Transcription de l’épisode Conflit Majeur : Désinvolte
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Chapitre 1 : Introduction
Hugo Lachance : Nous sommes le 10 juin 2025 à Terrebonne et aujourd'hui c'est un épisode où est-ce que ça me rend un petit peu nostalgique et jaloux parce que je reçois un band de la relève punk de Terrebonne-Lanaudière, disons Montréal, qui vient nous présenter leur premier album qui s'appelle Désinvolte. Alors aujourd'hui, je suis très fier de recevoir Conflit Majeur à l'album podcast. Salut.
Conflit Majeur : Allô la gang !
Hugo Lachance : Avant de vous présenter mes invités convenablement, je tiens à remercier les nouveaux abonnés. Le podcast va bien. Donc je vous invite à faire la poutine habituelle : allez venir me suivre sur Facebook, Instagram, Blue Sky et surtout vous abonner sur YouTube, ça fait extrêmement plaisir. Alors aujourd'hui, je suis avec Charles, Justin et Thomas. Bonjour. Bienvenue à l'album podcast.
Conflit Majeur : Merci beaucoup.
Hugo Lachance : Là, on est chez Charles ?
Charles : On est chez moi, à Terrebonne.
Hugo Lachance : Merci de nous recevoir chez toi.
Charles : On devrait dire merci à mes parents. C'est dit, on a planifié ça aujourd'hui. J'étais comme : « On peut venir tourner un podcast ? », c'était : « Ben oui, 100 % ».
Hugo Lachance : Ben oui parce qu'il y a un gars de 50 ans qui s'en vient, je pense qu'ils ont besoin de savoir. Bon, comment ça se passe avec l'album ?
Charles : Ça se passe bien. On l'a lancé il y a un peu moins d'un mois maintenant puis ça va bien. Sur les plateformes de streaming, on voit qu'il y a beaucoup d'écoutes. Le monde est pas mal engagé dans l'album. On a eu beaucoup de bons feedbacks aussi, fait qu'on est vraiment content par rapport à ça.
Hugo Lachance : Fait que c'est un premier album pour vous autres. C'est pour ça que je disais dans l'intro que j'étais un peu jaloux puis nostalgique parce que je me retrouve à votre âge aussi. Ça me rappelle les premiers temps aussi qu'on faisait de la musique, on faisait des shows, tout ça, fait que c'était vraiment cool. On va commencer par vous présenter comme c'est les mêmes questions que je pose à tout le monde.
Chapitre 2 : SEGMENT : Présentation de l'artiste Chapitre 3 : Charles
Hugo Lachance : Alors je vais commencer avec toi Charles. Charles, c'est un petit gars de où ?
Charles : Ben moi je suis né à Montréal de base à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Mais mes parents ont déménagé à Terrebonne quand j'avais 1 an. Puis la maison qu'on filme c'est ma maison de vie. J'ai habité ici depuis toujours.
Hugo Lachance : Super. C'est quoi ton album d'enfance ?
Charles : Moi c'est Grand champion des Trois Accords. Le premier album que j'ai vraiment découvert comme la musique vraiment, c'est avec notre ancien bassiste. On écoutait Lightning Bolt de Pearl Jam. C'est ça, on l'avait les deux en CD puis on l'a tellement joué qu'il sautait. C'est mon premier album d'enfance.
Hugo Lachance : Puis là, la question que je pose, ça s'adresse quasiment à votre âge, mais c'est quoi ton album d'adolescence ? Quel album qui t'a formé ?
Charles : Ben, ça va être comme tout le monde. C'est Nevermind. Je pense que c'est l'album qui revient le plus souvent au podcast même pour les jeunes puis pour les vieux. Mais si je vais vers un petit peu plus poussé, je dirais Punk in Drublic de NOFX. C'est la première fois que la musique alternative me rejoignait après Nirvana. L'album qui nous a réuni moi puis Justin, c'était vraiment ça.
Hugo Lachance : C'est parfait. Moi c'est un de mes albums préférés aussi. Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ?
Charles : Ben mes parents écoutent beaucoup de musique country. Le plus loin que je me rappelle, c'est Renée Martel. Mes parents c'est la musique country québécoise aussi.
Hugo Lachance : Super. Ton premier instrument c'est quoi ?
Charles : Mon premier, c'est l'euphonium au secondaire. Puis éventuellement j'ai commencé à faire de la guitare.
Hugo Lachance : C'est pas mal ça. Puis Justin, bonjour.
Chapitre 4 : Justin
Hugo Lachance : Alors tu es un petit gars de où Justin ?
Justin : Moi ben comme Charles, je suis né à Montréal puis j'ai habité Hochelaga pendant un an quand j'étais bébé, puis mes parents après ont déménagé à Repentigny puis j'habite encore à Repentigny.
Hugo Lachance : Ton album d'enfance ?
Justin : Ben je dirais mon premier souvenir d'album que j'ai vraiment capoté c'est un album de The Brains. Mes parents écoutaient ça puis là moi je capotais là-dessus. Je me rappelle plus c'est quoi le nom de l'album mais il est comme rouge avec une genre de face. Puis j'ai vraiment capoté sur cet album-là quand j'étais vraiment enfant. Mais sinon je m'en rappelle aussi un souvenir c'est Racine Carrée de Stromae. Moi puis ma mère cette journée-là.
Hugo Lachance : OK c'est cool. Fait que album d'adolescence ?
Justin : C'est sûr que ça va être du NOFX aussi mais l'album qui m'a vraiment fait aimer NOFX je pense que c'est Pump Up the Valuum.
Hugo Lachance : Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents à part du travail ?
Justin : Honnêtement pas mal n'importe quoi. Mes parents ce sont des grands mélomanes aussi. Fait que je pourrais pas te dire un truc précis mais quand j'étais jeune il y avait beaucoup de punk aussi.
Hugo Lachance : Ton premier instrument ?
Justin : Moi c'est le piano. J'en joue encore. J'ai commencé à faire des cours j'avais 8 ans.
Hugo Lachance : Mais il n'y en a pas dans l'album ?
Justin : Non, il n'y en a pas dans l'album parce que peut-être un jour.
Hugo Lachance : Ouais, peut-être. Bon, puis Charles et puis Justin, c'est pas la première fois qu'on se parle au podcast. On s'était vu l'an dernier pour le 10e anniversaire de la table tournante. On s'était jasé un petit peu en fin de show. Puis voici Thomas.
Thomas : Allô.
Hugo Lachance : Tu es un petit gars de où toi ?
Thomas : Moi, je suis né à Laval et je vis toujours à Laval.
Hugo Lachance : Yes ! Puis ton album d'enfance ?
Thomas : J'ai un peu honte mais c'est Scary Monsters and Nice Sprites de Skrillex. J'aimais vraiment ça quand j'étais au primaire.
Hugo Lachance : Ça c'est cool. Puis ton album d'adolescence, celui qui t'a formé ?
Thomas : J'hésite beaucoup entre Three Cheers for Sweet Revenge de My Chemical Romance, sinon Dookie de Green Day. Un grand classique pour moi, ou le premier de My Chemical Romance.
Hugo Lachance : Je ne connais pas celui-là, ça me dit rien du tout.
Thomas : C'est leur premier. Je l'ai tatoué sur mon bras.
Hugo Lachance : Ah OK. Bon. Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?
Thomas : Mon père, il aimait beaucoup Iron Maiden. Ma mère elle écoute un peu de tout mais je me souviens qu'elle aimait beaucoup mettre le Black Album de Metallica. Je le connais par cœur puis je trouve que c'est toujours un excellent album.
Hugo Lachance : C'est excellent. Puis ton premier instrument ?
Thomas : Le saxophone Alto au secondaire. Il n'y en a pas dans l'album non plus. J'ai tout oublié.
Hugo Lachance : Bon super. Fait que là les présentations sont faites. On est ici pour parler de votre album Désinvolte. La raison pour laquelle on est ici, c'est parce que j'ai rencontré Justin quand j'ai déménagé à Repentigny. J'arrive au dépanneur chez Chamard, à mon nouveau dépanneur. On vient d'acheter une maison à Repentigny. C'est différent de Rosemont mettons. En poussant la porte du dépanneur, j'aperçois un flyer de l'hémisphère gauche collé juste à hauteur de mon nez. J'ai trouvé ça étrange. Fait que c'est en scannant les environs à la recherche des frigos de bière de micro que je résous le mystère : à la caisse, un jeune garçon à l'allure punk androgyne s'occupe de ses clients. Je fais mes achats, je passe à la caisse et c'est là qu'on a commencé à discuter. Puis de fil en aiguille, on se retrouve ici ce soir pour parler de l'enregistrement de l'album. C'est quand même cool comme rencontre. Tu te souviens de quel show c'était ?
Justin : Ben c'est notre deuxième show en tant que band. Puis c'était notre pire show qu'on a jamais fait à l'hémisphère gauche.
Hugo Lachance : Pas grave. L'un va avec l'autre. Fait que ça c'est la rencontre. Fait que quand je t'ai vu, j'ai fait OK. C'est sûrement lui qui fait le lien entre punk puis Montréal. C'est comme ça de fil en aiguille qu'on a réussi à me connaître puis j'ai découvert aussi Conflit Majeur. Puis je trouvais ça cool d'avoir un band de jeunes qui font la musique parce que c'est comme quelque chose de plus en plus rare on dirait. Puis là depuis que je suis ici, c'est drôle, on dirait que j'entends parler pas mal plus de bands de plus jeunes. Comment ça se passe la relève ici mettons dans Lanaudière ou Montréal ?
Justin : Ben je pense qu'il y a quelques bands mais c'est pas... tu en connais toi des bands ?
Charles : En fait c'est comme dans le fond dans les couronnes autour de Montréal, genre Terrebonne et Laval. Je reconnais quelques-uns et j'ai certains de mes amis mais c'est pas... j'en connais plus à Montréal genre les plus jeunes plus connus c'est genre Gen Chaos. Puis honnêtement il y en a tellement là des bands à notre âge, je pourrais en nommer dix.
Hugo Lachance : Fait qu'autrement dit il y a une scène qui est quand même vivante en ce moment ?
Conflit Majeur : Très vivante.
Hugo Lachance : Ça c'est cool. Ça fait plaisir à entendre parce que des fois on dirait que pendant un certain temps on entendait plus parler de relève de groupes de musique punk.
Justin : Mais c'est parce que c'est très underground aussi la scène de jeunes à Montréal. Nous ça fait pas longtemps qu'on est là-dedans fait que je ne sais pas, ça fait à peu près 2 ans et demi qu'on est dans cette scène-là. Avant ça, on n'était pas au courant de ce qui se passait fait qu'on ne sait pas s'il y a eu un boom ou que ça a tout le temps été le même mais on dirait que là il y a plus d'engouement.
Hugo Lachance : Il y a des places comme le viaduc Van Horne. On dirait que ça donne des places aussi pour que les bands puissent jouer, plus s'exprimer.
Justin : Oui le viaduc. Merci le viaduc Van Horne. Depuis l'été passé, il y a de plus en plus de shows qui se donnent là-bas. C'est comme rendu un peu mythique comme spot. Tout le monde, il y a des bands même pas de Montréal, même des fois il y a des bands d'Ontario qui disent que ça serait nice de faire un show à Van Horne. Le mot se passe, le monde sait c'est quoi. Comme l'été dernier c'était à Terrebonne aussi, c'était quand même super ce show-là organisé par la table tournante. Il y avait des plus jeunes, des plus vieux, c'était vraiment cool.
Chapitre 5 : La formation du groupe
Hugo Lachance : Comment s'est formé votre band ? Parlez-moi de ça.
Charles : Ben notre band il s'est formé au secondaire, en secondaire 5. On était moi, Justin, Colin (notre ancien bassiste). On voulait se partir un projet. On était sur le balcon à Justin à Repentigny puis on était comme : « On starterait un band ». Fait que là on a cherché pour un drum. On a demandé à un gars qui a maintenant un band aussi, Even Exist. Fait qu'on avait aussi trouvé un autre bassiste parce qu'au début Colin faisait juste jouer de la trompette dans une tune. On avait pris un gars qui s'appelle Axis. On a monté un show de covers où on l'a joué devant notre école secondaire Du Coteau. C'était vraiment cool. C'était la première fois, on avait regardé les Vulgaires Machins qui avaient joué en début 2000 à Mascouche à l'Alizé fait qu'en tout cas ils ont dit qu'il ne se souvenaient pas qu'il y avait un band de jeunes qui avait fait ça depuis je ne sais pas combien de temps. Le show ça avait bien fonctionné, toute l'école était là le midi puis c'était nice.
Hugo Lachance : Ah c'est cool ça.
Charles : Par la suite on n'a pas vraiment fait de show jusqu'à notre premier show. C'était le 8 avril 2023 à la brasserie Beaubien. On avait déjà changé de lineup, on avait pris Colin puis on avait pris un ancien drum.
Hugo Lachance : Fait là mais qu'est-ce qui vous a motivé à faire vos propres compositions ? C'est quand même un gros switch.
Charles : Ben je pense ça s'est fait un peu naturellement. On faisait juste des covers puis moi pour le fun la première toune qu'on a composé c'est « Pâte à modeler » qui est sur notre EP. C'est une toune que j'avais écrit comme acoustique pour le fun parce que dans ce temps-là j'écoutais ben du Fred Fortin puis là j'avais fait une toune acoustique qui ressemblait à ça. Puis là on est comme : « Il faudrait composer des tunes mais on avait aucun riff » fait que je suis comme : « On prend la toune que j'ai faite en acoustique puis on la met en punk ». Après, de fil en aiguille on a juste commencé à composer plus. Au début nos premiers shows c'était comme 75 % covers, 25 % compos mais à cette heure on fait juste des compos.
Hugo Lachance : C'est cool que vous ayez continué là-dedans parce que la réception était bonne j'imagine.
Justin : Ben oui, à notre premier show, la réception a été vraiment bonne. Ça nous a vraiment surpris. Je pense c'est ça qui nous a motivé aussi à continuer parce qu'on a tellement eu de fun puis on a vu que le monde aimait ça que on voulait juste continuer à avoir ce feeling-là. C'est quand même rare qu'il y a des bands qui commencent par leur premier show puis le monde est tout de suite dedans. Fait que c'est plus difficile je pense de rester motivé quand tu reçois pas de réponse. Fait que je pense que le fait qu'on a eu une bonne réponse à notre premier show, toutes les shows de merde après on était comme : « Oh c'est pas grave on continue pareil parce que si on a été capable notre premier show on peut le faire peu importe ».
Chapitre 6 : Le premier enregistrement
Hugo Lachance : Ensuite vous avez décidé de faire votre premier enregistrement. Comment ça s'est passé l'enregistrement ?
Charles : Ben en fait on a fait ça chez nous. C'est mon père qui a enregistré et mixé parce que mon père il fait du son. Puis c'est ça, il a emprunté des micros à un gars qui connaissait bien que lui aussi c'est comme directeur technique ou de son whatever. Puis il avait une bonne collection de micros fait qu'il nous a prêté ça. Puis on a fait ça dans mon sous-sol.
Hugo Lachance : Ah ça c'est cool ça quand les parents s'impliquent.
Charles : Ouais c'est ça. Fait que pour nous ça a quand même été relativement facile d'avoir un premier enregistrement à diffuser. Puis vu que d'habitude on jammait tout le temps chez nous fait que c'était dans un environnement qu'on connaissait déjà.
Hugo Lachance : Puis là par la suite il y a eu des changements dans le groupe parce que Thomas tu étais pas là. Anton aussi, Anton Samoylenko qui est au drum maintenant. Comment se sont passés les changements ?
Chapitre 7 : Des changements dans le groupe
Charles : Ben avec notre ancien drameur ça marchait juste vraiment plus. Il y avait des problèmes dans le groupe, ça fonctionnait plus. Fait qu'il a quitté le band puis on était comme en besoin urgent d'avoir un nouveau drummer parce qu'on avait des shows prévus.
Hugo Lachance : Si je me souviens bien vous m'en aviez parlé.
Charles : Ouais tu nous avais référé à Anton. Puis Anton a pris les tunes en genre deux semaines. Puis il les a eu parfaitement. Fait qu'on avait un stress puis ça tombait que Justin il était en voyage pendant ce temps-là. Fait que moi puis Colin, on s'est mis à la recherche, on avait essayé plein de drummers. Puis on avait fait une soirée, on est allé en voir un puis un autre puis là on a vu Anton. On a fait OK ça clique fait qu'il a fait notre premier show avec nous à la brasserie Beaubien et le lendemain on faisait un show à l'Escogriffe.
Hugo Lachance : Ouais non je suis vraiment content de cette histoire-là parce que justement j'étais allé au dépanneur puis là tu m'avais dit que vous aviez perdu votre drum. J'ai dit ben écoute je donne le numéro de Pat Mainville qui est guitariste avec WD-40 qui lui a les locaux Musicopratik. Salut Pat. Puis c'est ça lui il m'a dit écoute essaye Anton il est vraiment bon fait que je t'ai refilé le numéro puis je suis vraiment content parce que ça a fonctionné.
Justin : Mais pour de vrai je pense que si on ne t'avait pas connu je ne sais pas ce que notre band serait en ce moment c'est fou. Parce que c'est vraiment lui qui a élevé notre band à un autre niveau là parce qu'il est incroyable. C'est un excellent drumeur.
Hugo Lachance : Faut être chanceux des fois quand tu as un band. Les planètes se sont alignées ça a marché. Votre basse c'est ce qui a enregistré sur le dernier album ou c'est Thomas ?
Charles : Non c'est Thomas. Moi c'est... j'ai enregistré sur l'album et sur le EP c'est Colin.
Hugo Lachance : Tu es arrivé comment dans le band Thomas ?
Thomas : Moi je suis dans un autre groupe qui s'appelle The Snatchers. J'ai rencontré les autres membres de Snatchers à un show de Conflit Majeur. Donc je suis un peu dans la scène grâce à eux. Puis les Snatchers on est très fans de Conflit Majeur. On allait à leurs shows puis on les respectait beaucoup. Puis un jour je suis chez moi, je suis tout seul puis ils m'écrivent : « Colin va bientôt quitter. Est-ce que tu aimerais genre prendre sa place ? ». Moi j'ai fait : « Tabarnac ! Évidemment que oui, ça me tente en criss ! ». Ils m'ont dit : « Colin va enregistrer l'album, on va faire une coupe de shows puis ensuite on va t'intégrer ». Finalement 3 jours plus tard, je suis rentré dans le band. J'ai appris 14 tunes en deux semaines. Je suis rentré en studio, j'ai fait quatre shows en un mois. C'était quelque chose.
Charles : Ben c'est ça. Deux semaines après finalement Colin il ne pouvait pas enregistrer fait qu'on a dit : « Ben tu veux enregistrer sur l'album ? ».
Thomas : J'ai dit oui. Au début j'en ai un peu chié par contre j'ai eu un peu de misère au début mais j'apportais ma guitare à l'école puis je jouais durant les pauses juste pour pratiquer les trucs.
Charles : Il était super persévérant, il a embarqué 100 % dans le projet. Puis je pense c'est ça aussi que comme Anton a fait, c'est ça qui nous a vraiment sauvés dans le band. La chimie était vraiment moins là à la fin avec Colin. Puis Thomas s'entend super bien avec nous fait que de le voir motivé arriver en studio puis de torcher les tunes c'était parfait.
Chapitre 8 : L'écriture de l'album
Hugo Lachance : Il faut savoir saisir les opportunités. Puis là vous avez fait votre premier album puis là les nouvelles compos comment vous avez abordé l'écriture des nouvelles compos et c'est quoi l'évolution qu'il y avait entre le EP puis l'album ?
Charles : Souvent c'est Justin qui va arriver avec des textes puis des riffs de basse. Par la suite il va nous jouer deux riffs puis après ça on va écrire la tune. Fait que c'est ça qu'on a fait comme pour le EP.
Hugo Lachance : Mais c'est quoi la grande différence entre les deux ? Il y avait une différence au niveau du concept ?
Justin : Ben le EP c'était genre on a vraiment eu du fun à faire ça mais les tunes étaient moins sérieuses. Puis là en tant que band on était comme on veut garder aussi notre côté un peu comique pas trop sérieux mais on voulait avoir quand même des textes plus engagés. Puis c'était comme un consensus mutuel. Puis aussi je pense que mes textes ont évolué avec plus d'expérience puis ça évolue encore.
Chapitre 9 : Le nom Conflit Majeur
Hugo Lachance : Pourquoi le nom Conflit Majeur ? Pour de vrai ça veut rien dire ?
Justin : C'est notre premier drameur. On se cherchait un nouveau nom parce qu'avant on s'appelait Anticyclone. C'est horrible comme nom de band. Puis là on a juste shooté plein de noms. On a failli s'appeler Dépression Nerveuse.
Hugo Lachance : Ça je trouve que ça reste quand même pas un mauvais nom.
Justin : C'est un peu aussi un hommage à Black Flag, « Nervous Breakdown ». Puis finalement on était à veille de s'appeler de même puis il est arrivé à un jam puis il a dit Conflit Majeur fait que c'est resté.
Chapitre 10 : SEGMENT : Présentation de l'album
Hugo Lachance : Fait on va passer à la présentation de l'album. Où se situe Conflit Majeur dans le spectre des genres musicaux ?
Charles : Ben c'est sûr c'est punk mais si on veut aller très on peut mettre pop punk. Il y a des bouts plus pop chantés plus avec des back vocaux. Sur le nouvel album c'est plus hardcore punk quasiment je peux dire. C'est juste comme du skate punk aussi je trouve qu'on a bien mixé un peu les trois puis je trouve que les tunes nous ressemblent vraiment plus maintenant.
Justin : Moi puis Charles c'est comme un running gag parce que on a le terme hardcore mélodique mais on est pas mal un band de hardcore mélodique là. Puis il y a même un petit côté grunge de temps en temps, on a beaucoup d'influence. On est les quatre on écoute des affaires différentes.
Hugo Lachance : Fait que on va passer à travers les crédits de l'album. Titre Désinvolte, année 16 mai 2025. Évidemment, c'est indépendant. Réalisation, qui a fait la réalisation ?
Justin : C'est Frank et Guy Thibault. Francis Labelle puis Guy Thibault de Direkt In Studio à l'Assomption.
Hugo Lachance : Musiciens : chant et guitare Justin Thibault, guitare Charles-Antoine Leroux, batterie Anton Samoylenko , basse et chœurs Thomas Buot. Salut Frank. On l'aime beaucoup Frank. Enregistrement, mixage et mastering par Frank et Guy Thibault.
Chapitre 11 : L'enregistrement de Désinvolte
Hugo Lachance : Comment ça se passe un enregistrement d'une toune de Conflit Majeur ? Comment vous procédez en studio ?
Charles : On a commencé avec le drum. Anton il a clenché ça en deux sessions de 4 heures puis on voulait pas vraiment faire de cuts fait que c'est tout des one takes sur l'album. Drum en premier. Après on a essayé de commencer avec la basse mais il y avait juste ça marchait pas. Fait que après on a dit bon on fait les guides en premier. Puis on a fait les guit et la basse puis fin les vocaux.
Hugo Lachance : Dans quel état d'esprit vous étiez quand vous êtes entrés en studio ? Parce que vous avez fait ça en combien de temps ?
Charles : 3 mois environ.
Thomas : Moi j'étais très nerveux parce que comme je l'ai dit avant c'était vraiment un groupe que j'étais fan puis en même temps je voulais pas les décevoir. Mais plus le temps avançait plus c'était light. Le vibe était vraiment cool.
Charles : Moi j'étais vraiment locked in. Avec Frank puis Guy honnêtement c'était comme enregistrer avec des amis là. Puis des fois on a filmé un documentaire aussi sur notre album fait que des fois on avait une petite équipe de tournage en studio fait que ça ça changeait un peu la dynamique mais c'était le fun pareil.
Hugo Lachance : Ben oui, absolument. Comment on finance un album comme ça quand on est jeunes comme vous autres ?
Charles : Ben déjà merci à Direct In parce qu'ils nous ont vraiment pas chargé cher. Ils nous ont fait un prix d'amis parce qu'ils croyaient en nous. Puis la façon que nous on a procédé, c'est que à chaque fois qu'on a fait des shows, on avait un petit bucket. Puis toute l'argent des shows qu'on faisait, on la mettait là-dedans. Fait que depuis les deux dernières années, les gens qui sont venus en show, c'est grâce à vous, vous avez financé notre album. Fait que merci. On s'est tout le temps dit qu'on veut que notre hobby nous coûte pas d'argent non plus nécessairement. On a jamais déboursé de nos poches à nous.
Hugo Lachance : Bravo ! C'est tout à votre honneur les gars.
Chapitre 12 : Les crédits (suite)
Hugo Lachance : Période d'enregistrement 3 mois à peu près. Le nombre de pistes il y a 10 tunes pour une durée totale de 18 minutes.
Justin : Moi je préfère les albums plus courts mais qui rentrent dedans. Quand on s'est rendu compte que c'était juste comme 18 on était comme : « Oh shit ! » mais j'ai dit : « Regarde à cette heure les gens consomment la musique tellement rapidement que l'album il va les gens vont pouvoir faire un trajet puis l'écouter au complet ». Je ne me suis pas trompé. Quand on a sorti notre album j'ai croisé plein de gens qui ont dit : « Eille c'est cool, votre album est pas long, je peux l'écouter comme quand je fais un trajet ».
Chapitre 13 : La pochette
Hugo Lachance : On continue conception de la pochette. Est-ce qu'on fait apparaître la pochette ? 1, 2, 3 go ! Parle-moi de la pochette. C'est quoi le concept ?
Justin : Ben en fait la photo originale c'est la mère de ma copine Lotus, elle s'appelle José. Puis elle c'est une photographe. Moi j'étudie en photographie au Cégep du Vieux Montréal. On voulait un truc un peu weird parce que sur la photo originale on est tout habillés un peu fucké genre un peu construction. Puis ma copine Lotus elle étudie en graphisme fait qu'elle a fait la conception graphique de la pochette.
Hugo Lachance : Très cool pochette je trouve.
Chapitre 14 : Les crédits (suite)
Hugo Lachance : Pour le reste des crédits, il y a des gangs vocales sur plusieurs chansons avec des amis. Est-ce qu'il y a un concept dans cet album-là ?
Conflit Majeur : Non.
Charles : Par contre, on a porté une attention particulière au pacing de l'album. On a vraiment réussi à capter la façon qu'on joue live. Tu l'écoutes ça sonne le plus comme nous.
Hugo Lachance : Ben oui, mais moi je trouve que c'est un album on sent quand même... j'avais comme l'impression.
Justin : Ouais ben c'était un peu ce son-là qu'on voulait. On voulait que ça sonne comme un bon band live.
Hugo Lachance : J'ai trouvé une critique dans le fond. C'est un beau mot quand même de Dominique Tardif. Ouais, pas n'importe qui non plus, hein ! Donc Dominique Tardif, La Presse, lundi 9 juin 2025. Anecdote : l'odeur de ses lignes se trouvait un soir en 2023 dans un bar de la rue Beaubien, sur la scène duquel un groupe jouait avec une telle vélocité, une telle solidité qu'il s'est un instant demandé s'il n'avait pas emprunté un portail temporel débouchant sur un spectacle de Vulgaire Machin en 2003,. Il s'agissait plutôt de Conflit Majeur, de Terrebonne, un groupe formé de quatre punk rockers à peine majeurs dont le premier album, Désinvolte, ne créera aucun conflit chez qui aime les mélodies et quand ça rentre dans le tapis. Qu'il pourfende la bouffe usinée, le masculinisme ou les pharmaceutiques, ces quatre attacheurs-broyeurs savent que le vrai coupable, c'est la machine qui nous marche et nous recrache.
Justin : Quand même cool là ! Ouais, c'est... j'ai vraiment aimé son petit texte. C'est super cool.
Hugo Lachance : Ouais, puis venir de quelqu'un comme Dominique, c'est quand même un bel honneur.
Charles : C'est ça. En plus, on l'avait contacté avant que notre album sorte. Parce qu'on avait su qu'il avait vraiment aimé notre EP en fait. Puis on était là, on envoyait un message, on s'est dit : « OK, on veut avoir des critiques, on veut se faire connaître ». On lui a envoyé un message, on lui a dit : « Hey salut, est-ce que tu serais intéressé à entendre ça ? »,. Pendant trois semaines, on a eu zéro nouvelle. On ne savait pas, on était comme : « OK, ça se peut qu'il l'ait écouté ». Puis par la suite, c'est mon grand-père qui m'envoie l'article dans La Presse et il fait : « Hey, Conflit Majeur est dans La Presse ce matin ! ». Fait qu'on est genre : « What ? Wouh ! ». En plus on était dans son top 5 ou dans ses coups d'écoute. On était tellement contents, fait que merci beaucoup Dominique.
Hugo Lachance : Bon ben on le salue, Dominique. Salut, merci Dominique ! Allez, on va sur l'écoute de l'album là. Oui, on va y aller. On va commencer avec « Attrape-moi », c'est déjà fini.
Justin : Attrape-moi, je suis plus vite que toi ! Plus vite que toi !
Hugo Lachance : Donc « Attrape-moi ». J'ai isolé des bouts de texte : « Je suis plus vite que toi. Plus vite que toi. Attrape-moi, t'es pas capable. Attrape-moi, mange de la merde. Attrape-moi, t'es pas capable. Attrape-moi, tu m'auras pas ». C'est différent comme ça. C'est vraiment poétique. Parlez-moi de cette toune-là.
Charles : Ben « Attrape-moi », ça dit pas mal ce que ça veut dire là. Je ne sais pas comment Justin a conçu les paroles, mais c'est avec Colin. Parce que dans le fond, ce riff-là de guitare, c'était Colin, notre ancien bassiste, qui est arrivé avec ça. Puis on jammait ça et on se disait que c'était fucking bon. On cherchait les paroles et c'est encore notre bout un peu stupide de faire juste mettre des paroles qui n'ont pas rapport.
Justin : Moi quand je la joue, comment je le vois, c'est genre un manifestant qui s'enfuit de la police. Moi c'est de même que je le vois. Mais ça peut être n'importe quoi, et c'est ça qui est cool. De base, je ne sais pas si on va le faire, mais l'idée que j'ai depuis un an, c'est qu'on voulait faire déguiser notre ami en policier masochiste puis qu'il nous coure après. C'était ça l'idée. Fait que quand vous allez écouter « Attrape-moi », imaginez-vous nous qui nous faisons courir après par un policier.
Hugo Lachance : Ben, je trouve que c'est un bon choix pour débuter l'album aussi. Un policier masochiste dans le fond à tes trousses, c'est kinky comme toune. Autre chose à ajouter sur « Attrape-moi » ?
Justin : Je fais des back vocals ! Yeah ! C'est cool. Puis la dernière ligne « Tu m'auras pas », Charles m'a juste dit : « Hey, à la place de redire mange de la merde, dis tu m'auras pas ». Fait qu'on a gardé ça cool.
Hugo Lachance : Voilà, ça commence en force. On poursuit avec « L'épicerie ».
Justin : J'aimerais ça savoir ce qu'il y a dans ma bouffe ! De vous regarder dans l'œil, il y a personne qui sait ce qu'il y a dans ma peau. C'est peut-être pour ça que j'ai le dos...
Hugo Lachance : Donc « L'épicerie ». Parlez-moi de ça. C'est un drôle de thème en passant,.
Justin : Ouais, ben c'est moi. Comment je pourrais dire ça ? Je suis très hypocondriaque dans la vie. Ça, c'est un fun fact à propos de moi, c'est comme un problème. Puis ce qui me fait chier de la bouffe en Amérique du Nord, c'est qu'il y a plein d'agents conservateurs qui donnent le cancer, et je voulais faire une toune là-dessus. En fait, ça parle de la bouffe, du fait qu'on ne sait jamais vraiment ce qu'il y a dedans parce qu'on vit dans une société capitaliste.
Charles : C'est parce qu'ils sont conservateurs les agents, ou de gauche ?
Justin : Ouais, c'est ça exactement ! Ils devraient mettre des agents libéraux. Mais en fait, c'est très simple comme thème, ça parle de ça.
Hugo Lachance : Je trouve ça très bien parce que c'est le fun d'avoir des nouveaux thèmes aussi. Parler de bouffe dans un album de punk, ce n'est pas que ça ne s'est jamais fait, mais le thème est quand même tripant. J'ai relu les paroles, le sens de tout ça, ça fait partie du côté un peu humoristique puis ça fait quand même des liens avec toi aussi.
Justin : Ouais, puis aussi c'est un peu drôle qu'il y ait comme une espèce de dialogue entre quelqu'un et son docteur et que là, il l'envoie chier.
Hugo Lachance : Moi j'aime bien cette toune-là parce que je trouve qu'elle transmet très bien l'énergie de la jeunesse,. Ça fait un peu cliché de dire ça, mais plus tu vieillis, moins c'est cliché. Votre album est super dynamique, énergique, puis cette toune-là, je trouve qu'elle transmet vraiment bien ça. Puis tu as un très beau ton de basse en passant.
Justin : Ah ben merci beaucoup ! Ce n'est pas la première fois que je l'entends. Il y a beaucoup de gens qui me disent qu'ils aiment vraiment la basse. C'est la première fois qu'on complimente mon ton de basse,. Mon père a dit qu'il adorait comment tu jouais.
Hugo Lachance : Merci beaucoup, Jonathan. On continue avec « Oublié ».
Justin : Ouais, ça fait longtemps qu'on s'est vus. Il a fallu que tu t'enfuies. Je ne m'attendais pas à toi. Je ne savais plus j'étais qui, toi non plus.
Hugo Lachance : Donc « Oublié ». « Ça fait longtemps qu'on s'est vus, il a fallu que tu t'enfuies. Je ne m'attendais pas à toi. Tu ne savais plus j'étais qui, toi non plus. Mais je ne veux pas t'oublier, c'est lui qui parle, il t'a empoisonné. Tu m'as toujours tout donné. Maintenant, tu es un bibelot pétrolier. Je me demande où tu es rendu. Peux-tu encore t'enfuir ? Quand je regardais dans tes yeux, je ne voyais plus la personne que j'ai connue »,. Ouais, c'est quand même bien les paroles de cette toune-là. Ce n'est pas une breakup song ?
Justin : Ben non, je ne pense pas. Mais ça peut vraiment sonner comme ça. Ça fitte avec ton ami là, justement.
Hugo Lachance : Comment il s'appelle ?
Justin : Raphaël. Ce que j'aime aussi de cette chanson-là, c'est qu'elle peut vraiment être interprétée de plein de façons. Mais de mon expérience, c'est quelqu'un — je ne dirai pas de nom parce que c'est très personnel — mais il y a quelqu'un que je connaissais depuis que j'étais vraiment enfant qui a déménagé super loin, puis qui est comme revenu chez nous,. Cette personne-là était dans une relation vraiment toxique. Puis quand elle est revenue, ce n'était pas du tout la même personne, à cause de la personne avec qui elle était en fait. Fait que ça parle un peu de ça.
Hugo Lachance : Charles, comment trouves-tu que la voix de Justin a évolué du EP à l'album ?
Charles : C'est drôle que tu parles de ça parce que j'en ai souvent parlé avec Justin. Je trouve que sa voix est vraiment plus mature. On comprend ce qu'il dit. Comparé au EP, c'est la façon qu'il l'amène, la façon qu'il chante, c'est plus mature. Les mots sont plus dits puis sont plus assumés aussi. Ça paraît qu'il est plus confiant dans ce qu'il dit et ce qu'il pense, surtout pour une toune comme ça qui a un message quand même assez personnel.
Justin : Ça paraît que l'émotion est là. C'est vraiment cool que cette chanson-là, n'importe qui peut la prendre pour n'importe quelle situation. Bizarrement, c'était la toune que j'aimais le moins au début, mais avec le temps j'apprends à l'aimer, surtout quand tu prends vraiment le temps d'analyser les paroles et la façon que la toune bouge et qu'elle switche,.
Hugo Lachance : On y va avec « Massacre ».
Justin : Les religieux ne veulent pas qu'on ait d'acquis. Ne les laisse pas bien aller par la foi. Il y a toujours un côté de la loi qui est acceptable, surtout quand c'est toute une nation qui est finie. On ne regarde plus en avant, c'est le massacre du changement,.
Hugo Lachance : Moi c'est ma toune préférée de l'album. J'aime beaucoup les paroles aussi, parce que là on rentre dans le côté où tu affirmes quelque chose. Ça rejoint un peu mon système de pensée. Parle-moi de cette chanson-là.
Justin : C'est une des plus vieilles tounes qu'on a composées pour l'album, je pense. En fait, les paroles, c'était en 2023, il y a eu une démonstration pro-trans et pro-LGBTQ à Montréal. C'était dans tout le débat des drag queens qui allaient dans les écoles primaires, puis il y avait des caves qui se fâchaient pour rien. Ils disaient : « Ils vont convertir nos enfants ! ». Il y avait cette démonstration et des contre-manifestants chrétiens, des homophobes, sont arrivés. Quand j'ai vu ça, ça m'a juste vraiment fâché. Je trouvais ça ironique qu'il y ait du monde avec des pancartes « Protégez nos enfants », alors que la religion catholique est connue pour violer le plus d'enfants. C'est pour ça que la toune commence avec ces paroles-là.
Hugo Lachance : Lors de la dernière rencontre au spectacle de La Table Tournante, vous aviez mis dès le début du show un drapeau LGBTQ+ sur l'ampli. On avait discuté du fait que c'était par appui à la communauté, mais aussi pour créer un safe space. Est-ce que c'est encore le cas avec Conflit Majeur ?
Justin : Ben ouais ! C'est 100 % le cas. Maintenant, je prends aussi plus le temps de le dire au début du show pour que les gens soient le plus confortables possible. On ne veut pas que notre scène soit remplie d'agresseurs puis d'homophobes. On dit assez que nos valeurs sont vraiment de gauche et qu'on veut rendre ça le plus respectueux et agréable pour tout le monde. C'est pour ça qu'on prend vraiment le temps de mettre des messages clairs : si tu es homophobe, n'écoute pas notre band et va-t'en.
Hugo Lachance : C'est bien, il faut mettre ses limites aussi. Surtout avec le style, si tu écoutes ça et que tu as des valeurs de droite, je ne sais pas ce que tu fais là. On continue avec « Niche ».
Justin : Je veux quelque chose à faire du noir ! Je ne peux pas, j'ai toujours le... je ne peux pas arracher comme les mégots.
Hugo Lachance : Ça serait quoi un album punk sans une toune de 20 secondes ? Parlez-moi de « Niche ».
Justin : De base, les paroles, ce n'était pas ça. La toune s'appelait « La toune de hardcore ». La toune disait que je ne savais pas quoi dire et que je n'avais pas d'inspiration, puis je trouvais ça poche parce que c'était exact. Là, finalement, je me suis dit que j'allais écrire des paroles qui font du sens.
Hugo Lachance : Moi je l'aime bien parce qu'elle rentre au poste, c'est bon. On continue avec « Va-t'en ».
Justin : Pas besoin d'une mascotte ! Dis-moi pourquoi tu es là. Même avec tes grandes phrases, tu ne m'impressionneras pas. Va-t'en, tu n'as pas rapport ! Pourquoi tu me colles ? Va-t'en, quand tu me respires dans la face, je ne suis plus capable,.
Hugo Lachance : Belle job d'Anton là-dessus, le roulement au début là. Moi je l'aime beaucoup. C'est quand même pas mal direct, on peut placer pas mal ce qu'on veut là-dessus. C'est une toune de frustration.
Justin : C'est Charles qui a presque tout composé le riff. C'est lui qui est arrivé avec ça. Ça fait longtemps aussi qu'on la fait. De base, les paroles avaient un autre nom. Arrivés au studio, on a tout changé les paroles pour en faire une toune cool qui roule bien.
Hugo Lachance : On y va : « Nous sommes la scène ».
Justin : On ne va plus t'écouter seulement si les autres savent ce que tu fais depuis longtemps. On va te garder pour diffuser ce qu'on ne pense pas vraiment. Nous sommes la scène,. Cette toune-là touche le plus notre réalité avec notre scène actuelle. Quand on est rentrés, on pensait que tout le monde était super gentil et accueillant, puis on s'est rendu compte qu'il y avait des bands et des personnes vraiment problématiques,.
Hugo Lachance : Ce n'est pas fini, hein.
Justin : On a décidé d'écrire « Nous sommes la scène » qui dit un gros « Fuck you » à tous ces gens-là qui polluent notre scène et qui rendent ça dégueulasse. Sachant qu'on a une crowd qui est quand même assez jeune, je trouve ça affreux de savoir qu'il y a des gars qui ont utilisé ce pouvoir-là,.
Hugo Lachance : Le meilleur conseil que je peux vous donner, c'est de rester cool avec tout le monde. C'est une grosse toune ironique.
Justin : Ouais, parce qu'il y avait des bands qu'on connaissait qui se disaient ouverts d'esprit, mais il y avait des osties de caves dans leur band,. Ils font juste les mettre dehors quand tout le monde sait que ce sont des caves ; ils n'ont pas les valeurs à la bonne place.
Hugo Lachance : La meilleure façon de remédier à ça, c'est d'être cool avec tout le monde, de donner l'exemple si on veut. On poursuit avec « Chu tanné »,.
Justin : Je suis tanné de travailler ! Tanné, je suis tanné de dépenser ! Tanné, je suis tanné d'inspiration ! Tanné ! Je suis tanné de plus rien ! Je suis tanné de m'écouter !
Hugo Lachance : Ta voix a pris du grain un peu quand tu gueules, c'est plus défini.
Justin : À force de le faire, je ne sais pas, ça s'est placé tout seul. Au début, ça me faisait mal, mais on dirait que ça s'est placé.
Hugo Lachance : Un bon truc : fume des cigarettes, comme ça tu as tout le temps l'air de crier ! Tu vas te travailler une belle voix avec le temps. On poursuit avec « Le vrai coupable ».
Justin : Le psychiatre m'a donné une prescription de Xanax.
Hugo Lachance : Le vrai coupable, c'est avec ça que Dominique Tardif finit son article dans La Presse : « Le vrai coupable, c'est la machine qui nous marche et nous recrache ». C'est vraiment ton meilleur texte de l'album parce qu'il y a un bon questionnement. C'est le fun quand tu dis que c'est vraiment le fentanyl qui a tué la petite fille qui était forcée de travailler pour un pimp. C'est drôle que tu dises : « Est-ce que c'est vraiment la faute du fentanyl quelque part ? ». Je trouve ça bien, ton angle d'approche.
Justin : J'ai toujours eu cette opinion-là sur les problèmes de drogue : toutes les drogues devraient être décriminalisées pour rendre ça moins tabou. Il faudrait plus d'espaces safes où les gens peuvent consommer sans faire d'overdose dans les rues. Les problèmes de drogue, ce n'est jamais la faute de la drogue en tant que telle, c'est tout le temps le contexte social dans lequel les personnes sont,. Si toutes les personnes avaient des ressources disponibles, il y aurait définitivement moins de problèmes de drogue. C'est de ça que parle cette chanson-là.
Hugo Lachance : Ton texte est super pertinent et c'est une bonne toune. On finit avec « Prédateur ».
Justin : C'est facile d'inventer des problèmes quand tu te sens toujours attaqué. C'est toi le problème, la victime. Tu pointes du doigt pour changer l'assiette,.
Hugo Lachance : Un autre bon texte. C'est quand même à la mode, tu vas jouer du côté des mâles alphas, des masculinistes.
Justin : J'avais écrit ces paroles-là vraiment au peak d'Andrew Tate, quand tout le monde parlait de ça. Ce sont des problèmes qui ont l'air un peu niaiseux parce qu'on voit les personnages comme des caricatures vivantes, mais c'est fou la place que prennent ces gens-là dans l'esprit des jeunes.
Hugo Lachance : Je suis enseignant au secondaire et c'est fou comment ils peuvent te recracher ça des fois.
Charles : Au secondaire, on était stické dans notre petite gang de musique, mais quand on a commencé à avoir des cours avec d'autres gens, on s'est rendu compte qu'il y avait vraiment du monde qui avait des propos déplacés. Des affaires qui n'avaient pas de bon sens.
Justin : À cet âge-là, les jeunes construisent leur personnalité, c'est un pivot. Il y en a qui vont avoir des opinions que je considère dégueulasses ou arriérées. On dirait qu'on régresse. C'est une bonne idée de s'attaquer à ça en chanson, et ça parle aussi des agresseurs qui sont connus dans la scène. C'est un message fort : vous n'avez pas votre place là, arrêtez de faire croire que vous ne savez pas ce qui se passe.
Hugo Lachance : On a passé à travers l'album, les gars ! On finit par un petit segment rafale. Quel est votre top 3 de l'album ?
Justin : Ma préférée à jouer et à écouter, c'est « Attrape-moi »,. C'est super le fun en show. Les paroles sont simples, la toune est courte, elle rentre, c'est parfait. Ma deuxième, c'est « Prédateur ». C'est mon texte préféré de l'album et c'est une toune en drop D. C'est le seul truc en drop D pour l'instant et le riff est efficace,. J'aime comment la toune est construite. Et « Massacre » aussi en troisième.
Charles : Ma préférée de l'album, c'est « Massacre ». Je mettrais « Le vrai coupable » en deuxième puis « Prédateur » en troisième.
Hugo Lachance : Si vous aviez une chanson à faire écouter à quelqu'un pour représenter l'album ?
Justin : Je mettrais « Le vrai coupable ».
Charles : Moi je mettrais « Massacre ».
Hugo Lachance : Une toune à enlever ?
Justin : J'enlèverais « Va-t'en ». Ce n'est pas que je ne l'aime pas, mais c'est la toune que j'ai écrite et je ne veux plus qu'elle soit dessus. Et « Niche » aussi, à 20 secondes, on ne va pas se cacher les yeux, on peut l'enlever,.
Hugo Lachance : La meilleure toune en show ?
Charles : « Prédateur ».
Justin : « Attrape-moi ». Les gens l'aiment beaucoup, ça bouge.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui vous rend heureux dans cet album-là ?
Justin : J'aime beaucoup comment on est capables de mettre notre rage et nos émotions négatives dans un truc artistique plutôt que de juste péter des vitres de chars.
Charles : Le fait que Justin et moi, on se connaît depuis qu'on a 12 ans et qu'on a fait ça ensemble. On se connaît depuis le secondaire 1 et on est rendus avec un album. C'est tout le cheminement qu'on a fait.
Hugo Lachance : Où peut-on se procurer l'album ?
Justin : Pour l'instant, c'est juste sur YouTube et les plateformes de streaming. On est en train de travailler pour faire des vinyles, c'est notre rêve.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui s'en vient pour Conflit Majeur ?
Charles : On écrit des tounes. On a notre lancement d'album le 1er août au Bâtiment 7 avec Chopsumi. Notre plus grosse gig qui s'en vient, c'est qu'on va ouvrir le Festik à Saint-Colombin à la fin août,. On a gagné le concours et on va jouer avec Vulgaire Machin ou Grimskunk. Un mélange de jeunes et de vétérans, ça va être super cool. On va aussi jouer au Punks Make Noise à Québec, un festival en dessous d'un pont.
Hugo Lachance : On peut vous trouver sur Instagram ?
Justin : On est sur Instagram. On est aussi sur Facebook, mais on interagit moins là-bas. On pense plus aux plus vieux comme toi ! Nos posts sont connectés, mais on est majoritairement sur Instagram.
Hugo Lachance : Merci les gars pour votre participation au podcast, c'est vraiment cool. Je vous souhaite le meilleur dans vos projets,. Merci à tous d'avoir été là. Allez vous abonner sur Facebook, Instagram, Blue Sky et YouTube. On se retrouve pour un prochain épisode. Au revoir !