Transcription de l’épisode Emilie Clepper : The Family Record
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Hé bonjour tout le monde ! Nous sommes le 6 juin 2024 à Québec, dans le quartier Saint-Roch. Aujourd'hui on est reçus chez le disquaire Le Knock-Out. Alors on va faire un épisode vraiment intéressant aujourd'hui, on se retrouve de l'autre côté du thème.
Hugo Lachance : Oui, on est au Knock-Out ! C’est le Knock-Out qui présente l'épisode d'aujourd'hui, donc si vous avez besoin de judicieux conseils, le personnel est vraiment cool. Alors je vous invite à vous rendre au Knock-Out à Québec, dans le quartier Saint-Roch. Je tiens à remercier aussi tous ceux et celles qui se sont abonnés au podcast, c'est vraiment important parce que c'est vraiment motivant puis ça m'encourage beaucoup à continuer. Donc vous pouvez le faire sur toutes les plateformes, sur tous les réseaux sociaux aussi : Facebook, Instagram. Abonnez-vous à YouTube, faites sonner la petite cloche, écrivez-moi des commentaires sur Apple Podcast, et cetera, c'est toujours super apprécié.
Hugo Lachance : Aujourd'hui, je reçois Emilie Clepper. Bienvenue à l'Album Podcast !
Emilie Clepper : Merci ! Écoute, ça me fait vraiment plaisir.
Hugo Lachance : Je suis vraiment content parce que c'est ma conjointe, Valérie, qui m'a fait découvrir ta musique, puis surtout l'album dont on va discuter aujourd'hui : The Family Record. Un album que tu as enregistré avec ton père.
Emilie Clepper : Absolument, ouais.
Hugo Lachance : Alors ben c'est ça, on va commencer par des questions génériques que je pose à tout le monde pour connaître d'où tu viens. Je commence toujours par : Emilie, c'est une fille de où ?
Emilie Clepper : Ben moi en fait, je suis née ici à Québec. Puis j'ai grandi les premières années de ma vie sur une ferme à Saint-Jean-Chrysostome. On avait des moutons, des poules, des chevaux puis des lapins, toutes sortes d'animaux. Une petite ferme là, pas une ferme commerciale. Ensuite, bon, j'ai vécu dans les alentours de la ville de Québec quelques années. Mon père est retourné au Texas d'où il vient à l'origine, puis j'ai commencé à faire un peu la navette entre le Québec et le Texas pour faire une genre de garde partagée internationale entre mes parents.
Hugo Lachance : Ta mère est d'origine suisse, de ce que j'ai lu ?
Emilie Clepper : Ouais, ma mère, son père à elle est venu de la Suisse. Il a déménagé au Québec quand il était dans la vingtaine à un moment donné.
Hugo Lachance : On va commencer à parler un peu de musique. Ton album d'enfance, l'album qui représente ton enfance ?
Emilie Clepper : Ben la première cassette que j'ai eue, c'était une cassette de Richie Valens. Parce que j'avais... en fait c'est drôle parce que j'étais tombée sur une vieille cassette de « La Jungle » à l'époque. Il y avait une émission à la radio, ben c'est une cassette que moi j'avais trouvée, je pense de mes cousins.
Hugo Lachance : Ah oui, mon Dieu ! Cette émission me rappelle des souvenirs.
Emilie Clepper : Puis il y avait comme... c'était une compilation de toutes sortes de tounes. Puis la première toune sur la compile, c'était « La Bamba » de Richie Valens. Puis j'avais comme sept ans, puis je suis tombée en amour avec cette chanson-là. Donc je l'ai écoutée je pense cinquante fois de suite. Je la reculais, rewind, je reculais, je réécoutais. Puis là, j'avais écrit les sons en espagnol pour pouvoir chanter avec la cassette. C'était pas vraiment les bonnes paroles, mais ouais.
Hugo Lachance : Puis ton album d'adolescence ?
Emilie Clepper : C'est drôle, je pense que ça peut être plusieurs albums, on s'entend. Ben le premier qui me vient en tête, c'est Soul Asylum, le titre de l'album je ne sais pas, mais c'est l'album sur lequel il y avait « Runaway Train » avec des enfants disparus. Je ne sais pas pourquoi je ris, mais exactement, fait que ça c'était des tounes qu'on jouait au début de l'adolescence avec mes frères.
Hugo Lachance : Ah ouais ? OK, cool ! Et puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?
Emilie Clepper : Ben c'est drôle parce que nous, à l'époque, l'église était pas super pro-musique populaire, donc on n'écoutait pas énormément de musique. Des fois la radio pouvait être allumée ou quelque chose comme ça, par contre c'était plus la musique à la maison qu'on entendait. C'est mon père qui jouait des tounes. Puis il jouait des tounes de Townes Van Zandt, Billy Joe Shaver, toutes les songwriters texans. On repart de là.
Hugo Lachance : OK, cool. Et puis à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale chez vous ?
Emilie Clepper : Ben ça l'était dès le début. Je pense pas que j'ai réalisé ça à un moment donné parce que chez nous la musique c'était... Ben oui, parce que mon père était là, il jouait de la guitare sur sa vieille J-45 1963. Puis il me chantait des chansons pour m'endormir le soir avant de faire dodo. C'était comme ça la petite routine du dodo, c'est d'écouter ça. Fait que c'est sûr que ça a fait en sorte que la musique faisait toujours partie, c'était juste une partie grande de... j'ai pas découvert à un moment donné la musique. Autant qu'on chantait à l'église que autant qu'on chantait à la maison. À un moment donné, on a même écrit une toune en famille après le souper, c'était une activité de famille.
Hugo Lachance : Mais quand tu as décidé que tu allais faire une carrière en musique, est-ce que ça a été un moment spécial ou c'est venu tout seul ?
Emilie Clepper : C’était très graduel parce que j'ai... je voulais surtout copier mon frère Jason, puis un peu Zachary, qui les autres jouaient de la guitare puis je chantais. Puis ils commençaient à faire ça, mon père avait toujours fait ça, fait que c'était la suite normale des choses de prendre la guitare puis ensuite d'essayer un peu de les copier, d'apprendre des chansons, de jouer avec eux quand ils faisaient un petit party avec leurs amis. Là j'essayais d'en chanter une. C'était pas mal ça. De fil en aiguille, mon frère puis moi on s'est mis à faire des shows dans le temps, jouer à L'Ostradamus à Québec.
Hugo Lachance : Oui, oui, oui, oui ! Je connais ça.
Emilie Clepper : Fait que ça c'était bien le fun, on a eu des belles soirées là. Puis je pense que j'avais quatorze ans la première fois que j'ai fait des spectacles avec mon frère, puis je me suis mise à jouer dans la rue. Je me suis rendu compte qu'on pouvait faire une coupe de pièces certain en faisant ça. Dans ce temps-là, ça marchait bien, le monde avait du change de poche à cette époque-là. On jouait puis c'était le fun au bout. De fil en aiguille, ben on faisait des spectacles, on faisait des petits shows puis c'est devenu de plus en plus sérieux. Fait qu’un EP pour se bookerun peu dans les bars, puis ensuite ben là un moment donné : « ben je vais faire un album ». Puis c'était plus la suite normale des choses qu’un moment donné une décision de « maintenant je commence ». Ça se fait comme graduellement.
Hugo Lachance : Puis ton premier instrument, la guitare ?
Emilie Clepper : Ouais, il y en avait toujours une chez nous, fait que c'était facile.
Hugo Lachance : Ta première guitare à toi ?
Emilie Clepper : Ah ! C’était une Yamaha je pense. Je l'avais eue je pense à Noël, j'avais onze ans ou douze ans. Je jouais toujours avec la guitare de mon frère ou de mon père. Puis là le cadeau il était gros, fait que j'espérais vraiment que c'était une guitare, mais il n'avait pas tout à fait cette forme-là. Ma mère m'avait fait penser que ça ne serait pas une guitare. Fait que quand je l'ai déballée, c'était une guitare puis c'était la mienne puis j'étais vraiment contente. C'était pas une grosse guitare de luthier ou quoi que ce soit, mais ça avait fait mon bonheur.
Hugo Lachance : Est-ce que tu l'as encore ?
Emilie Clepper : Non, non, j'ai aucune idée où elle est d'ailleurs, cette guitare-là.
Hugo Lachance : Pour monter mon entrevue, comme je te disais tout à l'heure, je consulte les articles de journaux, je fais mes recherches tout ça. Mais pour toi, j'ai utilisé ta page Wikipédia. Je vais nommer dans le fond des citations puis tu commentes. « Emilie Clepper, née en 86, est une auteur-compositrice-interprète québécoise aux origines texanes par son père Russell Clepper et sa mère est une Québécoise née en Suisse. Russell est arrivé un jour à Québec en Westfalia sans argent ni essence et chanta devant le Château Frontenac où il a rencontré ta mère ».
Emilie Clepper : Ouais, ben ça ressemble à ça. C'est sûr que mon père il pourrait donner des détails puis raconter cette histoire-là mieux que moi, parce que moi je l'imagine d'une certaine façon dans ma tête. Ensuite on joue un peu au téléphone. Mais oui, c'est ça, il s'était acheté une vieille Dodge, en fait c'était une van Dodge. Il avait 27 ans, c'est en 1978, puis il s'est dit : « je vais la conduire le plus loin que je peux vers le Nord ». Mais en fait, il y a comme une drôle d'histoire en arrière de tout ça, c'est qu'il y a un gars qui s'appelait Jacques Tremblay — ou quelque chose comme ça, un nom assez commun — qui lui devait de l'argent. Il l'avait rencontré à Corpus Christi au Texas et s'est dit : « Ah, en même temps je vais comme aller au Québec, à Montréal, puis je vais retrouver ce gars-là, puis il va peut-être pouvoir me redonner le cash qu'il me doit ». Là il arrive à Montréal puis regarde dans le bottin téléphonique, puis finalement il y avait comme sept pages de Jacques Tremblay ! Il a dit : « ouais, je pense que je reverrai jamais mon argent ».
Hugo Lachance : C'est bon ! Émilie grandit dans un environnement rural à Saint-Jean-Chrysostome, amalgame de deux langues et de deux cultures : elle parle anglais avec son père et français avec sa mère. Il y a un article de Frankie Rose pour BP Arts Média le 19 octobre 2023 où je te cite à propos de ta double identité texane et québécoise : « Ouais, je pense que j'ai les deux. Quelqu'un m'a déjà dit que j'étais plus sympathique en anglais. Je ne sais pas si j'ai une personnalité différente en français ». Est-ce que c'est vrai ?
Emilie Clepper : Mais c'est vrai, c'est Darren Taylor qui m'avait dit ça dans le temps. Je travaillais au Nelligan’s, mais c'était où que le Bateau de Nuit est en ce moment. J'étais serveuse puis il y avait un gars qui s'appelait Darren qui était venu travailler là, puis c'est lui qui m'avait dit ça parce qu'il était anglophone mais parlait aussi en français. Au début on se parlait en français, puis à un moment donné on a comme bifurqué en anglais, puis c'est un peu plus tard quand on se connaissait qu'il m'a dit : « quand on a commencé à se parler en anglais, je t’ai trouvée plus sympathique ». Est-ce encore le cas ? Je ne sais pas, moi je ne m'en rends pas nécessairement compte.
Hugo Lachance : Mais moi je peux te le dire, tu es sympathique en français ! Emilie Clepper est initiée à la musique par son père et ses deux frères aînés, Jason et Zachary. Elle commence à jouer de la guitare à onze ans. À l'âge de quinze ans, elle accompagne son père en chantant dans les rues de Québec où elle est déjà remarquée par un journaliste de Montréal venu couvrir le Sommet des Amériques de 2001. Elle chante également dans les rues avec son frère Jason, et après le décès de celui-ci, elle est fréquemment accompagnée par son autre frère Zachary.
Emilie Clepper : Ouais, Zachary a chanté avec moi pendant plusieurs années. Ça a été des belles années ça, on se promenait puis il faisait des harmonies vocales, il chante super bien mon frère.
Hugo Lachance : Est-ce que vous vous voyez encore, est-ce que vous faites encore de la musique ensemble ?
Emilie Clepper : Lui est un peu plus gêné, mais il chante encore super bien.
Hugo Lachance : Durant son adolescence, son père retourne vivre à Austin avant de revenir au Québec. Finalement, tu as étudié en horticulture, c'est ça ?
Emilie Clepper : Ouais, j'ai fait un DEP en horticulture ornementale. Moi à l'époque je m'intéressais à la permaculture. C'était difficile de trouver des cours, c'est plus populaire maintenant qu'avant, mais comme j'avais pas de terrain, je me suis dit : « je vais avoir des bases ». J'aime beaucoup les végétaux, la nature, le monde végétal en fait, donc ça me permettait à faible coût de juste pouvoir en apprendre plus sur la botanique puis aussi juste prendre soin des plantes, comment organiser ça, connaître un peu le sol. Mais moi ça a toujours été la musique puis les arts en général qui m'appelaient toujours, je revenais toujours à ça en fin de compte. Mais j'aime encore beaucoup le monde des plantes, j'essaie d'y aller au moins aux deux jours à peu près.
Hugo Lachance : Là on va faire un petit tour de ta carrière musicale. Things en 2007 ou 2008, ton premier album, qui avait eu quand même une bonne couverture médiatique.
Emilie Clepper : Ouais, quand même. J'ai pas signé dans ce temps-là, c'est ça qui était un beau défi parce que je voulais faire le lancement moi-même pour vraiment démontrer à une prochaine compagnie que je voulais avoir déjà développé un peu par moi-même pour avoir mon autonomie. Donc on avait organisé quelque chose de beau au Cercle à l'époque. On avait eu des bières de La Barberie, des bouchées qui étaient faites exprès pour aller avec les bières qu'on avait, ça avait vraiment été un bel événement. C'était une belle expérience de l'organiser aussi, puis il y avait une super belle réponse. En fait c'était comme le Golden Age des CD. Dans ce temps-là tu pouvais faire la tournée, tu pouvais vendre ton album puis moi j'en vendais beaucoup juste en show.
Hugo Lachance : C'est un monde aussi le country-folk, c'est un monde où on achète beaucoup de CD.
Emilie Clepper : Ouais, c'était comme ça pour toutes les filles avec Amélie Veilleux, Catherine Durand, Gaële, Ginette Magnolia, Marie-Évelyne, Andrea Lindsay et Sylvie Paquette en 2010. Ça c’était une tournée, on était des gens de la relève qui étaient mis ensemble dans une vanne puis qui partaient faire le circuit du ROSEC. On se faisait connaître un peu du public québécois.
Hugo Lachance : Tu as gardé des liens avec certaines de ces personnes-là ?
Emilie Clepper : Oui, en particulier avec Andrea Lindsay que j'aime énormément.
Hugo Lachance : What You Wanna Do en 2011 sur La Tribu, Emilie Clepper et la Grande Migration en 2018 sur La Tribu aussi, Texas Eagle en 2013, Mémé la mouche avec Thomas Hellman. Puis un autre plus obscur : Thomasman, c'est un band que tu as au Texas, c'est ça ?
Emilie Clepper : Ouais, c'était mon band au Texas, on s'est bien amusés avec The Coyotes pendant quelques années pendant que j'habitais à Austin avec Pete Weiss qui est d'ailleurs sur le Family Record qu'on vient de faire. C'est lui qui fait l'accordéon sur ça. Moi j'aime énormément la musique Norteño puis Conjunto, musique des États-Unis qui est comme un mix avec la musique du Mexique. On sent beaucoup ça, même chez Willie Nelson, Dwight Yoakam qui avait amené beaucoup l'accordéon. Un band que j'aime énormément, c'est Texas Tornadoes avec Doug Sahm, Freddy Fender et Flaco Jimenez. On peut l'entendre un peu sur ce EP-là qui était une genre de collection de ce qu'on faisait à l'époque. Il est disponible sur Bandcamp.
Hugo Lachance : On passe au segment présentation de l'album. Mon père a écrit toutes les chansons, tu es l'artiste principale qui fait la voix sur l'album, mais ton père chante un peu aussi. L'album est dédié à ton fils. Avec le grand-père, la fille et le petit-fils, c'est vraiment une histoire de famille. Ton cousin chante aussi ainsi que la copine de ton père. Pourquoi le titre The Family Record ?
Emilie Clepper : C’est vraiment ça, cet album-là est axé beaucoup sur la famille. Ça peut être perçu aussi comme étant l'ensemble d'un dossier, comme d'un arbre généalogique musical de la famille. Ce sont des chansons que mon père a écrites depuis les années 70 à aujourd'hui, donc ce avec quoi moi j'ai grandi aussi. En secondaire 5, pour mon dernier travail en anglais, on nous avait demandé quel était notre plus grand rêve. Mon rêve c'était de faire un album puis une tournée avec mon frère puis mon père déjà à cet âge-là. C'est quand même 22 ans plus tard qu'on a sorti un album de famille.
Hugo Lachance : Ça se sent aussi quand on écoute l'album. Pour le jeu des étiquettes, ce serait quoi comme genre ?
Emilie Clepper : Ben je pense que c'est country-Americana simplement.
Hugo Lachance : The Family Record, année 2023, label La Tribu. Réalisation : Joe Grass. C'est cool parce que j'ai fait un épisode avec le duo Veranda puis Joe Grass a travaillé sur l'album aussi. C'est quelqu'un d'important au Québec et au pays. Sylvain Cormier dans Le Devoir écrit : « La réalisation et les arrangements de Joe Grass, discrets mais parfaits dans le paysage familial, laissent de l'espace au vieux routier et à sa fille pour exister séparément autant que pour se coller serré ». Comment avez-vous approché Joe Grass ?
Emilie Clepper : En fait Joe vient d'un background musical où il a connu beaucoup des influences qu'on a en commun. Lui c'est un gros fan de bluegrass, un joueur de bluegrass exceptionnel. Il a une énorme connaissance musicale, clairement dans le style roots, folk, country, pedal steel. C’est quelqu'un qui a une sensibilité à ce qui se passe dans les chansons, à ce qu'un album peut raconter comme histoire. Il a à cœur la musique mais aussi l'histoire derrière, puis c'est beaucoup du storytelling les chansons de mon père. J’aurais pas pu demander à personne d'autre de faire ça.
Hugo Lachance : Tu le connaissais depuis longtemps ?
Emilie Clepper : Oui, c'est un pote. Il a réalisé aussi mon album en 2011 puis Texas Eagle. On a souvent travaillé ensemble. Mon père n'avait jamais vraiment endisqué, il a sorti des albums obscurs avec des drôles de productions, mais il n'y avait pas quelque chose qui choisissait vraiment bien ses chansons pour les rendre dans toute leur gloire.
Hugo Lachance : On continue avec les musiciens : Emilie et Russ aux voix et guitares, la conjointe de ton père aux chœurs et percussions, Pete Weiss à l'accordéon, Liam O'Neil au drum, John Sadowy au piano, Joël Savoie au violon. Mixage par Warren Spicer au studio Mixart.
Emilie Clepper : En fait, ça a été long parce qu'on est allés faire la préprod avant la pandémie sur l’île de Whidbey, dans le Pacifique, où vit mon père maintenant. On a passé quatre jours dans une bulle à écouter les chansons, à s'imprégner de son univers pour choisir les tonalités et faire une sélection finale. Sauf qu'ensuite il y a eu la pandémie, puis les choses ont été retardées. Finalement, on a enregistré en plusieurs étapes : un premier temps avec moi, ensuite avec mon père. En dernier, on est allés au studio de Joël Savoie en Louisiane. Je montais au Texas avec mon fils de sept ans en voiture pour les rejoindre. Joe Grass a pris l'avion de Montréal puis Pete a pris l'avion de la Californie.
Hugo Lachance : On s'est tous donné rendez-vous chez Joël Savoie en Louisiane. Joël est un musicien incroyable parce qu'il a gagné des Grammys, c’est un porteur de la culture musicale de la Louisiane française.
Emilie Clepper : On a eu énormément de chance que Joël travaille avec nous. Il m'a dit qu'il n'acceptait pas tous les projets, mais là c'était un projet de famille. Lui il joue avec son frère puis ça fait sept générations qu'ils habitent sur la même propriété. Lui et sa femme ont même appris à fabriquer des accordéons. C'était vraiment un moment sacré presque. On jouait au domino sur le coin de la table après avoir
Hugo Lachance : Chapitre 8 : La pochette. On passe à la conception de la pochette par Nicolas Gravel. Quelle importance accordes-tu à l'esthétique de la pochette en général ? On va la mettre là, elle vient d'apparaître. On vous voit tous les deux dans un champ, toi et ton père à côté de toi.
Emilie Clepper : C'est à Saint-Aubert, dans ma région. C'était le fun d'être là et d'être sur une ferme. Le fait d'avoir grandi sur une ferme, puis le fait d'être ensemble sur la photo avec mon père qui est derrière, comme s'il me léguait ces chansons-là. C'est son héritage qu'il me donne et qu'il donne aux générations futures de Clepper, à mon fils. En plus, c'est vrai, vous avez grandi là-dedans, votre famille vient de là. Ce n'est pas une esthétique que vous vous êtes donnée, c'est vraiment vous.
Hugo Lachance : Donc, design par Émilie Chamberland et photographies par Renaud Philippe. Si je te demandais une phrase pour décrire la relation entre toi et ton père au moment où vous avez commencé à enregistrer l'album, ce serait quoi ?
Emilie Clepper : Elle a tout le temps été la même, on a une vraiment belle relation père et fille.
Hugo Lachance : Mais en studio, est-ce qu'il y avait quelque chose de particulier ou c'était comme d'habitude ?
Emilie Clepper : En studio, c'est notre vie. On est tellement habitués, on a tellement fait de la musique ensemble tout le temps depuis que je suis jeune. J'ai grandi là-dedans, donc pour nous, c'est la plus naturelle des choses de faire ça.
Hugo Lachance : Je pose cette question-là parce que, pour la plupart des gens que je reçois au podcast, c'est souvent un moment qui est soit intense, soit un moment particulier parce qu'ils enregistrent quelque chose, mais pour vous autres, c'est tellement dans l'ADN de votre famille que c'est tout naturel. Quoique les circonstances étaient hallucinantes d'enregistrer là-bas ! Mais ton papa n'était pas là en Louisiane ?
Emilie Clepper : Non. Il a aimé ça par exemple, mais mon cousin Mo était là, qui est un super auteur-compositeur aussi.
Hugo Lachance : Quelle a été la réception de l'album ?
Emilie Clepper : Une belle réception pour vrai. On a joué sur plein de radios aux États-Unis. C'était la première fois pour moi que mes albums jouaient sur autant de radios que ça aux États-Unis.
Hugo Lachance : Au Québec, est-ce qu'il y a quand même un certain succès ?
Emilie Clepper : Oui, au Québec ça a joué aussi, je pense surtout « La valse à Gaëtan », parce que c'est une pièce en français. Ça parle du fleuve, ça parle du territoire québécois. Ça fait penser un peu à Zachary Richard. Moi je vois mon père un peu comme si c'était notre Willy Nelson à nous. C'est comme un mix de Willy Nelson et de Zachary Richard.
Hugo Lachance : C'est vrai, surtout qu'il a vécu ici pendant 20 ans, il a super bien appris le français et il est en amour avec la culture québécoise. On le sent dans cette chanson-là. Est-ce que vous avez fait des shows aux États-Unis ?
Emilie Clepper : Oui, c'était drôle parce que mon père est venu me rejoindre au Texas, dans le désert à Terlingua, une ancienne petite ville fantôme proche du parc national de Big Bend. Je pensais qu'il allait arriver le samedi. Je faisais un spectacle le vendredi dans un théâtre qui s'appelle le Starlight Theater, puis j'étais en train de chanter une de ses tounes. Au fond du théâtre, la porte ouvre et mon père rentre avec son chapeau de cowboy. C'était légendaire ! Il est monté sur le stage puis il s'est mis à chanter avec moi le reste de la toune. On a fait plusieurs spectacles là-bas et on va peut-être en faire d'autres en Virginie à l'automne.
Hugo Lachance : Chapitre 9 : SEGMENT : Une chanson après l'autre. Écoute, on va passer au segment où on écoute un extrait et je t'invite à commenter la toune. On commence avec « Someplace like Heaven ».
Emilie Clepper : C'est une chanson que mon père a écrite et qui parle de l'époque où il a travaillé dans les champs de pétrole. C'était une courte période où il a fait ça. Ce n'est pas une job facile puis ce n'est pas une industrie qui va particulièrement avec nos valeurs, mais à la fin de la chanson, ça parle d'un accident sur le champ de pétrole où ça explose. C'est très bien écrit. Mon père écrit très bien. Les tours de phrases sont un peu spéciaux, très poétiques, mais ça raconte très bien l'histoire. Mon père m'a toujours dit que le but, en anglais, c'est d'illustrer au lieu de décrire. C'est quelque chose qui m'habite énormément quand j'écris moi-même maintenant.
Hugo Lachance : Il écrit vraiment bien, puis c'est une très bonne toune aussi. Comment ça se passe l'enregistrement d'une toune comme celle-là ? Vous enregistrez la musique et tu fais tes voix à la fin ?
Emilie Clepper : C'était drôle parce qu'on voulait avoir un mode « live ». C'est Joe qui m'a convertie à ça : l'enregistrement live entre les instruments de base — drum, basse, guitare — pour avoir la conversation, pour vraiment sentir la track. On faisait ça, puis à la base on n'était pas supposés nécessairement garder mes tracks de voix, c'étaient juste des tracks témoins. Je m'amusais comme ça, et c'est pour ça qu'on voit des fois à travers l'album que ce n'est pas parfait. Des fois la voix craque un peu, mais je n'haïs pas ça que ça ne soit pas complètement travaillé ou parfait. On sent qu'il y a du « grit » et que c'est ça qui s'est passé à ce moment-là. Le feeling est là. C'est très humain et ça donne une sensibilité, surtout sur une chanson comme celle-là.
Hugo Lachance : On continue avec « Texas Sunshine ». José Lapointe, dans La Presse du 26 octobre 2023, écrit : « Elle se souvient de son père qui lui chantait des chansons de son cru comme Texas Sunshine pour l'aider à s'endormir quand elle était petite. Il s'assoyait sur le coin de son lit avec sa Gibson J-45 1963 qui appartient maintenant à sa grand-mère. Cet album est dédié à son fils, c'est son héritage familial et c’est comme un legs pour lui ».
Emilie Clepper : Oui, c'est ça. Ma grand-mère a rencontré mon fils, c'était son arrière-grand-mère. Mon fils est né au Texas aussi, il a les deux nationalités. Ma grand-mère, avant de mourir il y a quelques années, a rencontré mon fils à plusieurs reprises et elle l'aimait énormément. C'est beau, et c'est ce que ça dit dans la chanson : « Love learned and passed on ». C'est un peu ça. À un moment donné, c'est toi qui deviens un parent et tu décides d'inculquer certaines valeurs ou de les vivre. Quand tu es rendu à essayer de les transmettre, tu te rends compte que c'est un tour de force des fois. Les belles valeurs qu'on t'a transmises, ce n'est pas toujours si facile que ça de les incarner, surtout avec la distance qu'il y a entre les générations.
Hugo Lachance : J’aime beaucoup le trémolo de ta voix. Chapitre 11 : « Pablo's mandoline ». Qui est Pablo ?
Emilie Clepper : Pablo Menudo ! Son vrai nom c'était Paul Di. Dans le sud-ouest du Texas, il y a des personnes qui vont se réfugier là, qui sauvent un peu de la loi. Terlingua était une vieille ville minière. Ça a été repopulé dans les années 70 par un mouvement de retour à la terre. Les gens reprenaient les vieilles maisons d'adobe qui étaient en ruines. Pablo a décidé d'aller déménager là-bas. Mon père le décrit comme quelqu'un qui, si tu le vois pour la première fois et que tu ne le connais pas, tu aurais pu penser qu'il était un peu agressif. C'était un cœur en or, mais il se donnait une carapace.
Emilie Clepper : Pablo était drôle, il me parlait tout le temps de Jacques Parizeau chaque fois que je le voyais. Il avait passé un été à Québec. C'était un monsieur avec des grands yeux bleus, un peu sur la brosse. Il arrivait au bar et criait : « Québec ! Jacques Parizeau ! J'étais là ! ». Il était tombé en amour avec une fille à Québec. C'était un personnage extraordinaire. Il donnait du vin à sa chèvre et il avait un band qui s'appelait « The Alien Breeding Experiment ». Il avait toutes sortes de théories, il voulait repopuler le désert avec des éléphants et des chameaux. C'était un poète, un flyer, mais il y avait un cœur en or au fond de ce personnage-là. « Menudo », c'est comme une sorte de soupe d'intestins et de tripes, et il avait choisi ça comme nom. Pablo était tellement content quand il a entendu cette chanson-là pour la première fois. Quand on la jouait dans un petit bar au Texas, Pablo arrivait en courant, il enlevait son tablier pendant qu'il travaillait, il sortait sa mandoline et il se mettait à jouer. Il avait même un t-shirt où c'était écrit « Pabloudos ». Il est décédé dans un accident de voiture il n'y a pas longtemps, mais on le salue. Son fantôme est super content qu'il y ait une chanson qui parle de lui. Mon père a bien capté ça, et Joël à la guitare électrique là-dessus est super bon.
Hugo Lachance : Chapitre 12 : « La valse à Gaëtan ». Je trouve ça fou qu'un Texan ait appris le français et qu'il ait réussi à capter cette tradition québécoise de la musique trad. On le voit, Gaëtan, dans une soirée avec les violonneux. On sent que ton père n'est pas juste Texan, il est Québécois aussi.
Emilie Clepper : Absolument. C'est exceptionnel qu'il ait appris le français et qu'il se débrouille si bien. Quand il chante, ce n'est pas un français baragouiné, il n'y a pratiquement pas d'accent, juste assez pour qu'on voie ses racines. Je trouve ça très touchant.
Hugo Lachance : Chapitre 13 : « Streets of Québec ». Valérie Marcou, dans Le Soleil du 31 octobre 2023, écrit : « Cette pièce est inspirée du premier été qu'a passé Russell Clepper dans les années 70. Le Texan avait rencontré un Californien à l'auberge de jeunesse sur la rue Couillard. Ensemble, ils ont joué de la musique et chanté près de la rue du Trésor dans le Vieux-Québec pendant toute la saison touristique. C'était ma première expérience comme chanteur de rue, se souvient l'Américain ».
Emilie Clepper : Le gars s'appelait Spider. Ce qui est fou, c'est que pendant la tournée qu'on vient de faire ensemble, on a eu la chance sur la route d'aller plus en profondeur dans l'histoire. Non seulement l'album était un aboutissement du rêve qu'on voulait faire, mais le fait de faire la tournée ensemble nous a permis de passer des moments forts. On est allés voir mon neveu, le fils de mon frère Jason, et mon père est allé chez lui faire du cheval. Ça continuait dans le thème de la famille. Mon père m'a parlé de Spider d'une façon dont il ne m'avait jamais parlé avant. J'ai compris que Spider était un personnage. Mon père chantait une chanson et Spider était assis, super sérieux. C'était un beau bonhomme, un grand gaillard avec une belle moustache qui a de la gueule. Après la toune, il a dit : « ça, c'est vraiment bon ». Mon père n'était pas encore très confiant dans son songwriting parce que c'était nouveau pour lui.
Emilie Clepper : Une autre histoire que j'ai sue pendant la tournée, c'est ce qui a fait en sorte que mon père est allé sur la route. Il était dans un bar où il y avait des légendes comme Guy Clark et Townes Van Zandt. Il se tenait là, mais il était trop gêné pour parler à personne. Il écoutait ce qu'ils disaient, et à un moment donné, il y en a un qui a dit : « tu ne peux pas écrire des bonnes tounes à moins d'être parti sur la route ». C'est à ce moment-là qu'il a su ce qu'il fallait qu'il fasse. C'est là que ça a commencé : il a acheté la vieille Dodge et il est venu ici. Finalement, il a rencontré Spider dans le Vieux-Québec avec qui il est allé faire de la musique aux États-Unis par la suite. Ils sont restés amis. Spider, je ne sais plus il est où, mais Nick Goodspeed est encore au Québec.
Hugo Lachance : Chapitre 14 : « Netherlands ». Ça parle des Pays-Bas, mais ça parle aussi d'histoires de vieux cowboys. On voit les images, on le sent. Il y a une inspiration « Conjunto », le mix avec le violon et l'accordéon. Ça me fait penser à une toune de Lhasa de Sela sur The Living Road.
Hugo Lachance : Chapitre 15 : « Steal my car ». Belle chanson ! Tu as un vidéoclip là-dessus par Johannes Mengi, un artiste visuel des Îles-de-la-Madeleine.
Emilie Clepper : C'est grâce à mon ami Guillaume Blais que le contact s'est fait. « Steal my car », c'est l'histoire d'un gars qui s'appelait Wade qui était en rémission en prison. Un ami de mon père, qui était pasteur, lui a présenté Wade en disant qu'il s'améliorait. Ils sont devenus amis. Le gars essayait de se reprendre en main, mais à un moment donné, il a demandé à mon père s'il pouvait emprunter son char, une vieille Buick 1984. Mon père a dit oui, et finalement, Wade est parti avec le char. Après ça, il s'est mis à voler des trucs et il s'est fait arrêter parce qu'il a volé un semi-truck. Il est retourné en tôle. La leçon de l'histoire, selon mon père, c'est : quand ton ami sort de prison, ne lui prête pas ton char !
Hugo Lachance : Chapitre 16 : Message d'Arnaud, d'Annie et de Patrick Gauvin. J'ai fait quelques manipulations car on a des amis en commun.
Amis (Arnaud, Annie, Patrick) : Salut Émilie ! On a décidé de participer au podcast en te faisant un petit message grâce à Hugo. On cherchait quoi dire parmi toutes ces aventures abracadabrantes et loufoques. On se remémorait ce moment à Paris quand on a escaladé la Tour Eiffel pour chanter au sommet avant de sauter en bungee, la guitare à la main ! Arnaud a eu peur, mais bon. Tu nous fais vivre des sentiments très puissants avec beaucoup d'adrénaline. On t'embrasse fort, on est contents de faire partie de ton entourage rapproché. Merci d'exister !
Emilie Clepper : Oh je les aime ! C'est bien drôle parce que c'est Annie Gauvin, que je connais bien parce qu'on a travaillé ensemble au Quai des Brumes pendant longtemps. Merci Annie, vraiment !
Voici la retranscription intégrale de la dernière partie de l'épisode de balado, basée sur la source EC3.docx. Fidèle à vos instructions, les paragraphes ont été complétés pour assurer une lecture fluide, les tics de langage ont été supprimés, le nom de l'animateur a été remplacé par Hugo Lachance, et la ponctuation originale a été respectée.
Transcription : L’Album Podcast — Emilie Clepper (Album : The Family Record - Suite et fin)
Hugo Lachance : Chapitre 8 : La pochette. On parle de la conception de la pochette par Nicolas Gravel. Quelle importance accordes-tu à l'esthétique de la pochette en général ? On va la mettre là, elle vient d'apparaître. On vous voit tous les deux dans un champ, toi et ton père à côté de toi.
Emilie Clepper : C'est à Saint-Aubert, dans ma région. C'était le fun d'être là et d'être sur une ferme. Le fait d'avoir grandi sur une ferme, puis le fait d'être ensemble sur la photo, mon père qui est derrière comme s'il me léguait ces chansons-là. C'est son héritage qu'il me donne, qu'il donne aux générations futures de Clepper, à mon fils. En plus, c'est vrai, vous avez grandi là-dedans, votre famille vient de là. Ce n'est pas une esthétique que vous vous êtes donnée, c'est vraiment vous.
Hugo Lachance : Donc, design par Émilie Chamberland et photographies par Renaud Philippe. Si je te demandais une phrase pour décrire la relation entre toi et ton père au moment où vous avez commencé à enregistrer l'album, ce serait quoi ?
Emilie Clepper : Elle a tout le temps été la même, on a une vraiment belle relation père et fille.
Hugo Lachance : Mais en studio, est-ce qu'il y avait quelque chose de particulier ou c'était comme d'habitude ?
Emilie Clepper : En studio, c'est notre vie. On est tellement habitués, on a tellement fait de la musique ensemble tout le temps depuis que je suis jeune. J'ai grandi là-dedans, donc pour nous, c'est la plus naturelle des choses de faire ça.
Hugo Lachance : Je pose cette question-là parce que, pour la plupart des gens que je reçois au podcast, souvent c'est un moment qui est soit intense, soit un moment particulier parce qu'ils enregistrent quelque chose. Mais pour vous autres, c'est tellement dans l'ADN de votre famille que c'est tout naturel. Quoique les circonstances étaient hallucinantes, par exemple d'enregistrer là-bas ! Mais ton papa n'était pas là en Louisiane ?
Emilie Clepper : Non. Il a aimé ça par exemple, mais mon cousin Mo était là, qui est un super auteur-compositeur aussi. Mo Plamondon.
Hugo Lachance : Quelle a été la réception de l'album ?
Emilie Clepper : Une belle réception pour vrai. On a joué sur plein de radios aux États-Unis. C'était la première fois pour moi que mes albums jouaient sur autant de radios que ça aux États-Unis.
Hugo Lachance : Au Québec, est-ce qu'il y a quand même un certain succès ?
Emilie Clepper : Oui, au Québec ça a joué aussi, je pense surtout « La valse à Gaëtan », parce que c'est une pièce en français. Ça parle du fleuve, ça parle du territoire québécois. Ça fait penser un peu à Zachary Richard. Moi je vois mon père un peu comme si c'était notre Willy Nelson à nous. C'est comme un mix de Willy Nelson et de Zachary Richard.
Hugo Lachance : C'est vrai. Au Québec, parce qu'il a vécu ici pendant 20 ans, il a super bien appris le français et il est en amour avec la culture québécoise. On le sent dans cette chanson-là. Est-ce que vous avez joué aux États-Unis, fait des shows là-bas ?
Emilie Clepper : Oui, c'était drôle parce que mon père est venu me rejoindre au Texas, dans le désert à Terlingua, une ancienne petite ville fantôme proche du parc national de Big Bend. Je pensais qu'il allait arriver le samedi. Je faisais un spectacle le vendredi dans un théâtre qui s'appelle le Starlight Theater, puis j'étais en train de chanter une de ses tounes.
Emilie Clepper : Au fond du théâtre, la porte a ouvert et mon père est rentré avec son chapeau de cowboy. C'était légendaire ! Il est monté sur le stage puis il s'est mis à chanter avec moi le reste de la toune. On a fait plusieurs spectacles là-bas et on va peut-être en faire d'autres en Virginie à l'automne.
Hugo Lachance : Chapitre 9 : SEGMENT : Une chanson après l'autre. On va passer au segment où on écoute un extrait et je t'invite à commenter la toune.
Hugo Lachance : Chapitre 10 : « Someplace like Heaven ». [Musique]
Emilie Clepper : C'est une chanson que mon père a écrite et qui parle de l'époque où il a travaillé dans les champs de pétrole. C'était une courte période où il a fait ça. Ce n'est pas une job facile puis ce n'est pas une industrie qui va particulièrement avec nos valeurs, mais à la fin de la chanson, ça parle d'un accident sur le champ de pétrole où ça explose. Mon père écrit très bien. Les tours de phrases sont un peu spéciaux, très poétiques, mais ça raconte très bien l'histoire.
Emilie Clepper : Mon père m'a toujours dit que le but, en anglais, c'est d'illustrer au lieu de décrire. C'est quelque chose qui m'habite énormément quand j'écris moi-même maintenant.
Hugo Lachance : Il écrit vraiment bien, puis c'est une très bonne toune aussi. Comment ça se passe l'enregistrement d'une toune comme celle-là ? Vous enregistrez la musique et tu fais tes voix à la fin ?
Emilie Clepper : C'était drôle parce qu'on voulait avoir un mode « live ». C'est Joe qui m'a convertie à ça : l'enregistrement live entre les instruments de base — drum, basse, guitare — pour avoir la conversation, pour vraiment sentir la track. On faisait ça, puis à la base on n'était pas supposés nécessairement garder mes tracks de voix, c'étaient juste des tracks témoins. Je m'amusais comme ça.
Emilie Clepper : C'est pour ça qu'on voit des fois à travers l'album que ce n'est pas parfait. Des fois la voix craque un peu, mais je n'haïs pas ça que ça ne soit pas complètement travaillé ou parfait. On sent qu'il y a du « grit » et que c'est ça qui s'est passé à ce moment-là. Le feeling est là. C'est très humain et ça donne une sensibilité sur une chanson comme celle-là.
Hugo Lachance : On continue avec « Texas Sunshine ». [Musique]
Hugo Lachance : « Texas Sunshine ». José Lapointe, dans La Presse du 26 octobre 2023, écrit qu'Emilie se souvient de son père qui lui chantait des chansons de son cru comme « Texas Sunshine » pour l'aider à s'endormir quand elle était petite. Il s'assoyait sur le coin de son lit avec sa Gibson J-45 1963 qui appartient maintenant à sa grand-mère. Cet album est dédié à son fils, c'est son héritage familial et c’est comme un legs pour lui.
Emilie Clepper : Oui, c'est ça. Ma grand-mère a rencontré mon fils, c'était son arrière-grand-mère. Mon fils est né au Texas aussi, il a les deux nationalités. Ma grand-mère, avant de mourir il y a quelques années, a rencontré mon fils à plusieurs reprises et elle l'aimait énormément.
Emilie Clepper : C'est beau, et c'est ce que ça dit dans la chanson : « Love learned and passed on ». C'est un peu ça. À un moment donné, c'est toi qui deviens un parent et tu décides d'inculquer certaines valeurs ou de les vivre. Quand tu es rendu à essayer de les transmettre, tu te rends compte que c'est un tour de force des fois. Les belles valeurs qu'on t'a transmises, ce n'est pas toujours si facile que ça de les incarner, surtout avec la distance qu'il y a entre les générations.
Hugo Lachance : J’aime beaucoup le trémolo de ta voix. Chapitre 11 : « Pablo's mandoline ». [Musique]
Emilie Clepper : Merci. Pablo Menudo ! Son vrai nom c'était Paul Di. Dans le sud-ouest du Texas, il y a des personnes qui vont se réfugier là, qui sauvent un peu de la loi. Terlingua était une vieille ville minière. Ça a été repopulé dans les années 70 par un mouvement de retour à la terre. Les gens reprenaient les vieilles maisons d'adobe qui étaient en ruines. Pablo a décidé d'aller déménager là-bas.
Emilie Clepper : Mon père l'a décrit comme quelqu'un que si tu le vois pour la première fois et que tu ne le connais pas, tu aurais pu penser que c'était quelqu'un d'un peu agressif. C'était un cœur en or, mais il se donnait une carapace d'attitude. Pablo était drôle, il me parlait tout le temps de Jacques Parizeau chaque fois que je le voyais. Il avait passé un été à Québec.
Emilie Clepper : C'était un monsieur avec des grands yeux bleus, un peu sur la brosse. Il arrivait au bar et criait : « Québec ! Jacques Parizeau ! J'étais là ! ». Il était tombé en amour avec une fille à Québec. C'était un personnage extraordinaire. Il donnait du vin à sa chèvre et il avait un band qui s'appelait « The Alien Breeding Experiment ». Il avait toutes sortes de théories, il voulait repopuler le désert avec des éléphants et des chameaux. C'était un poète, un flyer, mais il y avait un cœur en or au fond de ce personnage-là.
Emilie Clepper : « Menudo », c'est comme une sorte de soupe d'intestins et de tripes, et il avait choisi ça comme nom. Pablo était tellement content quand il a entendu cette chanson-là pour la première fois. Quand on la jouait dans un petit bar au Texas, Pablo arrivait en courant, il enlevait son tablier pendant qu'il travaillait, il sortait sa mandoline et il se mettait à jouer. Il avait même un t-shirt où c'était écrit « Pabloudos ».
Emilie Clepper : Il est décédé dans un accident de voiture il n'y a pas longtemps, mais on le salue. Son fantôme est super content qu'il y ait une chanson qui parle de lui. Mon père a bien capté ça, et Joël à la guitare électrique là-dessus est super bon.
Hugo Lachance : Chapitre 12 : « La valse à Gaëtan ». [Musique]
Hugo Lachance : Je trouve que c'est fou quand même qu'un Texan ait appris le français et qu'il ait réussi à capter un peu cette tradition québécoise de la musique trad. On le voit, Gaëtan, dans une soirée avec les violonneux. On le sent, et on voit que ton père n'est pas juste Texan, il est Québécois aussi.
Emilie Clepper : Absolument. C'est exceptionnel qu'il ait appris le français et qu'il se débrouille si bien. Quand il chante, ce n'est pas un français baragouiné, il n'y a pratiquement pas d'accent, juste assez pour qu'on voie ses racines. Je trouve ça très touchant. Chapitre 13 : « Streets of Québec ».
Hugo Lachance : Chapitre 13 : « Streets of Québec ». [Musique]
Hugo Lachance : Valérie Marcou, dans Le Soleil du 31 octobre 2023, écrit : « Cette pièce est inspirée du premier été qu'a passé Russell Clepper dans les années 70. Le Texan avait rencontré un Californien à l'auberge de jeunesse sur la rue Couillard. Ensemble, ils ont joué de la musique et chanté près de la rue du Trésor dans le Vieux-Québec pendant toute la saison touristique. C'était ma première expérience comme chanteur de rue, se souvient l'Américain ».
Emilie Clepper : Le gars s'appelait Spider. Ce qui est fou, c'est que pendant cette tournée-là qu'on vient de faire ensemble avec mon père, on a eu la chance sur la route d'aller plus en profondeur dans l'histoire. Non seulement l'album était un aboutissement du rêve qu'on voulait faire, mais le fait de faire la tournée ensemble nous a permis de passer des moments forts. On est allés voir mon neveu, le fils de mon frère Jason, et mon père est allé chez lui faire du cheval. Ça continuait dans le thème de la famille.
Emilie Clepper : Mon père m'a parlé de Spider d'une façon dont il ne m'avait jamais parlé avant. J'ai compris que Spider était un personnage. Mon père chantait une chanson et Spider était assis, super sérieux. C'était un beau bonhomme avec une moustache, il devait ressembler à un grand gaillard qui a de la gueule. Après la toune, il a dit : « ça, c'est vraiment bon ». Mon père n'était pas encore très confiant dans son songwriting parce que c'était nouveau pour lui.
Emilie Clepper : Une autre histoire que j'ai sue pendant la tournée, c'est ce qui a fait en sorte que mon père est allé sur la route. Il était dans un bar où il y avait des légendes comme Townes Van Zandt. Mon père se tenait là, mais il était trop gêné pour parler à personne. Il voyait toutes ces légendes du songwriting et il écoutait ce qu'ils disaient. À un moment donné, il y en a un qui a dit : « tu ne peux pas écrire des bonnes tounes à moins d'être parti sur la route ». Mon père m'a regardé et il a dit : « c'est à ce moment-là que j'ai su ce qu'il fallait que je fasse ».
Emilie Clepper : C'est là que ça a commencé : acheter la vieille Dodge et s'en venir ici. Finalement, il a rencontré Spider dans le Vieux-Québec avec qui il est allé faire de la musique par la suite aux États-Unis. Ils sont restés amis. Spider, je ne sais plus il est où, mais Nick Goodspeed est encore au Québec.
Hugo Lachance : On continue avec « Netherlands ». Chapitre 14 : « Netherlands ». [Musique]
Emilie Clepper : « Netherlands », ça parle des Pays-Bas, mais ça parle aussi juste des histoires de vieux cowboys. On voit les images, on le sent. Je parlais du Conjunto tantôt, le mix avec le violon et l'accordéon. C'est un bel exemple d'inspiration Conjunto. Ça me fait penser à une toune de Lhasa de Sela sur The Living Road.
Hugo Lachance : Chapitre 15 : « Steal my car ». [Musique]
Hugo Lachance : Belle chanson ! Tu as un vidéoclip là-dessus par Johannes Mengi, un artiste visuel exceptionnel qu'on a au Québec, aux Îles-de-la-Madeleine. C'est grâce à mon ami Guillaume Blais que le contact s'est fait.
Hugo Lachance : Chapitre 16 : Message d'Arnaud, d'Annie et de Patrick Gauvin. J'ai fait quelques manipulations car on avait des amis en commun. Salut Émilie !
Amis (Arnaud, Annie, Patrick) : Salut Émilie ! On a décidé de participer au podcast en te faisant un petit message grâce à Hugo. On cherchait quoi dire parmi toutes ces aventures abracadabrantes et loufoques. On se remémorait ce moment à Paris quand on a escaladé la Tour Eiffel pour chanter au sommet avant de sauter en bungee, la guitare à la main ! Arnaud a eu peur, mais bon. Tu nous fais vivre des sentiments très puissants avec beaucoup d'adrénaline. On t'embrasse fort, on est contents de faire partie de ton entourage rapproché. Merci d'exister !
Emilie Clepper : Oh je les aime ! C'est bien drôle parce que c'est Annie Gauvin, que je connais bien parce qu'on a travaillé ensemble au Quai des Brumes pendant longtemps. Merci Annie, vraiment !
Emilie Clepper : « Steal my car », c'est l'histoire d'un gars qui s'appelait Wade qui était en rémission en prison. Un ami de mon père, qui était pasteur, lui a présenté Wade en disant qu'il s'améliorait. Ils sont devenus amis. Le gars essayait de se reprendre en main, mais à un moment donné, il a demandé s'il pouvait emprunter son char, une vieille Buick 1984. Mon père a dit oui, et finalement, il est parti avec le char.
Emilie Clepper : Après ça, il s'est mis à voler des trucs et il s'est fait arrêter parce qu'il a volé un semi-truck. Je pense qu'il est retourné en tôle. La leçon de l'histoire, selon mon père, c'est : quand ton ami sort de prison, ne lui prête pas ton char !
Hugo Lachance : Chapitre 17 : « Middle of everywhere ». [Musique]
Emilie Clepper : « Middle of everywhere ». Les paroles sont bonnes aussi, ça parle encore de Terlingua. Mon père aime expliquer l'histoire d'un gars qui s'appelait Steve. Steve était avec sa blonde et ils faisaient du pouce dans une place où il n'y avait vraiment pas de chars. Ça faisait une coupe d'heures qu'ils attendaient. La blonde commence à stresser et elle dit : « Steve, on est dans le milieu de nulle part ! ». Steve la regarde et dit : « Ben non chérie, on est dans le milieu de partout ! ». Mon père s'est dit que c'était clairement une toune.
Hugo Lachance : On continue avec Chapitre 18 : « Stardusted to death ». [Musique]
Emilie Clepper : Ça, c'est l'époque où mon père habitait à Lubbock, au Texas. C'est là d'où viennent Buddy Holly et certains des plus grands auteurs-compositeurs. On dit qu'il y a de la poussière magique là-bas, parce qu'il n'y a pas grand-chose d'autre. C'est très désertique, il n'y a pas de montagnes ni vraiment de gazon.
Emilie Clepper : La chanson raconte l'histoire de quelqu'un qui sort dans les bars le soir. Il y avait un bar qui s'appelait le Stardust et un autre le Winchester. Ce sont tous des bars qui ont existé à l'époque d'or de Lubbock. Le gars se réveille à la fin de la journée et il se dit qu'il va changer ses façons.
Hugo Lachance : Chapitre 19 : « High plains girl ». [Musique]
Emilie Clepper : C'est la seule chanson dont on a enregistré le vocal à nouveau en Louisiane. C'est un bon groove. La fille, c'est comme une femme forte. Dans la toune d'avant, c'est le gars qui dit qu'il va changer ses façons, mais là, c'est la fille qui est sur le party et rien ne peut l'arrêter. Elle décide de vivre sa vie à sa façon. C'est l'histoire d'une femme super forte qui vient d'un milieu difficile et qui fait ce qu'elle peut pour être une badass. Floydada, c'est une ville dans le même bout.
Hugo Lachance : La dernière chanson : « Nobody's song ». Chapitre 20 : « Nobody's song ». [Musique]
Emilie Clepper : Il y a une bonne histoire derrière ça. Mon père était dans un party avec Joey Lee et d'autres gars. C'était à l'époque où il était gêné, il commençait à écrire des chansons. Ils étaient tous dans une vanne, papa était assis dans le fond. Une fille assise sur les genoux de Joey a demandé : « c'est qui lui, assis dans le fond ? ». Joey a regardé mon père et a dit : « lui ? Ah, nobody ».
Emilie Clepper : Mon père admirait cet auteur-compositeur et ça l'a fâché. Mais une des meilleures tounes est sortie de là. Finalement, la chanson est devenue quelque chose de beaucoup plus grandiose que cette anecdote. Elle parle de la frontière texane-mexicaine, des gens qui traversent la rivière Rio Grande pour commencer une nouvelle vie mais qui peuvent se faire tirer ou arrêter. C'est l'histoire d'un gars qui meurt en traversant. Ses enfants sont les enfants de personne. On le considère comme personne, mais c'est un être humain comme tout le monde.
Hugo Lachance : J'adore faire le podcast pour ça, donner la chance aux artistes de parler de leurs chansons. On passe au segment Rafale. Top 3 de l'album ?
Emilie Clepper : J'aime beaucoup « Someplace like Heaven », « Steal my car » et « Nobody's song » à cause de la profondeur du sujet.
Hugo Lachance : Mon top 3 : « La valse à Gaëtan », « Pablo's mandoline » et « Streets of Québec ». Quelle chanson représente le mieux l'album ?
Emilie Clepper : « Pablo's mandoline », parce qu'il y a un côté storytelling qui donne le ton à tout l'album.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui te rend le plus heureuse dans cet album ?
Emilie Clepper : Le fait que ça va rester avec mon fils peu importe ce qui arrive. J'ai perdu mon frère à un jeune âge, on ne sait jamais ce que le futur nous réserve. Si jamais il m'arrivait quelque chose, ces chansons-là resteront avec mon fils.
Hugo Lachance : L'album est disponible sur le site de la tribu.ca en vinyle. Chapitre 21 : Message de Russell Clepper qui chante pour Emilie. [Musique]
Russell Clepper : Emilie, quand j'ai écrit ces mots-là, tu avais juste quelques jours, tu étais nouveau-née. J'avais aucune idée jusqu'à quel point tu allais chanter sur le vent et sur la neige dans les ruelles du Vieux-Québec, à partir du Texas de l'Ouest jusque sur les bords de la Genève en Suisse. Ça a été un voyage plein d'aventures, d'expériences, de deuil et de peine. À travers tout, tu es restée ma chanteuse, ma Rainbow Rider. Je t'aime énormément.
Emilie Clepper : Merci, je pleure depuis tantôt. C'est tellement beau cette relation père-fille que vous avez et ce que vous avez créé.
Hugo Lachance : Chapitre 22 : SEGMENT : Texas ou Québec ? Houston ou Québec ?
Emilie Clepper : Québec.
Hugo Lachance : Poutine ou Chicken fried steak ?
Emilie Clepper : Poutine.
Hugo Lachance : Southern hospitality ou l'hospitalité du Québec ?
Emilie Clepper : Southern hospitality.
Hugo Lachance : Beyoncé ou Céline ?
Emilie Clepper : Céline, mais j'aime la nouvelle toune de Beyoncé.
Hugo Lachance : Été texan ou hiver québécois ?
Emilie Clepper : Les deux, c'est assez extrême, mais l'été texan est un peu moins long.
Hugo Lachance : Chapitre 23 : Conclusion. Quel invité suggères-tu pour le podcast ?
Emilie Clepper : Joe Grass. Il est important et il parle bien français.
Hugo Lachance : Merci beaucoup Emilie, c'était vraiment cool. Merci au Knock-Out. On se retrouve pour un autre épisode de l'Album Podcast !