine Corriveau : Oui très ambitieux comme disque très très dark genre je pensais pas que c'était si dark que ça mais j'ai réécouté ça quelques années puis j'ai fait ah ouais je m'imaginais rejoindre du monde avec ça.

Hugo Lachance : Je l'ai survolé c'est vrai qu'il est plus dark ou il est moins il y a moins de refrain il y a quelque chose de.

Antoine Corriveau : Mais je pense que c'est c'est un travail pour pour moi j'entends si je réécoute ça j'entends vraiment mon amitié avec Marianne qui pour moi est comme la moitié de ce disque là au moins.

Hugo Lachance : On la salue Marianne.

Antoine Corriveau : On la salue.

Hugo Lachance : Là c'est l'heure de Feu de forêt 2018 c'est un EP ça ?

Antoine Corriveau : Ouais c'est un EP en fait on a fait un gros show orchestral pour le disque de 2016 puis c'était un gros projet super ambitieux puis je voulais comme attacher plein d'affaires avec ça une expo un film puis là un EP je voulais faire un EP puis le sortir en surprise finalement on l'a sorti un peu plus tard. Mais je pense que c'est souvent je pense que c'est un classique pour les musiciens une réaction à ton dernier projet justement l'album était hyper ambitieux puis chargé puis là je voulais faire un truc super dépouillé puis on est allé dans un chalet avec Stéphane Bergeron Marc-André Landry puis Nicolas Grou puis on a fait ça en deux trois jours full improvisé. J'avais comme la moitié des tounes qui n'étaient pas vraiment écrites ok puis Fanny Bloom c'était on allait dans le chalet à Fanny Bloom puis est venue nous rejoindre un soir on a chanté une des chansons ensemble puis ça c'est super dépouillé c'est mes tounes les plus tranquilles je pense puis ouais c'est un beau souvenir.

Hugo Lachance : Cool 2020 Pissenlit sur Secret City Records.

Antoine Corriveau : Ouais ouais c'est ça changement d'équipe ben j'avais en fait Feu de Forêt était avec eux puis Pissenlit ben j'ai commencé le disque avec Nicolas Grou encore avec qui j'avais toujours travaillé mais là c'était la première fois qu'on avait le studio ici en fait. Avant je travaillais avec Nicolas chez Nicolas puis là comme j'avais les clés d'ici ben je me retrouvais à pas avoir à attendre qu'il soit disponible pour travailler puis j'ai dit moi ça fait déjà des semaines que j'y vais tout seul puis je continue de goser ces tounes puis il m'a dit ben je pense que c'est à ton tour là tu es capable de le faire tout seul puis vas-y. Fait que c'est la première réalisation que j'ai faite tout seul puis je pense que ça m'a ramené un peu à la manière dont je faisais de la musique au tout début c'est-à-dire dans GarageBand puis où j'étais tout seul en arrière d'un ordi puis où ma manière de comme arranger les tounes c'était beaucoup de jammer puis essayer des affaires puis là après ça choisir les plus beaux accidents.

Hugo Lachance : Ouais exact.

Antoine Corriveau : Mais j'ai commencé avec cinq drummeurs en même temps ensemble dans le studio je voulais comme partir des beats pour composer puis j'ai trop d'amis drummeurs fait que je n'étais pas capable de choisir fait que je leur ai demandé de tout venir en même temps puis de jouer en même temps fait que ça crée un son quand même très intense. Des fois ils jouaient la même affaire des fois ils jouaient des affaires complémentaires c'est pas toutes les tounes qui sont construites là-dessus mais il y a une coupe de tounes où on entend les cinq drums ensemble. C'est plus rock un disque de guitare un peu plus là où j'ai développé un peu plus cet aspect là.

Hugo Lachance : Cool et puis 2025 Oiseau de nuit.

Antoine Corriveau : Ben qui dans le processus est un peu le prolongement du processus de Pissenlit mais je pense poussé à l'extrême où j'aimais l'idée justement de partir d'une matière qui n'est pas moi avec une guitare moi avec un piano puis Pissenlit c'était les beats mais là j'étais comme à la base c'est que j'ai tu vois il y a comme plein de vinyles dans le studio puis c'est que j'ai récupéré une collection de vinyles puis je m'étais dit que je ferais un album de sampling en fait que je serais tout seul là genre faire des tounes avec ça. Puis j'ai comme commencé à gosser avec ça puis j'avais beaucoup de plaisir mais je me sentais un peu limité quand même puis pas assez bon en sampling pour faire de quoi d'intéressant.

Hugo Lachance : C'est là que tu te rends compte que c'est un métier sampling.

Antoine Corriveau : Vraiment puis mais là j'ai comme pensé à une idée qui était de de me créer des samples un peu plus sur mesure tu sais genre mettons j'ai des accords ben me créer des samples dans cette tonalité là des affaires comme ça fait que j'ai invité plein d'amis musiciens musiciennes à venir 3h improviser puis je les tapais sur le tape machine qui est là pour le fun. Parce que fait qu'ils venaient dans le vide puis tu sais des fois je leur donnais voici des accords ou voici mais souvent je leur disais juste fais n'importe quoi puis tu sais c'est là c'est intéressant parce que tu les vois réagir de manière il y a des musiciens qui sont super à l'aise avec ça puis il y en a qui après 10 minutes d'improvisation sont comme là faut que tu me guides là.

Hugo Lachance : Ah c'est fantastique j'ai vraiment hâte qu'on l'écoute en profondeur.

Antoine Corriveau : Ça m'a donné une méchante banque de quoi faire avec lesquels je pourrais probablement faire quatre disques avec tout ce que j'ai ramassé là. Ouais c'est ton disque comme il y a beaucoup de collage c'est des grosses ambiances.

Hugo Lachance : Le 3 mai 2020 Sarah Barrière-Brunet te faisait passer le questionnaire le journal de quarantaine d'Antoine Corriveau ça c'est pandémie oblige ok pour le défunt Voir c'est l'année de la sortie de ton album Pissenlit puis tu avais 35 ans. 5 ans plus tard en 2025 l'année de la sortie de l'album Oiseau de nuit tu as 40 ans maintenant fait que là j'ai décidé de te reposer les mêmes questions j'ai gardé tes réponses ça m'intéressait de voir mettons 5 ans plus tard dans différents contextes tu vas-tu me dire mes vieilles réponses avant ?

Antoine Corriveau : Ouais ouais comme tu veux je vais deviner ça.

Hugo Lachance : On va comparer c'est bon ça. Ça commençait par comment gères-tu ta quarantaine ? Mais là je te pose ta question il y a comme deux réponses comment tu gères comment tu as géré ta quarantaine pandémique puis là maintenant que tu as 40 ans.

Antoine Corriveau : Ben pendant la quarantaine pandémique je me suis mis à lire beaucoup de livres puis j'ai moi c'est ça j'étais j'ai sorti un disque en pleine pandémie fait que c'était particulier quand même on a tourné ce disque là à chaque fois qu'on pouvait faire des shows. Mais c'est drôle comment ça m'apparaît comme une autre époque puis une autre histoire que c'est dur déjà de mais comment je gère ma quarantaine au niveau de l'âge je pense j'suis en belle crise existentielle la convergence de multiples questionnements dans ma vie. Mais je pense que je suis comme tu sais tu as commencé l'épisode en me parlant du nouveau band là puis je pense que je suis comme à une place où j'ai envie de de pas attendre puis de faire de faire plus de musique d'être dans l'action mettre le paquet.

Hugo Lachance : Tu avais répondu la quarantaine me gère plus que le contraire je suis assez ralenti tout est tellement incertain que c'est parfois difficile de trouver un sens dans ma job je pense que ce qui me fait le plus de bien c'est de trouver le temps de jouer un peu plus de musique sans but précis. Ouais ça se ressemble pas mal quand même dans deux contextes différents. Mais j'en pense souvent au podcast mais je pense que je vais faire ça là volez-vous pas mon idée là mais je veux faire un parler des albums de quarantaine des albums de pandémie qu'est-ce que ça a donné parce que tout le monde a son album de quarantaine ou presque là. Qu'est-ce qui te donne de l'espoir ?

Antoine Corriveau : Qu'est-ce qui me donne de l'espoir ? J'imagine plus que c'était la pandémie on avait besoin d'espoir ouais c'est ça mais en ce moment en ce moment c'est drôle dans la dans les derniers mois je me suis trouvé à me sentir extrêmement ému face à des gestes de pure gentillesse. Quand je vois comme de la gentillesse qui c'est c'est abstrait là mais quand je vois quelqu'un faire un geste gentil puis que cette personne-là fait ce geste-là de manière à ce que personne sache nécessairement que c'est cette personne qui tu sais puis que ça vient donc c'est pas pour avoir une reconnaissance c'est vraiment juste pour être gentil. Je suis comme ouais ça doit être ma quarantaine mais je deviens comme ému là au bout puis je suis comme ah mon dieu on en a bien besoin.

Hugo Lachance : Non mais moi aussi c'est exactement ça moi ce qui m'émeut ce temps-ci c'est vraiment des gestes d'humanité de base ouais j'imagine qu'on est en manque de ça en ce moment ça se peut on se prend un gros câlin tantôt tu avais répondu le printemps. Ah ouais c'est ça c'est au mois de mai c'est ça le film que je regarde ?

Antoine Corriveau : Le film que je regarde ben hier soir j'ai écouté le documentaire Les enfants du large de Virginia Tangvald ok très bouleversant comme film super touchant. Puis je sais pas dans les dernières années en pandémie je voulais écouter je voulais lire plus de livres puis j'ai pris cette décision là puis je l'ai réussi puis depuis quelques années je veux voir plus de films fait que je suis sur une bonne pente aussi avec.

Hugo Lachance : Ah moi je suis tellement en retard tu avais répondu j'habite à côté d'un des derniers clubs vidéo encore ouvert qui m'a laissé partir avec environ 40 films avant sa fermeture le dernier en liste Ceci n'est pas un polar. Ouais il existe encore je pense le club vidéo est encore ouvert Precious ben oui tellement cool ouais tu as raison la série que je regarde ?

Antoine Corriveau : La série que je regarde ça c'est drôle parce que moi je suis tombé malade récemment puis j'ai été vraiment sur le cul puis j'étais comme j'ai besoin d'une vieille série québécoise là un peu poche que je pourrais arrêter n'importe quand puis là j'ai vu que sur Tout TV il y avait la saison 1 d'Omerta ah oui oui j'ai fait ça puis là finalement j'ai été complètement hooked puis j'ai écouté les trois saisons. Mais tu sais c'est comme le niveau de jeu est pas tout le temps égal mais il y en a qui sont extraordinaires puis ouais j'arrête pas de parler d'Omerta.

Hugo Lachance : C'est pas parlé c'est drôle parce que tu as répondu les Invincibles ok je suis vraiment dans la nostalgie québécoise à chaque période de ma vie l'album que j'écoute ?

Antoine Corriveau : L'album que j'écoute c'est quoi le disque que je que j'écoute là ces temps-ci que je viens d'écouter ah ben c'est drôle mais j'ai comme tu sais on parlait tantôt de mes albums d'adolescence puis là depuis comme deux semaines Radiohead ont commencé à faire des shows puis là je lis les setlists puis je trouve ça bien excitant parce qu'ils changent de tounes à tous les soirs là fait que j'ai réécouté Hail to the Thief qui est comme un album qui est comme un je sais pas je pense c'est un peu passé dans le beurre mais moi c'était comme un de mes bons préférés à l'adolescence je l'ai réécouté récemment puis sinon Branko Mataja qui est un disque d'un guitariste je veux pas dire n'importe quoi mais en tout cas un disque instrumental magnifique.

Hugo Lachance : Cool tu avais répondu après une quinzaine d'albums j'en écoute plusieurs albums par semaine tu avais parlé justement de Richard Desjardins les derniers humains Bonnie Prince Billy and the Bitchin Badges ah ouais c'est bon ça tu parlais de Jimi Hendrix Electric Ladyland Kim Garden Mount Nick Cave Rosy Valentin Saratoga écoute j'avais plus de temps puis la balado que j'écoute ?

Antoine Corriveau : L'Album Podcast et voilà j'attendais ça on le salue. Non mais sinon j'écoute souvent les entrevues de Dominique Tardif j'aime beaucoup.

Hugo Lachance : Ben oui ben oui ben oui c'est mon objectif de le rattraper non on aime beaucoup Dominique il est vraiment bon ouais sa meilleure entrevue là c'est avec Guildor Roy cet épisode là je pense pas je l'ai écouté lui c'est vraiment bon écouter ça me fait vraiment triper tu avais répondu "Je suis un inculte à la balado." J'en écoute jamais.

Antoine Corriveau : Ah ben j'ai changé là j'en écoute maintenant c'est bon l'artiste que j'ai découvert récemment ben avant-hier j'ai écouté pour la première fois les tounes de Awa qui est comme une montréalaise que j'ai comme rencontrée dans les dernières semaines par hasard on s'est jasé un peu puis là j'étais curieux je suis allé écouter puis c'est fucking bon ah ouais Awa B.

Hugo Lachance : Ouais est-ce que c'est elle qui était aux Francouvertes sais-tu ? Ça se peut je sais pas ok elle a sorti un disque en 2024 ok on va aller écouter ça tu avais répondu Daniel Canty mais tu parlais d'un livre j'imagine ouais ok ouais c'est vrai le livre que je lis ?

Antoine Corriveau : Je suis en train de terminer À ciel ouvert de Nelly Arcan qui était un des rares que j'avais pas lu encore qui était extraordinaire.

Hugo Lachance : Ok tu avais répondu la peste de Camus ah ouais c'est ça j'étais dans le thème écoute bon ça conclut pour le questionnaire puis ça tombe bien on parle de livres bibliographie Du café de la bière et plein d'autres choses au gramophone en 2005.

Antoine Corriveau : Ouais ça c'était un petit carnet de notes que j'avais dessiné écrit un genre de petit truc autobiographique très dans la mouvance là des BD la maison d'édition L'Association le West Trondim c'était comme beaucoup une influence pour moi Jimmy Beaulieu ici fait que mais c'est très très maladroit. L'abécédaire collectif ben c'était des amis français qui ont fait un recueil puis qui m'ont invité à collaborer puis Entrevue à 3h avec Félix Laflamme ouais ça c'est mon premier ma première BD je pense mais oui justement c'est ça ben écoute c'est la première celle-là ou c'est pas une bonne je sais pas mais en tout cas j'en ai pour toi là tu vas voir. Parlant de bande dessinée si vous vous rendez sur le site web bdamateur.com je le précise parce que c'est un vieux site web justement vous y trouverez des planches de BD d'Antoine Corriveau dont une datant de décembre 2004 intitulée Moyen café est-ce qu'on l'fait apparaître à l'écran ah oui je l'ai attention 1 2 3 Et voilà je l'ai fait imprimer je vais te la montrer ce sont deux planches où tu te mets en scène rencontrant une vieille amie par hasard dans un café tu lui demandes de ses nouvelles et la conversation évolue jusqu'à ce qu'elle te renvoie la question "Eh merde" penses-tu sent le malaise devant tes balbutiements elle reprend la conversation en racontant cette désillusion bien à elle là c'est dans la BD je pense vraiment qu'il faut que je mette le paquet sur la BD et la musique si je veux que ça marche vraiment juste avant qu'elle ne te quitte pour aller rejoindre son copain tu lui dis enfin j'imagine qu'on va bien finir par faire ce qu'on aime. 20 ans plus tard est-ce que tu as trouvé ce que tu aimes faire ?

Antoine Corriveau : Ouais mais ça paye vraiment pas non c'est ça non ah mais tu vas deep là dans ta recherche là c'est bon ben oui mais j'aime ça ben c'est de parler de choses qui sont moins que je fais ce que j'aime mais oui je fais ce que j'aime par exemple parce que ultimement ultimement c'est ça l'affaire c'est que c'est pas j'ai pas une carrière nécessairement facile mais en même temps je fais énormément de choses puis ça m'a obligé à faire plein d'affaires en musique je fais beaucoup de réalisation j'enseigne je fais plein d'affaires qui font en sorte que je pense que des fois si j'étais comme j'ai des amis là que autres qui ont juste leur projet à eux autres puis ils font leurs albums puis ils font leur tournée puis après ils font un autre album puis je pense que si je faisais juste ça probablement que que j'aurais moins de fun d'une certaine manière je pense j'aime ça avoir différents rôles reliés à la musique fait toucher à différentes affaires puis tout ça se nourrit ensemble aussi je pense.

Hugo Lachance : Puis avec qui tu as travaillé pour la réalisation avec quels artistes ?

Antoine Corriveau : Beaucoup de monde j'ai fait Matt Holubowski Mathieu Bérubé Fantômes Désirée Charlotte Brousseau ben plein de projets ouais vraiment beaucoup de réalisation quand même dans les 10 dernières années j'ai été très chanceux là je fais comme souvent un genre de deux ou trois disques par année avec d'autres mondes.

Hugo Lachance : Ouais c'est très cool on va passer au segment présentation de l'album fait que là ce qu'on fait c'est que on parle justement d'Oiseau de nuit on va passer à travers les crédits parce qu'il y a quand même beaucoup de monde qui a travaillé là-dessus hein donc je pense que le prochain paragraphe vient de ta bio je pense ou de ton communiqué : le désir premier ayant motivé la conception d'Oiseau de nuit était celui d'emprunter aux codes de production du hip hop sans tomber dans le piège de l'exercice de style. Intéressé à explorer davantage le collage effleuré sur son disque précédent Pissenlit Corriveau a mis la main sur une importante collection de disques vinyles dans l'objectif de créer un disque de sampling fait c'est très cool on a parlé tout à l'heure fait que là tu t'es créé une banque de sons là-dedans c'est la première fois que tu travaillais comme ça ?

Antoine Corriveau : Ouais c'est la première fois que je travaillais comme ça ouais complètement puis en fait on a puis je pense que à travers ce processus là j'ai aussi compris que c'était pas juste comme le sampling en tant que tel c'était aussi comme la fraîcheur de l'improvisation en fait quelqu'un qui est juste dans le vide puis qui sait pas ce qu'il va faire puis je pense que ça influence beaucoup même justement mon travail comme réalisateur avec d'autres mondes d'être dans la confiance.

Hugo Lachance : Comment tu rends ça en spectacle ? C'est un peu le piège des sampling ah c'est compliqué j'imagine.

Antoine Corriveau : Ben ça a été beaucoup beaucoup de travail Stéphane Bergeron à la batterie a beaucoup beaucoup de travail dans le show là on a une coupe de samples puis de séquences qu'on réutilise dans le show mais au minimum on ne voulait pas être pogné dans un genre de show où tout tu es sur un clic puis qu'il y a des séquences tout le temps partout puis que tu pars puis parce que moi je trouve que ça tue la musique un peu là d'être là-dedans on veut que ça reste ouvert le but c'était pas de faire les versions intégrales sur l'album avec tout ce qui se passe mais je pense qu'on est assez fidèle au disque mais qu'on lui donne une vie un peu plus ouverte.

Hugo Lachance : Josée Lapointe 26 avril 2025 pour La Presse : "c'est en réfléchissant au concept d'identité et ce qui est inné et acquis quand Antoine Corriveau a trouvé le fil conducteur de son album ça m'a permis de jouer avec le principe de vie imaginée parallèle secrète mon souhait était d'oser nommer les choses présenter différentes facettes de moi comme la musique qui va dans plusieurs sens". Parle-moi du concept de cet album là parce que c'est un album qui est vraiment je dirais unique puis il nous amène dans plein d'univers beaucoup de poésie c'est quoi est-ce qu'il y a un fil conducteur est-ce qu'il y a un concept à cet album là ?

Antoine Corriveau : Ben au tout début mon idée c'était d'écrire sur les choses qu'on choisit de pas dire en fait fait que beau défi là dans un coin comment tu fais ça ? Mais comme souvent j'ai tout le temps une espèce d'idée de départ un peu justement là de plan de OK ça va être ça puis là vient tout le temps un moment où j'essaie trop de me coller à ce plan là puis je fais juste de la merde puis j'écris des tounes puis j'essaie trop d'être collé sur un concept puis c'est pas bon fait que j'accepte de l'oublier un peu puis de juste faire des tounes puis on verra. Puis à la fin mon concept il est souvent là mais il est aussi plus riche puis plus complexe que le concept de base là puis en fait c'est ça je pense que ce qu'on ne dit pas est devenu un peu tout ce qui nous compose en fait ce qu'on présente aux autres on a notre persona un peu public notre persona intime notre persona très intime. Puis ça m'intéressait de savoir de penser à ça puis d'imaginer ça comme étant comme si chaque facette de nous était en fait des vies différentes parce que moi j'ai souvent cette impression là aussi que les souvenirs que j'ai font partie d'une autre vie des fois j'ai l'impression d'avoir eu plusieurs vies parce qu'il y a justement des périodes qui m'apparaissent tellement lointaines ou qui m'apparaissent tellement loin de moi aujourd'hui puis après c'est fascinant de se dire "Ben non tout ça me compose tout ça fait partie de moi puis a fait la personne que je suis aujourd'hui." Fait je sais pas il y a tout ça qui s'est mélangé fait que l'idée c'était de peut-être que cette idée que c'est différentes vies et donc différents personnages facilitaient c'est plus facile de présenter un côté de moi que j'aime moins si ce côté de moi là c'est un personnage.

Antoine Corriveau : Je pense que c'est une explication qui fite avec l'ambiance de l'album parce que c'est des textes évidemment très imagés mais c'est pas des textes où est-ce qu'on a la clé il y a quelque chose de profond il y a comme un espèce dans les paroles une espèce de filtre dans le fond qui justement qui protège un peu de la réalité je ne sais pas si ça fait du sens ce que je dis mais en tout cas. Mais c'est un album musicalement qui est chargé puis les textes sont vraiment cool puis sont très très imagés mais il y a quand même une barrière qui nous permet de. J'essaie de dire quelque chose mais ça fonctionne pas avec mon cerveau ce matin.

Hugo Lachance : Non mais je pense je comprends ce que tu veux dire ce que je veux dire c'est exactement ce que tu dis dans le fond c'est qu'il y a des choses qui viennent de en profondeur de toi puis tu révèles pas automatiquement avant qui raconte ça qui fait une espèce de barrière aussi qu'on cherche tout le monde à franchir à essayer de comprendre mais ça donne des belles images.

Antoine Corriveau : Ben j'espère en tout cas qu'on arrive à y avoir accès parce que le principe de barrière est quelque chose que j'avais une envie de la faire tomber justement puis de raconter des choses. Après ça j'imagine que ne pas y arriver à 100 % c'est ce qui fait en sorte que je fais tout le temps un autre disque aussi c'est l'impression de ne pas être allé au bout de l'affaire. Puis là il y a les étiquettes c'est chiant les étiquettes mais ça prend ça pour guider les auditeurs alors Oiseau de nuit si tu avais à mettre une ou des étiquettes dessus ça serait quoi des étiquettes comme des styles musicaux là genre ?

Hugo Lachance : Ouais et c'est compliqué c'est vraiment un disque compliqué à définir je pense que j'avais de la difficulté à la poser celle-là.

Antoine Corriveau : Ouais je comprends mais tu sais c'est parce que je pense que ça emprunte à beaucoup de choses. Il y a une part du disque qui est au tout tout début à la fin de la tournée de Pissenlit en juillet 2022 j'ai fait une semaine ici avec mon band live pour enregistrer des jams j'avais pas vraiment de tounes j'avais des fois des riffs ou de quoi mais il y a beaucoup de choses là-dedans qui sont devenues des chansons sur le disque. Fait qu'il y a cette énergie qui était très rock du show de Pissenlit qui est quelque part dans ce disque-là il y a tout un côté jazz qui est amené par certains musiciens comme Tory Butler au piano qui est extraordinaire puis qui est venu vraiment. Il y a beaucoup la couleur de chaque musicien musicienne qui sont venus puis qui ont comme élargi ma palette Erika Angell qui chante sur le disque quand elle est venue chanter la première fois j'étais comme c'est comme tellement loin de tout ce que j'ai fait dans ma vie musicalement puis en même temps je trouvais ça tellement excitant j'entendais sa voix sur mes chansons puis j'avais l'impression qu'elle prenait ma toune puis qu'elle faisait ça avec qu'elle l'élargissait bien raide.

Hugo Lachance : Ouais parce qu'elle fait comme ouvrir dans le fond sur ton album tu ouvres les portes au hip hop aussi.

Antoine Corriveau : Mais c'est ça mais pour moi le je pense que mon intérêt pour le hip hop est très voisin de mon intérêt pour le jazz je pense que le hip hop que j'aime est voisin du jazz plus que le rap un peu pop là que je m'en fiche pas mal. Mais oui ça se marie tellement bien le hip hop puis le jazz en même temps c'est naturel ou c'est comme une instrumentation beaucoup qui est commune puis avec Stéphane Bergeron qui a coréalisé le disque on aime énormément les productions de hip hop qui ont un grand soin et souvent qui emploient des musiciens qui jouent plus que des programmations des trucs comme ça. Fait que je pense qu'on a cherché aussi à se faire triper là-dedans à aller emprunter ces codes là ces types de production là mais plutôt qu'à 100 % dans de la programmation mais beaucoup avec des players qui jouent.

Hugo Lachance : Ouais c'est bon c'est un bon mélange des deux tu sais le côté sampling le côté aussi musique humaine exact. On va passer aux crédits d'album alors le titre Oiseau de nuit année 2025 compagnie de disque Secret City Records réalisation Antoine Corriveau et Stéphane Bergeron technicien à l'enregistrement Antoine Corriveau Caroline Carbonneau Monsieur Celin Luc Lavigne et François Lafontaine. Ouais François c'est pas vraiment un technicien à l'enregistrement je sais pas comment il s'est retrouvé là il s'est même retrouvé là dans d'un crédit à la disque on a juste enregistré des synthés un peu à son studio ok. Ouais ça fait une coupe de fois qu'il se retrouve dans les crédits François Lafontaine c'est pas la première fois qu'on en parle au podcast on le salue quand même François.

Antoine Corriveau : Ben il a fait des claviers extraordinaires.

Hugo Lachance : Ah ça il n'y a pas de doute studio Studio Van Horne donc ici j'imagine ouais studio chez Marcel villa des coquilles c'est ici aussi le studio chez Marcel le studio a deux noms dépend des projets. Villa des coquillages c'est ma maison en fait au Bic puis j'ai travaillé là-bas un peu aussi on a travaillé beaucoup ici puis sinon moi j'ai je suis allé une coupe de fois en amenant mon stock là-bas puis Stéphane est venu travailler avec moi là-bas aussi un peu. Cool mixage Luc Lavigne matriçage Marc-Olivier Germain au Le Lab Mastering ouais période d'enregistrement c'est long c'est comme 2 ans presque.

Antoine Corriveau : Ben tu sais c'est parce que c'est des périodes je pense en juillet 2022 la première semaine qu'on a fait ici avec mon band puis j'avais comme 4 jours de jams enregistrés pour ça aussi j'ai de la matière pour faire plusieurs disques avec ça si je voulais. Puis après ça c'est des fois des longues périodes sans rien faire mais après ça s'est terminé comme 2 ans plus tard à peu près à l'été 2024. Mais on a refait des sessions un peu dans l'automne parce qu'il y a des samples qu'il fallait clairer puis on n'a pas réussi à les clairer fait que j'ai dû en remplacer.

Hugo Lachance : Ok ouais ben tu as les droits à gérer là-dessus.

Antoine Corriveau : Ah c'est compliqué là moi il y a des gens hip hop qui m'ont dit "Mais voyons donc faut pas que tu le dises à ton label qu'il y a des samples sur ton album faut que tu deales avec ça le jour où tu te fais poursuivre." Puis j'ai fait l'erreur de le dire d'avance puis mon label sont très gentils mais ils m'ont dit ben tu es juste pas chanceux d'être avec nous autres parce que nous autres on sortira jamais de la musique qui n'est pas clairée fait qu'on a refait certains trucs on a dû refaire certains bon j'ai compris en même temps nombre de pistes 13 musiciens. Antoine Corriveau lead vocal backup vocal à la voix les backups vocales les synthés piano guitare électrique guitare classique percussion sampling Farfisa scratch et les textes les arrangements et la composition travaille fort.

Hugo Lachance : C'est quoi Farfisa ?

Antoine Corriveau : C'est un orgue il n'est pas ici en ce moment mais c'est un vieil orgue.

Hugo Lachance : Ok bon Ariel Contoi au saxophone Cherry Lena au backup vocal aussi Émilie Fortin trompette François Lafontaine synthés Kalun Leung au trombone Marc-André Landry basse contrebasse piano synthés Pietro Amato au cor français Simon Angell guitare saxophone Farfisa justement Eveline Grégoire-Rousseau harpe Stéphane Bergeron drums programmation sampling synthés Tory Butler piano Shimako synthétiseur puis les backups vocales Rose Péro Violette P Lori Torz Benjamin Deschamps la flûte. Voilà c'est Matt Holubowski aussi qui a fait un peu de batterie puis de voix sur une toune il y a beaucoup de monde ouais quand même hein non mais c'est pas je trouve ça cool de nommer. Ben oui mais ça n'arrive pas puis là aussi évidemment ton album on ne peut pas passer à côté de la pochette c'est magnifique j'ai pas ouvert le vinyle je ne sais pas qu'est-ce qu'il y a dedans mais la pochette est magnifique on va la faire apparaître vu qu'on est comme des enfants de la télé nous autres on sait comment ça marche 1 2 3 et voilà parle-moi de la pochette c'est quoi le concept derrière ça est magnifique en passant.

Antoine Corriveau : Ben c'est particulier en fait parce que le photographe José Enrique Montes Hernandez qui a pris cette photo c'est un photographe que j'aime beaucoup depuis plusieurs années qui a habité Montréal pendant un bout de temps puis à chaque album que j'ai fait presque il y a eu un moment où je l'ai approché pour faire les photos puis il n'était jamais à Montréal. Il bouge beaucoup là je pense qu'il est au Guatemala aux dernières nouvelles bref on ne s'est jamais retrouvé en même temps dans la même ville fait que là pour le dernier disque je ne savais pas du tout quoi faire comme pochette puis il m'a envoyé dans le fond des images il m'a dit "S'il y a des photos que tu aimes là-dedans garde-toi." Puis j'ai essayé cette photo là vraiment j'avais pas mon titre encore j'ai juste essayé cette photo là pour le fun parce que je trouvais que c'était une belle photo juste pour faire des tests en n'ayant jamais l'idée que ça soit ça ma pochette mais à un moment donné ça s'est vraiment imposé je voulais qu'il y ait le mot nuit dans le titre mais j'avais pas encore tout le en tout cas ça a pris forme un peu j'ai comme fait je pense parce que je pense que Oiseau de nuit si j'avais opté pour une espèce de pochette un peu sombre ça aurait pu être un peu cliché puis filer comme un disque d'Éric Lapointe.

Hugo Lachance : Ouais oui c'est vrai mais des fois quand tu travailles les opposés ça marche bien aussi.

Antoine Corriveau : C'est ça puis en fait je trouve que ce que je trouvais intéressant c'est que justement il y a ce côté de qu'est-ce qu'on montre qu'est-ce qu'on ne montre pas les apparences qu'est-ce qu'elles veulent dire puis je trouvais ça intéressant il y a des journalistes qui m'ont dit "mais là ce n'est pas un oiseau de nuit qui est sur ta pochette" puis ma réponse que j'aime bien c'est "qu'est-ce que tu en sais genre peut-être que lui c'en est un puis tu ne le sais pas". Puis c'est quoi un oiseau de nuit il y a des espèces j'ai cherché mais il y a des espèces vraiment des oiseaux de nuit mais moi ce que je trouve beau là-dedans c'est que c'est justement les contraires.

Hugo Lachance : Ben oui mais c'est ça puis je pense que le côté très coloré pour moi il allait bien.

Antoine Corriveau : Oui en fait je trouvais qu'il y avait un vibe un peu comme un vieux disque de musique brésilienne que tu trouves dans le bac à une pièce puis je trouvais ça le fun puis je trouvais que ça représentait bien le côté éclectique du disque dans le concept aussi. Mais tu sais tu as la pochette mais tu as le dos de la pochette qui a pratiquement rien c'est un beau flash quand même. Ben en fait je ne sais pas il y a quelque chose avec le rouge qui s'est imposé puis j'aimais cette espèce d'agressivité du carré rouge intense en arrière puis la photo à l'intérieur ben jolie photo de Marianne Montgrain en pédalo sur le canal Lachine. Oh cool fait que vraiment un bel job donc c'est ça quoi la réception de l'album ? Ben elle est très bonne je suis très chanceux tu sais mes albums sont souvent bien reçus celui-là a été chaleureusement reçu j'ai eu de la super belle presse puis c'est la première fois aussi j'ai eu un ou deux retours du Canada anglais ça a fait la longue liste du Polaris c'est comme quelque chose de le fun dans cette affaire là où justement tu sais je sais que mes textes ont souvent été soulignés mais il y a quelque chose que je trouve il y a tellement de travail dans la musique en fait sur ce disque là qu'il y a quelque chose qui me touche que au-delà de la barrière de la langue aussi on ait pu s'y intéresser ou tu sais fait que non je suis super content.

Hugo Lachance : Ok cool il y a un segment que je veux faire rapidement je l'ai débuté la semaine passée s'appelle les mots j'ai fait l'inventaire des mots qui sont dans ton album ok ben facile on fait un nuage de mots mais si ça révèle des trucs trippants c'est comme les mots qui reviennent le plus souvent.

Antoine Corriveau : Ah mais c'est drôle parce que moi je fais ça souvent à la fin d'un disque je regarde tous mes textes puis je fais cet exercice là pour voir qu'est-ce qui revient souvent quand tu enlèves tous les articles les pronoms.

Hugo Lachance : Ouais le mot qui revient 24 fois c'est "encore" après ça il y a "autre" 21 fois "déjà" "nuit" revient quand même 13 fois c'est cool quand même de savoir ça puis il y a le mot "mort" 11 fois "cœur" 10 fois. Mais là je vais te nommer des mots que j'ai ramassés un peu dans tes textes puis aussi dans les articles puis tu peux commenter fait qu'il y a "parcours" ?

Antoine Corriveau : Ben parcours il n'y a pas de réponse dans le fond mais il y a un parcours je pense j'ai essayé de le construire quand même le disque moi le pacing dans la vie c'est hyper important puis j'ai changé des paroles mettons dans la toune 1 le personnage dans "Sous-sol" à la fin on croirait qu'il meurt dans un accident d'ascenseur qui lâcherait puis dans "Un jardin" dans le refrain je dis "ici je me soulève" mais là dans le premier refrain j'ai changé "soulève" pour "relève" parce que j'aimais l'idée que finalement le personnage n'est pas mort puis il se relève. En tout cas il y a beaucoup de liens comme ça entre les chansons que je m'amuse à faire personnellement où je vois un espèce de parcours pour le personnage jusqu'à sa rédemption dans "Balcon".

Hugo Lachance : Ok il y a "porcelaine" ça revient je pense deux fois dans ton album.

Antoine Corriveau : Oui ben c'est ça justement ça c'est dans "Sous-sol" le personnage me sert à boire dans une porcelaine à l'anse filée puis dans "Pastoral" je dis que j'aimerais ça un peu retourner dans le passé pour éviter que la porcelaine soit brisée.

Hugo Lachance : Ouais c'est ça moi ça m'a marqué comme mot je trouve ça cool il y a "Jean Leloup" ? Ben ça a dû être comparé là parce que c'est assez clair comme influence.

Antoine Corriveau : Ben tu sais c'est drôle parce que pour moi c'est comme quand on parlait de mon premier disque tantôt quand je réécoute mon premier disque j'entends vraiment quelqu'un qui écoutait beaucoup de Leloup puis qui voudrait faire la même affaire alors qu'aujourd'hui j'en écoute très rarement je me sens très affranchi de tout ça. Après je pense que c'est une sensibilité commune je comprends qu'il y a des codes sur ce disque là qui font référence à des.

Hugo Lachance : Mais très ben oui ben c'est en fait moi j'ai aucun problème avec ça je veux dire c'est un des artistes les plus intéressants que le Québec ait connus un peu comme Kuné Bernard Adamus ouais les gens aiment ça comparer. Parce que moi ultimement mes modèles de verbe moteur tu sais c'est Dylan c'est Nick Cave c'est cette écriture là qui teinte mon écriture. Il y a des "textes sibyllins" ?

Antoine Corriveau : Ben sibyllin ça doit être un peu singulier c'est quand tu veux dire quelque chose mais tu le fais comme masqué à peu près ça.

Hugo Lachance : Il y a beaucoup de travail dans les textes quand même puis je pense que moi il y avait une volonté d'être quand même clair mais après ça je pense que ce qui compte ce n'est pas nécessairement le détail de ce que j'étais en train d'essayer de raconter mais plus l'émotion qu'il y a en arrière puis le dernier mot que j'ai remarqué c'est "cuivre" ?

Antoine Corriveau : Ben les cuivres sur l'album en fait c'est Kalun Leung Émilie Fortin puis Pietro Amato dans le fond Pietro c'est un bon ami à moi puis dans les séances d'improvisation que j'ai faites j'aimerais ça peut-être un ensemble de cuivre. Puis lui il voulait faire un truc cor trompette trombone avec ces deux personnes là puis ils sont arrivés ici j'étais rendu plus loin dans mon processus je les ai fait plus improviser je leur mettais une toune dans les oreilles puis ils jammaient dessus. Puis là mais l'affaire c'est que tu sais Pietro il peut faire 1000 affaires moi je m'attendais comme à un trio qui vient faire un peu du free jazz mais Kalun et Émilie c'est des musiciens vraiment expérimentaux de la scène expérimentale genre plus plus puis au début j'étais comme c'est super mais je pourrais rien faire avec ça. Finalement quand j'ai réouvert les sessions j'ai réécouté ça il y a plein de trucs que je trouvais super trippants puis en fait ce que j'aime c'est qu'au final sur l'album l'intégralité de la présence des cuivres c'est quasiment juste du chirage tout le temps c'est beaucoup ce côté vraiment très free qui est vraiment plus expérimental utilisé un peu comme des interventions fait en tout cas je trouve que ça donne une couleur particulière au disque.

Hugo Lachance : Ouais yeah !


Antoine Corriveau : Oiseau de nuit (Partie 2) — Transcription intégrale

Hugo Lachance : On va passer au segment une chanson après l'autre. Alors on écoute un petit extrait de chacune des chansons puis je t'invite à le commenter. Moi j'ai isolé les paroles, on verra ce qu'on fait avec ça. Parfait. Avant de commencer, est-ce que ça fait longtemps que tu as pas écouté ton album ?

Antoine Corriveau : Quand même. Je l'écoute comme un début mental quand je travaille dessus puis un peu à sa sortie. À sa sortie, quand il sort, j'ai tout le temps une tendance, la minute que je sais qu'on envoie le disque à quelqu'un, j'ai tendance à me le starter pour essayer d'imaginer ce que la personne va vivre.

Hugo Lachance : Ah ouais, moi j'ai eu bien du fun. Ça a été long dans le sens que c'est un disque qu'il faut prendre pas à pas selon moi parce qu'il y a beaucoup d'information là-dedans. Puis aussi évidemment on écoute des extraits mais faut dire que les tounes sont relativement longues puis elles changent beaucoup, elles évoluent. On y va. On va commencer avec Sous-sol.

Antoine Corriveau : « Chez maître Victorio sous rue de la Haute-Voltige à Palerme. J'entre en déposant sur une tuile en étain blanc mon visage encore maquillé du soir, mes yeux creusés, mes lèvres enflées. Je dis nous en aurons pour un moment, je viens à vous tel un torrent. Il me sert à boire dans une porcelaine à l'anse filée depuis 200 ans. Ça se tient mal mais ça tombe bien car c'est à la source que je reviens. Mes sous habitués au mensonge flairent le piège comme personne. D'entre tous les choix pourquoi lui ? Pourquoi ici ? Pourquoi aujourd'hui ? Je n'ai suivi les traces de personne. Je suis revenu sur mes pas de m'attendre enfance cette voix qui résonne. »

Hugo Lachance : Je vais faire avancer un petit peu juste pour dire où est-ce que, parce qu'on peut voir plusieurs étapes dans cette toune.

Antoine Corriveau : Ouais. Sur le petit piano métal. Je n'ai pas dit ne craignez rien sous... je n'ai pas dit donc Sous-sol. Que dire musicalement ? Tu portes attention au pacing.

Hugo Lachance : Ouais ça paraît, mais quelle intro d'album !

Antoine Corriveau : Ouais mais c'est vraiment drôle parce que pendant longtemps Sous-sol c'était un riff de piano qui était hyper violent, très Nick Cave. C'était comme une ouverture dans ta face mais c'était tellement... puis la dernière portion de la chanson justement qui est plus full band, c'est un jam enregistré en juillet 2022 que j'avais au début de la toune. Puis rendu là ça marche parce qu'il y a comme toute une intensité dans la montée vocale, mais l'ancienne version, c'est juste que j'arrivais pas du tout au début de la toune avec mon texte, c'était trop violent tout de suite puis je savais pas comment. Je me suis battu avec ça longtemps puis quand je suis allé travailler au Bic la première fois, à ma maison, j'avais amené un petit setup minimal. J'avais comme une table à un bout du salon puis à l'autre bout il y avait mon piano. Je me suis juste... j'ai passé mes fils puis je faisais mes tests de son puis je suis juste allé au piano puis j'ai fait un peu juste clair sur le piano juste pour tester les gains des micros.,

Hugo Lachance : Ouais.

Antoine Corriveau : Puis là je suis revenu puis je suis comme OK c'est cool, puis c'est cool ça ce que j'ai fait comme par accident. Je l'ai loupé puis je pense ça fittait dans la tonalité de ma toune. J'ai accepté d'abandonner le riff que j'avais là que j'aimais donc pour la chanson parce que ça me donnait vraiment ce que je cherchais quand je dis « emprunter aux codes de production du hip-hop » : c'est l'espace, le vide. Je pense à du Kendrick Lamar mettons où il y a des fois très peu d'éléments dans une toune puis ça laisse toute la place au vocal justement. Toute cette intro-là, c'est ça que j'ai loupé, le petit shaker que j'ai fait tout seul dans ma maison là-bas puis après il y a une basse synthé, une guitare. Avant que le drum embarque, tout ce qui se passe, c'est moi qui fais absolument n'importe quoi puis je garde des bouts qui sont le fun puis qui marchent. Je le construis mais c'est ça, là soudainement j'avais tout l'espace pour lire mon texte. Cette chanson-là, c'était un peu ma petite fierté du disque quand même. En termes de production, c'était ce que je voulais faire : créer des surprises mais sans overloader l'affaire.,

Hugo Lachance : Écoute moi je pense que c'est parfait comme intro. C'est vraiment cool comme ça donne le ton pour l'album parce que là il y a une coupe de tounes qui sont très cinématographiques. On dirait quasiment la musique de poursuite d'auto là. C'est super imagé mais Sous-sol il y a une belle histoire là-dedans. Puis côté des textes, c'est vraiment particulier.

Antoine Corriveau : Je marchais un matin sur la rue puis j'ai eu les premières phrases qui me sont venues en tête. J'ai comme imaginé ce personnage sous un espèce d'avocat italien. Ça part de... c'est vraiment une niaiserie mais quand j'étais jeune ma sœur elle me disait que j'étais adopté puis que je venais d'Italie. Je me suis juste mis à imaginer d'un coup mettons c'était vrai, que j'aurais pu avoir toute une autre vie. Je me suis mis à imaginer quelque chose de très narratif avec ce personnage-là. Je me disais mettons justement moi c'est moi aujourd'hui qui me rend chez ce personnage-là dont j'ai entendu parler pour qu'il m'absolve de toutes mes tous mes péchés et toutes mes erreurs et qu'on efface tout et qu'on recommence un peu. Il y avait cette idée-là.,

Hugo Lachance : C'est cool. Ben moi cette toune-là je l'imagine beaucoup dans les rues de la ville de la pochette. Je sais pas pourquoi je fais un lien d'image mais c'est drôle parce que les gars qui ont fait le clip aussi ont créé... je parle de Palerme en fait, mais les gars ont créé une fausse pancarte d'un village québécois qui s'appellerait Palerme. Ils se promènent, c'est vraiment cool, ils ont vraiment fait une belle job. Je vais le mettre dans la description. Puis en tout cas je trouve ça cool en fait qu'il y ait cette possibilité-là que ça soit un peu un lieu inventé. Tes textes sont vraiment bons. Donc Sous-sol, super belle intro à l'album. Merci. On continue avec Un jardin.,

Antoine Corriveau : « Il y avait un jardin une corvette au printemps de la terre sur les mains des mains écrasant il retourne dans les corps et puis les écrase entre les doigts la mort un jardin plein de sang et si je me rappelle et si je peux tout dire un jardin. »

Hugo Lachance : Ouais.

Antoine Corriveau : C'était comme je voulais intentionnellement après Sous-sol mettre une chanson beaucoup plus mélodique en fait. Parce qu'il y avait cette volonté-là aussi sur le disque : autant il y a des chansons qui sont presque du parlé, mais j'avais aussi le désir de travailler mes mélodies. J'ai toujours eu le sentiment que c'était pas ma force nécessairement de trouver des mélodies de voix. Là je m'étais dit je vais chercher des mélodies sur d'autres instruments puis ça va devenir ma mélodie de voix un peu. Je pense qu'il y a une espèce d'esthétique un peu mean sur l'album quand même : même s'il y a une chanson qui est en douceur puis en mélodie, la section rythmique en dessous est quand même assez mean, le son du drum. À la base c'était tout un riff, un picking de guitare. J'avais envie de laisser plus de place à la section rythmique en fait. Moi j'ai dit je ferais juste les premiers temps des accords au piano puis à la guitare puis comme une grosse contrebasse, un riff, ça vient beaucoup justement des influences de Makaya McCraven ou des affaires comme ça que moi j'ai écoutées beaucoup dans les dernières années, qui pour moi est un bel exemple de jonction entre le hip-hop et le jazz.,

Hugo Lachance : Absolument ouais.

Antoine Corriveau : Au niveau du texte, des fois je fais ça, je pne un livre puis je feuillette puis là quand je trouve des mots intéressants je me dis ça c'est le titre d'une toune. Fait que là je pense j'ai vu ça « un jardin » puis j'essaie d'écrire, des fois c'est juste pour me starter. Ça m'a ramené à des souvenirs d'enfance parce qu'on avait un grand jardin chez nous. C'est pour ça aussi tantôt quand on parlait de pacing : il y avait cette idée de qu'est-ce que je dis, qu'est-ce que je dis pas sur moi, mais après cette espèce d'histoire qui mettait la table dans Sous-sol, j'avais l'impression qu'il fallait que je starte là par mon souvenir d'enfance peut-être pour commencer.

Hugo Lachance : Mais c'est beau tes textes sont beaux : « Il y avait un jardin une corvée au printemps de la terre sur les mains des mains usées creusant il retournant les corps puis les écrasant entre les doigts entre les doigts la mort un jardin plein de sang. Il y avait la trace de ta main sur mon bras et si le temps l'efface l'eau s'en souviendra. »,

Hugo Lachance : Fait de quoi ça ? Je sais pas si tu veux aller là mais c'est drôle parce que je l'ai pas prémédité mais il y a quelqu'un qui m'a fait remarquer... je pense que ça revient trois fois dans l'album « la main serrée sur le bras ».

Antoine Corriveau : Oui exact. Puis c'est complètement inconscient. C'est un souvenir d'enfance qui est pas du tout dramatique ou grave mais auquel il y a beaucoup de réflexions je pense dans le disque. Ces réflexions identitaires-là aussi je pense qu'elles sont teintées de toutes les conversations qu'il y a socialement dans l'espace public dans les dernières années sur la masculinité, sur qu'est-ce que ça représente pour moi, de quoi je souffre à travers de quoi j'ai souffert dans mon éducation par rapport à ça puis quelles affaires je reproduis. Je veux dire j'ai vraiment pas une enfance de violence du tout, mais j'ai eu un père qui quand j'étais jeune avait ce rôle-là dans la famille, le père était plus sévère que la mère puis on avait un petit peu plus peur du père. Aujourd'hui j'ai une super belle relation avec mon père, mon père est quelqu'un de super sensible puis qui est pas du tout là-dedans, mais lui clairement il reproduisait de manière améliorée probablement ce qu'il a vécu. Je pense que c'est ça l'histoire du monde.,

Hugo Lachance : Ah oui je peux te le confirmer, moi j'ai des enfants c'est la même chose. Fait que je sais pas, il y avait cette réflexion-là qui s'est installée un peu inconsciemment dans le disque puis ça fait penser à... il y a un côté vintage dans cette toune-là un peu chanson française. En fait quand j'écoute Un jardin, ça me rappelle une chanson française mais j'arrive pas à mettre le doigt dessus du tout, la mélodie tout ça. Il y a un petit côté vintage français.

Antoine Corriveau : Je pense que c'est le titre, le thème, cette idée-là. C'est très classique. C'est drôle parce que pendant je travaillais sur le disque, il y a Pomme qui a sorti son dernier disque où elle avait une chanson qui s'appelait Jardin. Je l'ai écouté le matin puis là je travaillais mon truc puis je suis comme mais là fuck elle aussi elle parle de ses souvenirs d'enfance. Je lui ai écrit : ben je vais écrire tout de suite pas qu'elle pense que je la copie là. Mais je pense que c'est un souvenir universel. Si tu as vécu comme que tes parents te demandent de venir désherber le jardin, ça marque, c'est fondateur. C'est un contact avec comment les choses prennent vie. Après musicalement, il y a l'espèce de long solo de guitare que Simon Angell a fait. Quand il est venu, moi j'imaginais justement vraiment quelque chose de très très doux quand même. On s'est essayé à plusieurs reprises puis j'étais comme tu peux enlever ce pédale-là, tu peux enlever ce pédale-là, à la fin s'il est juste sur le clean puis c'est ça que je voulais. C'est qu'on est dans le... on priorise la mélodie puis l'espèce de classicisme à travers la weirdness de la production. Dans les tounes mélodiques disons je pense c'est ma préférée là-dedans.,,

Hugo Lachance : On passe à Imprudence.

Antoine Corriveau : « Combien j'aime quand je pars pour ma vie quand chaque geste lentement me défait qu'en ne reste dans ce qui se rit que ce qui plaît au que ce que je pense qui commence chaque fois que tout est fini. »

Hugo Lachance : Donc Imprudence, Montréal le 23 avril 2025. Antoine Corriveau dévoile aujourd'hui un 3e extrait intitulé Imprudence tiré de son nouvel album Oiseau de nuit. La musique d'Imprudence est née lorsque je composais des pièces instrumentales pour le balado Manger le territoire d'Élisabeth Cardin. J'ai beaucoup aimé cette progression d'accord et j'ai eu envie d'en faire une chanson. C'est très bonne toune d'ailleurs, vraiment cool celle-là.,

Antoine Corriveau : Merci. C'est quelque chose qui est né un peu avec Pissenlit, mais j'avais comme la volonté... je le savais que le disque sur lequel je travaillais, les thèmes que j'abordais, l'approche musicale, je savais qu'il y avait quelque chose de... à la rigueur quelque chose qui m'évoquait justement le disque super dark que j'ai fait dont on a parlé tantôt, Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine, pas du tout dans le résultat mais dans la démarche, dans l'ambition en arrière du truc. Puis je pense que j'avais envie qu'il y ait des espèces de respiration très catchy, très pop à travers ça. Nicolas Grou, qui a réalisé mes premiers disques, je lui faisais entendre des fois des trucs early dans le processus, puis il m'a tout le temps encouragé à être comme : « c'est extraordinaire ça, c'est bon, c'est cool, mais tu peux-tu de temps en temps nous donner un crisse de break de texte puis nous donner une mélodie qui revient ? »

Hugo Lachance : Je suis d'accord avec lui.

Antoine Corriveau : Puis j'ai essayé d'intégrer ça. J'avais la musique depuis longtemps puis c'est Rosie Valland qui est une bonne amie qui m'avait comme lancé le défi de me composer une mélodie vocale avant d'écrire le texte. Fait que ça fait évidemment que c'est probablement une de mes chansons les plus mélodiques ever. Le refrain il est full mélodique puis ça a été un défi d'être prisonnier de cette métrique-là et de devoir rentrer les mots, mais il y a énormément de gens qui travaillent comme ça. Moi j'ai juste jamais travaillé comme ça mais je suis très content de ce que ça a donné. C'est une des rares chansons qui est moins née d'improvisation pour l'arrangement. Elle est plus réfléchie. Mais quand je composais la musique du balado justement, ma méthode de travail c'était d'improviser. Quand il y avait une minute le fun, ben je buildais là-dessus. Finalement il y a quand même une part d'improvisation dedans.,

Hugo Lachance : Non mais une super belle forme puis dans l'album elle a vraiment sa place. Je suis vraiment d'accord avec ce que tu as dit tantôt parce que si cette toune était remplacée par une toune plus dense, plus riche comme la prochaine, je pense que ça nuirait au reste. Autre chose à ajouter ?

Antoine Corriveau : Moscou Mule.

Hugo Lachance : « Moscou San Francisco je savais depuis mais dans quel bord où aller cocktail à essayer une mule s'il vous plaît dans un rare cuivre et j'étais dans le secret dans mon anglais cassé mot de passe d'initié venu pour commander en utilisant que pour que l'on capitule ça n'a pris qu'un instant le barman est venu m'a fait passer devant sans mot de bienvenue. À chacun de mes pas à main comme un étau serré sur mon bras qu'elle me broyait les muscles. »,

Hugo Lachance : Moi ma toune préférée de l'album ! J'adore cette toune-là.

Antoine Corriveau : Elle a failli pas être sur l'album pour vrai.

Hugo Lachance : Ben moi c'est la toune qui m'a fait aimer l'album.

Antoine Corriveau : En fait il y a juste un moment où je me questionnais parce que l'album est quand même genre de 50 minutes là puis pour la durée d'un vinyle on poussait un peu notre luck. Fait que je me disais faut que tu coupes, mais je voulais pas vraiment. Je me disais ah il y a quelque chose qui est plus dans l'énergie rock de Pissenlit qui fittait peut-être moins. Mais je pense qu'après j'ai fait le travail sur la chanson pour la faire cadrer avec le reste. Il y a plein de belles surprises dans cette chanson. Tout ce qu'on vient d'entendre, tout le premier tiers de la chanson à peu près, ce n'est que un jam. C'est nous autres dans le local. Tout ce qu'on entend sauf la voix, c'était un jam en juillet 2022 en sachant pas ce qu'on faisait. Je me suis juste mis à jouer deux accords à peu près. Puis j'ai construit toute la chanson sur un jam mais à un moment donné je me suis dit ah je pense qu'il faut qu'il y ait quelque chose qui arrive à un moment donné fait que là on a gardé cette section-là puis là on a refait d'autres sections complètement autrement là avec un bout avec du slap basse puis après ça il y a un bout où je tombe la voix seule dans le vide avec la contrebasse puis après ça le band revient.,,

Hugo Lachance : Ça fonctionne très bien. Moi je trouve que c'est une toune de jam. C'est parce que c'est les mêmes la même phrase qui se répète tout le temps. Il y a pas de refrain vraiment. Fait que c'est quand même bien construit puis ton texte... regarde j'ai isolé tout ça de texte parce que le texte est bon. J'aime beaucoup ça. Puis le débit là dans ton puis tu mets de l'énergie puis ça donne justement le côté poursuite un peu, on dirait une course cette chanson-là dans ma tête, très cinématographique.

Antoine Corriveau : C'est né de je pne un mot dans un livre puis le mot c'était « mule ». Je trouvais ça un beau mot puis je me suis dit je vais le googler voir ce qui sort. Une des premières affaires qui est sortie c'était qu'il y a des bars à San Francisco qui avaient retiré le mot Moscow du drink Moscow Mule en soutien à l'Ukraine. Fait que là je me suis juste mis à... j'étais tout seul au Bic puis je me suis mis à j'avais ce jam-là dans les oreilles puis je me suis mis à écrire vraiment comme cette espèce de grand récit d'aventure de quelqu'un qui va se faire tatouer quelque chose puis là il le regrette un peu puis il faut qu'il se sauve. J'avais vraiment beaucoup de plaisir puis j'avais du plaisir au plaisir du jeu, comme dans le hip-hop, du découpage de syllabes pour qu'il fitte rythmiquement le mieux possible avec ta toune. J'ai envoyé des textes assez tôt dans mon processus à une amie autrice, Caroline Dawson. Je voulais ses commentaires, on échangeait un peu sur l'écriture beaucoup, puis elle m'a dit « c'est extraordinaire ton texte, tu parles du fait que tu peux mentir dans n'importe quel aspect de ta vie sauf dans l'art ».,,,

Hugo Lachance : Ah ouais OK.

Antoine Corriveau : Non mais en fait j'ai trouvé ça vraiment beau sa lecture du truc. C'est zéro conscient. Mais à partir du moment où elle m'a dit ça je me suis dit OK je pense que je réécris ça, je modifie un peu les trucs avec ça en tête. Elle m'a comme enlignée fait que j'ai fait ça puis là c'est devenu clair pour moi. Fait que ça pour moi ça a fait que la chanson justement non seulement elle avait du sens musicalement mais elle en avait énormément dans le concept de mon disque.

Hugo Lachance : C'est la le recul que quelqu'un peut te donner que toi tu auras jamais sur ton propre travail. Puis quand tu lis, quand tu écoutes la poésie aussi, tu crées des images. Moi il y a beaucoup d'images qui viennent de la pochette de l'album. Je trouve que c'est une grande toune Antoine j'aime beaucoup celle-là. On continue avec Pastoral.,

Antoine Corriveau : « J'aurais bien pris trois ou quatre autres vies ouais encore juste pour voir avant voir après ou dans un autre corps un autre sexe et puis une autre mort. »

Hugo Lachance : Donc Pastoral, grosse épopée. 9 minutes.

Antoine Corriveau : À la base c'est tiré de la session où on a enregistré des jams. C'était une demi-heure au total. J'ai comme coupé dedans pour essayer de garder vraiment juste les meilleures boutes, l'essence. Rendu à j'ai longtemps eu une version de 10 minutes, j'ai réussi à couper une minute de plus. Je pense que c'est ça aussi qui me plaît beaucoup dans certains disques de hip-hop : c'est la quantité phénoménale de texte. Je trouve ça intéressant qu'il y ait des artistes capables de rendre ça totalement digeste, de rentrer tellement de textes en peu de temps. J'avais envie d'être capable de faire ça aussi. J'avais ces phrases-là qui sont les premières phrases de la chanson. C'était mon point de départ. Plus la chanson avance, plus cette affaire-là qui est un genre de refrain entre gros guillemets... ça commence il veut trois ou quatre d'autres vies, ça continue il en veut deux ou trois, il en perd une à chaque fois, le personnage finalement à la fin il demande une demi-vie, là tu désespéré. Chaque couplet peut être une espèce de vie différente imaginée fait que ça m'a permis d'aller dans plein de zones. Pour tout le monde qui sont venus improviser, je leur ai dit cette chanson-là dure 9 minutes, c'est à peu près tout le temps même affaire, je te la fais pas écouter, je te la mets dans les oreilles tu james dessus. Puis moi j'ai juste gardé des éléments. Tout presque ce qui se passe cette chanson-là, même la voix de Rose Péro, c'est toutes les arrangements vocaux qu'elle a faits durant la chanson, c'est elle qui jam puis après moi qui les arrange un peu. C'est 100 % improvisé.,,,,

Hugo Lachance : Moi je pense un moment important l'album. C'est pas la toune qui définit l'album mais quand même je pense comme un passage obligé là-dedans qui est super intéressant.

Antoine Corriveau : Ben je pense que d'une certaine manière son texte résume le thème du...

Hugo Lachance : Exactement. C'est vrai. On poursuit avec En plein cœur de la nuit.

Antoine Corriveau : « Je marche dans la ville tranquille je n'ai plus envie de partir la neige couvre la trace de mes pas à mesure que j'avance je me faufile dans cette ville comme si je n'existe pas pour longtemps que le temps d'une averse d'une tempête sans bruit sans écho sans envie. »,

Hugo Lachance : En plein cœur de la nuit ça c'est la toune enregistrée avec ton iPhone sur le bord d'une table au Bic ?

Antoine Corriveau : Mais non même pas ! Mais c'est une chanson comme... la progression d'accord est super longue puis on pourrait croire qu'il y a beaucoup de travail en arrière mais on dirait que j'ai l'impression que c'est le genre de chanson qui s'est faite un peu toute seule. C'était comme j'avais le goût qu'il y ait peut-être un ou deux moments comme ça là puis il y en a juste un finalement je pense sur le disque : une chanson super dépouillée. Après Pastoral justement que tu viens de te clencher 9 minutes, je me dis c'est drôle d'aller mettre une toune de 2 minutes. Chaque fois que j'enregistre de la musique, moi j'ai envie d'être surpris dans comment je l'enregistre. Qu'est-ce que je fais avec une chanson voix guitare pour qu'elle soit surprenante encore ? J'ai essayé là 1000 fois de l'enregistrer. Un moment donné j'étais tout seul chez nous à Montréal puis j'avais juste un micro chez nous puis je me disais ah j'ai goût d'en taper une je vais m'essayer. Ça sera sûrement pas la bonne. Évidemment c'est celle-là qui est la bonne.,,

Hugo Lachance : Mais c'est chouette ça parce que c'est spontané puis c'est vraiment saisir un moment.

Antoine Corriveau : C'était ça l'idée. Tu sais quand tu tapes une... c'est ça qu'on se dit. Quand je l'avais tapée ici avec Jin-Luc justement, Stéphane Bergeron puis Marc-André Landry étaient avec nous autres parce qu'on faisait d'autres affaires puis j'étais comme je disais j'aimerais ça m'essayer. Après la première take, je me souviens je pense c'est Stéphane qui a dit : « chaque take que tu vas faire va être plus ou moins ça ». C'est une très bonne toune, un beau texte puis qui fitte très bien dans un moment d'album justement après ton 9 minutes.

Antoine Corriveau : Mais c'est ça, mais c'est difficile je trouve de décider c'est quand que tu as la bonne take.

Hugo Lachance : Ouais c'est vrai parce que c'est juste à propos de...

Antoine Corriveau : Quand tu veux faire ça faut pas trop que tu cherches.

Hugo Lachance : Non exact puis mané pouf ça arrive puis faut pas trop te dire que tu es en train d'enregistrer la version de l'album. C'est tout pour En plein cœur de la nuit. On poursuit avec Ambulance.

Antoine Corriveau : « En cette nuit je compare encore petite et grande violence pour trouver laquelle des deux fait le moins mal et tout ici me rappelle par ce corps du sol que là-haut rien ne dépasse rien ne laisse de trace encore il faut s'arrêter. Cette nuit je compare encore petite et grande violence pour trouver laquelle des deux fait le moins mal et tout ici me rappelle parce qu'au ras du sol que là-haut rien ne dépasse rien ne laisse de trace chaque fois que la nuit finit dans le jour en apparence je ne sais plus si je souris si je compense cette nuit si je dois choisir je préfère l'indifférence et j'attends mon tour pour partir en ambulance. »,

Hugo Lachance : C'est drôle je remarque toutes les « encore » là.

Antoine Corriveau : Ouais c'est vrai. Les premières lignes de la chanson étaient venues assez tôt puis ça m'a pris du temps avant de la finir. C'était une chanson d'amour déçu là je pense. Puis il a fallu que je me sépare pour la finir quasiment. C'est un peu ça qui s'est passé. Je pense que je... on parlait de violence plutôt. Je pense que c'est ça ce questionnement-là dans cet héritage-là. Parfois c'est dans le couple souvent qu'on rejoue les dynamiques qu'on a connues dans la famille. Je pense que je me suis beaucoup questionné sur les genres de violences parce qu'au-delà de la violence physique, il y a toute la les violences verbales, psychologiques qui nous touchent. C'était comme l'idée derrière tout ça, je pense ça vient avec une fatigue puis une usure émotive. Puis musicalement c'était comme une autre pour moi des chansons plus mélodiques justement, un autre des releases. C'est une chanson sur laquelle je sais pas quoi dire. C'est une chanson qui est née de manière plus classique que j'ai composée voix guitare, puis qu'on a comme un peu plus arrangé mais il y a plein d'affaires encore une fois qui sont arrivées. L'espèce de refrain, c'est encore une erreur qui est devenue un refrain. C'est moi qui attends le moment pour chanter mon couplet puis qui fais juste dans le vide puis je fais n'importe quoi. Mais ce n'importe quoi là il est un peu beau. Je fais comment je pourrais le doubler puis je pourrais l'harmoniser puis finalement ah mais j'avais je pensais que ça c'était mon refrain mais finalement ça va être ça mon refrain.,,

Hugo Lachance : Il y a le synthé au début que je parlais. C'est lui qui suit la mélodie en fait là.

Antoine Corriveau : Ouais ouais ben ça c'est moi qui l'a trouvé je pense. C'est ça l'avantage d'avoir mon studio maintenant, c'est d'être en train de composer, d'être en train d'écrire puis d'arranger en même temps puis d'enregistrer en même temps. Tout ça je suis en train d'enregistrer puis j'étais encore en train d'écrire ma toune puis je gose des affaires j'essaie des affaires.

Hugo Lachance : Parce que j'en parle parce qu'il y a tout au long de l'album, c'est un album qui est plein de détails. Quand même ! Il y a des tounes qui sont assez riches. Puis c'est un album que j'ai écouté plusieurs fois puis à toutes les fois on trouve une petite façon d'enregistrer, une petite façon de mixer, un sampling d'ajouté. Il y a beaucoup de travail dans cet album-là. Comme un petit là-dedans aussi des belles petites surprises comme ça, des détails. Mais non mais c'est le fun. Moi j'aime ça aussi comme auditeur puis en fait ça ça me fait penser à Jousselin Luc qui a mixé l'album, il m'a dit qu'il était content parce qu'il a mixé le disque d'une manière qui... il me disait ça fait longtemps que je veux mixer un disque comme ça.

Antoine Corriveau : Je pense que si je me souviens bien ce qu'il disait c'est que c'était de la manière dont le disque de Brian Wilson, Smile, il a été mixé : plutôt que de mixer ça chanson par chanson il mixe des sections. Genre il ouvre une toune il va mixer le refrain, il en ouvre une autre il va mixer un couplet. Puis je pense que ça va avec l'esthétique de justement il y a beaucoup de changements de cap dans une même chanson. Même dans le mix il y a cette approche-là où il sait pas il a pas passé genre une journée au complet à la même toune, il passait d'un refrain au un solo d'un autre toune. Fait que je pense que ça doit aussi contribuer à ce qu'il y ait des réponses d'une toune à l'autre aussi dans toutes ces détails-là.

Hugo Lachance : Cool. On va passer à la prochaine toune, Argentine.

Antoine Corriveau : « Je suis venu chercher sur un plateau d'argent le bar l'argent du bar un café fait on dit que tu fais le meilleur argentine tu bien f argentine tu bains inf é sous la douche et ran de s remplir les mains lui lavait déjà le corps quand je suis arrivé elle était nue dans ma bouche et l'embrassant comme un trésor entre deux morts argent. Toi tu es bien fine Argentine tu es bien f un café de bacon des patates et des... »,

Hugo Lachance : Très cool cette toune-là !

Antoine Corriveau : Ouais je l'aime beaucoup aussi avec surtout avec les sampling de serveuse.

Hugo Lachance : De serveuse ouais ! Café bacon.

Antoine Corriveau : Mais c'est drôle parce que j'ai vraiment chouette là. J'ai voulu... j'ai passé par plein d'étapes là. J'ai voulu demander au chanteur de Comment Debord de venir jouer la serveuse de diner. Après ça j'ai pensé engager une actrice. Mais là quelqu'un m'a dit : « non mais tu devrais enregistrer des vraies serveuses dans des restos ». Fait que j'ai fait ça. J'ai mis mon téléphone sur la table de plusieurs restos déjeuners, j'en ai accumulé une coupe. Il y a deux personnes différentes sur l'album qui ne le savent pas là. Mais c'est en toute tendresse parce qu'en fait c'est des personnages pour qui personnellement j'ai beaucoup de tendresse et d'admiration. On va souvent manger au resto à déjeuner un peu le lendemain de veille. J'admire beaucoup en fait cette dans les fins de soirée là... je veux dire mon dieu mettons c'est quoi c'est quoi au Fameux là Mont-Royal, elle côtoie tellement de monde dans des états comme tout pas plus impossibles les uns que les autres là puis ils ont une de répartie. Je trouve ça malade en fait. Puis c'est parti d'une idée de quelqu'un qui quitte un chum pour aller déjeuner aux petites heures du matin.,

Hugo Lachance : Puis c'est comme musicalement c'est vraiment drôle.

Antoine Corriveau : C'est comme j'ai réalisé deux disques pour Fantôme puis le premier disque que j'ai fait avec lui il s'appelle Vampiricide puis on travaillait avec Stéphane Bergeron à la batterie puis Stéphane il commençait à s'amuser à mettre des petits micro-contacts sur son drum puis passer son drum dans des effets. En tout cas il a juste joué ce groove-là puis c'était comme on parlait de Julie Payette là dans ce temps-là je sais pas pourquoi mais on n'arrêtait pas de dire que Julie Payette était pas fine pendant qu'elle était comme ministre. Fait que là on criait « pas fine » puis il faisait ça. Le gars derrière le projet Fantôme il voulait faire de quoi avec finalement ça a pas marché puis mané j'ai dit ben je peux-tu le prendre moi je ferais peut-être une toune puis j'avais comme une minute et demi de son beat là qui sonnait un peu tout croche parce que j'avais genre un micro là c'était n'importe quoi. Puis à un moment donné j'étais tout seul puis je me suis juste amusé j'ai pogné une basse j'ai tapé l'espèce de riff de basse. Puis là j'entendais tu sais il y avait des échos de « est pas fine » mais ça sonnait un peu « est bien fine tu es bien fin ». Fait que là je me suis mis à écrire un texte complètement n'importe quoi là sans trop le prendre au sérieux. Ma basse quand je l'ai tapée je l'ai pas accordée fait qu'elle est comme en deux tonalités un peu. Fait ça m'a comme donné un genre de défi où presque tous les instruments qui apparaissent apparaissent vraiment brièvement parce que de la minute que j'essayais de faire une part trop longue ça s'entendait que ça frottait ou c'était pas beau. Fait que c'est une suite de niaiseries là toune-là. Puis la fin, l'outro de la chanson, ça arrête là ça repart puis là c'est je dis « tu es tellement tellement »... en fait j'étais en studio avec Madesio il était venu pour improviser des beats puis on a déconné sur l'espèce de cover d'un gars de Star Academy qui avait repris Richard Desjardins puis là on l'écoutait puis on trouvait ça dégueulasse. Puis là il s'est mis à jouer du drum et puis en faisant comme « tu es tellement tellement tellement belle ». Puis là j'ai comme « e tu peux-tu me refaire ça à dire tu es tellement tellement tellement finis ? ». C'est vraiment des fois je je sais pas comment mon cerveau il est fait pour me dire que ça ça va finir par faire une toune.,,,

Hugo Lachance : On essaie quelque chose, c'est un segment que j'ai déjà fait avec Mélissa Fortin puis Fred J. Alors on y va track par track. Ça veut dire que là on va écouter un extrait d'Interruption. Puis après ça avec Antoine on va décortiquer la toune piste par piste.

Antoine Corriveau : « Je sais ma b à l'intersection je n'ai pas bougé depuis trois saisons. »

Hugo Lachance : Tu aimerais entendre quoi là ? Ben moi là ce que j'aimerais entendre c'est mettons ta traque de base... pas nécessairement de base d'instrument. Mais tu sais mettons là quand ça starte le drum.

Antoine Corriveau : Ouais ça c'est le drum. Puis tu sais ce riff-là il était né dans les jams mais on l'a refait parce qu'on s'est dit on peut le faire mieux puis ce qui est vraiment trippant je trouve c'est la contrebasse parce qu'on a fait une session où on a pris chaque note de contrebasse puis on les a enregistrées puis Marc-André Landry il les a samplées puis il les a mises dans son MPC. Fait que ça donne ça comme ton... tu sais tu as comme une agressivité qu'une contrebasse a pas tout le temps là. Puis il y a aussi d'autres bruits que tu mettons... puis ok c'est OK je me demandais c'était quoi aussi ça puis de temps en temps je pense qu'on l'entend un moment donné ça c'est puis il y a aussi quelque part je pense on mettait ma guitare contre sa corde puis ça résonnait.,

Hugo Lachance : Ok avec des guitares qui font comme... c'est niaiseux la guitare qu'on entend en ce moment je viens de remarquer là.

Antoine Corriveau : Oui c'est parfait ça. J'avais un genre de bracelet qu'on entend dans la guitare. Un peu off il y a beaucoup de choses de même.

Hugo Lachance : J'aime ça.

Antoine Corriveau : Moi qui essaie de faire du funk tu sais. Puis là il y a l'espèce de après ça on tombe dans l'espèce de d'instrumental je pense. Où je me suis amusé à faire des voix comme ça. Aucun aucune fierté. Je les mets sur solo. On voit que c'est pas tout le temps clean.,

Hugo Lachance : Non non mais c'est OK c'est bon quand même.

Antoine Corriveau : Il y a mon petit clin d'œil à Beck aussi. Et là pour moi c'est c'est sur l'autre piano jazz très cool un peu distorsionné.

Hugo Lachance : Ah ouais il y a ça sur tout là dans l'album là. Moi j'en ai mis j'ai beaucoup cochonné les traques puis Jousselin Luc aussi il fait ça fait que...

Antoine Corriveau : Ah mais merci merci à toi. C'est le fun de faire ça. On va passer des heures à faire ça mais bon...

Hugo Lachance : Pur sentiment.

Antoine Corriveau : « Je disais-tu juste devant où c'est que nous sommes très peu dérangés comme un nous deux des accès je dirais intimité sans substance découverte pour la forme mieux dans les circonstances tout à fait dans les... »

Hugo Lachance : Donc Pur sentiment avec Violette P. Très étrange chanson mais en fait c'est drôle parce que toute la première section c'est les premières affaires que j'ai enregistrées là tout seul là quand je gossais puis que j'avais un peu une coupe de samples que je rajoutais là-dedans de disques. J'aimais bien la vibe de la musique mais c'est un texte qui a pris du temps mettons puis je parce que je savais pas trop de quoi je voulais parler. C'est né beaucoup autour justement c'est Violette P un soir j'étais avec lui puis il a dit une phrase dans un souper, il parlait de la face de quelqu'un qui disait genre « gars il a 19 ans puis il était déjà mort ». J'aimais bien cette phrase-là puis fait que j'ai écrit beaucoup sur un espèce de personnage d'adolescent qui va pas bien puis j'ai comme compris plus tard que je faisais comme une rencontre entre moi de 19 ans puis moi de 39 ans. Fait que c'est un texte qui a pris son temps quand même. Je l'ai invité je disais ça serait cool qu'on la fasse ensemble. Il est arrivé puis je gossais comme sur la vibe un peu de la deuxième section puis rapidement j'avais juste genre un beat puis une basse je pense puis il s'est assis au piano. Il s'est mis à faire une mélodie au piano mais tu sais c'est pas un pianiste là fait que c'était un peu tout croche puis il se trompait dans ses accords mais après ça on s'est mis à enregistrer des voix mais c'était le bordel c'est n'importe quoi. On avait un micro j'avais un bout de texte mais lui il se trompait dans les paroles. Il changeait le texte parce qu'il se trompait dans les paroles puis c'est devenu ça le texte là. Puis on jouait on faisait des voix on gueulait on jouait des grelots en même temps on jouait de la flûte puis tout ça est devenu un espèce de bordel de la fin puis toutes ces erreurs de piano j'étais comme mais cette erreur-là est pas belle mais toutes les autres erreurs si je les organise un peu encore une fois on dirait qu'elles forment une espèce de progression d'accords surprenante puis le fun. Fait que c'est ça. Puis c'est ça l'espèce de finale tu sais. C'est ça dans le fond il s'est trompé dans une parole. Dans le fond c'est les paroles qui sont répétées à la fin c'est comme « je n'ai rien à t'apprendre je n'ai rien à te donner que des choses à te prendre et puis je peux t'oublier ». Mais moi mes paroles c'était « et puis je peux tout t'oublier ». Mais lui il a oublié de dire le « tout » puis au début je ah non mais c'est... là j'essayais de le corriger puis là après là il dit : « ah je sais pas je trouvais ça drôle de même ». Puis là je dis c'est comme vrai c'est comme un peu l'hymne du fucker là on dirait là tu sais je je te prends plein d'affaires puis là on le chante puis c'est comme je l'ai vu un peu très comme finale quasiment là tu sais un peu Hey Jude là genre très comme il y a plein de puis c'est un cacophonie. J'étais influencé beaucoup par une toune White Elephant je pense de Nick Cave qui est comme super dark tu sais puis la fin ouvre puis il y a des gens du gospel. Capacité en fait à faire à travers un arrangement puis une direction quand même qui est sombre puis tout mais qui mané de quoi qui devient comme un signe. OK ça paraît qu'il y a eu du fun dans cette toune je comprends la vibe.,,,,

Hugo Lachance : Parc Avenue avec Cherry Lena.

Antoine Corriveau : « Nous faisons l'amour parfois jusqu'à en perdre la raison et à la nuit qui semble ne jamais vouloir se terminer je retourne ensuite le cœur léger. »

Hugo Lachance : Donc Parc Avenue. Finit bien l'album.

Antoine Corriveau : Mais c'est ça on achève rendu là puis je suis comme... ça arrive souvent là on dirait quand je fais un disque comme d'être ça à la fin puis qu'il y a une nouvelle toune qui pope puis vouloir la faire fitter sur le disque puis c'est un classique quand même. Un soir chez nous tout seul j'ai composé ça à la guitare puis mais là c'était très je me retrouvais avec une espèce de toune voix guitare que je voulais pas faire comme ça. Fait j'avais cette espèce de sample de beat-là qui je me dis je vais le taper là-dessus de suite ça va comme enligner ailleurs. Puis je trouve que c'est un... j'aimais j'aimais ce mélange-là entre la petite guitare acoustique très simple mais puis très très justement il y a un petit côté vieille vieille guitare brésilienne là-dedans puis arranger ça avec full de synthés. C'est une de celles où il y a le plus de programmation puis Stéphane Bergeron l'a vraiment amenée plus loin là à la fin là tu sais il y a une empilade de beats programmés puis Shinoko aussi les synthés qu'elle a faits là-dedans. Ça a vraiment comme donné une autre verve. Puis j'aime beaucoup ce mix-là comment elle a été mixée aussi par Jin-Luc, la guitare acoustique qui est là qui est très dry que tu entends tout le temps mais tu as tout cet univers-là qui n'a rien d'acoustique autour là. Et puis c'est partager sa voix avec une voix féminine aussi.,,

Hugo Lachance : Oui ben c'est hot, c'est moi moi c'est quelque chose qui me plaît.

Antoine Corriveau : Oui mais tu sais Lena quand est venue chanter la première fois est venue comme une fois en mode improvisé comme plein de musiciens musiciennes, est venue chanter dans le vide, est venue chanter une toune à jamais puis dans cette chanson-là elle avait fait plein de juste de de voix en arrière mais qui suivaient un peu des boutes de texte mais rien puis c'était super beau puis là elle a tapé sur plein d'affaires puis là c'est là que j'ai j'ai eu mon espèce de révélation dont je parlais un peu plus tôt là puis que je me dis cette fille c'est malade là ce qu'elle ajoute aux chansons. Fait que plus tard dans mon processus là je l'ai rappelée puis je dis : « j'aimerais ça que tu viennes mais là comme plus comme j'aimerais ça que tu baques telle section j'aimerais ça ». Puis cette chanson-là elle l'avait vraiment aimée, elle l'aimait beaucoup, c'était une de ses préférées. Fait que j'étais comme ça fitte avec le texte aussi que qu'on qu'on soit qu'on soit les deux à la chanter. Fait que ouais elle est venue la chanter puis ça ajoutait cette dimension-là parce que ça clôt bien l'album.,

Hugo Lachance : Il en reste une.

Antoine Corriveau : Balcon. C'est vrai je me suis une petite erreur de notation dans dans dans mes notes. Balcon ouais c'est ça une autre toune qui finit un peu fleuve aussi. Un jam avec un riff. En fait c'était vraiment c'était encore une affaire qui est arrivée sa fin puis que j'avais composé à la guitare puis qui était très j'avais une version full smooth mais je voulais pas ça. J'étais ici un soir avec Stéphane Bergeron puis Marc-André Landry puis je leur dis j'aimerais qu'on essaie une version vraiment comme un peu punk qui juste on la joue de même puis on l'a fait on l'a tapée live les trois un peu pour trouver un arrangement mais évidemment ça a fini par être ça qui est sur le disque. Puis en fait il y avait vraiment une énergie le fun puis on trouvait ça débile cette idée justement que ce disque-là qui est tellement un disque de collage puis de qu'on a fait mais presque rien. C'est vraiment beaucoup cette espèce de juste vibe les trois ensemble où on a joué la toune puis c'est ça que je trouve il y a quelque chose de libérateur dans pour moi ce texte-là. J'ai habité sur la rue Rachel puis j'avais un tout petit balcon minuscule puis souvent je remarquais je sais pas si c'est à cause que c'est une rue comme plus commerciale que résidentielle mais on dirait que les gens pensent pas au fait qu'il y a des balcons. Genre je regardais souvent le monde puis j'avais l'impression que personne savait que j'étais là. Puis tu es comme perché puis les autres tu as l'impression d'être invisible.,,

Hugo Lachance : Exact ouais.

Antoine Corriveau : Puis ça collait beaucoup au thème du disque où puis je pense c'est un appartement où il s'est passé plein de choses dans ma vie où j'ai voulu ah je sais pas apparaître puis exister puis fait que ça ça pour moi ça closait cette affaire-là de belle manière. C'est un texte qui pour moi quand je l'entends elle me fait quelque chose.

Hugo Lachance : Merci. On a passé au travers l'album et on a réussi ! My God ! On va passer au segment rapide rafale. Pour conclure, quelle chanson représente le mieux cet album ? Si tu avais à faire écouter une toune ça serait laquelle ?,

Antoine Corriveau : C'est difficile mais je pense que Interruption qu'on a ouvert je la trouve le fun parce que je trouve qu'elle a cette recherche mais en même temps cette instantanéité avec le refrain qui est chanté par Lena. Puis elle puis Sous-sol c'est comme un peu deux que j'aime beaucoup beaucoup.

Hugo Lachance : Meilleure chanson en show de cet album-là à date là ?

Antoine Corriveau : Ben pour de vrai Sous-sol est quand même un moment puis c'était une de celles que je me disais on va-tu vraiment y arriver là ? Mais je suis content de où on est arrivés puis je pense qu'à date les shows qu'on a faits je pense que c'est une chanson qui qui est venue chercher les gens qui aiment ma musique parce que quand elle arrive la réaction est le fun fait que c'est sûr que ça nous crinque aussi.

Hugo Lachance : Vraiment fort. Qu'est-ce qui te rend heureux d'avoir dans cet album-là ?

Antoine Corriveau : Tout honnêtement c'est vraiment une... je trouve que j'ai vraiment eu beaucoup de plaisir, beaucoup de liberté. Je pense que chaque disque que je fais je me sens un peu plus libre. Je pense que je suis à une place dans la musique où ça m'intéresse plus de faire de la musique qui me surprend pas. Même quand je travaille avec d'autres artistes, ça m'est arrivé des fois si je travaille avec du monde qui sont un peu sur les breaks je suis peut-être juste pas la bonne personne pour travailler.

Hugo Lachance : La toune que tu aimes le moins si tu en avais une à enlever sur l'album ?

Antoine Corriveau : C'est une bonne question mais je suis pas capable je les aime toutes là c'est trop frais ! C'est trop frais encore. Sur toutes mes autres albums je serais capable mais là sur celui-là... je sais pas je trouve que quand on en a parlé je te l'ai dit Ambulance on dirait je sais pas quoi dire sur cette toune-là mais en même temps j'aime full le petit haut vocal. Mais c'est peut-être parce que c'est une des chansons les plus conventionnelles sur le disque. Ça n'arrivera pas mais quand même ça serait Ambulance.,

Hugo Lachance : C'est Ambulance. C'est bon. Puis où est-ce qu'on peut se procurer l'album ?

Antoine Corriveau : Ben partout je pense où ils vendent des disques dans les deux trois endroits qui restent mais à l'Oblique, au Vacarme, au 180g, aux 33 Tours, les plateformes et cetera.

Hugo Lachance : Ben oui ça vous tente en show. Puis parlant de show on annonce des shows bientôt et en 2026 c'est là que ça va commencer. Cool ! Merci beaucoup Antoine Corriveau.

Antoine Corriveau : Merci à toi pour ce marathon d'appréciation de ton album ! Merci ! Merci beaucoup !

Hugo Lachance : Ben merci aux auditeurs, merci à tout le monde. Merci à Hopéra d'avoir commandité cet épisode-là. Si vous voulez faire un don pour le podcast si vous aimez mon travail, rendez-vous l'album podcast.ca. Il y a un lien aussi dans la description. Et puis écoute on se retrouve pour un prochain épisode de l'Album Podcast.,