Transcription intégrale de l’épisode avec Chou : Blanc
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Nous sommes le 29 septembre 2024 à Terrebonne, dans un magnifique pavillon de banlieue chez Patch, et vous écoutez l'Album Podcast. Et oui, aujourd'hui un épisode bien spécial parce qu'on a une exclusivité exclusive, oui mesdames et messieurs. Mais avant de vous présenter convenablement mes invités, j'aimerais remercier Vlad de chez Hopéra qui commandite l'épisode d'aujourd'hui. Hopéra est une superbe microbrasserie située à Jonquière, aussi un restaurant de pizzas, donc ils nous offrent la bière aujourd'hui, on te remercie beaucoup Vlad.
Juste dire que la mienne s'appelle « Ryan Gose lime », ben oui, c'est ça, il y a des jeux de mots dans tout, c'est parfait.
Moi je bois la « La pilsner Tchèque » qui est excellente, puis Gab a la « Guiness la bonne vitamine ».
Merci Vlad, si vous allez faire un tour dans le coin du Saguenay–Lac-Saint-Jean, arrêtez-vous chez Hopéra. Avant aussi, je tiens à remercier tout le monde qui se sont abonnés, aux auditeurs qui sont là. Merci aux nouveaux abonnés sur les réseaux sociaux, YouTube, Apple Podcast, Spotify, c'est vraiment apprécié, on aime ça quand vous commentez les épisodes.
Maintenant, on retrouve un groupe qu'on a vu, l'épisode a été diffusé le 3 août dernier, la dernière fois qu'on s'est rencontrés c'était au Vieux Palais de L'Assomption en mai dernier. Je suis avec Chou, bonjour !
Chou : Bonjour ! Hello ! Hello !
Hugo Lachance : Et tu nous sors... ben oui, on est ici, je parlais d'exclusivité parce qu'on va entendre en exclusivité avant tout le monde votre prochain album. On fait un épisode régulier, évidemment il n'y aura pas toute l'histoire du band parce que là vous pouvez vous référer à l'épisode du 3 août dernier, mais là vous allez nous présenter votre nouvel album.
Chou : Yes, vraiment content, c'est vraiment cool.
Hugo Lachance : Je suis avec Charles Laplante
Charles : Oui, allô.
Hugo Lachance : Avec Gabichou.
Gabichou : Allô.
Hugo Lachance : Patch.
Patch : Bon après-midi.
Hugo Lachance : Et puis Bruno Bouchard.
Bruno : Bonsoir.
Hugo Lachance : Merci de nous prêter ta cour Patch, c'est vraiment apprécié.
Patch : 100 piastres de l'heure !
Hugo Lachance : On va commencer par votre nouvelle bio, juste pour que le monde vous connaisse un petit peu plus. Donc l'aventure Chou débute en 2018 alors que Bruno Bouchard approche Charles Laplante afin de déjouer l'ennui dans un garage du Plateau-Mont-Royal avec des guitares, ce qui est initialement une tentative de plagiat décomplexé de la musique du groupe Hot Snakes qui dérape rapidement.
Charles : Oui, ben ça c'est du Hot qui a dérapé !
Hugo Lachance : Charles a une belle plume quand même. Moi là, je tiens à féliciter ceux qui prennent le temps de faire des bios qui ont de l'allure, sérieusement c'est vraiment cool parce qu'une bio ça peut être un texte qui est tellement ordinaire, mais la vôtre est tripante, tant mieux. L'expérience tire dans tellement de directions que le groupe n'a pas d'autre choix que de déconstruire le terme « anarcho-punk » afin de créer le seul genre qui puisse réunir toutes leurs influences : le « arachno-punk ».
Charles : L’« Arachno-punk », ça vient de là en fait.
Ah ouais, l'araignée Chou. Non mais c'est juste parce que ça a commencé avec une joke d'anarcho Panda, tu te souviens de anarcho Panda pendant la crise étudiante ? On l'avait appelé arachno Panda puis on s'est dit : « Tabarnac, imagine s'il arrive en costume d'araignée avec une tête de panda, le monde vont capoter », tu sais.
Hugo Lachance : Ça a mal fini pour lui en tout cas…
Charles : … à partir de ce moment-là, à chaque fois que je voyais le terme « anarcho » quelque part, je pensais à « arachno ».
Bruno : L'hybride panda-araignée était plus organique, il y avait vraiment quelque chose de « body horror ».
Charles : Finalement on a juste transposé ça parce qu'on ne savait pas comment décrire notre musique puis on s'est dit que « arachno-punk » c'est drôle, les dyslexiques vont penser qu'on est du « anarcho-punk ».
Hugo Lachance : Même ceux-là qui ne sont pas dyslexiques, moi je me suis fait prendre au dernier épisode.
Charles : C'est ça, mais je te dirais que le ratio de monde qui se font prendre avec ça est pas mal de 70-30.
Bruno : Moi je serais plus généreux que ça.
Charles : Ben 90-10, c'est généreux. Non, mais il y en a quand même qui font comme « arachno-punk », c'est correct, mais d'habitude quand je lis des reviews, ils disent souvent « anarcho », moi ça ne me fait rien comment ils l'appellent.
Bruno : Ouais, moi aussi ça ne me fait rien comment ils l'appellent.
Hugo Lachance : Là on continue avec l'ajout : la formation prend son envol avec l'arrivée de la belliqueuse Gabrielle Oltra à la batterie et du tonitruant Patrick « Patch » Chagnon. Eh, d'ailleurs on a des liens familiaux nous autres, hein ?
Patch : Ouais.
Hugo Lachance : On ne l'avait pas mentionné la dernière fois, mais ta cousine c'est la mère de ma fille. Bon, le premier album du groupe, une collection homonyme de leurs compositions pré-pandémie enregistrée au rythme du couvre-feu, est lancé en plein déconfinement, donc votre premier album voit le jour en mai 2022.
Chou : Yes, yes !
Hugo Lachance : Suivront ensuite un EP de reprises intitulé Rose en 2023 et un deuxième album encore plus bruyant répondant au nom de Blanc en 2024.
Bruno : Ça fait qu'on peut dire qu'on va faire « chou blanc », ah ouais c'est ça ! Donc on est là pour l'album qui va... c'est ça, vous allez faire Chou blanc.
Hugo Lachance : On est ici pour présenter votre deuxième album qui s'appelle donc Chou blanc. Description de l'album : là je lis les trucs que vous m'avez envoyés, vous avez intégré des noms d'artistes qui vous ont influencés pour chacune des chansons. On y retrouve entre autres : Drogue, Le NOmbre, Majesty, Hot Snakes (quatre fois), Cloud Nothings, Galaxie, Radio Activity, Thee Markman, Karkwa, Rocket From The Crypt, et cetera, et cetera. Patch a une face, il n'est pas au courant !
Patch : Mais tu sais, je t'ai consulté à chaque fois !
Bruno : Oh ouais ouais.Mais j'ai fait ça pour le... a
Charles : Ah ouais ouais. Ah oui OK OK OK, je ne savais pas d'où ça venait, je pensais que c'était moi.
Hugo: Non, parce que dans la description, il y a comme plein d'influences, vous avez misé là-dessus. Fait que ma question, Bruno : t'es-tu enfin débarrassé de tes influences de Queens of the Stone Age ?
Bruno : Non, non, ma réponse finale est non !Question pour les auditeurs dans les commentaires : pourquoi Luc Senay faisait la split à Guerre des clans ? Je me suis posé cette question cette semaine et je ne comprends pas.
Charles : C'est pour attirer le monde ?
Bruno : Oui, je pense qu'aujourd'hui tu fais un show puis le gars fait la split à la fin, ça ne passe pas. Pourquoi ? Je pense que ça ne passe pas.
Hugo : Écoute, moi je pense que c'est une marque de commerce,
Bruno : oui, mais quel genre de commerce ?
Hugo : La première fois qu'il s'est dit « je vais le faire », je ne sais pas si toute l'équipe s'est dit « ah c'est cool », mais là tu ne peux pas le faire une deuxième fois, comment il a réussi à faire passer ça au conseil?
Patch : C'était peut-être une gageure aussi?
Charles : c'est plus facile à faire quand tu mesures cinq pieds, faire la split d'après moi.
Bruno : On salue Luc Senay!
Hugo Lachance : Ça l'a créé un semi-concept sur l'échec, donc votre thème de l'album c'est l'échec, c'est ça ?
Charles : Ouais ou autre chose, mais tu te rends compte que tout ce qui te fait rire dans la vie, c'est le monde qui vivent des échecs. C'est juste sorti de même puis il ne faut pas le lire trop avec de la profondeur non plus.
Hugo Lachance : Non, mais je trouve ça super intéressant.
Charles :: Ouais, mais il y a quand même des degrés d'échec dans les chansons, à peu près dans toutes là.
Bruno :Puis l'affaire c'est que Charles sort ça nonchalamment que l'album parle d'échec. Je suis comme « hein ? », je lis les textes et je fais « ah ouais, ah oui c'est ça », en rétrospective ça collait là.
Hugo : Ça fait très bien avec le titre Chou blanc.
Bruno : Ouais ouais, ben c'est parti juste du jeu de mots « Chou blanc » puis après on a comme tissé des liens là-dedans, mais ça fait longtemps qu'on sait qu'on va appeler l'album Chou blanc. Il n'était pas composé au complet quand on le savait.
Hugo Lachance : Ça fait combien de temps qu'il est composé cet album-là, il me semble que la dernière fois qu'on s'est vus c'était fait ?
Bruno : Ben ça fait un peu plus qu'un an parce qu'on a commencé à enregistrer
Gabichou : La fin de semaine du 23 septembre, on a enregistré.
Bruno :: Oui, d'enregistrer, mais de composer ça fait plus longtemps un petit peu, ça fait presque deux ans en fait.
Hugo Lachance : Ah ouais, OK.
Bruno : Oui, il y a des chansons qui datent de deux ans pour nous autres, ce n'est pas un nouvel album. Il y a des chansons qui étaient supposées être sur le premier album. « J’ai chaud », qui s'appelle maintenant « Ça plombe », on l'appelle « G », elle était supposée aller sur le premier album. On avait traqué le drum mais pas au bon tempo puis finalement on s'était découragés en cours de route, mais elle était supposée aller sur le premier album.
Charles : « Rien » aussi, l'instrumental est là depuis vraiment longtemps.
Bruno : On l'a mise tout de suite après le premier album, quand on a recommencé à faire de la musique les quatre ensemble, c'était « Rien » la première toune qu'on a faite en band quand tu es revenu au local qu'on a jammé.
Hugo Lachance : OK, bon c'est parfait. Quoi qu'il en soit, ce deuxième effort plus énergique et urgent que son prédécesseur fait mouche et traite de l'échec, qu'il soit environnemental (« Il va y avoir des morts »), économique (« Tirelire ») ou amou reux (« Rien »). Toutes des choses que vous avez vécues ?
Charles : Non, même pas en fait ! Ben oui, tu sais on a vécu des séparations mais je veux dire ce n'était pas aussi pathétique que ce dont on parle.
Bruno : Parle pour toi !
Charles : Ah OK, je ne suis pas au courant, mais bon ! Ouais, il y a des affaires là-dedans qui sont inspirées mais tu sais, d'habitude on va dans la caricature assez raide.
Hugo Lachance : Votre musique et vos textes sont axés aussi sur l'humour et l'exagération. Mais donc, plus énergique, ce serait quoi la différence au niveau de l'énergie justement dans la musique ?
Charles : Ben Gab frappe plus fort!
Bruno : elle s'entraîne tous les jours à cinq heures du matin, elle s'entraîne tellement qu'elle est rendue cut là, j'ai peur !
Hugo Lachance : Ouais, je sais, j'ai vu des photos de son dos sur Instagram.
Gabichou : Oui, de mon dos, elle a déjà purgé !
Bruno : On purge bien. Mais le dos est toujours là par exemple.
Hugo Lachance : Parfait. Donc un album plus énergique, moins relax ?
Charles : Ouais, c'est ça. Dans le premier album, il y a des bouts comme l'intro de telle toune qui sont plus relax, mais là dans celui-là, c'est pas mal tout le temps dans le tapis.
Hugo : Écoute, moi ça fait cinq mois que je l'écoute à peu près cet album-là, tu m'as envoyé les fichiers, puis c'est vrai que c'est un album qui est vraiment plus énergique.
Gabichou : Ça paraît qu'on est les quatre depuis le début, on est les quatre ensemble puis c'est pour ça que c'est beaucoup plus énergique aussi que le premier parce qu'on a tout chacun mis notre...
Charles : ouais c'est ça, les instruments sont traqués ensemble, il n'y a pas de clic, c'est plus concis comme album.
Patch : On continue l'entrevue, il n'y a pas de stress, il y a quatre enfants ici qui gambadent un peu partout.
Patch : Ah ouais, j'ai pas mon... je vais juste déposer mes choses et continuer à jamer. Oui, pas de problème, je vais revenir s'il y a de quoi.
Bruno : Si on l'entend crier « hey lâche ta sœur ! », c'est normal.
Hugo Lachance : Ben là justement j'étais rendu à une autre question, mais on parlait de l'énergie puis de la différence au niveau des compositions.
Bruno : En fait quand on est arrivés aussi avec les maquettes pour l'album Blanc, il y avait beaucoup de tounes que Gab m'a regardé et a fait : « Non, ça ne se joue pas ça, ça c'est trop vite, trop fort, trop non ». Puis finalement maintenant, c'étaient ses préférées.
Hugo : Exactement la même affaire qu'au dernier épisode, c'est de même. Mais bravo parce que ça sonne vraiment bien, le drum est vraiment très cool aussi.
Bruno : Je savais, je savais qu'elle était capable !
Gabichou : Oui c'est sûr.
Bruno : Moi tu vas voir, elle va me dépasser puis elle va être capable de tout faire. Tu vas voir, je vais arriver avec des maquettes pour dire « je ne joue pas ça parce que c'est trop simple » !
Hugo Lachance : Donc le groupe refait appel à l'architecte sonore David Fournier pour le mix, mais aussi pour l'enregistrement. Parmi les faits notables de la création du disque, il faut mentionner les apports créatifs des invités : Catherine Jeanne-D’Arc du groupe Charogne et Simon Turcotte de Guhn Twei On retrouve aussi quelques grains de la voix unique de François Chagnon. François est pratiquement le cinquième membre du groupe.
Charles : Ouais, c'est comme notre marque de commerce. Dans Mastodon avant, il y avait toujours Scott Kelly, c'est François notre Scott Kelly. Ah ouais, mais il n'a pas battu son enfant fait qu'on espère qu'il va mieux ! Hugo Lachance : Oui, oui, oui, sur l'album de Teck il est là, fait que je le traîne depuis un bout. OK, puis David Fournier a fait le mix et la prise de son, ça c'est Bruno qui nous a mis en contact avec David, il avait déjà travaillé avec lui.
Bruno : L'album Chou du band Chou, nous autres ça avait été enregistré par nos propres moyens puis après ça on a fait faire un mix par David. Là cette fois-là, on s'est dit : « Pourquoi on n'irait pas tout lui faire faire ? ».
Bruno : OK, est-ce que vous avez enregistré chez vous finalement ou pas cette fois-là ? Mais pour le futur c'est ça le plan. On aimerait ça enregistrer chez nous
Hugo Lachance : Parce qu'au dernier épisode, tu disais que tu voulais construire un studio chez vous.
Bruno : Là ça fait plusieurs mois qu'on répète dans le studio, je pourrais dire que le premier jam dans le studio on s'est tous regardés puis ça ne marchait tellement pas là, tu ne peux même pas t'imaginer à quel point tout sonnait fort mais on n'entendait rien. C'est comme si ça créait un vide puis ça nous tirait l'intérieur de l'oreille,
Charles : Moi personnellement j'ai failli lâcher le band ce soir-là.
Hugo Lachance : Ah ouais ?
Bruno : Non mais tous les soirs !
Hugo Lachance : Mais qu'est-ce que tu as fait pour remédier à ça ?
Bruno : Oh j'ai mis plein de cochonneries, j'ai tout rentré ce que je pouvais puis là il y a de la densité. Mais idéalement, éventuellement, ce serait de faire le traitement acoustique mais ça c'est d'autres argents que je n'ai pas. Parce que là on vient de parler qu'on a enregistré au studio Mandragore. Ouais ça coûte des sous enregistrer en studio, c'est sûr. C'est de l'argent qu'on n'a pas d'ailleurs, là je vous annonce en primeur qu'on va partir un GoFundMe pour débarrer Charles Laplante du Couche-Tard. Il a fait... mais en fait peut-être pas en primeur parce que sûrement que le GoFundMe va partir avant. On part avec ça, j'appelle la personne pour l'objectif. 1200 piasses, on ne sait pas comment faire pour le débarrer. Une forte somme,
Hugo : tu dois combien au Couche-Tard ?
Charles : Contractuellement, je ne peux pas en parler.
Hugo Lachance : Combien tu penses ?
Charles : Je ne sais pas, une coupe de mille.
Hugo Lachance : Bon écoute, on fait appel à tout le monde dans la description.
Charles : Au pire, tu peux y aller puis tu vas attendre.
Bruno : Ouais mais je ne peux pas tout le temps te tenir par la main, il faut que tu voles de tes propres... OK, OK c'est bon ça.
Hugo Lachance : Il faut également préciser que le noyau des treize chansons a été enregistré live sans clic au cours d'un même week-end de l'automne 2023. Quoi d'autre ? Vous avez fait ça sans clic cette fois, racontez-nous votre expérience de studio.
Gabichou :C'est sans clic, c'était ça on voulait, puis en même temps on voulait que ça donne une énergie un peu plus naturelle. Puis ça paraît dans ton jeu je trouve, est-ce que ça... le tempo augmente un petit peu vers la fin ? Mais c'est juste parce qu'on est tellement dedans, la toune fait juste monter d'une coche encore plus. Je trouve ça nice, mais ouais on y tenait que ça soit plus naturel.
Hugo Lachance : Comment vous avez enregistré ça dans le sens que, est-ce que c'était tout le monde ensemble ou c'était juste guitare, drum et basse ?
Bruno : On avait répété, ben pas avec le clic, on avait répété ensemble. Mais tu sais quand j'ai proposé qu'on n'enregistre pas de clic, il y avait de la nervosité au début, je me souviens de ta réaction, c'était « ben non ». Puis tu sais « OK, mais qu'est-ce que ça va apporter ? », puis faites-moi confiance, ça va avoir un côté plus organique. Moi ce que je trouve le fun c'est que Charles avait appelé Gab « le métronome humain » depuis un bout puis tu sais, on enregistrait sans clic et il a prouvé que c'était quelque chose parce que crime elle est tight! On l'a fait. Ben oui, ben oui, ben oui non mais tu sais tu peux dire quelque chose puis y croire là, mais on l'a fait puis on pouvait vraiment se fier sur son tempo, ça fonctionne.
Charles : Bah tu sais moi quand j'avais d'autres drummers dans mes bands, il fallait tout le temps que je me revire pour savoir s'ils allaient être là quand j'allais embarquer sur l'affaire. Gab, je ne la regarde jamais dans un show, pas du tout.
Hugo Lachance : Non mais vous avez les fondations qu'il faut, vous avez de très bonnes fondations.
Gabichou : Mais je suis contente de l'avoir fait parce que c'était vraiment une expérience... ben c'était super le fun, mais c'est là que je réalise à quel point... puis nos tounes ce ne sont pas des tounes simples à faire au drum non plus. Il y a des bouts de guitare et de basse qu'on pouvait repasser par-dessus puis s'arranger ça, mais le drum, il fallait que du début à la fin je ne fasse pas un faux pas, pas une erreur, fait que c'était vraiment comme très, très, très... je finissais une toune et j'étais tendue au bout parce que j'étais tellement focus. Mais tant mieux parce que ça... ben non mais tant mieux !
Hugo Lachance : Puis vous l'avez fait en une fin de semaine,
Gabichou : deux jours et demi ? Ben setup et drum, puis le tuner ça a été un soir complet. Le lendemain vendredi, samedi jusqu'à dimanche à peu près.
Charles : Puis la voix aussi, ça a été fait dans d'autres sessions en plus. J'ai commencé, j'étais en fin de COVID puis je sonnais comme un poumon perforé, il a fallu qu'on refasse des tracks parce qu'il y avait un sifflement. Moi je ne le sentais pas quand je le faisais mais après je faisais ça et ça sortait, en tout cas c'était bizarre.
Gabichou : Quand tu n'écoutes bien on l'entend, on entend ton restant de COVID !
Hugo : Ah ouais, moi je l'ai entendu. Il faut dire qu'avec la fréquence là-dedans, j'imagine que ça ne se perd pas mal. Fait que c'est ça, puis qu'est-ce qui a évolué depuis le premier album à part le style musical ?
Charles : Ben je pense que tu sais il y a comme un peu plus d'influence métal sur le surtout sur le deuxième bord parce que tu sais je dirais comme « Pin » c'est du Deftones quasiment, ouais d'accord !
Bruno : Ouais mais aussi c'est vraiment le premier album qui a été composé avec nous quatre. Il n'y a pas quelqu'un qui s'est greffé en cours de route fait que tout le monde a pris sa place. Il y a beaucoup de tounes où ça a été composé quand je venais ici avec ma fille puis elle jouait avec la fille de Patch, fait que les enfants jouent ensemble et nous autres on joue ensemble, puis c'est comme ça qu'on a composé les tounes. Puis tu sais moi ce que j'aime avec travailler avec Patch, c'est qu'il ne lâche pas, pas juste les enfants, il ne lâche pas quand il y a quelque chose, une harmonie qui manque. « OK non, ben ça je ne le jouerai pas à l'unisson, je rajouterais ça », tu sais il y a comme la théorie musicale puis ce genre de magie-là fait que « OK, je pourrais faire ça puis ça ferait l'affaire ». Je regarde et je fais « oui oui oui oui », puis tu sais je lui fais confiance là-dessus, il a vraiment réussi à travailler la composition pour aller chercher de la profondeur dans les arrangements que peut-être sur le premier album il y avait moins ça.
Hugo Lachance : Ben moi je suis d'accord parce que j'écoute les tounes depuis un bout puis ça paraît, ça paraît que la sauce a pogné, que Chou est devenu Chou. Puis je pense que ça c'est la part de tout le monde, ça paraît que vous travaillez ensemble maintenant. Parce qu'il faut dire que sur le premier album, tu es arrivé comme après toute la composition, tu as même refait des tracks de basse. Comment ça a été pour toi de composer ce deuxième album-là?
Patch : avec ou sans les enfants ?
Hugo : Je comprends tellement, je suis quand même propriétaire de trois enfants moi aussi,
Patch : là j'en ai trouvé trois sur quatre fait que ça me donne 75 % de ratio, tu as la note de passage. C'était quoi déjà ta question ?
Hugo : Ouais non, comment tu as trouvé ça, ton approche des chansons avec Chou pour une première fois ?
Patch : Souvent la recette c'est que je reçois une track de guitare, grosso modo souvent avec du drum, puis la page est blanche pour la basse. J'écoute ce qui se fait, après ça je téléphone à Bruno et je lui dis : « J'ai besoin de savoir c'est quoi tes accords », puis il me regarde et me dit « je vais t'envoyer une vidéo ». Il m'envoie une vidéo, je regarde ça, ça, ça, puis comme je disais après ça je construis toujours à l'entour, je j'ai... on dit la racine, après ça je vais jouer la tierce, la quinte, la quarte, après ça je vais inverser la sixième, je joue tout le temps comme ça. Ça ne paraît pas quand tu l'écoutes mais si tu isoles la guitare et la basse, tu vas remarquer « ah, il joue quelque chose de carrément à côté »,
Hugo : tu ne joues pas la même affaire.
Patch : Le plus bel exemple que je peux donner c'est dans la longue toune, le titre est très long : « Offrande au dieu de l'indifférence ». Bruno utilise un effet puis quand j'écoute l'effet, j'écoute les notes que l'effet fait. OK il joue la racine puis c'est une quarte en dessous, OK fait que là souvent je pars sur une ligne, je monte, je redescends, je monte, je redescends. Ça ne paraît pas parce que dans ce qu'il joue c'est déjà là.
Bruno : Moi ce que j'aime là, c'est que principalement Charles pis moi on est vraiment des andouilles puis c'est bon pour les gars de jouer avec Patch parce que des fois il me sort « ah tu as fait une septième quelque chose » puis la façon qu'il en parle, c'est du génie.
Patch : Oui mais c'est fortuit, c'est 100 % fortuit,
Hugo : c'est le genre de gars qui vous rend plus intelligent, qui vous fait paraître plus intelligent, on a besoin d'un gars de même.
Charles : C'est quand même vrai, si on était juste comme quatre Charles ou quatre Bruno, ça serait l'anarchie, un band de quatre Charles, moi je veux entendre ça, tu m'invites à ton premier show !
Charles : En fait Chou, c'est comme un bon chili, tu sais il y a du picard aussi, de la petite viande, des petits poivrons, belle analogie.
Charles : C'est qui les poivrons ?
Bruno : Les épices, ouais exact, cool
Hugo : Fait que le titre c'est Blanc, l'année il sort quand l'album ?
Charles : Le 18 octobre 2024. Yes, pour ça qu'on est en primeur.
Hugo : Label : Folivora Music.
Charles : Eh, c'est quoi ça, Folivora ? Vous signez avec Slam ? Non. Folivora. Musiciens : Bruno Bouchard, guitare, voix, paroles. Charles Laplante, guitare... la voix aussi ? Non.
Charles : Je ne joue même pas de guitare sur cet album, sur l'album.
Bruno : Tantôt il a déposé ma guitare puis il a pété une corde avec la guitare déposée, ça c'est son niveau de skills.
Charles : Ouais mais j'en joue un peu en show, mais sur l'album non, j'aurais pu le faire mais on s'est dit « ah non ».
Bruno : Mais les prochains on va composer plus étroitement puis je veux qu'il y ait des tounes qui soient en chantier. Je sais que la dernière entrevue on a parlé beaucoup de l'album qui s'en venait mais si tu veux c'est le même band, mais c'est ça, fait que je veux que Charles rajoute plus de ses riffs. Comme mettons sur le premier album, c'était beaucoup de ses riffs aussi. OK, fait que ouais on retourne aux sources.
Hugo : Mais dans cet album-là est-ce qu'il y a tes riffs ?
Charles : Minimalement, je pense dans la dernière toune j'ai un riff, puis je ne sais pas tu sais mais il y a toutes sortes d'editing qu'on a fait en gang que je me souviens plus mais j'ai peut-être rapport avec d'autres affaires aussi. Mais c'est plus les paroles que j'ai été vraiment pas pire.
Hugo Lachance : Ouais non, GabrielleOltra, batterie et puis au back vocal c'est ça ? Non tu chantes pas toi ?
Gabichou : Bien peut-être, on essaie tout le temps.
Bruno : Mais en live checke-la, elle chante absolument toutes les paroles, ah ouais OK, en jouant, ouais par réflexe.
Hugo Lachance : Ouais c'est bon ça. Puis Patch à la basse, est-ce qu'il y a d'autres musiciens ?
Charles : Il joue du piano aussi, c'est vrai. Ouais il y a une petite track de piano dans le fond dans le bridge de « Faut qu'il trouve », ouais faut qu'il trouve, je ne l'ai pas entendu. C'est juste que je ne l'isole pas, je l'ai écouté quand même beaucoup votre album, tu joues du piano ?
Patch : Oui sur cet album-là oui, j'ai joué une ligne de piano, on va rigoler parce que....
Hugo Lachance : C'est qui les autres musiciens à part les vocalistes François Chagnon et Catherine Jeanne d’arc Mixage : Alain Douches. Mastering : Alain Douches. Ouais Alain Douche.
Patch : Salut Alain Douche, il ne comprend pas le français.
Bruno : on ne sait pas!,
Charles : Mais en tout cas par e-mail il est juste en anglais,
Hugo : peut-être qu'il comprend mais il ne vous l'a jamais dit, c'est ça. David Fournier a fait le mix et la prise de son.
Hugo Lachance : Période d'enregistrement, vous avez fait ça quand ?
Charles : Ben ça fait un an qu'on a fait le week-end d'enregistrement du cœur fait que le reste est allé jusqu'en avril-mai de cette année-là. C'était ça en septembre qu'on a enregistré, c'était en septembre, ouais ça fait un an on célébrait le premier anniversaire.
Hugo : Puis là il y a treize pistes sur l'album. Puis là la pochette, j'avais hâte d'arriver à ça parce que la pochette regarde, on va la mettre là, attention magie : un, deux, trois ! Qui a eu cette idée pour la pochette ?
Charles : C’est moi!
Hugo : Bravo parce que la pochette c'est la pochette de l'Album Blanc des Beatles puis avec un masking tape c'est écrit « CHOU »,
Gabichou : écrit par son fils en plus.
Hugo : Ah ouais OK, c'est vrai j'ai vu ça, j'ai trippé.
Charles : C'est drôle, le monde aime ça pas mal. Philippe... j'ai rencontré Philippe Renaud au FME puis il était crampé de la pochette.
Hugo : C'est drôle parce que toi quand tu m'as envoyé les tounes, il y avait une espèce de pochette faite avec l'intelligence artificielle. Ouais c'est ça, c'est un chou avec plein d'affaires. Là tu me dis « non non, ce n'est pas ça la pochette, t'inquiète pas », je suis comme OK cool parfait.
Bruno : Puis moi j'avais ça dans la tête mais quand j'ai vu la pochette, ah si j'ai trouvé ça drôle. Mais ce qui est drôle c'est qu'entre nous autres, aussitôt qu'on a eu enregistré, on a commencé à se dire que la pochette allait falloir qu'on commence à checker ça right now. Puis on a balancé toutes sortes d'idées puis j'ai dit : « Check, je vais demander à mon bassiste dans mon autre band, il a déjà fait la pochette du band que j'avais avec Patch qui s'appelait Wee. Lebastien Segault ». Sébastien Legault, C'est Lebastien Segault, c'est vrai, pour ne pas qu'il y ait de poursuites. Puis c'est ça, je fais juste pousser l'idée « ouais on pourrait faire carrément un rip-off de l'Album Blanc des Beatles ». Puis il était crampé et était à fond puis a fait « ouais ben je pense qu'on a finalement des bonnes idées ».
Charles : c'est que quand Seb est arrivé dans le projet, lui a poussé l'idée à fond de ne pas juste rip-off la pochette. Moi j'étais juste comme « on fait ça pour l'extérieur, le front », mais là ce sont intégralement des designs que tu trouves dans la pochette originale
Bruno : puis il est allé dans le détail en plus parce qu'il est directeur, il a fait ça professionnellement. Il a vraiment été chercher la même police d'écriture,
Hugo : il l'a refaite la pochette. Ce n'est pas la pochette avec un tape dessus,
Bruno : non non non. C'est la pochette de Charles avec un tape dessus mais pour ceux qui vont avoir la copie vinyle parce qu'on va sortir un vinyle le 17 octobre, la veille, tout l'intérieur est calqué un pour un. Il s'est fait un template basé sur l'Album Blanc des Beatles, il l'a copié. Sur la puck du vinyle, les Beatles ont une pomme verte : Chou a un chou ! On est allés jusque-là, on essaie vraiment de s'attirer des poursuites ou quelque chose. Le chou qui est là, c'est un chou qui a volé straight sur Loblaws, du Couche-Tard. Tenez-vous bien Nintendo, les avocats de Nintendo sont teigneux à fond !
Charles : C'est vrai qu'au-delà de l'échec, le deuxième thème sous-jacent de l'album c'est le copyright infringement
Hugo Lachance : Carrément,Folivora ont réuni leur armée d'avocats.
Patch : Ouais ben je pense que quand ça va arriver, ils vont trouver ça ben niaiseux de s'en prendre à nous. Parfait ça.
Hugo Lachance : aà souhait. Conception de la pochette : Lebastien Segault, est-ce qu'il y a de la photo ? Photographie de pochette ?
Patch : Il y a un montage de toutes sortes d'affaires mais tu sais ce n'est pas un photographe, c'est Lebastien Segault qui est allé sur notre page puis a ramassé des photos, il a fait un montage. On a regardé ça, on a fait « ben ouais c'est le montage du poster », il a pris le montage parce que dans l'Album Blanc des Beatles, il y a un dépliant avec les paroles d'un bord et l'autre bord c'est juste un montage photos, puis c'est vraiment la position est répliquée pile-poil sur le montage des Beatles mais c'est plus des niaiseries là.
Hugo Lachance : Là votre lancement c'est le 17 octobre au cabaret Foufounes Électriques. Puis là vous allez avoir des vinyles supposément. Allez-vous avoir d'autres formats ?
Bruno : Ouais on n'a pas fait de CD, on n'a pas fait de cassettes. Digital évidemment.
Patch : Pas de 45 tours. Non, je ne sais pas répondre quand tu me dis ça, je ne sais pas c'est quoi un 45 tours quand il me parle de même, j'ai l'impression qu'il me parle en noir et blanc Bruno.
Hugo : C'est un petit vinyle avec un gros trou dedans.
Charles: Tu viendras chez nous, je vais te faire un petit cours accéléré.
Hugo Lachance : Ah c'est bon ça ! Est-ce qu'il y a d'autres choses à ajouter sur la conception de l'album ? Avec un blanc comme ça, j'imagine que non. On l'écoute dessus ? Et ça c'est un jeu de mots de qualité !
Bruno : Ca c’est un jeu de mots de qualité. Ben j'ai aimé ça !
Hugo Lachance : On l'écoute-tu cet album-là? on va commencer par « Il va y avoir des morts ». Arrête tout ce que tu fais, je t'ai fait un petit cadeau.Fait que j'ai une bonne puis une mauvaise nouvelle pour toi, on crisse le feu puis on réclame aux assurances, on scrape notre planète puis on déménage sur Mars. La bonne nouvelle c'est que je t'ai acheté un chat pour pas que tu réalises qu'il est peut-être déjà trop tard.
Charles: c'est comme un père de famille qui est légèrement hystérique puis qui ne sait pas trop comment expliquer les affaires à ses enfants pour ne pas que ça soit apeurant.
Hugo: Mais c'est vraiment bon là, ça commence évidemment par une petite intro relaxe. Pour l'album ça décolle assez fort, le son est super bon.
Charles : Ça ne pouvait pas être autre chose qu'un opener d'album en fait.
Bruno : Ça a été composé pour ça, au moment où je l'avais composé on avait le show des Francos qui s'en venait puis ça prenait une toune qui punche pour ouvrir. J'ai essayé toutes sortes d'affaires puis à un moment donné il y a ça qui est arrivé. Puis quand Charles est venu faire les paroles chez nous, je n'avais pas fini d'écrire les paroles. Moi j'ai confiance, Charles il vient chez nous, il n'est pas préparé, il est mal rasé, il a semi mangé, il a soif, il a tous ses besoins tu sais. Lui s'il était un dash de char, toutes les lumières seraient à .on.!. Fait qu'il arrive puis là je lui fais lire mon texte, tout ça, puis il dit « ouais je ne suis pas sûr de telle affaire », il ramène des affaires. Puis là à un moment donné j'ai dit : « J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi », moi je savais que c'était comme ça que je voulais commencer la toune. Puis je voulais que ça switche de moi à Charles, mais je n'avais pas la bonne nouvelle. Puis à un moment donné en écrivant les paroles, il y a un chat qui passe dans la fenêtre puis là Charles puis moi on se regarde, puis là on a l'idée de dire que la bonne nouvelle c'est que je t'ai acheté un chat pour pas que tu réalises qu'il est déjà trop tard. Puis là on écrit ça, on est crampés de rire, on a de la misère à le chanter tellement qu'on est crampés. Puis moi je dessine un petit chat à main, toute lette, puis pendant longtemps on s'était dit « c'est ce dessin-là que je scanne et qu'on met sur la pochette ». Mais ce soir-là quand on a enregistré la version maquette pour la première fois c'était ça la pochette,
Charles : je veux qu'on le mette sur un t-shirt,
Bruno : le chat il est tellement laid. C'est écrit « CHOU » dessus, il est vraiment écrit par un gars crampé, en tout cas c'est fabuleux, c'est un bel inside.
Patch: tu souviens-tu où tu as trouvé ce riff-là ? Je m'en souviens, non fait que c'est un bar qu'on aime, il fait très noir dans ce bar-là, tout est peinturé en noir sur Sainte-Catherine. Tu as essayé ça pendant le soundcheck au Piranha !
Hugo Lachance : Yes pour vrai vrai ?
Patch : Ouais, pendant le soundcheck tu as gossé sur deux accords puis c'est parti, oui je t'ai filmé sur le stage, tu as raison.
Charles : Ça rajoute une portée dramatique d'avoir trouvé le riff au Piranha, crime on a déjà joué là.
Bruno : Mon but ce serait de faire un show au Piranha que ça soit le pire show au Piranha puis que dans sur le flyer ça soit écrit genre qu'on va faire le pire show qu'on peut, genre qu'il va y avoir des fausses notes, on ne s'accordera pas. Charles va oublier ses paroles, on va demander au soundman spécifiquement que ça sonne le cul, ouais je veux vraiment qu'on rende justice à cet établissement puis qu'on donne un set qui est à sa mesure.
Hugo Lachance : OK, on a joué là aussi avec WD-40, ouais on les salue la gang du Piranha ce n'est pas si pire que ça !
Patch : Ouais ce n'est pas pire, ça va bien.
Hugo Lachance : Pour nous autres c'est correct, le plafond n'est pas haut quand tu joues du drum en arrière. Fait que c'est ça, donc c'est bon pour « Il va y avoir des morts ».
Bruno : Juste faire une parenthèse, j'ai une grosse poignée de fils dans les mains, pas parce que je veux faire comme un chanteur hardcore, écoute ça buzze si je touche au micro ça buzze. Tu m'as amené une mixette à fourneau, ce n'est pas vrai que je vais faire ça, j'ai mis une cravate Seigneur, fait que j'ai un moton de fils. Tu dis quoi ?
Hugo Lachance : Tu me fais penser à Phil Anselmo!
Bruno : I had the worst back surgery
Hugo Lachance : Chapitre 8 : « Je fais attention ». Après trois ans de pandémie, force est de constater que le monde ne tourne plus rond. Il suffit de lire les commentaires sur n'importe quelle publication de réseaux sociaux pour s'en rendre compte. C'est là que se trouve l'inspiration pour « Je fais attention », une ritournelle abrasive et accrocheuse qui traite d'isolation volontaire envers ses proches et pousse à l'extrême le concept de complotisme.
Charles : Ouais, c'est plus pour rire des complotistes un peu en exagérant, en donnant la forme la plus exagérée délire que tu peux pas trouver là. C'était ça le but. Mais moi, c'est surtout l'instrumental qui m'intéresse dans cette chanson-là parce que Bruno, à un moment donné, il arrive puis il m'envoie ça. Là, je suis comme : « Je vais dégueuler ! ». Mais par exemple, après deux ou trois écoutes, c'est comme : « Criss, c'est bon ! ». Puis là, finalement, il a quand même fallu que je muselle Bruno parce qu'il en aurait mis dans toutes les tounes. Quand il a sorti sa pédale mauve pour la première fois, il a comme pogné quelque chose.
Bruno : Ouais, puis cette fois-là, ce soir-là quand j'ai composé cette toune-là, je me suis dit : « Non, il faut que je fasse quelque chose, c'est trop bon, ça me donne envie de vomir ». J'ai envie de vomir physiquement ! Puis là, j'essaie de faire un riff parce que, tu sais, comme Charlie fait avec sa voix... il le fait encore. Puis si c'est juste... tu peux pas rien discerner. Il faut que je fasse des grands intervalles entre chaque note. Fait que ce riff-là, j'ai essayé de faire que je passe des grands intervalles pour que, justement, l'effet il beurre pas trop ton effet.
Hugo Lachance : Ouais. Pour les nerds, c'est quoi ton effet? Comment tu fais ça ? Ouais, vas-y, vas-y !
Bruno : Non, c'est un secret. C'est comme le poulet frit : tu demandes pas au Colonel Sanders c'est quoi sa poudre.
Charles : C'est comme le sirop pour la toux : Krusty le clown ! En plus, c'est mauve.
Hugo : Non, mais c'est tu le genre d'effet : tu arrives en show et ça marche pas?
Bruno : non, il marche tout le temps. Il est fiable puis je l'aime. Quand j'ai fait cette toune-là le soir, je fais la toune puis je chuchote des paroles de merde en me disant qu'il n'y a aucun moyen que je fasse une toune avec ça. J'ai fait ça dans mon salon avant d'aller au studio fait que j'ai chuchoté pour pas réveiller ma fille. C'est minable, la performance est minable. Charles il écoute ça avec sa blonde puis ils sont crampés. Elle est comme : « Moi je fais ça tel quel, c'est une toune ! ». J'ai dit : « Pour vrai ? ». Ouais, puis tu sais, tu n'as pas changé grand-chose par rapport à cette version-là. Mais quand je me suis couché ce soir-là, je palpitais parce qu'elle était trop intense puis c'était trop weird. Tu sais, là avec le band, on a réussi à comme arrondir les coins ronds là, mais la première version c'était comme... pas bien. Juste, j'ai le droit de faire ça ? C'est permis ?
Charles : J'ai créé ma phrase préférée de toute l'histoire du band là : « Est-ce qu'on est vraiment les seuls munis de télécommunication ? ».
Bruno : Mais il y a des modifications comme ça, mais celle-là, c'est vrai qu'elle est bonne. Bonne allitération !
Hugo : Moi j'ai jamais entendu ça un son de même.
Bruno : Mais je pense pas qu'une guitare est supposée sonner de même. C'est précisément pour ça que je l'ai choisie. Mais c'est le bassiste du band The Locust qui, dans une des entrevues de son gear, mentionne qu'il y en a deux dans son pédalboard, la pédale mauve, puis justement il en parle comme : « Elle est dégueulasse puis tu devrais pas sonner de même ». Puis là, j'écoute ça, je suis comme : « Ça me tente ! ». Fait que je suis allé chercher la même pédale, j'ai gossé puis c'est ce son-là. La pédale verte de Line 6 avec les quatre pitons. Ben, il y en a une bleue que c'est pour les mods puis il y en a une mauve que c'est pour ...
Hugo Lachance : Là c'est enregistré, tu l'as ton copyright là ! Vous l'avez pris à l'Album Podcast.
Bruno : Oui, mais c'est parce que c'est une pédale multi-effets. C'est quel effet ? Je te le dis pas, mais je me sers de pas grand-chose sur cette pédale-là.
Hugo Lachance : OK, non mais ça pour dire que ça sonne vraiment bien. Je trouve ça cool d'avoir une autre sonorité dans le rock, ce qui est assez rare quand même.
Charles : C'est ça, on a poussé l'arrogance à sortir cette toune-là en single alors qu'on aurait pu facilement trouver quelque chose de plus accrocheur .
Hugo Lachance : Ouais, mais tu sais, moi la première fois que je l'ai écoutée, ça a fait... tu sais, parce que tu écoutes la toune par ton... ton cerveau se retrouve un peu déséquilibré.
Bruno : C'est pas normal.
Hugo : J’ comprends l'intention ?
Charles : Doit y avoir du monde qui l'arrête après le premier riff, genre : Beurrrk
Hugo Lachance :Mais la première fois j'ai entendu ça, c'était vraiment bizarre, mais quand tu le pognes, c'est vraiment cool, ça marche au bout. Autre chose à ajouter ?
Patch : Oui, ben le vidéoclip là-dessus ! C'est ça, la maison a pas encore brûlé, on est corrects.
Hugo Lachance : Ouais, il y a un vidéoclip là-dessus?
Bruno : On l'a fait avec Guillaume Meloche du band BarbaPapa. On avait déjà pas mal élaboré le concept ensemble puis après ça, ben c'est ça, ça s'est fait en genre trois heures, la journée qu'il faisait le plus chaud de l'été.
Hugo : Gabrielle, ils ont poussé ta patience à bout !
Gabichou : Toute une expérience. C'était très cool.
Bruno : Elle était née pour ce rôle-là. ! Elle était vraiment bonne pour ça.
Gabichou : Mais aussi les fous rires. J'aime ça parce que vers la fin, avant que tu exploses de rire, il y a des choses qu'on voit... j'étais plus capable !
Hugo Lachance : Ah ouais ! C'est clair. Le concept c'est que toi tu fais tes activités quotidiennes puis là il y a Charles qui arrive en arrière…
GAbichou : C'est filmé chez nous, dans mon coin. Ouais, je pense qu'on a fait un carré là, tu sais.
Charles : Un peu... on est allé se faire sortir du Super C ! Mais c'est une journée typique dans la vie de Gabichou au Dollarama. Les employés étaient tellement surchargés qu'on aurait pu filmer plus longtemps, mais on a juste fait une shot. Mais ouais, non, mais ça c'est encore... ça c'est poursuivre la tangente de copyright infringement. Est-ce qu'on a eu des autorisations de tournage ? Pas pantoute ! Mais c'est bon, ça passe au travers parce qu'on les connaît. Bon, on connaît le monde. On ne s'appelle pas Chou pour rien.
Hugo Lachance : Chapitre 9 : « Rien ». On continue avec « Rien » justement. C'est ma toune préférée de l'album. Il n'y a pas une mauvaise toune sur cet album-là, honnêtement là. C'est quoi le truc ?
Bruno : Ça, il n'y a pas grand monde qui sait ça je pense, le band ne le sait pas : je l'ai composée sur la gamme d’la tounes de Passe-Partout. Non, c'est pas vrai ! J'ai pas de théorie musicale, je sais pas ce que je dis.
Hugo : Mais sur celle-là, les paroles... moi les paroles, évidemment en tant que parent séparé aussi, c'est assez hallucinant : « Je te jure qu'avec moi on s'ennuie jamais, à part que j'ai des flos, mais c'est qu'une fin de semaine sur deux ». Puis c'est : « Maintenant tu es vraiment smatte, es-tu devenu pareil ? ». « La gardienne a décommandé à la dernière minute ». « Je m'excuse, ils ne sont pas de même d'habitude ». « Allez vous brancher, c'est un film qu'on va voir ». « La paix, pars d'ici, c'est de ta faute ! ». « Tu n'auras pas de petit chat, tu n'auras pas de petit frère, tu n'auras rien ». Ouais, c'est ça.. Évidemment c'est un condensé là, mais que c'est bon ! Et c'est bon. Moi ça me fait encore rire après tout ce temps-là.
Charles : C'est quand même un sujet qui est très peu abordé dans le punk rock.
Hugo : Ah ouais, ouais ! Mais moi je trouve ça fantastique.
Bruno : C'est une des tounes qui est la meilleure démonstration d'à quel point c'est le fun d'écrire avec Charles. Il est arrivé avec la majorité des idées de cette toune-là puis tu sais, c'est du génie dans le sens où il n'y a personne qui a fait ça vraiment de ma perspective : dater puis engueuler ses enfants dans une toune. Tu essaies d'être sexy, mais de faire de la discipline en même temps d'une manière abusive. Il y a tellement un décalage entre les deux. Puis je trouve que l'instrumentale avait été faite longtemps avant. Puis c'est Patch à un moment donné qui me dit : « Là, cette toune-là est bonne, tu as fini ? ». Il m'a forcé. Puis à partir du bridge, tu sais que ça devient comme progressif quasiment en termes de structure, puis ça passe complètement ailleurs. On dirait que c'est une autre toune puis après ça, on revient avec... c'est comme un sandwich de début de la toune qui revient à la fin. Mais moi je savais pas comment finir puis c'est vraiment Patch. C'est la première toune où il a dit : « Là, la compo on l'a finie ». Tu as mis la main à la pâte puis ça marche.
Hugo Lachance : Ah ouais, ça marche au bout ! Puis les paroles sont drôles parce qu'à un moment donné, c'est chanté... tu décroches. Comme : « Maintenant... ». Tu es obligé de décrocher. Les enfants font référence à ça, mais musicalement elle est super intéressante aussi.
Charles : Au niveau des paroles, au début Bruno avait déjà l'idée de faire juste un refrain que c'est de la chicane de menaces à un enfant, mais d'ajouter la date par-dessus, c'est là que ça a comme pris l'envol comique.
Bruno : Parce qu'on était pognés avec un riff un peu sexy, langoureux. C'était comme : « Qu'est-ce que tu fais dans le bout où tu gueules après tes enfants ? ». Parce que je savais que le riff c'était : « Tu n'auras pas de cadeau, tu n'auras pas de dessert, tu n'auras rien ». Ça, je le savais, mais j'avais rien d'autre. Puis là, c'est Charles qui fait : « Ben ça, ça, ça on pourrait faire ça ».
Charles : Je suis arrivé avec la première phrase puis on a ri : « Je te jure qu'avec moi on s'ennuie jamais, à part quand j'ai les flos ». Quand j'ai les flos, c'est plate en triste parce que je suis toujours en tabac. C'est comme une admission. On s'avoue vaincus au début de la date.
Hugo Lachance : C'est vraiment du rock pour adultes.
Bruno : C'est du dad rock !
Charles : Dad rock ! C'est une redéfinition du dad rock. Ouais, c'est bon. L'imagination est bonne.
Hugo Lachance : Ouais, non c'est ça. Autre chose à ajouter là-dessus ?
Gabichou : Ça a été la toune la plus compliquée pour moi au drum. Parce qu'elle est tellement carrée, tellement super précise. Chaque passage de toms est... c'est une des tounes où j'ai le moins respiré puis j'étais vraiment pas bien avant de l'enregistrer en studio. À quel point elle est vraiment raide.
Hugo Lachance : Tu as raison, j'avais remarqué ton drum là-dedans. Ouais, il est vraiment beau.
Gabichou : Faut vraiment que je sois super concentrée quand je la joue parce que justement, c'est tellement comme divisé tout le temps, puis faut vraiment m'assurer de frapper sur les bons trucs en même temps parce que je peux pas manquer un bout là-dessus.
Hugo Lachance : OK. Avez-vous commencé à la roder ? C'est déjà fait ?
Charles : Ça fait longtemps ! Il nous en restait comme quatre à roder qu'on n'a jamais vraiment jouées live, mais là on est pas mal prêts pour le lancement.
Hugo Lachance : OK. Dans vos shows, vous faites déjà majoritairement des tounes de l'album Blanc.
Bruno : « Rien », je l'ai refaite en Mario Paint. Au début c'était une joke puis Charles pensait que j'étais pas capable.
Hugo : Qu'est-ce que tu veux dire ?
Bruno : Ouais, je l'ai toute pitonnée à Mario Paint. Le vrai Mario Paint, parce que tu peux faire de la musique. Je devais avoir neuf ou dix ans quand c'est sorti, je sais plus trop. Je suis vieux, écoute.
Hugo Lachance : Mais imagine, plus vieux que toi !
Bruno : On va pas commencer à se battre. Puis dans la version originale, il n'y a pas de dièses, il n'y a pas de bémols. Fait que tu peux juste vraiment composer en gamme de... en Do. Whatever. Mais c'est ça, fait que là j'ai trouvé sur Internet une communauté qui a repris les sons, ils ont repris l'interface, tout ça. Là, tu peux mettre des dièses et des bémols. Je l'ai toute pitonnée à la mitaine. Puis là, j'étais rendu au bridge puis c'était excessivement long puis je faisais ça sur mon temps. Puis à un moment donné, j'ai trouvé qu'il y avait un autre open source où là tu avais des copy-paste. J'étais comme : « Ah oui, amène ça ici ! ». C'était compatible avec la version que j'avais déjà pitonnée. Chaque instrument à la mitaine là ! J'ai pu faire des copy-paste puis gosser ça plus vite. Mais là, après ça, je me suis dit : « Ben là, tant qu'à faire la version, je vais essayer de faire le vidéo en espèce de visualizer ». Ouais, mais le programme il ne ressemble pas tant que ça à Mario Paint. Tu n'as pas le petit Mario, les notes ne bondissent pas. Fait que moi, je ne scripte pas en Java. Puis je connais personne qui scripte en Java. Mais j'ai gossé pendant des semaines puis à un moment donné, j'ai réussi à repatenter quelque chose. Un de mes amis est venu chez nous, lui a fait le Mario puis les notes qui bondissent, et moi j'ai tout regossé l'interface pour que ça ait l'air de Mario.C'est ça qui a été le vidéoclip
Hugo Lachance : OK, je l'ai pas vu le vidéo. Bravo, avec le temps que tu as mis ! Allez voir ça tout le monde. On continue avec le Chapitre 10 : « Tirelire ». Donc « Tirelire », à une époque où le livre de beurre se vend 8,50 $, la séduction devient une activité difficile pour le commun des mortels qui arrive à peine à payer son loyer. Heureusement, la chanson la plus pop et dansante de Chou blanc est là pour vous offrir des solutions alternatives un peu... et peu coûteuses afin d'impressionner l'âme sœur ou d'avoir l'air vraiment cheap. La morale de l'histoire de « Tirelire » : se faire chier solide avec le capitalisme. C'est bon ça. C'est vraiment une bonne toune ça, ça groove.
Bruno : on a besoin de Patch parce que moi, cette toune-là, je crois qu'il devrait avoir la Médaille du Gouverneur général pour sa ligne de basse. Oui, oui ! Travail phénoménal.
Hugo :! Lâche les enfants, Patch !
Bruno : Ouais, ben c'est ça, parce que je parlais de la qualité de ta ligne de basse. Je ne sais pas si tu viens de jouer dans Chou.
Patch : Ah oui c'est vrai, j'oublie ! Qui vous a dit déjà ? Si j'appelle la...
Charles : la meilleure idée : on va enregistrer un podcast pendant qu'il y a quatre enfants dans la maison. Ça, ça serait malade ! C'est ton concept ? Ça aurait dû être ça le vidéoclip de « Rien ».
Bruno : On est rendus à trois tounes. Ben écoute, c'est une des tounes où c'est la basse qui commence. Ouais, puis la ligne de basse là-dessus, là...
Patch : Bah il y a beaucoup de matériel, ça se promène un peu de tous bords tous côtés.C'est une ligne que j'aime beaucoup parce que chacun des versets est différent au niveau de la ligne de basse. Fait que ça, c'est vraiment intéressant. Le fait de l'ouvrir aussi... c'est parti de je ne sais pas trop où par rapport à sa mélodie, puis je suis parti sur un trip. Puis en studio, je pense que c'est David, on avait pensé à mettre du... pas du flanger, mais du chorus.
Charles : Non, pas du chorus, mais tu avais fait ça aussi avec l'intro sur le premier album. Un gars dynamique là ! Tu as fait la même affaire. Toujours une toune que tu ouvres avec la basse puis on fait... on dit juste : « Fais-nous une intro qui a de l'allure ».
Patch : C'est de la basse B3. C’est du lesly!
Hugo Lachance : Chapitre 11 : « Pythons chauds ». Eh, c'est Chou ça ! Ça va la gang ? J'ai vu que vous alliez sortir un album, c'est le fun mon gars ! J'ai pas encore écouté par exemple. Vous allez faire un show bientôt ? Tu me tiendras au courant. J'essaierai de passer, mais je te promets rien. Je passe pas mal de temps sur mon cell, c'est quand même cool. Donc « Pythons chauds », ça c'est la suite logique de Chou.
Charles : Ouais, ben c'est un peu le même genre là, le rapport artiste-public avec du monde qui s'en torche. En fait, ce sont les conversations intérieures avec mon père. Explique, c'est bon quand même !
Bruno : Ouais, on n'avait jamais mis le doigt dessus, mais c'est exactement ça. C'est de là que ça vient.
Charles : Mon père dit toujours, tu sais : « Ça va bien avec ton groupe ? ». C'est tout le temps des discussions bien en surface. Ouais, tu veux entendre une chanson ? « Ah non, non, c'est correct ».
Hugo : Mais c'est pas juste mon père, ça semble être assez général comme conversation avec du monde, des collègues.
Bruno : Quand tu as un band, tu entends ça. Ah ouais, c'est clair ! C'est le thème song de ton band.
Hugo : Ouais, c'est le genre d'affaire où tu réponds avec le temps : « C'est correct, oui c'est correct, c'est parfait ».
Hugo Lachance : Pourquoi le titre « Pythons chauds » ?
Bruno : Je ne sais pas si on en avait parlé à l'autre entrevue, mais moi j'aime ça radoter, surtout sur celle-là.
Hugo : Tu es bon pour radoter !
Bruno : Quand tu radotes, surtout sur cette anecdote-là... j'ai réussi à le dire encore un petit peu de... parler là ! Tu as pris deux gorgées de bière en plus. Ouais, c'est ça. Sur notre vidéoclip de Chou, la toune commence par : « Python chaud ». Puis YouTube, dans les sous-titres automatiques, il a juste écrit : « Python chaud ». Ah ouais ! Depuis le début, tu sais comme on a dit, c'était Hot Snakes notre source d'inspiration fait que : Pythons chauds, Hot Snakes. Est-ce qu'il y a des liens partout ?
Hugo Lachance : Ben oui ! C'est du quatrième degré.
Charles : Les mille-feuilles de Chou !
Hugo Lachance : Mais non, au-delà de ça, on parlait aussi que c'est ton influence Lucien Francœur assumée, toujours.
Charles : Il y a toujours un côté monologue qui embarque. Je l'ai fait sur deux tounes dans le fond sur l'album Blanc. Puis ben c'est ça, quand on ne trouvera plus ça drôle, on va arrêter de le faire.
Hugo Lachance : Non, moi je trouve que ça marche, ces liens-là. Moi j'étais vraiment content quand j'ai entendu ça, mais je me suis posé la question : pourquoi vous n'avez pas ouvert l'album avec ça ?
Charles : Parce que... tu sais, je trouvais que l'autre album ouvrait tout tranquillement avec « Chou ».. Il y a quand même une enfilade de tounes tout le temps. « ben Rock », ça fait une intermission.
Hugo Lachance : Ouais, exact ! Ça marque une pause.
Charles : On dirait qu'il n'y a pas de moment calme sur l'album, mais ça en est quand même un relativement,
Hugo : un petit peu années 50.
Bruno : C'est Offspring qui avait une intermission que c'était : « Time to relax ». J'ai jamais écouté ce band-là, mais tu manques pas grand-chose parce que cette intermission-là, c'est même pas une toune de lui. En tout cas, j'ai pas écouté non plus.
Bruno : Ben tu manques pas grand-chose non plus !
Hugo Lachance : Mais on salue tous nos fans d'Offspring ! J'ai ri quand tu dis : « C'est encore une fille qui drum pour vous ? ».
Charles : Ouais, mais ça j'ai déjà entendu ça. J'ai déjà entendu dire ça, pour vrai. On disait au début pour niaiser que le drumming de Gab était surprenant pour une fille, pas que c'est descendant, puis je ne sais pas si c'est comme un commentaire sexiste, quelqu'un qui se rend même pas compte qu'il est sexiste.
Bruno : On l'entend quasiment à tous les shows : « Votre drumeuse là, elle est bonne ! Puis pas juste bonne pour une fille ». Tu le regardes puis tu es comme : « Tu aurais pu ne pas parler, ça aurait fait mieux ! ».
Hugo : Ouais, j'avoue que ce sont des commentaires crissement inutiles, même s'il n'y a pas de mauvaise intention.
Bruno : Le pire, c'est que le commentaire sort de la gueule puis on dirait qu'il réalise : « Oh, je suis donc bien épais ! ». Ben oui, tu es épais !
Hugo : Comment tu te sens par rapport à ça, Gabrielle?
Gabichou : Moi, euuuuuh oui !
Hugo : C’est déjà eu de meilleures réponses que ça.
Gabichou : Mais déjà, cette toune-là, ce que j'aime beaucoup, c'est que j'ai vraiment beurré plus de percussions. Pour ça, je trouvais ça très cool.
Bruno : Il y a de la salsa là-dessus. Elle a fait toutes les percussions, même du vibra-slap.
Gabichou Oui ! Oui, j'ai même joué de la salière. Il y avait une salière au studio. J'ai joué du cloche au début : « Crazy Train » !
Charles : Ah ouais ! Exact. C'est supposé imiter le cri d'un bœuf, genre. Ouais, il y a une page Wikipédia là-dessus. C'est supposé imiter un genre de cri d'animal. Tu es allé sur la page Wikipédia du vibra-slap ?
Bruno : Oui, j'ai fait ça. J'ai fait ça, j'ai même pas demandé à ChatGPT !
Hugo Lachance : Wouah ! Ah mais comme tu dis, ça marque une belle pause dans l'album. On continue avec « Barré du Couche-Tard ». Chapitre 12 : « Barré du Couche-Tard ». Chanson la plus typiquement punk de ce deuxième opus, « Barré du Couche-Tard » a d'abord été pensée comme un hommage taquin aux Pionniers du crossover montréalais : les flocons givrés. Charles s'inspire d'une entrevue de lui vécue au début du siècle pour s'imaginer incapable de mettre les pieds dans la plus célèbre franchise de dépanneurs québécoise.
Charles : Ouais, mais ce thème-là, le thème de l'entrevue d'embauche, je reviens crissement souvent là-dedans chez Chou. Tu sais, j'avais jamais fait le lien avant là, mais il y a deux tounes back à back où c'est le sujet : aller faire une entrevue. C'est une source d'inspiration aussi
Bruno : Sur le premier EP : ma candidature pour le poste de rédacteur en chef d'Urbania Musique.
Charles : Ouais, non, c'est ça, mais ça me fait bien rire parce que je me sens tout le temps crissement déphasé quand je fais une entrevue de job là. Puis tu sais, quand ils te demandent pourquoi tu veux travailler pour nous autres ? Pour payer mon loyer ! C'est super absurde. Mais tout le côté de « Barré du Couche-Tard », c'est venu du fait que... tu sais, il y avait « Barré des Foufs », puis j'avais montré ça à Bruno.
Bruno : Mais je pense que c'était pour l'EP Rose, on checkait quelle toune on pouvait reprendre, si je ne me trompe pas. Tu m'as fait écouter cette toune-là. Je l'ai écoutée puis j'ai fait : « Ben non, mais c'est intéressant, mais non ». Puis là, ça a germé. Puis là je sais plus ce que c'était... c'était l'affaire que JB s'était fait barrer, je sais plus.
Charles : Mais non, c'est à cause de « Barré des Foufs ». On s'était dit : « Qu'est-ce qui est plus punk que se faire barrer d'un bar de punk ? Ben c'est se faire barrer d'une franchise de dépanneurs ! ».
Hugo : Mais musicalement aussi, ben c'est évidemment la typique toune punk le fun.
Bruno : J’ai essayé de faire le riff le plus niaiseux possible.
Gabrielle : C'est la première qu'on a traquée aussi. Enfin, Patch, tu l'appelles la toune « Playmobil », mais non !
Patch : La première qu'on a faite c'était « Attention ». Elle, c'était la première qu'on a fini de roder.
Charles : Ah, peut-être, ça se peut. Mais en fait, comme elle est courte, je pense que la première track était bonne. Quand on a écouté à la console, on s'est dit que ça marchait. OK, c'est tac tac tac, OK c'est bon ! Mais bravo, c'est vraiment cool.
Bruno : Autre chose à ajouter ?
Patch : Oui et non. J'ai envie de jeter une petite fleur parce que bon, j'ai dû quitter une couple de fois... En fait, juste pour revenir vite vite sur « Pythons chauds » puis on parlait du narratif de Charles. Je voulais y lancer une fleur parce qu'il y a une façon... moi ça m'impressionne quand il rentre en studio et qu'il se met derrière un micro pour chanter. Tu sais, des fois un chanteur va essayer de s'immerger dans un mood, mais lui c'est tout de suite.
Hugo Lachance : Ah ouais, OK.
Bruno : Un monster puis après ça part !
Patch : Je sais pas comment il fait pour être fâché ou arrogant ou juste amusant tout le temps. Tac tac tac ! Je sais pas comment il fait.
Hugo : Tu as raté ta vocation !
Charles : C'est pas la première fois qu'on me le dit. « Toi ta face là, tu devrais vraiment être un comédien ».
Patch : Pourtant il déteste la caméra.
Charles : Ouais j'aime pas. Mais la caméra, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Mais le pire, c'est les bouts à la Lucien Francœur comme dans « Pythons chauds ». C'est moi, quand j'ai fait la maquette, j'ai essayé d'imiter le genre de delivery de Francœur. C'est minable ! Ça marche pas. Mais lui, il l'entend, puis il chante à sa manière puis ça colle.
Hugo : Charles la personnalité. Mais tu as la voix aussi. Tu as une gorge profonde !
Ben merci… I guess!
Hugo Lachance : On continue avec notre prochain extrait.
Chapitre 13 : Ça plombe
[Musique]
Gabichou : Ça, c'est l'exemple parfait de ce que Bruno disait tantôt : « non non non, je veux pas jouer ça, tu es fou malade dans la tête ». Après ça, c'est comme : « c'est ma préférée puis je la fais plus vite que tout ce que tu m'as demandé ».
Bruno : Cette toune-là, initialement, c'est qu'elle me fait ce beat-là.
Gabichou : J'ai dit : « fais-moi une toune s'il te plaît où est-ce qu'il y a un bout où je fais un bout ». Elle a joué ça, j'ai dit qu'il faudrait qu'on fasse une toune avec ça, mais là lui est comme : « ok ». Il fait une toune au complet avec ce beat-là.
Hugo Lachance : C'est comme un double mais avec le floor, c'est ça, oui. Un qualificatif que je pourrais donner, c'est que vous êtes vraiment chacun à votre place. Vous avez travaillé ensemble, composé ensemble, et ça paraît parce que chacun apporte à la toune. Ta basse est vraiment hallucinante, puis la guite aussi.
Charles : : Pour le vocal, moi j'ai un gros faible pour les performances vocales de Bruno sur l'album. Il se donne.
Bruno : Celle-là, dans « j'ai retenu mon respire dans l'ascenseur », c'est parce que je réécoutais les tounes de mon ancien band Sound Asleep puis dans Barbeo Azure, il y a un ton de voix que je prends que je suis comme : « crime, je fais jamais ça dans Chou ». Puis là, quand il est venu le temps, j'ai fait : « ok, je sors ça », puis c'est payant. En show, j'ai du fun à gueuler de même, puis les prochaines, je veux en faire plus. Bruno, je peux pas crier plus fort que ça, je peux pas avoir un delivery plus au maximum. Ça fait du bien, c'est thérapeutique pour vrai. Je recommande à n'importe qui d'avoir un band de rock puis de gueuler de même juste pour faire...
Charles : ça vaut la peine d'endurer tous les côtés négatifs.
Patch : Tu as raison, quand j'écoute ce qu'on a fait en studio puis que je regarde tous et chacun, on s'est vraiment tous donnés. Gab s'est concentrée. Moi je l'appelle ma moissonneuse-batteuse. Ça a été donné à quelqu'un d'autre ? Non, c'est elle la moissonneuse-batteuse, c'est pas l'autre. Puis Charles, à chaque fois, il arrive toujours toc toc toc, l'émotion est tout le temps là. Bruno est super perfectionniste, il ne sort pas du studio tant que la note n'est pas à la bonne place.
Hugo Lachance : Ça parraît que vous avez eu du fun à faire cet album-là et vous avez hâte de le faire en spectacle.
Bruno : Cette toune-là, la première maquette qu'on a faite pour les voix, Charles puis moi, c'était le parfait exemple qu'on est vraiment des andouilles. On est arrivés là et on gueulait comme des gobelins. Ça sonnait comme le dernier album de Thee Oh Sees. Nous autres, on se trouvait drôles, puis on a fait écouter ça au band et ils ont dit : « non ». Je réécoute et je fais : « ok, ouais, non ». On a essayé de faire mieux.
Patch : Je n'ai pas connu la première version.
Bruno : C'est ton cerveau qui fait du déni parce que tu l'as entendue !
Charles : Tu as fait : « c'est quoi, comment vous chantez, pourquoi vous chantez de même ? ».
Patch : Mais c'était pas la toune « sauce à spaghetti », c'était celle-là.
Charles : « Respire dans l'ascenseur », c'était pas bon. On trouvait ça crissement drôle, mais le lendemain matin, je me suis levé, je l'ai réécouté et j'ai fait : « ouais, c'est pas super ». On a vraiment eu la même réaction.
Charles : Sauf que tantôt, en s'en venant ici, on s'est dit que sur le prochain EP, Eurk! il faut qu'il y ait une toune où on gueule comme des...
Bruno : arrête de spoiler les gens ! mais dans nos prochaines œuvres. C'est même pas le prochain EP, c'est dans deux EP
Hugo Lachance : Ah ouais, ok. Vous l'aurez appris à l'Album Podcast. On va continuer avec « Pain ».
Chapitre 14 : Pain
[Musique]
Charles : « Je vis chaque jour comme si c'était le dernier, tu peux être sûr que je vais pas faire la vaisselle ». Les pigeons, ils mangent des botches, mais au moins eux, ils sont libres. Je mange des pépites de poulet en forme de dinosaure. Je savoure l'ironie des dinosaures qui deviennent des oiseaux qui deviennent des dinosaures.Toutes les choses que j'ai pensées mais que j'ai jamais faites : « je devrais manger dans le bain ».
Gabichou : Ça, ça vient de mon cru. C'est la seule phrase que j'ai sur l'album.
Bruno : La phrase initialement, c'était « je t'aurais mangé dans la main », puis elle a entendu « je devrais manger dans le bain ». On a fait : « oh ! », parce que ça fitait encore plus que ce qu'on avait écrit initialement.
Charles : C'était comme un genre de texte amoureux pas rapport, puis là, c'était vraiment bon. C'est comme quelqu'un qui a des troubles mentaux sévères et alimentaires qui réfléchit au cycle de la vie. Les dinosaures meurent, ils sont éteints, mais ils deviennent des oiseaux à cause de l'évolution.
Hugo : Il y a des petites perles dans cette phrase-là.
Bruno : Moi, c'était vraiment un fantasme depuis toujours de commencer une toune par « c'est ça ». Quand quelqu'un est à court d'arguments, c'est ça qu'il va dire : « c'est ça ».
Charles : On a eu du fun avec cette toune-là de A à Z. Dès le début, on est assis autour de la table chez Gab, puis c'était quasiment un concours de qui écrit la phrase la plus inutile.
Bruno : Écrire des tounes pour Chou, c'est suivre Charles avec un calepin. C'était une dompe de toutes les affaires qu'il m'inspirait ou qu'il disait. C'est pas parti du titre, mais on savait depuis longtemps qu'on voulait l'appeler « Pain ». On savait pas si c'était « pain » ou « pain » comme dans le métal, le New Metal. Le concept de « pain » revient tout le temps. On l'appelle « Pain », mais le monde va penser que c'est du pain.
Charles : En chemin vers Québec, on écoutait du Korn, ou c'était la toune de Sevendust. Des fois, on a des trips de New Metal en char. C'était prévu que ça sonne un peu New Metal. Plus ça va, plus je reviens à ça. Je suis un enfant du New Metal.
Bruno : On comprend pourquoi on va faire un album qui s'appelle... il y a une espèce de vibe qu'on veut aller chercher. On a grandi avec des jouets qui étaient de la glue et des affaires discutables. Il y a une partie de nous autres qu'on a besoin de sentir une fois de temps en temps, ça nous fait du bien. Pour cette toune-là, instrumentalement, je me suis droppé en Drop D. Le genre de riff qui sort dans ce temps-là, c'est du Helmet. J'ai blendé Helmet avec Vision of Disorder, j'aimais ce genre de riff.
Gabichou : Longtemps, c'était instrumental, puis c'était ma toune préférée. Quand on a mis des paroles, la section rythmique était comme : « il y a trop de voix, il y a trop de texte, ça parle tout le temps, Charles peux-tu chanter un peu ? ». La réponse de Charles, ça a été : « hein, c'est ça ».
Hugo Lachance : C'est génial. On continue avec « Trio-Tang ».
Chapitre 15 : Trio-Tang (J'envoie des messages)
[Musique]
Charles : « Trio-Tang, j'envoie des messages. Au début c'était des enveloppes, je voulais garder ça sous contrôle, je voulais pas que ça dérappe. Je suis tout le temps rendu au bureau de poste ». C'est la suite à « Duo-Tang », j'imagine.
Hugo Lachance : Et voilà, tu as tout compris ! J'ai enquêté longtemps.
Charles : « Tu vas moins faire ton smatte avec une jambe dans le plâtre puis un papier du médecin ».
Gabichou : Ça, c'est Bruno, j'ai aucun doute là-dessus.
Bruno : C'est une des tounes où, à part pour le chorus, c'est moi qui l'avais composée. J'arrivais avec une toune toute faite. Sur le premier album, il y avait du... puis pendant un bout, en live, c'était pas si tripant de la jouer. Quand on l'a faite au West Shefford, ça a explosé. C'était de loin la toune que j'avais eu le plus de fun à jouer. J'ai moins de job à la guite puis Charles prend un peu plus le lead. Je me suis dit que sur le nouvel album, j'en voulais une où c'est moi qui chante le lead.
Charles : On était en Drop D aussi. Il y avait un trou dans l'album, quelque chose de manquant, puis quand elle est arrivée, c'était ça qui manquait. Sur le premier album, il y avait le personnage de Nick Melançon qui se pisse dessus à la fin. Il y a une partie de moi qui veut garder ce personnage à la fois paranoïque et sûr de lui, au point qu'il pense qu'il est intouchable. C'est d'essayer de voir les inepties qui sortent de ce personnage-là, de penser qu'il est capable de tout déjouer et de faire des menaces à n'importe qui. C'est de faire un portrait vraiment déjanté. Le texte est décousu, mais c'est dans cet esprit-là.
Bruno : En spectacle, c'est le fun. Je lâche ma guite et je chante tout doucement des paroles qui n'ont pas d'allure.
Hugo Lachance : Tu joues pas de guitare pantoute pendant les vers ?
Bruno : Non. Dire « quand je crève, je t'amène avec moi » en le chantant tout doucement, c'est particulier. C'est une toune malaisante. Des fois en show, ça casse le rythme, mais ça reste bon parce que la toune est dérangée. C'est un moment qui est le fun, juste de se lâcher.
Gabichou : Pour moi, c'est le moment que je déteste le plus parce que ça a été de loin la toune de Chou la plus dure à apprendre. Il a fallu que j'apprenne à compter chaque mesure de drum. Bruno a dû me faire un tableau de 7/8. Quand on la fait en show, je pense juste à compter pour être sûre d'arriver, pour pas me perdre. Il faut absolument que Patch soit sur moi tout le temps. Quand je dérape, et c'est arrivé la dernière fois, il faut que je continue de compter pour rattraper. Pour compléter ce qu'elle dit, ça a l'air d'être en 4/4, mais si tu comptes, tu vas être surpris.
Hugo Lachance : Je capote de faire des maths en jouant !
Gabichou : C'est une signature qui est toujours là, mais c'est de se rappeler par cœur les variantes de 7/8, 7/8, 7/8, puis oh, c'est un 5/8, puis une pause de 6/8. Apprendre tout ça par cœur, ça a été pénible. Mais je suis contente parce que tu n'as pas le choix d'essayer ça. Jouer tout le temps en 4/4, c'est une autre couleur quand tu changes les signatures.
Charles : À date, quand on la fait en show, ça brasse dans la foule. Il y a quelque chose que le monde ne comprend pas, alors ils poussent le gars à côté. Ça marche de même, et c'est le défi de faire groover quelque chose qui n'est pas dans un beat normal.
Bruno : En plus, j'ai joué du ciseau. Si vous écoutez l'album, les couplets, c'est un clin d'œil à mon amie Claudia. Ce sont des gros ciseaux qu'on entend. Il y a aussi une influence de Korn dans le bridge. On y va avec « Doux comme un agneau ».
Chapitre 16 : Doux comme un agneau
[Musique]
Charles : « Quand j'avais 17 ans, la fille de l'école est venue me demander si j'aimais ça Six Feet Under. J'ai répondu avec enthousiasme que les deux premiers albums étaient complètement débiles. Sur le coup, j'avais pas remarqué qu'elle avait déjà commencé à s'éloigner ».
Patch : Instrumentalement, c'est ma toune. J'aimais ça parce qu'il y a un petit côté Dry Cleaning dans la façon de composer.
Charles : Bruno aimait le titre « Doux comme un agneau », alors je me suis mis à raconter une histoire qui m'est arrivée pour vrai quand j'étais au Cégep, mais j'avais plus 19 ans que 17 ans. Pour le monde qui ne sait pas, Six Feet Under, c'est le band que Chris Barnes de Cannibal Corpse a parti après. La série télé est plus vieille que le band, j'ai vérifié la date, et je pouvais pas avoir 17 ans, alors je l'ai changé pour 19. 17, ça sonne mieux.
Hugo Lachance : C'est cool la façon dont tu parles de ces choses-là dans ton delivery.
Charles : On a trouvé l'idée à la pizzeria avant d'aller au jam.
Bruno : La guite, c'était Patch qui l'avait composée et il a fallu que je repique son riff le plus fidèlement possible. J'avais pas le ton de guitare pour que ça marche, alors j'ai dû changer mon rig au complet, repenser mon gain stage et les fuzz que je prenais. J'ai changé mon gear principalement à cause de cette toune-là. Ça sonne encore comme du Chou, mais je suis capable d'avoir un fuzz à la Dinosaur Jr.. Ça a élargi mon territoire sonore.
Hugo Lachance : Ça paraît, il y a une recherche dans le son tout au long de l'album. Chaque toune a un son différent.
Patch : C'est la première toune que je compose de A à Z pour Chou.
Charles : Pendant longtemps, elle s'appelait « J'étais une grosse merde ». Je tenais à ce titre-là parce que si je vois ça dans une liste de tounes, je vais aller les écouter. Finalement, on est revenus à « Doux comme un agneau ». J'ai rajouté le riff avec l'idée qu'il allait crier « j'étais une grosse merde ». C'est mieux d'avoir une toune qui s'appelle « Doux comme un agneau » et qu'à la fin ça dise « j'étais une grosse merde, mais à cette heure je suis crissement smatte ».
Charles : Pour Catherine Jean, je voulais une voix qui répond, parce que c'est un gars qui se parle à lui-même mais il ne s'en rend même pas compte tellement il est absorbé dans son histoire. Cat a fait une maudite bonne job. Il y a un petit côté téléphonique là-dedans. On continue avec « Péter toute ».
Chapitre 17 : Péter toute
[Musique]
Charles : « Péter toute, ça fait des mois que ça gosse, puis là je suis à bout. C'est ça que ça fait quand tu dors pas. J'aurai pas la force de pas péter toute ».
Bruno : Ça, c'est un bide du premier album. C'est la toune qui fait le moins consensus à l'intérieur du band. Les trois quarts du band ne voulaient pas qu'on la fasse, mais quand on est arrivés en studio, ça a été un des moments les plus intenses de l'enregistrement. Ça a pris tout le jus à Gabichou parce qu'on ne l'avait pas vraiment répétée. Étant un peu abusif, j'ai dit : « non non, on l'enregistre là ». On était à la troisième journée d'enregistrement, on commençait à être fatigués et c'est pas la toune la plus facile à jouer.
Hugo Lachance : Je trouve que c'est du drum brut, c'est juste de la pète.
Bruno : C'est pour ça que je tenais à ce qu'on la fasse. En live, ça va être un moment vraiment tripant. C'est un retour aux sources, c'est très Hot Snakes dans le genre de riff.
Charles : À la fin, je réalise mon rêve de gosse de Korn. Je suis en train de me transformer en toutes les m... de Korn. Au début, Bruno parlait d'une situation personnelle et il n'y avait pas d'humour. Je comprends qu'il faille de la viande autour de l'os, alors on a tout rebrassé. C'est rendu l'histoire de quelqu'un qui appelle chez Vidéotron et qui perd patience : « passe-moi ton boss, je vais essayer de me calmer ». Je fais même du scat à la fin.
Hugo Lachance : Bravo. On passe à « Offrande aux dieux de l'indifférence la plus totale ».
Chapitre 18 : Offrande aux dieux de l'indifférence la plus totale
[Musique]
Charles : « J'ai passé 20 minutes en ligne pour le 8-1-1, finalement ils m'ont dit d'aller à l'urgence. Je suis pas cave, je suis déjà allé là-bas, je veux pas retourner. Les symptômes deviennent envahissants : quand je tousse il y a du sang, quand je me mouche il y a du sang, quand je pisse il y a du sang. On dirait que ça l'achève ».
Bruno : C'est la toune la moins écoutable. Longtemps, elle s'appelait « Il y a du sang ». En joke, on se dit que l'avant-dernière toune d'un album, c'est celle dont tout le monde se crisse et que tout le monde skip. Je voulais faire la version la plus abrasive possible. Le band ne voulait pas cette toune-là au début.
Charles : Quand il est arrivé avec ça après « Je fais attention », j'ai dit : « là, ça veut dire que toutes les tounes vont avoir cet effet-là ? ». J'étais pas sûr. Finalement, on a trouvé une façon de la tordre. On s'en crisse parce que, comme le titre l'indique, c'est une offrande à l'indifférence. Si tu écoutes un band que tu ne connais pas et qu'il n'y a rien qui attire ton attention, c'est là que tu te demandes ce qui se passe. On ne l'a pas encore faite en show, ce sera pour le lancement. Le riff va chercher quelque chose qui devrait pas être permis.
Hugo Lachance : Est-ce que tu vas être capable de reproduire ces sonorités en show ?
Bruno : J'ai passé du côté obscur, je suis tout en modélisateur digital. Toutes les pédales et effets que j'ai sur l'album, je les ai sur le stage en XLR. Ce que tu entends sur l'album, c'est ça qu'il y a en show. J'en avais assez des amplis à lampes qui chient pendant le show. Là, j'ai quelque chose de fiable. Pour le deuxième couplet, on a appelé Simon de Goudron, qui est la meilleure personne pour parler de la souffrance et de la mortalité. Ce qu'il nous a fait, c'est intense, c'est aussi violent que le riff. Charles est capable de repiquer son texte et de gueuler comme un gobelin fâché.
Hugo Lachance : C'est pas facile de chanter comme Simon. On passe à la dernière toune de l'album.
Chapitre 19 : Vraiment pas pire
[Musique]
Charles : « Je suis juste content de te dire que ça va vraiment mieux, j'étais une grosse merde, on pourrait se voir si ça te tente ».
Bruno : C'est une de mes préférées au niveau du texte. Ça parle des artistes qui sont cancellés et qui essaient de revenir en disant : « j'ai vraiment fait du travail sur moi, je suis allé voir un thérapeute, j'ai arrêté de boire ». C'est une parodie de ce mouvement-là. Elle a failli s'appeler « Weekend chez Bernie » pour des raisons qu'on ne divulguera pas ici.
Charles : Ressusciter le cadavre ! L'idée, c'est que ça fait un happy ending. Ça sonne un peu Supergrass. Le gars passe par des phases de cauchemar et finit par dire que ça va mieux. C'est une bonne toune pour comprendre comment le drum sonne bien tout au long de l'album.
Bruno : Dès qu'on a sorti cette toune-là, je savais que « Il va y avoir des morts » serait la première et celle-là la dernière. Il fallait juste remplir le milieu.
Hugo Lachance : On a passé à travers l'album ! Quels sont vos projets ?
Bruno : Il faut travailler sur le booking, sur de la nouvelle musique, il faut pas s'asseoir sur nos lauriers. Éventuellement, j'aimerais faire un autre EP de covers, comme Rose. On a trois ou quatre tounes qu'on aimerait reprendre, mais ça coûte de l'argent et on se demande si c'est le meilleur investissement, car les redevances vont aux bands originaux.
Charles : On travaille déjà sur le prochain EP, on va aller dans le côté Horrorcore avec des sonorités qu'un band punk n'est pas supposé avoir. On va pousser ça à l'extrême. Il y a du monde qui vont peser sur stop et dire que Chou, c'est de la m... C'est ça l'objectif. C'est le fun de se réinventer. Avec l'album Blanc, c'était pas planifié que ça tourne de même, mais on a trouvé une ligne directrice et toutes les tounes collent ensemble.
Hugo Lachance : C'est un album concept, j'adore ça. En espérant que vous n'ayez pas trop de poursuites avec la pochette.
Patch : Si les Beatles nous poursuivent, c'est sûr qu'on passe à Tout le monde en parle !
Hugo Lachance : Merci Charles, Gabichou, Patch et Bruno. Le lancement, c'est le 17 octobre au Cabaret des Foufs. Merci à Hopéra qui a commandité l'épisode. On se revoit pour un autre épisode de l'Album Podcast.