Transcription de l’épisode avec WD-40 : Spécial 30e anniversaire : Hors Série!
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Bonjour tout le monde ! Bienvenue au podcast L’album. Bienvenue, en fait, au premier épisode de la série spéciale consacrée à WD-40 pour leur 30e anniversaire. On va se concentrer sur la discographie entière du groupe. On va passer album par album, chanson par chanson, dans l’ordre. L’objective est de parcourir cette discographie en compagnie d’Alex et d’Étienne. Le but est d’improviser des discussions pour remettre le tout en contexte et voir le travail derrière les albums; c’est ça qui nous intéresse.
Avant de commencer, mon nom est Hugo Lachance. Je m’occupe de gérer et d’animer ce podcast. Je ne suis pas un animateur professionnel, c’est la première fois que je fais un podcast, donc je suis un petit peu nerveux. Je sais que vous allez être indulgents. Je me permet de faire ce podcast parce que je considère que, dans l’univers de l’underground québécois, ça vaut la peine de souligner ce parcours.
Pour ce premier épisode, on va se concentrer sur le mini-album, le EP qui s’appelle Hors-Série!, paru en 1996. Vu que c’est un album un peu plus court, on va pouvoir se concentrer sur sa petite histoire. Avant de vous présenter mes invités, je vous invite à écouter l’épisode sur vos plateformes de balado favorites ainsi que sur notre chaîne YouTube. Tous les liens se trouvent dans la description.
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Je peux maintenant vous présenter convenablement mes invités. Je suis accompagné d’Alex Jones et d’Étienne Carrier. Bonjour respectivement au bassiste et au chanteur, parolier et guitariste du groupe WD-40. Bienvenue les gars au podcast ! On va commencer par le premier segment : la présentation de l’artiste. Pour nous aider à raconter l’histoire du groupe, j’ai pris des extraits de votre page Wikipédia.
Hugo Lachance : Alex Jones et son frère Étienne Carrier arrivent à Montréal en provenance de Chicoutimi, leur ville natale. Étienne arrive en 1992, mais Alex, toi, tu es arrivé quand ?
Alex Jones : Moi, je suis arrivé en 94.
Hugo Lachance : OK. Une fois à Montréal, Alex fonde les groupes 84-78 et Raymond Sauvage qui, selon tes propres mots que je cite, « ont floppé tous les deux ». Comment as-tu réussi à changer une formule gagnante en flop ?
Alex Jones : Écoute, oui, je suis parti pour faire 84-78, c’était une autre adresse, mais pour le reste ça s’est quand même bien passé par la suite.
Hugo Lachance : WD-40 is formed in 1993 with Alex Jones at the bass, Hugo Potvin at the voice, feu Bertrand Boisvert at the guitar. D’où vient le nom WD-40 ?
Alex Jones : C’est parce que c’est un lubrifiant paradoxal qui se trouve à être lubrifiant et abrasif à la fois. C’est formidable au niveau du paradoxe du produit. Puis, vu que mon père travaillait chez Canadian Tire, j’ai souvent rencontré des canettes et j’ai toujours trouvé la canette très belle au niveau du logo. J’ai su par la suite que ça voulait dire « Water Displacement, 40th formula », la 40e recette de déplacement d’eau.
Hugo Lachance : Donc c’est supposé enlever l’eau ?
Alex Jones : C’est pour déplacer les molécules d’eau. À la base, c’était pour quelque chose qui allait enlever l’humidité dans les pièces pour ne pas que ça rouille. L’analogie est bonne pour le band en tout cas.
Hugo Lachance : Un autre extrait de Wikipédia : Étienne Carrier rejoint son frère et le groupe sort son premier démo indépendant, Le calvaire d’un cow-boy, en 1994, suivi de Né pour être sauvage en 1995. Les deux étaient en format cassette. C’est vraiment tendance les cassettes, ça revient !
Étienne Carrier : C’est vrai. D’ailleurs, c’est Sébastien Pesot, du groupe General Fool, qui jouait du drum. C’est lui qui a fait le premier démo.
Hugo Lachance : Donc cétait le batteur de General Fool, Sébastien Pesot, dit « Petit Chaud », qui jouait la batterie sur Le calvaire d’un cow-boy.
Alex Jones : On pliait toutes les pochettes, on faisait tout ça nous-mêmes. Le soir, je partais avec des tas de feuilles de carton que je coupais et que je pliais avec une règle partout où il y avait de la pliure. J’ai fait ça aussi avec le premier démo, photocopier et plier.
Hugo Lachance : Effectivement, Julien Livernois à la batterie rejoint la formation et vous lancez Hors-Série!, un premier EP en 1996, à la suite d’une session d’enregistrement remportée lors du festival Polliwog 1996. En octobre 97, sort le split Soudain... Les monstres!!! avec WD-40. C’était quoi ce projet ?
Étienne Carrier : C’était comme une préproduction pour créer un album. C’était une préproduction de travail.
Alex Jones : Je ne sais pas comment on a fait pour « splitter » ça en trois, parce qu'il y avait juste deux faces. Je me rappelle que j’avais bien aimé la pochette. C’est Xavier, je pense, qui avait réussi à avoir du financement d’un projet Jeunes Volontaires à Chicoutimi. Il avait été encouragé par Monseigneur Couture. C’est vrai de vrai, il avait eu de l’argent pour faire ça. Je ne sais pas comment ils ont réagi quand ils ont vu la cassette !
Hugo Lachance : On va passer au segment présentation de l’album, où on le remet en contexte. On est environ en 95-96. Le titre est Hors-Série!. On est où là, Alex ?
Alex Jones : On est chez moi à Saint-Hubert, un endroit magnifique pour ceux qui ont le visuel, avec tout mon entrepôt et un paquet de cochonneries parce que je travaille au cinéma maintenant comme directrice artistique.
Hugo Lachance : Il y a eu deux éditions pour cet album ?
Alex Jones : À l’époque, on était en production avec Stéphane Toupin, des Productions Criz’antenne. C’est possible qu’on en faisait partie. Je pense que c’est une sorte de fleur. C’est qu’on avait tellement vendu de cassettes de nos démos que c’est là que j’ai rencontré Eric « Dexter ». J'aime le nom, ça s'insère toujours bien dans une conversation. Il trouvait qu'on avait tellement vendu de démos qu’il voulait qu’on passe à la classe supérieure, c’est-to-say le CD. Dans ce temps-là, c’était cool de faire des CD.
Ce qui arrivait, c’est qu’on avait fini deuxième au Polliwog, mais on avait dû imprimer 1000 pochettes alors qu’on avait uniquement 350 albums. Je m’en rappelle parce qu’on n’avait pas le choix pour l’impression des pochettes. Il nous restait 750 pochettes sans disques. Eric partait sa nouvelle compagnie de distribution, Aux Ondes, et il nous a dit qu’on « splittait » ça en deux.
Je ne sais pas comment j’ai fait parce que 750 ça ne se divise pas par deux. Il m’a dit : « Tu t’occupes de ta part et je distribue le reste ». On a fait ça pour Hors-Série! et Crampe en masse. C’étaient les plus beaux contrats de ma vie. On a réimprimé des Hors-Série! pour plusieurs éditions par la suite.
Hugo Lachance : La réalisation est de Marc-Henri Thibert ?
Alex Jones : C’était le guitariste d'un band connexe. Très sympathique, un très bon gars. On avait enregistré ça au Studio Piccolo.
Hugo Lachance : Quel était le contexte d’écriture de cet album ? Comment a-t-il vu le jour ?
Étienne Carrier : C’est la genèse de WD-40. On ne faisait que ça. On travaillait, et avoir un local de pratique dans ce temps-là ne coûtait rien. On en a eu plusieurs et on pratiquait une à deux fois par semaine. On était très prolifiques. On vivait que pour ça : faire de la musique, jouer, enregistrer. C’était vraiment l’esprit de jeunesse. On avait 21-22 ans.
Hugo Lachance : C’est un peu la somme de vos démos ?
Étienne Carrier : Exactement, c’est souvent ça pour un premier album. Pour l’écriture des tounes, c’était assez basique. Alex faisait les paroles, il arrivait avec un squelette de musique et je bâtissais par-dessus. Ça a toujours été comme ça.
Je me considère un peu comme Harrison Ford, qui était menuisier. Il y a un parallèle à faire. Je suis un genre de charpentier musical. Je fais la charpente, j’aime beaucoup les squelettes. Le problème, c’est qu’avec les années, c’est tout le temps la même charpente, mais ça c’est une autre affaire. En gros, c’était ça. Je voulais aller dans la simplicité, dire le plus de choses possible avec le moins de mots possible. C’est de la poésie simple et brute. J’étais bon là-dedans.
Alex Jones : C’est moi qui apportais les compositions au départ, mais pour les textes, c’était toujours lui. Pour la musique, j’avais composé Né pour être sauvage au complet, mais je faisais surtout les arrangements.
Hugo Lachance : Comment avez-vous abordé le visuel de l’album ?
Alex Jones : C’était les balbutiements de Photoshop. On avait un ordinateur et on faisait des captures d’écran pixelisées. Les pixels étaient gros comme ma grandeur ! Finalement, ce n’était pas si mal. Il y avait même une phrase sur le premier démo : « Six succès souvenirs ».
Ça me rappelait les films que j’écoutais à Radio-Canada quand j’étais petit, des films qui sortaient de nulle part. On ne savait pas ce que c’était qu’un « Hors-Série! ». À l’époque, au club vidéo, les films québécois étaient classés dans la section des films étrangers !
Hugo Lachance : Rubrique Ils ont dit. Pour Hors-Série!, j’ai pas trouvé de critiques d’époque, alors j’ai fait un sondage sur nos réseaux sociaux pour savoir comment les gens ont découvert l’album.
Philippe Reed dit : « "Tasse-toé donc dans l'chemin" est la première chanson que j’ai écoutée. Après, l’album Crampe en masse constitue succès après succès, c’est un chef-d’œuvre pour le rock avec du diesel ». C’est un album qui a solidifié votre base de fans.
Benoît Poirier de CISM dit qu’il vous a connus via la compilation Québec en marge vol. 1 sur laquelle il y avait « Tu me donnes le goût ». Dominique de Rock Québécois dit qu’il achète tout ce qu’il trouve de WD-40 depuis qu’il vous a vus en concert.
Alex Jones : À l’époque, c’était cool parce qu’il y avait beaucoup de compilations. Je me rappelle qu’on était descendus jouer à Québec dans un autobus jaune et qu’on avait arrêté pour pisser. Il y avait des compilations qui faisaient voyager les bands.
Quand je restais à Saint-Hubert, on est tombés sur la compilation Kitsch ‘en squatt, ça nous a fait découvrir beaucoup de bands locaux. C’était le meilleur véhicule pour être connus et transporter nos chansons.
Hugo Lachance : On passe maintenant au segment chanson par chanson. On en écoute un extrait et vous commentez. On commence avec la première piste : « Enfant de chienne ».
Ce que j’ai retenu du texte, c’est : « 150 squeegees enragés. Y'a pus un windshield à laver... Cowboy frosté je te salue. La colle ensoleillant ta vue. Tant qu'il y aura des chars tu auras du change, plus c’est pareil et moins ça change ». Ce texte-là est une leçon de rock. Alex, tu parles d’un emploi en dessous de la table et de « squeegee » comme job stable. Selon toi, la misère c’est tout l’ouvrage qu’il y a ?
Alex Jones : Écoute, c’était directement notre univers quotidien. On travaillait au coin Ontario et Papineau. On a vu naître le phénomène des squeegees (laveurs de vitres) à l’époque; il y avait des manifestations de squeegees.
Cowboy, la légende, est un personnage que j’ai encore croisé la semaine passée, il ne change à peu près pas. On posait des enseignes chez Global Néon et les squeegees cohabitaient avec nous.
Au coin d’Ontario et Papineau, il y avait un dépanneur tenu par Gros Michel. Ce n’était pas un quartier chic, c’était assez « trash », mais on connaissait Gros Michel, on faisait ses enseignes. C’était le dépanneur où on allait acheter notre bière à trois heures quand on finissait la shop.
Hugo Lachance : Qui a composé cette chanson ?
Étienne Carrier : C’est Alex qui l’a composée, mais c’est la première chanson que j’ai pratiquement toute réarrangée. Je trouvais qu’elle ressemblait à « Septième ciel ». J’y ai mis ma distorsion; c’était mon premier gros arrangement. C’est un petit clin d’œil aux Stooges là-dedans. Je sortais de mes années punk rock, je trouvais qu’il n’y avait jamais assez de distorsion.
Hugo Lachance : Chapitre 8 : Septième ciel. C'est moi qui a joué, non mais il y a comme la texture dedans.
Étienne Carrier : Peut-être aussi longtemps que même maman. Ça coupe un peu raide, mais ça, c'est une chanson qui se retrouvait sur le démo Le calvaire d’un cow-boy. C'est une compo d'Alexandre de base parce que je ne l'ai pas tellement réarrangée à partir d'Alex ou n'importe quoi.
Effectivement, quand j'ai écouté, j'ai fait : « ça, c'est Alex maintenant », parce que c'était trop flat. Mais à part ça, c'est vraiment sa toune à 90 %. Non seulement la musique, mais comme chanson d'amour. Tu sais, c'est une chanson d'amour assez épique parce que moi, ce que j'en dis, c'est que ce n'est pas autre chose que ça, c'est sûr. Puis c'est ça, c'est une chanson comme Y’en aura pas de p’tites culottes, et À jamais pour toujours; des tounes d'amour sont toujours intenses, ça c'est clair.
Hugo Lachance : Puis d'où vient le crooner en toi ?
Alex Jones : Je ne sais pas. Faire un show, descendre des escaliers avec une cape, on en avait discuté. Selon moi, j'en fais partie puis ça, tu ne le poses pas, tu es né avec ça; moi, je ne peux pas me donner ça. Il faut que je travaille mon côté crooner, d'ailleurs canadien. C'est un vrai canadien. Moi, j'aime le Commonwealth.
Hugo Lachance : Donc oui, il y a quelque chose de très passionnel là-dedans.
Étienne Carrier : J'ai toujours été quelqu'un de très passionné et charnel. Ça paraît, ça se transmet aussi dans la tradition des tounes de WD. C'est qu'on a gardé, par exemple... non, je ne pense pas, tout de tes côtés. Finalement, on reste avec nos classiques bien sûr, comme elle, ça en fait partie; je ne trouve pas ça obligé de détailler.
Hugo Lachance : OK, on continue avec la prochaine. Dans le fond, la prochaine c'est un grand classique, celle-là je l'aime bien gros quand on l'a faite. Chapitre 9 : Tu me donnes le goût d'être méchant. Toi.
Étienne Carrier : Tellement violent, qui conduit vers la folie après un épisode d'abandon pour finir dans un chaos musical. C'est un peu ça la structure des paroles aussi. Mon mode préféré : j'deviens mongol, j'me comprends pus, j'ai rien que le goût d'rester couché; dehors y pleut, j'suis déprimé. Ah! pis quand j'y pense dans l'fond, c'est donc bon la télévision. J'ai même pus l'goût d'être méchant, j'ai même pus l'goût d'être violent; j'ai juste le goût d'rester «éfoiré» su l'divan, j'ai même pus l'goût d'être méchant.
Tu es dépressif un peu, mais après ça décolle, c'est la montée, ça accélère, ça devient le bordel. Non, mais c'est une de mes chansons préférées quand même que j'avais composée à l'époque. C’est une chanson qui est bien ficelée quand même, c'est vrai, et bien écrite.
Ce qui archivait, c'est que je me rends compte maintenant que c’est d'une autre époque. Comme un symbole d'une autre époque, c'est ça que je trouve fascinant. Puis moi-même je parle, c'est du monde de 30 ans qui sont trop vieux; c'est pour te dire à quel point j'étais un jeune quand je l'ai composée.
C'est assez impressionnant parce que, je veux dire, à cette époque-là je m'étais parti dans l'ouest avec une fille plus vieille que moi qui n’arrêtait pas de me dire... écoute, j'avais 18 ans et elle en avait 28. Elle me disait à quel point elle connaissait tout dans la vie puis que moi je ne connaissais rien, puis finalement elle avait raison.
Ça avait été un peu... j'en parle un peu là-dedans d'une façon un peu grivoise et violente, mais c'est une chanson sur une façon de dire que tu es à bout de tout, tu veux tout détruire finalement. Rempli de la marde, j'abandonne. Moi, c'est une expression qui conduit de plus en plus et qui m'énerve.
On dit genre que ce n'est pas une toune qui passerait aujourd'hui parce que c'est une toune qui est vraiment très à cheval, vraiment violente quand tu penses à ça. À l'époque aussi, j'habitais sur Saint-Laurent puis en avant de chez nous, du monde envoyait des marches de chez nous. J’approchais une copie de tester dans un climat assez tendu. On va dire au centre-ville, on s'entend, on travaillait dans des shops; ce n'était pas un climat tranquille, disons. C'est clair qu'on était... j'étais vraiment dans le bain.
Hugo Lachance : Écoute, ça paraît parce que non seulement ça paraît que c'est cet univers-là, c'était votre univers, ça paraît que ce n'est pas something qui est inventé ou qui était exagéré de dépression et de rage. Mais « Tu me donnes le goût d'être méchant » est une toune d'équipe dans cette ambiance-là. J'ai une question là-dessus pour finir sur le goût d'être méchant, Étienne.
Étienne Carrier : Sauf que là j'ai changé mes pick-ups de guitare, ça fait moins « méchant », mais moi je n'ai rien contre. Tu avez raison, je trouve que ça faisait un son bien intéressant dans ces années-là puis je le ferais encore. Puis ça vaut cher si j'ai un magasin Nice Marketplace; je voulais me racheter, moi j'avais super.
On parle de Metal Zone là, c'est vraiment la marde des années 90, la MT-2, qui était vraiment axée sur le son heavy metal. Tu avais un equalizer dessus, tu pouvais mettre ton son. Je me demande comment j'en ai passé parce que mon frère me sortait tout le temps mes pédaliers.
Mais tu as raison, j'en ai eu plusieurs, sûrement cinq ou six facile. J'ai eu deux pédales RAT aussi qui ont cassé. J'ai essayé de changer avec d'autres albums dont on parlera plus tard, mais souvent je suis revenu à ça même si j'ai joué avec des Gretsch ou des Telecaster.
Je reviens toujours avec mon vieux modèle de Strat qui n’est plus vraiment une Strat maintenant; c'est plus comme une guitare métal, c'est tout Dirty Rail dessus. C'est la même avec laquelle je joue encore, je l'ai achetée en 83. C’est une relique et tout ce crabe, je m'en sers juste pour WD-40.
Hugo Lachance : Chapitre 10 : Y'en aura pas de p'tites culottes. OK, on va continuer avec la prochaine toune. Ça va quand même, j'aurais pris 5 degrés de plus. Classique de WD, tu regardes le paysage. Ne pleure pas, je t'en supplie. Le crooner que je salue d'ailleurs, le mordu que je vois ça savoir ce qu’il est devenu. On devrait le trouver sur Facebook d'ailleurs, ben peut-être pas.
Étienne Carrier : Il était... c'est lui qui avait eu l'idée de « p'tites culottes », moi je n'aurais pas pensé à ça. C'est vraiment lui qui est rentré dans le local, c’est un batteur de jazz et c'était vraiment un phénomène étrange. C’est le Gentleman au Cœur Sauvage. Il arrivait en tuxedo aussi pour faire ses spectacles.
Après ça, il a été malgré lui acteur, animateur au début de MusiMax; je ne sais pas s'il est resté. J'avais entendu dire qu'il voulait partir une... il avait commencé à jouer du violoncelle et était parti à Las Vegas pour jouer des classiques de voyons, comment il s'appelle, Cédric, des lunettes de Paris, le parolier le monde des lunettes.
C'était son idée, il est arrivé dans le local en faisant cette marde-là, on avait déjà ça puis j'avais sorti ça. Le groupe n’aurait jamais été ce qu'il est aujourd'hui s'il n'y avait pas eu cette chanson. Ce n’était même pas notre idée, je n'aurais même pas pensé faire ça, c'est vraiment pur hasard. Même la guitare là, quand je fais tout de de de marde quand je descendais d'accord : « fais pas ça », je vais te mentir. On était en train de faire les préliminaires du coup, c'est une toune de WD-40. Alexandre a fait le texte exactement.
Puis on était justement pendant le concours du Polliwog dans ce temps-là. Je me rappelle, il y avait un premier tour, un deuxième tour, un troisième tour; il y avait juste un band qui gagnait par soir puis nous autres on était inscrits pour le fun. C'était à côté de chez nous, au Petit Campus. Notre local était au Petit Campus et on est arrivés le soir, on venait de faire cette toune-là.
Il fallait toujours qu'on dise c'était quoi les tounes qu'on allait jouer avec les textes. J'avais montré ça, je pense que c'est une bonne idée. Mais on pensait peut-être faire toute une réalisation propre. Ah oui, j'aime ça. Puis là, on a fait ça ce soir-là et ça a été un succès incroyable tellement épais. Non mais c'est fou pareil, ça c'est la reaction.
Ma prochaine question est là-dessus, excuse-moi de couper, mais justement c'est comme une toune qui est exposée à faire un scandale; je ne sais pas si ça a fait un scandale, mais on dirait que ça a fait le contraire. Les femmes trouvaient ça bien raide, ça a été hallucinant comme réaction. Le plus jeune c'était plus capoté, toutes les filles capotaient à ce stade-là.
C'est comme si toutes les filles qui étaient en crisse d'être poignées pour sucer le gars, là enfin il y avait une toune sur les autres qui allaient se faire manger à plat. C'est hallucinant, ça a été comme une révélation, toutes les femmes, c'est comme une émancipation totale. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais en tout cas l'équipe entourant la production qui était de la partie m'a vraiment encouragé à la jouer et trippait vraiment à ce stade-là.
Les gens ont capoté, le gros hit là. On a fait le premier tour, le deuxième tour, le troisième tour, c'est vraiment ça la finale. De sortir du drum mode, c'est l'esprit du rock, c'est l'esprit du punk pur. Quand je le faisait, je me trouvait bien, tout le monde le fait, c’est comme une jambe de roue qui tourne, ça revient tout le temps les scandales, même quand les affaires là qui reviennent.
Mais là vous n'avez jamais fait de la section contre, c'est que vous n'avez jamais rien fait comme les autres. C'est un peu pour ça que tu disais tantôt avec les médias ou les compagnies qui dont qu'il y avait un chemin encore à lire; c'est un peu un total d'éducation québécoise à ma connaissance. Les femmes, très beaux buts puis c'est ça.
D’après moi, je me demandais si cette toune-là avait fait un scandale comme tu dis, il n'y en a pas, mais ça reste quand même un lien qui était comme combler un besoin avec ça. À toutes les fois, je me dis que cette toune-là devrait faire non pas l'effet escompté si on veut, mais l'effet est vraiment hallucinant parce que les filles adorent ça. C’est vraiment une toune qui est le fun à jouer, c'est le moment épique du show.
On entend là-dedans le jeune Jean Leloup, c'est une de tes balles avec l'univers du guitariste de 96. Tu as tout à fait raison, j'ai toujours été un gros fan de Danzig; c'est vraiment Danzig mes gros albums que j'écoute plus maintenant mais qui sont cycliques et reviennent. Tantôt je vous parlais justement de WASP qui a toujours été là, qui a disparu longtemps mais qui revenait.
Dans ces années-là par exemple, j'avais découvert aussi Stevie Ray Vaughan qui était vraiment important pour moi, c’était vraiment le guitariste blues. C’est ça que je te disais tantôt, c'était pas mal ça aussi maintenant il tabercule, mais je veux dire dans ces années-là ça restait parce que les autres ils se sont démarqués aussi. C'est vraiment le mélange blues le plus connu dans ce genre-là. Ça rentre, on trouve ça WD-40 quand même.
Pour moi, c'est sûr que j'ai une influence de The Clash, de Pantera et de Danzig. On retrouve beaucoup de ces influences-là dans Hors-Série! et Crampe en masse; ce petit côté la nuit, c'est vraiment mon côté plus métal. Tout à fait Danzig, même si maintenant je n'aime pas ce qu'il fait du tout, son affaire d'Elvis on dirait que c'est tout le temps mal enregistré. Mais on en parlera en spectacle.
Hugo Lachance : Chapitre 11 : Tasse-toi donc de dans le chemin. Puis après ça on reprend avec « Le chemin », cool. On est de retour à l'Album Podcast avec Étienne de WD-40 pour le spécial 30e anniversaire du band cette année. C'est bien parti en tout cas.
OK, on a fait « Y'en aura pas de p'tites culottes », on va passer maintenant à « Tasse-toi donc de dans le chemin ». Presque le parquet de la vie si ce n'était pas au bureau. Ce truc-là se retrouve sur le démo Le calvaire d’un cow-boy. Avec le temps, j'ai toujours trouvé que vous avez fait une série de spectacles de Noël pendant quelques années. Quel est votre rapport avec Noël, les boulettes aigre-douces ?
Étienne Carrier : Vous l'avez appris au podcast : qu'il soit blanc ou qu'il soit noir, Noël c'est un incontournable, tu ne peux pas voir ça à côté. Noël déjà là, c'est quand même important parce que tu sais que ça va être la merde. Noël d'habitude tu peux être déçu, mais c'est quand même important, c'est comme un passage obligé.
Tout le monde va arriver à Noël en même temps, il va toujours se passer de quoi; ça peut être la merde comme ça peut être merveilleux. Moi j'ai eu des nouvelles atroces comme j'en ai eu des très beaux. Pour moi c'était un point que tu ne peux pas passer à côté.
Surtout que dans le temps, en plus, il fallait qu'on descende au Saguenay, c'était compliqué, c'était une aventure. On manquait de se tuer quasiment tous les hivers avec ma van, les arts ici dans la boîte en arrière qui revolaient. Ça a toujours été une bonne occasion pour faire des choses qu'on a faites ensemble dans le temps.
On joue avec Groovy Aardvark, on a joué avec Mordicus, on a fait deux soirs à Chicoutimi, les deux soirs étaient complets. Récemment, on a joué à Noël dans le parc, c'est comme un bon timing pour jouer, c'est le fun.
Je trouvais qu'avec WD-40, il y avait toujours un bon rapport avec Noël, surtout dans cette toune de pêcheurs qui ne fait pas le parc puis des gros lots dans mon cerveau. Je pense que c'était une idée du gars, je me rappelle j'avais écrit ce truc : Pierre-Paul Laberge. Tu sais que c'était parti d'expressions de plein de monde que j'avais vraiment mises ensemble pour faire cette... je ne sais pas quoi dire de plus à part que je me suis inspiré d'un riff.
Hugo Lachance : L'humour aussi. Parfois dans cette histoire, il faut qu'il traverse le parc finalement. On va parler de l'humour, une des méthodes préférées du band qu'on ne joue jamais, qui parle de « Tasse-toi donc de dans le chemin » mais c’est vraiment cool, on ne la voyait pas souvent non plus. OK, on poursuit avec « À jamais pour toujours » avec toi mon amour.
Chapitre 12 : À jamais pour toujours. Sous la nuit tu m'avais dit. Avec l'idée de trop de réverbération, mon observation c'est que « À jamais pour toujours » c’est comme le début d'une série de tounes avec des ambiances un peu cinématographiques. Dans le sens que c’est un peu comme les camions aux frontières, l'asphalte, puis ça devient aussi récurrent dans votre catalogue.
Il y a certaines tounes qui créent une ambiance puis « À jamais pour toujours », on dirait que surtout le début revient plus tard dans certaines de vos compositions. C’est plus installer une ambiance puis c'est ça. Puis savoir comment vous construisiez ces tounes dans nos affaires ? Non, parce que j'avais composé ça moi, c'est un exercice d'écriture, mais c’est ça, des fois non plus le quotidien.
Ce n’est pas une toune, une méthode préférée, mais le texte est quand même intéressant, je me souviens. Il y a des chansons que j'aime pour l'époque : « À jamais pour toujours avec toi mon amour sur l'asphalte froide ton corps coulera sans un cri, sans un alléluia ». Donc alors c'est « nos corps s'étendent sous la nuit, ma bête s'appelait Suzuki, j'ai un muffler à la place du cœur et je suis mort à 200 à l’heure ». Regarde, quand même bon, c'est vrai que c'est fort à l'époque.
Because toi, c’est pas évidemment, je te connais quand même depuis longtemps, mais avec WD j'ai remarqué, j'en discutais avec un ami à l'école, vous êtes trois personnes. Les trois, vous avez votre université dans la musique, votre façon de jouer puis votre façon toi de composer des paroles puis ta façon de chanter.
Je pense que personne ne crie comme toi au Québec dans tes grandes chansons, personne ne chante vraiment comme toi. Il n'y a personne qui joue de la basse comme toi. Ton jeu particulier. J'ai remplacé Julien au drum, c'est Michel, c'est quelque chose; mais Michel c'est comme une horloge.
Mais Julien a de la personnalité, il n'y a personne qui joue comme lui non plus. C'est un personnage aussi Julien, c'était plus comme un bambou qui flotte au vent.
Chapitre 13 : Segment : Rafales. Mais ça peut prendre le temps qu'on veut dans le fond, on s'en fout, un podcast seulement l'affaire donc j'ai fait le top 3 de l'album. Les gars, meilleures chansons de l'album en show ?
Étienne Carrier : Ça dépend. Dans l'ancien temps, quand on faisait « Le goût d'être méchant », c'était assez bon. Ça demeure un classique mais on finissait souvent avec « Tu me donnes le goût d'être méchant » puis sacrément qu'on arrivait à des moments de grâce dans la lumière.
Hugo Lachance : J'ai fermé les yeux. Qu'est-ce que qui vieillit mal dans cet album ?
Étienne Carrier : Le son. Ce qui a mal vieilli pour moi, c’est « À jamais pour toujours » puis « Septième ciel » qui ont mal vieilli selon moi. Beaucoup de recherches musicales en essayant des effets, puis toi aussi tu as pensé, mais c'est plus tard moi, mais ça s'en vient apparemment par exemple tu essaies un peu plus électro si on veut.
Le plus fier ? C'est sûr que c'est loin dans ma mémoire, mais c'est un accomplissement d'aller dans ce studio-là, ce sont de très bons souvenirs. Je suis fier de surtout « Enfant de chienne », je pense.
Hugo Lachance : Chapitre 14 : Conclusion. Le prochain épisode va porter sur Crampe en masse, d'accord ? À quoi peut-on s'attendre ?. Une deuxième chose, on va essayer de chauffer ça entre les deux parce qu'on fait les deux épisodes en même temps. On se retrouve prochain épisode avec Crampe en masse, merci les gars !.
Étienne : Merci à toi, à bientôt.