Reanimator : Commotion
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Reanimator Site officiel : https://reanimator.bandcamp.com/album/commotion
Reanimator sur Instagram : https://www.instagram.com/reanimatormtl/
Pour cet épisode électrisant de L’Album Podcast, l’animateur Hugo Lachance s’est déplacé à L’Assomption, s'installant directement entre les fûts de la microbrasserie Le Fermentor. Autour de la table : Patrick Martin (voix) et Frank Labelle (batterie), deux des piliers incontournables de la scène métal québécoise.
Enregistré le 17 juin 2024, cet entretien jette un pavé dans la mare en décortiquant leur dernier opus, Commotion (2022), tout en dressant un bilan lucide et passionné de l'évolution du Thrash Metal au Québec.
[00:01:46] // Une grande première technique à L'Album Podcast
[00:18:42] // La genèse de Reanimator et la symbolique derrière le nom
[00:25:31] // État des lieux et vitalité de la scène métal au Québec
[00:29:30] // L'anecdote savoureuse du concert improvisé avec Exodus
[00:30:38] // Les coulisses de leur performance avec Municipal Waste
[00:31:59] // Carnet de route : les secrets de leur tournée en Europe de l'Est
[00:43:05] // Décryptage de la pochette signée par Fred Bizier, le bassiste du groupe
[01:34:35] // LE SEGMENT : Réponses niaiseuses à des questions niaiseuses
Bâti en 2005, Reanimator s'est rapidement imposé comme le porte-étendard d'un « Thrash 80s » rafraîchissant, combinant habilement la rapidité d'exécution de Metallica à l'énergie festive et décomplexée de Municipal Waste. Fiers de leurs racines lanaudoises, les musiciens ont trimballé leur hargne des scènes locales jusqu'aux planches internationales, notamment lors du mythique Thrash Scratch Fever Tour 2014 en Europe, s'imposant régulièrement aux côtés de pointures comme Anonymus.
Leur album Commotion, propulsé par l'étiquette Bam & Co, marque un véritable sommet créatif pour le quintette. Enregistré entre le Grid Studio et le Studio Badass, l'opus a été confié aux mains expertes de Jef Fortin (Anonymus) pour le mixage, accouchant de 10 pistes d’une efficacité chirurgicale :
Commotion : Une entrée en matière explosive qui donne le ton et définit l'agressivité globale du disque.
Anti-Sobriety : Un hymne festif et déchaîné dont le vidéoclip s'offre une collaboration de luxe avec la légende de la scène alternative, Vincent Peake.
The Ditch : Une ode brute aux fins de soirées brumeuses qui s'étirent jusqu'aux petites heures du matin.
Terry Fire : Un morceau lourd qui démontre toute la force narrative et l'art du storytelling propre au Thrash Metal.
Cette rigueur professionnelle a valu au projet une reconnaissance majeure de l'industrie, se soldant par une nomination au Gala GAMIQ 2023 dans la catégorie « Album Heavy de l'année » — une distinction que la formation avait déjà raflée en 2015 avec l'album Horns Up. Comme le soulignait le média international Dead Rhetoric : « Reanimator peut livrer sur tous les fronts pour gagner un attrait souterrain et grand public avec Commotion. »
L'épisode jette également une lumière crue sur l'écosystème du métal au Québec. Malgré un boycott historique des grands médias traditionnels, le genre affiche une santé de fer. Porté par un regain d'intérêt dans la culture populaire et par la solidarité indéfectible d'une communauté de fans tissée serrée, le métal québécois continue de faire vibrer les sous-sols et de remplir les salles.
Le timing a été d'une justesse chirurgicale : Franck mettait la touche finale aux pistes de batterie le jour exact où le premier lockdown national a été décrété. La production a dû être mise sur pause forcée avant que l'équipe ne relocalise les pénates du studio dans le sous-sol de la maison de Jeff et Pat à L'Assomption. Quant aux textes, les membres les rédigeaient au grand air, assis dans des parcs montréalais, entourés de caisses de bière et armés de dictionnaires de synonymes sur leurs téléphones portables.
Pat et Marc-André se détendaient tranquillement dans un parc lorsqu'un appel impromptu leur a appris qu'ils étaient parachutés en première partie d'Exodus aux Foufounes Électriques... le lendemain soir ! Alors qu'ils étaient encore étudiants sur les bancs du collège, les membres du groupe ont dû clore leurs examens en vitesse avant de foncer en catastrophe vers Montréal pour partager la scène avec l'une de leurs plus grandes influences musicales.
Pat admet candidement n'avoir jamais suivi de formation ou de technique vocale traditionnelle. Il a forgé son timbre écorché et sa puissance au fil des ans, sur le tas, en s'improvisant chanteur. Sa recette secrète pour conserver ce grain de voix si particulier ? Ce qu'il appelle avec humour une « bonne vieille diète de métal » : fumer, consommer de l'alcool et manger du bacon.
Le choix du nom s'est arrêté entre 2004 et 2005. À cette époque, le mouvement nu-métal dominait largement les ondes et l'industrie, et les membres trouvaient que le Thrash Metal traditionnel était devenu complètement mort. Ils ont donc baptisé le groupe ainsi avec la ferme intention esthétique de « réanimer » le genre des années 80, une mission réussie sur toute la ligne.
Fondé en juillet 2017 à L'Assomption par Patrick Martin et Jeff Fortin, Le Fermentor prouve qu'on peut être métalleux et rassembleur. Bien que géré par des passionnés de musique lourde, le pub se veut un espace inclusif ouvert à toute la communauté locale. L'ambiance sonore y est principalement axée sur le hard rock, leurs canettes de microbrasserie sont distribuées aux quatre coins de la province, et l'établissement invite même les clients à venir jouer au Yahtzee le dimanche après-midi.
Sur cette composition ultra-rapide, Franck a repoussé les limites physiques de l'instrument en brisant la barre des 240 BPM pour faire grimper le tempo à 250 BPM à la noire. Une vitesse d'exécution vertigineuse que même le réalisateur de l'album, Jeff Fortin, jugeait particulièrement audacieuse et risquée pour l'enregistrement.
Quelle est l'anecdote concernant le tournage du clip « Anti-sobriety » ? Le clip a été tourné en partie dans le studio de tatouage de Fred à Montréal, car ses murs blancs rappelaient un bureau de médecin. Vincent de la formation Agressor y joue le rôle du « Doctor Rock » qui prescrit de la bière à un patient incapable de supporter la sobriété.
Sources et revues de presse :
Chronique de Metalnews.fr, 16 septembre 2022.
Critique de Matt Coe, Dead Rhetoric, 28 décembre 2022.
Reportage de Maxime Pagé, Thorium Magazine, 11 septembre 2022.