Transcription de l’épisode WD-40 Spécial 30e anniversaire — Épisode 6 : La nuit juste après le déluge...

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 16 septembre 2023 et nous sommes à Saint-Hubert, et vous écoutez l'Album Podcast. Bonjour à tous, bienvenue à l'Album Podcast aujourd'hui. Nous sommes à Saint-Hubert chez Alex, dans ce qu'on pourrait appeler le Panthéon du rock ou le Panthéon de la marionnette. On se retrouve dans le pavillon de banlieue chez Alex pour le spécial 30e anniversaire de WD-40. Aujourd'hui on va parler de l'album La nuit juste après le déluge. Moi je ne me rendrai pas à 40 ans de carrière juste parce que c'est trop compliqué. Non, ouais, je pense que ça achève. Bon écoute, au dernier épisode on a parlé de l'album Saint-Panache puis je pense qu'on a eu du fun en crisse pour cet épisode-là. Avant de commencer, je vais inviter tout le monde à aller vous abonner sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, et aussi sur Apple Podcast. Laissez les petites étoiles puis un petit message, c'est toujours bien apprécié.

Alex Jones : On a une carte fidélité aussi.

Hugo Lachance : Ouais j'avoue, hein ! Ça donne 5 points. Donc, je n'ai pas mes feuilles, j'ai mon iPad. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Alex Jones et d'Étienne. Qu'est-ce qui s'est passé pour WD dans la décennie entre Saint-Panache et La nuit juste après le déluge ? Saint-Panache est sorti en 2006. Sérieux ? Ouais, comme 11 ans entre les deux.

Alex Jones : Ben je ne sais pas ce qu'on a fait. Heureusement qu'on crée dans l'urgence.

Hugo Lachance : Heureusement ? Non, mais un jour j'ai entendu Paul Piché à la radio qui a dit : « J'ai passé un tour, j'ai pris le temps ». Mais c'est trois ou quatre tours qu'on passe !

Alex Jones : Je sais bien, mais écoute, un tour à la fois là. Un tour. On dirait que le temps est quelque chose d'extensible avec les années.

Hugo Lachance : Mais il y a eu le documentaire Né pour être sauvage : l'histoire trouble de WD-40. Olivier Robillard Laveaux dans le Voir le 30 juillet 2008 écrivait que, réalisé par Pierre-Alexandre Bouchard, le film dresse le portrait de l'anti-vie de rockstar d'un groupe fragile où l'équation de mauvais caractère plus pauvreté du musicien plus autres problèmes a donné un équilibre instable tant mental que physique. Je vois une parenthèse, c'est là Étienne que tu sors ta désormais célèbre phrase : « Je me suis payé une thérapie à 30 piasses de l'heure mais ça n'a rien donné ».

Étienne Carrier : Ouais, mais là c'est rendu 110 piasses de l'heure.

Hugo Lachance : Je continue l'article. Marc-André Arpin mentionnait que le pavillon Air Transat, pendant la projection du documentaire juste avant de monter sur scène aux Francos, ce bon vieux Alex avait l'air content. Il pouvait se dire que WD-40 n'était pas qu'une suite d'occasions manquées comme l'ont laissé entendre certains extraits venant du film. Hier la salle affichait complet et 200 personnes ont été refusées à l'entrée. Une tape dans le dos bien méritée pour les mercenaires du rock. Ah moi, par exemple, « mercenaires du rock », j'aime beaucoup ça, c'est pas pire ça ! C'était quoi l'histoire du documentaire ?

Alex Jones : Ben le documentaire, écoute, ça a été... c'est l'histoire des premières années de WD-40 qui avaient été documentées dans divers formats. C'était même pas numérique dans ce temps-là, c'était la pellicule puis c'était une compilation de tout ça. Il y a même eu un gros travail d'archivage qui a été clos par une supposément... ça se supposait être une tournée formidable qui a été une tournée de marde qui était filmée par Pierre-Alexandre Bouchard. La table était mise pour faire quelque chose de mémorable. Tout s'est passé comme prévu, c'est-à-dire tout croche. Ouais, non, on va se le dire là. Je ne vais taire aucun nom, je vais au contraire en taire bien des... non, mais ça avait été calissement mal booké, mais tout croche, par quelqu'un qui n'est pas bon.

Hugo Lachance : Là tu parles de la tournée ?

Alex Jones : Monsieur, ouais ! Puis on voit Michel Dufour, le drummer là. Michel, il ne s'endurait pas, il était en restructuration de carrière. Puis ça ne lui tentait pas, mais ça ne lui tentait pas depuis un bout. On aurait dit qu'il n'y avait rien qui lui tentait. Déjà qu'on avait, tu sais, on aurait pu voir ça d'une façon joyeuse, mais là tu avais Étienne en semi-dépression, tu avais moi qui essayais d'être de bonne humeur parce que, 2007, parce que moi j'étais content de faire ça quand même. Puis tu avais, ben oui, le booking qui était un peu étrange. Mais là, tu sais, c'était théoriquement censé être des concerts intéressants mais tout chiait. Écoute, on est arrivés à quelque part, la génératrice a pété. L'autre fois, c'est le poteau d'Hydro qui a explosé. Il n'y avait rien qui marchait, c'était un trou après l'autre. Il y avait eu un orage terrible. On n'a même pas pu monter à côté. Mais ça reste un beau document, vraiment cool.

Étienne Carrier : Je suis un peu tanné là, puis c'est tout à fait... on dit tout le temps « ouais mais ça fait du bon matériel », mais j'étais écoeuré que ça soit de la merde.

Hugo Lachance : D'ailleurs on ne s'est pas séparés après un peu là ? Je ne m'en rappelle pas.

Étienne Carrier : Je pense que oui, il y a eu un espèce de hiatus.

Hugo Lachance : Parce que moi je suis arrivé au drum un peu après ça. Tu sais, j'ai commencé à suber en 2007 à peu près. Mais tu sais, en même temps, faire du rock au Québec en français là, c'est ça pour tous les bands.

Étienne Carrier : Ouais, mais c'est ça que ça reflète aussi : l'espèce de misère noire, personne payé. Si tu penses là que les autres bands qui sont gros comme nous autres ou plus gros un peu là, c'est toute la même merde.

Hugo Lachance : Ouais ça c'est clair. Ben non, le podcast est une commandite de Addison! Pied de micro, des pieds de micro... en tout cas ton pied de micro, je ne sais pas ce que tu as fait avec.

Alex Jones : Pour revenir au document, ça s'est vendu pas mal quand même, hein ?

Étienne Carrier : Pas tant que tout ce que je sais c'est qu'il n'y avait plus de copies.

Hugo Lachance : C'est ça. Puis en même temps, juste pour nous faire chier, Guy Lafleur en a sorti un aussi, ce qui nous a complètement supplantés.

Alex Jones : Moi je pensais être le gars truqué de Charbonneau, pas du tout ! Guy Lafleur mur à mur, un obscur joueur de hockey.

Hugo Lachance : Pour continuer, Éric Parazelli dans Paroles & Musique, magazine la SOCAN, le mardi 12 décembre 2017, Alex je te cite : « La seule chose qui fait que je suis intéressant, c'est quand je fais de la musique, sinon je suis un total nobody. C'est ce qui donne un sens à ma vie et c'est ce qui rend mes filles fières de moi ».

Alex Jones : Ben c'est vrai, c'est vrai que c'est ça qui me rend le plus intéressant. Sinon je suis un simple directeur artistique. On le voit dans le podcast, je suis tellement prétentieux.

Étienne Carrier : Je te dirais, le gros, que c'est vrai. Mais en même temps tu es en nomination pour les Gémeaux.

Alex Jones : Gros, je n'ai pas gagné finalement.

Hugo Lachance : Ah non on n'en parle pas de ça ! Tu les as vus au bout là ? OK, des affaires de perdants nous autres on n'en veut plus. Non, c'est ça, c'est assez. En 2015, il y a une occasion qui se présente pour faire un vidéo clip puis on fait « D'aussi loin ». Comment ça s'est passé Alex ? Parce que c'est toi qui est arrivé avec ça. Est-ce qu'on a fait la toune avant ou on l'a faite pour le vidéo clip ?

Alex Jones : On avait fait la toune. On avait commencé ça parce que c'est sûr, bon, l'inspiration m'est revenue quand j'ai eu des problèmes personnels de coeur et puis soudainement l'inspiration m'est venue. J'ai écrit tout d'un jet dans l'urgence l'entièreté pratiquement de La nuit juste après le déluge. C'est vrai, et oui. Je travaillais dans ce... notre studio était dans un hôpital psychiatrique où j'ai passé 4 ans, l'hôpital Louis-H. Lafontaine. J'ai vraiment passé 4 ans dans un hôpital psychiatrique à faire un décor d'hôpital et j'avais réussi de peine et de misère à me négocier une fin de semaine de tournage dans les studios où est-ce qu'on était, en fait une section abandonnée de l'hôpital qui était très abandonnée. Le directeur-photo et toute l'équipe ont accepté de le faire pro bono en échange de nourriture. Donc il a seulement fallu que je fournisse le craft et que je paye l'assurance pour la caméra puis les lieux, puis pour quelques milliers de dollars en tout on a réussi à faire le clip. Ben en fait j'ai réalisé avec toi... Ben regarde, c'est François Dutil qui a fait la direction-photo puis la réalisation, en fait c'est comme moi puis Claude Grégoire. Claude Grégoire justement qui était un ami de Jean-Robert Bisaillon, un ami à moi aussi, qui travaillait à la post-production d'Attraction Image à l'époque. C'est lui qui a fait la post-production, la forêt aussi, oui. Un très bon gars, je le salue d'ailleurs. Puis un bon bonhomme, un bassiste aussi. Et puis c'est ça, donc ça s'est tout fait comme ça. C'est très beau, c'est très artistique, c'est inspiré de Love Will Tear Us Apart au niveau visuel de Joy Division.

Hugo Lachance : Oui c'est un très beau clip. Oui c'est drôle parce que je te demande ça mais on avait fait la toune avant ?

Alex Jones : La toune avait été faite avant. Même Sophie Lorain m'a donné 500 piasses. On avait un genre de single avec. On l'avait enregistré avant. On l'a fait toute morceau par morceau.

Hugo Lachance : Je m'en rappelle, « D'aussi loin » là, il y a eu le clip, le clip est sorti je pense en 2015. C'est Étienne qui a fait la mélodie au début d'ailleurs ?

Alex Jones : On a fait ça... parce que c'est la toune quand j'ai fait un sondage sur Facebook, c'est la toune qui ressort le plus.

Étienne Carrier : Parfait, tu vas me la reprendre !

Alex Jones : Mais écoute, fais pas chier ! Parce qu'elle est difficile à faire puis à cause qu'il faut que Étienne joue de la slide. Mais c'est vraiment une des plus belles chansons que j'ai écrites puis les plus introspectives d'ailleurs que j'ai faites de ma vie. C'est vraiment un beau texte, c'est une superbe mélodie, j'en suis très fier.

Hugo Lachance : Mais c'est vrai que tu as produit beaucoup parce que moi je me rappelais, je me rappelle à cette époque-là ça faisait longtemps qu'on n'avait rien fait. On avait fait un genre de passage, on commençait « La mer des tourments ». Tu sais il y avait une coupe de tounes qu'on gossait en pratiquant. Une belle chanson aussi ça !

Alex Jones : Ouais.

Hugo Lachance : Puis soudainement tu t'es mis à écrire, tu as écrit « D'aussi loin », on l'a enregistrée. Après ça les tounes popaient tout le temps. Tu m'envoyais tout le temps des tounes : « Hugo écoute ça, qu'est-ce que tu en penses ? Écoute ça, écoute ça ! ». C'est vraiment comme une peine d'amour qui t'a boosté à faire cet album-là.

Alex Jones : Vachement, ouais ! Ça a été rough, je me rappelle.

Hugo Lachance : En mars 2016, le groupe lance la campagne « 40 jours pour un nouvel album de WD-40 » via la plateforme Kickstarter. Méthode peu connue au Québec jadis pour un groupe de cette envergure. La récolte a atteint son objectif préliminaire de 4000 dollars en moins de 48 heures et amasse au total 10 000 dollars. Moi je pense qu'on devrait faire des Kickstarter !

Alex Jones : Ouais, mais le problème c'est que ça ne prend pas de temps. Ce sont les premiers 48 heures qui sont importants.

Hugo Lachance : Ouais, mais ça avait bien marché cette campagne-là. C'était vraiment cool. Ben nous autres, vu qu'on fait un album par 10 ans, un moment donné on devrait en faire un autre dans l'urgence. 48 heures c'est longtemps quand on gosse pour un aussi !

Alex Jones : Ben je suis correct. Dans l'urgence !

Hugo Lachance : Vendredi en studio. Alex je nous cite Benoît Poirier dans le Vice le 12 octobre 2017 : « Il a fallu traverser le groupe dans les années 2000. Alex Jones : "C'est pour ça que pour le nouvel album on n'a même pas essayé de distribuer nulle part. On s'arrange avec les plateformes numériques et la vente de CD dans les shows. Pour moi c'est comme un détour au DIY des débuts du groupe. On fait tout par nous-mêmes mais via le numérique pour financer l'enregistrement. On a fait un Kickstarter puis ça a bien marché" ». C'était vraiment un album qu'on a fait juste avec le monde. L'album, on l'a fait comme ça. Ça a pris quoi ? Ça a pris 2 ans enregistrer ?

Alex Jones : Presque, parce que les tounes arrivaient une après l'autre. On avait de courtes sessions d'enregistrement. On n'avait pas de réalisateur. On avait fait ça chez Mingo, chez Sophonique. La grosse partie chez Sophonique. On a fait deux tounes chez Mingo.

Hugo Lachance : On a fait « Quand la nuit » puis « Besoin de personne ». Guy Brouillard dans La Presse le 12 juin 2018 mentionnait qu'on aime cet alliage de rock et de... encore aujourd'hui, WD a des textes francophones d'un niveau supérieur à la moyenne québécoise. Je me souviens de t'avoir demandé Alex de quoi tu allais parler dans tes textes pour le prochain album.

Alex Jones : De quoi parle cet album ? C'est ma question de base.

Hugo Lachance : Il dit que tes textes sont supérieurs à la moyenne québécoise.

Alex Jones : Supérieurs ? Je ne comprends pas ce qu'il dit !

Hugo Lachance : Parce que je te demandais de quoi il allait parler le nouvel album.

Alex Jones : Je parlais d'amour. Je ne sais parler d'autre chose que de moi. Ça c'est vrai, c'est bien vrai.

Hugo Lachance : Étienne, dans d'autres épisodes du podcast, tu disais tout le temps que tu n'étais pas impliqué au niveau musical, que tu n'avais pas joué là-dessus, surtout sur Saint-Panache. Mais tu as joué sur cet album ?

Étienne Carrier : Un peu sur Le Déluge. Ouais, bah oui d'ailleurs. J'ai fait beaucoup de musique, oui.

Alex Jones : Ouais mais ça trippait parce que comme je disais tantôt il n'y avait pas de réalisation. On a vraiment fait ça nous trois avec Pat et c'est toi qui as tout fait les guitares là-dessus cette fois-là. Un peu plus mon univers je te dirais. Cet album c'est très personnel pour le gros dans les textes mais la musique c'est beaucoup Étienne.

Hugo Lachance : Mais la face c'est comme... vous avez composé les deux des tounes mais Étienne tu as fait entièrement les guitares comme tu le voulais. Patville a fait 2 tounes.

Étienne Carrier : La fusion entre les deux ça marche super bien quand même. Pat il est bon aussi. Puis Alex il m'avait laissé quand même carte brune.

Hugo Lachance : Carte brune ? Je ne sais pas, j'avais carte brune... non mais on a changé des affaires. Il y avait une toune que j'ai changée, « Quand la nuit », je pense que j'ai changé la musique rapidement.

Alex Jones : Yann Perreau était supposé réaliser l'album ?

Hugo Lachance : Ben Alex... écoute, je suis allé chez eux, on a parlé pendant un avant-midi, on a pris trois bières, quatre shots de rhum. Ouais, c'est intéressant ton projet mais je dois aller chercher les enfants à la garderie.

Alex Jones : C'est lui qui voulait aller chercher les enfants ou toi ?

Hugo Lachance : Lui ! Je ne me rappelle pas s'il allait chercher des affaires à la garderie mais il allait chercher quelque chose. Mais ça avait été bien drôle. Je l'aime bien le gros. Je reviens aux Francos en 2018. Cet album-là, on a joué dernière fois... on a joué deux fois en 2018.

Alex Jones : Après Orange Albert ?

Hugo Lachance : Ouais. Puis la première fois c'était après... il faisait juste conter des histoires tellement longues ! C'est vrai. Mais c'est quand tu as dit : « Nous on fait la musique pour les bonnes raisons : l'alcool et les femmes, la gloire, les gros cachets ». D'ailleurs la dernière fois qu'on a joué aux Francos, c'est une de mes plus belles photos.

Alex Jones : Ouais mais c'est parce que tu avais une peine d'amour, tu avais perdu du poids.

Hugo Lachance : J'étais amoureux ! La photo c'est la prochaine tournée qu'on fait là, c'est la tournée en beden. Ariane C., magazine 100% culturel, le 11 juin 2018 mentionnait qu'ils n'avaient pas l'air de se prendre au sérieux plus qu'il le faut. Ils avaient tout de même l'air remarquables avec leur look old school, leur barbe poivre et sel et leur look très rock and roll. Le guitariste Étienne Lebrun-Carrier, un peu plus discret sur scène que son frère Alex, avait fière allure, comme s'il avait été plus timide avec ses lunettes de soleil derrière son micro vintage. Alex Jones a quand même mis du sien en jouant de façon déchaînée, en rigolant avec son frère en lui disant : « Ah ouais, chante crisse ! ». C'est un très cool show. Mais moi je tiens à préciser qu'on n'est pas allés à l'école longtemps. Je ne sais pas c'est quoi vieille école qu'on est allés.

Alex Jones : Ouais mais c'est une vieille école ouais, c'est ça on est old school.

Hugo Lachance : On est à la présentation de l'album. Titre : La nuit juste après le déluge. Année : 2017. Label : Productions Papa Richard. Réalisation : WD-40. Il n'y a pas de réalisateur unique. Enregistrement, mixage : Studio Mingo avec Maxime Philippe, et chez Sophonique. Musiciens : Alex Jones (basse, voix), Étienne Carrier (guitare), Pat Mainville (guitare, slide), et moi au drum. Mastering : Jean-Philippe Villemure. La pochette, il y a un paquet de photos. Graphisme, illustration : c'est moi qui ai fait le dessin de la clôture. À l'intérieur il y a le nom de tous les contributeurs. Rebecca Makonnen à Olivier Robillard Laveaux à la radio, novembre 2017 disait : « L'album qui t'a réconcilié avec le rock québécois ».

Alex Jones : C'est Robillard Laveaux dans le fond qui dit ça, oui, parce que Rebecca n'a jamais aimé ce qu'on faisait.

Hugo Lachance : Elle dit qu'elle aime beaucoup Nickelback, c'est pour ça qu'il ne faut pas prendre ça en compte ! Éric Parazelli, le 12 décembre 2017 : « Les trois quarts des tounes de l'album ont été écrites pendant l'année de ma séparation. On est revenus ensemble elle et moi depuis, mais c'est vraiment l'album où je me suis le plus mis à nu. C'est l'histoire de ce que j'ai vécu ».

Alex Jones : C'est l'histoire de ma vie, c'est toujours ce que j'ai fait. C'est juste qu'aujourd'hui c'est plus lourd de conséquence.

Hugo Lachance : Benoît Poirier dans le Voir le 19 septembre 2017 : « Alex Jones poursuit ici quelque chose d'éternel avec urgence et témérité... et crache ses premiers "je t'aime" dans des pièces déterminées aux quelques teintes pastichées de western et d'horreur. C'est vibrant, presque grand, et ça ne devrait pas être ignoré ». J'ai posé la question sur notre page Facebook : quelle est votre chanson préférée de la nuit après le déluge ? Pascal Forget : « Un album mature, bien écrit et bien réalisé ». Dominique Martin : « L'album le plus réussi et le plus prenant de WD-40 en termes de texte et de réalisation. Le band a acquis sa maturité avec celui-ci. Vous laissez de côté les petites culottes et le volet parodique pour passer le mot sur votre mal-être ».

Alex Jones : C'est ce que j'ai beaucoup constaté quand on a joué à Ville de La Baie dernièrement. Ceux qui nous aiment vraiment, les fans qui viennent nous voir, ce sont toutes des écorchés vifs, tout du monde qui a souffert. Ce sont toutes mes paroles les plus introspectives qui les touchent. C'est la vérité.

Étienne Carrier : Ça aurait été un peu niais de faire une toune comme « Les petites culottes » rendu où est-ce qu'on est dans la vie.

Hugo Lachance : Martin Renaud : « Probablement le meilleur album ». Sylvain Dumas : « Après Saint-Panache, l'album que j'apprécie le plus ». « D'aussi loin » est vraiment de loin la plus populaire. Une autre qui revient souvent c'est « Winnie-Bagot ».

Alex Jones : C'est un bon riff de guitare que j'ai fait quand même là !

Hugo Lachance : Ça raconte nos dimanches après-midi avec Papa Richard quand on était petits puis qu'on allait visiter le parc industriel. On revenait avec des patates frites pour manger ça avec du steak haché. On tombe au segment « Une toune après l'autre ». On commence par la première toune : « Le Déluge ». C'est quoi l'histoire ? Tu disais que tu étais pogné à Sainte-Rose-du-Nord ?

Alex Jones : Exactement. Je suis descendu au Saguenay spécialement pour fêter le Déluge, on ne savait pas. J'ai trouvé qu'il mouillait beaucoup et puis on avait filé directement à Sainte-Rose-du-Nord dans un chalet. J'étais avec ma compagne de l'époque, parce qu'on parle de 1996 là. On s'est rendu jusqu'au chalet de mes beaux-parents de l'époque à Sainte-Rose-du-Nord et on est restés pris là parce que la route s'est effondrée entre Chicoutimi et Sainte-Rose-du-Nord au niveau de Saint-Fulgence. On était pris là, il n'y avait plus de trafic. Je me rappelle que le lendemain c'était le calme après la tempête. Je faisais du vélo sur la route, il n'y avait aucune voiture, je roulais dans le plein milieu avec les arbres de chaque bord avec les étoiles sur le dessus. C'était le 21 juillet 1996, une espèce de moment d'épiphanie. C'était le vide total, le silence total. On était pris là quasiment une semaine. C'était un genre de climat post-apocalyptique. Moi j'ai toujours aimé ces climats-là.

Étienne Carrier : C'est un peu un genre de flashback que j'ai eu quand j'ai écrit cette chanson-là. C'est toi qui l'as composée ?

Alex Jones : Ben oui ! Musicalement, j'ai fait le riff au complet de basse, toi tu as fait les arrangements avec moi.

Hugo Lachance : J'ai regardé dans les tounes hier, toutes les démos qu'on a faites, puis Alex tu as fait la toune et Étienne tu joues un riff mais ce n'est pas celui de l'album. Étienne est arrivé avec ça après.

Alex Jones : Sa basse aussi d'ailleurs est assez hallucinante là-dessus.

Hugo Lachance : Moi je me souviens, c'était pas longtemps après ma fête, le 21 juillet. Moi j'étais sorti ce soir-là à Saint-Do à Jonquière puis j'ai rencontré une fille. On est partis en taxi chez eux, elle restait dans un rang à Jonquière, puis là il s'est passé ce qui s'est passé puis le matin on s'est fait réveiller par le déluge.

Hugo Lachance : Chapitre 14 : La mer des tourments. [Musique]. Ça reste les vestiges du temps qui passe, chaque jour comme des cochonneries qui flottent au secours de la continuité. « La mer des tourments », c'est comme une course on dirait.

Alex Jones : Écoute ça, c'est un riff qu'Étienne caressait de la main gauche depuis des mois.

Étienne Carrier : Je pense que je la caressais des deux mains.

Alex Jones : On n'avait pas de texte à mettre dessus, puis ça a fini par aboutir. Je suis comme arrivé avec ça, puis c'est vraiment bizarre parce que j'ai été carrément inspiré par le continent de plastique qui m'avait vraiment fasciné. Cette espèce de continent de plastique fondu, c'est vraiment ça qui m'avait inspiré. C'est apparu comme ça tout d'un coup à moi,.

Hugo Lachance : C'est une super bonne toune. Le texte est vraiment intéressant, puis toi, Étienne, tu amènes comme un nouveau style aussi avec un riff un peu rockabilly dans WD-40.

Étienne Carrier : J'avais fait « Bronco Billy » quand même avant, mais là, j'avoue que celui-là était vraiment bon. Je ne sais pas si c'est mon meilleur riff, mais je me souviens de toutes les fois qu'on a déjà pratiqué dessus pendant des années,.

Alex Jones : J'aime beaucoup le parallèle des piliers de bar à la sortie des tavernes qui dérivent ; c'est comme des verres de plastique vides qui se ramassent justement dans le continent de plastique. C'est un peu ça mon image.

Hugo Lachance : C'est une belle image, je ne m'attendais pas à ce qu'on parle d'environnement dans WD-40.

Alex Jones : En fait, je ne parle pas d'environnement noir, mais c'est ça. J'ai bien aimé le vidéoclip aussi qu'on avait fait au Quai des Brumes. C'était le fun parce qu'on était au bar, on a fait le clip au Quai des Brumes. Le concept, c'est qu'on était assis au bar puis on jouait en même temps en arrière. Il fallait qu'on bouge vite.

Hugo Lachance : Il y avait un écran vert devant la scène. C'est toi qui étais déguisé, puis Maman Loup était déguisée en sirène. Elle était en criss après la journée de tournage parce qu'on ne l'avait pas assez vue,.

Alex Jones : J'ai dit : « C'est beau, j'ai compris ». J'ai fait un reshoot. C'est la première fois de ma vie que je faisais un reshoot sur un vidéoclip. J'ai dit qu'on allait la remettre en sirène puis qu'on allait refaire la scène de la fin. On a retourné la scène de la fin où je partais avec la sirène, puis ça a valu la peine. Ça s'est bien passé,.

Hugo Lachance : Chapitre 15 : La forêt. [Musique]. « Dans une vieille grise grange au fond de la vallée pleure une jeune fille blonde et cassée, et si lourd est son cœur et si sourds sont ses pleurs dans une vieille grise grange loin de chez nous ». La forêt, c'est vraiment une belle chanson, c'est un très beau texte.

Alex Jones : Pour moi, c'était comme une genre de comptine que je voulais faire. Je voulais vraiment qu'elle soit au maximum rockabilly, puis je pense qu'on a vraiment réussi.

Étienne Carrier : Je me souviens que lors de l'enregistrement de tout ça, j'étais vraiment content. J'aurais dû acheter le style d'ampli que j'avais, c'était un Tiny Terror. S'il y en a qui en ont à vendre des Orange, tabarnak, vraiment ! Même pour la guitare, ce sont des amplis durs à battre,.

Alex Jones : C'est une très belle chanson, la mélodie de guitare était excellente aussi. Le vidéoclip a été une création incroyable, c'était le fun, c'est un chef-d'œuvre. C'était mon idée, c'est mon vidéo.

Hugo Lachance : On avait tourné ça en vidéo, puis on a fait l'animation par-dessus. On était chez Véro Lambert à la Salle des Tortues. On la salue, Véro ! Il y avait ta blonde, les gars... Ça a bien marché ce vidéoclip-là, on a gagné en 2018 le vidéoclip de l'année au Gamiq.

Alex Jones : Je ne savais pas ! Moi j'adore, on a gagné deux fois au Festival du court-métrage de Chicoutimi aussi.

Hugo Lachance : Non, ça c'était avec Monsieur Monot quand j'ai fait le vidéoclip pour Monsieur Monot.

Alex Jones : Il y avait un oiseau... mais il avait été présenté aussi, le court-métrage.

Hugo Lachance : Chapitre 16 : L'anecdote de "La disparition des lucioles". C'est avec cette toune-là qu'on a eu notre deuxième expérience au grand écran dans La disparition des Lucioles de Sébastien Pilote.

Étienne Carrier : C'est vrai, j'avais oublié ça ! Sébastien Pilote, on a joué dans le film.

Hugo Lachance : On voit juste ma barbe trois secondes. 

Alex Jones : Attends un peu, on avait fait « La mer des tourments » quand on est allés jouer au Sous-Bois pour le film de Sébastien Pilote. Mais c'est là que tu avais fait une crise tout le long,.

Étienne Carrier : Pourquoi j'aurais fait une crise ?

Alex Jones : Parce que tu n'avais pas pu te laver la poche !

Étienne Carrier : Mais non, ce n'est même pas cette fois-là !

Alex Jones : Si, c'est cette fois-là ! Puis là, tu ne comprenais pas pourquoi on faisait des nouvelles tounes parce que là, tu disais : « Moi je ne comprends pas, il faut qu'on pratique parce qu'il faut que j'aille me coucher. Il faut que j'aille me coucher parce qu'il faut que je me lave l'arrêt ! Ils vont couper l'eau, il faut que je me lave l'arrêt ! »,.

Étienne Carrier : Ce n'est pas cette fois-là ! Non, il fallait que je me lave le matin. Ça ne me dérange pas d'ouvrir une parenthèse par rapport à mon hygiène corporelle : c'est parce que moi, je ne peux pas chier le matin et ne pas me laver après parce que j'ai un trouble obsessionnel-compulsif sur plusieurs choses. Ça ne me dérange pas d'en parler, gros, mais c'est vrai que je ne peux pas me laver le soir, faire une crotte le matin et partir la raie sale. Je ne peux pas faire ça !,.

Hugo Lachance : C'est correct, ça ne me dérange pas d'en parler non plus. Ce qui avait été très drôle, c'est qu'on a été coupés pareil. Tu t'es levé le matin, tout le monde a pris sa douche, puis toi tu niaisais avec la guitare.

Étienne Carrier : Encore une fois, j'ouvre une parenthèse : je ne niaisais pas, je me laissais faisander. Je suis arrivé, tabarnak, et après je suis allé faire une crotte après l'eau,.

Hugo Lachance : On remercie Sébastien Pilote quand même, c'est mon ami Sébastien Pilote. 

Chapitre 17 : Quand dans la nuit. [Musique]. « Dans la nuit, souvent je parle de nous, toujours je parle de toi dans d'autres bras. Souvent je rêve de nous, souvent je rêve de toi que j'aurais dû voir venir ». Et quand dans la nuit... tu t'en souviens-tu de la première version ?,.

Alex Jones : Je me rappelle qu'elle ne ressemblait pas à ça, c'était métal un peu, genre Queens of the Stone Age.

Hugo Lachance : À un moment donné, on s'est ramassés chez Mingo. Mingo ! On l'a enregistrée puis je pense qu'on l'a essayée deux fois. Il y avait un drum là-bas, moi j'ai monté le drum, toi tu avais ta guit. On n'était pas supposés faire ça, puis on a fait une version totalement différente de ce qu'on entend là. C'est peut-être la deuxième take, on ne l'avait jamais jouée,.

Alex Jones : C'est quand même extraordinaire. Je pense à mon riff puis je ne m'en rappelle pas pantoute !.

Hugo Lachance : J'ai écouté les deux versions et elle est vraiment meilleure. C'est moi qui avais tout réarrangé ça parce qu'on l'a fait sur le fly directement dans le studio.

Hugo Lachance : Chapitre 18 : Mingo. Mingo, ça faisait très longtemps que je le connaissais, mais il m'haïssait parce que j'avais volé sa blonde. Finalement, il l'a ramenée, ce n'était pas une grosse perte.

Alex Jones : On s'était vraiment rencontrés dans des circonstances étranges. Après ça, il était George Gingras, c'était comme une espèce de star obscure de l'underground. Il faisait des tournées mondiales. C'était comme un gourou, il ne touchait pas à terre. Je me rappelle, j'étais arrivé dans un party, il flottait sur un trône. Je me rappelle lui avoir baisé la main,.

Hugo Lachance : C'était comme le pape de l'underground. C'est quelqu'un de très mystique et très surréaliste, il vient d'une autre dimension. C'est un bel humain, c'est un bon gars,.

Alex Jones : On s'est ramassés dans un chalet pour un tournage de Les Mauvaises Mines dans le bois. Il faisait frette, il devait faire moins 40. Sérieusement, il faisait vraiment frette. On faisait des fausses plantations de pot, on avait du plaisir, c'est incroyable. Puis on jammait le soir avec la directrice artistique. On a connu une épiphanie,.

Hugo Lachance : Ça fait deux fois que tu emploies ce mot, je l'aime bien moi.

Alex Jones : C'est quoi le mot qui m'énerve ? Moi c'est « podcast ». Moi c'est « addenda ». Épiphanie, addenda... même moi j'ai un moment de grâce. Je me rappelle avoir pris de la mélatonine avec du fort et des avocats. Pourquoi des avocats ? Ça donne comme un spark,.

Alex Jones : On avait plein de nouvelles tounes, on avait vraiment connecté, puis ça m'a ouvert une porte vers une autre dimension quand j'ai parlé avec Mingo. Mingo, c'est quelqu'un qui parle lentement, qui parle peu, mais qui veut dire beaucoup de choses. Il pourrait être gourou,.

Hugo Lachance : Prochaine toune : « L'enfer est intime ». 

Chapitre 19 : L'enfer est intime. [Musique]. C'est une belle chanson. Je pense que ça a été la toune préférée des médias parce que dans différents articles, ils font souvent référence aux paroles de cette toune,.

Alex Jones : C'est vrai, on ne l'a pas faite en show. Cette chanson-là, « L'enfer est intime », c'est gloup. Mais le texte, le texte de moi, ça m'inspirait parce que les premières versions qu'on faisait étaient plus country. C'est Charlie Parker qui m'a inspiré cette chanson-là,.

Étienne Carrier : Ça fait vraiment Charlie Parker ! Mais c'était plus William Burroughs.

Alex Jones : J'ai rencontré un gars à la pharmacie qui s'appelait Stéphane Turgeon. Plus ça va en vieillissant, plus je me rends compte à quel point le concept de bien et de mal peut être absurde, et encore plus le concept d'enfer et de paradis. Finalement, l'enfer, c'est vraiment personnel ; si tu veux le vivre ou le subir, tu as tout à fait raison,.

Alex Jones : C'est très personnel. J'ai écouté dernièrement Russell Crowe dans L'Exorciste du Vatican, il est rendu gros. C'est ridicule : comment veux-tu que des forces du mal soient au courant de toute notre littérature biblique complètement absurde qui a été écrite sur 2000 ans ? Tout d'un coup, le démon va vraiment s'appeler Ézéchiel puis Belzébuth ? Mais il s'en câlisse ! C'est tellement absurde, un ange déchu... C'est vrai que l'enfer, mais aussi le paradis, est intime,,.

Hugo Lachance : C'est un très bon texte. Des fois tu écris des niaiseries, c'est comme la température ressentie. 

Chapitre 20 : De passage. [Musique]. « De passage », c'est la première de l'album complet. « Je ne suis que de passage parmi vous, rien entre deux paysages »,,.

Alex Jones : C'est la première toune qu'on a composée ensemble, la première que j'ai composée avec vous chez Mingo. C'est très existentialiste.

Sauf qu'il ne sait pas c'est qui Albert Camus, mais ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est de le ressentir. C'est comme la température ressentie, c'est une question de perception. J'aimerais dire que tu n'as pas mentionné que je jouais de l'harmonica sur l'album, c'est quand même mon deuxième instrument.

Alex Jones : Effectivement, d'ailleurs tu joues extrêmement mal ! Mais tu le fais avec conviction, avec émotion rock. Combien ça coûte un harmonica ? Il faut que tu le passes à l'eau chaude pour enlever les petites peaux.

Hugo Lachance : Chapitre 21 : Besoin de personne. [Musique]. « Je ne suis là pour personne, je ne réponds jamais quand ça sonne, je rappellerai si ça m'adonne ». Très belle chanson. Le texte est bon, les textes sont tellement bons, je devrais écrire plus souvent,.

Alex Jones : C'est Mingo qui fait l'orgue. C'est Bertrand Boivin qui me l'a inspiré parce que lui, il faisait ça des fois quand il ne filait pas : il s'enfermait chez eux puis le monde cognait, mais il ne répondait pas. On l'a enregistré chez Mingo en même temps que « Quand dans la nuit ». C'est un beau texte, mais surtout un beau changement d'accord avec un Ré 7e hallucinant,,.

Hugo Lachance : Le clip a été fait chez Mingo aussi parce qu'il y avait le gros masque bleu. J'ai une grosse collection de masques. Il pue, par exemple, il faudrait que je les lave à l'eau chaude. J'ai perdu le masque de vache que j'avais poigné dans un dollar, il s'est complètement désagrégé dans le clip. Ce n'était pas une belle qualité de latex,.

Hugo Lachance : Chapitre 22 : Ton corps qui brûle. [Musique]. C'est tellement beau, on a de la misère à la refaire. C'est moi qui ai composé ça, tout moi !,

Alex Jones : C'est toi qui fais la mélodie de guitare. C'est une chanson qui parle des migrants. Quand on faisait l'album, tu avais dit que ça racontait les immigrés afghans. Des fois j'ai des images dans ma tête, je fais une synthèse, une épiphanie,.

Alex Jones : J'ai vu des migrants qui étaient pris aux frontières de l'Autriche et de la Hongrie. Ça m'avait touché parce que c'était une frontière que moi-même j'ai traversée à pied. En fait, j'étais plus un touriste, je me faisais arrêter par des garde-frontières avec des mitraillettes. Je me suis rendu compte que la même frontière était maintenant clôturée avec des barbelés de 20 pieds de haut pour empêcher les migrants de traverser,,.

Hugo Lachance : J'aime ce nouveau son-là dans WD-40, un peu New Wave. J'ai bien aimé jouer ça, c'est très bon. 

Chapitre 23 : Winnebago. [Musique]. « Tant que le vent souffle les feuilles mortes, le sens de l'existence, le sens de la conscience, le sens de l'éternel au parc industriel ». Cette chanson-là m'a été inspirée par Quentin Tarantino dans son film From Dusk Till Dawn,,.

Alex Jones : Le parallèle entre le père qui aime son fils adopté et Papa Richard qui nous aimait comme ça en voiture et nous emmenait voir le parc industriel. C'était pour moi une représentation d'un monde post-apocalyptique de zombies. C'est quel parc industriel ? Chicoutimi, Rivière-du-Loup... surtout Chicoutimi. Je me rappelle de mon premier pagette, c'était le bout de la marde d'avoir un pagette au début des années 80,,.

Hugo Lachance : Chapitre 24 : D'aussi loin. [Musique]. Encore une toune qui aurait dû être un hit ! On va la sortir en vinyle. « Juste avant que le printemps ne vienne, que de plus loin tu me reviennes, d'aussi loin ». C'est vraiment la toune que les gens aiment le plus. C'était tellement d'émotion pour moi quand je l'ai écrite,.

Alex Jones : Ce qui m'a marqué le plus, c'est d'avoir amené Frank La Liberté, un poète maudit. J'aimais beaucoup ses posts Facebook avec des histoires incroyables, ça me détendait le dimanche matin quand j'étais aux toilettes. Il m'avait écrit pour me dire qu'il aimait vraiment cette chanson et qu'il aurait aimé l'écrire. Il est mort la semaine d'après d'une overdose. Ça m'a marqué, je l'avais touché. C'était un inadapté social, quelqu'un qui avait de la misère à s'adapter, puis il est mort. Ça m'avait touché,,.

Hugo Lachance : Je me demande pourquoi ce n'est pas devenu un hit ! Mais si tu ne payes pas une compagnie pour faire tourner ta toune, il ne va rien arriver. Il faut juste mourir, mais même si tu meurs, si tu n'as pas payé avant, ça ne tournera pas.

Hugo Lachance : On a passé à travers tous les albums et toutes les tounes. Il ne reste plus qu'à mourir ! Est-ce qu'on fait un autre album après ? 

Hugo Lachance : Chapitre 25 : Conclusion. Merci beaucoup pour ces heures de podcast, c'est vraiment cool. Merci tout le monde, on se retrouve pour le prochain épisode au Cheval Blanc. Bye tout le monde !