Transcription de l'épisode avec Ariane Roy : Dogue

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 4 novembre 2025, en provenance de la salle des tortues à Montréal. Aujourd'hui, je reçois une digne représentante de cette génération qui redéfinit la pop avec une musique intelligente, créative, audacieuse. Alors, j'ai le bonheur de recevoir Ariane Roy à L'Album Podcast. Bonjour à tous et à toutes. Avant de vous présenter dignement mon invitée, je veux juste vous mentionner que l'épisode est une présentation de la salle des tortues. C'est l'endroit où on se trouve aujourd'hui. La salle des tortues, c'est un studio écran vert tout équipé qui répond à tous vos besoins, que ce soit pour des petits tournages, des grands tournages, vidéoclips, ça peut être des documentaires, ça peut être des sketchs d'humour, n'importe quoi. Alors, je vous encourage à chercher la salle des tortues sur internet et Véronique va vous accueillir, bien entendu, dans ce magnifique studio tout équipé. Alors, merci de nous prêter ce studio. Autre chose aussi, je tiens à remercier les nouveaux abonnés. Franchement, c'est super, le podcast va bien, c'est vraiment cool. Et c'est ça, je vous invite à venir vous abonner sur Instagram, Facebook, Blue Sky, même TikTok. Mais je ne fais pas de danse, par exemple, ça c'est clair. Venez nous rejoindre sur les réseaux sociaux. Abonnez-vous sur YouTube, ça me fait extrêmement plaisir. C'est un geste qui ne vous prend pas de temps puis, comme vous le savez, c'est un peu le nerf de la guerre pour les podcasts comme celui-là. Aussi, quelque chose de nouveau : vous appréciez mon travail, vous voulez soutenir le podcast, et bien vous pouvez faire un don, soit un don spontané ou un don par mois. Vous avez juste à cliquer sur le lien dans la description. Et pour ceux et celles qui sont à l'audio, rendez-vous au www.lalbumpodcast.ca, il y a un lien pour ça. Ça me ferait extrêmement plaisir. Ariane, bonjour, ça va ?,

Ariane Roy : Ça va très bien, et toi ?

Hugo Lachance : Ben ça va super bien, merci d'être là. Merci bien.

Ariane Roy : Merci de m'avoir invitée, je suis très contente d'être là.,

Hugo Lachance : Puis là, tu étais au milieu d'une tournée. Comment ça se passe, ce spectacle ?

Ariane Roy : Ça se passe vraiment bien. Ouais, ouais, j'adore ça. J'adore, j'adore ma tournée. Ça se passe vraiment bien, puis je me sens bien. Puis ouais, c'est fou, ouais.

Hugo Lachance : Parlant justement de ta tournée, il y a Frédéric de Simone, le 18 juin 2025 pour le Journal de Montréal à propos de ton show aux Francos cet été : « C’est par la pièce-titre de son dernier opus qu’elle a ouvert son concert, dans un jeu de lumière qui découpait sa silhouette au fond de la scène, au grand plaisir des festivaliers qui commençaient à s’impatienter. Elle bouge, saute, danse et exorcise ce qui l’embête. Elle occupe l’espace malgré la petitesse de la scène et joue avec ses éclairages qui ont tantôt créé une ambiance feutrée puis disco, et tantôt des effets psychédéliques et grunge, comme avec les ruptures de ton de son album. » Comment ça se passe, un spectacle d'Ariane Roy ?

Ariane Roy : Faut venir le voir. Faut venir le voir pour le découvrir. Sinon, je pense que c'est un spectacle qui est quand même assez... C'est une conception justement d'éclairage de Raoul Baudin, un éclairagiste, personne incroyable de 21 ans, d'ailleurs un jeune prodige. Puis je pense que c'est visuellement et musicalement, on a voulu faire quelque chose qui était quand même théâtral. Et visuellement et dans la musique, je pense qu'on a mis beaucoup de temps quand même à monter ce spectacle-là. C'est la direction musicale de Blaise Borboën-Léonard et la mise en scène de Navet Confit et moi aussi. Bon, fait que ça fait... Je pense que on peut s'attendre à quelque chose qui est quand même assez dynamique. Il y a beaucoup de courbes musicales, même narratives on dirait dans le spectacle, je dirais. Fait qu’il y a un soin qui est apporté à la mise en scène. Et puis oui, ouais, j'avais ce désir-là aussi. On a commencé à faire les shows au mois d'avril puis au mois de décembre, je regardais beaucoup de spectacles, je prenais des notes pour justement qu’est-ce que j’avais envie dans ce spectacle-là. Puis des fois, c'est dans les détails finalement. Je pense qu’avant j'étais... c'est comme si j'en voulais plein, des points de mise en scène importants, mais finalement ça reste un show de musique.,

Hugo Lachance : Ouais, ouais, je comprends.

Ariane Roy : Fait que finalement, on a plus misé sur des petits trucs mais qui ont leur importance dans le spectacle. Je pense que c'est... OK, bon cool.

Hugo Lachance : Et puis est-ce que tu apportes beaucoup de changements à la musique dans ton spectacle ou ça reste pas mal les versions intégrales de tes albums ?

Ariane Roy : C'est assez différent dans le sens que c'est fidèle à la chanson puis ça respecte l'esthétique. Mais par exemple, il y a des chansons qui sont beaucoup plus longues, on fait des transitions. Les chansons de Medium Plaisir, par exemple, pour les ramener dans le spectacle de Dogue, on a changé quelques arrangements. Mais j'ai toujours été comme ça avec Medium Plaisir, c'était ça aussi. La scène et le disque, pour moi, c'est deux endroits différents. Je trouve ça le fun que les gens aient accès à autre chose aussi. Dans le sens que si tu veux écouter quelque chose qui est exactement comme le CD, ben tant qu'à ça, tu peux aussi rester dans ton salon puis l'écouter. Mais je veux dire, on parle de la même chanson là. Mais tu comprends, c'est ça. Il y a quelque chose qui est quand même... le son, la structure n'est pas tout le temps la même. C'est ça. OK, c'est cool.,

Hugo Lachance : Je commence toujours, bien évidemment, par présenter les artistes. Je pose toujours les mêmes cinq questions à chaque invité histoire de mettre tout le monde sur un même dénominateur. Alors Ariane Roy, c'est une fille de où ?

Ariane Roy : Québec. Québec, oui.

Hugo Lachance : Ton album d'enfance, le plus loin dont tu te souviennes ?

Ariane Roy : Tu commences raide ! Ben oui, je sais. Le plus loin que je me souvienne, je crois que... Ah, ça, ça va me suivre longtemps parce que j'ai dit ça souvent dans mes premières entrevues, mais c'est l'album En famille de Mes Aïeux, le plus loin que je me souvienne. OK, cool.,

Hugo Lachance : Écoutez, j'ai reçu d'ailleurs Stéphane Archambault pour son album solo qui est excellent, oui on le salue, Stéphane, allez écouter l'épisode. Ensuite, ton album d'adolescence ?

Ariane Roy : Album d'adolescence... Ah ben attends ! C'est vrai, je me rappelle... Il parle de toi ou de Lou parce que vous vous êtes rencontrés dans un...

Hugo Lachance : Il faut que je m'en souvienne. Dans l'épisode, il mentionne que vous vous êtes rencontrés dans un party à quelque part, puis vous lui avez dit, je ne sais pas si c'est spécialement toi ou Lou, mais je pense que vous étiez là toutes les deux, et vous lui avez dit que vos parents vous avaient amenés à un concert de Mes Aïeux.

Ariane Roy : Ah, mais ça doit être moi, je ne pense pas que c'est Lou. OK, OK. Je ne m'en rappelle plus. Oui, oui, oui, 100 %. Puis je me souviens, j'avais 7 ans puis j'avais parlé à Stéphane Archambault. OK, OK. Je me cachais derrière ma mère. Ma mère était comme : « Non non, là tu vas aller voir, tu vas dire que tu l'aimes, tu écoutes ta musique là. » Puis c'était comme... Oui, c'est ça mon souvenir. Oui, oui. Mais donc mon album d'adolescence formateur, je pense que c'est... il y en a mettons trois qui me viennent en ce moment : Back to Black, un album de Karkwa, genre Le volume du vent mettons. OK. Puis premièrement un album de Louis-Jean, c'est ça qu'on écoutait, puis un album de Marie-Pierre Arthur. Ah ouais ? OK. Ouais. Je ne sais pas lequel, peut-être le premier de Marie-Pierre Arthur. Ouais, ça serait ça. Ça représentait quand même ce qu'on écoutait. Cool.,

Hugo Lachance : Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?

Ariane Roy : La musique québécoise. Ah ouais ? OK. Ouais, ouais, ouais. Mes parents écoutaient beaucoup de musique québécoise : Pierre Lapointe, Ariane Moffatt... Pierre Lapointe, je l'ai écouté tous les jours de ma 6e année là, tous les jours. C'était quelque chose. Ouais, beaucoup de musique québécoise aussi. Moi, quand mon père venait me chercher à l'école, mon père mettait... c'est tout le temps l'heure du jazz là, Radio-Canada je pense, puis il écoutait exactement ça. Puis il y avait tout le temps chez moi aussi, dès qu'on recevait, mon père avait comme plein de CD de jazz, plein de chanteuses et chanteurs jazz. Puis c'est ce qu'on écoutait. Fait que ça se mélange pas mal entre ces deux choses-là. C'est cool. Ouais, parfait.,

Hugo Lachance : Et puis à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?

Ariane Roy : C'est quand même une question... c'est une question difficile parce que à quel moment j'ai réalisé que la musique est fondamentale, ça ne veut pas nécessairement dire à quel moment j'ai réalisé que la musique j'allais faire ça professionnellement. Non, non, c'est ça. Mais un moment donné tu fais comme « ah, la musique va prendre une partie de ma vie ». Ça peut être aussi que tu dises « OK, j'aime assez la musique pour en faire une carrière », ça dépend. Je pense que c'est quand... je pense que je dirais que c'est en 5e année. Moi, ça faisait un an que j'étais dans la Maîtrise des petits chanteurs de Québec, qui était une école de musique, une chorale. Il y en a plusieurs des maîtrises : la Maîtrise du Mont-Royal, des petits chanteurs de Montréal... Il y en a en France, il y en a... Bref, puis il y en avait une à Québec. Moi j'étais dans cette école-là avec Lou-Adriane d'ailleurs. Puis un an après que je sois rentrée dans l'école, on avait un spectacle avec... ce n'était pas avec Les Violons du Roy mais je ne m'en souviens plus, en tout cas au Palais Montcalm, on chantait Rossini, La Petite Messe solennelle de Rossini. OK. C'était un gros... On n'était pas supposés, les 5e années, faire partie de ce show-là parce qu'on était trop jeunes, puis il fallait prouver qu'on était capables de faire le show. Fait que là, tout le monde avait pratiqué comme des malades. Finalement, on a fait le show. Je me souviens qu'après ce spectacle-là, qui était tellement stressant, c'était comme le gros spectacle au Palais Montcalm, on fait un show complet sans interruption d'une heure. C'est impressionnant pour moi, j'avais 11 ans. Puis ça, je me souviens qu'après ce spectacle-là, c'est comme si... c'est le premier spectacle qui a comme changé ma vie. Ouais, dans la musique. Je repense à ça, puis c'est... je repense à ça cette année. J'avais oublié ça puis je ne sais pas pourquoi cette année j'y repense. Je me dis : c'était quand même un moment important à ce jour dans ma vie. Je dirais ça. OK, super.,,

Hugo Lachance : Ouais. Puis l'autre question, ton Wikipédia y répond parce que j'ai consulté beaucoup d'articles de journaux puis Wikipédia parce que c'est toujours drôle un peu, Wikipédia. Oui. Donc Ariane Roy apprend à jouer du violon dans sa jeunesse et poursuit des études en musique au campus Notre-Dame-de-Foy, puis à l'Université Laval, se spécialisant en chant jazz et pop. Oui, c'est ça. Ouais. OK. Ton premier instrument : le violon. Oui, 8 ans de violon. Est-ce que tu en as mis dans tes albums ?

Ariane Roy : Non, je ne joue plus de violon. Je ne joue plus depuis que j'ai 15 ans parce qu'au secondaire j'ai commencé à trouver ça plat, le violon. Ouais, puis je voulais jouer de la guitare. Ben oui, j'ai... ben oui, je comprends. OK, cool.

Hugo Lachance : Après ses études, elle se consacre à son projet musical solo et publie sa première chanson, « Adèle », en mai 2019. Comment on sait qu'on est prêt à sortir sa première chanson ?

Ariane Roy : Moi, j'ai attendu très longtemps avant de vraiment décider que je faisais un EP. C'est la première chose que j'ai sortie là, maintenant. OK. Puis je me souviens que c'est Dominique Plante, le corréalisateur avec qui j'ai fait Medium Plaisir et le EP Avalanche, qui m'avait écrit : « Hey Ariane, on fait un EP ? » OK. C'est comme quand il m'a dit ça que là on dirait qu'il m'a juste mise de... on dirait que je n'avais comme pas le choix de... ben oui.

Hugo Lachance : Comment il t'a découverte ?

Ariane Roy : On se connaissait de vue, on s'était rencontrés parce qu'il était comme intéressé à travailler avec moi, mais les deux on n'était pas encore complètement dans ce milieu. Ben oui, il était dans le milieu mais il était dans un milieu plus corporatif. OK. Et à ce moment-là, il travaillait avec Liana Bureau. On s'était rencontrés... On avait fait les mêmes études mais à cinq ans d'intervalle, fait qu'on ne s'était pas suivis là. Puis finalement c'est ça, c'est lui qui m'a comme juste dit « OK ben let's go on fait le EP », puis là j'ai fait « OK bon ben oui ». Puis on a fait « Adèle », la première chanson ensemble. Puis je pense que on dirait que je n'avais juste pas le choix, je ne pouvais plus reculer vraiment à partir de ça. Il fallait qu'elle sorte. C'est bon.,

Hugo Lachance : Toujours ton wiki : « Lors de cette même année, elle participe au concours Destination Chanson Fleuve du Festival en chanson de Petite-Vallée où elle remporte deux prix. En 2020, elle se retrouve finaliste au Cabaret festif de la relève, demi-finaliste au grand concours du Festival international de la chanson de Granby et finaliste aux Francouvertes. » Est-ce que les concours sont un passage obligé dans une carrière au Québec ? Puis qu'est-ce qu'on en retient ?,

Ariane Roy : On me pose souvent cette question-là, puis c'est comme si j'ai tendance à dire que ben ce n'est certainement pas un passage obligé dans le sens que ben je connais des gens qui n'ont pas fait ça puis ils font ça dans la vie. Pour moi, ça a été déterminant. Donc dans mon expérience, ça a fait en sorte que ben d'un, j'ai joué. Je pense qu'aussi l'affaire c'est que quand tu commences un projet, je n'avais pas vraiment d'occasion de jouer les chansons là. Je me suis inscrite à L'Ampli, volet pro à Québec, qui était comme une année de mentorat puis d'aide financière pour relancer un projet, puis j'avais un show au Festival d'été à la fin de l'année. Puis après ça... ben je n'avais plus rien. Fait qu’on dirait que les concours pour moi, c'était comme une façon de juste jouer. Ben oui, c'est ça un peu, d'apprendre et de faire l'expérience. Puis après ça me fait rencontrer des gens. J'ai eu des expériences très un peu plates qui n'ont pas fait grand-chose, puis après ça ben j'ai eu comme les Francouvertes. Ben là j'ai rencontré mon band, j'ai rencontré d'autres artistes, je me suis rendue quand même loin. Puis les Francouvertes aussi, ça reste... je suis porte-parole d'ailleurs cette année des Francouvertes, puis ça reste une des vitrines les plus importantes quand même en termes de concours parce que ça reste un concours. Exact, exact. Qui fait que oui, pour moi, ça a vraiment changé les choses. Mais je pense que pour des gens ça ne fonctionne pas, il y a des gens qui ont même des fois des mauvaises expériences puis c'est bien correct. Ouais, absolument. Ouais, à chacun son parcours, mais ouais, pour moi ça a été déterminant.,

Hugo Lachance : Ça a fait évoluer tes textes parce que tes textes sont assez particuliers, ils ont vraiment une saveur particulière, très mature aussi je trouve. Merci mon Dieu. Ça peut aider à mettons... je sais quand tu fais une Petite-Vallée, tu travailles avec des gens, avec des artistes.,

Ariane Roy : Tu vois, c'est ça. Ce ne sont pas les concours mais ce sont les résidences que j'ai faites parce que moi avant ça... il y avait Destination Chanson Fleuve qui, oui, est un concours au final, mais c'est plus une résidence parce que tu as beaucoup de cours. J'étais allée aussi à un camp, un camp vraiment ouvert à tous, d'écriture à Petite-Vallée à 19 ans. Puis c'était une semaine que d'écriture, il n'y avait pas de musique là. C'est avec Marc Chabot que j'avais fait ça. J'avais fait aussi l'année d'après les Rencontres qui chantent, ça non plus ce n'est pas un concours, c'est vraiment une résidence d'écriture avec plein de monde de la francophonie. Moi je sortais de l'école mais, je veux dire, à l'école je n'apprenais pas à écrire des chansons. J'étais plus dans l'aspect technique de mon instrument. Puis ça me faisait du bien d'avoir justement une autre école pour justement : comment on fait pour écrire une toune, écrire un texte ? Puis ça m'a beaucoup aidée de juste mettre la main à la pâte puis, je veux dire, commencer à écrire quelque chose là parce que je n'avais pas vraiment fait ça. J'avais fait ça un peu avant au secondaire mais ouais, OK.,

Hugo Lachance : Parce que tes textes ont beaucoup de personnalité quand même, puis on va le voir parce qu'on va écouter ton album tantôt. On continue donc. Le 11 février 2022, son premier album officiel, Medium Plaisir, sort sur l'étiquette La maison Fauve. Cet album qui lui permet de se construire un univers musical défini est inspiré par des artistes que la chanteuse apprécie comme Diane Tell, Christine and the Queens ou encore Mitski. Le titre vient d'une blague entre Ariane Roy et son collaborateur Dominique Plante. Tout d'abord, on veut connaître la blague, puis ensuite tu nommes des influences pour ta création de ton premier album. Il y a Diane Tell entre autres que j'adore puis je trouve que ça fitte tellement avec toi. C'est quoi tes références musicales pour Dogue ?

Ariane Roy : Mais c'est drôle parce que Christine and the Queens, ça n'a pas tant été une influence pour Medium Plaisir, en tout cas je ne sais pas si... oui, mais... faut qu'il y ait un air de... c'est ça, le vrai, le faux, on ne sait pas. Mais c'est pour ça qu'on le fait aussi, exactement. Dogue, les influences musicales : Little Simz, la rappeuse anglaise, j'en écoutais beaucoup. Tu connais Little Simz ? Non, non, non. Il y avait... j'écoutais même un... je ne me souviens plus comment, les noms... je veux dire un album de Kendrick, qui était celui où sur la pochette il tient son bébé puis il y a sa blonde derrière ? Cet album-là. Et j'écoutais même du... il y a plus parce qu'il y a plusieurs affaires. Parce que je me souviens que ça s'est passé quand même rapidement, la période où j'écoute plein de choses puis là je commence à écrire. On dirait que ça... j'écoutais même Les Pauses. Ouais ? Ah ouais ! Ouais, non je te jure. Connan Mockasin aussi qui revenait, qui était aussi une influence sur Medium Plaisir, des fois ça revient un peu dans mon univers. Mais j'ai quand même changé justement d'influences musicales. J'étais comme dans quelque chose d'un petit peu plus mordant, plus agressif, puis je trouvais qu'il y avait beaucoup de caractère. J'avais envie de m'inspirer de ça. Je pense que ça me donnait la permission d'écouter ça. C'est pour ça que je te parle des influences, c'est comme une question que tout le monde pose « c'est quoi les influences », mais il y a eu comme un changement. J'ai accroché sur Diane Tell parce que ça, je trouve que ça fitte avec toi. Ouais, quand même. Ben on nous met... ça aussi, mais oui. Et c'est une grande, c'est une grande. Mais merci, c'est un compliment parce que je trouve que c'est une grande... Mais oui, c'est un compliment, merci. Puis la blague, c'est quoi ? Medium Plaisir, c'est un fichier je pense d'une chanson qu'on trouvait bien, bien correcte. Je ne me souviens pas qu'elle s'appelait « Medium Plaisir ». Puis finalement c'est comme... j'en avais parlé, c'est parce que c'est la chanson « Ce n'est pas de la chance ». Puis au début, je ne sais pas pourquoi on avait dit « Medium Plaisir », parce que je pense que c'était compliqué cette chanson-là finalement pour plein de raisons. Puis ça a été... je l'ai nommé à quelqu'un qui m'avait aidée pour la conceptualisation de l'album puis elle avait retenu ce mot-là. C'est resté comme une inside joke mais qui a pris des proportions. Exact.,,

Hugo Lachance : On va parler de ta discographie. Donc, albums studio : 2022 Medium Plaisir, 2025 Dogue. Les deux sur La maison Fauve. Oui. Album live : il y a en 2024 Le roi, la rose et le loup avec Ariane Moffatt, Thierry Larose et toi... et Lou, pardon. Ouais. 2020 Avalanche, c'est ton premier EP ? C'est ça. OK. Tu as sorti des singles comme « Adèle », sortie en 2019. En octobre 2020, elle lance la chanson « Ta main » dont le vidéoclip lui vaut le prix du jury lors du premier tournoi des clips des Rendez-vous Québec Cinéma. C'est ça. Très beau, super beau clip. Merci. Allez voir, je vais le mettre dans la description, c'est vraiment cool ce vidéo-là.

Ariane Roy : Merci, c'est gentil. On a été... j'ai été chanceuse. On est partis une toute petite équipe avec Adrien Villagomez qui a réalisé, puis on est partis 5 jours aux Îles-de-la-Madeleine. C'était vraiment le fun. C'était quand même dur comme tournage côté... ben oui, physiquement. Je me souviens que c'était à la fin du mois de septembre, super froid, puis j'étais dans l'eau glacée à 7h du matin. Mais c'est un tellement beau souvenir de... ouais, j'ai beaucoup de reconnaissance. Super bien réalisé. C'est un beau souvenir de jeunesse aussi. 2023 « Charlie » avec Valence. Oui. En 2023, il y a V2 : Tu as le droit / Banc parc. C'est quoi ce V2 ?

Ariane Roy : C'est vrai, ce sont les Apple Music Sessions. Ce sont des versions un peu acoustiques ou mettons, du moins, plus minimalistes des chansons. OK, que tu as faites pour... OK, je ne savais pas ça. OK, c'est bon ça.

Hugo Lachance : Puis 2024 « Si je rampe », c'est ça ?,

Ariane Roy : Oui, exactement.

Hugo Lachance : Là il y a les distinctions, on va en parler quand même parce que ça fait partie de ton parcours. Gala de l'ADISQ : vidéoclip de l'année justement pour « Ta main », tu as été nommée. Après ça, album pop de l'année pour Medium Plaisir, nomination en 2022. Révélation de l'année, c'est ça, tu as été gagnante ? Oui, exact. Puis 2023, chanson de l'année « Ce n'est pas de la chance », tu as été nommée ? Oui. Puis aussi ton vidéoclip « Kinda », oui tu as été nommée quand même. C'est bon. Oui, ouais. Puis il y en a d'autres qui sont intéressantes aussi : Prix Slaight Music, auteur-compositeur en émergence, oui c'est vrai, ça c'est en 2021. Oui, exact. Fait en profondeur. 2022, prix André « Dédé » Fortin. Oui, oui, oui, mon Dieu oui c'est vrai. 2022 aussi, prix collégial de la chanson de l'année pour « Ce n'est pas de la chance ». Et 2023, Prix Félix-Leclerc de la chanson. Ouais, c'est ça. Mais oui, vraiment. On est ici pour parler de ton dernier album, Dogue. Moche là ! Excellent album, j'ai beaucoup de fun à écouter ça. Donc il y a des gens qui ont écrit sur cet album-là, on va lire ça. 22 mars 2025, Philippe Renaud pour Le Devoir : « Pendant une année, Ariane Roy a composé une dizaine de chansons. Aucune d'elles ne se retrouve sur Dogue. "J'ai tout scrappé", lâche-t-elle, parce que je n'arrivais pas à trouver en elles une direction. Je n'étais pas convaincue moi-même par ce que j'écrivais. » Puis vient une escapade d'un week-end à New York pour rien, sinon juste pour profiter de la ville dans sa grande intensité, raconte-telle. « J'étais tellement dans la recherche de ce que je voulais faire de l'album que ça devenait obsessif. » C'est quoi le contexte d'écriture de cet album-là ? Comment il a vu le jour ?,

Ariane Roy : Mais c'est vrai que c'est en revenant de... parce que New York, dans le fond, ça n'a pas tant d'importance dans l'histoire, mais dans le fond oui, parce que c'est juste que je suis partie une fin de semaine en mode... j'ai eu quand même une année intense : on a eu la première tournée, Le roi, la rose et le loup, puis là j'étais en mode un peu plaisir. Puis je pense que le fait d'avoir décroché de cette obsession-là de trouver ma prochaine direction, la pression du deuxième album aussi là : « mais là c'est clair, est-ce que je vais me planter ? Est-ce que j'ai encore quelque chose à dire ? ». En tout cas, bref. Puis je suis revenue puis je ne sais pas, on dirait que je me sentais bien parce que je n'y pensais plus. Puis j'étais juste chez moi. La majorité de cet album s'est composée chez moi là, dans ma petite salle où je fais la musique, sur mon ordi, ou j'ai mon piano. Puis je me souviens que la première chose que j'ai composée, c'est « I Want Your Body ». Il était comme 10h le soir, puis je fais... il y a quelque chose de très ludique. Puis là j'ai comme « oh ! ». Là je trouvais que j'avais trouvé le plaisir qui me manquait depuis longtemps. Reconnecter avec l'enfant, reconnecter avec le jeu. Quelque chose dans la création qui est très lié au jeu puis à l'enfance pour moi. Puis quand je touche à ça, ça me fait du bien. C'est là que j'ai l'impression que je touche à quelque chose justement. Puis je suis partie un peu de... c'est vraiment cette chanson-là qui a lancé toute la création. Après ça, ça ne s'est pas tout le temps passé comme ça, genre que ça va full bien puis que ça s'écrit en une journée, non vraiment pas. Mais quand même, il y avait tout le temps cette intention-là que ce soit : « OK, aujourd'hui qu'est-ce qu'on fait ? ». Il y a comme un élément de surprise, un élément de plaisir, de se challenger. Ouais, c'est ça. Fait que ça s'est passé. Puis après ça, dans une deuxième phase, là j'ai fait la rencontre de Félix Petit où il m'a encore plus amenée plus loin, où on a approfondi les choses ensemble. On va en parler tantôt. Ouais, ben oui, exact. Fait que c'est ça, ça s'est passé... je ne sais pas, à un moment donné, on dirait qu'il y a eu un moment où c'est juste arrivé, puis ça a changé quand même ma perception par rapport à la création. Je pense que des fois aussi on cherche, on cherche, on cherche, puis à un moment donné c'est comme : OK, c'est go, c'est parti, ça arrive. Après ça, ça ne va pas tout le temps être comme ça, mais il y a comme un moment déclencheur, je trouve.,,,

Hugo Lachance : Mais ça c'est ce genre de moment qui va donner l'élan justement pour aller plus loin. Ce que je vois, surtout toi, tu as eu un changement de style quand même, je ne dirais pas radical mais quand même.

Ariane Roy : On me dit oui. Puis j'avais envie de ça parce que je pense aussi que même pendant Medium Plaisir, pendant la tournée, je me disais : « ah, OK, après la prochaine étape ». C'est comme si rapidement... un premier album aussi, ce sont des chansons qui des fois traînent depuis longtemps. Ou même à ça, Medium Plaisir, j'ai commencé à l'écrire en début vingtaine, là j'ai 28 ans. Il y a quand même quelque chose qui s'est passé en moi, mon expérience de jeune femme. Non mais, dans le sens que je ne suis plus la même personne puis j'évolue, mes goûts musicaux changent. Fait qu'on dirait que c'est un peu pour... j'ai appris à me connaître puis j'ai trouvé ça plus dur, la tournée de Medium Plaisir que la tournée de Dogue, parce que justement j'apprenais beaucoup de choses, je n'étais pas habituée, ça allait rapidement. Là maintenant, je me sens quand même plus ancrée qu'avant. Tu en fais une carrière aussi. Oui, c'est ça. Ouais.,

Hugo Lachance : C'est quoi la différence, la plus grande différence mettons, comment toi tu proposes une chanson pour Medium Plaisir puis comment tu crées une chanson pour Dogue ? C'est sûr que là tu as mentionné que tu as tout ton bagage que tu avais pour le premier album, mais comment tu écris une toune ? La différence entre les deux.

Ariane Roy : Avec Medium Plaisir, c'était beaucoup ma guitare, je compose quelque chose. Des fois même je partais d'un texte, je composais avec ma guitare par-dessus ou au piano. J'amenais ça avec Doom, on faisait un arrangement ensemble, je m'enregistrais comme ça puis après ça on arrangeait là-dessus. Tandis que mettons Dogue, la compo c'était la prod en même temps. Ouais, c'est ça hein ? OK. Ça partait vraiment de... je ne partais pas juste guitare-voix. Des fois je partais d'un beat, des fois je partais... j'avais un sample, je partais de ça. Fait que tout se faisait de façon peut-être plus verticale. Ouais, ouais, oui je comprends. Puis ce que j'ai beaucoup apprécié, on dirait que maintenant j'apprécie cette façon de faire là. Même quand je recommence tranquillement à recomposer ces temps-ci, à un rythme de tortue, puis ça me convient très bien. Mais j'aime ça, cette façon de faire là. OK, parce qu'il me semble que c'est beaucoup de recherche de trouver des sons. Quand tu pars avec une guitare, les arrangements, on peut facilement les imaginer, mais quand tu te retrouves devant un ordinateur, tu pars d'un beat, faut que tu ailles chercher une collection de sons, faut que tu donnes une couleur à tout. Mais c'est qu'en même temps, tu changes les paramètres, ça fait que tu changes ta direction. C'est aussi pourquoi mon son est différent, c'est à cause de ça. C'est parce que j'ai changé la façon de faire. Une mise en danger aussi là-dedans quelque part. Oui, c'est ça, parce que j'étais comme « je ne sais pas trop ce que je fais ». Fait que c'est cool.,,

Hugo Lachance : 26 mars 2025, Josée Lapointe pour La Presse : « Avec Dogue, Ariane propose un deuxième album porté par une colère libératrice et une sororité inspirante, ainsi que la conviction d’être exactement ce qu’elle a envie d’être. L’autrice-compositrice-interprète de 28 ans aurait pu rester coincée dans ce statut de jeune première talentueuse. Elle a plutôt décidé de changer de direction en proposant une œuvre plus directe et frontale, plus proche de l'énergie explosive qu’elle dégage en spectacle. "C’est vrai que c’est assez clair que ça va droit au but", confirme-t-elle. "Ça ne passe pas par 4000 chemins. Il y a peu d'hésitation ou de doute." » Ça a été quoi le déclic justement qui t'a dit : « Bon, cette fois-là je me dirige vers Dogue, cette sonorité » ?,

Ariane Roy : Je pense qu'il y avait quelque chose... le privilège de faire de la musique, d'avoir l'art dans la vie puis comme moyen pour vivre, dans le sens que c'est mon métier, mais c'est aussi là où je peux faire exister des parties de moi dans ma vie personnelle qui ont de la misère à être présentes. Je ne sais pas si tu comprends ma phrase. Puis je pense qu'avec la musique, il y avait comme ce côté-là de moi qui est justement plus le côté... je dis animal mais ce n'est peut-être pas le côté... des fois un peu moins qui s'excuse, qui justifie moins, qui est un peu plus moins doux. Des fois, ma difficulté à m'affirmer dans ma vie de tous les jours, ben là sur scène je peux faire exister, faire briller un côté comme ça en ayant un peu moins honte, en étant moins gênée, en me permettant de le faire. Puis pour moi, c'était... ça vient beaucoup d'années de thérapie, j'ai l'impression, cette direction-là, pour vrai avec du recul. Je ne sais même pas si je le disais tant que ça dans mes entrevues au début, mais on dirait qu'avec le recul je suis comme : « il fallait vraiment que cet album-là existe, il fallait que cette partie-là de moi sorte ». Mais ça fonctionne parce que quand j'ai écouté Dogue, j'analysais les paroles, j'ai lu les paroles, puis c'est comme tu le dis très bien, c'est très frontal. On sent qu'il y a une colère, tu nous regardes droit dans les yeux. Puis comparé à tes textes qui sont très bons, je trouve que la transition que tu as faite est audacieuse. Ça fitte avec la musique puis moi j'ai beaucoup de plaisir à écouter ça. Puis moi aussi, ce n'est pas tant dans mon range de musique que j'écoute d'habitude, mais je trouve que ton approche pour cet album-là fonctionne justement. Tu as quelque chose à affirmer, ça paraît. Tu n'es pas non plus une provocatrice pour être provocatrice non plus. Non, c'est ça.,,

Hugo Lachance : Mais là, ce n'est pas... tu y vas vraiment de façon... oui, c'est ça, exact.

Ariane Roy : Puis il y avait quel... puis aussi c'est que, tu sais je disais pendant un moment aussi de la colère, en même temps c'est de la colère qui se tourne rapidement en autodérision, qui va aussi par l'humour. Il y a quelque chose de... pour moi l'aspect ludique, ça n'enlève pas de la profondeur. Puis je pense que c'était aussi un exercice pour moi de... c'est même un album comparé à Medium Plaisir ou même ce que j'avais fait avant, qui est peut-être moins personnel. Il y a de la fiction dans cet album-là, il y a des choses un peu plus... oui, qui se basent sur une intention, une émotion vive, que sur une histoire vraiment que j'ai vécue. Fait que pour moi, ça faisait partie du jeu dans l'écriture. Mais ça faisait en sorte que j'avais du... je trouve ça important de moi me reconnecter avec ça. Puis je trouve que dans les spectacles, des fois les gens me disent : « ça m'a tellement fait du bien, je me suis défoulée ! Il y a quelque chose que j'avais besoin d'extérioriser puis là j'ai vu ton show puis j'ai dansé ». Entendre ça pour moi, c'est mission accomplie. Je suis tellement contente. Des gens qui disent : « moi normalement je ne danse jamais, je suis gênée, puis là j'ai... ». Il y avait quelque chose de la liberté juste.,

Hugo Lachance : Est-ce que ça danse dans tes shows ? Parce que tu fais une tournée de salles.

Ariane Roy : Oui, oui ! Mais il y a tout le temps un moment où même quand les gens sont assis, il y a tout le temps un moment où... c'est cool, je les oblige ! Puis la pop aussi, c'est un bon véhicule pour ça. Pas nécessairement pour danser bien évidemment, mais pour avoir une approche plus frontale. Oui, effectivement.

Hugo Lachance : Le Canal Auditif, 21 mars 2025 par Louis-Philippe Labrèche, salut d'ailleurs : « Dans le livret, Ariane Roy dédie l'album "à toutes les chiennes". D’ailleurs, ce thème de la "pas fine" ou de celle qui vit sans compromis est très présent. C'est une voix très différente de la personne plutôt douce et chaleureuse qu'est Ariane Roy. Pas qu'elle n'ait pas de caractère, mais les textes de Dogue sont très durs par rapport à ce qu'on connaît d'elle. » C'est ce que j'ai constaté en même temps avant d'avoir lu ça. Ça lui va comme un gant, ceci étant dit. Et on sent aussi la critique d'une société qui n'est pas tendre pour les jeunes femmes sur les réseaux sociaux. Comment tu... c'est quoi ton approche par... je comprends pourquoi c'est vers les réseaux sociaux là.

Ariane Roy : Mais oui, je pense qu'il y a beaucoup de monde qui ont perçu « Tous mes hommages » comme une chanson pour les réseaux sociaux alors que ce n'était pas ça l'intention du début. Mais moi je pense que de toute façon, les choses se révèlent dans les chansons qui me dépassent et c'est parfait qu'on fasse cette interprétation-là. Ben oui, puis je veux dire ça reste aussi que... on me demandait des fois : « oui, toi quand tu écris, c'est important pour toi d'avoir la posture féministe ? ». Je suis comme : « moi je ne pense pas nécessairement à genre : OK ce texte-là devra être féministe fait que je vais parler de ça ». C'est plus : je suis cette personne-là, je suis féministe, je vis mon féminisme à tous les jours, j'ai des femmes dans ma vie extrêmement importantes et qui sont des modèles de force et d'affirmation qui sont importants pour moi. Nécessairement ça teinte ce que je vais dire. Ce n'est pas toujours intellectualisé : « ah oui je vais dire quelque chose pour... ». C'est correct de le faire là, je dis juste que ça ne fait pas nécessairement partie tout le temps de ma démarche. Je pense que je suis aussi la personne que je suis. Ouais, puis comme je te disais aussi, qui se permet dans cette sphère de vie qui est la musique. Fait que ouais. Puis je pense aussi après ça, je le sens dans les spectacles. Il y a des fois dans des salles... je ne sais pas, je parle de « Si je rampe » puis je veux dire... le message pour parler des menstruations et tout, mais pour moi c'est comme si... je sais que c'est bizarre mais ça me surprend toujours que je sente qu'il y a des gens qui restent bêtes. C'est comme si « ben voyons ! ». Je sais que je vis dans une chambre d'écho aussi où ce n'est pas grave de dire ces choses-là. Non, il y a quelque chose qui est dit, qui est quand même fait avec légèreté. C'est aussi que je pense que la provocation, s'il y a des gens qui me pensent provocatrice, souvent je ne m'en rends pas tant compte que ça. C'est la personne que je suis puis je trouve... de désamorcer aussi, de... désamorcer ce n'est pas le bon mot, c'est de... je cherche le mot... que ce soit moins grave, que ce soit moins tout le temps... qu'on en parle justement. Normalisé en fait. C'est ça.,,,

Hugo Lachance : Ah, parce que moi je pense que les gens voient ça de manière... on utilise le mot « frontal » depuis tantôt. Je pense que les gens le voient pas mal plus frontal que tu penses. C'est comme : tu es en avant, tu es là, puis même dans tes vidéoclips aussi qui sont très beaux. Je comprends, je comprends. Je pense que la perception des gens est plus comme ça, ça ressort justement dans les extraits qu'on lit.

Ariane Roy : Oui, mais c'est ce que j'ai compris finalement ! Mais c'est comme si je suis moi-même surprise. OK, ben oui, ben oui. Les étiquettes c'est chiant. OK, mais il faut en mettre pour guider les auditeurs. Où se situe Dogue dans le spectre des genres musicaux ? Il y a un commentaire sur YouTube d'ailleurs de Will Lounet, on le salue : « C'est quand même incroyable d'avoir un style déjà si reconnaissable après seulement un EP et un album, bravo ! ». Ah ouais ! Comment tu dirais pour Dogue mettons, la différence entre les deux ?,

Ariane Roy : Mais tu vois moi là, je pense que toutes les chansons que j'ai faites jusqu'à maintenant, je fais de la musique pop. C'est de la pop. Après ça, c'est que la pop pour moi c’est tellement grand. Moi j'ai vraiment de la misère à... mais ce n'est pas juste parce que j'ai de la misère avec les étiquettes, juste même dans le sens que j'ai de la difficulté à associer les styles à la musique. J'ai étudié là-dedans là ! Mais j'ai toujours eu de la difficulté avec ça. C'est comme... des fois je pense que ça ne m'intéresse pas vraiment dans le fond de savoir exactement quel style. Je m'en fous un peu. Mais je pense que c'est de la musique pop. Après on va dire alternative, des fois c'est un peu plus électro, des fois c’est un peu dance. Sur Medium Plaisir, c'était plus indie. Ouais, mais c'est pop quand même. Mais c'est pop ! C'est un album très pop. Puis Dogue, c'est très pop. C'est dans les codes de la musique pop avec des fois des interruptions peut-être plus surprenantes ou des structures qui ne sont pas nécessairement typiques. Fait que c'est ce que je te dirais là.,

Hugo Lachance : J'aime ça poser ces questions-là parce que tous les artistes veulent l'éviter ou alors n'ont pas le choix d'en parler. Puis je comprends pourquoi. Non mais c'est normal de demander ça. Ouais, parce que tu as fait deux albums pop puis très différents. J'essaie un nouveau segment avec toi aujourd'hui. Vas-y, vas-y ! Un nouveau segment. En lisant les revues de presse sur Dogue, j'ai identifié certains mots qui ont retenu mon attention. Je te les nomme et tu les commentes. OK, c’est la première fois que je fais ça. On y va avec : Colère.

Ariane Roy : Oui. Oui. Est-ce que c'est un... OK.

Hugo Lachance : Ensuite : Bienveillance.

Ariane Roy : Oui. Oui. Tu peux commenter si je commence... Bienveillance comme l'album ?

Hugo Lachance : Ben par rapport... ce sont des mots qui ressortent quand j'ai même fait une recherche mettons les mots qui sortent le plus dans les articles. J'ai essayé ça avec l'intelligence artificielle, mais « bienveillance » c’est un mot qui est apparu à un moment donné dans tes articles aussi.,

Ariane Roy : Ben écoute, je suis d'accord. Pour l'instant, je suis d'accord avec ces mots-là.

Hugo Lachance : Chien / Chienne.

Ariane Roy : Chien / Chienne. Dogue, qui est pour moi... chienne est devenu... j'ai décidé que c'est un mot super positif. « Chienne ». Ça c'est intéressant. Enlever la violence de ce mot-là, la vulgarité de ce mot-là aussi. J'ai eu aussi une nouvelle passion pour les chiens. Ça, ça a orienté beaucoup le titre de l'album. Sincèrement, c'était comme l'an dernier là, en faisant l'album, j'ai eu une révélation. C'est vrai là ! J'étais : « il faut que j'aie un chien dans ma vie là ». Je ne peux pas en avoir en ce moment à cause que ça ne fonctionne pas avec mon mode de vie, mais j'ai toujours voulu un chien depuis que j'étais jeune. Dans la fontaine des Galeries de la Capitale, on nous faisait lancer des cennes pour faire un vœu. À 9 ans, j'ai fait le vœu d'avoir un chien. Ça ne s'est pas encore réalisé, mais ça va se réaliser bientôt parce que tous les vœux des Galeries sont supposés fonctionner. Les chiens, je trouve que c’est une figure tellement... je trouve ça beau un chien, je trouve ça doux, je trouve ça rassurant. C’est plein de bonté. Puis c'est un contraste par rapport à l'album. Mais justement, pour moi c'est tellement une figure de force, le symbole du chien. J'ai envie de faire la même chose avec « une chienne ». J'étais comme... parce qu'à un moment donné, j'avais lu une phrase que j'avais écrite dans un texte que je n'ai jamais sorti : « Je suis une chienne ». Puis je trouvais ça tellement dur comme phrase. Puis en même temps, j'étais comme : « Je suis une chienne ! Oh yeah ! ». Tu viens d'en parler parce qu'un chien c'est beau, tout est beau, mais chienne... non, c'est ça. Juste... ça reste que des expressions, comme « un temps de chien » ou genre... bon il y a quand même... mais chienne c'est juste...,

Hugo Lachance : Faire une violence, c'est plus lourd. C’est fou pareil, c’est juste le féminin.,

Ariane Roy : Exact, c'est fou pareil quand même. Mais je trouve ça très fun que tu abordes ça, je trouve ça très, très cool. Puis moi j'avais envie de le rendre juste OK. Comme le mot « sorcière » qu'on s'est réapproprié dans les dernières années aussi, un peu la même chose. C'est vrai.

Hugo Lachance : Électro.

Ariane Roy : Ben oui, ben c'est ça. À un moment donné, il y a tout ça dans l'album aussi. Je pense aussi que c'est un côté qu'on a plus approfondi en show, je crois.

Hugo Lachance : Enpouvoir.

Ariane Roy : Oui, oui, qui est un mot officiel du dictionnaire. C'est vrai, je suis allée chercher, tu as raison. Je n'étais pas sûre. Oui, c'est le... de empowerment. Ouais, OK. Dans l'intention d'enpouvoir, sincère.

Hugo Lachance : Vomi.

Ariane Roy : Oui, ça d'ailleurs je tiens à dire que quatre fois dans ton... trois fois dans ton album... quatre fois je crois. Non, tu as trois fois « vomi » puis...

Hugo Lachance : Puis « dégueu ».

Ariane Roy : « Dégueu », ouais, c'est ça. Je ne savais pas ! Je ne savais pas que j'avais autant dit ça ! Freud serait mélangé. Fallait que ça sorte parce que tu vomis tes affaires. Ouais, je pense que c'est plus intense que tu le perçois. C'est ça. Je sais. Il y a « Loup » qui revient souvent aussi dans mon... sœur, ma meilleure amie. Ah oui, la fan de ma vie. Puis on est dans les canidés aussi, ça fitte là. Exact, en plus.,

Hugo Lachance : Émancipation.

Ariane Roy : Émancipation. Un terme quand même beaucoup utilisé dans les dernières années hein ? C'est un... on dit beaucoup ce mot-là. Mais on a besoin de ça peut-être. On a besoin de plus s'exprimer que de s'émanciper finalement. Ouais, ouais. Mais s'émanciper... je veux dire moi ma musique m'aide à m'émanciper. Ouais, vraiment. La musique des autres m'aide à m'émanciper. L'art m'aide à mon émancipation, je le crois.

Hugo Lachance : Le dernier : Sororité.

Ariane Roy : De la plus haute importance. Importance capitale dans ma vie. OK, la sororité, c'est parfait. C'est exact.

Hugo Lachance : J'aime ça ce segment-là ! Je pense que je vais en refaire. C'est très bon.

Ariane Roy : J'ai aimé ça moi aussi.

Hugo Lachance : Donc on va présenter l'album. Dans le fond, ce qu'on fait c'est qu'on passe à travers les crédits parce qu'il y a des gens qui ont travaillé là-dessus. C'est important de le souligner, ça fait partie de la création. Alors pour le titre, Dogue. 26 mars 2025, Josée Lapointe pour La Presse : « En français, un dogue est une sorte de chien de grande taille, mais c'est aussi un qualificatif signifiant hargneux. Ariane Roy nous assure que, contrairement aux apparences, elle n’était pas fâchée en écrivant son album, mais la colère, elle n’a plus le goût de la refouler. » Quand même, tu sais... Très bon titre d'album.,

Ariane Roy : Merci, merci. J'ai découvert ce mot-là... ça m'a pris du temps à trouver le titre de l'album là. Ouais. Puis là quand j'ai vu ce mot-là, je le trouvais beau aussi. Je trouvais ça beau... Je trouve que c’est un mot francophone aussi, tu sais. Ouais, parce qu’il y a des gens qui pensent que c'est juste comme le féminin de dog en anglais. C'est comme : non, c'est un vrai mot. Ouais. OK. Cool. Je trouve que ça représente l'album.

Hugo Lachance : Oui, c’est... ben écoute moi je pense que c'est vraiment... c'est un album qui... ce n'est pas ce que je veux dire, mais qui a du mordant. Bref, je pense que ça représente très, très bien l'album : l'affirmation, le côté justement féministe sans être une déclaration non plus féministe comme tu as dit. Moi je trouve que ça résume très, très bien ce qu'on ont entend là-dessus. Puis aussi juste le spécifique que ce n'est pas pour me cacher... ce serait parfait de faire un album volontairement... dans le sens que c'est probablement une déclaration féministe oui, mais ce que je voulais dire c'est que ce n'est pas nécessairement une chose à laquelle je pense tout le temps consciemment dans... non mais parce que l'affaire c’est que c'est plus mon niveau personnel. Oui, mais ultimement personnel qui a inspiré pour inspirer les autres femmes puis même les hommes aussi quelque part là-dedans. Mais je comprends, je comprends ton point de vue. Année : 21 mars 2025. Nombre de pistes : 10. Maison de disque, agence et production de spectacles : La maison Fauve. Parle-moi de ton label là. Sont gentils ton...,

Ariane Roy : J'ai un très bon label. Je ne dis pas juste ça parce qu'on est dans un podcast filmé. Non, j'ai vraiment une équipe incroyable qui me soutient et qui est à l'écoute, qui est transparente, qui est généreuse. Moi je me sens... je me considère bénie d'avoir ces gens-là dans ma vie qui deviennent aussi des amis, des personnes que j'aime. Ouais. Je pense que les labels ont changé, ce ne sont plus comme les compagnies de disque d'avant non plus, je pense. Non, c'est ça, il y a quand même une conscientisation qui s'est faite dans les dernières années. Mais ça reste aussi un label qui n'a pas beaucoup d'artistes et donc qui a le temps pour ses artistes, ce que j'apprécie. Je pense qu'ils investissent beaucoup de temps. Ouais. OK. Voilà. C'est apprécié.,

Hugo Lachance : Réalisation : Ariane Roy et Félix Petit. 22 mars 2025, Philippe Renaud pour Le Devoir : « Secondée par le corréalisateur, multi-instrumentiste et tête chercheuse de grooves sophistiqués Félix Petit (Felp), qui est collaborateur de L’Eluange et d’Hubert Lenoir entre autres. » Ariane a terminé l'album en décembre dernier puis elle s'est mise à douter. « Ces deux derniers mois, j’ai connu quelques moments où je me disais "ouf ! mais qu’est-ce que j’ai fait ?" J’ai eu des doutes, des remises en question, un vertige que je n’avais pourtant pas ressenti en enregistrant l'album, alors que je me sentais davantage en confiance. Mais je commençais à me questionner : qu’est-ce que les gens vont penser de ça ? ». Le changement de direction a été assez drastique, on en a parlé tantôt, et évidemment volontaire. Mais quand même : « est-ce que je suis allée trop loin ? ». C'est le fun, c'est le doute que tu as eu avant la sortie de ton album.,

Ariane Roy : Ouais. Avec du recul, je suis comme : j'aurais pu aller encore plus loin ! Non mais... quelque chose de... non, en fait je suis 100 % à l'aise et contente que ça se soit fait comme ça, que cet album-là soit ça. Ouais. Puis je pense qu’il y a quelque chose aussi que j'ai réalisé et avec lequel je suis vraiment en paix, c'est de perdre des gens d'en gagner d'autres. D'aller rejoindre juste d'autres gens puis qu'il y ait d'autres gens... depuis que j'ai sorti l'album, il y a eu quelqu'un qui m'a demandé : « est-ce qu'il va y avoir une chanson un peu plus comme "Ce n'est pas de la chance" sur ton album ? ». J'étais comme « ah ouais ! Non, non mais... ». Mais il y a des gens que mettons je ne pensais pas vraiment qu'ils pourraient être intéressés par mon projet avant ça, là qui étaient comme « je suis allée voir ton show puis... ». Fait que ça j'ai trouvé ça vraiment intéressant puis je suis fière de moi d'assumer cet album-là puis de l'avoir fait au final. Parce que, comme je dis, j'aurais pu aller encore plus loin finalement. Pour moi, avec du recul, je suis comme... ce n'est pas non plus... mais c'est vrai que c'est quand même... on est ailleurs, on est dans quelque chose de différent. Puis ce n'est pas un truc pour comme « OK là j'ai une recette gagnante, je veux continuer cette recette-là ». Ça ne me tentait pas de faire ça. Fait qu'on dirait que je suis très... je ne me souviens plus de ta question de départ, mais non, je ne regrette absolument rien.,,

Hugo Lachance : C'est à propos du doute... mais je pense qu'il est nécessaire aussi puis c'est correct d'avoir une période de remise en question. C'est un doute assez... parce que tu as dit que tu avais une dizaine de tounes que tu as mises de côté.

Ariane Roy : Oui, mais ça c'est avant. Mais tu as eu quand même un doute qui est revenu. Est-ce que le doute a été assez fort pour passer proche ou c'était juste passager ? Non, non, c'était passager. Passager dans le sens que je savais que dans tous les cas, j'allais sortir cet album-là, mais ça m'a hantée quand même. Vraiment. Je pense que quand tu n'es plus aussi dans la production d'un album, quand tu as comme un peu les mains vides dans le sens que « qu'est-ce que je fais ? Comme rien ». Faut que tu crées quelque chose, faut que ça parte. Oui, c'est ça. Mais c'est vertigineux ce moment-là. Puis je suis fière de moi que ce soit sorti, de l'avoir fait pareil. Puis pour revenir à ce qu'on disait tantôt, quand tu disais que peut-être que tu vas perdre des fans pour en gagner d'autres, mais il n'y a rien qui t'empêche non plus de faire le chemin inverse, de revenir à un album comme ton premier au suivant. C’est quand même possible.,

Ariane Roy : Ouais, vraiment. Mais moi aussi ce que je me suis dit, c'est : je pense vraiment qu'il faut que j'arrête de faire la musique le jour où je ne fais pas ce que j'ai envie de faire. C’est... puis je le ressens vraiment. Pour moi, ce n'est pas juste quelque chose que j'intellectualise là, c'est comme... je le sens dans le fond de mon ventre. Moi j'ai envie... la musique que je vais faire, c'est la musique qui est au fond de moi, qui a besoin de sortir, qui me correspond. Ce n'est pas une affaire de « je m'en fous de ce que le monde pense »... ben oui évidemment je pense à ce que les gens pensent, mais je veux dire, dans ma création, ça ne peut jamais intervenir. On ne pourra jamais prédire ce qui se passe avec un album. Puis tu vois, pour l'instant, les gens viennent voir les shows, j'ai des gens qui sont présents dans mes salles de spectacle, ce qui est un énorme privilège puis je l'apprécie. Puis tant mieux ! On en profite puis on verra. Le jour où je fais mon album de métal, ce sera ça là !,

Hugo Lachance : Ben moi un peu comme la manière dont j'ai abordé le podcast ici : si j'avais écouté tout le monde, ça ne marcherait pas. Je fais le podcast... pas que je me fous du monde, mais je le fais... je fais le podcast que je veux entendre. Je le dis souvent ça. Les gens, soit ils embarquent ou ils n'embarquent pas. Il y en a qui disent : « mais 1h30, 2h, c'est long ! ». Ouais ? What ? Moi c'est le temps que ça me prend pour aller en profondeur avec quelqu'un puis on va retirer des choses qui ne sortiront pas ailleurs.

Ariane Roy : 100 %. 100 %.

Hugo Lachance : On continue donc. Paroles : Ariane Roy, avec Roxane Zaria dans « Agneau ». Musique : Ariane Roy avec Dominique Plante dans « Âme sœur » et « Nocturne », Félix Petit dans « Mordre » et « Tous mes hommages ». Les musiciens : bon, Ariane Roy on a parlé des voix. Il y a Lysandre Ménard, Odile Marmet-Rochefort, Lou-Adriane Cassidy. Il n'y a que Félix Petit dans « Mordre ». Guitare : Ariane Roy, Dominique Plante, c'est ça. Basse : Cédric Martel. Batterie, percussions : Pierre-Emmanuel Beaudoin. Tu peux m'interrompre si tu veux. Ouais, non. Percussions additionnelles : Félix Petit dans « Âme sœur » et « Dogue ». Synthétiseur, piano : Vincent Gagnon. Synthétiseur additionnel : Ariane Roy, Félix Petit et Dominique Plante. Saxophone et flûte traversière : Félix Petit. La harpe, c'est quand même cool ça, Éveline Grégoire-Rousseau. Clavecin, très cool aussi, Vincent Gagnon. C'est du vrai clavecin ? OK. Programmation : Ariane Roy et Félix Petit. Studios : Pantoum, Studio B-12 et Studio Makina ? C'est ça. Oui, le Studio Plaza et Studio Makina. OK, c'est écrit Studio B. Prise de son : Jean-Étienne Collin-Marcoux. Oui. Prise de son additionnelle : Félix Petit, Dominique Plante. Mixage : Jean-Bruno Pinard. Mastering : Gabriel Meunier, le Dolby Atmos : Lab Mastering. Période d'enregistrement : c'est quoi ? On a enregistré en mai en fait... ben en mai, on a enregistré aussi en automne. C'est allé quand même un peu... un peu. OK, c'est bon. Et conception de la pochette, graphisme et direction artistique du vinyle : Marianne Boucher. Comment tu as abordé le visuel de l'album avec la photo de Léa Taillefer ?,,

Ariane Roy : Ça, c'est... mais avec Léa justement, on a eu des échanges téléphoniques pour parler de la direction. Il y avait plusieurs références là, je me souviens qu'il y avait des photos de Kill Bill là-dedans. Puis on s'est ramassés dans la maison de la tante de mon gérant qui a été très généreuse, elle nous a passé une maison, puis on a fait un photoshoot là. Je pense que cette journée-là justement, ça s'est comme clarifié quasiment après, en voyant les photos. OK, ça va être ça l'album. On avait déjà la direction, mais tu sais, des fois quand on voit les photos, c'est comme si ça se précise un peu plus. Ouais. Puis Marianne qui est venue avec ça pour... qui est tellement une intelligence et une créativité incroyable. Qui nous a aidés justement pour la conception du vinyle, le magazine, l'aspect un peu... puis en même temps, excuse-moi ce que j'ai... les visuels aussi d’Élisabeth Landry qui a fait la conception avec Charline Clavier de tous les vidéoclips et donc de certaines photos qui sont là-dedans qui sont de Charline Clavier. L'univers était très... entre les clips, les photos, le vinyle, c'est vraiment quelque chose qui était assez uniforme. On voulait un univers assez précis. Ouais.,

Hugo Lachance : Fait que c'est ça. Mais je regarde... c'est la première fois que je vois le vinyle puis je me pose la question : la distance entre l'Ariane ici, l'Ariane en arrière. Tu sais, c'est comme s'il y a une distance, il y a un choix d'images. Comment vous êtes arrivés à ça ? Parce que c'est quand même... je regarde Ariane ici, celle que j'ai en face de moi, il y a quand même un autre makeup.,

Ariane Roy : Un autre makeup, oui c'est ça ! Mais justement. Mais c'est la même chose que la musique. Je pense que mettons... c'est comme des fois on me dit : « ah, tu n'as pas l'air de ça ». On dirait qu'on te voit sur scène... sur scène tu es un personnage... ben pour moi je suis un personnage mais je veux dire c'est quelque chose d'autre qui ressort. Une autre dimension de toi-même. La personne en cuir sur le divant, c'est une autre dimension de moi-même.

Hugo Lachance : Ouais, non mais c'est je trouve ça très cool, je trouve ça très audacieux puis c'est cool là aussi, le relief en arrière.

Ariane Roy : Ouais, ouais, exact. Très, très bel objet. Merci.

Hugo Lachance : Mais aussi dans tes vidéoclips, souvent on fait le lien, souvent il y a un côté chamanique aussi avec les filles qui dansent. C'est quand même cool, j'aime beaucoup ton univers. Donc photo et direction artistique : Léa Taillefer. Maquillage, coiffure : Ariane Tremblay. Stylisme : Rim Gimli. Oui. Et production : Ariane Roy. Comment tu vois ton rôle de productrice ?,

Ariane Roy : J'ai eu ma subvention du CALQ et de Musicaction. OK. Fait que c'est sûr que productrice dans le sens que oui, c'est ça. Je dois... j'ai eu ma subvention. Je suis bien chanceuse parce que c'est une année où c'est dur d'avoir une subvention là. Fait que c'est ça, je spécifie dans le sens que c'est des coûts de faire un album. Fait que j'étais très contente d'avoir ça. Ça reste aussi que dans mon rôle de productrice, je suis beaucoup aidée en production déléguée, si tu veux, par La maison Fauve. Je pense aussi que ça fait en sorte que j'ai juste... je mets la main dans toutes les sphères qui ont rapport avec mon album.

Hugo Lachance : Ça veut dire que tu es propriétaire de tes bandes aussi ? Oui, exactement. Ça c'est précieux, bravo.

Ariane Roy : Ouais. Puis j'aime ça aussi être présente, je pense, que ce soit dans la conception du show, la mise en scène, la photographie... juste être présente dans le processus d'idées. Pour moi, c'est important de faire partie de tout. Cool.,

Voici la transcription intégrale de la deuxième partie de l'épisode, traitée selon vos instructions rigoureuses, suivie de la foire aux questions.

Transcription : Ariane Roy : Dogue (2e partie)

Hugo Lachance : On va passer au segment « une chanson après l'autre ». Est-ce que ça fait longtemps que tu as écouté ton album ?

Ariane Roy : Oui, quand même. Ouais, ouais, OK.

Hugo Lachance : Ce qu'on fait, c'est qu'on écoute un petit extrait puis après ça je t'invite à commenter. Moi j'ai isolé des bouts de paroles, on verra ce qu'on fait avec ça. On va commencer avec « Dogue » : « qui prend le contrôle et qui prend le fit / je suis chiante tout drôle quel est mon sort / car toutes les blagues que tu prétends légères / je les mange et je les décale plus tard ». OK, bon : « Dogue ». « Je suis chiante tout drôle quel est mon sort / de bonne guerre / toutes les blagues que tu prétends légères / je les mâche et je les dégueule plus tard ». Il est là le « dégueu ». Fait que oui, excellente intro à l'album. Parle-moi de « Dogue ».

Ariane Roy : Donc là je te parle de la chanson ?

Hugo Lachance : Ouais, de la chanson. On va passer chacune de tes chansons pour révéler les petits secrets.

Ariane Roy : Oui, c'est ça. Mais c'est la chanson de présentation. On dirait que pour moi aussi ça présente le disque, ça présente l'intention. C'est aussi la chanson plus dans l'autodérision. Toutes les chansons sont beaucoup dans le sens qu'elle est au-dessus, mais dans le fond, finalement, c'est que je dis à quel point aujourd'hui j'ai mauvais caractère mais je ne m'en excuse pas. Mais il y a quelque chose aussi d'autodérisoire. Le refrain de cette chanson-là a pris du temps à venir. Ce n'était pas peu de temps avant l'enregistrement des voix, j'ai changé la mélodie du refrain. Mais j'avais un attachement à cette chanson-là, puis Félix aussi d'ailleurs. C'est drôle, on aimait beaucoup cette toune-là. Je pense qu'elle représente... je suis contente encore avec le choix de première chanson d'album. Je trouve qu'elle représente l'univers de tout le reste. Puis la chienne se montre enfin, quelque chose... ça commence... mais pour moi c'est drôle aussi, il y a quelque chose un petit peu « mais ouais on... tu es correct là, tu vas prendre un bain, ça va être correct là ».

Hugo Lachance : Moi c'est une chanson que j'aime bien. Comme je te dis, ce n'est pas un style dont je maîtrise tous les codes, mais je m'intéresse de plus en plus à la pop qui se fait au Québec. Puis je trouve ça vraiment bien. Ce qui m'a donné l'idée, c'est Billie Eilish, son premier album. J'ai beaucoup aimé, c'est vraiment bien fait.

Ariane Roy : Oui, vraiment ! Je l'aime, je l'aime.

Hugo Lachance : Exact. Ça m'a réconcilié un peu avec le « hard pop », comme on dit.

Ariane Roy : Je comprends. Puis la façon dont elle travaille avec son frère, c'est malade. Oui, vraiment. Non, c'est un bon album. C'est mon préféré. C'est vraiment en plus l'esthétique.

Hugo Lachance : Exact. Elle aussi, elle va quand même assez loin. Elle assume le personnage, comme toi tu peux pousser le personnage aussi. J'ai beaucoup aimé ça. J'aime beaucoup cette chanson-là. « Âme sœur ». « Âme sœur on se voit dans la même glace on n'a pas le choix / ils disent qu'on a la même voix les mêmes phrases / je veux te regarder trouver mon vrai visage / savoir que personne ne me connaît mieux que toi / qui genoux qui rampent dans vos cours / je ne rien ne me demandez plus encore / à qui vous tu jaloux autre que vous / je entre le roi et le loup ». Ouais, Philippe Renault pour Le Devoir : « Âme sœur, énergique chanson électropop écrite pour son amie Lou-Adriane Cassidy qui, rappelons-nous, lui a dédié une chanson, "Ariane", sur son tout récent album. » On en a parlé d'ailleurs quand je l'ai reçue au podcast. C'est un peu ma réponse à sa chanson. Ariane qui chante : « On se voit dans la même glace on n'a pas le choix et ils disent qu'on a la même voix les mêmes phrases / je vais te regarder trouver mon vrai visage sans que personne ne me connaît mieux que toi ». C'est beau quand même. C'est quoi la relation ? J'avais posé la question au podcast, comment vous vivez votre amitié là-dedans, s'il y avait une compétition.

Ariane Roy : Je pense que Lou puis moi, on a bien fait les choses dans notre amitié parce qu'on a connu justement des périodes ou des moments dans nos carrières aussi où des fois c'est plus confrontant l'une par rapport à l'autre, ou le succès de l'une ou l'autre. Puis on a tout le temps évolué en parallèle. On a quand même des carrières qui peuvent se ressembler sur certains points. On partage même des musiciens. Ça fait depuis qu'on a 9 ans qu'on se connaît.

Hugo Lachance : Vous avez le même âge ?

Ariane Roy : On a le même âge. Fait que ça va faire bientôt 20 ans. Puis je trouve qu'on est des gens qui communiquent beaucoup. La chose qui prime avant tout, la chose la plus présente dans notre relation, c'est l'amour puis la fierté. Je pense que c'est une admiration qui est sincère. Je me disais peut-être que des fois, à écouter ça, les gens font comme : « ouais ça... ». Mais non, c'est vrai, c'est très sincère. J'ai l'impression que c'est ma fan numéro 1 puis je suis sa fan numéro 1, avant tout. Puis dès qu'il y a quelque chose, on le communique, on en parle. On est capables de se mettre vulnérables l'une devant l'autre. C'est juste l'amitié avant tout.

Hugo Lachance : C'est sûr que les gens vont comparer parce que vous êtes de la même génération. Vous faites toutes les deux un produit d'excellente qualité, un produit quand même innovateur. Vos voix, il y a quand même des...

Ariane Roy : C'est sûr que les gens nous comparent aussi. Puis je pense que des fois, la compétition vient plus... c'est comme si les gens ont envie qu'on soit en compétition puis en rivalité, des fois par les commentaires qu'on nous fait ou whatever. Puis ça, ça a été plus dur parce qu'au final, on se bat contre ça. C'est comme s'il faut absolument qu'on soit en opposition.

Hugo Lachance : Quel beau coup de marketing ! Faites ça là, une fausse chicane !

Ariane Roy : Exact ! Mais justement, je pense que la volonté, moi dans cette chanson-là et avec Le roi, la rose et le loup, avec comment on se présente, avec le nombre de fois qu'on nous voit ensemble sur scène parce qu'on s'invite l'une et l'autre pour chanter ensemble... c'est un peu une réaction à ça. Ben nous, ce sera ensemble. On est ensemble. Après ça, que tu dises « moi c'est ma préférée, mon préféré », je m'en tape honnêtement. Mais c'est nous. Il faut... c'est même mieux d'être comme un « unit ». Ça va tout le temps être ça notre force, j'ai l'impression. Il faut être bien campé dans cette posture-là, je trouve.

Hugo Lachance : Mais c'est vrai qu'il faut faire attention à votre relation quand même.

Ariane Roy : Ben oui, c'est ça le plus important. Puis si on veut aussi faire de la musique ensemble, que ça reste sain pour le plus longtemps possible.

Hugo Lachance : Waouh ! Mais ça a pris du temps cette chanson-là.

Ariane Roy : Ça a pris du temps, ouais.

Hugo Lachance : C'est quoi ? C'est ma prochaine question : comment on écrit une chanson à une de ses amies ?

Ariane Roy : Vraiment, ce n'était pas ça du tout la chanson au début. Moi j'avais même un autre texte qui parlait de ça puis j'étais comme : « putain, c'est poche ce que j'ai écrit ». C'était dur quand même parce que même le refrain, je le chantais avec... moi je fais tout le temps du « yogourt » en anglais, j'ai comme des constructions à partir de ça. Puis c'est dur d'avoir les bonnes sonorités. Écrire en français, des fois...

Hugo Lachance : C'est réussi par exemple.

Ariane Roy : Ben merci. La mélodie est belle, le texte, ça marche. Mais j'avais un autre texte complètement, un autre sujet. Puis je me suis... on avait fait une « run » de char ensemble, parce qu'on en fait souvent. Dans ces moments-là, on a trois heures de char ensemble puis on parle, on parle puis on se fait plein de confidences. Puis je suis revenue chez nous puis j'étais comme : « j'ai envie, on dirait, de parler de notre amitié ». J'avais déjà entendu sa chanson « Ariane », elle me l'avait fait écouter. Puis j'ai demandé son autorisation. J'ai dit : « Est-ce que ça te tente ? C'est correct si je m'en vais là-dedans ? J'ai déjà des lignes puis tout. Est-ce que je peux continuer ? Tu m'autorises à le faire ? ».

Hugo Lachance : Elle t'a répondu ?

Ariane Roy : Ouais. Mais pour moi, ce n'est pas un texte qui... La chanson qu'elle a écrite est beaucoup plus émotive, quelque chose de très... je me sentais quasiment mal en écoutant cette chanson-là ! Ben c'est sûr que je suis la principale concernée. Mais « Âme sœur » a quelque chose d'un peu plus moqueur quasiment, de dire : « OK let's go, on est comme les meilleures amies, c'est nous contre le monde ». Mais « nous contre le monde », pour moi, c'est quelque chose qui nous représente.

Hugo Lachance : Tu l'as fait dans l'approche de Dogue aussi, la même chose ?

Ariane Roy : Oui, exactement.

Hugo Lachance : D'ailleurs, parlant d'Adrienne. Allô Ari, allô ! On voulait juste te rappeler avec une grande affection le moment où tu as failli tuer la moitié de la scène musicale du Québec en mettant un bol en métal dans un micro-ondes à Petite-Vallée. Responsabilité partagée pareil, parce que c'était avec Valence, l'autre coupable. Mais voilà. Bisous, j'espère que tu vas bien, on t'aime. Bye bye !

Ariane Roy : Bye ! Ils ne peuvent pas avoir dit ça !

Hugo Lachance : Non, mais tu comprends.

Ariane Roy : Oh, je ne sais pas moi ! Il m'a envoyé ça, je leur ai demandé.

Hugo Lachance : Oh my god ! Mais là, tu es obligée de répondre.

Ariane Roy : Oh non ! Mais ça c'est ce que... regarde... OK. On était dans... j'avais oublié momentanément qu'il fallait pas mettre un... tu sais, c'est parce qu'on avait pris des petits « jubes » là. On a pris des petits jubes puis là, je ne sais pas, on était avec une gang d'amis puis moi puis mon ami, on voulait juste faire du popcorn. Puis on a juste oublié comment ça fonctionnait, dans le fond. Fait que on a mis le plat dans le micro-ondes. Mais bon, c'est ça. Puis quelqu'un nous a arrêtés avant.

Hugo Lachance : Et ça là... on peut passer à...

Ariane Roy : Non, mais je suis encore tellement gênée de ça ! Ça n'a pas de bon sens ! Je ne ferai plus jamais ça. Je suis en conduite irréprochable jusqu'à la fin de mes jours.

Hugo Lachance : Bon, mais bien joué Lou-Adriane et Alexandre Martel. Merci beaucoup. Ben on va oublier ça en passant à « Cool ». « Qu'est-ce que tu deviens / qui te parle et toi tu n'entends rien / c'est ton destin / tranquille on se voit demain / tu reviens chez toi tu t'appelles à ta propre absence qui t'attend déjà / le grand védau la pleine conscience / oui je suis contente puis j'ai de la chance / oui je fais confiance oui je chante / monte sur le dos de la fatigue / coule coule tout le monde le vivre / pousse pousse sur le ». Moi c'est une de mes chansons préférées de l'album. Cet album-là, pour moi, c'est ce qu'on appelle un « grower ». Donc c'est un album qui évolue à mesure que tu l'écoutes. Je pense que c'est ça la bonne définition. Dogue, c'est ça : plus tu l'écoutes, plus tu découvres des petites affaires. Pourtant, ce n'est pas un album qui est chargé.

Ariane Roy : Non, mais il l'est quand même là !

Hugo Lachance : Non, mais il est quand même assez minimaliste effectivement. Mais il y a beaucoup de choses qui se passent. Puis « Cool » est une excellente référence pour ça.

Ariane Roy : Merci. Mais « Cool », ce n'était pas une de mes préférées de l'album au début. Puis on dirait qu'avec le temps, peut-être à cause des shows, c'est une de mes préférées aussi maintenant. Puis ta voix aussi est assez versatile avec des voix de tête comme ça pour le refrain. Tu peux avoir une voix qui est très chaude. Je t'entendais chantonner tantôt quand tu es arrivée, je trouve ça magnifique, c'est une super belle voix.

Ariane Roy : Ah merci ! C'est fin, merci. Mais « Cool » est une des dernières écrites pour l'album. Il nous restait trois jours en studio pour cette période-là. On est retournés plus tard, mais c'était le soir, j'ai composé ça. Pour la musique, ça s'est fait assez rapidement. Puis pour les paroles, j'ai écrit le texte le lendemain du MTELUS avec Le roi, la rose et le loup. Parce que j'étais très fatiguée ce mois-là, j'avais beaucoup de choses. J'avais comme une fatigue... je n'étais plus capable. J'avais plein de belles choses : le MTELUS c'est la plus grande salle qu'on n'avait jamais faite, c'est un événement qu'on attendait avec impatience, on était tellement stressés. Mais c'était puissant ces affaires-là. Mais je me souviens que le lendemain, j'étais comme... je ne me souviens de rien ! On a fait le show, je ne me souvenais de rien. Ça m'est arrivé, un « blackout ». Ce n'est pas normal. On vient comme de vivre un truc, puis moi j'étais comme dans un rêve. Puis je me souviens que ce sentiment-là... je tombe drôle, je tombe engourdie. Je trouvais ça paniquant quand même de ne pas être à ce point-là assez consciente. Ça ne me ressemblait pas tant que ça.

Hugo Lachance : Moi ça m'est arrivé à mes premières Francofolies avec WD40 quand j'ai joué là. C'était sur l'ancienne grosse scène. Puis on jouait, il y avait du monde ! Puis écoute, je ne me souviens plus de ce show-là. Je sais qu'il y avait du monde, le band... mais je ne me souviens pas. Je pense que des fois c'est une réaction peut-être de stress, un peu un mode survie.

Ariane Roy : Exactement. Il y a une adrénaline suivie, après ça on dirait que ton cerveau fait abstraction de ça.

Hugo Lachance : Moi je n'étais pas confiant du tout. J'ai fait : est-ce que c'est une bonne expérience ? Oui, non. Mais ça reste un blackout.

Ariane Roy : C'est ça. Puis c'est à la suite de ça... je me souviens que les premières paroles c'étaient : « mais qu'est-ce que tu deviens ? ». Même la première phrase : « ils sont 2000 et toi tu n'entends rien ». Mais il y avait quelque chose... j'étais comme : « non, mais je ne peux pas écrire ça, c'est tellement pompeux ! ». Comme s'il y avait tout le temps 2000 personnes dans mes shows, ce qui était vraiment loin d'être le cas. Mais ça venait de cette soirée-là où il y avait tellement de monde, c'était la première fois qu'il y avait une salle avec autant de gens. Puis c'est comme si je n'entendais personne. J'ai un peu changé la phrase, mais ça vient de là.

Hugo Lachance : C'est super bon. J'adore : « sur le dos de la fatigue cool ». J'aime beaucoup ça. Là je comprends mieux un peu ce que c'est. Ça parlait de ton épuisement, j'avoue. On continue avec « I Want Your Body ». « Cours dans le poids laisse la trace compte les pas garde ma place ». Si, je pense que je vais la faire avancer un peu celle-là.

Ariane Roy : Ouais, vas-y.

Hugo Lachance : Cette chanson-là, je l'ai fait avancer parce qu'à part le point A au point B, qui est assez intense, c'est la première que tu disais avoir composée pour l'album ?

Ariane Roy : Ouais.

Hugo Lachance : Puis comment on compose une toune comme ça ? Celle-là est un petit peu plus évidente parce que tu commences avec un beat puis tu vas en couches.

Ariane Roy : C'est parti de ça. C'est la loupe de drum que j'avais trouvée. Je me souviens juste que pour le couplet, j'avais envie d'une rupture musicale. C'est quelque chose que j'aime beaucoup dans la musique que j'écoute. J'aime ça, les ruptures.

Hugo Lachance : Il y en a quand même plusieurs dans l'album. Un moment donné, ça change radicalement, il n'y a pas grand-chose où on peut le voir venir.

Ariane Roy : On dirait que pour moi... puis c'est comme juste un cri. « Body », ça commence quasiment les... la voix aérée, cristalline, puis après ça le refrain... c'est comme un bruit de sorcière avec les voix super hautes en arrière.

Hugo Lachance : C'est ça, exact.

Ariane Roy : Pour moi, c'était jouissif. Je trouvais ça drôle de faire ça, je trouvais ça amusant. Puis en même temps, je trouvais ça... je me souviens j'étais chez nous puis je dansais dans mon salon. C'est vraiment la toune... Puis dans le show, je pense que c'est celle qui lève le plus. Je pense que les gens attendent le plus « I Want Your Body » en spectacle. Elle est vraiment conçue pour ça.

Hugo Lachance : 100 %. Je cherche... Félix Petit, c'est ça. À quel point il intervient dans tes compositions ? Est-ce que tu arrives avec une maquette ou vous faites des trucs ensemble, ou les deux ?

Ariane Roy : Tu vois, j'arrivais avec mes prods puis on continuait là-dessus. J'envoyais mes « stems » puis on continuait la prod par-dessus. Il y a une toune comme « Cool », c'est lui qui a fait le beat derrière. Ça dépend des chansons. Celle-là, on a moins rajouté de choses. Mais dans « Mordre », il m'a aidée à la composer aussi. Félix, c'était vraiment tout le temps d'approfondir, de rajouter des détails, de rajouter des breaks. C'est quelqu'un qui a un instinct musical très impressionnant. Il apporte la finesse, juste des petits « Easter eggs ». On partageait une vision, on se complémentait beaucoup. Pour moi, c'était vraiment une révélation artistique.

Hugo Lachance : Parce que dans un album comme ça, assez épuré, ça ne laisse pas beaucoup de place à l'erreur.

Ariane Roy : Justement ! Mais il n'a rien dénaturé, Félix. Tout ce qu'il apportait, c'était avec tellement d'intelligence et de goût. C'est vraiment quelqu'un de musicalement très impressionnant.

Hugo Lachance : Une belle collaboration en tout cas, c'est très cool.

Ariane Roy : Ouais, vraiment ! J'ai adoré.

Hugo Lachance : On continue avec « Nocturne ». « Je n'attendrai plus qu'enfin tu comprennes / la chanson ne parle pas de toi / j'ai trouvé le fond le fond de ta paix / je l'ai prise pour la mienne / je reconnais l' ». On va s'arrêter là. « Nocturne ». Moi j'aime beaucoup le « Je n'attendrai plus qu'enfin tu comprennes / la chanson ne parle pas de toi / j'ai trouvé le fond le fond de ta peine et je l'ai prise pour la mienne / je reconnais les traces que laisse ton enfance / tu traînes des bagages je ne peux que le comprendre / tu coules dans mes veines je sais on se ressemble / les mots qui m'appartiennent sont plus durs à défendre ». C'est beau. Je trouve que tu parles de quelqu'un mais finalement tu t'inspires de ce qu'il a vécu pour parler de toi.

Ariane Roy : Cette chanson-là parle de prendre... je suis quelqu'un qui est très sensible, très « éponge » aussi. Je pense que des fois la souffrance des autres m'impacte beaucoup. Il y a des moments de ma vie où, avec des personnes proches de moi, je peux prendre la souffrance de quelqu'un d'autre sur mon dos, un peu la confondre avec la mienne. C'est dur de faire la distinction entre ce qui m'appartient et ce qui appartient à la personne. Mais c'est un mot d'amour en même temps, cette chanson-là. C'est comme dire à quelqu'un : « j'ai besoin de me distancer de ce que tu vis, mais c'est par amour puis je t'aime ».

Hugo Lachance : Pour moi cette chanson-là est super.

Ariane Roy : Merci ! J'écoutais la trame d'un film qui est sorti, Poor Things. Ce qui m'a marquée de ce film-là, c'est la trame sonore. J'ai passé la journée à l'écouter puis c'est ça qui a inspiré la musique de cette chanson-là.

Hugo Lachance : C'est comme un petit bijou caché, cette toune.

Ariane Roy : Merci ! Ça faisait très longtemps... je ne la fais pas en show. Je trouve ça le fun de la réentendre. Je l'aime, cette chanson-là, elle est proche de moi.

Hugo Lachance : C'est la petite toune qui se différencie du reste, ça fait très bien dans l'ordre des tounes.

Ariane Roy : Ouais, ça fait du bien.

Hugo Lachance : On passe à « Mordre ». « se ressemble / aujourd'hui est un nouveau jour / ou peut-être que c'est la fin / la chanson résonne encore à ce premier toi ». J'aime beaucoup celle-là. On parlait de Billie Eilish tantôt, on est là-dedans.

Ariane Roy : Je comprends ! Mais il n'y a rien de mal là-dedans. « Mordre » a été la dernière composée pour l'album. J'ai passé deux jours en studio avec Félix. J'étais arrivée avec le début, mais au début je n'avais pas de refrain. Le refrain, je l'ai composé là-bas. Il m'a aidée avec la fin de la toune et la structure. On l'a produite ensemble en deux jours. Le soir, j'écrivais le texte. C'est la chanson faite dans l'urgence de l'album, clairement.

Hugo Lachance : C'est une de mes préférées, « Mordre ». C'est comme quelque chose d'un peu hypnotique, très répétitif, angoissant un peu.

Ariane Roy : Exact ! Elle me surprend, cette chanson-là. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment l'expliquer, mais j'ai un attachement à cette chanson-là.

Hugo Lachance : En show, ça fonctionne bien ?

Ariane Roy : C'est le fun ! Elle est assez différente de l'originale, parce que les voix sont difficiles à faire quand même. C'est peut-être celle qui a demandé le plus de défi pour tous les musiciens pour la rendre. Puis le texte est très... c'est peut-être le plus près de mon cœur, ce texte-là, de tous les textes que j'ai écrits. Le plus personnel.

Hugo Lachance : Ah ouais ! C'est bon ça. Belle référence pour cet album au niveau créativité. On passe à « Agneau ». C'est ton single. « tu regardes ton miroir et jamais tu n'insistes vraiment à te voir tel que tu es / pauvre agneau pauvre loup qui signale et bonnes manières / tu dis les mots qu'on espère même dans le ventre de ta mère je sais que tu étais déjà fier de toi ». C'est ton single, ça ?

Ariane Roy : C'est ça, ouais. La première toune qui est sortie.

Hugo Lachance : Très bonne toune. J'aime le côté « super la sorcière ». C'est une vidéo avec une gang de filles chamaniques.

Ariane Roy : « Agneau », c'est drôle. Je me souviens dans le studio, quand on la faisait, dans le refrain au début il n'y avait pas le gros « cri ». Il y avait la loupe, puis on a fait un vrai drum, avec un aspect un peu plus abrasif. Je trouvais ça drôle dans le studio. C'est vraiment la représentation de ce que j'expliquais tantôt. En show, je crie dans cette chanson-là. Ça fait du bien ! On faisait n'importe quoi avec Félix, des voix de sorcière là-dedans. J'avais les filles aussi qui sont venues faire des gros chœurs. Ça défoulait, ça faisait du bien. En même temps, je trouve qu'on ne sait pas où ça s'en va nécessairement avec le couplet. Pour moi, elle représente aussi l'univers de l'album, un peu comme « Dogue ». Elles se rejoignent. C'est celle-là qui représente l'album, j'ai l'impression.

Hugo Lachance : Je comprends. Il y a l'innovation, le côté danse, mais un côté chamanique, sorcière. C'est un super bon portrait pour présenter l'album. « Cesse de courir », c'est ça. J'aime bien les paroles aussi.

Ariane Roy : « Cesse de courir », c'est parce que j'avais fait écouter ça à mon ami Simon Cliche. Il me manquait les paroles du refrain. Il me dit : « on dirait que j'entends "cesse de courir", on dirait que tu dis ça ». Puis j'ai gardé ça.

Hugo Lachance : Ah ouais ! Secret de toune, c'est cool. On poursuit avec « Tous mes hommages ». « trouve mon nom / écris-moi de la maison / je te regarde / je te regarde quand tu dors / tu n'es pas seul dis-moi tu n'es pas seul / crache la honte creuse ton cercueil ». Une toune qui évolue aussi. Au départ c'est plus « boîte de nuit », « club ». J'aime beaucoup ton album, je l'ai écouté à peu près une dizaine de fois. J'aime bien me plonger là-dedans. « Tous mes hommages » ressort souvent dans les critiques.

Ariane Roy : « Tous mes hommages » a été écrite assez vite, la musique et le texte quasiment en même temps. J'imaginais vraiment une scène de film. C'était comme si je poursuivais quelqu'un. J'avais envie d'être une inspiration... j'ai trouvé après une relation avec « Bad Guy » de Billie Eilish.

Hugo Lachance : Tu as un côté comédienne ? Je regarde la panoplie d'Ariane Roy, j'ai écouté tes « 73 questions » sur YouTube. Est-ce une mise en scène ? Je trouve que tu proposes des personnages.

Ariane Roy : J'adorais faire de la comédie musicale au secondaire. J'aime ça, l'aspect « jeu » de la musique. Le show a un aspect théâtral. Dans mon interprétation, il y a tout le temps eu quelque chose d'un peu dramatique, exagéré. C'est un peu comme Kate Bush faisait. Je trouve que c'est une belle qualité d'avoir plusieurs versions d'Ariane.

Hugo Lachance : Je ne savais pas à quelle Ariane m'attendre ! Je m'attendais peut-être à quelque chose d'un peu plus proche des « 73 questions ». Mais ça me séduit, ça marche au bout.

Ariane Roy : Dans « Tous mes hommages », j'avais envie d'aborder une certaine mesquinerie, d'être moqueuse, même méchante. Je méprise la personne dans cette histoire-là puis j'ai envie de renverser les rôles. C'est comme : « tu penses que tu as une ascendance sur moi, mais non, c'est moi qui vais t'attraper ». C'est un dialogue d'écarts de pouvoir. Ça parle de relations avec des écarts d'âge, de pouvoir, d'objectification. Puis le bout de clavecin...

Hugo Lachance : Tu as trouvé ça où, un clavecin ?

Ariane Roy : Au Pantoum ! C'est le film du disque, il y a vraiment une scène de film dans cette histoire-là. J'ai eu beaucoup de plaisir à être la méchante.

Hugo Lachance : Ça fait très bien dans l'univers de Dogue. C'est très cool d'en parler parce qu'on apprend des secrets et la vision de l'artiste. « Une cigarette sur le balcon ». « je suis sortie de ton ventre / les vacances étaient finies / fuir le nid pour trouver l'entre / cherche toi aussi / portes ouvertes des écoles et mes blessures qui ne dorment pas / je pleure souvent tu me pardonnes / je perds la voix mais tu m'entends / tous les soirs où tu as retenu ton souffle / une cigarette sur le balcon ». J'aime beaucoup le texte. « Une cigarette sur le balcon / c'est juste une fois par année / tu fumes quelques déceptions / tu penses à ceux qui t'ont blessée / moi je me cacherai encore sous les jupes de mes croyances / et tu regardes les horreurs tu dis que rien n'est à comprendre ». C'est super beau, en plus ça fait ton côté « badass » sur l'album. Une cigarette, c'est un objet dont on ne parle plus.

Ariane Roy : C'est drôle parce que je suis tellement non-fumeuse ! Je suis tellement plate ! Mais ça, c'est vraiment une chanson pour ma mère. Ma mère non plus n'est plus une fumeuse du tout, mais la seule fois dans l'année où elle fume, je sais qu'elle est en tabarnak, ou qu'elle a de la peine. C'est une représentation de notre relation. Quand j'étais jeune, j'étais dans ma chambre, je chantais, puis l'odeur de cigarette venait du balcon d'en bas. Je savais qu'il se passait quelque chose, je descendais la voir. C'est une toune d'amour envers ma mère qui expose notre vulnérabilité. Puis il n'y a pas grand-chose dans cette chanson-là : c'est un « sample » de ma voix avec une basse.

Hugo Lachance : J'allais poser la question !

Ariane Roy : J'ai une tendance au minimalisme. J'ai réalisé que des gens mettent tellement de « layers », je trouve ça vraiment cool, mais moi j'en mets moins. Ma musique est minimaliste mais il se passe quand même beaucoup de choses.

Hugo Lachance : Je comprends ce que tu veux dire. Ce n'est pas vide.

Ariane Roy : Pour le texte, j'aime bien que l'arrangement soit comme ça. Il y a aussi une référence à nos années de chorale, ma mère et moi. Ça ressemble à des vieilles chansons des années 80-90.

Hugo Lachance : Prenez le temps de l'écouter plus d'une fois pour tomber en amour avec ça. Ton père, quand il a écouté l'album la première fois ?

Ariane Roy : Il n'était pas sûr du tout ! Mais maintenant, il aime tellement les tounes. Il est allé voir le show, il est tellement content. Ça peut ne pas parler à plein de monde, c'est bien correct. Mais là j'ai l'approbation du paternel !

Hugo Lachance : C'est le fun ! Ta mère, est-ce qu'elle appuie ça ?

Ariane Roy : Oui, vraiment ! Même réaction au début, elle ne comprenait pas trop. Elle ne l'écoute pas trop souvent, elle trouve ça émotionnellement prenant comme ça parle d'elle.

Hugo Lachance : On continue avec « Berce tes gens ». « et moi je pense à qui donner des fleurs / devant la fin je me demande qui la connaît par cœur / si je ne supporte et les choses je les regarde de loin / je nage dans le sang des autres qui pour me laver les mains ». C'est beau ça. « La maison s'effondre et moi je chante devant des inconnus / et quand la nuit tombe je repense aux gens que je ne vois plus / si je suis le chien qu'on abandonne je suis le maître qui regarde / tout ce qu'il me reste dans la gorge est ce qui me laisse de marbre ». J'adore ça. « je nage dans le sang des autres », c'est beau. Tes textes sont imagés.

Ariane Roy : Merci ! Je mets du temps à écrire, je l'apprécie. Cette chanson-là est une berceuse, d'où son nom. C'est la seule chanson que j'ai composée très « guitare-voix ». C'est Félix qui a fait le petit beat derrière. L'album parle beaucoup du relationnel, mais ça c'est plus mon rapport au collectif, au monde dans lequel on vit. Le fait que la souffrance collective reflète mon monde à moi. C'est absurde d'avoir accès à toute cette violence tous les jours et de devenir engourdi parce que c'est insupportable. La phrase « tout ce qui me reste dans la gorge », c'est tout ce qui ne me touche plus et ça me fait chier.

Hugo Lachance : C'est un réflexe de survie. Devant le désastre, on ignore.

Ariane Roy : Exactement. Est-ce que ma vie a du sens ? Est-ce que je prends soin des gens dans ma vie ? C'est plus existentialiste. Ça clôt bien l'album avec plus d'humilité que le reste des textes qui sont très frontaux. C'est un pas de recul.

Hugo Lachance : Tu finis fort puis ça finit dans le questionnement. Bravo ! On finit avec un dernier segment : Rafale. Ton top 3 de ton album ?

Ariane Roy : « Mordre », « Tous mes hommages » puis « Cool ».

Hugo Lachance : Quelle chanson représente le mieux cet album ?

Ariane Roy : « Agneau ». C'est un excellent choix de single.

Hugo Lachance : Qu'est-ce qui te rend heureuse dans cet album ?

Ariane Roy : Faire les tounes en show. Ça me rend vraiment heureuse.

Hugo Lachance : La toune que tu aimes le moins ?

Ariane Roy : Peut-être « Nocturne », dans le sens qu'on ne la fait pas dans le show. Je l'enlèverais techniquement, mais je suis contente qu'elle soit là.

Hugo Lachance : Où peut-on se procurer l'album ?

Ariane Roy : Sur toutes les plateformes et chez votre disquaire.

Hugo Lachance : Quels sont les projets qui t'attendent ?

Ariane Roy : Poursuivre la tournée jusqu'à l'année prochaine et commencer à composer. On revient à Montréal au MTELUS le 21 mars. C'est mon premier MTELUS en solo.

Hugo Lachance : Merci beaucoup Ariane. Merci aux auditeurs, rendez-vous sur www.lalbumpodcast.ca. Merci à Véro et la salle des tortues. On se revoit pour un autre épisode.