B.A.R.F. : Viscéral
B.A.R.F. : Viscéral
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B.A.R.F. : https://barfmtl.bandcamp.com/album/mantra
Quel est l'impact réel du groupe B.A.R.F. sur l'évolution de la scène métal québécoise ? Pionnier incontesté du genre, le groupe Blasting All Rotten Fuckers célèbre ses 40 ans d'existence avec la sortie de son douzième projet majeur, l'album Viscéral. Reconnu pour avoir imposé la langue française dans le milieu alternatif dès 1987, le quatuor demeure une figure de proue de l'engagement social, de l'intégrité musicale et de la résilience culturelle au Québec.
La trajectoire du groupe s'est dessinée dès 1986 autour d'une volonté de dénonciation brute. Proposé par le chanteur Marc Vaillancourt alors que le bassiste original suggérait simplement « Barf », l'acronyme complet est venu d'un seul jet : Blasting All Rotten Fuckers (traduisible par « Exploser tous les crosseurs pourris »). Si les fans s'amusent parfois à y voir des clins d'œil alternatifs — comme la nourriture crue pour chiens (Biologically Appropriate Raw Food) ou le personnage de Barfolomew dans le film culte Spaceballs —, le sens premier reste profondément ancré dans la contestation sociale.
Sorti sous l'étiquette Bam&Co Heavy, ce nouvel opus marque un sommet de maturité dans la discographie de la formation, affichant un son féroce et d'une authenticité absolue. Le processus de création de Viscéral se distingue des projets précédents : plutôt que d'aligner des morceaux composés individuellement, les 12 chansons (dont un « trésor caché ») ont été écrites et façonnées de manière entièrement collective par les quatre membres.
Le projet a pris vie entre les murs du Studio Pavillon Noir à Montréal, sous la gouverne partagée du réalisateur Yannick Lapierre et du groupe. Pour illustrer cette charge sonore, B.A.R.F. a confié l'identité visuelle de la pochette à l'illustrateur Filip Ivanovic. C'est également lors de ces sessions que Marc Vaillancourt a radicalement transformé sa performance vocale en adoptant pour la première fois l'utilisation d'un métronome (click) en studio, une révélation technique qui a grandement optimisé sa précision.
L'alignement réunit des musiciens d’élite de l’underground québécois :
Marc Vaillancourt (Voix) : Membre d'origine et voix emblématique du métal francophone.
Denis Lepage (Guitare) : Pilier fondateur et multi-instrumentiste, intégrant parfois la mandoline et l'accordéon.
Dominic « Forest » Lapointe (Basse) : Virtuose de la basse (reconnu pour son travail avec Augury et Beyond Creation), qui s'est joint aux rangs en 1998.
Carlos Araya (Batterie) : Puissant cogneur issu de la formation Anonymus, qui complète l'équipe depuis 2004.
Berserker : Un hymne direct à la fureur scénique et à la puissance brute des performances du groupe.
Écœurantite : Une charge sociale cinglante qui s'attaque de front à l'inflation, la collusion économique et la crise actuelle du logement.
Skaliss : Une dénonciation virulente de la pression fiscale et du démantèlement des services publics.
Du sang dans le sable : Une pièce texturée et profonde traitant des guerres de religion et des conflits territoriaux mondiaux.
B.A.R.F. a tracé sa route sans jamais faire de compromis sur son intégrité. Figure de proue des mythiques tournées Polliwog, le groupe a participé aux vitrines musicales de New York pour exporter le métal québécois à l'étranger. À travers leur parcours, ils ont prouvé que chanter en français constituait un puissant levier d'authenticité pour s'imposer localement. Preuve de la polyvalence de l'éthique underground, Marc Vaillancourt a même prêté sa voix en 1997 à une production de danse contemporaine grindcore intitulée Giselle, la maudite amour sale.
L'entrevue est également parsemée de segments d'archives et de messages de respect de la part de leurs pairs, de Simon Turcotte (Guhn Twei) à Joe Evil (Grimskunk / Collectivo), en passant par Shantal Aroyo (Overbass), Oscar Souto (Anonymus) et Vlad Antonov (Hopera).
00:21:36 // L'histoire d'immigration rocambolesque de Gilles Roger
00:35:58 // Souvenirs du Polliwog avec Alex Jones et Étienne Carrier de WD-40
00:42:25 // Les coulisses et les excès des tournées à New York
00:45:57 // L'anecdote des feux d'artifice de Joël Tremblay (Overbass)
00:47:36 // Quand le batteur Peter Jackson décidait de jouer nu
00:47:54 // Souvenirs partagés avec Pat Gauthier (Raid)
00:48:32 // L'époque Grubby Spit avec Marc Jodoin
00:59:57 // Témoignages et marques de respect de la scène locale
00:59:57 Message de Simon Turcotte (Guhn Twei)
01:01:35 Message de Shantal Aroyo (Overbass/Collectivo)
01:03:15 Message de Joe Evil (Grimskunk/Collectivo)
01:03:49 Message d'Oscar Souto (Anonymus)
01:08:38 Message de Vlad Antonov (Hopera)
Quatre décennies de rock laissent derrière elles des histoires légendaires. L'épisode revient notamment sur l'expulsion soudaine du bassiste français Gilles Roger en 1998, arrêté lors d'une simple vérification de routine de sa moto alors que son visa d'un an était expiré.
Les auditeurs découvriront aussi la genèse de la réplique culte « Je suis peut-être saoul, mais j'étais un artiste ! ». Lors d'un concert de la tournée Polliwog à Port-Cartier en 1999, après une journée festive avec les membres de Gros Méné, le guitariste Denis Lepage a subi un blackout en plein milieu du morceau Le Petit Poisson. Tombé directement sur son amplificateur, il s'est relevé d'un coup pour lancer cette phrase mémorable devant une foule de 7 000 personnes.
Pour célébrer dignement cette longévité exceptionnelle, B.A.R.F. entame une quinzaine de spectacles. Le point culminant de cette célébration aura lieu lors d'un concert événement majeur le 31 octobre, marquant jour pour jour les 40 ans de la formation officielle du groupe.
F.A.Q. (Foire aux questions) - B.A.R.F.
D'où vient le nom « Blasting All Rotten Fuckers » ? Le nom a été proposé par Marc Vaillancourt en 1986. Alors que le bassiste original suggérait « Barf », Marc a proposé d'y ajouter une détermination qui est venue d'un seul jet : « Blasting All Rotten Fuckers » (exploser tous les crosseurs).
Pourquoi le bassiste Gilles Roger a-t-il été expulsé du Canada en 1998 ? Gilles, un Français vivant au Québec depuis 8 ans, n'avait qu'un visa d'un an. Lors d'une inspection de routine de sa moto, la police a découvert sa situation illégale et il a été déporté en France le jour même.
Quelle est l'histoire derrière la phrase culte « Je suis peut-être saoul mais j'étais un artiste ! » ? Lors de la tournée Polywog à Port-Cartier en 1999, Denis Le Page avait bu abondamment avec les membres de Gros Méné. En plein milieu de la chanson Le Petit Poisson, il a fait un blackout, est tombé sur son ampli, s'est relevé et a lancé cette réplique devant 7 000 personnes.
Quelle est la particularité de la composition de l'album « Viscéral » ? Contrairement aux albums précédents où les morceaux étaient souvent apportés par un seul membre, Viscéral a été écrit et composé de façon entièrement collective par les quatre membres du groupe.
Qu'est-ce qui a radicalement changé la performance vocale de Marc Vaillancourt ? C'est l'utilisation d'un « clic » (métronome) lors des enregistrements. Marc affirme que cela a tout changé dans sa vie, lui permettant de se rendre compte qu'il était plus précis qu'il ne le pensait.
Sylvain Cormier pour Le Devoir, le “vendredi 13” mars 1992
Christine Fortier le 28 janvier 1999 pour le Voir
Sylvain Cormier, Le Devoir, vendredi 16 août 1996
ANDRÉE MARTIN Le Devoir, 1er décembre 1997