Les Dales Hawerchuk : Les Dales Hawerchuk
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Les Dales Hawerchuck sur Instagram : https://www.instagram.com/lesdaleshawerchuk/
Pour donner le coup d'envoi à la grande saison 2 de L’Album Podcast, l'équipe s'est installée entre les consoles du mythique Planet Studios à Montréal. Autour du micro, l'animateur a réuni Sébastien Séguin et Pierre Fortin pour un voyage temporel vers l'année 2005, date de sortie de leur tout premier effort éponyme.
Enregistré le 18 avril 2024, cet épisode décortique une véritable décharge d'adrénaline. Réalisé de main de maître par Olivier Langevin, ce premier disque à l'énergie juvénile et débordante de testostérone a instantanément propulsé la formation du Saguenay–Lac-Saint-Jean au sommet de la scène rock underground et grand public du Québec.
[00:02:30] // Bientôt deux décennies dans le corps pour cet album fondateur
[00:21:33] // Segment hommage et souvenirs à la suite du décès de Karl Tremblay
[00:31:24] // L'anecdote légendaire derrière l'achat du « drum à 50$ »
[00:32:38] // La petite histoire du jour où ils ont contacté le VRAI Dale Hawerchuk
[00:36:14] // Quand le groupe s'invite dans les bureaux de Chantal Machabée à RDS
[00:44:23] // Pourquoi la chanson-titre Dales Hawerchuk a presque été écartée du disque
[00:45:12] // Les coulisses des sessions de studio avec Olivier Langevin et Pierre Girard
[00:47:34] // Le vertige d'un succès commercial et critique instantané
[00:54:02] // Le message surprise et le clin d'œil d'Olivier Langevin
[01:11:18] // L'anecdote insolite et grinçante intitulée « Des bébés »
[01:14:48] // Les coulisses de la fois où Sylvain s'est pris un coup de guitare en pleine face
[01:33:01] // Souvenirs de tournée et la dérapage amical avec l'animateur Babu
Le choix de leur nom de guerre ne doit absolument rien au hasard. C’est au cours d’un tournoi de hockey amical à Saint-Félicien que l’étincelle jaillit. Charlie Fortin (le fils de Fred Fortin) s'amusait à distribuer des cartes de collection aux gens de l'entourage en leur collant l'identité du joueur cartonné. Sylvain Séguin a hérité de la carte de Dale Hawerchuk, la légendaire vedette des Jets de Winnipeg. L’idée a fait son chemin dans l'esprit des musiciens, qui y ont décelé l'esprit parfait d'une ambiance de « chambre de hockey ».
Lancé le 22 août 2005 sous la bannière de C4 Productions, l'album s'est écoulé à plus de 10 000 exemplaires, récoltant des nominations de choix à l'ADISQ et au GAMIQ l'année suivante. Le quatuor d'élite — composé de Sylvain Séguin (voix, guitare), Sébastien Séguin (voix, guitare), Pierre Fortin (batterie) et Martin Bergeron (basse) — a d'ailleurs reçu la bénédiction écrite du véritable Dale Hawerchuk, ravi de la démarche respectueuse des musiciens.
« On voulait une passe su' la palette, un son brut qui claque comme un lancer frappé. »
L'entretien permet de revisiter les morceaux qui font sauter les foules dans les festivals de la province depuis vingt ans :
Dale Hawerchuk : L'hymne officiel de la formation, comparant la ferveur brute de leurs spectacles à l'intensité d'un match de séries éliminatoires.
J’monte au lac : Une véritable ode aux paysages magnifiques du Saguenay–Lac-Saint-Jean et un cri de ralliement pour la fierté régionale.
Crocodile : Un titre dédié au coloré « Crocodile » Fortin, saluant sa persévérance à travers un clin d’œil humoristique au trophée Bill Masterton de la LNH.
Mais où est donc Carnior? : Une pièce lourde, mystérieuse et abrasive qui flirte ouvertement avec les structures du hard rock traditionnel.
L'épisode s'attarde aussi sur le parcours impressionnant du batteur Pierre Fortin. Au-delà de sa frappe chirurgicale chez les Dales, le musicien est devenu un pivot rythmique incontournable pour des monuments de la chanson d'ici, s'installant derrière les cymbales de Galaxie dès 2011 et des Cowboys Fringants à partir de 2015. Il s'est même offert une escapade épurée en solo avec le projet folk-planant Mécaniques d’hiver en 2012, de même qu'une collaboration majeure sur l'album Tu m'intimides de Mara Tremblay.
Pour la séquence finale du clip, le réalisateur Louis-Philippe Daviau avait demandé aux membres du groupe de simuler une mêlée générale et une bagarre classique de fin de match. Emporté par l'adrénaline et le feu de l'action, Sébastien Séguin a accidentellement assommé son propre frère, Sylvain, en lui balançant sa guitare en plein visage. Le sang que l'on voit perler à l'écran dans la version finale est donc du vrai sang. Le réalisateur a immédiatement ordonné de couper le tournage après l'impact, jugeant que le clip venait d'atteindre son point de rupture idéal.
En 2005, le raz-de-marée de l'émission de téléréalité Star Académie saturait l'espace public, une omniprésence que les frères Séguin percevaient comme une dérive majeure de la convergence médiatique. Agacés par le concept de filmer des artistes 24 heures sur 24, ils ont composé ce titre cynique pour démontrer qu'une exposition médiatique agressive et continue pouvait réussir l'exploit de rendre n'importe quel objet inanimé — même une vulgaire roche — immensément populaire auprès des masses.
Ce titre de noblesse de studio lui a été attribué spontanément par les membres de la formation pendant les sessions d'enregistrement. Pour ces gars du Lac, Olivier agissait comme un véritable chaman musical, détenant le recul technique, l'oreille absolue et l'expérience de l'industrie. Dès qu'il franchissait la porte de la régie pour modifier un arrangement ou couper dans le gras d'une chanson, les musiciens répétaient en souriant : « Le Connaisseur connaît », appliquant ses directives sans jamais sourciller.
Pour restituer l'électricité « trash » et la puissance scénique qui faisaient la réputation du groupe, Olivier Langevin a banni les fioritures numériques. L'album a été enregistré presque entièrement live en l'espace de trois ou quatre jours intensifs. Très exigeant sur l'intention vocale, le réalisateur a forcé Sébastien Séguin à hurler ses lignes de texte jusqu'à 15 fois par pièce afin de s'assurer que l'intensité ne fléchisse jamais, accouchant d'un résultat d'une rare authenticité.
Le morceau s'est matérialisé de façon purement improvisée à la fin d'une répétition routinière au local de pratique. Pierre Fortin a commencé à marteler un rythme de batterie syncopé et singulier, ce qui a instantanément allumé une étincelle chez ses comparses. Sylvain Séguin est reparti chez lui, sur la rue De Lorimier, avec cette cellule rythmique en tête : il s'est assis à sa table et a accouché de l'intégralité des paroles en l'espace de dix minutes à peine.
Sources et revues de presse d'époque :
Chronique de Philippe Papineau, Le Devoir, 23 février 2012.
Critique de Marie-Hélène Poitras, Voir, 27 octobre 2005.
Analyse de Patrick Ouellet, Voir, 7 septembre 2005.
Reportage de Richard Labbé, La Presse, 3 septembre 2005.
Contenu issu de l'épisode du 18 avril 2024 de L'Album Podcast au Planet Studios.
Transcription intégrale de l’épisode avec Les Dales Hawerchuk : Éponyme