Transcription de l’épisode Guillaume Blais : Autoportant
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Nous sommes le 11 janvier 2025 à Repentigny et aujourd'hui j'avais envie de vous présenter le travail d'un de mes vieux amis. Alors accueillez tout le monde : Guillaume Blais à l'Album Podcast. Avant de vous présenter convenablement mon invité, je tiens à remercier tous ceux et celles qui se sont abonnés au balado. Le balado connaît une belle croissance et c'est vraiment le fun. Alors, à tous ceux qui ne sont pas encore abonnés sur YouTube, Facebook ou Apple Podcast, allez vous inscrire. Sans vous, ce podcast ne pourrait pas exister. C'est le premier enregistrement de la saison 3, merci à tous ceux qui sont au rendez-vous. Aujourd'hui, je voulais vous présenter mon ami Guillaume. Salut, comment ça va ?
Guillaume Blais : Ça va super bien. Merci de m'inviter.
Hugo Lachance : Écoute, j'ai fait un petit texte de présentation. Guillaume Blais manie la six-cordes sous toutes ses formes, que ce soit acoustique, électrique, baryton, banjo, ukulélé, qu'il transforme en un répertoire de chansons qui évolue depuis une bonne trentaine d'années maintenant. Ses textes aussi ont acquis une surprenante maturité, d'autant plus qu'ils sont exprimés par le registre rauque et caverneux de sa voix qu'on aurait crue entretenue au gargarisme de gravelle 3/4. Trente ans déjà, on va finir par l’avoir notre expérience. Je suis content de te voir chez nous, il fait beau, il y a de la lumière qui rentre dans la maison. On va commencer par la même question que pour tout le monde pour mettre tout le monde sur le même dénominateur : Guillaume Blais, c'est un gars de où ?
Guillaume Blais : Jonquière. Jonquière, le quartier des peintres, près de la rue Saint-André. Un quartier de bungalows, une ville ouvrière et étudiante que j'ai découverte éventuellement. Mais je suis établi à Montréal depuis bientôt 30 ans. Officiellement, je suis plus Montréalais maintenant, même si l'accent ressort dès qu'on retourne au Saguenay ou après quelques co nsommations.
Hugo Lachance : Ton album d'enfance, le plus loin dont tu te rappelles, ce serait quoi ?
Guillaume Blais : Le premier album dont je me souvienne, ma mère m'avait acheté Thriller de Michael Jackson. Après ça, j'ai ramassé Master of Reality de Black Sabbath dans la collection de vinyles de mon grand-père après son décès. Ça détonnait pas mal dans les vinyles de musique classique et religieuse de ma mère. Elle était plus portée sur Nana Mouskouri ou les moins bons albums d'Elvis, comme Moody Blue. Mais Thriller m'a vraiment marqué, avec les dessins dans la pochette et le clip où il se transforme en loup-garou. À sept ans, c'était le sommet de l'art.
Hugo Lachance : Et ton album d'adolescence ? Ça peut être un regroupement d'albums.
Guillaume Blais : À part les cassettes de deuxième ou troisième génération pleines de bruit de fond, mon adhésion au club Columbia a été marquante. On avait plein d'albums pour une cenne. J'avais pris du Metallica, mais leur choix était limité. J'avais même écrit une lettre dans un anglais très cassé pour leur dire que c'était important d'avoir plus de métal dans leur catalogue. À l'époque, j'écoutais ça en vinyle car on n'avait pas de lecteur de cassettes chez nous. Le métal a duré un temps, mais essayer de gratter des doubles croches, ce n'était pas tout à fait ça. Les riffs de Keith Richards ont fini par changer ma vie à l'adolescence.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui jouait dans la voiture de tes parents ?
Guillaume Blais : Pas grand-chose. Ma mère écoutait son vinyle de la venue du Pape à Québec. On faisait des sessions de scratch avec ça. Sinon c'était Yves Duteil ou Nana Mouskouri. Entendre "Bonne fête J'en-vrie" à la radio m'a marqué à cause de la guitare électrique. On n'avait pas de télé couleur jusqu'au milieu de mon secondaire, j'allais chez les voisins pour voir des choses cool. Dans ce temps-là, on allait jouer dehors quand il n'y avait rien de bon à la télé. Le punk, la guitare électrique et le poster de Kiss dans la chambre de ma cousine ont aussi forgé mon imaginaire, surtout Gene Simmons avec ses souliers en forme de démons.
Hugo Lachance : Ton passage à la musique s'est fait comment ? C'était quoi ton premier instrument ?
Guillaume Blais : C'était une guitare. J'allais chez un ami à Jonquière, Guillaume Létourneau, qui est maintenant retraité de l'armée. Il avait une vieille guitare "H", une vraie scrap. Il s'est tellement tanné que je gosse dessus obsessivement qu'il a fini par me la vendre. Je l'ai payée avec mes allocations, cinq piastres par semaine pendant un an. J'ai passé au travers trois fois. Finalement, je l'ai revendue à un gars qui tripait sur les stickers et la tapisserie que j'avais mis dessus, puis je suis parti sur le pouce vers la Colombie-Britannique. C'était la Californie canadienne à l'époque; on collectait le BS, on allait à Wreck Beach et on cueillait des fruits.
Hugo Lachance : On se connaît depuis une trentaine d'années. Te rappelles-tu comment on s'est connus ?
Guillaume Blais : Je pense que c'était au Cégep de Jonquière. Tu jouais dans Critical Mind et j'allais te voir en show. On a aussi joué ensemble avec Northern Vultures, avec Marc, Dave et peut-être Phil Bérubé. On jouait au "Singapour Rock", une taverne contrôlée par les motards à l'époque. C'était une belle époque pour la rue Saint-Dominique à Jonquière.
Hugo Lachance : Tu as toujours eu des projets musicaux. Ça a commencé avec les Vils-Brequins.
Guillaume Blais : Oui, avec Thierry Larouche, Jo, et Hugo Joyal. On avait aussi Yan à la batterie. On était des musiciens de feu, mais on ne savait pas trop ce qu'on faisait. On a sorti l'album Moulin à viande grâce à une subvention de Jeune Volontaire. C'était un mélange de saveurs, un peu comme le groupe Ween que j'adore, qui passe de Peter Gabriel à Motörhead ou Nashville. On faisait de la musique pour la musique, parfois avec des longs feedbacks d'une demi-heure.
Hugo Lachance : Tu as eu plusieurs projets : Blais Entier, Beaufusil et Pornemuse.
Guillaume Blais : Oui, au fil des rencontres. Après les Vils-Brequins, il y a eu Blais Entier avec ma conjointe Valérie. On mélangeait bluegrass, rockabilly et stoner. C'était parfois difficile pour les sonorisateurs de gérer nos dynamiques, alors j'ai fini par séparer les genres. Maintenant, j'ai mon projet de folk, le "Projet Blais", qui est plus uniforme au niveau des dynamiques avec des instruments acoustiques.
Hugo Lachance : Le Projet Blais, raconte-moi ça.
Guillaume Blais : C'est né pendant la pandémie dans un parc. Mon fils jouait avec une petite fille et son père est venu se présenter : Dominique Gamelin. Il m'a dit qu'il était musicien et moi j'étais brasseur à l'époque. Il a sorti un ukulélé. J'avais des préjugés sur le ukulélé, mais quand il s'est mis à jouer, j'ai vu qu'il torchait. Il m'a invité dans son studio de salon. On a travaillé pendant six mois, à raison d'un jour par semaine. Dominique est un gars de studio qui fait des miracles, il a une rigueur extrême alors que moi je suis plus impulsif et intense. On a réussi à faire l'album Autoportant. Le nom du projet est un clin d'œil au film Blair Witch Project; on trouvait ça drôle sur le moment et on a gardé l'idée. Pour la pochette, je me suis enfermé dans ma toilette sans fenêtre pour prendre une photo de ma face qui a peur avec le flash.
Hugo Lachance : Ton autre projet s'appelle "Beaufusil".
Guillaume Blais : C'est du "rock fâché". J'ai fondé ça après la COVID avec Félix Hurtubise. Je m'ennuyais de rocker, d'avoir de la distorsion. Je suis un métaleux manqué parce que je n'ai pas la rigueur nécessaire pour jouer à 240 BPM. Félix est un luthier, il m'a fabriqué une guitare bariton, ce qui me va très bien car je suis grand. On a Jonathan Bourque avec nous aussi. On est juste trois : guitare bariton et batterie, pas de basse. On a enregistré au studio Fast Forward avec Maxime Philippe. Je voulais un gros son de batterie, un peu comme les premiers albums de Galaxie. Finalement, on a ajouté un bassiste, Bruno Lavergne, qui vient du jazz mais qui fitte parfaitement avec nous.
Hugo Lachance : On va parler de l'album Autoportant du Projet Blais. C'est sorti en 2024, en indépendant.
Guillaume Blais : Oui, c'est réalisé par moi et Dominique Gamelin. Dominique joue énormément d'instruments : banjo, guitare, ukulélé, mandoline, basse et programmation VST. Il y a aussi Tim Sabourin au violon et à la trompette, Colin Dinard au sax soprano, et Frank Gagnon pour un solo de guitare. On a aussi Zéllie au violon manouche, elle est extraordinaire. Francis Blouin joue aussi de la guitare et de la mandoline. Chantal assure les voix additionnelles; je voulais une émotion à vif, alors on a enregistré ça live, en une seule prise. Tout le reste de l'album a été fait sur un clic, mais je suis romantique et j'aime les albums où l'on entend les erreurs humaines, comme chez Hendrix ou Elvis. La musique, c'est une communion.
Hugo Lachance : On va écouter la chanson "C'est de ma faute".
Guillaume Blais : C'est une chanson pour régler les problèmes. Au départ, les gens pensaient que je me posais en victime, mais ce n'est pas ça du tout. Je voulais régler le chialage. Si ta vie ne va pas bien, dis que c'est de ma faute et maintenant on se concentre sur autre chose pour avancer. C'est presque une mission thérapeutique pour ceux qui se cherchent toujours des excuses pour ne pas avancer.
Chapitre 9 : Y'a rien à faire avec moé
Hugo Lachance : On poursuit avec la chanson « Y'a rien à faire avec moé ». On a failli avoir des problèmes là-dessus, on a manqué de budget. Qu'est-ce que le monde en dit ?
Guillaume Blais : [Musique] « Chante pas dans le salon... je dis à mon cœur qui rattrape... c'est pas trop long que je l'échappe... prends garde pour qu'enfin je me doute, on dirait que j'attends l'heure des règlements de comptes. »
Hugo Lachance : Ton refrain dit : « Je sème le chaos, la panique et la folie, je me donne des tapes dans le dos en me disant mission accomplie. Je ne donne pas dans la nuance, j'ai poussé sous une potence, insolent lèse-majesté, il n'y a rien à faire avec moé ».
Guillaume Blais : Ah, il faut que je mette mes lunettes !
Hugo Lachance : Je trouve que tes textes ont beaucoup évolué. Ça fait quand même un bout de temps que j'écoute ce que tu fais, et ton écriture a suivi le mouvement de ta musique. Comment tu t'y prends pour écrire un texte ou une chanson ?
Guillaume Blais : Écoute, ça dépend. Il y a des affaires qui prennent longtemps, ça peut prendre une coupe d'années. Le but dans tout ça, c'est de ne pas rusher les choses. Quand tu écris des chansons comme on tricote des pantoufles, une maille à l'endroit, une maille à l'envers avec des petits fioritures, ça ne raconte rien et il n'y a pas de symbolique. Il y a des textes sur lesquels je travaille encore parce que ce n'est pas à mon goût. L'idée de base, c'est que si jamais la chanson marche et que tu es pogné pour la chanter 2000 fois, il faut que tu sois à l'aise avec. Il y a un niveau de qualité que tu veux atteindre. Pour le Projet Blais, j'écris souvent le texte avant la musique; la musique sert alors de véhicule au texte. Pour mon groupe Beaufusil, c'est le contraire et c'est beaucoup plus difficile pour moi car j'y vais avec des phonétiques. J'ai beaucoup discuté avec Dominique L'Amoureux du groupe Gros Soleil. On s'est rencontrés en prenant des bières. J'adore ce qu'ils font, c'est vraiment excellent. J'essaie de faire un peu comme lui en utilisant la phonétique pour l'émotion rock. C'est du défoulement, c'est mon projet le plus physique.
Hugo Lachance : On va écouter quelques chansons tantôt. Pour « Y'a rien à faire avec moé », c'est une façon de s'assumer tel qu'on est ?
Guillaume Blais : C'est exactement ça. Je suis comme je suis et je ne changerai pas. Je ne veux pas faire de morale ou dire aux gens quoi faire, je montre simplement comment je pense. Si tu trouves que tu n'es pas tout seul à penser comme ça, alors on vit quelque chose ensemble. C'est un texte très « col bleu », prolétaire.
Chapitre 10 : Madone en pierre
Hugo Lachance : On passe à « Madone en pierre ».
Guillaume Blais : [Musique] « Si un jour tu sais ce que tu veux, tu sais que je serai content pour toi, mais je t'avoue que ce serait encore mieux si ce que tu voulais c'était moi. C'est pas parce que je ne t'arrive pas à la cheville que je vais me mettre à ramper à tes pieds comme un ver de terre qui se tord sous ton talon à moitié aiguisé. » Regarde, l'accordéon n'est pas nommé dans la pochette car c'est Dominique Gamelin avec son clavier magique et des plugins. Par contre, en spectacle, Étienne Deschaînes est avec nous. C'est un musicien extraordinaire qui joue du clavier et de l'accordéon. On le salue, c'est une grosse pointure et un type formidable. Cette chanson-là existait déjà à l'époque de Blais Entier, mais je voulais lui donner un feeling plus Europe de l'Est, slave. Je suis un fan fini de Vladimir Vyssotski. D'ailleurs, avec mon projet Pornemuse, on fait des traductions de ses chansons. Il a une voix extrêmement profonde et rauque, et je voulais m'inscrire dans cette lignée.
Hugo Lachance : Ta voix là-dessus est très bonne. Je disais dans mon introduction que tu avais une voix caverneuse.
Guillaume Blais : C'est une recherche. J'ai une affinité pour les voix rauques. Dans la vie, je suis souvent influencé par les chanteuses, mais j'adore Tom Waits ou Arthur H. Vyssotski reste dans une classe à part; j'apprends même le russe pour ça. (Guillaume prononce une phrase en russe).
Hugo Lachance : Écrivez-nous dans les commentaires ce qu'il vient de dire ! J'ai compris « drogi », c'est un très bon ami ?
Guillaume Blais : Je dis n'importe quoi, si Catarina, ma contrebassiste de Pornemuse, était là, elle se foutrait de ma gueule.
Chapitre 11 : Le pouvoir de la pensée positive
Hugo Lachance : On poursuit avec « Le pouvoir de la pensée positive ». C'est une de mes préférées, on en a parlé souvent chez vous.
Guillaume Blais : [Musique] « Si jamais tu es dans la merde, fais comme moi avec le sourire. Vis dans l'instant présent en te faisant sécher les dents, tu vas voir que tu vas t'en sortir. Laisse monter l'estime, gonflé à bloc, une locomotive qui triomphera grâce au pouvoir de la pensée positive. » C'est une chanson pleine d'ironie. C'est mon TOC : quand j'embarque dans un sujet, je l'approfondis. J'ai écouté une quantité incroyable de yodel pour écrire cette chanson, même si je « yodle » comme de la merde. Je me suis dit que la pensée positive et le yodel allaient bien ensemble. Le yodel provoque la même réaction que le death metal : les gens adorent ou ils veulent te tuer. Je suis quelqu'un de positif dans la vie, mais le monde qui te dit « tu as peut-être quelque chose à apprendre de ton cancer », fuck you. Je n'ai pas le cancer, mais c'est le genre de discours des coachs de vie et de la croissance personnelle qui me gosse. Ils abusent des gens qui sont mal pris et leur demandent de l'argent. Je suis un idéaliste déçu.
Hugo Lachance : Tu abordes ça avec beaucoup d'humour.
Guillaume Blais : C'est une descente aux enfers. Tu acceptes des choses de plus en plus informes et tu finis par mourir en prenant ton assassin dans tes bras. Cette idée me vient d'un reportage à Radio-Canada sur la première chaîne. On y parlait de l'idée transcendante de pardonner à son assassin en lui disant « tout va bien aller, je t'aime ». Ça m'a marqué et j'écrivais la chanson à ce moment-là.
Hugo Lachance : On sent que ton écriture a maturé. On passe à « Ça a l'air du diable ».
Guillaume Blais : [Musique] « Ça va falloir que j'arrête d'être bon avec tout... » Je varie différents styles de voix sur l'album, mais celle-là est plus criée. Ça parle de religion, c'est un clin d'œil à mes parents. Ma mère est une ancienne sœur et mon père est devenu Témoin de Jéhovah. J'en ris beaucoup. Dernièrement, la Californie brûle, le « connard à l'orange » revient au pouvoir, on nous dit que la fin du monde est proche... c'est comme en 14, en 18 ou en 25 : ils le prédisent, mais finalement personne ne meurt.
Hugo Lachance : Comment ton background religieux t'influence-t-il ?
Guillaume Blais : Ça a fait de moi un athée virulent. Si l'athéisme était une couleur de cheveux, ce serait la calvitie. Sur 5000 dieux, on est à un dieu près de s'entendre, car les croyants ne croient pas plus que moi en Thor ou en Zeus. Mais on se respecte dans nos différences grâce au pouvoir de la pensée positive !
Hugo Lachance : C'est une très bonne chanson. J'aime particulièrement ce paragraphe : « Toujours les pauvres dans la fange, les mêmes qui s'en sortent. La vérité dérange, les mensonges réconfortent. On répète les histoires qu'on a apprises par cœur, et l'histoire c'est d'abord les mensonges des vainqueurs ». On passe à « Je te crois ».
Chapitre 12 : Je te crois
Hugo Lachance : Là, on est dans la légèreté.
Guillaume Blais : [Musique] « Quand tu dis que tu n'as pas fait exprès, je te crois. Je te crois que cette fois-ci ce sera pour de vrai. Hier c'était la dernière fois, je te crois que demain tu changeras. Quand tu dis que tu renonces à la drogue et l'alcool, je te crois que toutes les femmes de ta vie c'est des folles, je te crois ». On connaît tous un menteur. Au départ, c'était une chanson dérangeante et « groovy », puis j'ai décidé de la prendre à l'envers et c'est devenu vraiment drôle. Je suis un fan fini de Calypso, outre Harry Belafonte qui a popularisé le genre. Je m'intéresse aux immigrants des Antilles qui arrivaient à Londres, comme Lord Invader ou Mighty Terror, et qui chantaient des trucs super joyeux. Je vais finir par régler mes comptes avec le calypso car c'est la plus belle des musiques; ça te met le sourire automatique.
Hugo Lachance : Ça me fait un peu penser à Plume Latraverse.
Guillaume Blais : J'adore Plume, ce sont les premières chansons que j'ai apprises par cœur en français. Ça m'a marqué. Pour le calypso, la basse, c'est souvent le monde qui tape à terre dans la salle; le public devient un instrument et fait partie du band.
Hugo Lachance : On passe à « Quand ta Coquelle est morte ».
Guillaume Blais : [Musique] « Tu as fini par t'écraser, tu t'es avoué vaincu. Le carcan s'est refermé sur toi, tu crois à tout ce qu'on dit, marche le nez dans le cul de la loi. Quand ta Coquelle est morte, tu as arrêté de te battre. » C'est là-dedans que je joue du lap steel. J'en ai un en forme de planche de surf.
Hugo Lachance : Ton ancien appartement pendant 20 ans était comme un musée d'instruments.
Guillaume Blais : J'ai passé beaucoup de temps à essayer de faire des trucs corrects avec des poubelles. Le lap steel en forme de planche de surf, quand je l'ai vu en vitrine, je l'ai voulu. C'est comme quand tu es ado et que tu te dis que pour pogner des filles, tu as le choix entre la guitare ou le surf; là, j'ai mis toutes les chances de mon bord avec l'instrument !
Hugo Lachance : Tu es quelqu'un de créatif qui apprend vite les instruments.
Guillaume Blais : Je ne t'ai pas encore parlé de la cornemuse ! C'est une coche au-dessus du banjo. « Coquelle », c'est une expression de ma petite sœur Annie-Claudine Tremblay : « ta Coquelle est morte ». Ça veut dire que tu es fait, que tu n'as plus le feu sacré. C'est un constat sur le système : tu es rendu à faire ta petite job routinière.
Hugo Lachance : L'humour est une belle façon de montrer les dents. On revient d'une petite pause et on poursuit avec « Ça fait pas bien mal ».
Chapitre 13 : Ça fait pas bien mal
Guillaume Blais : [Musique] « Si encore capable, si toujours vivant... la modération n'a aucun goût. Tant qu'à faire le mal, autant le faire bien. » Ça, ça vient de mon prof de maçonnerie. C'était un petit monsieur compact qui avait fait une chute de quatre étages et qui était une machine de guerre, un vrai coffre au trésor de sagesse populaire. La chanson est de forme bluegrass à fond, avec du « Clawhammer » au banjo.
Hugo Lachance : Est-ce que c'est un vieux texte ? Tu joues encore « Le Squelette » des Vils-Brequins ?
Guillaume Blais : Non, on ne la fait plus. On trouvait que trois accords c'était trop, alors on en a fait une à deux accords. Je m'étais inspiré d'Andre Williams, le « Godfather du Soul », qui était tombé dans le crack avant de revenir avec Jon Spencer. En spectacle, il changeait de costume quatre fois, c'était très « pimp ».
Chapitre 14 : Les bandits c'est plus fort que le police
Hugo Lachance : On continue avec « Les bandits c'est plus fort que le police ».
Guillaume Blais : « Laisse-moi te ramener en arrière pour voir ce qui se passait dans ma TV... » Dans ce temps-là, les héros étaient les bandits comme Zorro ou les Dalton, et on riait de la police. Bruce Willis a changé cette image car les policiers voulaient avoir l'air bons à l'écran. C'est une tentative de style « narco musical » mexicain, où les cartels glorifient les criminels. Je reste dans la fiction car je suis trop « checken » pour fréquenter de vrais criminels.
Hugo Lachance : As-tu encore un problème avec l'autorité ?
Guillaume Blais : C'est clair. Traverser la rue pour ne pas se faire écraser est une autorité justifiée, mais obéir sans questionner est une insulte à l'intelligence. Sur cette chanson, il y a des plugins de trompette, mais Dominique a aussi joué de la vraie trompette pour que ça fasse moins « chipette ». On n'a pas tous le budget pour une vraie section de cuivres. Une partie de cet album s'est financée en « argent liquide », c'est-à-dire en bière. Je travaille à la Mer à boire, on salue tout le monde, incluant Catarina ma contrebassiste qui y travaille aussi.
Hugo Lachance : On passe à « Un feu au 6 », un instrumental.
Guillaume Blais : C'est un morceau qui accélère tranquillement, donc le clic n'était pas une option. Le « 6 » fait référence au chalet familial de mon père, au 6e rang. C'est en plein bois. En spectacle, ça sort bien avec Vic au drum et Peach qui me suit depuis 20 ans à la contrebasse.
Chapitre 15 : Chu le seul trouble que ma mère a jamais faite
Hugo Lachance : On poursuit avec « Chu le seul trouble que ma mère a jamais faite ».
Guillaume Blais : [Musique] « Une mère ça va toujours aimer son fils, enfant modèle ou éternel ado. Même rongé jusqu'au trognon par tous les vices, une mère ça va toujours te trouver beau ». C'est écrit en pandémie. J'étais allé chercher mon gars chez ses grands-parents à Portneuf et on arrive à Jonquière. Mon père teste positif à la COVID. Ma mère était en mode « pensée positive », la chicane a pogné, je suis parti me torcher la gueule et j'ai laissé le texte sur le coin de la table.
Hugo Lachance : C'était une période particulière pour la création.
Guillaume Blais : Je sortais avec mon banjo dans un parc et soudainement, le monde se rapprochait pour m'écouter alors que d'habitude, ils me disent d'arrêter !
Chapitre 16 : L'origine du titre "Autoportant"
Hugo Lachance : D'où vient le titre « Autoportant » ?
Guillaume Blais : Ça vient d'Éric Villeneuve du festival à Normandin. Il me disait qu'une chanson, c'est une voix et une guitare, et qu'il faut que ce soit « autoportant ». L'album peut se défendre seul, même si je préfère de loin jouer avec des musiciens.
Hugo Lachance : Chapitre 17 : Maman Blais. Il y a de belles paroles là-dedans. Ta mère, comment elle a réagi quand elle a entendu ça ?
Guillaume Blais : Elle l'a entendu, puis elle a fait un vernissage l'année passée à 80 ans. C’était une rétrospective de sa carrière, soixante ans et plus de carrière en fait de toiles.
Hugo Lachance : Ah oui, OK ! Comment elle s'appelle ?
Guillaume Blais : Son nom d'artiste, c’est Madame Blais. On la salue. Elle m'a demandé : « Tu pourrais jouer ? ». Je lui ai fait jouer « Le seul trouble que ma mère a jamais fait », qui est un titre que j'ai volé à Johnny Paycheck en passant.
Hugo Lachance : Je ne connais pas Johnny Paycheck.
Guillaume Blais : C'est dans les « bad boys » du country, c'est lui. Moi j'ai fait, au lieu de faire une traduction... j'ai fait beaucoup de traductions dans ma vie, mais là j'ai pris juste le titre, j'ai changé la muse et le texte. Ça fait une super chanson.
Hugo Lachance : Oui. On continue avec « Le mur de brique », featuring Chantal. Chapitre 18 : Le mur de brique. Ça sonne très posé comme chanson.
Guillaume Blais : Oui, très. Il y a un petit peu de violoncelle aussi qu'on a ajouté là-dessus. « Je marche droit devant, le cœur léger comme le vent. Je sais que l'amour est une force et parmi ceux qui ont péri... ». Je suis debout, j’aime ça l'ambiance. C’est un « one take ».
Hugo Lachance : C’est un seul micro aussi j'imagine ?
Guillaume Blais : Dans la voix, il y a un « room », il y a la voix, puis il y avait la guitare; c'était comme trois micros. Je voulais ça. Je parlais avec Sara Dufour, sur son dernier album, elle fait ça aussi avec Dan Placard. Je connais Placard, je connais ses tunes.
Hugo Lachance : Un excellent épisode de l'Album Podcast d'ailleurs.
Guillaume Blais : Je connais aussi beaucoup « Plywood Three-Step » parce qu'à l'origine, on avait fait une session chez Joerie avec « Le mur de brique ». Finalement, on écoutait les audios après puis non, ce n'était pas ça. Il y avait des breuvages impliqués; rendu à quatre ou cinq heures du matin, il n'y a plus rien qui marche. Si on revient au « Mur de brique », c’est un de tes textes ?
Guillaume Blais : Absolument. Ça parle d'une fille que j'ai connue qui disait : « Moi dans la vie, c'est fini, il n'y a plus personne qui rentre, j'ai un mur de brique ». Ça m'a marqué. Je l'ai écrit en une nuit. Aujourd'hui c'est drôle parce qu'elle est bien amoureuse, mariée puis tout; elle a fini par laisser rentrer quelqu'un. Ce n'était pas moi, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas ça l'important. L'idée, c’est que ça m'a fait mal de l'entendre dire ça, parce qu'elle est belle comme un cœur, on la salue. C’était triste.
Hugo Lachance : C’est plate ça, il ne faut pas se construire de mur de brique.
Guillaume Blais : Puis vu que j'étais maçon aussi, tu sais, un mur, quand tu tombes dessus, tu ne t'en sors pas. Souvent, c’est toi qui le construis. Mais bon, ça arrive. Je n'ai pas l'habitude de faire des jobs sécuritaires, les risques sont là.
Hugo Lachance : Ça donne une superbe chanson. On est déjà rendu à la fin avec « Le mal ». Chapitre 19 : Le mal.
Guillaume Blais : Oui, le méchant mal. Ça fait longtemps que je travaille là-dessus, c'est vieux. Musicalement, on dirait le thème de Diablo dans les oreilles. On avait parlé de ce texte-là dans une de nos soirées. J'écoutais la radio, c'était le feu Benoît Peyron, avec sa zone de résistance très à gauche. J'écoutais ça en même temps qu'un vinyle d'AC/DC, « Evil Walks ». C’était Benoît Peyron et AC/DC en même temps. J'ai mis du thérémine là-dedans.
Hugo Lachance : Et au niveau des textes, comment tu décris le mal là-dedans ?
Guillaume Blais : Le mal, en fait, ce n'est pas notre faute, c'est de la faute au mal. Comme si on ne portait pas ça en nous de toute façon. C’est un peu l'histoire du loup que tu nourris, le méchant loup et le gentil loup. C'est quelque chose qui nous habite, il faut s'assumer puis il faut aussi réparer ce qu'on fait.
Hugo Lachance : Pas juste demander pardon ?
Guillaume Blais : Demander pardon au petit Jésus, je trouve ça lâche. Ça ouvre la porte à faire n'importe quoi. C'est bien plus facile que de demander pardon à quelqu'un. Il faut avoir la force de porter le poids de ses erreurs qui te rappellent que tu es faillible. Ce n'est pas parce que je pense qu'il y a un barbu dans le ciel, c’est quelque chose qui fait de nous des êtres profondément humains de vouloir s'améliorer et de faire le bien autour de nous.
Hugo Lachance : Exactement. On a passé à travers ton album Autoportant du Projet Blais. Si on te demandait quelle tune représente le mieux cet album, ça serait laquelle ?
Guillaume Blais : C'est difficile à faire parce que c'est assez festif et baveux, mais il y a aussi de beaux moments. C’est une belle balance entre les deux. Je dirais « De ma faute » pour le côté festif, et pour ma mère, je vais être fier : « Maman Blais ».
Hugo Lachance : Bravo Guillaume ! On continue avec ton autre projet, « Beaufusil ». Il y a un EP qui est sorti sur Bandcamp.
Guillaume Blais : Oui, il est sur les plateformes et il existe en CD. Si je passe ma « batch » de CD, je vais faire faire des vinyles, promis. Écrivez-moi, je peux vous les poster.
Hugo Lachance : Le monde n'achète plus trop ça, des CD.
Guillaume Blais : C'est fascinant. On se demande si on fait presser des CD ou des vinyles qui coûtent cher. Je les traîne parce qu'il y a encore du monde qui a ça dans son char.
Hugo Lachance : Chapitre 20 : Beaufusil. D'où vient le nom ? Je pense que ça vient du Lac des Plages, avec l'expression « être un Beaufusil ».
Guillaume Blais : Absolument, comme quand ta grand-mère disait : « Tu es un Beaufusil ». Au Lac des Plages, on avait parti un projet de brasserie avec Monsieur Éric Larose. Félix Hurtubise était venu; là-bas, c’était défendu de ne pas jouer fort. On cherchait un nom, et Félix n'était pas sûr parce que ça faisait « gun ». J'ai dit : « Non, il n'y aura jamais un fusil dans le visuel ». Ça se rattache à l'expression. C'est du « rock fâché », un défouloir.
Hugo Lachance : Le nom est approprié à votre intention.
Chapitre 21 : SEGMENT : Présentation de l'album. Le titre s'appelle L'arme secrète, année 2024.
Guillaume Blais : Réalisation par moi et Dom Gamelin qui a mixé. Maxime Philippe est un de ses amis, on est allés dans son studio. Ça a été fait en une journée, puis je suis allé chez Dom pour faire les voix. Aux guitares, je fais la guitare bariton. À la batterie, c'est Jonathan Bourque de Repentigny. À la guitare, c’est Félix Hurtubise qui fabrique les guitares sur lesquelles on joue.
Hugo Lachance : Vous avez enregistré ça au studio Fast Forward ?
Guillaume Blais : Oui, mixage par Dom et mastering par Maxime Philippe. C'est sorti en 24, mais ça a été fait en 23. La conception de la pochette est de Carlos Santos. J'avais approché Carole Caron qu'on salue. J'ai aussi participé au recueil de bandes dessinées sur Plume Latraverse, un super beau livre. Carlos Santos est dedans aussi, je pense. On y est dans notre propre rôle. Allez vous procurer ce recueil.
Hugo Lachance : On est prêt à écouter ça ? On commence par « Besoin de rock ». Chapitre 22 : Besoin de rock. Ça exprime bien le sentiment.
Guillaume Blais : C’est la genèse de ce projet-là. Dans Blais Entier, je jouais avec Claude Hurtubise, la sœur de Félix, une pianiste de jazz. Elle est arrivée en disant : « Les gars, ça vous tenterait pas, j'ai une tune qui s'appelle Besoin de rock ». Elle nous a montré les accords au piano, mais ça n'avait rien à voir avec notre version. Elle a besoin de rock, mais nos docteurs ne nous ont pas donné les mêmes pilules. J'ai gardé son refrain et je me suis arrangé avec la moitié du texte. Gratitude éternelle Claude, je t'aime. Je l'ai refaite à ma manière.
Hugo Lachance : On est vraiment ailleurs, c'est lourd. On passe à « L'amour est une arme de destruction massive ».
Chapitre 23 : L'amour est une arme de destruction massive.
Guillaume Blais : Il n'y a pas de basse là-dessus, mais le « pan » compense.
Hugo Lachance : On sent que tu as du plaisir à chanter ça.
Guillaume Blais : J'étais allé chez Claude et Zellie à Mornight. Je m'en vais là-bas voir Zellie en show et je dors là-bas. Le lendemain, je me réveille à 7h du matin et j'ai fini le texte sur la table. Quand tu es violent ou agressif, tu t'en sors, mais quand tu parles d'amour, on va te tuer. Regarde Gandhi, Luther King ou Jésus : quand tu parles d'amour, ça déstabilise le pouvoir. C'est profondément subversif.
Hugo Lachance : Jésus serait un bon chanteur pour Beaufusil.
Guillaume Blais : Probablement. S'il était capable de s'adresser aux multitudes du haut de la montagne sans micro, c'était quelqu'un avec une voix qui porte. On passe à « L'armée rouge des Red Flags ».
Chapitre 24 : L'armée rouge des Red Flags. C'est l'histoire d'un gars qui fonce à 100 %.
Guillaume Blais : Les signes sont là, ça va chier, mais j'y vais pareil. La musique est prête avant, c'est une émotion. Il y a quand même un message dans Beaufusil, je ne m'en sors pas. Le gars fonce tout droit dans un mur; je sais que je fonce dans un mur, mais je garde le cap. C’est un testament de ne pas lâcher ou de l'acharnement obsessionnel.
Hugo Lachance : On finit avec « Surf n' Turf ».
Chapitre 25 : Surf n' Turf.
Guillaume Blais : La « basse en canne » s'en vient là. À un moment donné, j'arrête au local pour la pratique de Bruno et je lui dis qu'on n'a pas de basse, alors je me suis acheté une « basse en canne ». Sa réaction n'était pas enchantée. Il m'a demandé : « Tu penses qu'une basse ça vient en canne, mon ostie ? ». Puis après il m'a demandé si je voulais un bassiste, et là j'ai dit oui. Il torche, il est bon Bruno.
Hugo Lachance : On est rendu à parler de la suite.
Chapitre 26 : La suite. Qu'est-ce qui s'en vient pour Beaufusil ?
Guillaume Blais : On a refait un autre EP avec Joël Tremblay, « Jonimo », que tu connais. Ça fait 30 ans qu'on se connaît, il travaille avec un paquet de monde. Il a dit qu'il avait du temps. On est allé au chalet de Bruno, une maison de campagne avec une table de pool dans la cave. On a sorti les meubles de la salle à manger. Jo est arrivé et en trois heures, il avait tout installé et « retuné » le drum. C’est un pro.
Hugo Lachance : Comment s'est passé l'enregistrement ?
Guillaume Blais : Bien. Le soir, il y a eu des breuvages impliqués. En réécoutant le lendemain matin, on a vu qu'on n'était pas tout à fait là, alors on a tout reparti « back-to-back », sans « clic ». Il faut maîtriser son affaire. Ça va être un nouveau EP de trois ou quatre tonnes. Faire des albums, c'est beaucoup de travail et il faut nourrir la bête des médias sociaux. Projet Blais devrait aussi retourner en studio bientôt.
Hugo Lachance : Pour vous suivre, on va sur Facebook et Instagram ?
Guillaume Blais : Oui, je maîtrise mal Instagram et ne me parlez pas de TikTok. J'ai délégué ces ministères-là pour mon plus grand bien. Il reste un peu de mixage et une voix à faire.
Chapitre 27 : Pornemuse. C’est un duo punkabilly montréalais sans cornemuse ni porno ?
Guillaume Blais : C'est un duo avec Ycaterina (Pat). On a fouillé dans des affaires qui ne fittaient pas dans mes autres projets, des ovnis country. C’est un duo contrebasse et guitare. Il n'y a pas de drum et c'est une bonne affaire parce que la voix passe parfaitement. On joue pour le plaisir. Pat a une belle contrebasse triangulaire, une balalaïka format contrebasse.
Hugo Lachance : J'ai vu ça, c’est spécial.
Guillaume Blais : On est allé chercher ça chez des Russes. Le gars jouait dans un orchestre à Moscou dans les années 80. Ce sont des guitares triangles à trois cordes, c'est dur à faire sonner. On a joué beaucoup rue Duluth, en plein air. Une fois, il y avait un gars avec un lecteur de décibels qui nous regardait avec de gros yeux méchants parce qu'on était trop fort, alors que rien ne marchait « full pin ». Suivez ça sur Instagram.
Chapitre 28 : Conclusion. Merci beaucoup Guillaume de ta présence. Suivez les projets de Guillaume Blais. Abonnez-vous sur YouTube, c'est un petit geste gratuit qui m'encourage beaucoup. On se revoit pour un nouvel épisode.