Transcription intégrale de l'épisode avec Pust : Pust (EP)

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Hey bonjour tout le monde ! Nous sommes le 31 juillet 2024 à Montréal, on est au studios de Rouen. Je suis en compagnie de Pust et ben on se revoit de l'autre côté du thème à l'Album Podcast.

Hugo Lachance : Avant de débuter l'entrevue avec Pust, je tiens à remercier tous ceux qui se sont abonnés à ma chaîne YouTube, sur Apple Podcast, sur Spotify. Laissez des étoiles, prenez le temps de faire ça, ça fait vraiment, vraiment, vraiment plaisir.

Hugo Lachance : Et puis ben oui, je suis avec Benoît Poirier et Simon Doucet-Carrière de Pust. Comment ça va les gars ?

Benoît Poirier : Très bien, ben oui ça va très bien.

Hugo Lachance : On va commencer avec le même segment. L'objectif, c'est vraiment de parler de votre EP éponyme, mais avant ça, j'aime bien poser les mêmes questions à tout le monde histoire d'en savoir un peu plus sur vous autres. Benoît Poirier, c'est un petit gars de où, ça ?

Benoît Poirier : Moi je suis malheureusement natif d’East Angus en Estrie

Hugo Lachance : Pourquoi malheureusement ?

Benoît Poirier : Ben c'est de la marde. Non, on salue les gens d’East Angus

Hugo Lachance : On aime ça saluer du monde à l'Album Podcast. Salut ! OK, puis ton album d'enfance ? Probablement celui dont tu te souviens le plus loin ?

Benoît Poirier : Le premier tape que j'ai acheté, je pense que c'est malheureusement un tape de Kiss.

Hugo Lachance : Ah ouais ? Ça t'a marqué ?

Benoît Poirier : Ben par après, ouais, quand je me suis rendu compte que c'était des caves. J'ai regretté un peu mon achat. Mais ouais, un tape de Kiss, un tape de Maiden. J'avais des cousins qui me passaient de la musique puis c’était plus des trucs en anglais, genre Rust in Peace de Megadeth. Malheureusement Metallica aussi. En tout cas, j'ai beaucoup d'emprises de cette vie malheureuse.

Hugo Lachance : Non, ça a quand même été plutôt bien ! C'est juste qu'on dirait que je tombe tout le temps dans des « hotspots ». Et un peu plus tard, à l'adolescence ?

Benoît Poirier : C’était plus comme Groovy Aardvark et B.A.R.F. qui ont été bien importants.

Hugo Lachance : Ah OK ! J'avoue, moi aussi je les ai rencontrés au début de l'adolescence, Groovy puis B.A.R.F., puis ça change une vie. Et qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ?

Benoît Poirier : CISM. Ah oui, ça c'est malheureux. Non, ce n’est pas vrai, je n’haïs pas ça moi ! Je pense que Rouge FM m’a fait rocher avec « Master » et « Cœur d'été », mais à l'époque ça a quand même été comme les « Power Ballads », particulièrement « Plus de tendresse ». Je te dirais que je garde un bon souvenir de ça quand on revenait le soir d'aller voir la famille. Il y avait le gars qui avait à peu près la voix que j'ai aujourd'hui, il y avait comme des courriers du cœur puis tout.

Hugo Lachance : Cool ça ! Et ton premier instrument de musique ? Comment ça a commencé ?

Benoît Poirier : Ça a toujours été la batterie. Toujours. Moi je ne connais pas le solfège puis d'autres affaires là. J'ai cloué des cannes de plastique dans ma cabane. 

Hugo Lachance : Ça a commencé chez nous sur les coussins du divan, j'ai sûrement fait ça aussi en écoutant Tommy Lee à SolidRock. C'est comme ça.  À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale ou partie prenante de ta vie ? On va le voir plus tard, tu es un gars de musique.

Benoît Poirier : Écoute, je n’ai jamais eu de projet dans la vie. Je te dirais que je suis pas mal « go with the flow », mais ça a fini par juste prendre toute la place tranquillement. Il n'y a pas nécessairement de moment clé.

Hugo Lachance : Simon Doucet-Carrière ? C'est toi ça ?

Simon Doucet-Carrière : C'est moi ça.

Hugo Lachance : Même question. C'est quoi un petit gars de où, toi ?

Simon Doucet-Carrière : Laval, malheureusement. Je ne sais pas si Benoît réalise qu’à Laval, c’est Fabreville, donc l'ouest de Laval.

Hugo Lachance : OK, cool. Et quand tu étais jeune, ton album le plus loin dont tu te souviennes ?

Simon Doucet-Carrière : Écoute, j'ai eu plusieurs phases évidemment. Mais le plus loin que je me souvienne, ça serait probablement bien « classic rock ». Moi les Dark Side of the Moon de Pink Floyd puis Led Zeppelin IV. Je les ai écoutés pas mal quand j'étais jeune, on parle de 12, 13, 14 ans. Sinon en vieillissant un peu plus ado, je suis tombé pas mal dans la culture du skateboard, le skatepunk. Juste les Sum 41, les Millencolin, les soundtracks de Tony Hawk Pro Skater. J'ai dévoré ça quand j'étais jeune.

Simon Doucet-Carrière : Sinon, ben moi mon père est mélomane, il écoutait beaucoup de musique. J'ai grandi pas mal avec du prog.

Hugo Lachance : Ah ouais ? Ça ne paraît pas beaucoup dans l'EP avec des tounes d'une minute et demie, mais ça paraît quand même un peu quand on analyse.

Simon Doucet-Carrière : Un gros fan de « curve ball » à l'intérieur d'une minute et demie ! Mais c'est ça, du bon Genesis, Yes, du « early prog ». J'ai pas mal grandi avec ça puis des moments très formateurs où mon père me disait : « Ça, c'est de la vraie musique, checke ça ». Il mettait une toune de 22 minutes de Yes puis disait que c'était bon.

Hugo Lachance : Ton premier instrument ?

Simon Doucet-Carrière : Guitare. Ma mère avait une guitare acoustique bien poussiéreuse qui traînait dans le garage depuis probablement 20 ans. Elle connaissait deux accords, les accords en Ré entre autres, parce que moi c'est les seuls accords que je connais à la guitare. Ce sont deux très bons accords. Ça fait « Horse with no Name », la toune de ma mère. Shout out maman ! Sinon probablement « Give a Little Bit » de Supertramp.

Simon Doucet-Carrière : C'était une vieille guitare qui traînait, l'action haute de même. Pas de corne sur les doigts, c'était formateur. J'ai fait de la corne pas mal vite.

Hugo Lachance : Et ce moment clé où tu t'es rendu compte que la musique allait être fondamentale ?

Simon Doucet-Carrière : Probablement au milieu du secondaire. Ça a déboulé rapidement au début du secondaire 1, j'ai fait de la guitare classique puis rendu à la fin du secondaire, j'étais déjà dans le stage band, l'harmonie, plein d'affaires. J'ai commencé à jouer avec des bands de garage à 15 ans à peu près. Je les ai enlignés un après l'autre puis j'ai à peu près jamais arrêté.

Hugo Lachance : Tu as été guitariste dans Birmanie ?

Simon Doucet-Carrière : Exact. C'est mon dernier projet qui était actif jusqu'à tout récemment. On a fait quand même une coupe de belles années, un beau 6 ou 7 ans, une coupe de pays.

Hugo Lachance : C'est très bon ! Il y a des liens quand même à faire avec Pust ?

Simon Doucet-Carrière : Absolument. Peut-être que mon background prog ressort un petit peu plus dans des tounes de 8 minutes, mais il y a un gros dénominateur commun je trouve entre le genre de punk garage garoché qu'on fait et le style un peu plus stoner. J’aime pas ça dire ça, mais il y avait un gros volet psychédélique qui s'applique un peu dans les deux cas.

Hugo Lachance : Absolument. Tantôt on discutait qu'on a fait un show ensemble ?

Simon Doucet-Carrière : Oui c'est vrai.  

Hugo Lachance : le pire show de ma vie avec les Junkyard Dogs. 

Simon Doucet-Carrière : C'est dans mon top 3 aussi.

Hugo Lachance : C'est un sentiment partagé ! À L’anse-de-roche, qui est comme passé Tadoussac je pense. Shout out à la famille Junkyard Dogs, GF et tout le monde !

À part ces deux bands-là, as-tu d'autres projets ?

Simon Doucet-Carrière : Ben avant ça, j'ai eu un groupe qui s'appelait Machine Géante, un groupe rock franco. Ça a roulé une coupe d'années.  

Hugo Lachance :  On s'était croisés au Quai des Brumes d'ailleurs, c'est le nom que je cherchais. On se croisait entre le Quai puis l'Esco dans le fameux triangle. 

Simon Doucet-Carrière :Sinon Junkyard Dogs, puis des vieux bands un peu plus gênants avant.

Hugo Lachance : Benoît, tu as un CV quand même assez garni. Je suis allé parcourir ta page Facebook. On va résumer ça : Benoît Poirier travaille chez Pust, Tambour et gérance chez Jesuslesfilles. Le Monde dans le Feu, Jambe, Bonne Journée et biographe chez Bon Enfant.

Benoît Poirier : C'est vrai, je suis le biographe de Bon Enfant.

Hugo Lachance : D'ailleurs, pendant l'entrevue avec Jesuslesfilles, on s'est basés sur ta biographie. Ça a été un plaisir de construire l'entrevue avec ce que tu as écrit. Normalement, une biographie de band c'est un texte assez convenu, assez banal, mais la tienne est tellement bien faite que j'ai tout monté mon entrevue avec ça. Félicitations.

Benoît Poirier : Merci ! C’est aussi écrit dans ma bio Facebook que c'est ça que je fais à cette heure-ci à temps plein, de la rédaction.

Hugo Lachance : Tu as été collaborateur à Voir, Urbania, Vice Québec entre autres. Et la radio ? Tu es un gars de radio ?

Benoît Poirier : Ouais, depuis 25 ans. Animateur, réalisateur, directeur musical à CISM, CHOC, CFX, CIBL, RFI et puis à Radio-Canada.

Hugo Lachance : Est-ce que tu es encore là-dedans ?

Benoît Poirier : Ça s'est terminé il y a un mois. Je suis rendu dans le bois puis je fais de la rédaction.

Hugo Lachance : Wouah ! On se rapproche de Pust maintenant. Pust... ça veut rien dire. Tu peux le prononcer comme tu veux. D'ailleurs, des rédacteurs.  Je vais lire la biographie de Pust : Benoît Poirier à la batterie puis à la voix, plus Simon Doucet-Carrière, ex-Birmanie, à la guitare. Des tounes dans le piton par où ça passe, revirées de bord jusqu'à ce que ça soit assez bien fait pour rentrer dedans. À la fois le fun puis drainant, autant décrissé qu'enligné, jamais trop loin d'achever, probablement « egg punk ». Le nom du band ne veut rien dire by the way, mais parlons-en.  Moi j'ai fouillé! En norvégien, ça veut dire une « breath », une bouffée d'air. En allemand, c'est la deuxième personne du singulier de l'impératif présent de « Pustn », qui signifie souffler. En suédois, c'est une interjection qui exprime la fatigue. C'est aussi un sextuor vocal a cappella fondé à Oslo en 2003. Ben c'est pour ça qu'on a l'air d'avoir des shows de boucane en Europe ces temps-ci ! Et « Pust » veut dire aussi « trou de cul », comme dans la phrase : « Viens ici tout de suite espèce de pust ». C'est quoi la bonne définition dans tout ça ?

Benoît Poirier : Ben tu as clairement plus fouillé que moi ! Je me rappelle que j'avais trouvé une affaire en slovène, mais je n'avais pas fouillé tant que ça. Je trouvais que la racine ressemblait un petit peu à « pu » ou à « pause ». Pour moi, c’est un terme associé aux boomers pour définir les affaires en rupture avec le début du siècle. Je trouvais ça drôle de l'emprunter, mais à la base, c'est juste que je trouvais que ça faisait « poêle ». Ça sonne. Faut juste que je m'habitue à Pust.

Hugo Lachance : Comment vous êtes-vous formés ? Question classique mais essentielle.

Simon Doucet-Carrière : Ben on ne pourrait pas ne pas mentionner CISM, qui était l'employeur de Benoît jusqu'à tout récemment et qui est toujours mon employeur. On s'est rencontrés là dans le monde de la radio. Je suis directeur technique là-bas.

Simon Doucet-Carrière : Ça faisait une coupe d'années que je manifestais mon désir de partir un band un peu plus garoché, un peu moins cérébral, un peu moins méthodique. J'avais essayé de partir de quoi qui n'avait pas marché. On parlait d'avoir un band punk et un moment donné, Benoît est arrivé puis il a dit : « Hé là ! ». J'ai dit OK.

Benoît Poirier : J'avais un peu la même envie. Avec Jesuslesfilles, c'est cool, c'est quand même un peu punk, mais je ne rentrais pas dedans autant qu’à mon goût. J'avais envie de garocher ça mais en restant lié. On était à la même place en même temps puis on se voyait pas mal tous les jours. C'était facile de commencer à fomenter quelque chose. On a commencé en mai 2023.

Hugo Lachance : Votre album, votre EP, est sorti fin juin 2024. On va tomber au segment présentation d'album. On passe à travers tous les crédits pour savoir comment ça s'est fait. Mais avant ça, les étiquettes. C'est chiant à mettre, mais quelle étiquette on pourrait coller à Pust ?

Benoît Poirier : C’est clairement un band punk qui tâte le hardcore. J'aime bien le terme « egg punk ». C'est une question qu'on s'est toujours posée. Le « egg punk » à la base, c'est une espèce de dichotomie qui a été à la mode au début des années 2010. Ça s'oppose au « chain punk » qui est le hardcore très fâché, revendicateur, codifié. Le « egg punk » a un côté plus libre, un aspect affranchi qui m'attirait. Ça nous permet de juste faire les tounes qu'on veut faire puis crier par-dessus.

Hugo Lachance : Dans ma toune préférée de l'album, j'entends un mélange de Motörhead et de Voivod. « Le futur par en arrière », c'est vraiment bon. Et s'il y avait d'autres étiquettes ?

Simon Doucet-Carrière : Écoute, ça laisse place à l'interprétation. Moi j'ai un gros bagage garage de Californie, genre Ty Segall et Thee Oh Sees. Juste des accords majeurs ou presque, c'est pas mal la signature du néo-garage. On blende plein d'affaires. Souvent j'arrive avec les noyaux de tounes, des morceaux de puzzle, puis avec l'intention du texte et la vision, on s'assemble une toune. C'est tellement spontané, on compose tellement vite on the spot qu'il y a plein d'affaires qui ressortent.

Hugo Lachance : On n'a pas mentionné que vous êtes un duo.

Benoît Poirier : On est rendu trois désormais. On a Pierre Brouillette-Hamelin de Ricochet, un gars de Trois-Rivières. Salut Pierre ! Il se joint à nous en live et fait partie du band. Il est arrivé il y a deux ou trois mois. Pour les étiquettes, on a un petit aspect motorique aussi. Tout est tellement condensé dans une minute et demie que c'est dur de dire qu’il y a un bout motorique, mais on ressent ces influences-là.

Hugo Lachance : C'est un EP de cinq chansons qui durent en tout 11 minutes. C'est pas juste du rentre-dedans, on entend quand même vos subtilités. Ça a l'air tellement le fun d'exécuter ces chansons-là.

Hugo Lachance : Le titre : Pust, un album éponyme. Année : 2024. Label : indépendant. Réalisation : Simon Doucet-Carrière et Benoît Poirier. Assistance à la prise de son : Antoine Lacroix. On le salue ! Un gars qui a accepté d'être payé en pizza et en Hanté.

Simon Doucet-Carrière : J'ai fait la guitare et la basse là-dessus. On a tapé live drum et guitare, puis on a ajouté la basse et le vocal après. Ça a été fait à mon ancien local. On était pas mal autonomes pour la production. Fin 2023, début 2024.

Hugo Lachance : Le mixage ?

Simon Doucet-Carrière : Ça a été mixé sur une longue période. Je me suis vraiment amusé dans le mix, j'ai osé faire des trucs que je n'avais jamais faits avant, c'est-à-dire mettre de la distorsion sur à peu près tout. Dans les effets de voix, je voulais que ça sonne comme de quoi de méthodiquement botché. Un botchage calculé.

Simon Doucet-Carrière : J'ai osé faire des trucs que je n'avais jamais faits avant, c'est-à-dire mettre de la distorsion sur à peu près tout. Dans les effets de voix, tout ça. La voix, c'est cool, on dirait qu'elle est un peu partout. On a osé faire des affaires un peu flyées là. Je voulais que ça sonne comme quelque chose de méthodiquement botché. Un botchage calculé. J'ai eu bien du fun à mixer ça.

Hugo Lachance : Est-ce que tu enregistres d'autres bands ou est-ce que tu fais juste ça pour tes projets ?

Simon Doucet-Carrière : Oui, j'ai un petit sideline où je fais de la prod, de la prise de son et du mix. Je fais une coupe de contrats à chaque année. Tout ce que j'ai fait dans Birmanie, ça a tout le temps été fait de cette façon-là aussi : auto-enregistré, auto-mixé, produit par moi. Sinon, je fais des petites piges. Je salue un band d'amis, Ultramarine, que j'ai mixé il y a pas longtemps. Il y en a une coupe d'autres à chaque année. Je dépanne les amis, je fais des prix pas chers. Notez ça tout le monde, si vous tombez dans un moment où je ne suis pas trop occupé, on verra.

Hugo Lachance : Tu me disais tantôt que tu avais aussi une compagnie de pédales de guitare. On peut en parler ?

Simon Doucet-Carrière : Je suis copropriétaire pour une compagnie de pédales de guitare. On salue Fish Circuits, un brand de pédales. C'est un autre sideline, la culture est multiple. Je salue Mike, fondateur et propriétaire. On va mettre le lien dans la description. C'est une compagnie active qui existe depuis deux ans à peu près.

Hugo Lachance : On continue avec le matriçage et un bon mot pour Mathieu Blackburn.

Benoît Poirier : Ah oui, quel bon garçon ! C'est le temps de dire qu'on l'aime. Il sait déjà que je l'aime. Super bon, Mathieu. C'était le premier guitariste de Jesuslesfilles. C'est un gars qui est bien actif dans la scène punk encore; il joue dans UzU, dans Ultra Razzia, puis il fait du mastering. On s'était entendus pour qu'il le fasse. Les mises en ligne sur les plateformes, ça prend un mois. On pensait que ce n'était pas super grave si on arrivait avec trois semaines de délai plutôt qu'un mois, mais la compagnie qui s'occupe de notre mise en ligne, Ambiances Ambiguës, nous a dit que non, c'est vraiment un mois jour pour jour. Mathieu nous a donc roché un mastering en trois jours. Ça a été super.

Hugo Lachance : Bon, on le remercie !

Benoît Poirier : Oui, merci Mathieu d'avoir compensé pour mon retard et ma proximité au deadline ultime. Simon a dû rocher la fin du mix à cause de ça. Tout est bien arrivé au final. L'important c'est que ça soit fait puis qu'on en parle aujourd'hui.

Hugo Lachance : Période d'enregistrement : fin 2023, début 2024.

Benoît Poirier : Oui, surtout la voix qui s'est faite au début de l'année. Le reste, pas mal tout était fait. Quand on a eu cinq tounes, on s'est dit que ça nous prenait cinq tounes. On a fait l'essentiel des basics en deux jours. La voix, ça a pris une coupe de sessions parce que je ne suis pas vraiment un chanteur. Ça donnait ce que ça donnait à des fins de session de voix, fait qu'on espaçait un peu. On a placé bien des trucs du projet durant l'enregistrement; c'était le premier planning clair de l'esthétique et du son. On a pris notre temps pour placer une coupe d'affaires. Il y a des guitares qu'un mois plus tard je me disais que j'allais les refaire. Il y avait un côté créatif qui se faisait au fur et à mesure.

Hugo Lachance : Nombre de pistes : cinq, pour un total de onze minutes. Parlons de la conception de la pochette.

Benoît Poirier : J'ai pas mal tout le temps fait les pochettes de mes affaires. La pochette va apparaître à l'écran : attention, et voilà ! C'est une pochette très minimaliste. J'ai consulté Simon pour la direction artistique. J'avais une coupe d'idées, comme le titre qui s'appelle « Crisser le feu dans les guns ». J'ai fait une frise de guns en feu à l'intérieur du tape, et ces guns-là devaient se retrouver à la base sur le dessus de la pochette. Finalement, ça se retrouve sur les t-shirts. Simon trouvait que c'était plus beau sans ça, fait qu'on a juste décidé de crisser le logo partout bien en évidence. J'ai fait tous les artworks de mes projets. Pour le premier de Jesuslesfilles, on avait même sérigraphié 300 albums en digipack, pliés et collés nous-mêmes. Un peu épais comme projet, mais cool.

Hugo Lachance : Tu travailles bien, tu t'occupes toujours du visuel. Photographie par Caroline Paon et Louis.

Benoît Poirier : Oui, elle avait un assistant cette journée-là pour les photos de presse. Dans les crédits, on remercie Mathieu Blackburn pour le mastering sur le fly et ses mots doux. Merci à Ambiances Ambiguës pour la mise en ligne tout autant sur le fly et pour être aussi nice. Merci à Distorsion d'avoir embarqué tout de suite; c'est pour notre lancement. On avait booké l'Esco le 13 juillet en se disant que c'était entre la noce et le Festif, que le monde serait à Montréal. On a été inclus dans le festival comme after. Ils ont dit oui tout de suite, c'était très gentil. On les salue.

Hugo Lachance : Antoine Lacroix, pour avoir accepté d'être compensé en pizza. Et il y a une mention : « 20 piasses pour le bâtard tabarnak ». C'est quoi cette histoire-là ?

Benoît Poirier : Ça, c'est en fait un de mes albums formateurs du début de l'adolescence, la compilation PollyWog Live. J'aime bien sampler des soundbites de ça. Le « ben tabarnak », c'est quand Groovy Aardvark fait « Le petit bonheur » avec B.A.R.F.. La toune à la base fait 2 minutes 49, mais ils ont fait une version de 5 minutes pour le live parce qu'ils l'étirent. À un moment donné, ils se lancent des balles, puis Marc Vaillancourt dit : « Ah ouais, mon Vince!, Puis Vince dit ben tabarnak ! ». La toune repart après.

Hugo Lachance : On remercie aussi Pierre Brouillette-Hamelin pour la basse du futur. Autrement, vous vous remerciez entre vous.

Benoît Poirier : Oui, d'avoir fait tout le reste nous-mêmes et d'avoir été super bons pour s'encourager entre frérots. Il y a un aspect un peu thérapeutique à ce band-là. Simon et moi, on est deux gars quand même pas mal anxieux, mais on ne l'est pas de la même façon ni au même moment. C'est d'adon, parce qu'il y a toujours quelqu'un pour driver la patente quand l'autre s'énerve un peu en arrière. On prend le relais, on est capables de jaser de tout ça. C'est une thérapie pour nous deux.

Hugo Lachance : Quel est le contexte d'écriture de cet album ? Vous vous êtes réunis pourquoi ? Quel est le thème ?

Benoît Poirier : Tout a été écrit pas mal l'été passé. Ça parle de thèmes d'actualité comme le réchauffement climatique, les feux de forêt, des affaires de même. Mais ce n'est pas full évident quand tu écoutes les tounes parce que je l'amène d'une autre façon. Aussi, on parle du film Arsenault et Fils de Rafaël Ouellette dans « Crisser le feu dans les guns ». Ça parle de la fin du film où des braconniers sont envoyés par la police. Un gars met tous les guns et les animaux braconnés dans un trailer fermé et il crisse le feu dedans pour tout brûler en deux minutes avant que la police arrive. C'est comme impossible, mais je trouvais ça trop fort.

Hugo Lachance : C'est le fun de savoir ça ! Il n'y a pas vraiment de concept à l'album ?

Benoît Poirier : Non, il y a des thèmes et des mots récurrents. On a des mots qu'on aime bien comme « Bucket », ça revient souvent. Il y a des textes qui datent de plus longtemps et d'autres écrits sur le spot.

Hugo Lachance : On poursuit avec « Crisser le feu dans les guns ». On en a parlé un petit peu tout à l’heure, puis je me demandais : à quel point Raphaël va-t-il m’écrire un jour pour que j'arrête de chier sur son film ? J'en parle tout le temps là ! Mais parles-en en bien ou en mal, l'important c'est qu'il faut en parler.

Benoît Poirier : C’est ça, salut ! Ben c'est ça, « Crisser le feu dans les guns », ça part du film dont on parlait tantôt. Pour vrai, il y a un refrain là-dedans, c'est à peu près rien, mais en gros c'est comme : tu tues avec un gun, puis après ça la viande, tu peux la faire cuire avec du feu. Fait que tant qu'à faire, tu peux crisser le feu dans des guns puis tout manger tout de suite, puis c'est réglé.

Hugo Lachance : Ok, c'était ça l'idée. C'est pour ça que j'aime ça faire le podcast, parce qu’on se fait des idées sur les chansons — je répète ça pratiquement à tous les épisodes — mais quand tu écoutes un album, tu te fais une idée d'une chanson, puis là, quand tu parles avec l'artiste qui l'a écrit, ça prend une autre direction. Ah ! Et tu parles de syllogisme.

Hugo Lachance : Un syllogisme, c'est cool ça, ça m'a intrigué. Le syllogisme est un raisonnement logique mettant en relation au moins trois propositions : deux ou plus entre elles, appelées prémisses, qui conduisent à une conclusion. Donc, un syllogisme célèbre : tous les hommes sont mortels, Socrate est un homme, donc Socrate est mortel.

Benoît Poirier : Ouais, c’est un raisonnement défaillant ! C'est pour ça que je dis : comme tu peux tuer avec un gun, tu peux faire cuire avec du feu, donc tu peux manger le gun. 

Hugo Lachance :Bravo ! C’est ça, bravo, je suis content, ça se tient bien.

Benoît Poirier : Ben merci ! Puis musicalement, moi je trouve que c'est elle qui représente, à mon avis, le mieux l'ensemble de l'album. Je trouve... non mais je ne sais pas, 

Hugo Lachance : parce que c'est une question qui s'en vient dans le fond et que je pose à tout le monde, on peut y répondre tout de suite : sur l'album, ça serait quoi la toune qui représente le mieux le groupe ? Si tu avais à faire écouter une chanson pour dire « regarde, ça c'est mon band », ce serait laquelle ? Moi, à mon avis, c'est celle-là.

Benoît Poirier : Ben on a débattu super longtemps. Il y a cinq tounes et on essayait de se faire une tête sur laquelle on sort en single. Je pense qu'on n'est toujours pas plus calés là-dessus, mais Simon tendait pas mal vers « La cendre au grand complet » pendant un bout de temps.

Simon Doucet-Carrière : Ouais, je pense que c'est elle. « Crisser le feu dans les guns », je l'aime beaucoup aussi, mais je pense que musicalement c'est moins représentatif parce que c'est un mid-tempo. C'est une chanson plus lente, un peu plus « Motorhead », un peu plus que les autres. Il y a du groove dedans alors que les autres tounes sont vraiment plus rentre-dedans en général.

Hugo Lachance : Elle marque une pause intéressante dans l'album, ce tempo-là.

Simon Doucet-Carrière : Bah oui, c'est toute une question de contraste. Ralentir un petit peu pour mieux accélérer après, le fameux 3-4, et voilà ! Mais excellente chanson. Puis la guitare aussi, un très bon riff je trouve.

Benoît Poirier : Merci ! Des accords majeurs, on ne s'en sauve pas.

Simon Doucet-Carrière : Moi c'est mon côté peut-être un petit peu plus inspirations 80s ou 90s, un peu comme Husker Dü ou Poison Idea, ce genre de punk crotté mid-tempo. Puis avec des accords de refrain un petit peu plus complexes, qui tendent un peu plus vers le hardcore peut-être. Il y a un petit côté... ouais, c'est ça que j'aime.

Hugo Lachance : C'est ce que j'aime aussi, parce que ce ne sont pas juste des power chords non plus.

Simon Doucet-Carrière : J'aime bien le contraste, justement, entre le refrain qui est un petit peu plus complexe harmoniquement — je sors des gros termes — et les couplets qui sont super rock garage, super bébelle là.

Hugo Lachance : Bien merci. On poursuit avec « Un des peu ».

Benoît Poirier : Ok, un des peu... parce qu’avec des écouteurs, je me rends compte que ma voix défaillait sur une couple de fins de phrases là-dessus, c'est drôle ! Mais c'est bon, c'est ça que j'aime.

Hugo Lachance : Je ne dirais pas que c'est la plus représentative du EP, mais je pense que c'est quand même ce qui pourrait bien résumer le son du band, ce qu'on fait désormais et ce qui s'en vient. C'est mon feeling, je ne sais pas ce que tu en penses ?

Simon Doucet-Carrière : Écoute, moi je l'adore cette toune-là. Je serais prêt à dire que c'est pas mal ma préférée du EP. J'aime bien les choix qu'on a faits dans cette toune-là, je trouve. La basse qui embarque plus tard dans la toune, je trouve ça intéressant. Juste guitare-drum au début, c'est particulier. Le vocal qui embarque dré en partant, le breakdown... on a comme un bridge-breakdown, chose qu'on n'a pas refaite à date. Je trouve qu'il y a des curve balls le fun dans cette toune-là, et je trouve que, encore une fois, c'est cuisiné avec peu d'ingrédients. C'est bien fait.

Benoît Poirier : Ouais, c'est comme : « Ok, on va où ? La guite a un son, la basse a un son... ben on ne mettra pas de basse puis on va y aller ». Faut avoir les bons ingrédients quand tu cuisines avec peu.

Simon Doucet-Carrière : Exactement. Puis c'est aussi, je pense, la première toune qu'on a faite avec des gang vocals où on est plusieurs à chanter à l'unisson dans le refrain. Je trouve que ça sort super bien. Je ne veux pas être un prophète, mais je pense que ça va revenir souvent dans la prochaine.

Hugo Lachance : Ben cool ! Les paroles : faut en avoir de collées pour être un des peu.

Benoît Poirier : Ouais, ben ça, ça parle du 1 %. « Un des peu », c'est ma traduction de « one of the few ». Ok, j'aime beaucoup le côté engagé.

Hugo Lachance : On achève avec « La cendre au grand complet ».

Simon Doucet-Carrière : Donc, « La cendre au grand complet », ça c'est un bon exemple de Simon qui veut mettre des curve balls partout. Il y a plein de breaks, des changements de tempo, puis c'est aussi une de nos trademarks je pense, on aime bien faire des arrêts.

Benoît Poirier : Ouais ! Puis c'est ça, là-dedans on entend des gang vocals plus ma voix. J'avais bien déjeuné ce jour-là, j'étais en forme ! J'ai décidé de beurrer là. Mais oui, c'est un peu plus technique comme toune, des petits breaks là. On a essayé d'y aller au maximum de nos capacités point de vue technique, mais aussi nos capacités physiques, parce que la finale est intense en tabarnak !

Hugo Lachance : Ouais, je pense que ça doit être assez intense un show de Pust, c'est sûr et certain.

Benoît Poirier : Ouais, c'est la toune avec laquelle on finit le set là, puis ça finit très bien. C'est vraiment un gros cri puis ça pique, un espèce de bordel à la fin.

Hugo Lachance : Il n'y a pas de toune faible sur le EP je trouve, tant mieux. Il n'y a pas beaucoup de chansons, mais je préfère ça. On n'a pas le temps de s'ennuyer. Tantôt tu parlais du côté un peu plus crasseux, je pense que c'est une des premières fois qu'on a appliqué ça, justement. Ça pique là, je donne tout ce que je peux tout le long et il n'y a aucun trou, il n'y a rien, il n'y a pas un espace pour respirer. Tout est plein, puis ça, c'est un move que j'aime bien dans Pust, justement : saturer au maximum.

Hugo Lachance : C'est un bon exemple parce que le EP, je l'ai écouté à peu près 15 fois dans le char en descendant au Saguenay. Quand tu l'écoutes en arrosant le gazon chez nous, pas trop fort, tu vois vraiment la différence et toutes les subtilités qui apparaissent.

Simon Doucet-Carrière : C’était le fun point de vue mix et vision de la toune. C'était cool de s'économiser un peu pour que la finale lève encore plus. Comment on fait pour donner le 3-4 % de plus juste à cette section-là ? Je ne me rappelle pas comment j'ai fait, mais ça a marché. Tu as comme compressé le drum un peu, tu as mis une petite disto ou quelque chose.

Simon Doucet-Carrière : Ouais, c'est sûr. Dans celle-là, il y a un genre de bridge où il n'y a pas de basse, c'est juste guitare et un backbeat de drum. Ça aussi, ça fait qu'on s'économise un peu là-dedans, puis après ça redécolle. J'ai fait des affaires bizarres avec des layers un peu weird et tout, ça a été bien le fun à réaliser et à mixer.

Hugo Lachance : Les paroles ?

Benoît Poirier : Ça parle des feux de forêt. L'année passée, quand Montréal était recouverte de smog, ces affaires-là. Fait que ça dit de crier trois fois « lapin, mon lapin, lapin, lapin » pour ne pas que le feu vienne sur toi. Ah oui ? C’est vrai, c’est une superstition, je me rappelle de ça !

Hugo Lachance : On passe à la dernière toune, ma toune préférée de l'album : « Le futur par en arrière ».

Simon Doucet-Carrière : C'est aussi notre tentative de faire du métal pour vrai ! C'est vraiment un mélange de plein d'affaires. Comme tu disais, c'est de loin la plus métal, on va mettre des gros guillemets. Mais il y a clairement une vibe heavy metal 78, puis il y a des punchs qui reviennent ici et là. Ça, c'est moi qui a écouté à peu près une minute de NOFX pour m'inspirer, je me suis dit « comment ça marche ? ». Puis là j'ai écouté et il y avait plein de punchs, alors je me suis dit qu'on devrait faire ça. Bonne idée ! C’est un mix de plein de belles inspirations.

Hugo Lachance : Moi je la trouve vraiment bonne, c'est ma préférée. Pour les paroles : le futur par en arrière, plus que demain, moins qu'hier... faut mettre ses écueils à la bonne place. C'est vrai en tabarnak !

Benoît Poirier : Écoute, ça parle que ça achève. C’est pas mal ça que ça dit. C'est la deuxième toune qu'on a faite, ça s'est fait pas mal aussi vite que la première, puis pas aussi vite que toutes les autres tounes qu'on a faites. Le texte, on a placé ça vite vite, en 15 minutes.

Hugo Lachance : Je suis content d'en discuter avec vous autres parce que les paroles deviennent de plus en plus claires. Ça ne remet pas tout en question, mais ça réaligne un peu l'écoute. Ça va vite ! Quand tu dis que tu l'as écouté 15 fois, c'est 2 h 30 de ta vie.

Simon Doucet-Carrière : Mais pour vrai, moi c'est ça que j'aime aussi. Je suis un fan de prog, mais j'aime ça quand les albums sont plus courts et qu'il y a moins de remplissage. J'ai plus l'intention de le réécouter après. Ça passe super bien, ce n'est pas du temps perdu, c'est investi !

Hugo Lachance : Segment Rafale. Là on est rendus au top 3. C'est sûr que c'est bizarre de faire un top 3 quand il n'y a que cinq tounes sur le EP ! Moi je l'ai fait pareil. Mon top 3 : « Crisser le feu dans les guns », « La faute de la boîte » puis « Le futur par en arrière ». Pour vous autres, ce seraient quoi vos tounes préférées ?

Benoît Poirier : Ah, c'est dur à dire. N'importe qui qui a déjà enregistré de la musique sait qu'il y a tellement de phases. Au début on les aime, on les jamme, c'est la petite lune de miel. Après ça tu te mets à mixer, là tu es en christ, tu es tanné. Puis là tu reçois le mastering et tu es comme « ah, ça sort bien finalement ! ». Ça a changé plusieurs fois, mais je te dirais qu'aujourd'hui « Un des peu », je la trouve très forte. « La faute de la boîte », je la trouve super forte. « Crisser le feu dans les guns », juste parce qu'elle est différente des autres, je l'aime beaucoup aussi. C'est le top 3 du moment.

Simon Doucet-Carrière : « Un des peu », moi ça a longtemps été celle où je trouvais que ça ne se passait pas pantoute. Finalement, je trouve que c'est celle qui sort le mieux. C'est vrai que des fois, il y a des détails de mix qui font que ça finit par se placer. Le mastering a aussi balancé des affaires de façon intéressante. Ça rentre plus que ça rentrait. Des fois, ce sont juste des petites virgules, de replacer des trucs. On a découvert ça à travers le processus d'enregistrement et de mix.

Simon Doucet-Carrière : Au début, c'était un gros challenge parce que c'était notre premier release. Il fallait trouver l'esthétique, le son, comment placer la voix, comment intégrer les trucs. J'ai essayé différentes balances dans les premiers rough mix, puis des fois, ça tenait juste à un détail : un layer de plus à la voix ou un vocal un petit peu moins fort, et là c'est devenu ma préférée.

Benoît Poirier : Puis des fois tu te rends compte que tu en as trop fait pour rien aussi ! Au contraire, il y en a qui marchaient rapidement en jam, qui prenaient vie super vite, et après ça a été des challenges de production. Ça a été long dans le processus de mix parce que Simon appliquait des techniques différentes à chacune des tounes pour essayer de trouver celle qui allait marcher le mieux pour ensuite réappliquer ça aux autres. C’était chronophage, mais ça nous a permis de trouver la meilleure couleur.

Simon Doucet-Carrière : Je trouvais ça important de donner une couleur au EP et que ce soit très homogène. Je me suis dit que j'allais essayer des affaires un peu flyées, dans les sons de guitare, de drum, dans la voix. Est-ce qu'on veut que la voix se faufile entre les trucs ou qu'elle soit plus large et assumée ? Quand on a trouvé une formule dont on était satisfaits, on est partis avec ce plan-là.

Hugo Lachance : Ça paraît, parce que moi je trouve que la production est comme le troisième membre du band. On sent que c'est recherché mais quand même retenu. Ça donne une belle couleur, une unité et une identité sonore au band. Je trouve que c'est bien réussi pour ça.

Simon Doucet-Carrière : Je trouvais ça vraiment important d'avoir quelque chose de « signature », un caractère. Ça aurait été facile de tomber dans le plus traditionnel, une réalisation plus moderne. Je me suis quand même un petit peu cassé la tête pour essayer d'aller plus loin que ça. Je ne dis pas ça pour diminuer personne, mais je trouvais ça important d'aller trouver l'élément de plus.

Hugo Lachance : Pour les shows, vous en êtes à combien ? Un seul ? Ce serait quoi la meilleure toune du EP en spectacle ?

Benoît Poirier : Ben je pense que « La cendre au grand complet », qui finit le set, ça lève en christ !

Simon Doucet-Carrière : J'allais dire ça aussi. C'est une bonne toune de show parce qu'il y a tous les éléments, il y a bien des breaks. C'est un peu plus impressionnant techniquement. Puis il y a un bridge qui drop; c'est la toune qui va le plus haut et le plus bas en même temps. C'est un éventail d'émotions.

Hugo Lachance : Bon choix. L'album est disponible en format cassette, sur Bandcamp et sur les plateformes. Qu'est-ce qui s'en vient pour Pust ? Un autre EP ou un album complet ? Allez-vous récupérer les tounes du EP ?

Benoît Poirier : La suite reste à déterminer, mais on tape un autre EP cet automne. Après, reste à voir si on fait un album avec les deux ou pas. On n'est pas encore rendus là, on évalue les stratégies. Mais le prochain EP est écrit ! On travaille là-dessus. C'est pour ça que j'ai mal aux mains, parce qu'on a fini de l'écrire hier.

Hugo Lachance : Ah ouais ? Ok ! Pour sortir quand ?

Benoît Poirier : Ça dépend à quelle vitesse Simon mixe ! On verra bien. En 2025 qui sait ? Mais ça va sûrement sortir l'année prochaine. On ne va peut-être pas sortir ça de façon indépendante non plus, on est en repérage de label. À suivre.

Hugo Lachance : Pour finir, le moment du défi : j'invite mes invités à inviter quelqu'un d'autre au podcast.

Benoît Poirier : Quelqu'un nous a pitchés ? Ah non, ça vient de mon cœur. Bon ben, j'aimerais rendre l'appareil. Je ne pitche personne, vous n'aviez qu'à nous pitcher ! Non, c'est vrai. « Crab » ! Bonne idée ça, Crab.

Hugo Lachance : Parfait, le défi est lancé pour Crab. Merci les gars, c'était vraiment vraiment cool ! J'espère qu'on va avoir des nouvelles de vous bientôt.

Benoît Poirier : Il y a des affaires qui se passent à 100 %, c'est juste qu'on ne sait pas encore exactement quoi.

Hugo Lachance : Merci Simon, merci Benoît ! On se revoit pour un prochain épisode de l'Album Podcast. Et voilà !