Transcription de l’épisode avec Martin Blackburn de Jesuslesfilles : L’heure idéale
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Hey, bonjour tout le monde ! Nous sommes le 24 mai 2024 dans Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Aujourd'hui, je suis très content parce que je reçois un invité que ça fait longtemps que je veux avoir au podcast.
Hugo Lachance : Aujourd'hui, l'épisode est une présentation de La salle des tortues, le studio où l'on se trouve en ce moment. C'est un studio à écran vert pour tous vos besoins de projets vidéo, que ce soit un vidéoclip, du corporatif, des sketchs d'humour, peu importe. C'est un magnifique studio tout équipé avec caméras et micros. C'est Véronique Lambert, la propriétaire, qui va vous accueillir avec plaisir. Vous pouvez facilement la trouver sur les réseaux sociaux. La salle des tortues commandite cet épisode en nous prêtant son studio.
Hugo Lachance : Avant de recevoir mon invité, j'invite tout le monde à s'abonner sur toutes les plateformes, à mettre des petites étoiles et à laisser des commentaires. C'est vraiment motivant. Je tiens à remercier tous ceux qui l'ont fait sur YouTube, Apple ou Spotify. Merci, c'est super encourageant. Vous pouvez aussi participer au podcast en m'écrivant; tentez votre chance, ça va me faire plaisir de vous répondre. Aujourd'hui, je reçois enfin Martin Blackburn de Jesuslesfilles. Bienvenue !
Martin Blackburn : Salut Hugo ! Je suis content que tu sois content de me recevoir. Je suis content d'être ici.
Hugo Lachance : Ça fait un bout qu'on se court après. On est ici aujourd'hui pour parler de votre album Jesuslesfilles : L’heure idéale. Avant, je vais te présenter, présenter le groupe et l'album, puis ensuite on ira une chanson après l'autre pour en discuter. Martin Blackburn, c'est un gars de où ça ?
Martin Blackburn : C'est un gars de Chicoutimi, ville Saguenay. Chicoutimi-Nord, Arvida. Je suis un gars d'Arvida.
Hugo Lachance : Moi aussi je suis un gars d'Arvida ! Quel quartier ?
Martin Blackburn : Saint-Philippe et Saint-Mathias.
Hugo Lachance : Moi j'étais du quartier Sainte-Thérèse. Je suis allé à Sainte-Thérèse pour le secondaire 1 et 2, puis après je suis parti à Saint-Honoré avant de m'en venir à Montréal. Je me doutais que tu étais du coin à cause de ton nom de famille. Des Blackburn, il y en a beaucoup au Saguenay. C'est un nom qui vient de l'armée de Monsieur Wolfe.
Hugo Lachance : C'est quoi ton album d'enfance, le plus jeune dont tu te rappelles ?
Martin Blackburn : J'en ai plein. Ça dépend de ce qu'on appelle l'enfance, mais le plus jeune possible, je me souviens d'un vinyle de Passe-Partout chez nous. Je me souviens aussi d'une chanson sur une cassette enregistrée : « I Want to Break Free » de Queen. Il n'y avait pas beaucoup de chansons disponibles autour de moi, et celle-là, je me souviens de l'avoir écoutée beaucoup. J'avais des frères plus vieux que moi de quatre ans, donc j'ai écouté beaucoup de choses à cause d'eux. J'avais accès à de la bonne musique quand même.
Martin Blackburn : Dans les années 80, je suis né en 1980, on a cinq ans de différence. En 1986, à six ans, tu es quand même éveillé. Il y avait MusiquePlus qui est apparu, MTV aussi. Honnêtement, les premiers vidéoclips d'Iron Maiden comme « Run to the Hills », Def Leppard... moi c'était Def Leppard « all the way ». Je voulais absolument que le chanteur meure pour pouvoir prendre sa place ! J'avais des jeans déchirés et tout. J'en ai entendu plein des groupes comme ça parce que mon père écoutait de la musique aussi : Madonna, Prince, George Michael.
Hugo Lachance : C'est drôle que tu parles de Def Leppard, parce que j'ai reçu les gars de Chuck qui ont environ ton âge et ils ont tripé sur Def Leppard aussi à cause de leurs grands frères. Le drapeau britannique était même affiché chez eux.
Martin Blackburn : J'habitais chez ma mère et j'allais chez mon père la fin de semaine. Mes frères étaient chez mon père. Je revenais tout le temps en demandant ce qu'il y avait de nouveau. Tout le monde m'haïssait à cause de ça parce que je revenais avec le drapeau derrière le dos la fin de semaine d'après.
Hugo Lachance : Quel serait ton album d'adolescence ?
Martin Blackburn : Mon adolescence a été marquée par les Ramones. Le premier album que j'ai acheté, c'était l'album jaune, un « Greatest Hits ». Je ne savais pas que c'était un « Greatest Hits », mais il y avait toutes les chansons en version studio. Les versions live que j'avais écoutées n'avaient rien à voir. C'était la première fois que j'entendais le son de l'album rouge, End of the Century, celui avec Phil Spector. C'était un son pop différent. Tout a découlé de là, tout le rock des années 90. J'ai eu un trip Nirvana à 14 ans, mais à 15 ou 16 ans, c'était les Misfits et tout ce qu'on trouvait dans cette niche-là.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents quand tu étais jeune ?
Martin Blackburn : Ma mère écoutait beaucoup ABBA. J'aime encore faire de longues promenades en voiture, comme traverser le parc des Laurentides. Ma mère écoutait ABBA, Ginette Reno et Sweet People. C'était très années 70. Mon père était un peu DJ; il aimait les classiques du rock des années 60 et 70, mais il aimait aussi la pop actuelle. Quand Madonna est sortie, Lionel Richie ou Phil Collins en solo, c'étaient des albums ultra pop. On écoutait aussi du Pink Floyd très fort dans l'auto parce que mon père ne savait probablement pas quoi me dire. Il blastait de la musique, c'était parfait.
Hugo Lachance : Ton premier instrument ?
Martin Blackburn : Mon premier instrument, je l'avais fabriqué en bois à la maternelle ou en première année. Mais ma première guitare, c'était au CLSC de Chicoutimi-Nord, à Saint-Luc. Je me suis piqué là pour la première fois ! Il y avait une petite guitare dans le fond alors que j'accompagnais ma sœur pour un vaccin. Je devais avoir 4 ou 5 ans. Je ne savais pas en jouer, mais je savais que je voulais toucher à cette chose. J'étais attiré par la guitare. Mais le premier instrument que j'ai possédé et que j'ai vraiment voulu, c'était un drum. J'ai joué du drum, puis après j'ai joué de la guitare.
Hugo Lachance : Ta première guitare, tu t'en souviens ?
Martin Blackburn : C'était une guitare acoustique à mon grand-père. J'en ai eu deux au début : l'acoustique de mon grand-père et une guitare classique appartenant à ma belle-mère.
Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?
Martin Blackburn : Probablement quand j'ai vu un vidéoclip de Def Leppard, « Pour Some Sugar on Me ». C'était au palmarès pendant 52 semaines, plus d'un an je pense. Il y avait ça, Bon Jovi, tous les bands des années 80, puis Metallica tout de suite après. En voyant ces vidéoclips, je savais que je voulais faire ça.
Hugo Lachance : Je te comprends, c'était beau les vidéoclips à cette époque. On était émerveillé par chaque nouveau clip, c'était un autre monde. L'année passée, j'ai reçu ici même Johnny Pilgrim (Jean Pèlerin). C'est un Québécois qui est parti travailler en cinéma aux États-Unis et il a réalisé des clips pour Def Leppard et la cassette vidéo de Metallica. La boucle est bouclée.
Hugo Lachance : On s'approche de Jesuslesfilles. J'ai fait des recherches dans les médias et je suis tombé sur un article de 2011 du site digboston.com. Le nom se prononce « Jesuslesfilles ». D'où vient ce nom de groupe particulier ?
Martin Blackburn : C'est assez simple. J'avais une chanson qui s'appelait « Je suis les filles », dans le sens d'être les filles. Sur un « setlist » pendant qu'on jammait, Benoît a lu le titre à l'envers : « Jesuslesfilles ». On cherchait un nom de band et on a tout de suite trouvé que c'était bon. Il n'y a pas de signification réelle, à part le fait que c'est beau à regarder et plaisant à dire. C'est intrigant, ça ne nous insultait pas quand les gens faisaient des mauvais jeux de mots.
Hugo Lachance : Je me suis basé sur la biographie que tu m'as envoyée, écrite par Benoît Poirier. On y devine bien sa plume; elle est pleine de personnalité. Présentement, Jesuslesfilles, c'est Martin Blackburn (guitare et voix), Yuki Berthiaume (clavier et voix, qui joue aussi dans Yoko), Guillaume Chiasson (guitare), Mélissa (guitare), Thomas Augustin (basse, anciennement de Malajube et Penny Diving) et Benoît Poirier au drum. Comment vous êtes-vous formés ?
Martin Blackburn : Les gens dans le band en ce moment ne sont pas ceux du début. Benoît est la seule personne encore là depuis la formation. Au départ, il y avait moi, Azure (la chanteuse), Pascal Savard à la basse et Mathieu Blackburn. C'est moi qui formais le band en demandant aux gens s'ils avaient envie de faire de la musique. J'avais une vision de quelque chose qui mélangeait la pop, le punk, le grunge et toutes sortes d'influences.
Martin Blackburn : Azure me semblait être la bonne personne; on jouait ensemble dans Les Vautours quand je suis arrivé à Montréal en 2000. Mathieu Blackburn est un musicien de Chicoutimi que je connaissais. Pascal Savard est un ami et on avait une bonne recette pour la créativité. On allait au local jammer la nuit et faire la fête. On est des enfants des années 80 et 90, donc on avait les mêmes références. Au départ, il y avait beaucoup d'amitié et de party. La drogue et l'alcool faisaient partie intégrante du processus de création au début, parce que c'est comme ça que j'avais perçu la musique des années 60 et 70. On prend ce qui est bon là-dedans, puis on laisse tomber quand ça n'amène plus rien de créatif.
Hugo Lachance : Tu parlais de vision. Ce sont des gens qui ont embarqué dans la tienne. Tu es le leader du band ?
Martin Blackburn : Ça a toujours été ça. Les gens qui ne sont plus dans le band sont partis de leur propre gré parce que ça ne fonctionnait plus pour eux. C'est ma façon de m'exprimer. Si je perds ce moyen-là, ça ne fonctionne plus dans mon système. Je fais en sorte de continuer avec les bonnes personnes.
Hugo Lachance : Vous vous êtes formés en 2008. À quoi ressemblait la scène locale à ce moment-là ?
Martin Blackburn : C'était une fusion incroyable. J'ai regardé les archives du GAMIQ 2008 : l'artiste de l'année était Karkwa, Malajube avait un succès international, Daniel Placard avait l'album folk de l'année, Gatineau l'album hip-hop. L'album punk était celui des Sainte Catherines et l'album rock était celui de Chocolat. C'étaient de grosses années. Chocolat et Jimmy Hunt ont toujours été une grosse influence pour moi. On salue Jimmy.
Hugo Lachance : L'objectif de mon podcast est de parler de la création. Ce qui m'intéresse, c'est le travail des artistes.
Martin Blackburn : Je suis assez ermite moi-même. Je n'aime pas nécessairement être entouré de beaucoup de monde ou me dévoiler. Je ne regarde jamais rien de ce que j'enregistre, ni mes vidéoclips, sauf s'ils sont beaux. Je n'aime pas me regarder, mais ça ne me dérange pas de faire l'entrevue.
Hugo Lachance : Je reviens à la biographie de Benoît Poirier. J'en ai isolé des bouts pour que tu les commentes. Ça dit : « Ça fait un bout que c'est sur la gose cette affaire-là, 13 ans cette année ».
Martin Blackburn : On a toujours roulé « sur une gosse ». C'est une expression qui veut dire qu'on n'a pas de budget, mais beaucoup d'intentions, une attitude punk et beaucoup de rock and roll à l'intérieur. C'est difficile de continuer après 13 ans, mais on aime ça. Ça fait partie de ma vie depuis 20 ans. Les pratiques chaque semaine, les fins de semaine de show, c'est fatigant. Plus tu as de budget, moins c'est fatigant parce que tu manges bien et les horaires sont clairs. On a goûté à ça un peu ces quatre ou cinq dernières années, mais sinon, c'était « drogue, rock and roll et le fun ».
Hugo Lachance : La bio mentionne aussi : « Dans Jesuslesfilles, il y a de quoi un confluent d'acharnement, de passion et de condamnation... un rock perméable mais enligné, suintant mais pas garoché, réfléchi dans l'urgence ».
Martin Blackburn : Benoît est capable d'expliquer avec ses mots ce que sont Jesuslesfilles. Ça résume bien le processus de création. C'est un état de fait. On a toujours fonctionné dans l'urgence parce qu'il fallait le faire. On essaie de suivre les horaires médiatiques pour sortir les albums au bon moment, gérer les subventions. Benoît est capable d'expliquer ce que je pense et ce que je fais. Moi, je n'ai pas besoin de l'expliquer, je le vis. Expliquer 15 ans de band avec des amis qui changent et des expériences personnelles, c'est complexe.
Hugo Lachance : Les dates importantes : 2008, formation du band. 2010, l'album Une belle table. C'est quoi ?
Martin Blackburn : C'est un album punk. C'est le premier album de Jesuslesfilles. On y retrouvait toute l'énergie du débutant et beaucoup de noirceur. On était tous colocataires, on se prenait pour des vedettes « underground ». On vivait ensemble, on mangeait ensemble, on échangeait l'argent et l'alcool.
Hugo Lachance : 2014, Le grain d'or, primé au GAMIQ comme album rock de l'année. Je pensais que c'était votre premier album ?
Martin Blackburn : Non, c'est le deuxième, et il a été fait dans la douleur. Il y a eu des changements de personnel et une nouvelle façon de faire les choses. Après le premier album en 2010 et les années de party intensif, on a eu besoin de se calmer un peu. Ça a permis d'aller chercher d'autres choses. Il y a des chansons sur cet album que je ne joue plus aujourd'hui. Il y en a pour tous les goûts.
Hugo Lachance : Moi j'ai découvert le groupe avec l'album Daniel en 2018. Il a été nommé album rock de l'année et vous avez été sacré artiste de l'année au GAMIQ.
Martin Blackburn : On était au GAMIQ en même temps, toi pour ton clip de WD-40 et nous pour l'album. On a gagné le prix du vidéoclip pour la chanson « Hôpital », réalisé par mon ami Jonathan.
Hugo Lachance : En 2021 est sorti l'album L’heure idéale sous l'étiquette Duprince.
Hugo Lachance : Chapitre 7 : Les tournées. Vos scènes incluent tout, elles vont d'Osheaga à Iceland Airwaves, jusqu'à une tournée française. Vous avez voyagé quand même pas mal !
Martin Blackburn : On l'a fait quand même, tu sais, ce n'est pas souvent, mais on l'a fait. Je ne suis pas quelqu'un qui aimerait ça faire la tournée de toute façon; ce n'est pas ma place préférée, je trouve ça épuisant, mais c'est le fun. Il y a quelque chose... moi ce que j'ai aimé le plus de la tournée, c'est justement la rigueur qu'il faut que tu aies pour être en tournée. Avoir vraiment des buts précis, c'est-à-dire faire un bon show le lendemain. J'étais honnêtement le premier couché. Moi, je m'étais trouvé du bon « hash » là-bas, puis après le show, m'en allais fumer un beau petit joint puis j'allais dormir pendant que les autres faisaient le party. Je ne voulais pas être « en lendemain » puis c'était ça. J'ai trouvé ça le fun vraiment de mettre ça en application pour finalement... j'ai bien plus de plaisir à donner un bon show puis être en forme plutôt que de fêter la veille puis ne pas être capable de jouer le lendemain.,
Hugo Lachance : Écoute, c'est un cauchemar là ! Justement, Benoît en parle dans la biographie, j'ai trouvé ça super intéressant : il y a des creux de période, mais il y a surtout le fun plus souvent qu'autrement à travers les achoppements. Chapitre 8 : La série d'anecdotes de la biographie. On y va avec des trucs, laisse-moi voir. L'emblématique pérennité du Peavey Bandit 112.,
Martin Blackburn : Écoute, ça c'est drôle parce que j'en ai trouvé un troisième hier dans mon garage ! Je fais le ménage de mon gear, je fais de la moto aussi, tu sais j'ai bien des intérêts dans la vie. La moto, j'en fais depuis six ans. Comme j'ai entreposé une coupe d'affaires dedans, j'ai trouvé un autre Peavey. J'en ai trois finalement ! C'est parce que honnêtement, j'ai toujours joué avec le même matériel tout le temps. Le son de Jesuslesfilles vient de ça. J'ai trouvé une bonne composition : ça a toujours été ma Gretsch. Honnêtement, je ne me souviens même plus du nom, mais c'est la Gretsch Electromatic orange, « hollow body » mais assez large. Avec un Bandit 112, mais celui-là, pas les autres, le « TransTube ». Il y a un 12 pouces dedans, il y a quelque chose de magique. J'en avais acheté un puis j'étais comme : « fuck, faut que j'en trouve un autre si celui-là me lâche ».,,
Martin Blackburn : J'en ai acheté un autre il y a plusieurs années de ça. Bon, ils commençaient à être fatigués, j'ai changé, j'ai pris l'électronique de l'un que j'ai mis avec le speaker de l'autre. J'en ai deux qui sont super. Puis j'en ai trouvé un troisième hier, imagine-toi ! Il y a le speaker encore. Je ne sais pas d'où il vient celui-là, je l'ai acheté c'est sûr. Ils sont tous fonctionnels. Ce ne sont pas des gros amplis, c'est juste qu'ils crachent beaucoup. Le son que tu retires de ça avec une Gretsch, c'est ça qui marche. Tu as un « hollow body », tu peux t'approcher de l'ampli puis avoir une distorsion naturelle. Mon gear, ça a toujours été ça : un accordeur, mon streamer, le Peavey et la guitare. Les albums ne sont pas enregistrés avec ça, mais en show, tu vas toujours avoir ça.,,
Hugo Lachance : Wouah ! Autre chose : des éclairs de génie en rollerblade.
Martin Blackburn : Ça, c'est Benoît Poirier qui a établi là un mème avant les mèmes : Benoît Poirier en rollerblade dans des petits shorts. Je lui ai demandé l'autre fois c'était quoi la situation qui a fait qu'il était comme ça; il faisait juste se promener je pense ! C'est Joe qui l'avait vu se promener. Il y a beaucoup de jokes « inside », comme on peut expliquer par ça, mais plein de monde en ont aussi.,
Hugo Lachance : Jouer au crib avant les shows ?
Martin Blackburn : C'est une pratique commune. Le moment où tu arrives au show, tu fais ton soundcheck, puis après ça tu n'as plus rien à faire avant 11 h le soir... ça, ça me tue ! Fait qu'on a joué au crib et c'est devenu une tradition cool.,
Hugo Lachance : Réussir à se rendre en Islande en se faisant faire un passeport « sur le fly » pendant l'escale ?
Martin Blackburn : Oui ! On s'en va faire un festival en Islande vers 2011 ou 2012. Benoît organise tout, Benoît est toujours tout organisé, c'est l'administration dans le band. Il organise tout, sauf qu'il a oublié de renouveler son propre passeport ! On était à Montréal, on avait une escale à Toronto. Benoît s'est organisé pour être capable d'aller, pendant l'escale, se faire faire un passeport. Il a réussi ! On l'applaudit.,
Hugo Lachance : Pisser sur des gens dans l'avion ?
Martin Blackburn : Ah ça, c'est moi qui ai pissé dans l'avion parce que j'avais pris des Ativan pour le trajet. J'ai vraiment peur de l'avion ! On a pris l'avion, j'ai pris l'Ativan et on a bu en même temps. On a du fun, on est l'un à côté de l'autre, on est bien ! Finalement, ça a fini de même.,
Hugo Lachance : Un pied défait par une chute de sac de cymbales ?
Martin Blackburn : Ah ouais, c'est Thomas ça ! On était dans un hôtel, je ne sais plus lequel, probablement en tournée à Québec. Un sac est tombé du rack sur le pied à Thomas. C'est l'histoire à Thomas qu'on aime beaucoup.
Hugo Lachance : Un show à béquilles ?
Martin Blackburn : On s'est toujours pété quelque chose dans les 15 années de Jésus ! Au début, j'étais obligé de remplacer au drum pour faire un show. Je jouais moi-même le drum en « one-man band ». J'avais commencé avec Pascal, on était deux, c'était juste moi au drum. Benoît se fend la gueule tout le temps, il saute, il va dans le bois, il se rentre une branche !,
Hugo Lachance : Pas dormir puis tourner à 8 h du matin à MusiquePlus ?
Martin Blackburn : C'était dans nos années folles. On incarnait ça, ça faisait partie du processus créatif. On n'avait pas le temps de dormir. On était allés voir une expo de Warhol plusieurs fois à Montréal. On passait notre journée là, puis on avait un tournage à MusiquePlus le lendemain matin. C'est une de ces nuits où tu te dis que ça va être correct, mais tu ne dors pas finalement. Tu arrives pour enregistrer une émission à 8 h le matin. C'était pour l'émission 1-2-3 point m. On est allés deux fois là-bas.,
Hugo Lachance : La baignade tout nu dans le fjord à 5 h du matin ?
Martin Blackburn : On a toujours des belles aventures le soir après nos shows. On a du monde le fun dans le band : Benoît Poirier, Yuki Berthiaume, Pascal Savard dans le temps, Thomas, Guillaume... ce sont toutes des personnalités attachantes. Il y a toujours quelque chose de drôle, on se rappelle de ces petits souvenirs comme si c'étaient des événements magiques. Faire de la musique et un show, c'est que tu donnes une performance et après, il se passe toujours quelque chose. C'est l'après qui est le fun; le show, tu ne peux jamais vraiment prévoir ce qui se passe. Surtout quand tu rencontres du monde. On a fait ça vraiment à fond avec Jesuslesfilles, on cherche la sève. On ne regrette rien, on est juste contents d'avoir « soaké » tout ce qu'on a pu.,,
Hugo Lachance : On poursuit avec le Chapitre 9 : SEGMENT : Présentation de l'album. Le titre : L'heure idéale. L'année : 2021. Étiquette : Duprince. Musique : Jesuslesfilles. Les textes, c'est toi qui les fais, sauf pour une chanson. Comment abordes-tu les textes chez Jesuslesfilles ?
Martin Blackburn : Ça dépend du concept qu'on s'est donné au départ. Pour faire une histoire courte : les textes, ce sont des images. C'est fait pour le monde qui a envie d'imaginer des trucs; ce n'est pas tout bouffé d'avance ni expliqué. Il y a des récits là-dedans, mais ce n'est pas forcément clair quand tu les lis. Mais il y a une clarté dans le ressenti. Ce n'est pas important que la personne comprenne exactement ce que je dis, mais plutôt qu'elle ressente quelque chose. Les images deviennent des mots et des mélodies. On ressent tous la même chose, il y a un éventail d'émotions auxquelles tout le monde se rattache. J'aime mieux faire vivre l'émotion qu'expliquer le détail.,,,
Hugo Lachance : Je trouve que tu l'expliques bien. Quand on lit les textes, on sent qu'il y a un récit par le biais d'images et de sons. C'est un langage. Musiciens : Martin Blackburn, Yuki Berthiaume, Guillaume Chiasson, Thomas Augustin... Thomas a joué beaucoup de clavier aussi.,
Martin Blackburn : Oui, puis il y a Mélissa aussi qui est rentrée pour les shows. Sur l'album : Benoît Poirier aux tambours, Thomas Augustin, Yuki et moi aux claviers. J'ai fait du tambourine aussi ! Des fois, il y a des choses que tu dois faire toi-même. Je ne suis pas un excellent tambouriniste, mais je sais où je veux que ça aille. Guitare additionnelle par Laurence-Anne sur « L.A. ». Violon par Emmanuel Éthier et violoncelle par Catherine Leignier sur « Trottoirs d'or ».,
Hugo Lachance : Réalisation : Emmanuel Éthier. Enregistrement par Samuel Gemme assisté de Studio G. Enregistrement additionnel par Thomas Augustin au Blue Studio. Mixage : Jean-Bruno Pinard et Emmanuel Éthier. Matriçage : Yan Saint-Amand. L'album a été subventionné. Période d'enregistrement ?,
Martin Blackburn : On l'a enregistré assez rapidement. On a été « rushés » parce que le label Duprince voulait sortir ça à l'été 2021 et non à l'automne. On a enregistré ça pendant la COVID, de l'automne 2020 au printemps 2021. L'album était fini de mixer juste une coupe de jours avant le lancement du premier single.
Hugo Lachance : Si je te demandais une phrase pour décrire le groupe à ce moment-là ? Chapitre 10 : L'enregistrement de l'album. Comment fonctionnez-vous quand vous « tapez » une toune ?
Martin Blackburn : On enregistre le drum et la basse en premier. Laisse-moi réfléchir... On ne faisait pas ça en live parce qu'il fallait qu'on soit sur le clic. Je faisais une « ghost guitare » arrangée sur le clic, puis on donnait ça à Benoît qui enregistrait le drum en premier. Après, on enregistrait le reste.,
Hugo Lachance : Comment vous sentiez-vous en studio ?
Martin Blackburn : C'est un album que j'ai composé beaucoup seul. C'est comme si j'avais mon propre band avant de l'amener au groupe. Je l'avais tout enregistré seul au local, au « Petit L ». C'est un clin d’œil parce que l'album aurait pu s'appeler de même. C'était la première fois que je composais le jour; il y avait quelque chose de plus ensoleillé. Je savais où je voulais aller, mais pas forcément comment. J'ai amené un album que tout le monde dans le band a trouvé bon. Je ne leur avais rien montré avant la maquette finale.,,
Martin Blackburn : J'ai passé des mois au local comme si j'allais au bureau. Après, je suis allé chez Tom et on a fait la maquette. Les autres ont joué des trucs par-dessus. Guillaume a fait ses guitares, et j'adorais tout ce que le monde amenait.,
Hugo Lachance : Une fois les tounes faites, donnes-tu de la latitude à tes musiciens ?
Martin Blackburn : S'ils sont meilleurs que moi, oui, je leur donne toute la latitude qu'ils veulent. Tout le monde est meilleur que moi, donc c'est correct !
Hugo Lachance : Stéphane Deslauriers, pour Le Canal Auditif le 18 juin 2021, écrit : « Jesuslesfilles nous plonge dans l'habituel garage rock psychédélique, mais on décèle des lueurs de pop punk et d'indie pop. Ce nouveau long-métrage est plus sobre mais tout aussi efficace, et ce n'est probablement pas étranger à la part d'Emmanuel Éthier. Les guitares sont plus soignées, moins saturées, mais par-dessus tout, c'est l'approche mélodique de Blackburn qui retient l'attention ». C'est quoi la part d'Emmanuel là-dedans ?,
Martin Blackburn : C'est le professionnalisme. Le produit final, mais aussi le processus. On a essayé quatre ou cinq caisses claires pour trouver la bonne. Au vocal, on a testé plusieurs microphones selon le ton. Emmanuel a amené une coche de plus. Il connaît Jesuslesfilles depuis longtemps. Une fois que j'avais donné les tounes à Manu, je n'avais plus grand-chose à dire parce que tout ce que je disais au-delà de ça, on ne parlait plus le même langage. L'artiste communique quelque chose, puis après, il faut laisser ça au professionnel. Je sais ce que je suis capable de faire, mais je sais aussi ce que je ne suis pas capable de faire. C'est pour ça que je joue avec du monde intelligent et talentueux.,,,
Hugo Lachance : Tu fais confiance à tes musiciens et à ton réalisateur.
Martin Blackburn : Oui, mais Benoît pourrait dire que je suis un peu « rough » des fois, surtout en pratique ! Je n'aime pas ça, pratiquer. Aller pratiquer dix fois avant un show, ça m'emmerde. Je la connais la toune. Je préfère jouer le show. C'est là que je suis moins agréable. Mais en studio, dans le processus créatif, je suis 100 % agréable.,
Hugo Lachance : C'est quoi le contexte d'écriture de cet album ?
Martin Blackburn : On avait fait trois albums avant ça, dans des époques différentes de ma vie : de mes 27 ans jusqu'à mes 40 ans. Il s'en est passé des trucs. Je trouvais ça important de réaliser qu'on avait évolué et qu'on avait survécu. J'étais reconnaissant. Mais en même temps, j'avais aussi du ressentiment. J'avais quelque chose à dire sur ce qu'on avait vécu et sur la direction qu'on voulait prendre. Chapitre 11 : Daniel et L'heure idéale. L'album utilise l'avatar de Jesuslesfilles : Daniel.,,
Hugo Lachance : Qui est Daniel ?
Martin Blackburn : Daniel, c'est le véhicule de Jesuslesfilles. Il apparaît dans plusieurs tounes, c'est lui qui explique les choses et vit les histoires. « Daniel West », tu comprends ? Jesuslesfilles « go West ». On s'en va à L.A., pas le vrai, mais il y a un clin d’œil au vrai parce que tout le monde veut y aller même si on sait que c'est de la merde. C'était ma réalisation : on sait tous qu'on veut réussir, mais quelles sont les limites ? On est Québécois, on fait du rock en français, faut être réalistes : on n'ira jamais à L.A.,,
Hugo Lachance : Est-ce que tu anticipais que ce serait le dernier album ?
Martin Blackburn : Non, ce n'est pas le dernier ! Je l'ai mis de côté un peu, mais ce n'est pas la fin de Jesuslesfilles. Il y a un autre album qui est en train de germer dans ma tête.
Hugo Lachance : Je suis content d'entendre ça ! Avant de passer au segment « Ils ont dit », Chapitre 12 : Message de Thierry Larose. Quelqu'un t'a laissé un message.
Thierry Larose : Salut Martin ! C'est Thierry. Juste un petit mot pour te redire à quel point je suis fan de votre disque L’heure idéale. La stretch « Cris », « Chariotte de cowboy » puis « Auditorium », c'est une de mes séquences de trois tounes préférées sur disque au monde. J'ai très hâte d'entendre « Cris » en spectacle, je sais que ça s'en vient. Hâte de te revoir, prends soin !
Martin Blackburn : Thierry Larose ! On est amis musicaux et on est devenus amis de moto maintenant. Il voulait s'acheter une moto et on s'est assis pour en parler. J'adore Thierry, c'est un excellent compositeur, super humble et gentil. C'est touchant ce qu'il dit. Quand tu travailles fort sur un album, tu essaies de laisser une petite trace et de toucher certaines personnes. Moi, je les prends les compliments, je n'ai pas l'humilité pour les refuser !,,,,
Hugo Lachance : Chapitre 13 : SEGMENT : Ils ont dit ! L'album a été vraiment bien reçu. Jacques Boivin pour ecoutedonc.ca écrit : « L’heure idéale nous fait passer un bon moment avec un groupe en pleine possession de ses moyens... l’œuvre la plus aboutie, réalisée avec brio par un gars qui connaît son rock garage psychédélique ».,
Martin Blackburn : C'est le fun d'avoir des bons commentaires. J'ai trouvé cet album-là le fun à faire et à composer. J'étais arrivé là où je voulais aller. Daniel s'était fait sans enregistrement préalable, on le jammait live au local et je prenais mon téléphone pour me souvenir des tounes. Il manquait une étape. Pour celui-là, j'ai tout enregistré sur mon ordi au local et la recette est bonne, donc je vais la garder.,,,
Hugo Lachance : On passe au Chapitre 14 : SEGMENT : Une chanson après l'autre. On commence avec Chapitre 15 : L.A. C'est ma toune préférée de l'album !,
Martin Blackburn : « L.A. » avec Laurence-Anne. J'avais composé la toune et j'ai demandé à Laurence de venir faire de la guitare et de composer son segment. Le premier et le deuxième couplet sont de moi, et elle a fait les deux derniers. J'ai vraiment aimé ses paroles, elle écrit tellement bien. C'est drôle parce que c'est la toune la plus « botchée ». Je l'ai faite au « Petit L » sur un mini clavier Casio. J'avais une mauvaise carte de son qui faisait distorsionner l'enregistrement, et j'aimais ça ! J'entendais les choses un peu distorsionnées puis j'imaginais le reste autour. Quand je pars sur une bonne idée, je vais jusqu'au bout, je ne laisse jamais une toune inachevée.,,,,
Hugo Lachance : Chapitre 16 : La pochette. On va la mettre là : un, deux, trois !
Martin Blackburn : Benoît fait toujours les pochettes, il a vu ce qu'on voulait. On a mis toutes les paroles autour. La photo au milieu, c'est Daniel... enfin, c'est moi en Daniel avec le chapeau de cowboy. Le chapeau appartient à Étienne Barry, il me l'avait prêté et il est encore chez nous, j'ai vraiment honte ! Ça s'en vient, Étienne, je suis désolé.,,
Hugo Lachance : Chapitre 17 : Doux doux. « Tu peins ici et là, on a quoi, le beau temps ? Une montagne ou un arbre en bas ? ».
Martin Blackburn : C'est l'art dans l'art, l'explication d'un processus créatif. À ce moment-là, j'écoutais beaucoup Bob Ross sur Netflix. Je trouvais ça apaisant. Tu te fais un petit joint puis tu écoutes Bob Ross. La façon qu'il fait les choses est zen : c'est réfléchi mais pas trop. On y ajoute un ami ! J'adore le gars parce que c'est spontané mais avec le but de créer un paysage. Chaque petit trait finit par former un tout. C'est ce que j'essayais de faire pour cet album. Parler de Bob Ross me rassurait dans mon processus. On a le droit de faire ça. En plus, il est mort du lupus, mais il continuait à faire ce qu'il aimait le plus. Les gens font souvent des lectures différentes de mes chansons, et j'adore en discuter avec eux.,,,,,,,
Hugo Lachance : Chapitre 18 : L'heure idéale. « Je l'ai cherchée en malade, on va la trouver, mais je serai pas là moi, je serai mort ».,
Martin Blackburn : C'est une ballade. L'influence principale, c'est John Lennon et les accords des Beatles. J'ai appris à jouer avec un livre des Beatles quand je suis arrivé à Montréal à 20 ans. Je jouais dans les parcs; j'ai toujours été un peu timide même si je parle beaucoup. C'était ma bulle. J'ai toujours aimé le mélange d'accords punk et folk. « L'heure idéale », ça parle du temps qui passe et de notre petitesse. C'est dur de l'anticiper, tu te rends compte que ta vie est peut-être déjà passée. C'est ton meilleur toi-même. Le titre est venu en jasant avec Benoît, j'ai trouvé que c'était un bon titre.,,,,,,
Hugo Lachance : Chapitre 19 : Cris. « Il se prend pour tout le monde et le sang de ses veines, il se montre cruel, il attend, les surveille ».
Martin Blackburn : La musique est venue en premier, je trouvais le riff vraiment le fun. Ça parle de meurtres en série, de True Crime. J'ai toujours aimé les films des frères Coen pour leur ton et leur cinématographie. Est-ce que j'aurais fait un bon tueur en série ? Non, j'ai trop de culpabilité ! Ce texte-là est plus littéral que les autres, il dit ce qu'il a à dire.,,,
Hugo Lachance : Chapitre 20 : Troisième semaine. « La misère avec nos abyssales, pas de chandail, pas de souliers ».,
Martin Blackburn : C'est probablement ma toune préférée de l'album. Ça parle vraiment de Jesuslesfilles. J'aime beaucoup le mot « soulier », je l'ai mis dans trois albums. Il y a quelque chose de le fun à chanter là-dedans, la façon dont les mots sont placés. Les gens la chantent en show et c'est tripant. Par contre, les tounes comme « Cris », « Chariotte de cowboy » et « Auditorium » sont difficiles à jouer en live, ça prend beaucoup de pratique et on pratique de moins en moins. J'aimerais bien les enligner dans un prochain set, mais ça va demander du travail.,,,
Hugo Lachance : Chapitre 21 : Chariotte de cowboy. « Elle est snob, mais elle aime les cowboys ».
Martin Blackburn : L'album est une histoire qu'on a construite. J'aimais beaucoup le western; pour moi, c'est un album western. C'est la conquête de l'Est vers l'Ouest. On veut se rendre là avec toute la misère du monde. C'est le voyage qui est important. Je suis resté figé sur le film des frères Coen, The Ballad of Buster Scruggs. J'ai aussi vu un documentaire sur la conquête de l'Ouest qui m'a fasciné. C'est tout simplement une histoire d'amour et de misère qui se passe pendant le voyage. Une « chariotte », c'est juste une façon de dire un chariot avec un cheval en avant !,,,,,,,
Hugo Lachance : Chapitre 22 : Auditorium. « Je t'attendais belle, moi puis mes fleurs, veux-tu venir ? Peut-être que les Bee Gees vont jouer ».
Martin Blackburn : Ça parle d'anxiété. J'ai découvert les Bee Gees par moi-même et j'ai vraiment trippé, j'ai l'impression que ce groupe-là m'appartient. J'écoutais aussi beaucoup de Billy Joel. La chanson raconte l'anxiété que tu peux vivre en sortant de chez toi. L'Auditorium, c'est un endroit où Billy Joel faisait des spectacles, mentionné par Elton John dans « Tiny Dancer ». C'est une chanson romantique où j'ai mélangé toutes mes références « yacht rock » de cette époque-là.,,,,
Hugo Lachance : Comment as-tu développé ta voix ? Elle est particulière.
Martin Blackburn : En écoutant les Bee Gees ! J'ai toujours aimé les voix un peu « pitchées ». Je n'ai pas la voix que je suis supposé avoir, je la casse tout le temps. Avant un show, il faut que je fasse des vocalises toute la journée pour être capable de la rendre. C'est une rigueur que je m'impose.,,
Hugo Lachance : Chapitre 23 : Antennes. « Des antennes m'ont manqué ».
Martin Blackburn : C'est nostalgique. C'est l'idée de retourner dans ton vieux village et de te sentir bizarre. Mon personnage est nostalgique de quelque chose qu'il a vécu et qui était tellement mieux que ce qu'il vit maintenant.,
Hugo Lachance : Chapitre 24 : Vingtièmmement. C'est la 19e chanson.,
Martin Blackburn : C'est une toune de plage, une toune surf avec de l'influence des Beach Boys. C'est une petite histoire comique. Le titre « Vingtièmmement », c'est parce que c'est la 20e chose que la personne demande; elle est très demandante ! C'est absurde, et j'adore l'absurde.,,,
Hugo Lachance : Chapitre 25 : Cinéma 2. On entend beaucoup Malajube là-dedans.
Martin Blackburn : Je suis un fan fini de Malajube, mais je déteste cette toune-là ! Il y a toujours une toune ou deux que tu n'aimes pas sur un album de 12 tounes. C'était une toune pour remplir l'album, il fallait qu'il soit assez long. Je suis partisan des albums courts, comme le dernier de WD-40 qui fait 30 minutes, mais avec le CD, il fallait remplir. Les artistes me disent souvent que ce qui a mal vieilli, ce sont les paroles, mais dans mon cas, rien n'est offensant.,,,,,,
Hugo Lachance : On termine avec Chapitre 26 : Trottoirs d'or. « Au revoir mes amis, je pars, je serai là quelque part ». C'est la fin de l'album concept.
Martin Blackburn : On a toujours un but, il y a beaucoup de merde entre les deux, mais ça nous amène quelque part. Je pensais vraiment que c'était fini Jesuslesfilles, finir avec « Trottoirs d'or » sans le savoir... Mais malheureusement Hugo, il y a un autre album qui s'en vient ! Ça finit bien, on ressent la solitude et la douleur. Il n'y a pas de leçon à retenir, c'est juste un état de fait.,,
Hugo Lachance : Chapitre 27 : SEGMENT : Rafales. Ton top 3 ?
Martin Blackburn : « L.A. », « Doux doux » et « Troisième semaine ».
Hugo Lachance : Mon top 3 : « L.A. », « Chariotte de cowboy » et « Doux doux ». Meilleure toune en concert ?,
Martin Blackburn : « Troisième semaine ».
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui te rend le plus fier ?
Martin Blackburn : D'être allé au bout de mon histoire et d'avoir « wrappé » mon concept.
Hugo Lachance : Des projets ?
Martin Blackburn : Un autre album, mais j'ai dit à mon label d'être patient. J'ai pris un petit hiatus, je me suis coupé de la musique et ça m'a fait du bien. Je travaille en télé comme preneur de son, c'est organique et ça me passionne autant que de faire des shows. J'étais à la fin d'un cycle avec le band.,,
Hugo Lachance : Chapitre 28 : SEGMENT : Le moment du défi ! Un invité ?
Martin Blackburn : Thierry Larose ! Tu vas le découvrir, c'est un très bon invité.
Hugo Lachance : Chapitre 29 : Conclusion. Merci Martin ! Abonnez-vous et on se retrouve pour un autre épisode de L'Album Podcast !,