Transcription de l’épisode avec Les Dales Hawerchuk : Éponyme
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Bonjour à tous ! Bienvenue à ce premier épisode de la saison 2 de L’Album Podcast. Aujourd'hui, on commence en force avec des beaux garçons que j'ai invités. On se voit de l’autre côté du thème, bienvenue tout le monde ! Je suis vraiment content de vous recevoir pour cette deuxième saison. Avant de commencer avec les gars, je tiens à vous inciter à venir vous abonner sur les réseaux sociaux et sur les plateformes. Laissez-moi un message ou mettez-moi des étoiles sur iTunes et Spotify; c'est toujours bienvenu et ça encourage et motive beaucoup à continuer.
Hugo Lachance : À quoi s'attendre pour la saison 2 ? Une panoplie d'invités. C'est déjà le quatrième enregistrement que je fais, mais avec mes invités, ce sera le premier de la saison. Je mets au défi tout le monde de s'abonner; je demande à tous les musiciens de s'abonner, comme ça, ça va être vraiment trippant. On est au studio Planet à Montréal, le studio d'Olivier Langevin. Je revois les gars : oui monsieur, bonjour Pierre Fortin et Sébastien Séguin lui-même. Bienvenue ! On commence ça, les gars; on va passer évidemment à travers votre premier album, Les Dales Hawerchuk. L'objectif, c'est vraiment ce qui m'intéresse : connaître la création, comment vous êtes arrivés à faire un album comme celui-là, parce que c'est un album qui a eu beaucoup d'impact.
Sébastien Séguin : Ça c'est clair, oui !
Hugo Lachance : Je vous ai écrit un petit quelque chose pour commencer la saison avec Les Dales Hawerchuk, un album qui a fessé fort en 2005. Une année recrue dans les ligues majeures pour ces choix de première ronde du rock janois avec un album juvénile — on va parler des textes tantôt — débordant de testostérone qui allait mettre au jour de talentueux musiciens avec une offrande puissante qui vous effoire dans la bande, tel un Zdeno Chára contre Max Pacioretty un certain soir de mars 2011.
Sébastien Séguin : Oh, ça me fait peur ça ! C'est pas pire quand même.
Pierre Fortin : Oui, c'est bien bon. On voit que c'est ta deuxième saison. Il y a beaucoup d'amélioration d'avoir attendu un peu. Je pense qu’il fallait attendre au moins une saison pour avoir un beau demain.
Hugo Lachance : Ah ouais, c'est sûr. Donc, les gars, bientôt 20 ans pour l’album. Avez-vous des projets pour célébrer cette affaire-là ou vous allez faire comme nous autres, WD-40, et ne rien faire ?
Sébastien Séguin : Écoute, l'idée n'est pas mauvaise de ne rien faire, je vais te le dire. Non, mais c'est drôle parce que justement, on vient de croiser — c'est le studio à Pierre Girard aussi ici — et on est en train de checker justement pour peut-être faire un genre de version anniversaire du premier disque. C'est dans l'air, on va voir.
Hugo Lachance : C'est très cool parce qu’au moment où je suis arrivé, Pierre Girard, qui est juste là, était en train de chercher les bandes maîtresses de l'album. Il faut comprendre, pour les musiciens surtout qui savent, que dans ce temps-là on ne travaillait pas sur Pro Tools, c'était tout en Digital Performer, qui était l'ancien système d'enregistrement avant que Pro Tools ne devienne universel. Là, il fallait trouver il est où le disque parce que c'est dans un drive quelque part. Il était encodé parce qu'on l'a mis sur tape dans le temps; on a fait un mastering sur tape au feu studio Victor, dans le studio B, même au sous-sol. Je checke Girard, mais dans le fond il ne m'entend pas pour me répondre. C'est là que tu vois qu'on a vieilli de 20 ans. C'est un super bon hasard parce que c'est cool de vous entendre avec des voix un peu juvéniles, on va y revenir tantôt. Êtes-vous encore étonnés du succès ? Parce que ça a marché fort quand même cet album-là.
Sébastien Séguin : Oui, mais en même temps, il n'y a rien d'acquis. J'ai l'impression qu'à chaque album, nous autres on essaie de faire le mieux possible pour garder une petite place dans l'échiquier, de pouvoir faire nos shows et de pouvoir se promener un peu. C'est surtout ça qui drive à travers ça. C'est sûr que le fait qu'il y a du monde qui nous suit après tout ce temps-là, c'est vraiment le fun. Avec le temps, on s'est vraiment forgé une belle réputation, j'ai l'impression, mais c'est sûr que ça reste l'album le plus identitaire et marquant. Je pense qu'il y avait un côté timing; si on se souvient bien, c'était l'année où il n'y avait pas de hockey.
Pierre Fortin : Ah ok !
Sébastien Séguin : Le fait qu'on prenne un nom de joueur de hockey et que ça sorte une année qu'il n'y a pas de hockey, il y avait tout ça. On a réussi à s'infiltrer un peu dans les radios qui étaient plus commerciales avec du rock and roll en français, même avec des tounes extrêmement trash sur l'album. La toune « Dale’s Truck », c'est une affaire, mais quand tu écoutes les paroles, on parle de se dater et de « fesser »; c'est une autre époque aussi.
Pierre Fortin : C'est une autre époque, oui, mais il n'y a rien de méchant. C’est une ode aux femmes, aux belles femmes. Mais oui, ça me surprend qu'à travers le temps on nous parle encore de ça. Le monde vient nous voir en show et demande si on va faire un vinyle de l’album; il y a des disquaires qui nous écrivent pour nous dire que les gars se le font demander. Ça serait cool que vous le fassiez.
Hugo Lachance : Ça arrive avec ma prochaine question, qui est une question vraiment chiante à répondre pour vous : est-ce que vous considérez que cet album-là est un classique ?
Sébastien Séguin : Pour nous autres personnellement, c'est ce qui nous a fait connaître, donc il y a beaucoup d'importance à ce niveau-là. Pour le fait de savoir si c'est un classique, ce n'est pas à nous autres de décider. On l'a fait sans compromis de manière vraiment positive et c'était super le fun dans cette période-là, c'était juste merveilleux.
Pierre Fortin : « Classique », le mot est peut-être un peu fort pour moi, mais si ça a pu influencer d'autres bands, c'est plus là que je dirais qu'on a ouvert des portes. Si on a pu faire naître des bands qui ont vu les gars du Lac qui sont en joual, qui bûchent, mais qui sont à la télé et à la radio, c'est ça le but. Si ça a pu donner à des flots le goût de s'acheter une guitare, de mettre ça dans le tapis et d'écrire avec notre joual de Janois, c'est réussi.
Hugo Lachance : C’est une excellente réponse sous forme d'impact. L'impact, c'est vrai, c'est le mot fort, mais c'est quand même un album qui a marqué les esprits; ça a marché fort et on est rentrés fort. J'aime gros débuter les entrevues individuellement. Sébastien, tu es un petit gars de où, toi ?
Sébastien Séguin : Un petit gars de Roberval au Lac-Saint-Jean. Écoute, Roberval, Saint-Jean, 43 ans. Un vrai gars du Lac.
Hugo Lachance : C'est quoi ton album d'enfance ? Le plus loin dont tu te souviennes.
Sébastien Séguin : Ce serait sûrement de la musique de mes parents, ma mère... non, on va y revenir. Personnellement, c'est « Evil Empire » de Rage Against The Machine qui a eu un gros impact pour moi. Mais d'enfance, je dirais le premier de Flipper parce que mes grands frères écoutaient ça à côté de moi et j'aimais ça, c'était de bons moments. On sentait qu'on prenait des forces en écoutant ça. Je pense que c'est le premier album, « Animal », en tout cas c'était dans ces eaux-là.
Hugo Lachance : Et d'adolescence ?
Sébastien Séguin : Ça serait peut-être Rage avec « Evil Empire » certainement, qui a eu de gros impacts par rapport à la musique rock québécoise. Ils amenaient ça en français ou en anglais et ça m'a fait découvrir qu'on pouvait faire du rock de manière vraiment le fun.
Hugo Lachance : Et ton album de famille ? Qu’est-ce qui jouait dans le char de tes parents ?
Sébastien Séguin : On écoutait beaucoup de Patrick Normand et de Richard Desjardins.
Hugo Lachance : Pierre, un petit gars de où ?
Pierre Fortin : Roberval aussi. Nous autres, on se connaît — il faut que le monde le sache — ça fait 36 ans qu'on se connaît. C'est un vieux pote; on s'est connus quand on avait 7 ou 8 ans et on jouait au hockey ensemble. Moi j'étais le gardien et lui était un attaquant de puissance; une fois, il a scoré huit buts dans une game. Il était bon, il avait le compas dans l'œil et la vitesse des mains. Je pense que les deux, on a vécu sensiblement beaucoup de similarités dans l'enfance. On avait deux frères, dont Sylvain qui est dans les Dales en fait. Je l'ai connu à cause de mon frère. C’est lui le moins beau des deux, celui qui porte le débardeur, on le salue.
Pierre Fortin : Nos deux grands frères écoutaient pas mal les mêmes affaires, donc on était clairement influencés. Je me souviens d'une anecdote le fun avec la maison Columbia où l'on avait des disques gratuits en commandant des albums qu'on ne payait jamais. Mon frère m'avait fait choisir et j'avais pris Slayer alors que j'étais vraiment vraiment jeune; mon frère était mort de rire. C'était à la fin des années 80. Il savait que mes parents allaient capoter et quand ma mère a commencé à entendre ça, elle me l'a confisqué en disant que je n'écoutais pas du Slayer parce que c'était bien trop trash. C’est un album d'enfance où j'ai capoté. Sinon, évidemment, les BB; je me souviens quand un ami m'avait prêté « Snob ». Je m'installe dans le gros fauteuil de mon père, je mets les écouteurs, ça commence avec la petite guitare acoustique et quand ça a décollé, je me rappelle avoir eu peur dans le divan. C’était marquant.
Hugo Lachance : Je te comprends. Et ton album d'adolescence ?
Pierre Fortin : C’est clairement du Nirvana. Ça m'a complètement perforé; je capote encore quand je remets des disques comme « Nevermind ». J'avais environ 10 ou 11 ans quand c'est sorti. Les clips de tout l'album étaient incroyables. Pour moi, c'était la plus belle époque, incluant « In Utero » par la suite. Quel mélodiste, c'est incroyable ! Ça me donne des frissons. J’étais un gros fan de Dave Grohl déjà, sans savoir qu'il allait traverser les époques comme ça, mais c'est ce qui me donnait le goût de jouer. C’est pour ça que j’en parle : si tu vas voir un band et que ça te donne le goût de jouer et de quitter le show pour aller pratiquer, c'est réussi.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ?
Pierre Fortin : La musique familiale, c'était beaucoup Elton John, « Goodbye Yellow Brick Road » jouait beaucoup parce que mon père est un grand fan. Et « Soldat Louis » quand on arrivait dans le chemin pour aller au chalet; ça finissait que j'étais assis sur lui et c'est moi qui chauffais sur ses genoux, je devais avoir 7 ans.
Hugo Lachance : Ton premier instrument de musique ?
Sébastien Séguin : C'est une guitare, celle que j'ai en ce moment. C’était la guitare acoustique de mon père, une Tama. Ils ont fait des guitares pendant un an ou deux dans les années 70, mais ça n'a pas marché parce qu'elles étaient trop chères à produire. C'étaient supposément des copies de Martin et ce sont de très bonnes guitares. Mon père l'avait échangée contre une corde de bois et il me l'a donnée; c’est là-dessus que j'ai appris.
Pierre Fortin : Moi, c'est un drum Sears que mes parents m'avaient acheté avec l'aide de ma famille. C'était quand même cher et ma mère était bien égalitaire sur le prix des cadeaux, donc mon frère et ma sœur avaient cotisé pour que j'aie un drum. Je capotais, c'est un beau souvenir. Je « tressais » sur des chaudrons avant ça et mon frère, qui jouait de la guitare, avait dit qu'il me fallait un drum. La première toune que j'ai jouée dessus, c'est du Vilain Pingouin.
Hugo Lachance : Pierre, tu as un parcours impressionnant : batteur pour les Frères Cheminaud, Galaxie, les Cowboy Fringants... et tu as aussi été chanteur ?
Pierre Fortin : J'ai commencé ma carrière musicale en tant que chanteur, oui. Je jouais de la guitare et je chantais. J'ai été dans Galaxie depuis 2011, et même avant ça, vers 2007 ou 2008. Ça fait 9 ans que je suis avec les Cowboy Fringants. J'ai joué aussi de façon magistrale sur l'album « Tu m’intimides ». C'était une grosse performance et un défi corporel parce qu'il n'y avait pas de cymbales sur cet album. Je disais souvent à Olivier que c'était tough que ça groove parce qu'il y avait tellement de temps dans ma tête, alors je m'étais patenté une mousse sur mon genou avec du tape pour remplacer la hi-hat ou la ride afin de marquer le temps. C’est un drum qui a été pensé de façon musicale et mélodique, un peu comme ce que fait Dave Grohl.
Hugo Lachance : Pierre, tu as aussi fait un album solo qui s'appelle « Mécaniques d’hiver ». Philippe Papineau du Devoir écrivait que tu y laissais de côté tes tambours fracassants pour des ambiances plus sombres et introspectives.
Pierre Fortin : J'avais accumulé des affaires. Même si dans les Dales, c'est Sébastien qui arrive avec ses riffs et ses tounes et que tout le monde apporte son ajout, tu restes au service d'un riff. Je trouvais ça le fun d'être dans ma bulle et de sortir ce que j'avais tapé dans ma chambre. Le rock, pour moi, c'est le défoulement extrême, mais j'aime faire plein d'affaires. J'ai presque tout fait tout seul sur cet album; Olivier m'a aidé pour finir, mais j'ai enregistré beaucoup de trucs dans ma chambre quand j'étais en coloc avec Pierre Girard qui m'avait passé des micros. C'est pour ça que je ne chante pas fort, j'étais assis sur mon lit avec un micro.
Hugo Lachance : Je ne peux pas passer à côté de ce que tu as vécu avec le décès de Karl Tremblay. Ça fait 9 ans que tu es le batteur des Cowboy Fringants, ce qui est comme 18 ans avec un autre band parce qu'ils jouent nonstop et produisent beaucoup. Ils ont des fans partout dans la francophonie, en Belgique, en Suisse; c'est très intense et opaque à l'interne. Comment as-tu vécu son décès dans cette famille ?
Pierre Fortin : À l'interne, ça a été de la grosse souffrance, de grosses cicatrices. C'est un deuil qui va être long. De voir un chum souffrir de la maladie, ça me change beaucoup pour le futur, mon rapport avec mes chums et le fait qu'on capote sur des détails dans la vie. C'est drôle que ça prenne des fatalités de même, comme la mort d'un ami, pour s'en rendre compte. Tout le monde prend soin l'un de l'autre et ça va de mieux en mieux. Karl était un chum avant tout, un ami proche, et il restait d'une humilité sans nom; c'est une grosse perte. Les Cowboy étaient des gentlemen; ils nous avaient invités avec les Dales à jouer au Métropolis deux fois et à la Traversée du lac.
Hugo Lachance : Sébastien, à part les Dales, as-tu d'autres projets ?
Sébastien Séguin : Non, je me concentre à 100 % sur les Dales. J'aime faire des tounes et j'amène mes idées au moulin; je suis un peu chanceux de pouvoir passer mes affaires là-dedans. Le processus est naturel; quand Pierre avait de la disponibilité, on se synchronisait pour monter des tounes. Avec les enfants et la vie, c'est parfois plus laborieux de se voir, mais les tounes s'accumulent et on commence un album quand on a plein de stock. On a un nouvel album en chantier en ce moment.
Hugo Lachance : On s'approche des albums : « Les Dales Hawerchuk » en 2005, « Les Dales Hawerchuk 2 » en 2008, « Le tour du chapeau » en 2011 et « Désavantage numérique » en 2016. Vous avez aussi sorti le single « Direct dans le mille » en 2019. La dernière affaire sortie, c'était avec les Saguenéens où l'on a joué sur un trailer de pickup sur la glace du centre Georges-Vézina; c'était merveilleux pour le match inaugural.
Hugo Lachance : Selon Wikipédia, l'idée du nom du groupe est venue en juin 2005 alors que vous étiez avec Fred Fortin et Olivier Langevin. Le fils de Fred, Charlie, distribuait des cartes de hockey et en a donné une de Dale Hawerchuk à Sylvain. Racontez-moi la genèse.
Sébastien Séguin : Les gars faisaient des tournois d'hockey dans ce temps-là et Sylvain était à Saint-Félicien. Charlie distribuait des cartes en disant : « Toi aujourd'hui, tu es tel joueur ». Sylvain est tombé sur Dale et c'est resté. On cherchait un nom de band et on a trouvé ça drôle; c'est devenu naturel. On a pris un créneau qui nous ressemble, car il y a beaucoup de similitudes entre une chambre d'hockey et un local de rock and roll. En tournée, on va à la guerre, on se confie et on se ramasse dans un truc comme dans une chambre d'hockey. Je finis aussi brûlé après un show qu'après une game, c'est la même poussée d'adrénaline pour faire un beau but. On est une chambre de boys parce qu'on est quatre gars, mais on commence à parler de notre pression, on est rendus vieux !
Pierre Fortin : Ce qui est drôle, c'est que moi et Sylvain, on se connaissait à la polyvalente, mais on n'avait jamais joué ensemble. On se respectait, mais on était plus des potes d'hockey. Je l'avais perdu de vue et un jour, je vais voir Galaxie en show et je le vois sur le stage à Montréal. On s'est dit qu'il fallait faire un band. Pour notre première répète, on a acheté un drum à 50 piastres parce que j'avais vendu le mien pour aller au Mexique. Sébastien et Sylvain savaient que j'étais un batteur de fou à la polyvalente et ils m'ont convaincu de revenir au drum. Le drum à 50 piastres était détruit après une répète, j'ai dû le jeter. Pendant qu'on faisait le premier disque, j'empruntais un drum car je n'en avais pas.
Hugo Lachance : En octobre 2005, le journaliste du National Post a joint le vrai Dale Hawerchuk pour lui parler du groupe. Sébastien, il a dit quoi ?
Sébastien Séguin : Il a dit : « Tant que vous ne vous moquez pas de moi, c'est correct ». On lui a envoyé les vidéos et une lettre pour lui expliquer qu'on n'était pas des néo-nazis ou une secte autour de lui. Il a été super classe. Il aurait pu dire « no way », mais on lui a fait savoir qu'on ne riait pas de lui. Ça nous a apporté une exposition insoupçonnée dans le Canada anglais. Dale était un peu dans l'ombre de Wayne Gretzky, il était sous le radar malgré ses points.
Hugo Lachance : Mon frère a aussi eu une entrevue épique avec Chantal Machabée à RDS.
Sébastien Séguin : On a bien ri parce qu'on ne voulait pas se faire maquiller, même si la télé était devenue HD. On ne voulait pas faire les coqs, on a dit qu'on n'en avait pas besoin, puis on est allés prendre une bière au Normand. Quand on a vu l'entrevue à la télé, on s'est dit qu'on aurait dû se faire maquiller, on avait l'air de de mal en pis. Le titre de notre troisième album, « Pas très bon HD », vient directement de cette entrevue avec Chantal Machabée.
Hugo Lachance : Chapitre 13 : SEGMENT : Présentation de l'album. Le 22 août 2005, c'est ça la date de la sortie ? Ben, c'est sûr que j'ai fait des recherches; le 22 août, ça doit être ça, oui, chez C4.
Pierre Fortin : Bien sûr, oui, oui.
Hugo Lachance : Réalisation : Olivier Langevin, oui. Musiciens : Sylvain Séguin à la voix et à la guitare, Sébastien Séguin à la voix et à la guitare, Pierre Fortin à la batterie, à la tambourine et à beaucoup d'autres choses.
Sébastien Séguin : Martin Bergeron à la basse.
Pierre Fortin : Ah ouais, Olivier Langevin au synthétiseur sur « En déshabillé » et à la guitare sur « Ils nous font des bombes ». Le King du triple swing, puis Charles Papasoff.
Hugo Lachance : Oui, ah, il joue de la guitare sur « Crocodile » ? Ah ben, c'est bon, je ne m'en souvenais pas !
Pierre Fortin : Ben non, oui, oui, là ça me rappelle ! Puis au final, c'est lui notre bassiste à cette heure, il se prépare.
Hugo Lachance : OK, je comprends. Bon, paroles : Sébastien Séguin, Sylvain Séguin puis Pierre Fortin, oui ? Écoute, j'ai quelques mots là.
Sébastien Séguin : Écoute, il s'est fait différemment parce que c'est le premier disque. On était vraiment toujours... on montait les tounes en local de pratique, ouais. Fait que, tu sais, il y a beaucoup de musique qui est arrivée juste avec un début d'idée, mettons juste un petit riff, puis après ça Pierre, pouf pouf ! Lui, il est très bon pour arranger les tounes, les tounes se buildaient au courant des répètes. Cet album-là s'est fait de même là, à tous les vendredis on allait pratiquer au CIT, comme on n'avait plus besoin de le dire.
Pierre Fortin : Tous les vendredis on était au local. Pas d'enfants, jeunes, en santé et avec une grande soif.
Sébastien Séguin : Ouais, c'était comme notre club social, notre Club des Chevaliers de Colomb.
Pierre Fortin : Enlève les Chevaliers, c'est le Club des Colons !
Sébastien Séguin : OK, ouais. C'était vraiment bon. C'est surtout les gars qui écrivaient. Pour vrai, c'est les deux frères qui écrivaient.
Hugo Lachance : OK. Distribution : DEP. Studio : enregistrement au studio chez Pierre Baz et Frank.
Sébastien Séguin : Oui, les voix chez Frank, oui, les voix chez Frank.
Hugo Lachance : Chapitre 14 : L'enregistrement de l'album. Exact. Quelqu'un qui jouait avec Jean Leloup entre autres, Marc... sache François Lalonde. Studio sur Saint-Denis, pas loin de... puis un bon ami à Pierre puis Olivier puis toute la gang. L'instrumental, je pense qu'on l'a fait en deux ou trois jours, comme d'habitude. Trois jours ?
Sébastien Séguin : Quelques jours, ça devait être la fin de semaine parce que les gars travaillaient, fait que j'imagine que c'était jeudi, vendredi, samedi. Ouais, c'est trois ou quatre jours, mais c'était... on a fait l'album live. Ouais, c'est tout était live.
Pierre Fortin : Tu sais, à part une couple d'overdubs que les gars des fois disaient : « Une petite guitare là, un petit solo là », mais juste les voix on les a refaites chez François Lalonde. Ouais, la première fois il en faisait 15, Olivier nous faisait travailler jusqu'à ce que ça ne marche pas.
Hugo Lachance : Patrick Voir, le 27 octobre 2005, à propos de l'enregistrement de votre premier album chez C4 : « On n'avait jamais jammé ensemble depuis un bout, mais un local sonne toujours la merde, tu n'entends rien, surtout quand tu es dans le fond, c'est un gros moton de bruit ». Se souvient Pierre : « Quand on est arrivés en studio, on a été surpris, on a trouvé que c'était quand même assez tête notre affaire ».
Pierre Fortin : Ben, tu sais, je t'avouerais que de passer la journée dans une grosse boîte de bruit, surtout les gars quand ils chantaient, je me souviens. Mais il n'y a pas grand local qui sonne bon. Moi, ça fait 20 ans que je fais de la musique et il n'y a pas tant de locaux qui sonnent. Je vais répéter : « Fighter sur le net les gars, gâtez-vous ! ». Si une gâterie qu'il y a là là, c'est ça, tu sais ? Écoute, on avait juste des voix pour les moniteurs, fait que c'était... j'entendais les gars chanter, mais même les boys, tu sais, c'est plus... ça sonnait le cul ! Puis tu sais, moi j'étais dans le coin puis tout sonnait un peu pas bien, mais c'était parfait. Le local était super cool, il ne sentait justement pas très bon.
Sébastien Séguin : Ouais, ça donnait le goût d'aller vite pour s'en aller.
Hugo Lachance : Où est-ce que tu travaillais ? Tous les vendredis on allait boire des brumes, ça s'est souvent très mal fini. Ouais, c'est merveilleux ! Je t'ai croisé souvent au bar.
Pierre Fortin : Ben oui ! Ça fait longtemps qu'on se connaît.
Hugo Lachance : Prise de son : lui, oui, Pierre Girard. Mixage : mixé et matricé au studio Victor en juillet 2005 par Pierre Girard, oui exactement.
Sébastien Séguin : Ouais, exactement. Qui ne nous entend pas, non, c'est ça.
Hugo Lachance : Encore, mais c'est là. Période d'enregistrement : mai et juin 2005. C'était 4 jours je pense, mais c'est ça qui est sorti.
Sébastien Séguin : Ah, c'est ça, excuse-moi, parce que tantôt moi puis Pierre on se demandait si on ne l'avait pas fait en avril, mais c'est le deuxième. Juste pour avoir une idée.
Hugo Lachance : Chapitre 15 : Olivier Langevin. Des gars du Lac qui restent à Montréal puis là qui rentrent en studio avec quand même votre idole, grand frère, icône... comme un grand frère, tu sais.
Sébastien Séguin : Il était avec mon frère Sylvain et lui, en fait, ils avaient écouté un petit démo. C'est là que ça a parti parce que nous autres on avait enregistré un démo, on jouait, tu sais, puis lui, Olivier, avait Galaxie. Il jouait avec mon frère, donc pas loin pour planter le décor. On était super, comme toujours, impressionnés par ça puis on était fans au bout. Puis là, notre grand frère s'est mis de la partie. Il était bien chum avec, ils étaient colocs à un moment donné. Nous autres on avait fait comme toute notre année et demie à monter nos tounes, on avait enregistré un démo un après-midi avec Benoît Bouchard puis Luc Terrio dans un sous-sol sur la rue Saint-Zotique; deux heures, les voix live, tout a été fait là. Un moment donné, Sylvain apporte ça chez eux, chez Olivier, puis il dit : « C'est ça mon band du vendredi ». Il crisse ça dans le deck et Olivier, il paraît qu'il était comme : « Tabarnac ! ». OK, c'est quand même... non mais tu sais les gars, c'est niaiseux, c'est colons un peu, mais quand même il y a des bonnes tounes.
Pierre Fortin : Lui, je pense que notre premier fan, ça a été quand même quelqu'un qui a aimé les tounes, c'est vraiment Olivier.
Sébastien Séguin : C'est une anecdote avec ça : sur ce démo-là qu'on a fait, il y avait 5 ou 6 tounes puis il y avait la toune « Dales Hawerchuk » qui est devenue numéro 1 à CISM à l'époque. Tu sais, c'était quand même écouté dans ce temps-là, plus en tout cas, moi j'écoutais beaucoup ça dans ce temps-là. Puis là, c'était quand même le fun, puis là finalement quand on a refait l'album on s'est dit : « Mais là on fait quoi ? ».
Hugo Lachance : Chapitre 16 : La chanson Dales Hawerchuk pas sur l'album ?
Sébastien Séguin : Elle a déjà été numéro 1, on la remet-tu sur le vrai album ? On s'est vraiment demandé si on ne la remettait pas. On le manquait pour l'album.
Pierre Fortin : Ah ouais ? Ouais, on pensait que ça avait été numéro 1 CISM, terminé.
Sébastien Séguin : On s'est posé cette question-là, puis là on s'est dit que le démo ne s'était pas vendu. Non, non, on ne l'a pas vendu, on n'en vendait pas un, c'était juste pour nous, on voulait juste écouter ça. On l'avait envoyé là-bas puis ça avait poigné vraiment vite.
Hugo Lachance : Là, à ce moment-là aussi, avant de sortir un album on faisait une cassette qu'on appelait un démo puis qu'on donnait à tout le monde. Ce démo-là est tout petit là, ouais. Je mets ça en scène avec Olivier : là vous êtes dans le studio, vous savez qu'Olivier est de l'autre bord de la vitre. Comment vous vous sentiez à ce moment-là pour enregistrer l'album ?
Hugo Lachance : Chapitre 17 : En studio avec Olivier Langevin et Pierre Girard.
Pierre Fortin : Stressés ! On était stressés les quatre. Je veux dire, moi oui, j'avais fait du studio avec les Frères Cheminaud justement un peu avant puis on avait tapé des démos. Sébas aussi, on avait tout tapé, mais là on voulait vraiment que ça soit bon. Puis les autres savaient bien qu'ils riaient de nous, ils savaient comment nous manipuler psychologiquement.
Sébastien Séguin : Ça ne marche plus là, c'est moi qui le manipule, Olivier ! Je te manipule ! Non, non, mais tu sais, avec l'expérience aujourd'hui, je sais que les gars, je les voyais rire au bord de la vitre. Ils tiraient tout le gaz qu'ils pouvaient. À un moment donné, moi je n'étais plus capable de parler parce que je chantais toutes les tounes; même s'il ne gardait pas les voix, il voulait de l'intensité. Puis là, c'est 15 tounes, de la 15 fois chaque toune pour l'album. En 4 jours, moi je n'avais plus rien. On a dû faire 2004 tounes à peu près, en gros ! C'est physique en tabarnac ! Ça fait 6 heures que tu joues du drum là, faut écouter, on va l'entendre tantôt là : c'est vite, puis c'est trash, puis c'est fort !
Pierre Fortin : Je me rappelle quand Olivier... tu sais, c'est vrai que je le respecte vraiment comme musicien, c'est mon guitariste préféré. Puis quand il venait dans le booth là, Olivier ne me parlait pas, mais on se parlait, mais pas... tu sais. Quand on compait, il rentrait dans le booth, il ne me disait rien, puis là il allait jouer un peu sur mes pédales, il faisait deux ou trois petits ajustements. Puis là je voyais qu'il avait fait un changement dans mes effets, il disait : « Ça va être bien cool ». C'est ça.
Sébastien Séguin : En même temps on dit ça, mais les gars étaient super gentils, on sortait le soir. J'ai entendu dire qu'ils avaient été exigeants sur l'énergie. Ils ne nous disaient jamais : « Vous n'êtes pas bons ». Ce n'est pas ça qu'ils disaient. Ils disaient : « On la refait, puis faut pas que ça lâche ». Raison, oui, aujourd'hui on n'a plus besoin de se le dire. Avec moi, il n'a pas besoin de me dire : « Faut pas que ça lâche ! ». Il a raison.
Hugo Lachance : On continue alors. Chapitre 18 : Un succès ! Bien accueilli par ça, sur Wikipédia d'ailleurs très bien documenté : bien accueilli par la critique, vendu à plus de 10 000 exemplaires quand même. L'album éponyme propose le groupe au premier plan de la scène du rock québécois. L'extrait « Dales Hawerchuk », prisé par les stations de radio et de télévision pour son caractère rassembleur et sa mélodie accrocheuse, est élevé au rang d'hymne sportif et festif. En quoi cet album a eu un fort impact en dehors de la scène underground ? On a abordé le sujet tantôt.
Sébastien Séguin : Ouais, mais tu sais, c'était pas mal ça, ça jouait à la radio. C'est complètement fou ! C'est devenu numéro 1 pas mal partout au Québec, je te dirais, dans toutes les stations de radio puis les grosses pop là. Je me souviens quand même, on se faisait un peu juger pareil, j'ai pas peur de le dire, par les gens... c'est parce qu'on était quand même dans un monde de rock and roll puis on était rock, les gars ! On sortait dans des bars de rock, on était chauds, puis c'était ça notre vie. On était dans la vingtaine puis c'est le milieu, c'est ça qu'on faisait. C'est un milieu qui est compétitif. On faisait ce qu'on vivait, rien de négatif là-dedans, j'aime tout le monde, on a des amis.
Pierre Fortin : Mais je me souviens qu'au début c'était quand même un des premiers bands, je pense, quand même abrasif live. Ça bûche live beaucoup ! Seb criait, fait que c'était comme s'il y avait là quelque chose de nouveau. Puis je parlais... je pense qu'après, tout le monde était bien content, ça a amené une joie puis les gens faisaient des sous avec ça. Moi, si le monde peut écouter du rock and roll en français à la radio à 5 heures le soir tous les jours, je veux dire, ça moi je suis pas contre ça. Mais c'est quand même... je comprends qu'on voulait garder notre rock and roll puis l'authenticité aussi.
Sébastien Séguin : Cette époque-là aussi, c'était le lancement de Star Académie, des téléréalités. À cette époque-là, il n'y avait pas de réseaux sociaux. On voulait se forger une identité rock, mais en même temps, tu sais, on se voyait avoir du succès. On était un peu ambivalents à travers ça, mais les portes s'ouvraient. C'est bien naïf là, mais c'est ça. Puis là, on gravitait dans un milieu vraiment rock tout le temps avec des bands rock, puis là nous autres on était le band qui jouait plus, puis peut-être qu'on faisait des headliners. Il y a eu comme cette petite compétition-là qu'on a sentie peut-être au travers du temps à ce moment-là.
Pierre Fortin : Puis après, je pense qu'avec les années, la longévité, au final on fait tous nos affaires. Faut être fier de n'importe qui qui se lève et qui veut faire de quoi. De l'autre côté, on s'est servis de ça pour faire jouer d'autres mondes, finalement ça a été une belle histoire. Je me rappelle que quand on a commencé à vraiment le pogner, on était à la radio : Musiqueplus en premier, CKOI, puis Radio Énergie en même temps. On faisait des gros shows pleins, puis là après ça je me rappelle que le monde appelait beaucoup au bureau pour nous booker, mais dans des places obscures où même les autres n'avaient jamais entendu parler. Après ça, il y avait d'autres bands qui pouvaient aller jouer. Là nous autres on se disait : « On vient d'ouvrir peut-être un petit sillon ». C'est bien facile de chier quand on n'est pas dans les bottes des autres, mais en même temps ce n'était pas juste nous autres, les autres bands pouvaient y aller aussi.
Sébastien Séguin : C'est ça, j'en parle aussi parce que je trouve qu'après, ben c'est ça, ça ouvre des portes. Puis quand tu le vis, ben tu es bien content, ça aide le rock. Puis après ça, c'était tellement naïf. Il y a peut-être des affaires qu'on a dites... Oui, dans le temps, toutes les portes s'ouvrent, tout le monde te veut. Les gars donnaient je ne sais pas combien d'entrevues par semaine. Tout le monde voulait les boys ! Fait que nous autres on était un peu dans un tourbillon naïf là-dedans. Premier album, nous autres on parle de Les Dales Hawerchuk puis de chevaux, on se trouvait drôles ! Faut comprendre pareil : sincèrement, le démo, on avait fait 500 copies et on pensait que ça allait mourir là. Finalement, comme je t'ai dit, il y a eu l'événement CISM, la toune « Dales Hawerchuk » a pogné, Olivier a voulu faire notre album, C4 commençait dans ce temps-là. Il y a eu plein de synchronisme là-dedans. Après ça, il y a Louis-Philippe Daviau qui a écouté notre toune à la radio, qui a dit : « Je veux faire un clip ».
Hugo Lachance : Chapitre 19 : Vidéoclip Dales Hawerchuk. Il a fait un super clip avec un super réalisateur, puis là le clip était un des plus joués. Encore un médium qui n'existe plus.
Sébastien Séguin : Faut se remettre à l'époque, il y a beaucoup de monde qui ne savent pas, mais Musique Plus avait un énorme impact et ils faisaient de la place à des bands du Québec. C'est des pertes incroyables pour nous autres. C'était une belle époque pour Montréal, au début des années 2000 il y avait tellement de bons bands.
Hugo Lachance : Ce matin, j'étais avec Coeur de Pirate, on a fait un épisode ensemble. Elle est arrivée à Montréal en 2002 comme moi, puis c'est là que la scène montréalaise a décollé. J'ai aussi le GAMIQ 2006, parce que vous avez participé au GAMIQ.
Hugo Lachance : Chapitre 20 : GAMIQ 2006. En 2006, meilleur album rock alternatif, il y avait Dirty Tricks, Galaxie 500, Le temps au point mort par Karkwa, Les Tremblements s'immobilisent, Les Dales Hawerchuk avec votre premier album... puis c'était qui qui avait gagné ? Ah non, il y avait Malajube, Trompe-l'œil !
Sébastien Séguin : Malajube, grosse année ! Tellement bon. Ils jamment juste à côté de notre local en plus.
Pierre Fortin : On n'a jamais gagné vraiment à l'ADISQ ou whatever, je comprends pourquoi, il y a tout le temps du stock vraiment bon. Montréal est le Québec en entier, le générateur est incroyable ! Mais à cette époque-là, c'est vrai que juste avec Malajube, on jouait beaucoup avec les autres dans ce temps-là. Il y avait beaucoup de festivals qui nous lignaient ensemble. Ça fittait souvent, c'était des soirées Malajube puis nous autres là, on a fait ça au moins 5 ou 6 fois. Mix un peu inusité mais quand même ! On tripait, moi je voyais Malajube et j'étais bien content, c'est vraiment bon le show.
Hugo Lachance : Vraiment ! J'ai reçu un message tantôt de quelqu'un qui, je pense, vous suit encore. Chapitre 21 : Message d'Olivier Langevin. J'ai juste une chose à dire à ceux qui écoutent le podcast : moi je ne croirais rien, pas du tout de ce que les gars racontent parce que j'étais là pendant le recording du premier, puis c'est impossible que les gars s'en souviennent !
Sébastien Séguin : Les gars, on arrête le podcast !
Hugo Lachance : Je pense qu'Olivier vous aime encore ! Ils sont bien contents d'entendre Olivier Langevin, celui qui ne va pas me lancer la première pierre.
Pierre Fortin : Pas « L'homme bombe » ! « L'homme bombe », lui qui veut mettre des bombes ! Écoute, le « Connaisseur » en fait, c'est là qu'il a eu son premier surnom, on l'appelle de même dans l'album. Olivier, dit le « Connaisseur » ou le « Trancheur ». On l'a connu de même parce que c'était comme notre chaman. On disait : « Lui, il connaît ça, il décide là, nous autres on ne sait rien ». Puis là, lui, il venait faire une petite intervention technique : il connaît ça ! Fait que là, c'est le Connaisseur. Le Connaisseur connaît puis il sait quoi faire, puis on suit.
Sébastien Séguin : Ça me surprend qu'il puisse dire que juste nous autres on ne s'en souvienne plus ! C'est déjà bon d'être encore là. Il y a d'autres qualités à manger !
Hugo Lachance : Il est très bon ! Les gars, un petit segment « Ils ont dit » avant de passer pour de vrai à l'album. Chapitre 22 : SEGMENT : Ils ont dit. Patrick Voir, le 7 septembre 2005 : « Carburant au hard rock, au métal et au punk mordant, tout en acceptant quelques passes d'influence telles que Jon Spencer Blues Explosion ou Beck, les quatre francs artilleurs balancent en termes crus et ludiques leur univers aux effluves de rub-A535 et de jockstrap, peuplé de voluptueuses barmaids, de guitares acérées et d'amours jetables ».
Pierre Fortin : Wouah ! C'est une bonne ça ! Je n'avais jamais entendu ça mon texte, c'est très bon. Il y a des bonnes références, je trouve, pour la musique.
Sébastien Séguin : C'est un peu vrai. Jon Spencer dans ce temps-là, on adorait ça, c'était dans le temps qu'on allait le voir tout le temps à Montréal. Il venait souvent au Spectrum. C'était tellement des bonnes années de voir ça. Justement, « Carnior » a été un peu influencé par Jon Spencer à cause du riff qui n'a pas d'accord, qui a juste de la guit frappée.
Hugo Lachance : Richard Labbé, La Presse, 3 septembre 2005 : « On aime l'énergie, cette façon de toujours jouer la pédale au plancher sans penser à passer à la radio. On aime les multiples références à notre sport national, à commencer par ce nom tout à fait mignon qui renvoie à un joueur presque légendaire des regrettés Jets de Winnipeg. Enfin, on aime ce groupe parce qu'il fait ce qu'il aime justement, et parce qu'il le fait sans le moindre petit compromis. Aucun doute, ces gars-là, c'est des vrais ».
Pierre Fortin : On est des vrais !
Hugo Lachance : Ben écoute, lire ça... mais j'ai une question : avez-vous réécouté l'album pour l'entrevue ou ça fait combien de temps que vous ne l'avez pas écouté ?
Sébastien Séguin : Non, je ne l'ai pas réécouté. Ça fait un bout que je ne l'ai pas écouté, j'allais me laisser surprendre à travers ça. Ça fait un bout.
Hugo Lachance : On y va avec le Chapitre 23 : SEGMENT : Une chanson après l'autre. L'idée, c'est qu'on écoute un petit extrait, vous pouvez commenter, il n'y a pas de problème, puis après ça c'est vous autres qui me jasez de la toune. Moi j'ai isolé des petits bouts de paroles pour vous faire raconter là-dessus.
Pierre Fortin : J'ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner.
Hugo Lachance : Je pense que ça a été une job ardue pour sélectionner les bons bouts ! On commence avec « Carnior ». Chapitre 24 : Mais où est donc Carnior ?
Hugo Lachance : « Bon, je sais ce mec est une ordure, il consomme des drogues dures. Les Hawks ne le voulaient plus vivant, peut-être est-il dans le Saint-Laurent, les deux pieds coulés dans le ciment... mais Carnior, ouais, il est où finalement ? ». Ça commence un album assez solide ! On l'a jouée beaucoup aussi.
Sébastien Séguin : Cela dit, je ne serais plus capable de la jouer, moi, je vais le dire là : impossible ! Cet album-là est trop vite !
Hugo Lachance : J'espère qu'il y en a qui se souviennent à quoi s'applique cette règle de français ? Mais oui, absolument !
Pierre Fortin : Ben, pour ma part, je me suis fait souvent dire par des profs de français de notre âge qui avaient découvert les Dales qu'ils mettaient ça dans leur classe pour faire découvrir ça. C'est une anecdote que j'ai entendue : on est vraiment une référence en français ! Mais sincèrement, le français pour moi c'est quand même très important. Être un exemple dans un cours de français, ouais ! Écoute, moi je suis prof d'art, je ne peux pas le mettre, c'est ça !
Sébastien Séguin : En fait, c'est moi qui traînais cette joke-là avec les gars. J'avais essayé de ploguer cette phrase-là avant. « Mais où est donc Carnior ? », je trouvais ça niiseux. Avec mon frère, on a commencé à monter une histoire puis c'était plutôt comme une joke. Souvent, comment ça fonctionne, c'est quand on avait une musique avec les gars, là il y a un air de voix qui se développe. Je me souviens que vous cherchiez le riff, puis c'est ça, j'avais dit : « Ben, faites-en pas de riff ! ». J'avais dit : « Pourquoi pas que tout le monde fait tout en même temps ? ». Jon Spencer fait ça aussi beaucoup en show. Puis là on était là, ouais, puis ça a marché finalement ! Ça a starté un gros feu de paille, ça n'a pas pris une ni deux, ça s'est placé vite à partir de ce moment-là parce que j'avais déjà comme le refrain. Sylvain s'est inspiré de quelque chose, là il est parti de son bord. Ça arrive vite bien souvent. Mais la voix est hallucinante, il y a vraiment un ton de fou, ça pousse là !
Hugo Lachance : Absolument ! Justement, le fait que ça soit live, que tu viens de dire que ça pousse, c'est exactement l'effet qu'on peut aller rechercher en enregistrant live. D'autres choses à ajouter ? Non ? La deuxième : « En déshabillé ». Chapitre 25 : En déshabillé.
Sébastien Séguin : Ah, ça c'est drôle ! Je viens de me rappeler de l'état d'esprit de mon frère dans ce temps-là. Checke-moi le sourire qui vient de revenir : ça veut tout dire ! « Je pensais mourir, checke-moi le sourire qui vient de revenir », ça veut tout dire. Il venait de se séparer puis il venait de rencontrer une autre fille. Là je viens de m'en rappeler ! C'est un bel exemple de nos textes à deux. Je me rends compte que là, OK, il avait fait une phrase, j'ai fait l'autre, c'est vraiment dynamique. On chante beaucoup les deux ensemble bien souvent. Il y en a qui ne savent même pas, mais nos voix se ressemblent. Je fais beaucoup de refrains en général, puis souvent des couplets, mais écoute ça dépend des tounes. Mais c'est ça, ça marche bien. « Quand je t'ai connu je faisais juste bégayer, pour moi tu es comme Jésus pour le curé ! ». Ça me fait encore rire aujourd'hui, je me rappelle, moi puis mon frère on riait en écrivant ça. C'est souvent ça qui arrive : quand la gang est morte de rire, on n'y touche plus !
Hugo Lachance : Chapitre 26 : Crocodile. Oui, ça c'est mon classique !
Sébastien Séguin : Ah, c'est un bon ! C'est drôle, la note A dans le drone... on disait que c'était voulu à la fin parce qu'on était tout le tour en train de mixer. À un moment donné, j'ai dit... je n'avais pas dit « crocodile », il dit... Olivier dit : « Shhh, vous étiez sept au bord de la vitre à m'écouter chanter ! On est rendus qu'on t'écoute ! ». C'est l'anglais des gars du Lac, on n'était pas bons puis là on a ri. Fait qu'après ça je disais : « Non, non, c'est ça son surnom, c'est Crocodile ! ». C'est voulu, c'est voulu !
Pierre Fortin : Ouais, c'est lui ! C'est sa toune. Crocodile Hunter ! Parce que Pierre, il y a eu une époque où il portait un chapeau de Crocodile Hunter, le gars chasseur de crocodiles !
Sébastien Séguin : En fait, on ne sait jamais qui va arriver en Australie ! J'avais juste ça de spécial, j'aime la pêche là. Crocodile Hunter ! On se cachait puis on faisait les personnages, puis là c'est devenu finalement une toune parce que dans ce temps-là on aimait ça se nommer entre nous. Ils se sont tous nommés, ils nous nomment tous à part nous-mêmes ! Écoute, ça sera peut-être sur le prochain album, mais je pense que maintenant on va faire une toune en cachette : on va parler de moi puis Charles, on va faire une toune qui va parler de nous autres parce qu'il nous a fait « Charles la classe » qui est la toune de notre bassiste, puis Pierre a sa toune « Crocodile »... en fait tout le monde a ses tounes !
Pierre Fortin : C'est le « King du triple swing » aussi qui parle un peu de toi !
Sébastien Séguin : Non, non, on ne sait jamais, ça pourrait être une toune cachée. En tout cas, il ne l'entend pas ! Ça va arriver au mix. Je m'arrangerai pour qu'il aime vraiment gros la toune, mais je parlerai mal de lui ! Je pourrais prendre ta voix en intelligence artificielle !
Hugo Lachance : Ben oui ! Chanter par-dessus toi, je ne sais pas faire un disque avec l'intelligence artificielle ! Tu vois, on est rendus dans le futur, on n'était pas là dans ce temps-là ! On continue.
Hugo Lachance : Chapitre 27 : Ya! Avec beaucoup de room.
Pierre Fortin : Le cheval, il sent bon. Il donne du thé.
Sébastien Séguin : Un cheval, j'avais un cheval. Il était propre, il sentait bon. Il sentait bon, je donnais du thé à l'écurie, puis je criais. Moi, je trouve que c'est de la grande poésie !
Pierre Fortin : Ouais, encore aujourd'hui, je trouve ça drôle. J'ai ri avec mon frère. Mais ça, ce sont des tounes juvéniles que j'ai quasiment un peu honte au bout. Mais j'ai comme une nostalgie de cette époque-là parce que je ne serais plus capable de faire de quoi de même, d'aussi juvénile. Aujourd'hui, je me casse plus la tête, puis j'essaie de... mais ça, c'est une belle époque. J'aimerais ça avoir encore cet état d'esprit-là.
Hugo Lachance : C'est drôle parce que c'est super naïf. Moi, souvent, je veux la jouer. Moi, je l'aime vraiment, celle-là. Puis je me souviens de la dernière tournée. Il y a des tounes de même du premier disque que j'aime ça jouer. Je trouve qu'en show, c'est débile ! Ça n'arrête pas.
Pierre Fortin : On l'a jouée au moins 3 ou 4 fois. On avait fait en 2020 le 15e anniversaire de l'album justement... ou en 2015 le 10e anniversaire, je ne me souviens plus. On a tout rejoué l'album. Puis moi, ça nous a fait rejouer des tounes qu'on ne jouait plus. Souvent, je veux rejouer ça, mais je comprends Sébas quand il dit qu'il n'a plus le goût de chanter ça. Des fois, dans des contextes de festival, comme il dit pour « Voir », ça ne me tente pas de jouer ça. On est rendus à 44 ans, c'est sûr que ça me tente moins de dire : « J'avais un cheval puis je lui donnais du thé ».
Sébastien Séguin : Mais des fois, j'attends dans ‘veillée, puis là, dépendamment de la foule... Des fois, j'ai les yeux dans l'eau. Je suis content, je trouve ça bon. C'est normal. C'est un peu, dans le fond, on fait l'analogie : la chambre de hockey, c'est la même affaire. C'est que quand on fait du rock puis on a 10 ans, mais ça reste tant que dans la chambre d'hockey, c'est un peu ça.
Pierre Fortin : Faut dire aussi qu'à cette époque-là, comme Pierre a dit au début, on a fait 125 shows en un an. C'est quand même assez pour s'écœurer. Puis là on compte après, mettons aujourd'hui on pourrait compter peut-être 400 shows, mais on ne sait pas trop le chiffre. On l'a faite 200 fois peut-être, on essaie de... ouais, celle-là en particulier.
Hugo Lachance : Oh, oh, oh ! Il y a une porte ! Il ouvre une porte ! Remastérisée tout ça avec Pierre Girard... ça ouvre l'ouverture. Bon, on arrive avec « Salive salée ».
Hugo Lachance : Chapitre 28 : Salive salée. Ah oui ! Ah, ça c'est drôle. Ça, c'est une bonne anecdote. Les intros de drum, c'est vrai... Ah, ça c'est bon ! C'est bon ou pas bon ? Plus capable !
Pierre Fortin : « Salive salée ». Justement, je me rappelle.
Hugo Lachance : Chapitre 29 : L'anecdote "Des bébés". C'est bon. Après, toi, tu veux des bébés ? Mais finalement, qui a causé ça ? Ben, il y a trois flots à garder !
Pierre Fortin : Félicitations ! Félicitations à ma belle-sœur !
Sébastien Séguin : Ouais, c'est ça. Dans ce temps-là, il la courtisait. Il la courtisait comme un gentleman sans moulin, puis finalement c'est ça : « Toi, tu veux-tu des bébés ? ». Ben oui, elle en voulait parce qu'elle en a trois ! Fait que, ah ouais, c'est bon. Un avec un OBC ? C'est ça, ouais. C'était très drôle.
Hugo Lachance : Chapitre 30 : Dale Hawerchuk. C'est cool ça. Là, on va passer évidemment à ça. C'est un classique, on peut dire ça quand même. La prochaine, moi, en tant qu'auditeur et fan, je peux vous dire que...
Sébastien Séguin (Paroles) : « Oui, j'allume ma dernière cigarette, je débouche ma dernière tablette. Je ne fais jamais de jokes, je les tape. Mais je l'avoue, j'ai le cœur à gauche. Si je me ramasse tout seul, je carge. Je ne suis plus Sylvain, moi je suis Dale. Je ne suis plus Sylvain, moi je suis Dale. »
Hugo Lachance : C'est très drôle ça. Là, c'est un texte qui a coulé. Ça, c'est une bonne histoire pareil parce que cette toune, on l'avait jouée en fait dans le local. On disait... mais souvent en fin d'une répète, on essayait des affaires. On était rendus à l'EP, on avait joué tout ce qu'on était rendus. En fin de répète, on essayait des trucs.
Pierre Fortin : Un moment donné, le « click » que j'avais... c'est toi qui l'as fait ça ? Iconique quand même, on peut dire ça. Puis là, ça a comme allumé de quoi. Toutes les gars ont dit : « C'est le fun tout ça ». Puis là, Sylvain avait gardé ça en tête.
Sébastien Séguin : Puis là, la semaine d'après, on allait faire notre autre répète — parce que c'est là, tous nos vendredis on se voyait au local tout ça. Je vais chercher Sylvain : « Eh, tu te rappelles la toune ? ». Il dit : « Oui ». Il était chez eux, son autre appart sur De Lorimier, il a dit : « Oui, j'avais pensé à de quoi justement ». Puis il a écrit le texte. Moi, j'étais à côté, je jasais avec lui. Il a écrit le texte de même en 10 minutes, pas plus. Puis c'est le texte là, il n'y a pas changé de note. C'est fou.
Hugo Lachance : Classique ! Puis ça a fitté. Lui, il se rappelait de la toune bien comme il faut, puis pouf, il a écrit le texte. Ça n'a jamais changé.
Hugo Lachance : Chapitre 31 : Des babyfaces! On parlait du vidéoclip tantôt. Tantôt, je cherchais une photo, j'avais préparé une photo pour vous autres, mais là vu que je n'ai pas de réseau, je ne peux pas aller la chercher. Je vais la mettre. Mais vous avez vraiment des faces de flots !
Sébastien Séguin : Vous n'avez pas votre réaction, mais vous pourrez voir sur YouTube, on va la mettre. Dieu sait qu'on est baby !
Hugo Lachance : Chapitre 32 : L'anecdote du coup de guitare dans face.
Pierre Fortin : J'ai une bonne anecdote par rapport au clip justement parce que Louis, encore là, il nous en demandait. Surtout dans la bagarre de la fin, il voulait qu'on se batte. Puis c'est toi Sébas qui as donné un coup de guite sur la tête à ton frère.
Sébastien Séguin : Ouais, c'est ça qui a fini. Il saignait ! Fait que là, Louis a dit : « Bon, ben le clip est fini ».
Pierre Fortin : Sans faire exprès ?
Sébastien Séguin : Pas fait exprès ! Il y a comme une mêlée générale, puis moi j'ai ma guite, puis je frappe dans le tas. On l'a fait comme 5, 6, 7 fois cette prise-là. Mais à un moment donné, je l'ai slogué pour vrai, mon frère. Je voulais que ça paraisse bien, mais là, j'ai slogué ça. La pine de la guite lui a croisé la tête. À un moment donné, j'ai fait : « OK, OK ». Il y a du sang dans le vidéo.
Pierre Fortin : Ce n'est pas du vrai ?
Sébastien Séguin : Mais ça, c'est une autre anecdote parce que là, moi avec mon frère puis Pierre, il y avait un cascadeur dans ce temps-là qui était venu nous montrer à saigner puis à se donner des slogs, des coups de poing. Mais on n'était pas capables. On se donnait des slogs pour vrai dans face ! On ne comprenait pas, on est les pires acteurs du monde ! Moi je disais : « OK Sylvain, là tu vas te tasser de même ». Moi, j'arrivais trop vite.
Hugo Lachance : [Rires]
Sébastien Séguin : C'était pas thérapeutique. Olivier disait : « Bon, OK, on va arrêter les coups de poing, ça ne marche pas pantoute ». On essayait d'avoir une grosse scène de coups de poing, mais on se donnait trop des claques, ça ne marchait pas, on avait mal !
Hugo Lachance : C'est la chanson qui vous a propulsés quand même.
Pierre Fortin : Oui, oui, partout ! Un gros single. Le clip, je pense qu'il nous a donné un bon pushing avec le visuel. Ça nous a ouvert les portes.
Hugo Lachance : Je vais mettre le lien pour le vidéoclip dans les commentaires sur YouTube. C'est cool de le réécouter.
Pierre Fortin : Mais on a vu vraiment des bonnes versions sur YouTube qu'on a tout perdu avec le temps. C'est comme une version cheap des fois, un peu compressée. C'était un band d'apport ? Non, c'était quoi ? Il y a eu des liens qui ont disparu. C'est le patrimoine numérique, la bonne numérisation les a beaucoup aidés.
Sébastien Séguin : Il y a des affaires qui sont un peu en ligne aussi, mais on peut la regarder, il y a des traces qui sont là. C'était une bonne époque. C'est vrai que pour nous autres, c'était le gros temps. On allait partout. On était premiers à Musique Plus, on jouait, c'était plein, le monde aimait ça. On en profitait.
Hugo Lachance : Saviez-vous que les portes allaient se fermer maintenant ?
Pierre Fortin : Non, mais à cette époque-là, tout était nouveau. Olivier nous le disait : « Ché les gars, c'est débile là ! ». Je me souviens qu'autour de nous autres, les gars disaient : « C'est capoté ! ». Tu sais, c'est vraiment hallucinant. Mais quand tu le vis, tu dis : « OK, OK ». Après, ce sont des choix d'album, des choix de style musicaux.
Sébastien Séguin : La place que les médias puis l'environnement te donnent, tu n'as pas de contrôle là-dessus. Il y a une grosse partie que tu ne contrôles pas. On a réussi à avoir une longévité qui est débile. Il y a bien des bands qui ont eu un hit ou deux, qui ont fait un album qui a marché, puis après ça ils ont arrêté. Il n'y en a plus beaucoup de bands de toute façon en français au Québec, faut le dire. Ma plus grande fierté, c'est qu'on soit encore en train de faire des tounes, que ça fasse 20 ans. C'est capoté !
Pierre Fortin : On a tout le temps eu quand même beaucoup de followers. Je pense que ça se régénère un peu aussi. Avec les Cowboys, je m'en faisais parler par des plus jeunes qui disaient : « On a connu ton band, Les Dales ». Du monde au cégep ou au secondaire. Tu vois que ça se renouvelle. On ne sait pas l'impact tant qu'on ne rejoue pas.
Sébastien Séguin : Il y a un respect, puis le show bûche tellement que les fans de rock trippent encore. C'est une fierté pour moi. Je les aime puis on conçoit encore ensemble en train de faire de la musique, c'est un cadeau de la vie ! C'est qu'on a cette chance-là ici de pouvoir faire de la musique, d'aller faire des shows puis d'avoir ce loisir-là.
Hugo Lachance : Vécu un peu aussi à travers WD-40, par procuration. L'autre fois on a joué au MTELUS avec L'Horloge Simard. Le batteur d'origine est venu faire deux ou trois tounes. Ça a tout changé.
Pierre Fortin : Ah, content ! Moi, ça fait 30 ans quand même pour WD. On est des fans finis.
Sébastien Séguin : On fait notre mieux. On adore la vie. Faut pas se plaindre de notre statut. Il y a plein de monde qui ne peuvent même pas faire ça dans la vie, qui ne sont jamais payés pour ça. Nous autres, on fait du rock and roll abrasif, on a fait deux albums que je trouve quand même excessivement « out », puis ça a eu cette lumière-là.
Pierre Fortin : Le monde nous a bookés dans des festivals puis le show bûche quand même. On ouvrait pour des bands et ça bûchait en esti ! Ils nous ont crissé sur les Plaines avant Bryan Adams ! On a tellement été chanceux. On a vécu plus de beaux moments qu'on aurait pu espérer.
Sébastien Séguin : On a voyagé, on était tellement proches. Les États, le Canada, on est allés en Europe. Le Québec, c'est tout le temps merveilleux, le monde est fin. On arrive là, on bûche, puis ça fait du bien au monde. Des gens payent encore pour venir te voir, ils sont contents de te voir après le show. C'est le fun.
Pierre Fortin : Chaque album s'est fait de manière naturelle, on ne s'est jamais rochés. On a tout fait ça humainement en se respectant. On est là 20 ans plus tard. Il n'y eu aucun compromis, on assume tout. Oui, on a eu un gros succès radio, mais tout ce qui a suivi s'est fait sans compromis. Nos objectifs changent en vieillissant : à 45 ans, tu n'as plus les mêmes affaires qu'à 22 ans. On le fait pour soi mais pour les autres aussi.
Hugo Lachance : Chapitre 33 : J'monte au lac. Allez les gars, on passe à « J'monte au lac ».
Sébastien Séguin : Oui, avec mon frère puis Pierre. Souvent, on descend au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est un thème qui m'a parlé. C'est une histoire niaiseuse : quand tu n'es pas habitué, tu arrives là puis ça sent le purin !
Pierre Fortin : C’est vraiment tous ces voyages qu'on a faits. On a tellement descendu au Lac, monté au Lac. C'est typique du monde qui reste en région. Tout le monde a déménagé à Montréal, l'exode, ça parle de ça pareil à quelque part. Tout le monde va dans sa famille au temps des Fêtes. On est tout venus à Montréal pour étudier, puis là tu fais ta vie là, tu connais une fille.
Hugo Lachance : Moi, je viens de Jonquière puis mon père est décédé ça fait 2 ans. Suite au décès de mon père, ma mère a vendu la maison. Je n'ai plus de pied-à-terre au Saguenay. Ça change.
Pierre Fortin : C'est un peu déraciné.
Sébastien Séguin : « J'monte au Lac », c'est une de mes préférées. J'aime cet album parce qu'il n'y a pas de mauvaises tounes, il n'y a pas de temps mort. On se promène dans les styles.
Hugo Lachance : Olivier Langevin a aussi bien cerné les tounes, le choix, le pacing est bon.
Sébastien Séguin : C'est notre connaisseur des pâtes ! Il fait une excellente sauce tomate. Il est bon pour cuisiner l'indien aussi !
Hugo Lachance : Chapitre 34 : Mi casa es su casa. Débouche le rouge !
Pierre Fortin : Rouge avec un gros drum. Grand fan de Primus, le drum du premier disque...
Sébastien Séguin : Le texte « Mi casa es su casa », c'était moi puis mon frère. On écoutait la TV à Montréal puis il y avait une annonce pour un resto mexicain. Le gars disait : « Mi casa es su casa ». Si vous trouvez le nom du resto, écrivez-le dans les commentaires ! C'était en 2005.
Pierre Fortin : Ça, c'est du grand Pierre ! Ce drum-là est impressionnant. En studio, c'était un train tout le long, c'est incroyable, une coche de malade !
Sébastien Séguin : Martin Bergeron est un grand fan aussi. Cette toune-là en particulier, il fait une méchante job.
Hugo Lachance : Vous la faites encore en show ?
Sébastien Séguin : Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas faite. Charles n'est pas capable ! Charles fait des drinks pendant ce temps-là ! Charles est magané, Charles est fatigué !
Hugo Lachance : Là il n'en reste plus.
Sébastien Séguin : Ça va être le fun ce soir, ce podcast-là. On aurait pu sortir après, ça nous aurait fait du bien ! Mais faire des shows, c'est sortir.
Pierre Fortin : Moi, vieillissant, faire des shows, c'est ma manière de sortir puis d'avoir du fun. Je rencontre le monde, on fait de la route.
Hugo Lachance : On est pères de famille. On continue avec « Le king du triple swing ».
Hugo Lachance : Chapitre 35 : Le king du triple swing. C'est toi ça, ouais ?
Pierre Fortin : Dans l'enregistrement de cet album, aucune cousine n'a été mariée ! Comment ça accélère ! C'est le stress de l'enregistrement.
Sébastien Séguin : C'est mon frère qui me chante ça. Il me niese, il n'arrête pas de dire que je danse le triple swing. C'est une joke qui est infinie depuis 20 ans. Je suis le pire danseur de l'histoire de l'humanité, mais le Québec pense que je danse la triple swing !
Pierre Fortin : Ne donne jamais d'exemple, tu tuerais le mythe !
Hugo Lachance : Chapitre 36 : Abuse de moé. On continue avec « Abuse de moé ».
Sébastien Séguin : Ça, c'était mon projet avec Martin Bergeron, notre ancien « Porno Pop ». Je lui faisais plaisir : « Fais de moi ton mich, fais de moi ton condiment, abuse de moi avant qu'on plisse comme des vieux grains incontinents ». Magnifique poésie rurale !
Hugo Lachance : Fais de moi ton condiment ! C'est magnifique, ça me fait rire encore.
Sébastien Séguin : Aujourd'hui, ce sont des sujets plus sensibles, mais ça me fait rire encore. On avait un disque au complet de tounes comme ça. Ça me fait penser à l'époque avec Martin et Roc. On ne va pas nier le passé.
Hugo Lachance : Chapitre 37 : La nouvelle. La prochaine : « La nouvelle ».
Sébastien Séguin (Paroles) : « Les jours me tombent dessus... »
Sébastien Séguin : J'avais pigé ça d'une émission quelconque, ça m'avait fait rire. Quand j'ai déménagé à Montréal, je ne connaissais rien, surtout pas les stationnements. Je me suis monté un bill de tickets !
Hugo Lachance : Chapitre 38 : Corps mort. Il en reste deux. « Corps mort ».
Sébastien Séguin : Yes, ma préférée !
Hugo Lachance : Si tu chantes ça dans un karaoké, tu es vraiment dedans !
Hugo Lachance : Chapitre 39 : L'anecdote de Babu.
Pierre Fortin : Babu avait fait son thème d'émission à Musique Plus avec ça !
Hugo Lachance : Ça fait quoi d'écouter ça après ?
Sébastien Séguin : Ça me fait rire, je trouve ça touchant. Ça me rappelle quand on l'a tapée. Ça fait super longtemps qu'on ne s'est pas vus, Pierre et moi. On n'a pas l'air de même, mais ça fait un bout. Ça me remet dans cette époque-là, le fun qu'on avait, la naïveté.
Pierre Fortin : On était à la guerre ensemble. On a vécu tellement d'émotions, de stress. Il n'y a pas grand monde à part nous autres qui pourrait comprendre certaines situations.
Hugo Lachance : Je vous regarde rigoler... toutes les niaiseries, c'est comme ça qu'on se construit. Ça a donné l'élan pour en faire quatre autres, et un cinquième s'en vient. C'est incroyable une discographie de cinq albums !
Hugo Lachance : Chapitre 40 : Star Académie. Star Académie.
Sébastien Séguin : Dans le temps que ça a commencé, c'était gros. Je trouvais ça dérangeant. Je trouvais que c'était un mauvais chemin pour arriver à ses fins. C'était filmé tout le temps, une téléréalité. Tu souris même quand tu chies ! On s'est mis à délirer avec mon frère, on a écrit ça en riant.
Hugo Lachance : C'était intrusif. Philippe Papineau dans Le Devoir disait que vous aviez osé une pièce contre Star Académie. Sylvain disait : « Elle ne sait pas que ce jour-là, elle achète Star Académie, le Journal de Montréal... ».
Pierre Fortin : Tu mets une roche à la télé deux heures par soir, elle va finir par devenir populaire, la roche !
Hugo Lachance : Avec le recul, est-ce que votre perception a changé ?
Sébastien Séguin : Non, mais aujourd'hui, je prendrais des opportunités comme ça cent fois ! On n'a plus ces opportunités-là.
Hugo Lachance : Chapitre 41 : SEGMENT : Rafales. On finit avec les Rafales. D'habitude, je fais un top 3, mais là, j'ai fait la remise des honneurs de la Ligue nationale.
Hugo Lachance : Lady Byng (esprit sportif) : « Mi casa es su casa ».
Hugo Lachance : Bill Masterton (persévérance) : « Crocodile ».
Hugo Lachance : Vézina (meilleur gardien) : « J'monte au lac ».
Hugo Lachance : Chapitre 42 : Le top 3 du moment. Maurice Richard (plus de buts) : Votre top 3 !
Sébastien Séguin : « Dale Hawerchuk », parce qu'on la joue encore et elle a un bon impact. C'est grâce à ça que plein de choses positives nous sont arrivées.
Pierre Fortin : « Carnior », pour son originalité. C'était notre premier clip animé. On nous a modélisés, c'était une expérience super.
Sébastien Séguin : Quelle chanson représente le mieux l'album ? « Crocodile ».
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui vieillit bien ?
Pierre Fortin : La naïveté.
Sébastien Séguin : Les textes, ce sont de beaux souvenirs avec mes chums.
Pierre Fortin : Ce qui vieillit mal ? Le son du drum prend trop de place !
Hugo Lachance : Où se procurer l'album ?
Pierre Fortin : Sur les plateformes. On a un projet de faire un vinyle.
Hugo Lachance : Chapitre 43 : Le moment du défi.
Sébastien Séguin : J'inviterais Fred Fortin !
Pierre Fortin : J'étais prêt pour faire « Agnus Dei ». On pourrait faire ça tous les trois avec Olivier.
Hugo Lachance : Le « Son du Lac » !
Pierre Fortin : Ça a commencé avec les Gros Mené, puis Fred, Olivier... c'est tout un mouvement.
Sébastien Séguin : C'est ma plus grande fierté.
Hugo Lachance : Merci les boys ! On se revoit pour un autre épisode.