Transcription de l’épisode avec CHOU : CHOU

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 25 mai 2024 à L'Assomption, au Vieux Palais, et vous écoutez l'Album Podcast. [Musique] Hey bonjour tout le monde ! Oui, c'est ça, je disais qu'on était au Vieux Palais à L'Assomption. Je tiens à remercier vraiment toutes les personnes qui sont derrière l'organisation de nous recevoir pour une première fois, c'est vraiment sympathique. Je prends le temps aussi pour vous demander d'aller vous abonner sur iTunes, Spotify, aussi sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram et oui, sur YouTube aussi. Tout est là ! Laissez-moi des commentaires, je trouve ça vraiment le fun, c'est vraiment encourageant.

Hugo Lachance : Alors voilà, aujourd'hui je suis avec CHOU. Je suis avec Bruno Bouchard — présent ! —, Charles Laplante, Gabrielle Oltra et Patrick Chagnon. Yeah ! Tu peux l'appeler Patch, tu peux l'appeler Gabichou, ouais ça va venir là, on va devenir de plus en plus intimes vous allez voir. Donc du band CHOU, vous êtes là aujourd'hui pour parler de votre album éponyme, votre album CHOU. Si vous entendez de la musique, c'est parce que Conflit Majeur est en répétition au soundcheck, fait que voilà. Ça se peut que le podcast soit interrompu pour que vous alliez faire votre soundcheck, mais sans l'ombre d'un doute, ça va être coupé au montage toute la partie où on ne sera pas là.

Hugo Lachance : Exactement ! On va commencer, dans le fond, je pose les mêmes cinq questions à chacun histoire de mieux vous connaître. Donc on va commencer avec Bruno. Bruno, c'est un gars de où ?

Bruno : D'Alma, au Lac-Saint-Jean.

Hugo Lachance : Ah ouais ! OK. Puis ton album d'enfance ? Prenez le temps de penser, je vais vous poser les mêmes questions, c'est le fun parce que moi c'est direct.

Bruno : Album d'enfance, je ne sais pas si je dirais d'enfance, mais mettons un des premiers albums que j'ai faits... ouais, ça c'est la musique que j'ai écoutée, c'est Sepultura, Chaos A.D. sur CD.

Hugo Lachance : Ah ouais ! OK, oui s'il vous plaît ! Mais enfance, plus vieux que ça ?

Bruno : Enfance, plus vieux que ça, je peux reculer plus loin. Plus loin que... Henri Dès !

Hugo Lachance : Ah oui ! Wouah ! C'est quoi déjà les tounes ?

Bruno : Ah, ça fait longtemps ça... Henri Dès, oui...

Hugo Lachance : Peux-tu nous en chanter un bout ?

Bruno : Ben, « La pouette machine », mais ce n'était pas sur l'album ça, c'était à la télé.

Hugo Lachance : OK, mais oui, je me rappelle d'Henri Dès, ça vient de réveiller un pan de ma mémoire qu'il faut que je me rappelle. Aussi, ton album d'adolescence ? C'est Pantera j'imagine ?

Bruno : J'ai fait tes questions dans le désordre, il n'y a pas de problème ! Je bois de la slush, fait que c'est correct, la slush aromatisée, oui. Mais mon album d'adolescence, ça serait Soulfly, le premier album éponyme.

Hugo Lachance : Excellent, excellent choix ! Puis qu'est-ce que je vois dans le char de tes parents ?

Bruno : Écoute, il y avait beaucoup la radio, mais mon père, il faisait jouer du « dad rock », du Emerson, Lake and Palmer, puis du Genesis, puis du classic rock, Rush. OK, ouais, c'est ce qui jouait dans le char de mes parents, mais plus souvent mettons dans le sous-sol. Il y avait toujours de la musique constamment, mon père écoutait toute sa musique au sous-sol presque jour et nuit, mais il dormait là.

Hugo Lachance : Ah c'est cool ! Puis à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être importante ou même fondamentale pour toi ?

Bruno : À l'âge adulte, parce que je n'ai pas vraiment joué de musique avant l'âge adulte. Je voulais un drum puis mes parents ne voulaient pas de bruit, ce sont comme deux concepts qui ne coexistent pas super bien en fait. Puis c'est ça, rendu au Cégep, j'ai fait : « non non, je veux jouer d'un instrument ». Mais tu sais, quand tu commences à jouer d'un instrument, tu n'es pas bien bon pendant plusieurs années. Puis à un moment donné, je ne sais pas si c'est en écoutant Miss Machine de Dillinger Escape Plan que j'ai fait : « me semble que j'ai envie d'essayer de faire de la musique, d'apporter quelque chose ».

Hugo Lachance : OK, puis ça a vraiment été le moment, ça a fait le déclic.

Bruno : L'album, je l'écoute d'un bout à l'autre, je ne suis pas capable de l'arrêter en cours de route. Il n'y a pas grand-chose qui joue dans ce registre-là. Charles dirait Converge, mais je suis comme : « ouais, mais non ». C'est assez particulier, c'est avant-gardiste comme album.

Hugo Lachance : Puis ton premier instrument, c'est quoi ?

Bruno : Premier instrument, c'était de la basse.

Hugo Lachance : La basse, OK cool. Gabi ! Gabichou ! Alors, es-tu une fille de où, toi ? De Mexico ?

Gabi : Euh non, c'est... je suis moitié mexicaine. C'est une blague qui tourne, mais je viens de Mascouche-Terrebonne.

Hugo Lachance : Ça, c'est mexicain, oui ! Ça, c'est au sud, l'exotisme ! Puis ton album d'enfance, ça serait quoi ? Plus loin que tu te souviennes ?

Gabi : Ah, c'est de la petite pop, des petits bands genre... ah, je ne sais pas pour vrai, je ne sais pas. J'ai plus des albums qui m'ont marquée à partir de 11 ans à peu près.

Hugo Lachance : Puis ça serait quoi ton album d'adolescence ?

Gabi : Le premier qui m'a vraiment marquée, c'est un album de Phoenix qui s'appelle It's Never Been Like That. OK, c'est un band français mais qui chante en anglais, un peu dans la même vibe.

Hugo Lachance : Qu'est-ce que tu vois chez tes parents ?

Gabi : Plein de choses ! Un album qui a tourné beaucoup chez mes parents à cause de mon père, c'est Kick d'INXS. Ouais, il y avait plein de choses que je ne nommerai pas parce que j'ai honte... je ne sais pas pourquoi ! [Rires] Oui, il y a de la honte, c'est normal. Backstreet Boys ? Non, ce n'est pas ce qu'il écoutait, mais il y avait genre... il y avait Santana !

Hugo Lachance : Ah, c'est pire !

Gabi : Puis il y avait ma mère, elle écoutait Sarah McLachlan.

Hugo Lachance : Mais Sarah, c'est bon aussi ! Ton premier instrument ?

Gabi : Drum ! Toujours été, c'est le premier, le seul.

Hugo Lachance : C'était quoi ton premier drum ?

Gabi : Un Pearl, qui était le drum à mon père. Ton père faisait du drum ? Ouais, mon frère a commencé à jouer aussi, puis j'ai embarqué. Il y a toujours eu un drum à la maison, je n'avais même pas le choix !

Hugo Lachance : OK, super merci. Charles !

Charles : Difficile ! Vous ne me connaissez pas vraiment, mais j'ai grandi à Montréal, j'ai rencontré Bruno là-bas. Moi c'est probablement... en fait, j'ai trippé sur les New Kids on the Block pendant deux semaines parce qu'il y avait un gars qui avait des jeans déchirés. Puis après ça, deux semaines après, j'ai découvert Guns N' Roses, puis là tous les gars avaient des jeans déchirés ! J'étais comme : Appetite for Destruction de Guns N' Roses, c'est mon premier album que j'ai écouté jusqu'à m'en rendre malade.

Hugo Lachance : Mais tes jeans ne sont pas déchirés ?

Charles : Non, je n'ai rien appris, je n'ai pas pris des cours de couture ! Non, mais tu sais, quand tu as sept ans, c'est déchiré, ça a l'air bon tabarnak !

Hugo Lachance : Puis ton album d'adolescence ?

Charles : J'en ai vraiment beaucoup, mais je vais y aller avec Life is Peachy de Korn. Ah ouais, c'est rendu un running gag en fait. Je pense que je l'ai plus écouté dans les dernières années que quand j'étais ado.

Hugo Lachance : Ton premier instrument ?

Charles : La basse, puis la voix surtout. Après la basse, puis après la guitare. Puis tu sais, je fais juste niaiser avec ça, je ne suis pas vraiment bon, mais c'est correct. Les autres sont bons, mais à la voix tu te débrouilles bien ? Ouais, mais ça c'est facile !

Hugo Lachance : Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ?

Charles : En fait, pas mal l'affaire du char de ma mère : c'était du Rage Against the Machine ! Pas mal tes parents ? Ouais, parce que ma mère faisait du snowboard puis elle se crinquait en écoutant ça !

Hugo Lachance : Cool ! Patch maintenant, même question. Ton album d'enfance ?

Patch : Moi c'est drôle parce que tu parles de musique d'enfance... moi à la maison, il n'y en avait pas de musique ! OK, zéro. Ça n'existait pas encore je pense ! Mais on n'avait pas de système de son, on avait une télévision en noir et blanc. Ce qu'on écoutait dans le char ? Rien. Les seuls souvenirs que j'ai, c'est chez ma grand-mère : il y avait beaucoup de classique. Ça a l'air que petit gars, je dansais sur la musique grecque traditionnelle !

Hugo Lachance : Ah ouais ! OK.

Patch : Moi j'ai appris avec Adamo, Hugo Frey. Puis qu'est-ce qu'il jouait dans la calèche ? Ouais, c'est ça : l'harmonica !

Hugo Lachance : Ça explique pourquoi tu n'as pas de cellulaire, ça doit être ça ! C'est un vampire ! Puis l'adolescence, qu'est-ce qui s'est passé ?

Patch : À l'adolescence, il y a eu... j'avais un voisin deux maisons à côté de chez moi qui était âgé de deux ans de plus que moi. Puis lui, il allait chez Dutchies dans le temps. Puis il dit : « Patch, il faut que tu écoutes ça, de la musique ! ». Puis lui, il avait un gros système de son, tu sais la grosse affaire, des grosses colonnes. J'écoutais ça puis j'étais comme flabbergasté, je disais : « Wouah, ça peut être ça de la musique ? ». Mais il t'a dit vraiment : « viens écouter de la musique » ? Ouais, il voulait partager ses affaires, fait qu'il a dit : « hey, viens à la maison puis viens écouter ça ». Moi j'étais tout jeune, j'avais 12 ans à peu près. Puis là il met ça, c'était... je me souviens de l'album, c'était Piece of Mind d'Iron Maiden. Je peux te dire que j'ai reviré de bord après !

Hugo Lachance : OK, c'est ça !

Patch : À partir de là, je me suis mis de l'argent de côté pour m'acheter un petit kit, puis je donnais de l'argent à Éric — il s'appelait Éric — puis je disais : « va chez Dutchies puis rapporte-moi de quoi, n'importe quoi ! ». Il me rapportait des affaires, je les écoutais. Fait que j'ai appris comme ça. C'est lui qui t'amenait ce qui a fait ta première collection finalement ? C'est cool ça. Donc avant ça, il n'y avait rien.

Hugo Lachance : Puis ton premier instrument, c'est quoi ?

Patch : Ça a été de la basse, mais d'une drôle de façon parce qu'au secondaire on était tous une gang de chums. En secondaire 5, tu sais qu'il y a Secondaire en spectacle qui s'en vient, puis on fait un band. OK : toi tu joues du drum, toi tu joues du clavier, toi la guitare... toi tu vas jouer de la basse ! OK ! Ah ouais ? On est allés tout de suite au magasin chercher une relique, puis ça a commencé de même. Par accident !

Hugo Lachance : Yeah ! On va passer au segment présentation de l'artiste. Dans le fond, là on vous connaît un petit peu plus individuellement. On se rapproche de CHOU. D'où ça vient ce super bon nom ?

Bruno : J'avais fait une liste de noms de bands potentiels. Je devais en avoir une bonne trentaine, sinon plus. Me semble qu'il y en avait plus que ça. Il y avait Creps, le band, il y avait les Setups, il y avait les Gorgones. Moi j'avais mis « Sandwich » ! Comme la sorcière des sables, oui. Il y avait « Porc », tu avais « Ananas », j'avais « Ananas » aussi. Ouais, pas pire ça ! OK, ouais. Comme un nom... Anne Trignon ? En tout cas, ça c'était bon. Mais Bruno, ce n'est jamais passé ! Il a checké la liste puis il a fait : « CHOU ». J'y ai repensé, j'ai fait : « Ben ouais ! ». Mais c'est hallucinant comme nom en rétrospective. Et surtout la façon dont vous l'avez présenté avec le logo black métal, c'est génial !

Charles : Ouais, ouais, c'est malin ! C'est un soir qu'on s'est mis à niaiser parce que, tu sais, ça ne sonne pas du tout comme du black métal. C'est super drôle, mais bon, il y a plein de bands qui le font à cette heure, fait que c'est moins drôle.

Hugo Lachance : Ouais, non, mais vous, vous l'avez fait quand même de bonne heure ! Là j'ai consulté votre bio, donc vous écrivez que CHOU est un groupe aracno-punk de bonne famille. Aracno-punk ? Ouais, aracno-punk ! Qu'est-ce que j'ai dit ? Mais c'est ça, on est caves ! OK, aracno-punk de bonne famille, domicilié à Montréal, dont les membres sont originaires d'Alma, du Mexique et de Kijiji ! À part cette phrase-là qui est superbe — en passant, je ne sais pas qui a écrit ça —, si je vous demandais une phrase pour décrire le groupe, ça serait quoi ?

Charles : Un cauchemar ! Ouais, j'en veux plus de bands, ce n'est pas un band, c'est un cauchemar. Ce n'est pas si bien que ça ! Non, mais on niaise tout le temps avec ça. En fait, ça va être un des sujets du prochain album probablement : à quel point on hait être dans un band ! [Rires] Je ne m'ennuierai pas avec les autres !

Hugo Lachance : Fondé par les guitaristes-chanteurs Bruno Bouchard et Charles Laplante en 2018, la formation est complétée par la batteuse Gabrielle Oltra et le bassiste Patrick « Patch » Chagnon. Racontez-nous l'histoire du groupe, comment vous vous êtes formés ? Vas-y Bruno !

Bruno : Non, c'est Charles, il va dire la même affaire, je veux l'entendre de ta gueule ! OK, ben moi j'avais un band qui s'appelait Seizure dans le fond, puis on s'est mis à se chicaner à l'interne, puis ça a fini en couille. Je l'ai comme annoncé sur Facebook : « c'est fini mon band, mais si quelqu'un a le goût de jammer, let's go ! ». Puis là Bruno a répondu à cet appel-là. On s'était déjà fait dire par sa sœur qu'on devrait jouer ensemble, mais on ne l'avait pas fait dans le temps. Puis là, à partir de ce moment-là, on a décidé de jammer ensemble. On ne savait pas trop ce qu'on faisait, on jammait une semaine sur trois. C'était un soir pendant... sur trois semaines mettons, c'était un soir. Bruno s'en allait avoir un enfant à ce moment-là, fait qu'il n'avait pas tant de temps non plus. Puis de fil en aiguille, on a jammé dans un garage.

Charles : Puis j'avais déjà un band avec Patch ! Ah ouais ? OK. Avant ? Oui, c'est ça. Mais on avait quelqu'un d'autre dans le band avant avec qui ça n'a pas fitté. Au début il y avait Bruno, c'était le drame, après ça Gabichou est arrivée dans le band... non non non ! Tu as rajouté Gabichou dans le band sans le dire à l'ancien drameur ! Il faudrait peut-être le dire. Puis là tu l'as mis dehors ! Mais dans le fond, tu pourrais poigner la basse ? Ouais, puis moi je jouais la basse dans ce temps-là, fait que j'ai mis la basse dans les mains de Charles. À ce moment-là, j'étais juste le chanteur, puis moi ça faisait bien mon affaire. Mais encore là, à la basse ça faisait moins la job que quand c'était moi ! Fait qu'on a décidé... Patch à ce moment-là, il est comme arrivé dans le portrait, on savait qu'il aimait jouer avec nous autres, fait qu'il a embarqué. Tu pensais être débarrassé de la basse, mais finalement on t'y a remis ! Ouais, c'est ça, je ne m'en sors pas ! Mais ça marche bien moi aussi par exemple.

Hugo Lachance : Stéphane Deslauriers pour Le Canal Auditif (Montréal), le 12 février 2023, écrivait : « Musicalement, le groupe s'appuie sur une section rythmique de béton — c'est vrai, je viens de le voir au soundcheck —, un train disons-le, formé de la métronomique Gabrielle Oltra et de l'incarnation québécoise du bassiste américain Mike Watt, Patrick Patch Chagnon ». Gabriel et Patch, c'est un commentaire j'imagine qui est très cool à entendre ! Comment construisez-vous les fondations des tounes de CHOU ?

Patch : Ben pour l'instant, surtout pour le premier album, il y a beaucoup d'idées de Charles et de Bruno. Bruno aime ça aussi manipuler des samplings de drum pour donner des idées, puis il les transmet à Gab. Gab les écoute, les travaille, arrive avec ses propres idées. Corrigez-moi si je me trompe ?

Gabi : Non, mais au fil du temps, ça fait cinq ans que je suis dans le band, puis Bruno, il a vu en moi... il a compris la façon dont je joue, comment j'aime jouer. Fait qu'à cette heure, quand il compose le drum, il le fait vraiment selon... il sait ce que je veux.

Hugo Lachance : C'est un bon commentaire ! C'est un bon commentaire parce que quand on écoute votre album, c'est vrai que vous vous détachez tous les deux. Ça paraît que vous travaillez ensemble parce que toi tu as un son de la mort, toi tu as une façon de jouer... juste la disposition un peu atypique de ton drum parce que tu joues « ouvert ouvert », fait que ça donne des rythmiques quand même spéciales. Je vous regardais jouer tantôt, je me disais : « ces deux-là, ça marche très, très, très bien ! ». Tu sais, les deux autres sont moins bons, c'est juste vous autres en fait ! [Rires] On ne serait pas invités dans des podcasts sans eux autres ! Non, mais c'est un bon commentaire, je suis content, ça doit être cool d'avoir des commentaires comme ça.

Hugo Lachance : Toujours dans le même article : « De plus, on aimerait souligner le remarquable boulot de Bruno Bouchard à la guitare, un compositeur mésestimé et un guitariste bricoleur qui s'amuse à varier constamment les sonorités qu'il extirpe de son instrument, parfois d'un riff à l'autre et souvent au sein d'une seule et même chanson ». Bruno et Charles, quel est votre rapport individuel et collectif au niveau de la création dans le groupe ?

Charles : Sur le premier album, c'est pas mal genre : j'amène des riffs, je les donne à Bruno. Bruno, il revient, il y a une toune complète ! Même des fois il ne me donne pas de riffs, c'est juste qu'il fait de quoi : « je vais refaire ça, je le filme ». Je pars avec ça, je n'ai pas le temps de niaser !

Bruno : Moi dans le fond, souvent je vais faire des maquettes. En tout cas sur cet album-là maintenant, c'est plus balancé, mais sur le premier album, c'était beaucoup mettons des riffs ou des bribes, je ramène ça chez nous puis je reviens avec une toune montée. Pour moi, c'est une manière de leur faire un cadeau, d'essayer de faire quelque chose que je pense qu'ils vont aimer. Puis de plus en plus, comme Gab disait, je connais son style, fait que quand je compose les maquettes, ça ressemble plus à ce qu'elle veut drommer. Puis après ça avec Patch, on a deux filles du même âge à peu près, fait qu'on est tout le temps rendus chez l'un, chez l'autre, puis nos filles jouent ensemble. Pendant qu'elles jouent ensemble, on travaille... non mais on travaille des harmonies, on se fait des tresses ! [Rires]

Patch : Souvent aussi, dans les chansons, ils vont arriver avec un squelette sans basse, puis ils vont m'envoyer ça pour ma maison. Je le travaille, je leur envoie une version avec la basse : « checkez donc ça ! ». Je renvoie mes affaires, j'essaie ça... après la 22e ou 23e fois, c'est bon, on est contents de notre track ! Puis c'est Gab qui reçoit tout à la fin, c'est ça exact !

Patch : Mais j'ai quelque chose à dire sur ce que tu parlais de la guitare de Bruno. Je me souviens qu'une fois, il m'avait dit — je paraphrase — : « Ah, je suis comme déprimé, je vois des solistes sur YouTube, des shredders... ». Ouais, mais je lui ai dit : « toi tu es encore plus rare que ça ! ». Comment ça ? « Parce que tu es un mélodiste ! ». Ça c'est vrai, puis ça c'est complètement différent. Bravo !

Hugo Lachance : Absolument, c'est vrai qu'il y en a beaucoup des shredders, puis il y en a de plus en plus, ils sont de plus en plus exposés. Mais ça devient un peu lassant parce que ce qu'on cherche, c'est la perle rare qui est capable de créer quelque chose, qui est capable d'amener un son qui commence... tu as déjà entendu une tonne de slash solos qui est bonne ? Non ! Ben c'est ça, c'est ça exactement ! Absolument, tu as absolument raison. Donc je continue avec votre biographie : « Le premier album, une collection éponyme de compositions prépandémie, fut enregistré au rythme du couvre-feu et lancé en plein déconfinement en mai 2022 ». Comment ça s'est passé ? Comment on compose un album en pandémie ? Est-ce que ça a influencé le résultat final ou... ?

Bruno : Ben en fait, le premier album, il est comme arrivé quand on avait assez de tounes. On a fait comme un petit trip, mais pas mal tout ce qu'on avait s'est ramassé dessus. On n'a pas vraiment eu l'impression que genre : « OK, on fait un album là ». Ça s'est fait comme ça, on faisait des tracks par-ci, par-là. Ça a pris du temps, il y a eu des longs breaks à cause qu'on n'avait pas le droit de se réunir puis tout ça. Puis moi, ma partie préférée, c'est quand on a... tu sais parce qu'il y a une toune avec Vincent Peake, il est venu l'enregistrer avec nous autres au local puis il fallait faire ça genre en 1 h 30 parce qu'il y avait le couvre-feu ! Il fallait genre se dépêcher d'enregistrer pour être rendus chez nous à 8 h ! C'est assez psychédélique quand on y repense aujourd'hui, le couvre-feu. Vrai ! Il fallait que... quand on répétait des fois, on se cachait un peu, me semble ! Je pense qu'ils peuvent nous arrêter de façon rétrospective pour avoir parlé de ça !

Hugo Lachance : Comment ça se passe l'enregistrement d'une toune de CHOU ? Comment vous procédez en studio ?

Charles : Sur le premier album, c'était vraiment du track par track dans notre local-studio. OK, on commence avec une track de clic. Drum et basse en premier. Puis le premier album, il y avait un clic qu'on a fait dans le studio. Le deuxième album, on l'a fait sans clic, juste drum et guite. Et quand on parle du deuxième album, c'est l'album qui part au mastering là, mais tu sais, je pense qu'on va beaucoup parler du premier album fait que je pense qu'on peut... ouais, on ne peut pas faire commencer toutes nos phrases par le premier album !

Hugo Lachance : Non, ben on va parler tout de suite de l'album qui sort au mois d'octobre, c'est ça ? Ouais, selon les plans. Les plans, OK ! Il s'appelle comment ?

Charles : Il s'appelle BLANC. CHOU BLANC ? Ouais, mais CHOU BLANC ou juste BLANC ? Juste BLANC, mais parce que ça complète. J'aime ça !

Hugo Lachance : On retrouve des collaborations justement de Vincent Peake, Antoine Corriveau et François Gagnon de FUDGE. Comment avez-vous approché ce monde-là ? Pourquoi avez-vous travaillé avec eux autres ?

Charles : Moi, Corriveau, je ne le connaissais pas vraiment. C'était plus mon client dans le temps que je travaillais au 33 Tours, puis tu sais, on parlait... on parlait genre 20 minutes de Nick Cave sur le coin d'une table pendant que les autres clients attendaient. Mais au début, je pensais que ce serait Julien Corriveau des Appendices, mais il ne retourne pas mes messages ! Julien, si tu nous écoutes : prochain album, on fait une collabo avec toi ! Bon salut Julien ! On veut tous les artistes Corriveau du Québec si possible ! On va aller chercher Beala Corriveau aussi ! Non, puis je ne sais pas, à un moment donné j'avais une toune où ce que... ben « Nic Melançon » justement, que je trouvais que, tu sais, vu que j'avais déjà fait du spoken word un peu sur l'album, je trouvais que c'était intéressant d'amener une autre voix. Fait que je lui ai juste écrit un courriel, puis il m'a répondu puis il a dit : « ouais, ça me tente ». Puis il l'a fait, puis on est devenus amis depuis ce temps-là. OK !

Hugo Lachance : Puis Vincent ?

Charles : Ah Vincent, je le connais depuis quand même longtemps. C'était dans mon ancien band avec Chris Poirier, puis qui fait l'hommage à Nirvana, il est aussi producer. Puis Vincent, il finissait souvent des soirées, des nuits devrais-je dire, dans le local à Chris, puis je le croisais souvent là.

Bruno : Puis Gab, la fois que Charles chuchotait toutes les paroles de toutes nos tounes pendant qu'ils jouaient, dans l'oreille à Vincent Peake ! C'était deux... on avait deux tounes à chaque fois à écouter. On écoutait les tounes, Charles il chantait par-dessus puis j'étais comme : « laisse les autres écouter ! ».

Charles : Ouais, mais tu sais genre, il y a du monde dans un party qui écoutent de la musique puis ils ne sont pas capables d'entendre les paroles, fait que je leur donne un service ! C'est un service que j'offre !

Hugo Lachance : On continue avec toujours votre bio qui est vraiment le fun. Hier j'étais avec Martin Blackburn de Jésus Les Filles puis lui aussi il m'a envoyé la bio pour que je puisse faire la recherche. La bio est vraiment bien écrite, c'est rare tu sais ! Puis la vôtre aussi est le fun fait que ça donne des bonnes trail pour faire l'entrevue. « Grâce au caractère humoristico-cynique et aux riffs inventifs du duo Bouchard-Laplante, le quatuor crucifère a reçu la nomination Album/EP Punk au GAMIQ 2022 et s'est taillé une place sur la scène de plusieurs festivals dont le Pouzza, le Taverne Tour, Les Francos de Montréal... ». Comme disait Frank Zappa : « Does humor belong in music ? ».

Bruno : Ben dans la nôtre, oui ! Mais c'est sûr que ça ne s'adonne pas à tous les bands, mais dans le nôtre, je ne nous verrais pas aller ailleurs.

Hugo Lachance : Ouais, mais c'est parce qu'il y a vraiment de l'humour dans les paroles, on va le voir tantôt parce qu'on va écouter l'album.

Charles : Ben c'est le moteur en fait, moi c'est ça qui me motive ! Je suis comme écœuré des chanteurs qui se prennent au sérieux ! Mais le bout « crucifère », c'est bien écrit, une belle plume !

Bruno : Rire juste du petit bout : « Grâce aux riffs inventifs du duo Bouchard-Laplante, le quatuor crucifère a reçu la nomination... ». Ouais, juste cette phrase-là, ça mérite une nomination ! Ouais, il n'y a rien là ! J'étais en train de travailler sur le communiqué de presse de l'album 2, tu vas voir !

Hugo Lachance : C'est important ! À toute fin pratique, ils se sont invités eux-mêmes de force avec leur premier vidéoclip mettant en vedette l'humoriste Maxime Gervais, la toune « CHOU » de l'album CHOU du band CHOU ! C'est quoi ? Racontez-moi votre collaboration avec lui.

Bruno : Ben, je l'ai invité chez nous un soir puis on a dit : « tu ne le savais pas, mais tu viens jouer dans un vidéo ! ». Puis lui : « Ah tabarnak ! ». Ah ouais ? C'est pas vrai ? Non, non, il savait très bien ce qu'il faisait ! Mais c'est ça, on n'avait pas... tu sais Max moi c'est un ami là, quand je le vois on est contents de se voir puis blablabla. Fait que tu sais, ça s'est fait comme thèse d'une soirée, puis ça a duré 20 minutes le tournage ! À peu près une demi-heure. Ça a coûté un pot de caramel ! Je vais mettre ça dans la description ! Non mais c'est ça, il fallait qu'on sauve de l'argent puis Max, ben écoute, il a joué le jeu là. Il a de l'écœur mais il fait de la comédie !

Hugo Lachance : Cool ! Ben on le salue, Maxime Gervais. On va passer au segment présentation de l'album, on est rendus là. Donc le titre : CHOU. Année : 20 mai 2022.

Bruno : Ouais, on a sorti ça pour le Pouzza parce qu'on ne sait pas comment faire les choses dans la vie en général, puis là on s'est dit : « hey on joue au Pouzza, on fait un lancement au Pouzza ! ». Mais tu sais le Pouzza, tu fais un set de genre 30 minutes. Oui, puis c'est garroché, fait que tu sais, tu n'as même pas le temps de dire : « non non non ». Fait que c'est ça, on avait un album de prêt, on a juste fait : « oui ! ».

Bruno : Oui, mais ça a bien marché quand même ! Il n'y a pas eu comme un gros boom à la sortie, c'est vraiment à force de faire des shows que les gens ont commencé à nous découvrir. Mais le release, on l'a poché. Mais tu sais en même temps, quand tu es un band indépendant, c'est rare que ça lève un release. Si on avait fait un lancement, on aurait eu nos quatre chums qui seraient venus... nos parents peut-être ? Non, mon père n'est jamais venu voir mon band ! C'est la base dans ton cas ? Euh non.

Hugo Lachance : Le label ? Indépendant. Avez-vous un label ?

Bruno : Non, pas sur cet album-là. Maintenant on en a un, mais là on n'en avait pas.

Hugo Lachance : OK. Réalisation ?

Bruno : Ben, c'était pas mal moi ! Ouais, OK, c'est toi qui étais derrière ? Ouais, ouais. La prise de son, ça avait été faite au local au mieux de mes connaissances. J'avais fait du studio avec Studio Mandragore qui enregistre notre prochain album, fait que ce que j'avais appris là, c'est ça que j'ai appliqué. Ah ! Il y a Christian Fafard qui nous a prêté des micros pour le drum pour que ça sonne bien. Puis après ça, c'était moi qui étais à la technique puis je faisais faire des tounes... j'ai fait faire des tounes à Vincent Peake ! Tu sais, des fois tu te sens petit dans tes shorts de faire faire des tounes à Peake ! Particulier ouais, j'avoue ! Mais c'est ça, fait que je savais ce que je voulais que ça donne.

Bruno : D'ailleurs c'était le fun la toune « Souvenirs de Secondaire en spectacle », la dernière partie à la fin là, ce n'est pas de même au départ ! Non, mais ce n'est pas de même qu'elle est sortie. Les gars ont gueulé des affaires puis après ça moi j'ai chopped choppé puis j'ai repatenté quelque chose. Non c'est vrai, excuse, c'était avant que Franck fasse sa collaboration ! Ouais, on a rechoppé ça, puis là lui a fait ça dans l'ordre que je l'avais rechoppé, et c'est ça, c'était très organique comment ça s'est fait la fin de cette toune-là. Wouah !

Hugo Lachance : Ah ouais ! C'est ton premier album que tu réalisais ? Tu n'avais jamais fait ça avant ?

Bruno : Ben un petit peu avec parce qu'on a eu un band ensemble qui s'appelait Oui, puis on a fait un petit EP de 5 tounes. On a pas mal fait ça ensemble parce que ça sonne bien, puis il est bien réalisé cet album-là je trouve ! J'avais fait aussi Sons of Sleep, l'album Pheromone. Je ne l'ai pas écouté depuis longtemps, mais c'est vrai qu'il est bon quand même comme album.

Hugo Lachance : Ouais. Musiciens donc : Bruno Bouchard (guitare, voix, paroles), Charles Laplante (guitare, voix), Gabrielle Oltra (batterie), Patrick Patch Chagnon (basse). Studio : Mandragore. Est-ce qu'il y a d'autres musiciens là-dessus ? À part Vincent Peake et tout...

Bruno : Ils font juste du vocal, il n'y a pas d'autres personnes. Il n'y avait pas Eve qui a joué ? Elle faisait des « miam miam », elle a fait des voix ! Puis ça, ma blonde Sarah qui fait des « CHOU CHOU » ! Ouais OK ! Puis toute la percussion, c'est toi qui l'avais faite ? Donc Studio Mandragore. Mixage : David Fournier.

Bruno : Ouais, là c'est notre... le gars qui a coréalisé l'album BLANC qui s'en vient. Fait que là, il a été impliqué dès le début. Le premier record qu'il a fait, c'était lui. Mais c'est ça, sur cet album-là, on est arrivés avec toutes les tracks, je les ai données le plus propre que je pouvais. Il était bien content parce que ça avait quand même de l'allure, ce n'était pas de la cochonnerie que j'ai envoyée. Mais tu sais, les premières démos de CHOU qu'on a faites volontairement, genre le drum : j'ai mis un micro devant le bass drum pour enregistrer la basse et le bass drum ! Ah ouais ? OK. Puis je pense que le drum, c'était un micro de bass drum, un micro de snare puis un overhead, mais un micro de merde parce que volontairement je voulais que ça sonne « la scrap » ! Fait que quand on a fait mixer ça par Frame the Fuck... ouais ouais, les deux premiers records en fait, c'est la même session d'enregistrement. Ce n'était pas du bon matériel source, mais volontairement !

Charles : Non mais moi je l'aime quand même ! Mais oui, je l'écoute puis je trouve qu'il y a quelque chose de fun avec ça, mais tu sais je me suis forcé ! Je pense que Gab n'est pas sur celle-là ? Non, c'est Bruno, puis c'est Rémi. Puis quand tu l'écoutes, ça paraît ! Ben c'est un petit peu moins « tight » que ça serait normalement là. Il apporte des choses, il apporte des choses aussi, son playing est différent, plus...

Hugo Lachance : Mastering : Yan Saint-Amand au studio... on lui souhaite une nouvelle maison, il a passé au feu récemment. Vrai ? On lui souhaite une nouvelle maison puis du nouveau gear de studio surtout ! On est là Patch ! Ouais écoute ! Période d'enregistrement ? Pardon ? La période d'enregistrement, pouvez-vous répéter la question ? Tu as bien compris ! Non mais vous l'avez fait en combien de temps ? Dans quelle période ?

Bruno : Sur 8-10 mois à peu près. C'est quasiment un an tu sais, avec des on and off. OK ouais. Parce que des fois il y a des bands comme Enfants Sauvages qui font 21 tounes en une journée là tu sais en studio ! Mais ça on veut faire ça nous autres aussi ! On l'a fait un petit peu parce que sur l'album BLANC, les tracks de base — guite, basse, drum — on était les trois dans la même salle, on a pesé « rec » sur cinq tracks. OK ! Puis c'est ça... ouais ouais c'est ça. Je pense que c'est la track de gauche de guitare qui est toujours celle qu'on a enregistrée les trois ensemble. À droite, c'est des overdubs que j'ai faits tranquillement chez nous. C'est juste qu'on a pris tellement de temps pour rajouter des fioritures... je ne me rappelle même plus, c'est 4-5 jours je pense ? Ouais. 4-5 jours et demi OK. Wouah c'est bon ! J'ai hâte d'entendre ça.

Hugo Lachance : Donc si je vous demandais une phrase pour décrire le groupe à ce moment-là, comment vous vous sentiez quand vous arriviez en studio pour faire cet album-là ? Là on parle toujours de cet album-là, oui. On parle de CHOU.

Patch : Ben moi c'est particulier parce que quand je suis arrivé dans le groupe, c'était déjà pas mal tout traqué si je me souviens bien, tout était fait. Sauf que j'ai dit : « je peux refaire mes tracks de basse au complet ? ». Puis ils ont dit : « oui, oui, c'est beau ! ». Fait qu'on a tout enlevé les tracks de basse, je les ai toutes refaites je pense. Sauf « Souvenirs de Secondaire en spectacle », c'est Charles je pense... ben Charles, puis moi, puis Rémi. Puis ça gardait le caractère du son qu'ils avaient choisi puis la façon de le jouer, je me suis dit : « je ne peux pas imiter ça ! ».

Hugo Lachance : C'est parfait ! Tu as refait tes tracks au complet, recomposé ?

Patch : Oui, oui, j'ai tout recomposé. Souvent je me suis fié sur des idées de la gang, sauf celle que moi j'appelle « Goglu » — je l'appelle tout le temps de même —, c'est là que quand je l'ai écoutée je me suis dit : « non, le son qu'il a, le trip de basse que tu as fait, je ne touche pas à ça, c'est parfait pour la toune ». OK, on l'a laissée de même. Puis en passant, pour votre prochain album, on pourrait faire un autre épisode ! Avec plaisir, avec plaisir ! Vraiment ça j'ai hâte d'entendre ça.

Hugo Lachance : Donc puis le visuel maintenant. Conception de la pochette : illustration de JD Simard. Ouais ! Comment vous abordez le visuel dans le band ? Est-ce que c'est important pour vous autres ?

Bruno : Ben moi à la base je leur avais proposé plein d'affaires puis ça faisait : « non non non ». Puis quand je suis arrivé avec celui-là, ils ont fait comme : « euh OK ! ». Ah ouais ? OK ! Mais c'est qui qui l'a fait ? Ben c'est ça en fait, c'est un tableau de mon ami JD Simard. C'est le même qui a fait le t-shirt. C'est le logo... le logo métal, c'est avec lui que je l'ai élaboré. Bon travail de toute façon ! On va la regarder la pochette : un, deux, trois... et voilà ! Magnifique hein ! Puis ça, en fait, sur ce tableau-là normalement ce n'est pas écrit CHOU dessus, c'est écrit « KABOUM ». Puis c'est un truc qu'il avait dans son appartement sur le mur que lui a fait. Je pense que ça a pris comme 15-20 ans avant que ça se ramasse sur une pochette d'album ! Ça se trouve c'est peut-être même un projet du secondaire qu'il avait fait ! Mais c'est une vieille affaire qu'il avait chez eux. Moi à chaque fois que j'allais chez eux c'est comme : « faut que je fasse de quoi avec ça, c'est tellement... ». Il me faisait tellement rire !

Hugo Lachance : J'aime vraiment ça la pochette, cette espèce d'explosion, tout le monde qui revole ! Non c'est vraiment en rétrospect... c'est parfait puis j'aurais pas voulu que ça soit d'autre chose. Très distinctif par rapport à d'autres choses qu'on voit, reconnaissable rapidement. Exactement ! En plus tu sais le côté un peu humoristique là-dedans... ouais ouais.

Charles : Non, c'est ça. Ce n'était pas toi qui avais rajouté les couleurs là-dessus ?

Bruno : Ouais, ben j'ai fait un petit peu de processing là mais tu sais moi je crisse du turquoise partout ! [Rires] C'est vrai ! Ben c'était en noir... au départ c'était en noir et blanc, mais tu avais proposé d'autres couleurs puis je trouvais que ça... tu sais ça faisait comme si c'était le beau soleil dehors puis bam ! Tout le monde explose ! OK, j'avais pas compris ça, c'était en noir et blanc au début ? Ouais, il y avait des petites pointes de couleur comme le linge des gens que tu vois, c'était là la couleur, mais le fond était blanc puis même l'explosion était blanche. C'étaient juste des traits noirs. Ce que je voulais c'était que sur une playlist, si on voit le petit album qui pop... ouais OK ! Fait qu'on a essayé de trouver des couleurs. Ça, ça marche très bien ! Mais j'ai vu souvent un motif de boîte de Kleenex à l'épicerie qui a ces couleurs-là ! À chaque fois je fais : « je le veux, si je le vois je vais te l'acheter ! ».

Hugo Lachance : On continue avec les crédits. Dans le fond il y a les invités : Antoine Corriveau — on va parler un peu plus en détail j'imagine pour ceux qui ont collaboré à des chansons —, il y a Véronique Moonon, François Gagnon de FUDGE, Pete Gilliard de Amara...

Charles : Oui, dans « Goglu », dans « Nic Melançon », c'était comme sa toune préférée ! C'était un gars qui travaillait pour le Ciseau de Roi, ouais. Puis il avait vu cette toune-là puis il était complètement hypnotisé quand on l'a enregistrée. On avait besoin de vocaux plus death à quelques points puis... OK ! Vous pratiquez au studio de Patch ou quoi ?

Patch : Ben maintenant là, j'ai fait un studio chez moi fait qu'on a fait notre premier jam chez moi. Est-ce que ça sonne bien ? Pas du tout ! Est-ce que ça va s'améliorer ? J'espère que oui ! Je te souhaite courage, mange des œufs en masse !

Hugo Lachance : Ensuite il y a Sarah Kouda, Vincent Peake. Remerciements spéciaux : Aurélie Bouchard, Christian Fafard, Claudia Fortin, Justine Jeanny Larouche, Jean-Félix Verret, Jo Beauchamp, Marcello Salsa Oltra, Mathieu Da, Maxime Gervais... non c'est Maxime (Maxime Gervais) Gervais en parenthèse ! [Rires] Maxime Gervais. C'est pour ça que j'ai lu les crédits, c'est juste pour ça ! Ouais ça c'est innocent quand même ! Pas mal, c'est parfait. Non, les étiquettes c'est chiant OK, c'est chiant à trouver, mais là on va jouer au jeu des étiquettes. Si on peut mettre des étiquettes sur votre album ça serait quoi ? C'est quoi le genre ? On peut comparer ça à quoi ? Moi j'entends un peu de Queens of the Stone Age un peu, puis surtout les vocaux évidemment. Autre chose ? Il y a Lucien Francœur, on n'a pas le choix de passer à côté !

Patch : Moi j'irais avec maison Columbia ! [Rires] Je mettrais l'étiquette alternatif. Ouais c'est ça, tout rentre ! Alternatif, ou adult rock... ou non : nouveauté ! Nouveauté ! Ben on se fait souvent barouetter dans le punk puis il y a des raisons pour ça, mais je pense que overall on n'est pas vraiment punk. Dans le son là, c'est comme... vous n'êtes pas juste ça ? Non non, mais ça se promène, c'est ça. Des fois c'est rock, des fois c'est hardcore, des fois c'est métal.

Charles : Ouais exact ! Mais tu sais tu as name-droppé Lucien Francœur puis ça... quelle est la toune que Charles aime le plus ever de CHOU ? C'est « Chaloupe » ! Sauf que « Chaloupe », s'il n'y avait pas été là, il n'y aurait pas de Lucien Francœur dans CHOU. Puis quand on l'a enregistrée, c'était ça qui collait dessus puis après on s'est mis à en mettre partout ! Puis là il faut qu'on se retienne d'en faire partout ! C'est ça parce que... mais tu sais parce que c'est super drôle puis ça le fait bien tu sais ! Puis même moi je m'entends puis je me trouve drôle tu sais. Ah mais ça marche bien je trouve !

Bruno : Sur les maquettes, j'essaie de faire du Lucien Francœur là, ça ne marche pas ! Est-ce que c'est mauvais ? Ben ce n'est pas donné à tout le monde ! C'est naturel, ça sort tout seul. Il parle, tu l'enregistres puis ça va dans une toune. OK wouah ! Mais c'est intéressant au bout ! J'étais jeune, je voulais être un Ramone, puis j'ai fini par être... non mais...

Charles : Mais l'affaire c'est que pour moi ça ne sonne pas comme une imitation de Lucien Francœur tu sais, ça paraît que ça fait partie de ton background, c'est évident ! Mais si tu le fais bien, c'est un espèce d'hommage ou même personne... ouais ! Je n'essaie pas d'aller jouer dans ses plates-bandes non plus tu sais. Puis les étiquettes pour CHOU c'est ça, mais ce n'est pas juste punk mais vous allez quand même couvrir assez large. Un fun ! Quel est le contexte d'écriture de cet album-là ? Comment il a vu le jour ?

Charles : Ah c'est... moi je rigole tout le temps parce qu'on marche dans la rue, ils se disent des niaiseries : « ça c'est bon ! ». Puis ils commencent à écrire un paquet de phrases puis ça finit par aboutir quelque part sur une toune. C'est vrai, souvent ça fait ça. Puis sur le prochain album, il y a une toune que tantôt Gab nous a dit : c'était dans une pizzéria, il attendait sa pointe de pepperoni puis il a juste parlé d'une histoire qui est arrivée plus jeune. On a fait : « prends ça en note, c'est une toune ! ».

Bruno : Ouais mais c'est souvent ça ! C'est souvent que je pars à déconner sur quelque chose ou Bruno, puis on se renvoie la balle. Ça c'est une toune ! Tu sais, des fois on fait juste écrire : « ça c'est une toune ». Puis là on parle... est-ce qu'il y a un concept dans l'album ? Un fil conducteur ?

Charles : Dans le premier, c'est plus comme ça : ça va de gauche à droite. Mais dans le deuxième, il y a... ça s'appelle CHOU BLANC puis tu sais faire chou blanc c'est comme vivre un échec ouais. Puis toutes les tounes, tu sais, c'est narré par des espèces de losers d'une certaine façon. Mais ça on n'a pas été chercher loin quand on channel notre « inner loser » ! Il n'est pas loin ! [Rires] J'ai quelque chose à dire aussi ! Tout le monde peut contribuer facilement. Ouais ! Tu sais, il y a différentes sources d'échec mais oui c'est pas mal... OK ouais ! Ça va peut-être être un échec aussi, on le souhaite !

Hugo Lachance : Comment vous avez financé cet album-là ?

Bruno : Non non non ! [Rires] OK c'est bon ça !

Hugo Lachance : Et on va passer au segment « Ils ont dit ». Dans le fond c'est juste des coupures de journaux, dans le fond des articles qui... parce que la critique a été bonne quand même, votre album a été bien reçu. Donc Stéphane Deslauriers, Canal Auditif, encore le même article évidemment : « CHOU est un ovni dans une industrie du disque assez propette, même dans l'univers du rock lourd. Le groupe détonne avec son humour mordant et son éclectisme musical. Ce groupe 100 % punk dans l'attitude, décapant et hilarant à la fois et qui ne craint absolument rien, vaut la peine qu'on y prête l'oreille attentivement ». Il est assez fin ce gars-là ! Ouais c'est vrai, non mais écoute, non mais il a raison !

Patch : Le côté humour là-dedans... Fred Savard ! Parce que Fred Savard a un coup de cœur pour vous autres ! « La Baladodiffusion de Fred Savard », 25 mars 2023 : « Il y a une twist avec ce groupe-là qui va être à surveiller. J'ai vraiment beaucoup beaucoup beaucoup aimé ce que j'ai entendu. Ça me tentait de terminer l'épisode avec eux ».

Charles : En fait, Fred Savard, je le connaissais quand même pour la soirée « Encore Jeune » dans le temps puis ces affaires-là. Ouais. À un moment donné je me rends compte qu'il est dans la salle quand on fait un show avec Octopulpe puis FUDGE, puis tout ! Puis tu sais je le vois, je fais : « Fred Savard là, c'est cool ! ». Puis après ça je ne m'en fais pas trop avec ça. Puis à un moment donné Gab, ton chum lui dit : « Fred Savard parle de vous autres dans son émission ! ». Puis là il en a fait jouer puis là j'étais comme... puis là il dit genre : « il y a eu Octopulpe j'ai pas aimé ça, FUDGE j'ai pas aimé ça, mais tabarnak : CHOU ! ». C'était... il n'a pas sacré ? Non il n'a pas sacré dans son émission totalement indépendante ! Mais je veux dire...

Patch : Mais il a... on salue Fred ! Ben oui ! Puis en plus l'autre fois on a joué à L'Oblique puis il était là aussi ! Il a juste fait comme : « ouais vous jouez là, je vais aller... je vais y aller ! ». Puis il était là, il est venu voir le show, il est vraiment fan de nous autres. Puis on a fait... il nous a invités aussi... c'est... ouais il nous a invités à faire le Lion d'Or avant son cabaret ! Pendant son... le premier cabaret là de financement. C'était une soirée vraiment spéciale.

Charles : On a déjà eu un band, Fred et les Boys ! Ah ouais ? Ouais, un projet qui a fait patate là mais on a déjà joué ensemble ! Petit band.

Hugo Lachance : Ariane Coutu-Perreault, Les Insoumis, et Phil Vaille, Le Clash, 6 janvier 2023 — c'est Le Clash Podcast j'imagine : « Ça vaut la peine de t'asseoir, d'écouter, de regarder les mots qui ont été choisis. Je pense qu'ils sont fucking wise évidemment. Le côté plus autodérision ça me gagne, ça me gagne mille à l'heure ! Bon, ils sont hors norme aussi, c'est difficile de les comparer. C'est extrêmement inconfortant, ça vient chercher le vieux Kébek. Moi j'irais prendre une bière avec eux n'importe quand ! ».

Charles : On l'a fait après en plus, on a pris une bière avec les autres !

Hugo Lachance : Mais j'avoue que c'est le fun de prendre une bière avec vous autres. On est rendus au segment avec l'album. En fait ce qu'on fait c'est qu'on écoute un extrait, après ça moi j'ai isolé certaines paroles puis après ça vous les commentez comme vous voulez, c'est à vous autres de... fa on va commencer avec « CHOU ». [Musique] [Applaudissements] Ah ! Ben ton show tu n'es pas content ? Là tu es en train de réaliser ton rêve ! Donc, « CHOU », tu es en train de réaliser ton rêve. Il sort quand votre album ? Ça ne vous tente pas de faire des shows devant du monde ? Hein ? Vous avez envoyé un démo là à toutes les places, avoir su que vous étiez de la merde comme ça je me serais apporté de la lecture ! La toune finit de même ! Ouais, vous vous n'avez pas d'écouteurs fait que j'espère que vous vous rappelez de la toune. On va la faire ce soir ! Super bonne toune pour commencer un album.

Charles : Ben ça, j'ai été vraiment surpris de la réception de cette chanson-là parce que c'est rendu comme notre chanson thème. OK, c'est drôle parce qu'initialement, c'est une des premières tounes qu'on avait faites. C'est « Premiers Palmarès », c'est la première toune qu'on a jouée ensemble parce que dans le fond, le premier jam avec Charles, il ne voulait pas qu'on jamme du pentatonique ! Fait qu'on s'était patenté des maquettes puis « Palmarès » en était une de celles-là. Puis la toune « CHOU » a genre 8-10 ans. J'avais fait ça quand j'étais dans OuiOui, puis OuiOui n'a pas voulu jouer cette toune-là. C'était comme : « ah c'est trop facile ! ». Avec les paroles ou sans paroles ? Instrumental ! Le riff ! Ouais c'est ça. Puis là j'ai fait écouter ça à Charles puis : « Ah ouais, on pourrait la faire ! ». Fait qu'on l'a apprise puis comme à la dernière minute, il a comme rajouté ce texte-là par-dessus puis ça colle. Ah c'est fou ! Très bien ! C'est comme si tu plaçais tes pions pour le reste de l'album, ça marche !

Charles : Mais quand tu sais là, maintenant c'est pas mal fixé autour de ce thème-là. Des fois je niaisais plus la fin en show, mais avant je faisais juste délirer n'importe quoi. Comme quand tu écoutes la session live qu'on a enregistrée de chez Patch pendant la pandémie, le texte ce n'est pas ça du tout ! Non c'est ça, on... je l'ai juste couché sur papier, j'ai écrit ça puis c'est ça qu'on a fait. Puis c'est une bonne affaire dans le fond, c'est un bon sujet puis tu sais tu places tes pions comme il faut puis il y a le côté humour et là.

Patch : Ouais, super bonne toune ! Ben merci ! Ouais puis ça il y a beaucoup de gens de festivals qui ont cliqué dessus ! Ben c'est ça, on les pique ! On les pique tu sais. Mais il y a les autres qui font comme : « ah ben c'est... c'est cool, venez-vous-en ! ». Tu sais, ce n'est pas juste la mèche musicale, pas juste le monde dans l'industrie, tu sais c'est typique de tout le monde !

Charles : Non là c'est rendu que je coche les noms des festivals qu'on a faits dans le Pouzza... c'est que vous les avez tous faits ? Non pas encore ! Mais ça s'en vient, ça s'en vient. Pop Montréal, on vous attend ! Ouais ah oui j'ai dit Pop Montréal puis... ah non Pop Montréal et CKRL ! Ça ne s'affiche pas là mais bon les autres ça s'en vient là !

Hugo Lachance : OK, on continue avec « Mort Papa ». [Musique] [Applaudissements] « Papa... je veux... je veux... ». Donc « Mort Papa »... attends je vais juste respirer. [Rires] Super je vais le couper au montage c'est un podcast ASMR ! Oh ouais OK ! Donc : « C'est cette poupée-là que je veux, celle avec la robe bleue. Oui c'est elle que je veux pour ma fête ou tout de suite. Quand tu vas être mort papa, moi je vais être une police ! ». Yes !

Charles : Ça dans le fond, c'est ma fille de 4 ans qui l'a écrit ! Ah ouais ? Ben non mais c'est parce que dans le fond, j'ai juste compilé des phrases qu'elle me disait parce qu'elle n'arrêtait jamais. Fait que je prenais des affaires qu'elle disait en note sais. Puis là l'affaire de : « Allô tu es rendue grande maintenant ». L'affaire de la poupée, elle rentre dans un magasin genre Pharmaprix puis dans le bout des jouets elle fait : « ta poupée à la robe bleue, j'aimerais ça de l'avoir à ma fête là, ou tout de suite ! ». Là je suis comme : « c'est bon je vais mettre ça dans une toune ! ». Puis après ça à un moment donné, tu sais je parlais souvent du fait que ma mère est morte quand j'étais petit tu sais. Puis elle disait tout le temps : « OK, ça veut dire que quand tu es assez grand pour avoir un travail, tes parents sont morts ? ». Tu sais, fait qu'elle avait dit : « Quand tu vas être mort papa, moi je vais être une police ! ». Là j'étais comme : « Aïe ça c'est pas la définition de l'échec ? ». [Rires]

Hugo Lachance : Non mais c'est pour ça que j'aime faire le podcast, pour comprendre ces affaires-là !

Charles : C'est ça, ben c'est juste de là que ça vient. Puis quoi d'autre ? C'est la première toune de CHOU que j'ai faite, c'est moi qui l'ai sortie le riff.

Patch : Puis le... ouais ça... tous les riffs de basse dans le fond c'est le backbone de la toune. Puis moi quand j'étais arrivé pour l'attaquer j'étais comme : « je ne vais pas jouer les mêmes notes que lui puis juste faire l'unisson ! ». J'étais comme : « comment je vais faire pour que ça ne soit pas plate ? ». C'était rock and roll surf ouais. J'ai crinqué le reverb puis c'est devenu comme une toune surf. OK là je trouve que la sauce prend ! Je ne vais pas m'ennuyer à jouer ça, puis son riff va shiner puis il va garder la place.

Hugo Lachance : Je pense que tu viens de nommer quelque chose qui est vraiment fondamental avec CHOU, c'est que ça paraît que vous faites des efforts pour que ça ne soit pas plate vraiment.

Gabi : Vraiment ! Parce que chaque personne, chaque musicien est à sa place, tout le monde a un peu son moment là. Très très bien comment c'est structuré. On peut dire qu'il n'y a rien de plus plate que de faire un show, une toune que tu n'as pas le goût de jouer cinq minutes parce qu'il y a du monde qui sont venus te voir, te faire chier à jouer une toune plate pendant cinq minutes. Avec CHOU, on s'arrange vraiment pour que les tounes qu'on joue ne soient pas plates du tout !

Hugo Lachance : De toute façon on va y revenir tantôt. C'est bon pour « Mort Papa ».

Gabi : À part une petite anecdote, c'est la seule toune que j'ai jouée avec un pic ! Ah ouais ? Ouais. Ça donnait des Señor parce que... le Mexique qui est rentré dans le drum ouais c'est vrai !

Charles : Mais c'est ça, il y a quelques phrases en espagnol juste à cause que Gabrielle est dans le band ! Mais je ne suis pas raciste, ce n'est pas de l'appropriation culturelle ! Est-ce que tu parles espagnol un peu ? Un petit peu OK ! Comme... je comprends très bien, je ne le pratique pas. OK, on salue tous les Espagnols !

Hugo Lachance : On poursuit avec « Sarpinchel ». [Musique] [Applaudissements] Yes ! « Sarpinchel »... coudonc comment ça s'appelle ?

Charles : Ben le premier bout qui parle de pousser ton ampli dans un escalier, c'est Bruno qui l'a sorti. Mais j'ai racheté le bout de Smashing Pumpkins ! Oui ! Je ne sais pas comment... je pense que les deux... on y va... je ne sais pas encore dans une toune... c'est excessivement possible ! Mais d'ailleurs faut savoir que cette toune-là c'était un petit peu — comment je pourrais dire — une compétition entre Charles et moi de : « c'est qui qui peut faire la toune la plus hardcore ? ». Puis dans le fond, il y avait fait « Candidature » sur l'EP d'avant puis c'était pas mal la toune la plus punk hardcore qu'on avait. Là je me force à ne pas dire hardcore mais c'est tellement death ! C'est tellement beau !

Patch : Oui ouais, le monde nous a brisés... hardcore ! Mais c'est ça, fait que « Sarpinchel » c'était ma réponse à Charles : tu mets « one up » à un moment donné puis là sur le prochain album il y a... j'ai sa plombe puis là ça va être dur à battre celle-là ! Euh je pense qu'on l'a déjà battue avec l'autre album d'après. « Je travaille demain » ! OK ! « Je travaille demain », OK ! Un qui s'appelle « Je travaille demain », c'est déjà ça ! Puis le titre, est-ce que c'est un mauvais jeu de mot ? Tout à fait ! Serpent à sonnette ? Non ! Serpent et échelle ! Ouais, tu es supposé entendre « serpent et échelle », mais ça donne « Sarpinchel » puis il trouvait ça drôle. OK c'est bon ! J'ai comme fini par allumer là !

Bruno : On le prononce dans la toune, on le prononce « Sarpinchel » tu sais ! Vincent Peake, quand il est arrivé en studio, il disait : « serpent... serpent et échelle ! ». On disait : « non non non non ! C'est Sarpinchel-Echelle ! ». Mais je trouve que la toune sort vraiment bien de sa gueule, je trouve que sa voix fitte vraiment par-dessus mes parties ! Je les aimais mais non j'étais content de travailler avec Vincent, c'était vraiment le fun.

Hugo Lachance : Fait que ouais c'est ça. Évidemment c'est la toune avec la collaboration avec Vincent Peake. « Je pousse mon gros cabinet dans un petit escalier. Me semble tu avais dit que j'allais te pointer. En dépit de toute ma rage, je suis encore rien qu'un rat dans une cage ! ». Quelqu'un a déjà vu ça quelque part ? [Rires] Ah ouais ! Non mais parce que tu sais, c'était comme... je pense que Bruno, il s'était forcé le cul pour faire un show puis il n'y a personne qui vient. Mais tu sais, du monde qui disent qu'ils vont y aller puis ils ne se pointent pas ! C'est comme un genre de... je suis fâché, je suis fâché parce que personne ne vient me voir jouer ! Classique ouais ! C'est fucking drôle je ne sais pas...

Charles : Puis après le deuxième bout c'est genre un gars qui essaie de « creeper » quelqu'un sur Internet. Mais tu sais thématiquement cette toune-là aussi c'était ton... comment je pourrais dire... ton écœurement de repartir un band du début. Fait que c'était comme un peu le serpent qui te fait redescendre en bas. C'est de là que ça vient ? Ouais, le serpent et l'échelle ! Ou c'est ça. Bon on a skippé « Miam Miam », on y va ! [Musique] [Applaudissements] « Jack Michaelson » ? Jack Michaelson ! Ce n'est pas une joke, c'est dans la toune ou ou ou ! Comme Michael Jackson ? Euh sûrement c'est Jack Michaelson je pense ! Ouais je me suis peut-être trompé. J'ai réussi à le faire une fois en show. On est tous nés pour être... euh non oui on est... on est les macchabées du futur ! C'est bon. « Des squelettes bardés de chair comme des saucisses cocktail enrobées de bacon. Cadavre exquis. Danse comme tu n'as jamais dansé ! Danse comme tu es laide, crisse que tu es laide ! ».

Bruno : Ben Bruno a écrit les couplets puis ce bout-là, c'est moi qui l'ai écrit : « Danse comme tu es laide ». Ça décrit vraiment — comment je pourrais dire — mon incompréhension du monde qui volontairement vont suer pour aller danser puis avoir chaud dans des places où est-ce qu'on vend de l'alcool. Je les regarde aller je suis comme : « j'ai pas envie de... j'ai pas envie de danser ! J'ai pas envie d'être avec vous autres, moi je veux être chez nous ! ». Crisse que c'est moi ! [Rires] Il y a aussi la phrase qui s'est retrouvée sur nos t-shirts pendant longtemps : « J'haïs ça avoir du fun ! ». Tu sais ouais, ça c'est bon ! C'est ma devise ! Mais là c'est cool parce que c'est Charles qui le chante fait que c'est rendu lui, c'est rendu le band, c'est rendu son t-shirt ! C'est rendu tout le monde puis plus juste moi !

Charles : Ouais ben écoute c'est une grande phrase ! Mais quand je travaillais en boucherie quand j'étais jeune, on levait souvent des vaches mortes. Puis le gars avec qui je faisais ça, il disait : « Ah ouais il force comme une fille là ! ». Moi j'ai dit : « Je vais te casser la gueule, je ne force pas tant ! ». [Rires] Danse... danse comme... crisse que tu es laide ! C'est encore plus drôle, il faut danser quand même pas mal dans ce temps-là ! Ouais c'est moi qu'il faudrait voir danser en christ !

Hugo Lachance : On continue avec « Cages ». « J'ai été étudiant très longtemps. J'ai rempli des documents, des examens, je les ai tous faits. Il y a plein de... pourquoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus pourquoi ! Pourquoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus pourquoi, je ne sais plus pourquoi j'ai rejoint cette organisation. J'ai des doutes à propos de sa cage là... ». Il y a beaucoup de spoken word là-dessus ouais ouais OK.

Bruno : Mais quand je... ça a commencé sur une... j'écrivais une toune qui parlait de... parce que c'était dans le temps où qu'il y avait beaucoup d'immigrants aux États-Unis qui se faisaient séparer de leur famille. Des jeunes enfants puis qui se faisaient mettre dans les cages. Puis je me mettais dans la peau d'un gardien de prison qui — tu sais genre — se pose la question : « pourquoi j'ai choisi ce crisse de job-là ? ». OK OK c'est ça ! C'est de ça que ça parle dans le fond. En gros tu sais, il refait tout son schéma académique puis tout ça puis : « Ah ouais ! Puis à cette heure, je crisse des bébés dans des cages... je ne sais pas pourquoi, je ne sais plus pourquoi ! ». OK c'est bon ! C'est un peu plus clair maintenant.

Bruno : Puis musicalement ça a été un point tournant parce que ça a été vraiment trippant. Ça a été une des premières tounes où j'ai composé tout le drum sans composer de guitare ou de basse. Il y avait juste du drum parce que je voulais faire un cadeau à Gab : « Hey ça ça va être dans ton genre ! ». La première fois qu'elle l'a entendu, c'était comme : « Non je ne veux pas jouer ça ! Fuck off ! C'est trop compliqué, je ne comprends rien ! ». OK ! Puis là j'essayais : « Oui apprends-la ! Apprends-la, va la répéter ! ». Puis non, ça ne lui tentait pas, elle ne voulait rien savoir. Puis pof ! « Ah c'est ma nouvelle toune préférée ! ». C'est mon plaisir ça, ça a été la première d'une longue série de : « Je ne veux pas jouer ça... Ah c'est ma nouvelle toune préférée ! ». [Rires] Elle a tellement trippé qu'ils ne m'ont quasiment pas laissé mettre de guitare ! J'ai pas eu le temps de composer de guitare vraiment longtemps, on la faisait en show. Puis pour le disque, quand... OK qu'est-ce que je dois faire ? Puis moi je suis un gros fan d'Adrian Belew de King Crimson, il joue avec une DL4 de Line 6. J'ai essayé de faire de la guitare comme ça... j'ai loué... j'ai fait une vidéo aussi ! J'ai essayé de faire des trucs expérimentaux de même mais c'était vraiment trippant. J'ai quasiment pété ma pédale à force de jouer ! Ça marche bien par exemple, je trouve que rythmiquement c'est vraiment le fun parce que c'est le drum qui est au centre dans le fond puis il n'y a pas un instrument qui prend toute la place, qui prend du temps comme pour décoller si on veut. Mais vraiment intéressante !

Patch : Ça c'est l'exemple typique aussi d'une toune où quand Charles m'est arrivé, je me suis dit : « je fais quoi avec ça ? ».

Charles : Chou ! Ouais mais c'est ça parce que Patch, il avait les mains libres là-dedans, il n'y avait pas de basse dessus du tout. Fait que tout ce que tu entends, c'est lui qui l'a sorti. Puis moi j'adore la... en fait l'idée principale c'était de Bruno puis elle était dans une autre clé je ne sais pas si tu t'en souviens ? Euh c'était la même clé... c'est live qu'on la joue dans une autre clé. Patch a trouvé un truc puis il a dit... puis c'était excessivement difficile à jouer, mais il a dit : « Si je la joue un demi-ton plus bas, je peux la jouer ouverte ! ». OK fait que là sur l'album on l'entend en si bémol mais nous on la joue en la live. Live c'est ça ! Mais c'est vrai que c'était la première toune que je composais une ligne de basse depuis Sons of Sleep. Depuis dans le fond que j'ai switché de la basse à la guite, mes maquettes je ne mets jamais de basse, ou quasiment jamais. Puis là c'était la première fois que j'allais vraiment composer une track de basse, mais après ça Patch l'a repoignée ouverte ! OK c'est ça wouah ! Moi c'est une de mes tounes préférées de l'album ! On peut la rajouter ce soir ? Pourquoi pas ! On va la faire à la fin. On continue avec un autre excellent jeu de mot : « Sonner Cute ». [Musique] « Oh non... oh non... juste pour toi ! ». Donc « Sonner Cute » : « J'essaie de sonner cute juste pour toi. J'essaie de sonner cute parce que tu n'aimes pas ça le bruit. J'essaie de sonner cute parce que tu as les nerfs finis, mais je ne suis pas capable ! J'ai beau essayer, ça ne marche juste pas ! C'est n'importe quoi ! ».

Bruno : Ouais ben c'est un peu de se fâcher parce que je ne suis pas capable de faire une toune smooth dans le fond ! J'en ai déjà essayé puis ça n'a jamais marché. Puis je me suis juste fâché puis je trouvais que c'était un bon sujet de toune, puis ça ne sera pas aujourd'hui ! Composée en jam celle-là je pense ? Les paroles... les... ouais ben c'est venu... c'est parti en jam mais j'ai... mais ça venait de là. Mais je pense que le jeu de mot était sorti avant les paroles complètes probablement. Mais le riff c'est moi, c'est Patch aussi. Mais à part le... ben le band c'est toi, mais le riff c'est moi ! Ouais mais ouais, ce n'est pas ma préférée mais je l'aime quand même. Elle est intéressante. Ouais ouais, juste pour le jeu de mot « Sonner Cute » c'est malade ! Ouais c'est ça, d'avoir tu sais une chanson dont le groove est plus lent aussi dans un pacing ça met de la couleur, du dynamisme quand tu l'entends. Ce n'est pas toujours tac ouais c'est ça. Le côté sonner, on l'a oublié pour le deuxième album ou le prochain album, ça va sonner moins cute tu penses ?

Charles : Ouais, il est plus méchant puis il est plus malpoli aussi ! Ah ouais ? J'ai hâte d'entendre ça ! Mais aussi Charles dans ses compositions, il a plus le réflexe de jouer avec le tempo puis les signatures rythmiques. Mes anciens bands jouaient avec les signatures rythmiques, les tempos, puis là on dirait — je ne sais pas — je me loque un tempo puis je le garde ! Puis là tu sais, justement en auto en s'en venant, Bruno a dit : « OK, prochain album je veux que tu joues avec le tempo, je veux que tu m'en fasses une comme toi tu sais le faire ! ». OK ! Genre... genre plus organique mettons ? Ou OK moins... moins calculé ? OK ouais ! Mais ça paraît, c'est ça, c'est justement quelqu'un d'humain.

Bruno : Ouais ça c'est parce que j'étais un peu un moron puis quand je jammais avec Charles j'étais comme : « OK je vais faire le même riff mais plus vite, ça va être le refrain ! ». [Rires] On poursuit avec « Nic Melançon ». « Je m'appelle Nic Melançon, c'est la première fois que j'écris une chanson. S'ils me pognent ils vont me tuer. S'ils me pognent ils vont me tuer ! ». Est-ce qu'on salue Nic Melançon ? Ben si tu t'appelles Nic Melançon, tu rentres gratuit dans un show de CHOU pour toute ta vie ! On a ton t-shirt ! C'est déjà arrivé ? Non, à date non ! Mais si ça arrive un jour on va se prendre en photo avec ! Avis à tous les Nic Melançon ! Mais Nic, parle-nous de Nic Melançon.

Charles : Ouais « Nic Melançon », c'est une autre toune qui a 9 ans. J'ai fait ça en 2017, 2016. À peu près Queens of the Stone Age je pense que oui. Trop peu... trop peu peu ! Mais non c'est ça... j'étais en France chez le frère de mon ex à l'époque — c'était ma blonde — puis ça fumait en dedans parce que là-bas ça fume en dedans. Mais ça fumait beaucoup en dedans ! Puis son frère était rappeur, il avait plein d'amis rappeurs puis tout le monde fumait. Puis là j'étais couché, décalage horaire avec la grosse boucane, ça n'allait pas bien dans mon couple, il n'y avait rien qui allait bien. J'étais dans le lit puis là il y a des tracks de guitare puis de basse puis de voix puis des paroles... là je suis dans le lit puis je ne dors pas, puis il est rendu genre 5 h du matin. Puis là je me dis : « OK ben j'ai une toune composée, ça fait toujours bien ça de pris ! ». Faut rester positif dans la vie ! J'ai fini par m'endormir, si j'ai dormi un petit 2 h... je me réveille, j'ai le souvenir que j'ai composé une toune mais je n'ai aucune note ! Aucune parole, rien ! Ça a été floché là. Toute la journée j'étais un zombie puis je me promène... tout est magnifique parce que c'est la fucking Europe ben oui ! Puis petit à petit les choses me reviennent. Puis là je pogne mon téléphone puis je chuchote dedans. Puis là quand je reviens chez nous à Montréal, je me dépêche de tout faire les tracks puis après ça ma blonde m'a crissé là ! Ah ouais ? Puis son band a dit : « on ne va pas jouer cette toune-là ! ». Ouais on n'a pas parlé de Nic Melançon ! Ben ce n'est pas... c'est un personnage énigmatique ! Oh OK OK c'est ça ! Mais je vais t'en parler parce que la collaboration avec Antoine Corriveau sur « Nic Melançon »... il faut dire quelque chose là-dessus. C'est ça, c'est un personnage comme invincible mais peu crédible, mais dans le fond il arrive toujours à ses fins puis ils ne se feront jamais pogner puis tout ça. Puis là Charles, il fait rentrer Antoine Corriveau, on lui donne carte blanche... puis Nic Melançon il se pisse dessus à la fin ! [Rires] J'étais comme : « on peut juste changer le bout où il se pisse dessus ? ». Non non non non non ! J'étais comme : « mais c'est parce que tu sais, je veux le faire revenir dans d'autres tounes ! ». OK il n'est pas mort, il s'est juste pissé dessus dans le fond ? Non mais je ne suis plus d'accord fait que je vais faire d'autres choses à la place ! En donnant carte blanche à Antoine Corriveau, il a tué le personnage que Bruno s'était monté dans sa tête ! Puis tu sais, moi j'écris de quoi puis je veux dire, je ne suis pas attaché à mes personnages, ils peuvent tous bien crever, ce n'est pas grave ! Mais Bruno, il était un peu fâché pendant un bout ! Ça a été... quasiment ça a fait un petit drame à l'interne mais ça a été correct. Mais là est-ce qu'il revient dans le prochain album quand même indirectement ? Je te dirais que mettons c'est un genre de personnage un peu parano que là c'est peut-être pas Nic Melançon mais c'est peut-être lui aussi mettons. « Trio-Tang » c'est clairement dans le même état d'esprit ! Mais je fais attention aussi ouais ouais ouais. Moi je trouve que c'est deux tounes qui ont... tu sais on ferait... il faudrait qu'on fasse le Nic Melançon Cinematic Universe ! Ouais c'est ça OK ! Mais ils font des reboots des fois, des réalités alternatives ! Que le monde... Julien Corriveau, quand tu vas guester sur une toune, il ne se pisse pas dessus hein ! OK OK ouais ouais ouais ah c'est bon !

Hugo Lachance : Fait qu'on va avec « Un gars dynamique ». J'aime ça comme titre ! [Musique] « Ma blonde est comme mon chat, je n'ai pas de chat, je me sers des gens pour me lécher moi la main et ma face... ». C'est fou comme t'as de quoi marcher ! « Un gars dynamique », super toune ! Moi c'est ma toune préférée de l'album ! J'ai tellement de choses à dire ouais écoute ! Mais je veux commencer par la basse ! C'est ça au début ouais ? Ben ça c'est un autre exemple de toune... je pense qu'il y avait une track puis Bruno a dit : « bon je la prends à zéro ! ». Quel beau job ! Je veux juste te faire une petite intro, ça me brûle les lèvres parce que l'affaire c'est que c'était vraiment une toune que Charles jouait au local puis ça ne sonnait pas vraiment de même. Mais tu sais tout était là : le riff était là de A à Z, les idées de paroles étaient au local. J'arrive, tu sais je débarre la porte — déjà débarrée — il est là puis il joue avec un pic puis devant son ampli puis croche là tu sais. Moi je le filme avec mon téléphone mais la toune est là, je suis comme : « OK c'est excellent ! ». Mais tu sais entre-temps il y a Patch qui a rejoint le band puis après ça moi j'ai essayé encore une fois de trouver quelque chose de pas plate à jouer par-dessus puis là je te laisse enchaîner. Mais dans le fond c'est ça, c'est le riff que tu joues, ça ne ressemble plus du tout à ce que Charles avait fait ?

Patch : Non, en fait il suit la ligne mélodique mais il fait plein d'affaires autour ! Pour ça que c'est le bassiste puis pas moi ! En fait ça... les accords sont là, fait qu'après ça je sers ses accords... mais c'est fucking bon !

Charles : Moi quand tu me l'as envoyée la première fois j'avais... j'ai fait : « wouah ! ». Comme : « je ne peux même pas croire que c'est moi qui ai écrit l'idée de base de la toune ! ». Un peu dans... ouais c'est magique ça ! Ça ne se compare pas.

Hugo Lachance : C'est bon ! Le son... ton son ! Le travail qu'il y a sur ton son durant tout l'album est hallucinant, même en show. En show j'ai vu le soundcheck tantôt, tu sonnes au bout ! C'est important pour toi d'avoir ce son-là ?

Patch : Oui puis... ben oui puis c'est drôle parce que je n'ai jamais été un bassiste qui cherchait beaucoup dans ses tonalités puis c'est en commençant avec OuiOui parce qu'il avait 18 pédales puis tout ça. J'ai dit : « OK je vais essayer de structurer, sculpter mon son ». Ça a commencé comme ça. Puis sur cet album-là, ben ça a été fait beaucoup à la maison moi seul. Fait que je n'étais pas encore full équipé mais quand même j'essayais des affaires puis je pense que David a sûrement travaillé des affaires aussi un peu. C'est ça parce qu'on ne le connaissait pas tant que ça Patch quand on travaillait sur l'album, il est arrivé pendant le processus tu sais !

Patch : Mais OK puis ça c'est... j'avais puis j'ai... par accident derrière l'ouverture de la toune avec de l'écho puis du reverb puis toutes sortes d'affaires puis j'ai commencé à goser là-dessus, j'ai trouvé ça génial. Après ça j'embarque sur les accords, c'est juste... voilà ! J'aimerais ça faire l'intro proprement dite comme on l'entend mais ça demanderait trop de pédales ! Mais puis son pedalboard est rendu plus gros que le mien ! Quand je l'ai connu il ne jouait pas avec des pédales ! Ah ! On mesure la virilité hein ! [Rires] Mon pedalboard est plus gros ! Les nerfs qui comparent ! Mais mon son... mon son c'est pas trop long quand même mais c'est le fun parce que tu te démarques quand même dans l'album tu sais ! Puis tu t'emboîtes aussi avec Gaby je trouve, avec ta basse puis ton son. C'est beaucoup de choses.

Patch : Souvent quand j'écoute les riffs, que ce soit de Charles ou de Bruno qui ont des mélodies, rarement je vais aller à côté note pour note de ce qu'ils vont faire. Ouais ça prend vraiment sa place. Ben moi dans mon cas je trouve que c'est souvent quand on est en train de jammer puis là je suis comme : « c'est quoi ton kick ? Qu'est-ce qu'il fait ? ». Puis il écoute vraiment comme... puis c'est là qu'on fait : « OK tu veux vraiment loquer en même temps que le kick ! ». Vrai bassisme ! C'est systématique au début c'est... bon c'est l'accordement des notes qu'on joue. Après ça c'est... si je regarde des fois on jamme puis je me recule... je me recule... je me recule... je veux voir son marteau ! OK ça OK... ah OK ! Je vais décaler mon coup parce que... OK ouais !

Bruno : Il y a beaucoup de monde qui disent : « vous avez le meilleur bassiste à Montréal ! ». Je suis comme : « ouais ! ». Il a étudié à l'université Bar ! [Rires] Il observe beaucoup puis il renifle nos bières aussi ! Ah ouais ? Je renifle les drinks de tout le monde ! Non c'est parce qu'il est spécial puis je peux détecter le poison ! Non je détecte le poison, ils ne le savent pas là, ils viennent de l'apprendre ! C'est pour ça que je fais ça : l'alcool c'est un poison ! Il y en a dans tous les drinks, je le détecte dans tous nos verres ! C'est correct, tu peux y aller !

Hugo Lachance : Allez ! On poursuit avec « Palmarès ». [Musique] « On se voit dans la cour d'école. 22 ans et demi plus tard on se voit dans la cour d'école. La vengeance c'est un plat qui se mange direct à la gueule ! ». Excellent !

Bruno : Mais c'est Bruno qui a composé l'essentiel du texte dans celle-là si je ne me trompe pas ? Je ne pense pas non non ! C'est drôle parce que comme je disais, c'était la première toune qu'on a jouée ensemble puis au premier jam on gueulait du yogourt. C'est-à-dire que ce n'était ni français ni anglais, il n'y avait pas de mots. Puis moi je n'avais jamais fait ça fait que je le regardais aller puis j'étais comme : « moi aussi je suis capable ! ». Tu sais on se répondait mais on n'avait pas de texte. Puis à un moment donné il y a comme : « tu vis sur du temps emprunté ». Je pense que c'était ça la première affaire qui est sortie ?

Charles : Ouais c'est moi qui ai sorti cette phrase-là ! Puis j'ai sorti : « la vengeance c'est un plat qui se mangerait direct de sa gueule ! ». C'est ça. Ça c'était après qu'on se disait qu'on pourrait le faire en français ! Dans OuiOui on chantait en français, j'ai jamais fait ça je ne suis pas sûr ! Puis il a amené ces phrases-là puis on les essayait, on ne les assumait pas trop puis après ça il s'est rabouté d'autres affaires : « Par exemple c'est une toune qui a comme un thème puis ça parle de bullying ! ». OK let's go OK ! Avec un composant Bouchard ouais ! C'est mais c'est parfait, super bonne toune !

Patch : J'aime beaucoup : « la pisse sur mon dos ». C'est ma phrase préférée ! [Rires] C'est ça j'allais dire ! Ça c'est... ça c'est... c'est tu as clairement pensé à ça quand tu étais jeune genre tu t'es marché de la gomme fallait... oui je suis un boxeur tu sais ! J'y ai pensé avec un quartier d'orange c'est ça ouais ouais c'est ça exact !

Charles : Moi ma phrase préférée c'est : « j'ai fait le plein de Red Bull puis de Bubbleicious ! ». C'est tout ce concept-là ! J'imagine comme si je prenais du Red Bull je me faisais un mosh pit tout seul puis... pétant ! Yes ah ! Mais ça, le côté humoristique des paroles est vraiment important. Il y a beaucoup d'images dedans aussi, très satisfaisant. On y va avec du... « Duo-Tang (tout est correct) ». « Arrête de monter un dossier mais le ferme pas. Ça va prendre un capable à l'hôpital. Il y a de l'aliénation mais je m'inquiète pas, je sais que je suis porté à ça. Je vais fouiller dans ton recyclage, je sais où tu habites puis à quelle heure tu soupes ! C'est correct, tout est correct ! Comme une bombe au bicarbonate de soude. J'ai rempli ma carte de don d'organes, je te donne juste des petits morceaux ! ». [Musique] Malade, c'est malade ! Mais ça c'est Bruno au complet le texte ?

Bruno : Parce que moi j'ai composé le riff principal puis il l'a tapé dans son téléphone puis genre... j'ai pas de nouvelles de lui pendant genre une semaine ! Puis après il a fait comme... c'est plus qu'une semaine parce que c'est là que j'ai eu ma fille Nina. OK ! Puis après ça j'ai pris bien des semaines de congé puis je n'ai pas touché à un instrument de musique. Je suis allé m'occuper de ma fille tout ça puis là tu sais, elle commence à faire ses nuits, tu commences à avoir une balance. Puis là je rechecke ce que j'ai dans mon téléphone puis là il y a son riff. Puis là la petite est dehors avec sa mère puis sa grand-mère puis j'ai comme 2 h devant moi. Fait que là je pogne son riff, je le joue, je compose le drum, je pogne les paroles random puis là je fais comme : « OK je vais le chanter ! ». En 3 h, 2-3 h j'ai toute canné la toune ! Je suis super content de moi puis tu sais tu as des palpitations parce que c'est intense la toune ! Intense ! Puis c'est encore dans le mot de... OK je vais le... hardcore ! Hardcore en tout cas, hardcore qu'on dit ! Fait que là si j'ai essayé de garnoter pas pire avec cette toune-là ! Cet état d'esprit-là que j'avais tellement hâte de me remettre à la musique ! Puis quand j'ai amené ça à Charles il était comme : « Tel quel ! ». Ah ouais ? Tu sais tu écoutes la version démo, il n'a pratiquement pas retouché OK. Parce que quand tu es parent c'est vrai — moi je suis propriétaire de trois enfants — le temps que tu essaies de l'utiliser... juste faire un podcast comme ça c'est de la gymnastique ! Fait que quand tu as du temps tu le fais avec énergie !

Charles : Puis je trouve que si on n'avait pas de merde qui nous arrive dans la vie notre musique elle serait plate ! Ouais c'est vrai, on se sculpte comme ça, tu as raison. Et d'ailleurs ouais d'ailleurs il n'y a pas la première phrase qu'on a mise sur un t-shirt c'était « pas de soupe encore » ? On a des paquets d'allumettes dans notre merch puis c'est ça qui est écrit dessus ! Qu'est-ce qui est écrit ? C'est un paquet d'allumettes avec notre logo d'un bord, de l'autre bord c'est écrit : « Je sais où tu habites puis à quelle heure tu soupes. Je vais aller crisser le feu chez vous. Ce n'est pas une menace, c'est une promesse ! ». Excellent !

Hugo Lachance : On continue avec « Chaloupe ». [Musique] « Chaloupe... très... non mais quand même... ».

Bruno : Ben tu sais dans le fond le monde pense que j'aime rien, que je chiale sur tout ! Ce n'est pas vrai ! Écoute moi je trouve qu'il n'a pas raison, ça sonne très bien ! J'adore cette... tu sais Charles ne l'aime pas ? Non je ne suis pas... je ne suis pas un fan de beaucoup. C'est... c'est le petit côté blues rock en fait que ça... pas... pas tant tu sais genre c'est le fun on l'a fait mais je ne crois pas qu'un album au complet de ça ça serait... ça serait chiant !

Hugo Lachance : Mais justement dans le pacing elle arrive, change un peu. Puis en show j'imagine que vous la faites en show des fois ?

Gabi : Moins ! Moins ! Parce que la dernière fois qu'on l'a faite, on était à Drummondville. Il y avait 15 personnes dont les bands puis le staff puis il y a comme eu un silence après cette toune-là. On a dit : « Coule ! Faut plus la jouer, le monde n'a pas réagi ! ». C'est comme : « quel monde ? Il n'y en avait pas ! ».

Bruno : Ouais parce que à la défense de Gabichou c'est que on avait quand même une petite réaction sur chacune des tounes mais après celle-là là c'était le criquet qui était en dehors du building, on l'entendait ! [Rires] Ouais je comprends ça arrive des fois ! J'aimerais avoir ça en document vidéo genre... je prends... merci d'être venu à mon Ted Talk ! Il n'y avait personne pour tenir la caméra ! Mais c'est ça tu sais au début du band avec Charles avant même de faire des maquettes, moi j'avais dit : « ça serait cool de faire un band dans le style de Hot Snakes ! ». OK ! Puis tu sais il y a toujours cette composante-là que j'essaie de ramener au moins en guitare. Puis sur « Chaloupe », c'était la toune « Work Fills the Pew » de Hot Snakes qui est plus lente. J'étais comme : « c'est cool parce que tu sais Hot Snakes presque toutes les tounes sont rapides sauf celle-là ». J'étais comme : « ça serait le fun d'essayer de faire quelque chose dans ce genre ». C'est ça. Moi je trouve qu'elle est utile au pacing. Oui puis tu sais aussi les premiers jams qu'on a faits avec Gab où j'essayais de regarder comment elle drommait, j'étais comme : « me semble qu'elle serait bonne pour drommer quelque chose de même ! ». Puis c'est ça comme je disais tantôt, il y a la composante de Francœur. Ça a été une toune pivot, elle a été super utile pour définir notre son ! Mais on dirait qu'elle a comme passé de l'autre côté de la ligne que le band ne veut plus la jouer ! C'est avec tout le nouveau matériel tu sais qu'on a composé... on dirait qu'on fait : « c'est ça, ça fitte moins ! ». Le deuxième je dis il est un peu plus avancé mais il est quand même... il est vraiment plus... mais ça me fait penser aussi que « Chaloupe », il y avait « Tétreaultville » qu'on a fait en même temps qui était un genre de ballade rock à la — comment tu l'appelais déjà ? — Dany Placard ? Non le guitariste là... Fred Fortin ? Un Américain ? Ah ! Jeff Buckley ! Ouais j'ai essayé de faire une toune de Jeff Buckley ! Ça a fini par ressembler à du Dany Placard ou du Fred Fortin puis finalement ce n'était pas du CHOU du tout là ! Mais il était en peine d'amour puis tu sais moi j'essayais de trouver la pépite puis il y avait quelque chose. Puis à un moment donné il y a un monologue de désespoir mais drôle parce que c'est pathétique ! C'est dans... c'est la fin d'un gars dynamique finalement !

Bruno : Dans le fond Charles des fois il compose un premier verse, un chorus, pas de deuxième verse, puis d'après ça : « OK qu'est-ce qu'on fait ? ». Cette toune-là n'avait pas de deuxième verse fait que je pogne le monologue qu'il a fait pour « Tétreaultville » puis je le crisse dedans ! Puis je ne te niaise pas, je l'ai pasté puis où est-ce que je l'ai pasté ça fittait ! Charles je lui ai fait écouter : « Tel quel ! ». Ça veut dire que je compose tout le temps la même affaire qui reste ! [Rires] Mais c'est quoi ça « Tétreaultville » ? C'était une toune on a ça quelque part ? Moi j'ai insisté pour ne jamais la faire ! Ben moi je veux l'entendre ! Je veux l'entendre ! C'est de la merde ! Pas capable de sonner cute ! C'est vraiment de la merde en canne, rien à faire ! Mais je voulais essayer de faire de quoi avec ça parce que le monologue était cool. Là il est là tu sais je suis quand même content de l'avoir fait parce que ça a été utile pour ça. Mais le reste c'est vraiment... il faut que je demande à mes chums de ne pas stalker ton profil... ça c'était « Miam », ça vient de... ouais ouais ça vient de là oui ! Mais tu sais ouais c'est vrai que c'est de la merde en canne pareil ! Comme la fille à qui c'est dédié ? Non ce n'est pas vrai on la salue ! [Rires]

Hugo Lachance : Allez ! On finit avec « Souvenirs de Secondaire en spectacle ». [Musique] « Souvenirs de Secondaire en spectacle... continue... finit comme un gros bordel ! ». Là c'est ça, « Souvenirs de Secondaire en spectacle » : première toune qui n'a pas eu de maquette. C'est... on arrive au studio, j'arrive de Noël puis là : « comment ça a été dans le temps des fêtes ? Ma fille a fucking rien mangé, elle a juste mangé des Goglus ! ». Fait que Charles il regarde Gab puis il dit : « pars-moi un beat ! ». Puis là il ajoute quelque chose, ce beat-là inspiré d'Adrian Belew ! On est comme : « c'est vraiment nice ! ». Puis là il commence à crier : « ma fille mange des Goglus ! ». Puis là on fait comme : « c'est une toune ! ». Je suis comme : « ben non ! ». Puis là : « Ah ouais ouais ! ». Puis là on jamme indéfiniment puis là à un moment donné : « Ah OK ! ». Puis là pour niaiser il dit : « On devrait reprendre Candidature puis le mettre après, ça va être un triptyque punk ! Puis là on va rajouter de quoi à la fin ! ». Fait que il nous patente ça au local. C'est une des seules tounes qui a été composée au local. Ouais ouais ! Puis ça s'est passé de manière... j'étais pas là ! Tu n'étais pas là toi OK. Mais c'est ça c'est parce que « Candidature » c'était genre une toune de 45 secondes sur un aracno-punk puis c'est la partie de la toune où chaque fin de phrase commence la phrase d'après comme dans « Trois petits chats ». La version hardcore de « Trois petits chats » ! Mais puis c'est ça. Puis moi dans le fond avec Bruno on trouvait qu'elle était bonne mais qu'elle n'était pas assez longue. Puis là finalement on a comme eu tu sais ces trois mouvements distinctifs. C'est à peu près le plus proche de Pink Floyd qu'on peut se rapprocher !

Bruno : C'est fucké parce que c'est une toune que j'ai haïe longtemps ! Je ne voulais pas la jouer, je trouvais qu'il n'y avait aucune valeur nutritionnelle puis je me faisais chier en show à la jouer parce que j'ai deux notes ! C'est... puis sur la version enregistrée c'est la basse qui a l'espèce de son... toi tu fais bien ça avec ta gorge en tout cas ! Patch ne voulait pas prendre ça... c'est un grand moment du podcast ! Ben oui Patch ne voulait pas prendre cet effet-là OK ! Depuis ce temps-là j'ai mis ma [ __ ] mauve qu'on l'appelle ! J'ai mis cet effet-là sur sa guite puis lui il joue ben ce qu'il veut ! Mais la version sur l'album il n'y a pas sa basse... c'est... en tout cas. Puis à un moment donné je ne sais plus c'était au studio de Patch qu'on a fait un show puis tant qu'à me faire chier je me suis dit : « je vais donner un show, me crisser partout ! ». Puis je ne sais pas c'est quoi que j'ai fait mais le monde avait l'air d'avoir peur ! OK puis justement c'était la fois que Pete nous a vus jouer cette toune-là puis a dit : « Man il y a quelque chose qui se passe dans cette toune-là ! ». J'ai comme compris que ce n'est pas une toune où ce que musicalement il faut que je me donne, c'est une toune où ce que on va chercher le monde, on va les accrocher puis on les fait sentir que tout peut arriver ! Fait que j'ai compris que cette toune était importante puis que tu sais c'est pour ça « Souvenirs de Secondaire en spectacle » parce qu'elle n'a jamais été titrée jusqu'à ce moment-là ! Elle était tellement pas de titre ! OK on appelait ça « Secondaire en spectacle » OK parce qu'elle était... parce qu'elle était de qualité Secondaire en spectacle ! [Rires] C'est parfait pour finir l'album aussi tu sais ! À un moment donné j'ai vu un mème avec la face de James Hetfield à 17 ans, c'était écrit : « Souvenir de Secondaire en spectacle ». Puis ça m'avait vraiment fait rire, j'ai pogné le nom là dans ce mème-là !

Hugo Lachance : Hey on a passé à travers l'album ! Yes ! Il reste deux segments, dont un : Rafales. On va commencer avec votre Top 3 des tounes de l'album. C'est quoi vos trois tounes préférées ? Ben moi je sais que si je parle pour le plaisir de jouer la chanson... mettons « Palmarès » fait pas mal partie du lot. Puis vous autres ?

Gabi : Pour jouer moi c'est « Duo-Tang » encore ! Le drum... ben les petites parties de « Duo-Tang ». « Nic Melançon » parce qu'elle groove depuis le début. C'est une de mes préférées tout le temps parce qu'elle groove du début à la fin, c'est comme ça. Mais tu sais c'est « Duo-Tang » je pense que c'est ma préférée juste parce qu'elle était parfaite quand elle est née genre.

Bruno : OK moi je te dirais c'est « Miam Miam ». C'est une toune je trouve le son « Hot Snakes » avec notre sauce ! Ça s'est vraiment figé à ce moment-là puis tu sais je la vois sur cette liste puis je suis tout le temps : « Oh non ! ». Parce qu'il y a des petites notes... ce ne sont pas les grosses notes où ce que je me fourre, c'est des petites notes, les ostis de petites notes ! Après ça « Palmarès » c'est encore une toune que je trouve ça le fun de retourner l'écouter. La version... la version sur l'EP qui est un autre enregistrement complètement, pour essayer de me souvenir c'est quoi l'origine du band puis tout le temps... tu sais souvent il y a des bands que tu aimes, premier album super bon puis plus que le temps avance puis plus qu'ils se perdent. C'est le fun de faire un retour aux sources puis de revisiter ton matériel du début pour faire : « Oui ça c'est la raison d'être du band ! ». En troisième ça va être « Nic Melançon ». Le solo que je joue là-dedans quand tu sais justement j'étais dans la boucane couché puis j'imaginais jouer un solo de guitare... j'avais pas les couilles ! Je jouais de la basse, j'étais en train de switcher à la guitare j'étais pas bon puis j'ai comme essayé de patenter quelque chose. Ça marchait mais je me disais : « il n'y a aucun moyen que je réussisse à jouer ça ! ». Puis je l'ai répété, répété, répété, répété puis maintenant le solo est facile à jouer puis je trouve ça le fun. C'est satisfaisant ! Ça veut dire crisse ça a fini par payer, oui ça marche c'est ça.

Hugo Lachance : On continue avec la meilleure toune en concert ?

Charles : De l'album ? Euh ouais de l'album moi j'aime « Duo-Tang », mais « Goglu » c'est malade aussi en show tout le temps ! Il n'y en a pas une que je n'aime pas jouer pour vrai ! Non mais ta préférée ? Ben c'est ça, je pense à une puis là je pense à une autre. C'est vrai que « Palmarès », j'aime beaucoup la jouer parce qu'elle monte tout le temps le beat comme... ouais ! Je pense « Palmarès » est vraiment tripante parce qu'il n'y a comme pas un beat pareil dans la toune, c'est un build-up. Toujours une bonne réaction aussi !

Patch : Je sais que moi j'ai ben... pas que j'ai un fétiche mais quelque chose que je trouve particulier surtout live c'est « Nic Melançon ». Au milieu, aux trois quarts de la toune on l'arrête là, on dit aux gens de ne pas parler, de ne faire aucun bruit, puis là ça baisse, ça baisse, ça baisse puis là ça repart ! C'est les gens... ça c'est toujours agréable de surprendre les gens comme ça.

Hugo Lachance : OK ! Là maintenant on parlait tantôt des tounes que vous aimez moins. C'est quoi la toune que vous aimez le moins sur l'album ?

Gabi : Moi à jouer live : « Mort Papa » ! Parce qu'il y a tout le temps le bridge qu'on éternise puis qu'on étire, je ne sais pas quoi faire avec ça ! Elle est bonne, le chorus ça lève, le monde l'aime, mais le bridge je ne sais pas quoi faire avec !

Charles : Des gens... il y a des gens qui la veulent avec raison, on nous l'a demandée souvent ! On nous l'a fait demander souvent ! On avait la première fois qu'on a joué à Saint-O, on ne l'a pas faite puis les deux gars qui étaient là c'était leur toune préférée ! Non mais tu sais il y avait plusieurs... il y avait plus de personnes, il y avait deux gars qui avaient des t-shirts de CHOU puis : « On vous a pas fait Mort Papa ? ». Direct en sortant ! Oh désolé prochaine fois ! Puis on l'a faite la dernière fois. Sur l'album c'est quoi ? Ben moi « Chaloupe », je ne suis vraiment pas fan. OK ouais ! Moi je vais aller avec « Chaloupe » aussi mais bon c'est correct tu sais je veux dire... moi je l'aime bien je pense j'ai un petit côté plus bluesy !

Bruno : Ah c'est ça ! Mais quand on la joue ensemble j'ai l'impression que c'est notre toune. Il y a comme un moment à la fin où il y a juste toi puis moi, il n'y a plus de basse puis je ne sais pas, c'est un moment spécial qu'on vit toi puis moi ensemble ! Allez allez vous vous êtes prêts pour le bistro ! [Rires] OK la chanson qui représente le mieux l'album ? Si tu avais à faire écouter une chanson de l'album à quelqu'un pour représenter l'album ?

Bruno : Je dirais « Miam Miam ». Ouais je dirais que « Miam Miam » c'est la... moi quand Bruno il est arrivé avec cette toune-là j'ai fait un christ de saut puis je suis encore d'accord avec ça !

Charles : Ouais c'est vrai, d'accord aussi. Moi ben j'ai... moi c'est un petit peu ça ça serait peut-être « CHOU » justement. Je suis d'accord avec toi, tout le monde qui... tout le monde qui a écouté sur Spotify est tout d'accord avec vous autres ! C'est vrai que non mais c'est vrai que la toune « CHOU » c'est comme un truc définitif ça ! Mais ça donne bien aussi parce que moi je voulais... c'est... tu sais mon idée c'était « Black Sabbath » de Black Sabbath sur l'album Black Sabbath ! Puis l'album, où est-ce qu'on peut se procurer l'album ?

Bruno : L'album CHOU est juste en numérique c'est ça ? Ouais il est sur toutes les plateformes.

Hugo Lachance : Puis avez-vous des projets ? Il y a l'album CHOU BLANC qui s'en vient relativement... oui probable ! Tu sors ça quand ce podcast-là ? Ben ça va être début août je pense, fin juillet-début août. OK bon on peut le dire on va être au FME mais pour ce temps-là il ne faut pas le dire ! Je ne mettrai pas des extraits mais ouais le FME, l'album puis tu sais toute la... toute la mascarade qui précède l'album là : sortir des vidéos !

Bruno : Vidéo ça... comme je disais là j'ai un studio que j'ai construit chez moi puis le band tu sais on veut vraiment pousser l'album BLANC. Mais c'est plus de notre ressort là, c'est Folivora qui faut qu'il s'en occupe, qui s'arrange pour que les singles sortent puis tu sais qu'il y ait un certain buzz puis que ça sorte puis qu'il y ait des écoutes. Nous autres notre job c'est de travailler sur le prochain album. On a déjà quand même beaucoup de maquettes. Patch a pogné la recette, il est capable de faire des tounes qui sonnent comme si c'était moi qui jouais de la guite ! Il dit : « Tu reprendras les parts de guitare comme tu veux ! ». Je suis comme : « OK je vais jouer ça ! ». Ouais il prend de plus en plus de place dans le processus musical puis c'est vraiment une bonne chose ! Ben c'est parce que c'est comme des cycles à un moment donné ça veut dire la sauce prend dans le band ! Faut dire aussi que l'album BLANC qui va sortir, les gens vont l'entendre un peu pour la première fois mais ça fait un an et demi qu'on les joue quasiment ! C'est l'album en tant que tel... tu sais tantôt dans le char c'était correct mais seul chez nous je ne peux... je ne suis plus capable de l'écouter, il n'est même pas sorti !

Hugo Lachance : Une chose est sûre c'est que quand l'album va sortir on pourrait se réunir puis en faire un autre un épisode juste avec l'album ! Ça serait cool. Et puis en terminant, le moment du défi : j'aimerais ça que vous invitiez un artiste à participer au podcast.

Charles : Euh moi j'inviterais Antoine Corriveau !

Bruno : Antoine Corriveau ou Teke::Teke !

Hugo Lachance : Oh OK ouais oh excellent ouais OK ! D'autres suggestions ?

Charles : FUDGE ! Ben ça j'allais dire FUDGE ouais ! Vous êtes associés un peu ? Parce qu'on joue... je sais qu'on s'entend bien ensemble on a joué souvent ensemble puis on aime leur musique ! OK ben écoute puis ça vous... c'est... le matériel c'est vraiment intéressant ce qu'ils font au point de vue des harmonies vocales, je trouve ça vraiment vraiment très cool. Bon ben hey c'est tout, c'est la fin ! Merci !

Bruno : Ben merci à toi ! J'espère que ça n'a pas été une expérience éprouvante ! Non c'est... non c'est... c'était bien fun ça j'ai pas vu le temps passer.

Hugo Lachance : CHOU et tout ! Ben merci tout le monde ben d'avoir été là, j'espère que vous avez apprécié l'épisode ! On se retrouve plus tard pour un autre épisode et puis n'oubliez pas de vous abonner ! Alors ben merci encore ! Merci merci ! Bye bye ! [Musique]