Keith Kouna : Les années monsieur
Keith Kouna : Les années monsieur
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Keith Kouna : https://www.keithkouna.com/
Le Knock-Out : https://leknockoutdisquaire.com/
Keith Kouna, figure incontournable de la scène alternative d'ici, s'est posé au disquaire Le Knock-Out à Québec pour revisiter un monument de sa discographie : Les années monsieur (2008), son tout premier album solo. Dans cet entretien mené sans flaflas par Hugo Lachance, le chanteur des Goules ouvre ses carnets et revient sur la genèse d'une œuvre qui a tout changé dans son parcours.
Avant de devenir le « Kouna » que tout le monde connaît au Québec, Sylvain Côté (de son vrai nom) a aiguisé sa plume et sa guitare sur les chemins de l'itinérance. Entre 1997 et 1999, il roule sa bosse en Europe, vivant au jour le jour et chantant dans les rues, les bars et les squats de Genève ou de République Tchèque.
« J'écrivais déjà... je savais que je voulais vivre à écrire. C'était réglé. » — Keith Kouna
C'est pendant cette période de liberté totale, nourrie par la chanson française écorchée (Ferré, Renaud, Brassens), que germent plusieurs chansons de l'album, dont la brute et magnifique Tarentule.
(Note : Pour une écoute fluide et intuitive, nous avons regroupé les discussions thématiques et le décorticage piste par piste dans l'ordre chronologique de l'entrevue)
00:34:27 // L'anecdote de la chanson Labrador
00:36:48 // La véritable histoire derrière le nom de Keith Kouna
01:18:16 // Le message surprise de Rabin Kramaslabovitch
01:21:19 // L'évocation de Pepoot et Pépin
01:21:54 // Les célèbres dessins d'Iron Maiden au dos des cahiers
00:45:16 // Tarentule
00:47:30 // Haut
00:49:39 // La joyeuse
00:51:09 // Oublie ça
00:54:04 // Déo
00:55:56 // Brillantine
00:59:05 // Godichons
01:00:57 // Marin
01:03:46 // L'or
01:07:14 // Le tape
01:09:08 // Rue Richard
01:11:13 // Labrador
Paru en novembre 2008, ce premier effort solo s'apparente à une véritable « pizza » créative selon l'artiste. Le disque fait cohabiter des textes de jeunesse écrits à Joliette en 1995 et des pièces plus denses nées à son retour au Québec.
Réalisation : Confiée aux oreilles attentives de Tristan McKenzie.
Les musiciens : On y retrouve la garde rapprochée des Goules (Hugo Lebel, Igoris, Pavel) ainsi que des collaborateurs de feu comme le percussionniste Fred Lebrasseur.
Le son : Un heureux désordre qui mélange rock garage crasseux, grande chanson à texte et arrangements éclatés (où s'invitent le métallophone et le vibraphone).
Tarentule : Une toune écrite outre-Atlantique, complètement imprégnée du rythme et du va-et-vient des trams de Genève.
La Joyeuse : Un classique instantané devenu un incontournable absolu en spectacle, parfait pour faire lever la foule.
Oublie ça : Né d'une simple blague de show, ce morceau est une réécriture toute québécoise et irrévérencieuse de la chanson L'Hélicon de Renaud.
Labrador : Le grand morceau de clôture. Écrit alors qu'il n'avait que 20 ans, le titre a été complètement sauvé en studio par Tristan McKenzie, qui a troqué la structure country originale pour en faire une ballade poignante au piano droit.
Le balado met en lumière un processus de création ultra-organique, souvent basé sur l'écriture automatique. Kouna gratte sa guitare, chante ce qui lui passe par la tête, enregistre le tout sur le vif et va ensuite extraire les images poétiques les plus percutantes.
« C'est de la poésie avant tout. Je le sens un peu punk, un peu poêle, un peu sauvage. »
Toujours sur la brèche, l’artiste ne manque pas de projets. Après avoir conquis un tout nouveau public avec son projet pour enfants Kid Kouna et lancé le percutant album Métastase (réalisé par Alexandre Martel), il reprend la route pour une série de spectacles acoustiques. Une tournée printanière qu'il baptise avec son sens de l'autodérision habituel : « La tournée pour payer ses impôts ».
Pourquoi Keith Kouna hésite-t-il parfois à jouer ses chansons plus lentes en spectacle ? Kouna avoue avoir une sorte de blocage naturel avec les moments trop « molo » en concert, par peur de casser le rythme et de perdre l'énergie de la salle. Il sent qu'il doit garder cette attitude brute de « chanteur de tram » et balancer du pep pour que le public puisse chanter et triper au maximum, même s'il adore personnellement interpréter des ballades à l'écart de la scène.
Quelle est l'origine du pseudonyme « Keith Kouna » ? Le nom a été improvisé en catastrophe en 15 minutes à peine dans un stationnement, juste avant un spectacle à l'Ostradamus en 2001. Tous les membres de la gang s'étaient inventé des alter ego fictifs (Pavel, Rabin, Igor) et « Kouna » a surgi d'un délire lors d'une séance d'enregistrement spontanée.
Qu’est-ce que le projet « Spider » dont il est question dans l'épisode ? C’était un duo formé à l’adolescence par Keith Kouna et le futur guitariste des Goules. Durant leurs cours de chimie, ils s'amusaient à écrire des textes de chansons complètement absurdes et brodés en anglais, une langue qu’ils ne maîtrisaient pas du tout à l'époque. Ces vieux cahiers oubliés ont finalement été ressortis des années plus tard pour des segments humoristiques mémorables pendant les cabarets des Goules et au Quai des Brumes.
Comment le groupe Les Goules a-t-il officiellement commencé ? À son retour d'Europe, Sylvain travaillait d'abord sur un projet solo, mais il a fait marche arrière après avoir refusé un contrat de disque qui ne lui convenait pas. Il a commencé à jammer pour le simple plaisir avec des chums dans le sous-sol chez Robin (Rabin) avant de faire ses premières sorties dans les bars. Ils s'accompagnaient d'un petit clavier aux rythmes préréglés bon marché (qu'ils appelaient les « Capitaines Robots »). C'est là que le projet solo a pris le bord pour donner naissance aux Goules.
4 décembre 2008 // Olivier Robillard Laveaux, Voir
5 novembre 2009 // Alain Brunet, La Presse
Transcription intégrale de l’épisode Keith Kouna : Les années monsieur