Transcription : de l’épisode avec Véronique Gagné (Atchoum!) : Comme du bonbon

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 11 juillet 2023 et bienvenue à l'Album Podcast. Hey, bonjour tout le monde ! Bienvenue à cet épisode particulier de l'Album Podcast. Avant de vous présenter convenablement mon invité, je remercie tous ceux qui me donnent des commentaires sur les réseaux sociaux. Entre autres, vous ne savez pas à quel point ça fait plaisir, puis à quel point c'est motivant de pouvoir communiquer avec vous. Donc, je vous encourage à vous abonner à mes chaînes sur les réseaux sociaux, soit Facebook, Instagram, Threads maintenant — oh, là-dessus, aujourd'hui on va se donner un défi tout le monde : on s'en va sur YouTube puis on s'abonne, on vous attend !

Hugo Lachance : Chapitre 3 : SEGMENT : PRÉSENTATION DE L'ARTISTE. Alors aujourd'hui, je reçois comme j'avais annoncé, je reçois une « recueilleuse » particulière, cette vraie Rockstar par exemple, qui a besoin de particulier : le rock jeunesse. Je vous présente tout le monde : Véronique Gagné.

Véronique Gagné : Pour ne pas péter des bulles chez les enfants, mais oui, je suis l'alter ego là. C'est moi qui campe le personnage qui était la mère d'Atchoum! au début. Je disais que j'étais la maman, c'est pour moi la comédienne qui joue la mère dans mes films. Donc j'ai une vraie maman, la chauve-souris dans ma maison aujourd'hui dans le grand Repentigny. Mais ça donne une preuve de versatilité de ton podcast, tout ça, c'est chouette. C'est vrai, parce que moi je l'écoute puis je me disais : tu es au tax, on a eu des poilus, on a eu du country un peu, puis là tu t'en vas dans le rock jeunesse, fait que je suis très fière de toi.

Hugo Lachance : Mais je crois même pas qu'on en parle, parce que la diversité dans le podcast, c'est fait pour ça. Moi, je suis focus plus sur le travail de l'artiste : qu'est-ce qui mène un artiste à faire des albums, à faire de la musique, etc. Souvent dans le jeunesse, on oublie, tu sais, je le fais comme un adulte ce métier-là.

Véronique Gagné : Je le fais avec une réflexion d'adulte, une réflexion d'entrepreneur puis une réflexion d'artiste. Fait que oui, je fais le jeunesse, mais je ne suis pas « bébé ». Là, on va parler d'ailleurs, avant de tomber dans le vif du sujet, peut-être une question pour toi... je me suis préparé. Mais oui, écrit comme ça devant toi, parce qu'on se connaît déjà nous deux aussi.

Hugo Lachance : Chapitre 4 : On se connaît déjà ! Tu étais à la maîtrise en arts pendant que moi j'étais au bac à l'université, oui. Puis tu faisais partie d'un groupe d'artistes qui s'appelait De la Bella. Je me rappelle d'avoir été te voir au Musée régional de Rimouski dans les premiers temps. Tu travaillais dans un bar où moi je faisais de l'impro, ouais, au Patate !

Véronique Gagné : Oui, parce que oui, il avait la grande couette. Je me rappelle que tu avais un petit cheveu fin. J'ai fait une première partie, mais pas avec Atchoum! là. Je vais jouer avec demain... j'arrête avant les « hurler » au bar Le Potin à l'époque. Et tu vois, on est tombé sur qui jouait hier à l'hôpital de Verdun avec les Foo Fighters. De ton... mais là ça, à l'époque, à l'époque les gilets étaient pas faits longs de trop. Je l'assumais et puis là c'étaient des retrouvailles aujourd'hui.

Hugo Lachance : Première question pour toi, Véronique Gagné, c'est une fille de... il y a bien des gens qui pensent que je suis Saguenéenne parce que c'est là que j'ai commencé plus à faire mes choses.

Véronique Gagné : Mais non, je suis Gaspésienne. Je suis née à Sainte-Félicité, un petit village entre Matane et Bâton Rouge... entre Sainte-Anne-des-Monts et Matane. Le village d'Isabelle Boulay, en fait. Donc j'étais dans la chorale avec elle, mais aucune conscience que j'existe. Puis c'est ça, je suis née là, j'ai déménagé à Rimouski quand j'avais 13 ans puis à 21 ans, je suis partie au Saguenay où je suis restée 15 ans. Donc j'ai plus d'années « saguenéennes » que gaspésiennes, mais je suis une Gaspésienne.

Hugo Lachance : Affiche pour toi, c'était ton projet, parce qu'on voit toutes les veines pétées. Tu l'avais fait comme... tu m'avais demandé la permission de la faire imprimer en taille plus que réelle pour une expo, oui.

Véronique Gagné : Mais c'est vraiment un bel honneur. Je me rappelle d'avoir vu un de tes travaux puis d'avoir fait : « Hé, je veux que cette toile-là soit une inspiration de mon affiche ! » J'ai vraiment trippé sur Michel Fugain et le Big Bazar. C'est bizarre, si je pense que le côté théâtre de la chose c'était déjà là. J'ai trippé beaucoup sur les vinyles, mes parents avaient ça. J'ai découvert Harmonium d'Harmonie, toutes mes amies n'aimaient pas ça. Je me rappelle d'expliquer musicalement en gestes à mes chums gaspésiens, puis ça les dérangeait... mais encore aujourd'hui, quand j'entends cet album-là, Michel Fugain le Big Bazar, c'est la fête.

Véronique Gagné : Je ne l'ai jamais vu en vrai, j'ai juste eu les images du vinyle : il y avait les gentils, les méchants. Traitement social très mercantile, avec un certain recul aujourd'hui je le comprends mieux, mais à l'époque je faisais juste... musicalement c'était bien. Pour l'album d'adolescence, j'ai vraiment eu une passe « dance », à mon grand désarroi. J'aimais ça en fait. En Gaspésie, il n'y a pas tant d'activités, fait que je me suis mise à danser. Puis moi je suis jumelle, effectivement, je pouvais faire des danses avec ma sœur jumelle puis on se posait des chorégraphies, fait que ça a été beaucoup ça. Mais je sais que mon album d'adolescence est autour de moi de Marie-Chantal Toupin, vraiment, j'ai vraiment écouté.

Véronique Gagné : Plus populaire mais avec... ah, c'est mieux Mélanie Renaud je trouve, trop gentil. Je trouve que les sujets sont trop... en fait les sujets autour de moi sont plus amoureux, puis je pense que dans les sujets de Milia, elle a voulu que les auteurs soient plus larges. C'est mieux les Venise, c'est le mal et le bien... donne-toi ! Et toutes ces chansons-là. Non, je vais aller la voir je pense même dans le coin d'ici puis ça va être à toi de me ramener. Et je l'ai vue quand je suis arrivée au show, j'étais un peu en retard, je me suis assise avec tellement de fautes qu'elle me dit : « Oh, t'es qui toi ? » J'ai vraiment eu une grosse passe Carmen Campagne.

Hugo Lachance : Ton premier instrument ?

Véronique Gagné : Mon premier, premier, c'est le piano. Le piano, jamais passé. Je ne pouvais pas chanter en même temps, j'avais de la misère à pouvoir le faire. Le temps de résonance de l'alcool de la cage, je trouvais ça vraiment plus facile, j'ai vraiment plus compris le langage de la guitare que le langage du piano. Essentiellement, il faut que tu connaisses tes notes si on commence toujours par ça quand on commence un instrument. Sans blague, la lecture musicale n'est jamais rentrée. J'ai commencé jeune, jamais j'écoutais ma prof, je jouais, je répétais ce qu'elle venait de me faire, j'ai jamais appris le tour.

Véronique Gagné : La guitare, je l'ai eue à 13 ans. Mes parents pensaient que ça allait être une passe, fait qu'ils m'ont acheté une guitare genre à 40 piasses sur les petites annonces classées, vraiment. Puis je l'ai rachetée... je l'avais vendue à quelqu'un qui l'a revendue, puis j'ai fini par faire le chemin fait que je l'ai rachetée 80 piasses. Ils ont fait de l'argent ! C'est que la personne qui l'a vendue avait été dans une cabane à sucre pas trop longtemps avant puis il y avait comme des partitions pour que tous les gens de la salle aient les accords des tounes. Fait que j'ai vraiment commencé comme ça. On ne m'a pas donné seulement une guitare. Ma première toune, c'est « La légende d'Oochigeas » de Roch Voisine.

Hugo Lachance : J'explique comment je fonctionne pour poser mes questions : je fais de la recherche. Je trouve des articles de journaux, j'isole certaines parties puis là je transforme ça en questions. C'est un peu ma façon d'aborder le sujet.

Véronique Gagné : OK c'est cool parce que dans le jeunesse, on ne se sent pas dans le monde des grands comme ce que tu fais là. Tu me fais vraiment comme... je me la joue adulte !

Hugo Lachance : Chapitre 5 : La naissance d'Atchoum! ! 25 septembre 2013, Justine Monfette pour Québec Spot Média. « Ayant commencé la musique très tôt au sein d'une chorale, la dynamique Véronique Gagné s'illustre sur plusieurs domaines. Autodidacte de nature, elle forma à l'âge de 16 ans un groupe hommage aux Beatles et travaillant également comme clown dès 1998, Véronique a su combiner les deux en créant le projet Atchoum! ». Je te cite : « J'ai combiné tout ce que je savais et ce que j'aimais faire, donc maintenant je fais de la musique rock pour enfants et je fais rire parce que je viens du monde de l'improvisation. Pour moi, c'est un réflexe de mêler l'humour à tout ça ». Parlons de la naissance d'Atchoum!.

Véronique Gagné : Ben écoute, Justine m'a bien citée. En fait, c'est vraiment ça la naissance d'Atchoum!. C'est né en impro, c'est un personnage dans lequel j'étais vraiment confortable. Moi, ça fait 25 ans cette année dans la même équipe, j'appelle ça ma formation continue : l'élastique du réflexe tout le temps. Mais je me sens plus vieille en effet maintenant, je trouve que les jeunes ont vraiment les réflexes tellement différents, mais ça c'est un autre sujet. Ben c'est un personnage confortable, puis en impro, quand tu as un perso confortable, c'est pas bon parce que ça peut devenir un cliché pour toi-même. Cette personne-là venait vraiment rapidement quand j'étais dans le pétrin, fait que ce personnage-là est sorti un peu du lot. J'avais quelqu'un dans mon équipe qui était plus la mère mature que sur scène.

Véronique Gagné : C'était vraiment plus qu'un enfant qui comprend... vu que je suis une adulte qui joue le rôle d'un enfant, c'est un peu ça Atchoum!. Ben j'ai une conscience d'adulte qui dit des choses enfantines, donc une certaine... je peux passer des messages quand même. Donc c'était vraiment plus un personnage d'enfant dans le fond. Il y a eu quelqu'un dans mon équipe qui était clown, qui n'avait jamais le temps d'un club, puis j'ai comme offert de mon temps. J'ai déjà fait 24 heures dans une vitrine à vie ! On m'avait proposé ça, j'ai dit : « Ah ouais, c'est bon, j'embarque ! ». Je faisais tous ces genres d'affaires-là à l'époque, fait que j'ai embarqué dans ce projet-là de faire du clown. Mais je faisais de la fête d'enfant, du maquillage, des petits trucs de magie, c'était vraiment très « chutiste ». Vraiment avec du recul, d'enfant où ce que ça peut devenir le chaos ou ce que c'est trop sage, tout cordé sur le divan.

Hugo Lachance : Quand est-ce que tu avais agrippé une guitare ?

Véronique Gagné : En fait, j'ai commencé Atchoum! avant mon université, j'étais au Cégep. Puis ben moi, c'était vraiment super important d'avoir un papier, j'ai toujours été « mindée » à faire des études. Je me rappelle, je travaillais avec des gens qui me disaient : « Mais non, viens-t'en avec nous autres, on va faire folle de sous en faisant de la tournée ! ». Mais dans ma tête, il fallait que je parte au Saguenay faire mon bac en arts. Puis je te dirais que c'est suite au bac en arts qu'un moment donné, on m'a demandé de faire un spectacle sur scène. Puis pour moi, de faire un show sur scène avec Atchoum!, c'était musical. Ça ne pouvait pas être de faire des niaiseries ou d'aller faire un même si j'étudiais en théâtre.

Véronique Gagné : Eux que je connaissais puis qui étaient talentueux pour les kids, je me disais : dans les bars, pourquoi il n'y aurait pas du cover adapté, des chansons pour les enfants ? Je faisais les deux : je faisais « Est-ce que tu m'aimes », « Es-tu gentil », « Love Me Do » mais en français. J'avais choisi du Caillou, je faisais un libre-échange. Mais ça a été mes musiciens qui m'ont fait prendre conscience : « Véro, fais tes tounes ! ». Puis je me disais : « Ouais mais les gens ne les connaîtront pas... ». Mais ils vont apprendre à les connaître ! J'avais pas confiance en moi. J'en avais une vidéo vraiment. En fait, contrairement à bien des gens, leur métier est réfléchi. Tout ça est arrivé par hasard. Si on me demande quelque chose : « Ah oui, ah oui ! ».

Véronique Gagné : Souvent je dis : moi, j'ai battu le fer pendant qu'il était chaud. C'est vraiment ça qui est arrivé avec Atchoum!, puis j'en ai pris plaisir. Pour prendre plaisir dans quelque chose qui est très loin de nous, c'est de le mettre à notre image. Je ne voulais pas faire des affaires de « cheesy », je ne voulais pas que ça soit bébé. Il n'était pas question qu'il y ait un son MIDI ! J'étais vraiment anti-MIDI dans le quotidien.

Hugo Lachance : Dans le cahier Samedi-...-à-dos, le 10 juin 2006 — 2006, c'est le plus loin que j'ai trouvé : « Par le clown Clopin, Atchoum! a pris des cours de sculpture, de maquillage, de micromagie, des échasses, etc. Clopin a su lui donner de bons conseils puisqu'elle est présidente de l'Association des clowns du Québec ». Ma question : as-tu encore ta carte de clown ?

Véronique Gagné : Ouais, je l'ai... mais non, je ne l'ai plus. En fait, c'est un sujet délicat parce que moi je meurs... là en ce moment, je me suis mis vraiment clown. Maintenant, ça m'écœure de me faire rappeler le clown. C'est particulier, oui. Parce que j'essaye de ne pas m'appeler ainsi, mais en fait, je trouve ça triste parce que oui, je ressemble à ça, mais de plus en plus j'essaie de l'humaniser, Atchoum!. Tu sais, je n'ai plus de gros souliers de clown. C'est juste qu'il y a certaines affaires que j'ai établies qui sont difficiles à changer pour l'œil de l'enfant, mais j'aime pas ça tant que ça être impliquée là-dedans. Je me sentais différente, je me sentais déjà mouton noir. Beaucoup de gens aiment faire du clown avec un petit côté... les yeux me virent ! Effectivement, moi je ne suis pas un clown, je suis humoriste jeunesse. À un moment donné, c'était comme ça que je voulais qu'on m'appelle : humoriste jeunesse. Puis je me rappelle d'avoir fait même des communiqués de presse en écrivant en bas en petit sous-titre : « Merci de ne plus utiliser le terme clown quand vous parlez du personnage ».

Véronique Gagné : Qu'est-ce que le monde me parlait en autobus : « Pourquoi vous n'utilisez plus le terme clown ? ». J'ai quand même maquillé un peu plus, j'ai lu quelque part justement l'histoire des souliers parce que tu avais des gros souliers à un moment donné. J'ai pris le risque de les rapetisser, j'avais tellement peur que les enfants réagissent ! Le pire, c'est moi dans le fond, c'est moi qui en parlais aux enfants. Oh, OK, ou c'est plus les autres maintenant. On voit plein de clowns, les animateurs de foule à travers le Québec. Moi je me tiens un peu plus avec des circassiens ou des amuseurs publics qui ont vraiment du maquillage de voir même plus flash que moi. Mais c'est la perruque... j'aime bien l'anonymat. C'est pour ça que c'est une dualité que j'aime : d'être Véronique puis de ne pas être reconnue là-dedans. C'est une recueilleuse, musicienne sérieusement, qui me disent : « Ah, qu'est-ce que tu fais ? ». Atchoum! ! Donc je fais de la musique. Des gens pensent qu'ils savent même pas ce que je fais vraiment, ils savent juste que je suis clown. Tu n'es pas allé voir loin ! Mais ça paraît qu'on plonge un peu dans ton univers par exemple.

Hugo Lachance : Chapitre 6 : Message de Serge Arsenault. Puisqu'on parle de ta jeunesse musicale, quelqu'un t'a laissé un petit mot qui résume bien cette période : « Ma chère, tu en as fait du chemin depuis la fin de ton secondaire à Rimouski. À l'époque, avec ta sœur Stéphanie, tes amis Marianne et Ariane, vous avez formé le groupe Silver Band pour rendre un hommage aux Beatles. Vous en avez fait des salles, des bars, des festivals avec ce groupe. Je trouvais que vous aviez une belle complicité et une maturité exceptionnelle pour votre jeune âge. Vos interprétations musicales étaient justes et mélodieuses. Cette expérience artistique de jeunesse vous a fait grandir et vous a probablement servi dans vos carrières professionnelles qui vous ont suivies. Véronique, tu avais déjà à l'époque des qualités qui ont fait de toi l'artiste, la créatrice et l'entrepreneur que tu es devenue. J'ai toujours suivi avec un grand intérêt ta carrière et tes nombreux projets artistiques. Quand je t'ai connu, tu étais l'amie de ma fille avec qui tu partageais la scène dans le Silver Band. Avec le temps, tu es devenu comme un membre de notre famille. Merci Véro, bonne chance et à bientôt j'espère ».

Véronique Gagné : Un bon coup Hugo ! C'est mon « papa musique », c'est comme ça que je le présente quand je le vois. Serge, c'est le papa de ma musicienne qui est Marianne aussi depuis longtemps, depuis toujours. Ça a été ma bassiste longtemps avec Atchoum! aussi. Puis en fait, Serge m'a montré comment me mesurer sur scène. Comme je le voyais encore la semaine passée, j'ai une complicité avec lui, il est fier de moi, et puis c'est mon papa, c'est vraiment comme ça. Ça insultait mes parents au début quand je disais ça, ça leur donnait comme moins d'appartenance, mais c'est vraiment eux qui m'ont appris à être ce que je suis musicalement. Mon père ne voulait pas que je m'achète un ampli quand j'étais jeune parce que c'était 500 piasses. Serge lui donnait des arguments : « Dis à ton père que si c'est un bon marteau... ». Parce que mon père était plus un ouvrier. C'est vraiment chouette, puis je sais que ce band-là a vraiment aidé. On faisait des sous à 16 ans ! On était trop jeunes pour faire ça.

Véronique Gagné : Il m'a montré une image vraiment, une photo, en fait c'est une image avec toi... Marianne et Ariane avec un beau costume. C'est la photo officielle du band ! On aimait tous les Beatles. On s'était fait faire des costumes, on a appris les rudiments de la scène. On se demandait qu'est-ce qu'on faisait entre les tounes, on se faisait un meeting de répétition. Puis moi, tous les vendredis soirs au secondaire, je répétais dans le local de l'harmonie de l'école. On n'avait pas de studio ou de local de musique... peut-être dans le monde du métal et des garages, mais ça nous coûtait 50 piasses pour un an. On avait le local, fait que nous, les vendredis soirs, je n'allais pas virer des brosses dans la cour du Parc Beauséjour pour les Rimouskois. Je me suis encore « kinée » avec ces personnes-là vers plus tard. Mais mon adolescence a été vraiment musicale. J'ai appris la musique en autodidacte. Moi, souvent je dis que mon prof, c'est John Lennon. À la fois il y avait des nouveaux accords, j'apprenais ces nouveaux accords-là pour la toune. On a fait 60 shows de 16 à 20 ans, c'est quand même beaucoup pour des jeunes comme ça. On n'avait pas de permis, fait que c'était Serge qui prenait ses vacances d'été pour nous rouler à travers les feux de forêt. Ses vacances d'été étaient dédiées à nous faire faire de la route pour des shows. J'ai vécu pour le hockey, pour leur enfant musicien. On le salue, merci beaucoup, j'ai pleuré !

Hugo Lachance : Chapitre 7 : Débuter une carrière d'entrepreneur au Saguenay. On continue donc, on parlait de l'université tantôt. Dans Le Quotidien du 23 novembre 2007 : « Quand je suis venue étudier à l'université, j'avais Atchoum! dans mon sac à dos. Je suis une petite entreprise, je crée de l'emploi, j'engage des pigistes en graphisme, musiciens. C'est un atout de pouvoir... j'ai fini l'université, j'ai oublié de repartir et je compte bien rester ici car ici, être convaincu en nous permet d'être inventif ». Bon, comment... c'est quoi justement l'avantage de travailler en région ?

Véronique Gagné : Le Saguenay est fier, le Royaume ! Les gens sont très fiers, de fait que beaucoup de gens pensent que je suis de là-bas puis je ne nie jamais. Je dis souvent : Atchoum! qui est d'ici, certes, est née ici avec un petit peu de bleuet dans le sang. Mais c'est ça, dans le fond là-bas, il y a beaucoup d'institutions artistiques qui donnent la chance à la relève. Moi j'ai joué au théâtre rapidement au Saguenay, j'ai pogné des artistes là-bas. Souvent les gens courent après ça... moi j'étais de Chicoutimi à Montréal puis j'étais déjà membre active. Moi je chantais, fait que j'avais un atout différent donc j'ai fait des comédies musicales. Sans blague, le côté entrepreneur est vraiment facile dans ce bain-là. On s'entend, on bûche autant que tout le monde, mais il y a vraiment beaucoup d'instances qui nous donnaient la permission de pouvoir être aidés. D'avoir une proximité avec les professeurs, oui. Moi je savais au moins... on raconte l'épreuve des vernissages des fois, ils me prennent bien avec eux. Mais il y avait une présence parce que c'est normal, c'est toute la même gagne qui suivait. J'ai aimé... je me rappelle une fille qui disait : « Le bac en arts, c'est comme une tourtière : j'ai besoin de patates, de viande, de pâtes... ».

Véronique Gagné : « Va faire ton bac en enseignement des arts puis après tu feras ta maîtrise ». Plus tu prends ce que tu veux écouter. J'avais beaucoup trop de frustration à travers la pédagogie et ça me faisait vraiment suer. J'aimais pas me faire dire : « Oui, il va falloir que tu fasses ça avec les élèves ». Non, mais moi je suis en art, ça ne sera pas comme ça ! J'étais très rebelle puis j'ai arrêté de faire ça. J'étais tannée aussi d'être la « fuckée des arts » pour les profs. Pis quand tu es en art, tu es la « street » de l'enseignement, fait que tu es vraiment toujours entre les deux. Mais toi, je pense que tu avais déjà cette image-là, en fait tu produisais déjà des trucs, même déjà une pratique.

Véronique Gagné : Moi je me suis fait mettre dehors dans mon stage dans l'enseignement ! On m'a associée à une maître associée au primaire, une fille qui était « cute » aussi que j'ai laissée... graissée deux places au secondaire, au primaire... de stages à faire. Et finalement, j'ai fait cinq semaines de plus juste pour prouver que je pouvais faire mon stage au complet. Dans le fond, c'est juste pour leur fermer la boîte un peu, pour mon honneur aussi. Ça a été dans mes cours, j'ai fait des stages, je me donnais vraiment trop là que les jeunes brûlaient ! J'ai réalisé que je voulais plus connaître le théâtre pour l'enseigner... souvent c'est ce que je me disais : je veux connaître ma discipline puis je l'enseignerai différemment. Je n'aimais pas la routine de l'enseignement. Il y a beaucoup de répétitions quand on est prof : on a plusieurs groupes, on doit faire le même cours plusieurs fois. Je le fais un peu avec les activités scolaires que je fais maintenant puis je te dirais que ça me nourrit, c'est ce qui se rapproche le plus à mon début de bac. J'enseigne, ça me permet aussi, quelqu'un qui devient bon en enseignant ton expérience, ça te permet de faire des projets comme celui-là.

Hugo Lachance : On tombe... on parlait de la région dans le fond, qu'en région c'est un peu plus facile pour une jeune entrepreneure. Est-ce que la musique jeunesse demande un instinct entrepreneurial plus développé pour connaître du succès ?

Véronique Gagné : C'est une bonne question. Je pense que c'est plus facile d'avoir un instinct entrepreneur avec la musique jeunesse parce qu'elle appelle un côté plus populaire. Tranchant parce que pendant longtemps, les gens ne finançaient pas certains projets jeunesse en disant : « Mais vous allez vendre des DVD, fait qu'on ne vous donne rien ». Pas besoin de... moi j'ai jamais eu de subventions pour faire tous les films que j'ai faits. J'ai fait un grand coup de carte de crédit ici, oui je sais.

Hugo Lachance : Tu racontes ça dans une entrevue avec Jeff Latendresse.

Véronique Gagné : J'ai reculé, mais je peux prendre la moitié finalement. J'ai demandé à des banques, la BDC pour ne pas la nommer, qui est une banque de développement canadienne qui prête à des projets qui ont des promesses de contrats, qui ont besoin d'emprunter pour faire ledit contrat. Et moi je dis : « J'ai une promesse de film puis je vais faire des DVD qui vont coûter 2 dollars physiquement à faire, que je vais vendre 20 dollars ». Ils ont embarqué, j'ai été convaincante quand même. Mais j'ai eu un mentor au Centre local de développement (CLD). Maintenant ça n'existe plus, je ne sais plus qu'est-ce qui remplace quoi, chaque ville sort son remplaçant. Puis eux, c'est vraiment génial. Souvent le mentorat, ce ne sera pas une personne qui va être dans ton champ d'expertise. Moi, c'était un évaluateur en bâtiment ! On est vraiment loin, mais il s'appelle encore Lionel Sansfaçon. Lionel, dans le fond, il est venu avec moi chez la BDC puis je me rappelle qu'il disait d'habitude : « Ses chiffres ne sont pas très bons, mais ça va faire de quoi ! ». Et je pense qu'il avait vraiment un grand pouvoir parce que... et pourtant il n'avait pas grand pouvoir décisionnel, mais je pense que son charisme a vraiment fait effet puis ces gens-là m'ont fait signer.

Véronique Gagné : Ça les a un peu graffignés quand j'ai décidé d'avoir moins de sous qu'ils m'avaient proposé, mais j'avais vu les mensualités et puis je me disais : « 900 dollars par mois ! ». J'ai fait : « Oh mon dieu ! ». Mais moi je vivais... j'ai vécu longtemps en commune, je vivais à quatre dans un appart. C'était le nom du bloc appartement, puis c'est encore aujourd'hui... je passe en avant puis ce ne sont que des bons souvenirs. Mais ça faisait que je n'avais pas beaucoup de dépenses. Avec tout ça, le film... il y a plein de scènes de mes films qui sont tournées chez moi avant de faire ton premier album, Comme du bonbon, en 2009. Puis suite à ça, tu as fait un film qui l'accompagne, mais l'album a vraiment été créé à part tout ça. Je n'avais pas l'idée du film.

Véronique Gagné : Dans le fond, cet album-là, ça allait de soi que je voulais mettre des images dessus, mais de quelle manière ? Je ne savais vraiment pas. Mais c'est à cause de Regards sur le court-métrage, ça nous met dans notre cour plein de réalisateurs, plein de concepteurs, puis moi j'ai travaillé là-bas, je travaillais à l'accueil des artistes fait que j'ai rencontré des gens, des réalisateurs. Puis ça a été un réalisateur français qui m'a dit : « Moi je fais de l'autoprod, je vais le faire moi ton film ! ». Il s'appelle Charlie Mars, il fait beaucoup plus de dessins maintenant. C'était vraiment trash ce qu'il me montrait là, c'était comme du vidéo image par image d'un steak avec des balles de ping-pong qui sortent de l'objet ! Sur mon projet, il disait : « On peut faire de quoi vraiment magique ! ». Puis moi j'ai profité de son côté willing, puis mon attrait touristique c'était : « Je t'offre ma ville, je t'offre le Saguenay, et 11 personnes qui vont travailler sur le projet que je paye, et je te loge, et je te paye un billet d'avion ! ». OK ça a été ça.

Véronique Gagné : J'ai payé une caméra ! J'ai payé la caméra, c'était le Canon 5D, ça coûtait trois ou quatre mille piasses. Il m'avait demandé de l'acheter d'avance pour qu'il la connaisse un peu mieux. OK, ça veut dire qu'il faut qu'il vienne en maudit ! Mais tout ça finalement... la naïveté ! Ben oui, c'est ça, tu as foncé dedans parce que tu n'avais pas beaucoup de dépenses. Tu avais une idée, tu as foncé là-dedans. C'est l'avantage un peu de la région : c'est un peu plus facile d'aller chercher du monde, de rassembler des gens de tournage vraiment pour participer à ça. Le summum de l'image de comment la région aide : à un moment donné on veut faire une scène, je passe sur une rue, le policier qui nous arrête... mon réalisateur fait : « Oh non ! ». Et le policier dit : « Voulez-vous que je vous aide à arrêter la circulation ? ». Jamais ça m'est arrivé ! On est au Saguenay. J'ai rempli le Palais municipal de La Baie pour la première du film, 1000 personnes ! La fierté des gens de voir... j'ai fait des auditions pour que les enfants jouent dedans. C'était vraiment, je pense, devenu une grosse histoire de famille.

Hugo Lachance : On va passer maintenant, on va tout se parler de mariages. OK, tu as travaillé avec plusieurs musiciens et musiciennes. On pense à Pépé et Serge Arsenault bien entendu, oui. La bassiste, en fait elle est pigée, elle est moins connue de la part du grand public, voilà c'est ça. Marianne et récemment Mara Tremblay, ça a papa, oui voilà ! Sur le dernier album Play, il y a un clip qui s'en vient avec elle.

Véronique Gagné : En fait, ce que j'ai le goût de dire, Pépé je l'ai croisé chez nous, il était l'ami du chum à ma coloc. J'étais arrivée en Atchoum! à un moment donné... pour moi, c'est comme ça que ça a commencé. Puis encore aujourd'hui, pour moi Sony Duval c'est un ami de Marianne que j'ai croisé au Cheval Blanc, qui est comme son lieu là. Au début, il avait écrit une chanson avec François Tremblay qui était... qui finalement ne voulait pas qu'on touche à ses paroles. Je sais qu'on a décidé de ne pas utiliser les paroles que Frank avait proposées puis que moi j'allais m'en occuper. Effectivement, on a travaillé à des choses comme ça. Marianne, ben ça va de soi, on a analysé avec Marianne un moment donné comment on s'était mutuellement aidées par les connaissances. Pépé, elle l'a rencontré parce que c'était mon ami. Puis moi je traîne ma musicienne, puis c'est drôle maintenant tu vois Marianne jouer avec Pépé.

Véronique Gagné : C'est vraiment un rassembleur ! Il fait la Fête de l'Amour à chaque année puis je pense qu'il y a 50 ou 60 musiciens qui passent sous un gros chapiteau qu'il loue dans sa cour. Je travaille maintenant avec lui, Philippe Brach qui a eu sa carrière solo. Je travaille avec David Couture qui est l'ancien batteur de Phil Brach depuis longtemps aussi. Il jouait dans les bars au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Donc c'est ça ce que j'aime en fait de ces gens-là, comme Mara. Mara, j'ai osé lui demander, c'était une amie à Marianne. J'ai chanté sur l'avant-dernier album de Mara, sur Cassiopée, je fais partie du chœur des femmes. C'est un bel honneur, c'est un hasard, j'étais allée manger chez eux à un moment donné, elle m'a prêté sa maison... non, j'ai gardé sa maison pendant une semaine à un moment donné parce que je restais tout près. Puis elle a fini par me le demander.

Véronique Gagné : Puis elle a accepté de venir sur ce tournage d'ailleurs. J'aimerais la recevoir au podcast, on s'est déjà parlé. Ma mère voit vraiment comme un bel honneur de passer cette chanson-là à la jeunesse : « Merci de donner un autre chemin ! ». C'est vraiment naturel, « Le spaghetti à papa ». Mais c'est drôle parce que quand j'ai commencé à l'approcher, j'ai dit : « J'ai le goût de faire une de tes tounes sur mon album ». Elle disait : « Ah ouais ? Devine laquelle je veux ! ». S'amuser à la poche à ne pas trouver tout de suite, ça a pris quatre tounes. Elle disait : « Monsieur Balloune ? ». Mais non ! Tu dis que tu es enceinte, tu ne peux pas chanter ça avec lui ! C'est moi qui ai dit « Le spaghetti à papa ». On l'a fait au niveau... voyons, chanter avec moi en studio, fait que c'est vraiment chouette.

Hugo Lachance : Est-ce que Véronique aussi, je pense qu'elle est encore plus ce que tu aimes ?

Véronique Gagné : Je pense que oui. Mais en fait, Atchoum! sur scène peut vraiment plus jouer la rockeuse que Véronique parce que, tu sais, je ne serais pas « game » là... faire dos à dos avec un guitariste ! Je fais des petits mots de rockeuse à la Marie-Mai que j'assumerais pas en Véro. Si je fais des clichés avec une naïveté enfantine, j'ai eu longtemps un micro à la Aerosmith, fait que je me disais : « Je ne ferais pas ça ! ». Je fais des petits bouts à la Chuck Berry avec ma guit ! Mais c'est parce que le prétexte le permet. En Véro, j'ai eu des bands pendant un bout de temps, j'ai eu un band de cover qui s'appelait Hit The Road puis je jouais assise, on était plus dans le folk. On apprenait du Sheryl Crow. C'est ça, j'ai un grain de voix particulier qu'on peut sentir quand je parle en Véro, mais en Atchoum! on ne le sent pas beaucoup.

Véronique Gagné : Pas de voix de tête... oui, mais je me rends compte des fois, je parle à Montréal à mon réalisateur puis je dis : en Véro, je suis capable, Atchoum! je la connais ! Je switch vraiment bien. Je dirais qu'on sent plus Véronique là en ce moment. C'était vraiment plus aigu, le pitch était... il y a comme dans « Le blues du sirop », cette chanson-là où est-ce que les back vocaux c'est moi qui les ai faits. On peut reconnaître un peu le côté... bizarre.

Hugo Lachance : On va se rapprocher tranquillement dans l'album parce qu'on est là pour parler de ton premier album Comme du bonbon. On n'en parle pas tout de suite parce que je veux savoir certaines choses. Comment on écrit une chanson pour enfants ?

Véronique Gagné : Je me fais des tableaux dans la maison parce que, OK, ça serait cool que j'écrive là-dessus parce que je sais déjà les thèmes que j'ai écrits. Si j'ai une chanson de pirates, il n'y en aura pas deux, c'est sûr. Comme la dernière chose familiale si on veut, ou de l'amour-amitié. C'est comme la dernière chanson que j'ai écrite qui est une grosse toune pour moi, ça s'appelle « Bon voyage », qui parle du décès. Un sujet délicat, mais je m'étais donné le défi de faire : « Si je te vois pas, mais tu es quand même là ». C'était vraiment ça l'essence. Fait que pour le dernier album, je me suis donné des défis de même, comme j'ai parlé de la guerre. Il faut être capable de transformer un sujet comme ça pour être capable de s'adresser aux enfants, parce qu'en fait tu t'adresses à leur intelligence, totalement. Mais je pourrais faire le choix de ne pas le faire. Je vois d'autres artistes jeunesse écrire là-dessus. Arthur L'aventurier fait des albums thématiques, ça devient facile d'une certaine manière : tu t'en vas au Maroc, tu vas écrire sur tel ami, tu croises les marchés... je me fais un champ lexical.

Véronique Gagné : Je m'étais fait dire ça à un moment donné par des gérants que j'ai déjà eus : « Le thématique ! ». Non, je ne veux pas ça ! Je n'aime pas ça. Moi je suis une rockeuse, à part peut-être Seven Up Peppers... mais sinon non, j'aime pas ça.

Hugo Lachance : C'est qui ton artiste jeunesse préféré ?

Véronique Gagné : Je dirais que c'est Bleu Jeans Bleu, mais je sais que ce n'est pas jeunesse, mais c'est légionnaire. En fait, mon artiste jeunesse préféré au niveau humain, ben ce sont Les Petites Tounes puis Henri Godon (Eric). Particulièrement Eric, c'est un pote à moi à qui on jase au téléphone sur la route. Puis Henri, on reste pas très loin, on est vraiment des amis puis je pense que notre contraste... elle a un côté tellement bon Mary Poppins, Barbapapa. Elle est cuisinière ! C'est une cuisinière qui a un boulanger joyeux... c'est très posé, tout est placé, le décor est grave. C'est vraiment chouette, elle a la même chose à Radio-Canada. Mais c'est ça, Les Petites Tounes, il y a un côté très rockeur. Tu vois, j'ai croisé Claude de Vilain Pingouin récemment, il me l'a présenté : « Je te présente Eric ». Ben oui, je le sais ! Pourquoi j'ai réagi de même ? Ben oui, je le sais ! C'est dans un projet de le recevoir. Puis aussi Les Petites Tounes, propriétaires de trois enfants ! Malheureusement, on part embarquer avec un chat. Comparé à eux, je me tire dans l'énergie. Si on voit des vrais instruments sur scène, c'est toujours un bel honneur. Ben oui, ça fait 25 ans que je fais ça, mais ça fait juste 15 ans que j'ai des albums.

Hugo Lachance : Chapitre 8 : Harcèlement criminel, menaces et procès ! La vie de musicienne jeunesse n'est pas toujours rose, comme en témoigne cet article de Radio-Canada publié le 16 avril 2019. Une résidente de Mayo en Outaouais, Maud Gourmont, a écopé de trois ans de probation avec un suivi de 24 mois après avoir plaidé coupable à trois chefs d'accusation de harcèlement criminel envers Véronique Gagné, l'actrice personnifiant Atchoum!. Si on rappelle les faits, la rencontre entre les deux femmes remonte à juillet 2017 à Mont-Tremblant. À la fin d'un spectacle, une dame avait fait part à Véronique Gagné de l'influence positive de cette dernière auprès d'une jeune fille de son entourage et grande admiratrice du clown Atchoum!. Le harcèlement à répétition a commencé un mois plus tard et s'est poursuivi jusqu'en mars 2018. Madame Gagné a reçu de nombreux messages privés sur Facebook provenant de 40 faux comptes créés par l'accusée. Cette dernière menaçait notamment de s'en prendre physiquement à un enfant de son propre entourage. C’est un moment hyper difficile, mais ta réponse dans cet article-là, je trouve que c'est totalement toi ; ta connaissance quand même. Ta réponse dans l'article portait sur le soutien psychologique que tu as toujours souhaité à cette dame-là. Comment on passe à travers un événement comme ça ? En particulier, on ne pense pas que ça va nous arriver, et surtout quand on fait de la musique pour enfants.

Véronique Gagné : Je me rappelle d'avoir dit en cour que lorsqu'on tombe dans le monde de l'enfant, un parent pourrait tout faire pour son enfant, même à l'envers, devenir fou. Je pense que la maman a découvert que sa fille avait une différence, un trouble moteur ; ce n'est pas un handicap, mais ça peut devenir lourd par la charge de tout ce que ça peut amener. Dans le fond, elle est devenue obsédée par moi. Elle me suivait partout en spectacle, puis c'est elle aussi qui a inventé les personnages qui me faisaient peur. En fait, elle menaçait de tuer un enfant devant moi en spectacle. Je la voyais en show, mais je ne savais pas que c'était elle. Ces 40 personnages différents ont même appelé mes musiciens — ce qui n'a jamais été nommé — et ils ont appelé ma sœur jumelle. Ça veut dire qu'elle savait qu'elle existait. Elle les appelait via Facebook, car c'est plus accessible qu'un téléphone, mais moi, elle m'appelait vraiment sur mon vrai numéro. Elle me laissait des messages vocaux avec mes chansons en arrière-plan.

Véronique Gagné : Je suis allée déclarer le tout à la police très rapidement. Même quand j'y pense, c’était déjà un cas de harcèlement et je le faisais parce que ça m'avait agressée vraiment vite. Finalement, avec les adresses IP, on a découvert que tous les messages venaient d'une adresse à Mayo. C'était cette dame-là. Je peux vous le dire maintenant : c'est sa propre fille qu'elle menaçait devant moi. C'est vraiment un trouble psychologique, du Munchausen par proxy. Souvent, ces gens cherchent de la tension médicale, ils rendent leur enfant malade pour avoir de l'attention de l'équipe médicale. Mais maintenant, j'ai l'impression que le monde médiatique a une importance aussi grande que le monde médical. Elle voulait de l'attention médiatique. Elle a utilisé sa fille pour ça, elle a même créé une fondation. Je me suis fait harceler pendant six mois par des gens qui me disaient d'arrêter d'aider cette famille-là, que ces gens ne méritaient pas de vivre. Mais c'était la propre maman qui me disait ça via d'autres comptes ! Elle jouait sur les deux tableaux, un coup sur moi, Véronique, un coup sur Atchoum!.

Véronique Gagné : C'est là que les enquêteurs ont commencé à me prendre au sérieux. J'ai craqué, j'ai pleuré en disant : « Monsieur, vous ne comprenez pas, ça fait 15 ans que j'ai une entreprise et quelqu'un est en train de tout détruire à grands coups de clics ». J'ai dû annuler des activités à cause de ça. J'ai eu une présence policière durant les spectacles pendant que la madame était là. Les policiers surveillaient pour qu'il n'y ait pas un agresseur qui arrive. Je pensais vraiment qu'il y avait quelqu'un qui allait se pointer pour tuer l'enfant devant moi, puis tant qu'à être là, me tuer aussi. J'ai vraiment pleuré souvent avant les shows. Marianne, ma musicienne, me disait qu'elle voyait l'adrénaline embarquer quand j'arrivais sur scène. Jamais cette petite fille-là n'a réalisé que sa mère créait ce trouble. Moi, en tant qu'Atchoum!, j'allais la voir autant que les autres, je ne voulais pas qu'elle mange une claque pour sa mère. Cette dame-là, c'est fou. Une fois que c'est sorti dans les médias, tellement de monde m'a écrit. Elle avait déjà fait des dégâts avant moi, mais j'étais la première qui levait la main. Je sais qu'elle a déjà simulé un cancer du cerveau, fait des levées de fonds pour elle-même et fait de fausses menaces de suicide à des amis.

Véronique Gagné : Finalement, il y a eu un procès et elle est en probation pendant trois ans pour se faire soigner. J'étais déçue de la justice pour ces choses-là. Devoir voir le psychiatre aux quatre mois, ce n'est pas beaucoup. Mais elle a un dossier criminel maintenant. Pour moi, c'est ça qui est important. Maintenant, je n'ai plus peur. C'est vraiment dans l'intimité que ça bugue : quand je vais voir des gens pour la première fois, je me demande si ça va être un « astrid » comme j'ai connu. J'ai toujours eu confiance, peut-être un peu trop. Je me fais écrire par plein de monde que je ne connais pas pour des contrats, mais maintenant je ne refuse plus rien à cause de ça.

Hugo Lachance : Ta résilience ! Le 29 janvier 2021, tu as trouvé un truc : « Cet été, lors de mes passages au parc, j'utilisais une bouée de piscine lors de mes déplacements. Je la tiens avec mes bras à ma taille ; c'est fatiguant, mais au moins mes bras sont occupés, moins de tentation. Les enfants me questionnent et n'osent pas venir me coller me voyant encombrée de la sorte ». Ce qui est plus lourd, c'est le « corona-minus » qui nous empêche de nous coller. Comment Atchoum! et toi avez-vous passé à travers la pandémie ?.

Véronique Gagné : J'ai quand même beaucoup travaillé malgré tout, j'ai fait beaucoup de choses virtuelles et j'ai vraiment aimé ça. Contrairement à ce qu'on pense, l'enfant aime partager son univers et n'a pas toujours la chance de le faire. En Zoom, ça m'arrivait de faire un gros party où l'enfant dansait avec son toutou et me le présentait. Je demandais aux familles d'écrire le nom de l'enfant en guise de nom d'utilisateur. J'ai aussi fait beaucoup de shows préenregistrés avec de la surimpression d'images et du montage vidéo. Il y avait un dynamisme qu'un show live ne donnait pas, puis je revenais répondre à des questions à la fin. C'était moins forçant, j'ai vraiment aimé ça. Ça a fait du bien d'avoir des vacances ! Pour le parc, j'ai été porte-parole pendant sept ans, mais les dernières années n'ont pas été faciles. L'idée de la bouée m'est « poppée » d'un coup et ça a marché. Des enfants m'en parlent encore cette année.

Hugo Lachance : Chapitre 9 : Discographie. Juste rapidement pour voir ce que tu as produit depuis 2009 : Le clown et ses microbes (Comme du bonbon) en 2009, lancé en DVD en 2010. Ensuite, Une tempête en cadeau (2010), Le grand ménage (2011), Dans ma tête (2013). Il manque le DVD Le grand ménage qui est complémentaire, c'est le film de 2013. Ensuite Montre le son (2016), puis ton album Atchoum!, Pépé et sa guitare en 2019. Et enfin les deux derniers, dont l'album de chansons des filles Autour de moi sorti en mars dernier.

Véronique Gagné : J'ai été produite par une autre maison de disques une seule fois, c'était une super expérience, mais je suis redevenue autoproductrice. J'ai produit énormément d'albums et de DVD. Je ne pourrais plus faire ça aujourd'hui, les règlements ont trop changé par rapport au milieu du cinéma. J'étais très kamikaze en tournant mes premiers films. Plus j'avançais, plus il fallait que je le fasse dans les règles de l'art parce qu'on se fait surveiller. Le premier était vraiment kamikaze, le deuxième plus surveillé, le troisième c'était un spectacle donc moins difficile, et le quatrième, ce sont des vidéoclips.

Hugo Lachance : Chapitre 10 : SEGMENT : PRÉSENTATION DE L'ALBUM. Le clown et ses microbes, c'est le premier album. « Ses microbes », c'était le nom de mon band. Année 2009, Les Productions Inattendues. Réalisation : Pascal Beaulieu. Pour chaque chanson, il y a un auteur différent. Jérôme Marsonneau, un ancien amoureux de Marianne et un de mes bons potes de la Gaspésie, a écrit quelques chansons avec moi. Ma manière de fonctionner, c'est que je cognais aux portes pour demander qui voudrait écrire la musique pour telle idée de base. Aujourd'hui, je ne compose plus la musique parce que je veux aller plus loin que mes propres connaissances.

Véronique Gagné : Pour cet album-là, je ne savais pas trop comment ça marchait l'enregistrement. Je me rappelle que tu es rentré en studio pour écouter les tounes avant de les jouer. On m'a dit après : « Véro, tu ne peux pas faire ça ! ». Aujourd'hui c'est « sacoche », mais je commençais. Pascal montait son studio en même temps qu'on enregistrait. C'est le seul album où j'enregistre les guitares moi-même. Je ne le fais plus parce que je ne me trouve pas assez bonne guitariste, mais Pascal tenait à ce que je le fasse. Il m'a amenée ailleurs, c'est l'audace et la naïveté. J'avais une confiance totale en lui et aucune pression ; je n'avais même pas de distributeur, j'ai dupliqué les CD moi-même.

Véronique Gagné : J'en ai fait 10 000, c'est ridicule ! J'en ai encore chez nous si vous en voulez. J'ai convaincu Select par la suite de me distribuer, ils ont accepté à condition que je sorte un DVD quelques mois plus tard. C'est pour ça que j'ai fait un film.

Hugo Lachance : Chapitre 11 : Pochette douteuse ? La pochette, c'était une boîte de comm qui n'existe plus. Ce sont des photos de Nicolas Lévesque qui ont été modifiées. Beaucoup de monde trouve que la pochette n'est pas belle, que je fais un petit peu peur dessus. C'était inspiré de la pochette des Beatles.

Hugo Lachance : On arrive à « Une chanson après l'autre ». On écoute un extrait de 30 secondes et tu commentes. On commence avec « Super-héros ».

Hugo Lachance : Chapitre 12 : Super-héros. [Musique]. « Si j'étais un super-héros, j'aurais une réaction qui brillerait dans le noir, donc je pourrais me coucher tard ». Super-héros est devenu une héroïne pour des enfants.

Véronique Gagné : Je pense que oui, et pour certains parents aussi. Ils se servent de moi pour faire passer des étapes à leur enfant, comme pour arrêter la « suce » . J'ai déjà reçu deux gros cruchons de suces à la maison ! C'est ma belle fierté de réaliser qu'une petite affaire comme Atchoum! est devenue grande. Des gens sont parfois super émus. Un couple m'a dit au parc qu'ils avaient perdu leur fils et qu'ils étaient venus voir le spectacle pour se divertir ; leur petite fille a capoté et c'est devenu son obsession, ce qui les a aidés à dé-focuser de leur peine. Je reçois ça avec une grosse charge. Parfois, on ne réalise pas la différence qu'on peut faire.

Véronique Gagné : J'ai fait mon deuil d'avoir des enfants avec Atchoum!. Si je quitte cette terre, j'aurai laissé quelque chose. Parfois je m'ennuie de ne pas avoir de câlins de maman, mais j'ai tout en même temps. Tous les musiciens connaissent Pascal Beaulieu, il est polyvalent, il joue même du drum avec Bruno Rodéo. Ses enfants sont nés quand j'ai commencé mes albums. Sur le deuxième album, il y a une chanson sur le ménage qu'il a écrite lui-même.

Hugo Lachance : Chapitre 13 : Vie de poisson. [Musique]. « Comme un poisson, se faufiler entre les algues, respirer dans l'eau. Il neige entre les vagues, moi je veux être un poisson avec des jaunes d'hiver, du bleu pour nager toute la journée sans jamais me fatiguer ».

Véronique Gagné : « Comme du bonbon » est la première chanson que j'ai écrite de ma vie, quatre ans avant le début du projet. Je pensais que j'aurais juste une chanson dans ma vie. Pour « Vie de poisson », j'aime le beat un peu latino. Il n'y a pas de MIDI, ce sont des plugins, mais c'est quand même bien. C'est Jérôme Marsonneau qui a écrit ça.

Hugo Lachance : Chapitre 14 : J'ai beaucoup d'amis. [Musique]. « Augustin c'est mon copain, lui et moi c'est pour la vie. Il est resté loin de chez moi, mais quand on se voit c'est la joie ». Une chanson sur la diversité en amitié. Est-ce que tu reçois des confidences d'enfants ?.

Véronique Gagné : Ce sont tous des noms d'enfants de mes amis. Florence, c'est la fille de Patrick Bouchard ; elle a 20 ans maintenant ! Augustin a gagné un championnat d'expo-sciences cette année. Cette année, j'ai donné des ateliers dans une école à Trois-Rivières et les maternelles ont chanté ça. C'était vraiment mignon. Mon public se renouvelle souvent. Les gens ne comprennent pas, mais la petite Chanou qui vendait mes produits dérivés à Saint-Gabriel l'autre fois, elle a 20 ans ! Mon premier public est rendu vieux. Je trouve que les parents étaient plus intenses au début, il y avait un investissement différent. J'ai même une maman qui a un tatouage de moi ! Maintenant, la consommation est différente.

Véronique Gagné : En spectacle, je focusse beaucoup plus sur l'enfant que sur le parent. Souvent, les parents sont pressés, mais moi je veux que tout le monde ait son petit moment pour s'en rappeler. À l'époque, il y avait plus de patience pour les autographes. Avant, je pouvais faire une entrevue à la télé et ça donnait un gros « paf ». J'ai fait la parade du Père Noël au centre-ville de Montréal cette année, diffusée à TVA. Beaucoup de joueurs ont arrêté la musique jeunesse : Annie Brocoli a arrêté, Shilvi a arrêté. On n'est plus que trois ou quatre joueurs. C'est important de penser aux parents, je veux qu'ils soient fiers musicalement. C'est de la musique pour adultes avec des paroles pour enfants.

Hugo Lachance : Chapitre 15 : Comme du bonbon. [Musique]. « La crème glacée sur un cornet, c'est mieux que du bonbon. Mais quand j'embrasse de temps en temps, j'en ai toujours pris dans les dents ».

Véronique Gagné : C'est ma chanson la plus chantée, je l'ai faite plus de 1600 fois ! C'est ma toune la moins bien écrite au niveau des paroles et de la structure, mais elle est enveloppante. Le personnage d'Atchoum! fait danser les tout-petits. En spectacle, je la fais maintenant dans un medley après « Le spaghetti à papa ». Les enfants sont un public généreux. Ils imitent les musiciens, certains arrivent même avec des petits saxophones en plastique ou des ukulélés. En 2009, c'était le début, je vendais mes albums moi-même dans les clubs vidéo avant d'être distribuée. C'est un projet d'entreprise qui vient de moi, pas d'une machine.

Hugo Lachance : Chapitre 16 : Le blues du sirop. Une autre toune que j'aime bien, ça c'est ma compo. Ceux qui, comme moi, sont propriétaires d'enfants ont connu ça. « J'ai le tout hérité, je me suis bien trop mouché, je veux du sirop... je veux un verre d'eau ». Classique, ça c'est vraiment ma compo. « Comme du bonbon », c'est paroles et musique de moi. Le blues, pour écrire cette toune-là, je vous le dis, c'est facile dans le métier d'écrivain. Est-ce que tu les joues encore ? sûrement pas toutes.

Véronique Gagné : Surtout pas les derniers albums, parce qu'ils sont plus complexes par rapport à ma capacité de guitariste, mais le premier album, c'est celui que je joue le plus. Mais encore oui, il y a des chansons que je ne peux pas jouer tout le temps. Sinon, les autres sur cet album-là, comme « J'ai beaucoup d'amis », je l'ai ressortie pour une école. « Le blues du sirop », je ne la fais pas souvent. Musicalement, c'était le fun cette chanson-là parce qu'elle montre le talent des musiciens, de tout le monde.

Hugo Lachance : La prochaine, oui, je n'ai pas perdu connaissance, tout va bien ! Alors une autre que j'aime bien sur mon album. 

Chapitre 17 : Sur mon cheval.

Véronique Gagné : « J'ai voyagé sur le dos de mon poney de vie... là en vie nous avons trotté et sur ma selle j'ai adoré siffler la vie, apprendre à l'aimer ». J'ai lu cette petite perle : la vie c'est comme le country, il faut apprendre à l'aimer. C'est magnifique, je crois que ça veut dire plein de choses. Ça veut dire que la vie, il faut apprendre à l'aimer, mais le country aussi, il faut apprendre à l'aimer. Donc on prend les cas, oh c'est rassurant !.

Hugo Lachance : Mais il y a des gens pour qui c'est leur musique de tous les jours.

Véronique Gagné : En fait, c'est un message pour moi qui suis une rockeuse un peu plus, mais qui est dans le country. J'ai eu parmi mes musiciens Raphaël D'Amours, qui est un fan de country, puis quand on a fait la tournée country — parce que j'ai fait un spécial country dans mes shows — j'avais comme « countrysé » mes chansons. Celle-là, ce côté-là intégral, on écoutait beaucoup de country en tournée puis je me disais que j'apprenais vraiment à l'aimer avec un regard différent, avec quelqu'un qui me pointe du doigt et me dit : « Regarde, remarque ça ». Ça fait que oui, mais je trouvais ce message un peu pessimiste au début, puis maintenant je l'assume. C'est vraiment une chanson qui est beaucoup aimée des adultes, vraiment. Même l'école de danse country Lindo Tremblay d'Arvida a écrit une danse sur cette chanson. Oh, salut !.

Hugo Lachance : Chapitre 18 : Message de Stéphanie Gagné. À la moitié de l'album, il y a une autre personne qui voulait te laisser un petit message.

Stéphanie Gagné : C'est sûr que j'allais être là pour pouvoir parler de toi, ma sœur jumelle, parce que oui, je te connais depuis longtemps évidemment. Mais c'est Atchoum! que j'ai vue grandir, je l'ai vue naître, je l'ai vue faire des reprises de Pikachu puis encore de Caillou dans des spectacles, puis écrire tes premières chansons et offrir ton matériel. Le premier album, il y a toujours une signification particulière parce que c'est celui qui parle de nous. Je me souviens des trucs financiers, on se creusait la tête, c'étaient des concessions tout le temps. La première écoute, je me souviens, j'ai écouté ça dans mon auto parce que le système de son n'était pas pire puis je n'en revenais pas. Je me disais : « Ça y est, c'est la cour des grands ». Dans un album, c'est toujours ça, tu veux toujours aller plus loin, essayer de nouvelles affaires, tu sors de ta zone de confort puis tu t'assumes, et c'est beau à voir. Alors je te dis longue vie, prends soin de toi là-dedans. Je sais que ce n'est vraiment pas évident tout le temps, je suis souvent au bout du fil pour entendre la réalité de ta vie d'entrepreneure dans le monde jeunesse, alors je suis fière de toi.

Véronique Gagné : C'est ma sœur jumelle ! Je la consulte pour tellement de choses, elle a quand même son nez dans mes affaires. Elle prend moins de risques que moi, ce qui fait que ce que je dis, elle va peut-être me dire : « Moi je n'aimerais peut-être pas faire ça », mais en même temps ça me challenge et je le vois comme un bon côté de la chose. Elle est dans le milieu des médias aussi, elle est animatrice à Énergie, c'est pour ça que le son est bon. Elle fait la météo, elle travaille et elle pousse la musique dans le fond. Depuis le début, elle me voit faire ça, mais je ne suis pas sûre qu'elle pensait que j'allais faire ça par contre. Notre band hommage aux Beatles, c'était avec elle aussi, on ne l'avait pas mentionné. Elle était au clavier, puis tu vois, maintenant elle ne joue plus, mais on chante encore ensemble et nos backs vocaux se ressemblent vraiment beaucoup, c'est très Beatles. On est beaucoup à la tierce, j'ai pris contact avec ça aussi.

Hugo Lachance : Chapitre 19 : Frappe tape. [Musique].

Véronique Gagné : « Je frappe, je fais des sons, je frappe sur mes foufounes... je frappe et je ne fais pas la baboune ». J'adore celle-là, un bouton de guitare, un bombé, c'est comme si Gros Néné avait fait une toune pour enfants !. La personne qui a composé cette chanson-là avec moi, c'est Frank Godru du Quebec Bluegrass Project. Il y a beaucoup de chansons, comme « Super-héros », c'est lui, donc il m'en écrit encore. Mais un de mes plus grands succès, c'est François qui me l'avait écrit quand ils m'ont écrit certaines chansons là-bas. Ils commençaient à tourner avec le Québec. Cette chanson-là, dans le fond, c'est drôle parce que les « foufounes » en France, c'est le vagin. C'est une place un peu plus vulgaire pour dire ça quand on est en France.

Hugo Lachance : Chapitre 20 : Perdu au supermarché.

Véronique Gagné : « Dans les marchés, c'est le temps de se lancer, brocolis et ananas pour une fois seront à moi ». C'est mon ami de la Gaspésie qui a écrit ça. La première belle pitchounette à se présenter, il lui a offert un cadeau : une boîte contenant des vieilles cassettes. Autographier le nouvel album ou les affiches, c'est là que tu as su créer un lien de confiance avec les enfants.

Hugo Lachance : Comment gère-t-on cet amour inconditionnel ? Quelles sont tes limites, comment tu gères ça ?.

Véronique Gagné : En fait, pourquoi je les aime ? Pour vrai, je les aime vraiment pour vrai. J'adore les kids. Si je vais à l'épicerie et que je vois un enfant, je le regarde et il y a comme une complicité que j'ai avec eux. On a une vibe, même si je suis une adulte et lui un enfant, il me regarde et fait : « Hey, salut ! ». J'ai cette connexion-là. Souvent je leur dis que je suis comme une maman, je vois tout, mais je ne gronde pas. S'il y a des enfants qui poussent, je leur dis doucement que c'est comme une maman, il y a des limites. Je ne veux jamais me faire imposer ce rôle-là, je me dis toujours que ce n'est pas ma job, mais des fois c'est plus fort que moi. Un enfant, le sentiment premier, il va le lire ici, s'il y a de l'amour. Ils veulent sentir ça, sinon en tant que parent tu vas faire : « Il y a quelque chose qui cloche ». Avec Atchoum!, il y a ce grand amour-là. On va passer à la suivante.

Hugo Lachance : Chapitre 21 : Ti-Bedon.

Véronique Gagné : Dans un bel air trade, moi ça me plaît beaucoup.

Hugo Lachance : Les chansons doivent aussi plaire aux parents qu'aux enfants, essentiellement.

Véronique Gagné : Mais celle-là, pour moi, ça a été Pascal qui m'a proposé un trade. Je n'avais pas l'instinct, mais je travaillais pour un festival de musique traditionnelle, je viens d'avoir le flash, et je n'avais pas de musique trade dans mon show. Je me disais que si j'étais invitée dans des trucs trad, j'aimerais ça. La personne qui joue du violon là-dessus, c'est Bruno Chabot, qui est le violoniste de l'Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Je suis vraiment chanceuse. C'est une chanson que je passe beaucoup dans mes shows de Noël maintenant, parce que je n'aime pas avoir des chansons de Noël classiques. C'est une chorégraphie de Gumball. Cette chanson-là m'a vraiment apporté plein de choses, et c'est celle que les parents ou les éducateurs aiment. C'est facile à chanter, tout le monde peut la faire.

Hugo Lachance : C'est ma préférée, je pense, de l'album, vraiment. Chapitre 22 : J'ai peur.

Véronique Gagné : « J'ai peur la nuit, surtout quand il y a du bruit... que la nuit devienne mon amie. Pourquoi avoir peur dans ma chambre à coucher ? ». C'est maman et moi qui faisons les choristes. Quand j'entends cette chanson, je pense automatiquement à la chanson de la nuit de Passe-Partout. J'ai l'impression d'entendre des influences de ton enfance, est-ce qu'on retrouve ça dans ta musique ?.

Véronique Gagné : Oui, moi j'ai beaucoup aimé les compositions des albums de Nathalie Simard. L'album du Village de Nathalie, le premier, la chanson de l'Halloween était épeurante, vraiment. J'ai été très Passe-Partout aussi, mais ma mémoire est plus vieille, c'est plus Nathalie Simard qui m'a marquée. J'ai eu la chance de lui en parler et elle était très reconnaissante envers ses compositeurs qui poussaient vraiment leurs créations. Ça m'a beaucoup marquée. J'étais aussi une fan de RBO très jeune, puis illégalement mes parents écoutaient ça. L'album « Pourquoi chanter », pour moi, c'est un des albums de ma jeunesse. Je chantais le tout sans connaître ce que je chantais. Cette chanson-là, « J'ai peur », je l'ai écrite parce que j'étais allée marcher dans le bois et j'ai commencé à avoir vraiment la chienne. Je me disais que je pourrais croiser une bête, j'ai couru jusqu'au char, c'était ridicule !. Je me suis fait peur toute seule, alors j'ai écrit ça dans le char. Je m'étais donné la peur pour rien, vraiment ridiculement. Des chansons comme ça, ça n'arrive pas souvent, mais souvent les gens, quand ils font des cadeaux, ce sont des berceuses, parce que la jeunesse et les berceuses, ça part souvent de la peur dans la nuit.

Hugo Lachance : Chapitre 23 : Voyage au soleil. On va finir avec « Voyage au soleil », dans un autre ordre d'idée.

Véronique Gagné : Atchoum! a vraiment le goût de partir en voyage. « J'ai mes billets d'avion dans mon sac, mais là il manque mes bagages ». C'est la conclusion de l'album, Atchoum! part en voyage vers un nouvel album sur un air de bossa-nova.

Hugo Lachance : Quand cet album est sorti, est-ce que tu anticipais déjà la prochaine étape ?.

Véronique Gagné : À la fois oui et non. Cette chanson-là, ce n'est pas une chanson dans le fond. C'est juste arrivé en studio, Pascal mon réalisateur a dit : « J'ai écrit quelque chose, je trouve ça cool ». J'ai dit : « Qu'est-ce qu'on fait avec ça ? C'est super répétitif, il n'y a pas de paroles ». J'ai improvisé un back vocal, ce qu'on entend là. Dans le film, ça a été méga pratique, cette chanson-là joue beaucoup entre les vidéos. C'est comme la Tour Eiffel de l'album !.

Hugo Lachance : Ben oui, je pense que oui, mais ce n'est pas volontaire ! Pour la dernière partie de la conclusion, des questions en rafale. 

Chapitre 24 : Top 3. Ton top 3 de l'album en ce moment ?.

Véronique Gagné : Pour moi, c'est 1. « J'ai peur », 2. « Frappe tape » et 3. « Super-héros », parce que c'est une chanson qui vieillit bien. La meilleure chanson en concert, c'est aussi « Super-héros ». On peut se procurer l'album sur la boutique en ligne d'Atchoum! ou sur toutes les plateformes de streaming.

Hugo Lachance : Est-ce qu'un projet de Véronique Gagné sans son alter ego pourrait voir le jour ?.

Véronique Gagné : Peut-être. Il y a une de mes chansons que j'ai osé chanter avec ma vraie voix, on a la traque quelque part. Je ne l'ai pas sortie, mais je vais essayer de la faire avec ma vraie voix. Je sens que certaines chansons se porteraient très bien en « Véro ».

Hugo Lachance : Je termine avec l'article de Mélissa Vidéo dans Le Quotidien du 10 juin 2006 : « Les rêves d'Atchoum! sont maintenant ici... elle aimerait faire le tour des festivals du Québec, être reconnue par ses pairs et le public, tout en gardant un pied à terre au Saguenay ». Qu'est-ce que ça te fait d'entendre la Véronique de 2006 ?.

Véronique Gagné : Je n'ai plus mon pied à terre au Saguenay malheureusement, mais j'ai des amis qui m'accueillent tout le temps, c'est ma deuxième famille. J'ai tout fait ça, j'ai réussi !. C'est le plus vieil article que j'ai trouvé sur toi, ça résume bien ton début de carrière. Aujourd'hui, j'ai commencé à enseigner le démarrage d'entreprise pour les gens qui se lancent en business artistique. Je suis spécialisée en culture et création. J'aide autant des magiciens que des gens qui veulent ouvrir un studio. Je me rends compte que toutes mes erreurs servent maintenant à d'autres.

Hugo Lachance : On doit filer bientôt. 

Chapitre 25 : Le moment du défi !. Je demande à mon invité de mettre au défi un artiste de son choix à venir participer au podcast.

Véronique Gagné : J'aimerais ça que Marco Calliari vienne. Il a un côté super entrepreneurial qui me ressemble. Je ne le connais pas personnellement, mais on se croise et on se respecte beaucoup. Il a un côté festif qui va faire triper tout le monde.

Hugo Lachance : Chapitre 26 : Conclusion. Merci beaucoup de ta présence au podcast. J'avais hâte de faire cet épisode-là. On se retrouve pour un prochain épisode de l’Album Podcast !