Transcription de l’épisode avec Reanimator : Commotion
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Nous sommes le 17 juin 2024 à L'Assomption, au Fermentor, et aujourd'hui on fait quelque chose de spécial parce qu'on va avoir besoin d'un outil tout le monde ensemble pour passer à travers l'épisode. Alors que vous soyez à la maison, en auto ou en train de faire dormir vos flos, prenez votre poing tout le monde à la hauteur du visage : on sort l'index, on sort l'auriculaire. On va avoir besoin de ça pour cet épisode de l'Album Podcast.
Hugo Lachance : Salut tout le monde, merci d'être là. Avant de commencer de vous présenter mes invités, je tiens à vous inviter à vous abonner sur Spotify, on va faire un tour aussi sur Apple Podcast. C'est super important de vous abonner à ma chaîne YouTube, ça fait extrêmement plaisir et c'est vraiment motivant. Vous savez quoi faire : vous pouvez laisser des petits commentaires et vous pouvez aussi laisser des étoiles sur le podcast, c'est vraiment apprécié. Alors aujourd'hui, l'épisode est présenté par le Fermentor parce qu'on est avec Reanimator!
Franck : Yeah ! Salut !.
Pat : Salut !.
Hugo Lachance : Bienvenue les gars.
Pat : Ben ça fait plaisir d'être là.
Hugo Lachance : On est au Fermentor parce que c'est ton bar dans le fond, une microbrasserie.
Pat : Exactement, ouais. À moi et Jeff Fortin d'Anonymus et Joannie, ma copine; on est trois propriétaires.
Hugo Lachance : Cool, on va en parler un petit peu plus tard. Merci de nous recevoir, on est là pour parler de votre album Commotion. J'avais vraiment hâte de faire cet épisode-là et j'ai vraiment trippé de faire ça aussi. Vous êtes les premiers qui répondent à l'appel d'un invité du podcast parce qu'à la fin du podcast, il y a le moment du défi. C'est là que je vous demande de suggérer un artiste à participer au podcast, puis c'est Marc-André de Ô Voleurs!, le petit coquin, qui vous a invités. C'est la première fois en 23 épisodes que ça marche, fait que bravo ! Les oreilles ont dû vous siller pendant l'épisode avec Ô Voleurs! parce qu'ils parlent de vous autres évidemment. On salue Marc, il y a du vieux sang de Reanimator là-dedans.
Hugo Lachance : Le 26 décembre 2018, Yanick Klimbo Tremblay pour voir.ca écrivait à propos du Fermentor, justement où nous sommes aujourd'hui : « place tenue par deux métalleux que sont Jeff Fortin d'Anonymus et Patrick Martin de Reanimator ». Cet endroit se veut parfait pour aller se taper un snack avant une représentation et vous pouvez même y retourner après un dimanche, une bonne pinte tout en jouant au Yahtzee, et tu viens de meubler ton après-midi. De plus, il y a toujours une liste musicale bien pulpeuse pour accompagner ta partie. Raconte-moi l'histoire de cette microbrasserie-là, comment ça a commencé votre affaire ?.
Pat : Ben ça a commencé là, on a ouvert ça en 2017. En juillet 2017, on a ouvert le pub ici à L'Assomption, mais avant ça Jeff brassait de la bière à la maison chez eux. Moi aussi, j'avais brassé un petit peu chez nous, mais jamais autant que Jeff. Jeff, c'est vraiment le druide de la place. C'est dans un backstage de show à un moment donné, Reanimator puis je pense que c'était Mass Murder Messiah dans le temps, le band de Jeff. On a fait un show ensemble au Petit Campus; dans le backstage on jasait de bière de microbrasserie. Puis Jeff me dit : « moi j'aimerais ça partir un projet un jour, mais tout seul ça me tente pas, j'ai pas trop de partner ». Il me dit : « si jamais ça te tente, lance-moi un wack ». Moi, c'était un de mes rêves mais je pensais jamais le faire parce que justement, moi non plus j'avais pas de partner. Je pense que le lendemain matin à 7 h 30, j'avais un texte : « on le fait ». Fait que là, on s'est mis à travailler le produit. Jeff brassait de la bière sans arrêt chez eux; à chaque trois semaines on embouteillait ça et on donnait ça à nos chums. On faisait des partys, on amenait rien qu'on buvait. Là, on a magasiné des locaux. Moi je venais de L'Assomption ici, je suis un natif de L'Assomption fait que je savais que ça manquait ici depuis quelques années. Il n'y avait plus de microbrasserie à L'Assomption, il y avait eu Star dans le temps mais il était parti. Jeff et Joannie étaient à Saint-Marthe-sur-le-Lac puis on checkait dans le coin. Finalement, on est tombés sur le local ici, une ancienne imprimerie, la plus vieille bâtisse à L'Assomption. On a fait « ok, c'est ici que ça va se passer », l'espèce de feeling taverne un peu, c'est cool. Fait qu'on a ouvert en juillet 2017 et depuis ce temps-là ça roule.
Hugo Lachance : Là vous embouteillez, enfin vous encanettez ?.
Pat : On met notre bière en canette aussi dans les dépanneurs. Le gros du projet se passe au pub ici, mais on distribue un peu aussi partout au Québec. On invite les gens à arrêter à L'Assomption nous voir, c'est sûrement moi qui va vous servir votre pinte.
Hugo : Quand on parle de musique, c'est juste métal ici ?.
Pat : Non, pas pantoute. Ce n'est pas juste métal et c'est rarement même métal je dirais, c'est plus hard rock, genre du Van Halen qui va jouer. De temps en temps, on fait une soirée métal une fois par mois, on appelle ça le Mercredeath, genre on blaste du Cannibal Corpse. Mais sinon, on veut quand même rester accessible un peu pour la population. Oui c'est rock, mais c'est pas métal en général.
Hugo Lachance : On voit souvent ça avec l'alcool et la bière dans le métal, ça fait partie de la culture, comme Iron Maiden ou Metallica qui font du whisky. En 2024, si un band n'a pas un produit alcoolique, c'est pas vraiment un band. Vous êtes tous des musiciens de Lanaudière, comment a évolué la scène musicale de la région ?. C'est quoi les groupes forts dans Lanaudière à votre avis ?.
Pat : Ben nous autres ça fait longtemps, je sais qu'on roule depuis 2005. La scène se renouvelle pas beaucoup, mais c'est sûr qu'on en a vu passer beaucoup. Tu sais, Ô Voleurs! c'est un nouveau band et c'est cool à avoir, mais ça reste des bonhommes comme nous autres, ce n'est pas des jeunes. On est des bonhommes.
Hugo Lachance : Il y a quand même Conflit Majeur que j'ai rencontrés chez Chamard à Repentigny. On a fini par jaser et avoir du fun. Fait qu'un de ces jours, cet album-là sera invité à l'Album Podcast.
Franck :: Mais pour prendre le rebond de ta question, c'est vrai qu'après notre génération d'âge, il y a un gros trou de bands après nous autres. Là je vois, moi je travaille dans des salles de spectacles au Vieux Palais ici, on essaie vraiment de faire renaître la scène locale. On voit là, les 18-19 ans, il y a une clique, il y a des bands, il y a des jeunes qui veulent faire de la musique. Ça ressort.
Franck : J'ai l'impression qu'après nous... j'ai été longtemps prof de musique aussi avec un de mes collègues, Julien Lefort qui est dans Ô Voleurs! justement, on enseignait ensemble. Toutes nos élèves qu'on a eus à l'époque quand on avait 18-20 ans, ils ont eu des bands après nous autres. Il y a eu le band Open Your Mind qui a roulé un méchant bout, il y a eu Salvation qui a roulé beaucoup dans le coin. Mais quand ces bands-là ont arrêté, on a comme eu un cinq ans où on dirait qu'il n'y avait plus rien dans la scène locale. C'était tout notre gang qui repartait des nouveaux bands.
Pat : Tu as raison, c'est ça pareil, ça fait genre 25 ans que tu fais de la musique puis tu startes un nouveau band. À mon avis, ce qui fait que la relève peut avoir de la misère à se renouveler justement, c'est qu'il n'y avait pas de venues, pas d'endroits où jouer. Quand toutes les salles sont 18 ans et plus, il n'y a aucun endroit où jouer. Si je repense à l'époque quand nous on était mineurs, il y avait plein d'endroits où jouer à L'Assomption. On pouvait jouer au Couloir chez le Père Georges, toutes les écoles secondaires faisaient des shows. Il y a comme eu un roll back au Vieux Palais jusqu'à tant qu'ils n'autorisent plus les shows, fait que ça l'a vraiment... il y a eu une corrélation entre ça, les salles qui faisaient plus de shows et l'internet aussi qui a chié le monde.
Hugo Lachance : On va vous présenter. Je pose toujours les mêmes questions d'introduction. On va commencer avec toi Pat, c'est un gars de où ?.
Pat : Je suis un gars d'ici, de L'Assomption. Born and raised !.
Hugo Lachance : Oh yeah ! Puis ton album d'enfance, le plus loin que tu te souviennes ?.
Pat : Je dirais que la première cassette que j'ai achetée, c'était le premier album des Colocs. C'était la première cassette que j'ai écoutée à la corde. Puis après ça, ça a été genre Enema of the State de Blink-182 et le Big Shiny Tunes 4, des classiques.
Hugo Lachance : Puis ton album d'adolescence ?.
Pat : Mon adolescence, c'est dur, mais je pense qu'un des albums que j'ai le plus écoutés, c'est genre Crime of the Century de Supertramp.
Hugo Lachance : Ah ouais ? Je n'attendais pas rapport. Puis qu'est-ce que je vois dans le char de tes parents ?.
Pat : Dans le char de mon père, pas grand-chose, genre la radio. Dans le char de ma mère, c'est genre du Kevin Parent, du Éric Lapointe puis du Céline Dion.
Hugo Lachance : Tu as gardé des vestiges de Kevin ?.
Pat : Kevin je l'aime ! J'aime Kevin !.
Hugo Lachance : Quel album de ta collection caches-tu à tes amis ?.
Pat : Moi je cache rien, je suis bien à l'aise, j'ai rien de honteux dans ma collection. Tu sais, j'ai bien des albums de Marjo.
Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale dans ta vie ?.
Pat : Je ne m'en suis pas vraiment rendu compte, c'est venu tout seul. J'avais des chums qui avaient un band au secondaire puis leur chanteur avait quitté; moi j'étais juste le gars qui était là. J'ai pris le micro, je me suis mis à gueuler dedans, j'étais pourri. Ils m'ont crissé dehors, enfin ils ont trouvé un autre chanteur. Puis dans le bus, il y avait genre des gars plus jeunes que moi qui jammaient ensemble du death métal et ils cherchaient un chanteur. J'ai dit : « je vais essayer avec vous autres les gars ». Ces gars-là étaient Maxime Cormier et Étienne Boucher, des premiers membres de Reanimator en 2005 avec qui j'ai parti le band à l'époque. Je ne savais pas chanter pantoute, j'avais aucune idée de ce que je faisais, je m'improvisais. Avec le temps, je me suis scrapé les cordes vocales suffisamment pour avoir une bonne voix. Fumer, boire, manger du bacon, c'est une bonne diète de métal. Voilà, il n'y a pas de secret, j'ai pas de technique.
Hugo Lachance : Franck, toi tu n'es pas un gars de L'Assomption ?.
Franck : Ben en fait, comme Pat dit, par adoption. Moi je viens de L'Épiphanie à la base qui est à côté d'ici. La scène de l'Épiphanie, je l'avais sur le cœur quand j'étais jeune, on était une petite gang bien serrée.
Hugo Lachance : Cool. Puis ton album d'enfance, le plus loin que tu te souviennes ?.
Franck : Le plus loin que je me souvienne, c'est Americana de The Offspring. C'est le premier album que j'ai acheté avec mon argent, j'ai dû l'acheter quatre fois je pense parce qu'il était scrap.
Hugo Lachance : Ton album d'adolescence ?.
Franck : Loco Live de Ramones, sans aucun doute. Je l'ai écouté again and again and again, il est incroyable. Quand j'ai découvert les Ramones normaux après, j'étais comme « c'est pas le même band », j'ai jamais été capable, c'est trop vite, n'importe quoi. J'ai aimé les Ramones pour leurs albums studio.
Hugo Lachance : Puis qu'est-ce que tu vois dans le char de tes parents ?.
Franck : Pink Floyd, Queen et Harmonium. Harmonium, c'est le band de ma famille, j'ai ce band tatoué sur le cœur, ça a toujours joué dans l'auto.
Hugo Lachance : Puis quel album caches-tu à tes amis ?.
Franck : Le monde le sait, je suis un très, très gros fan de Céline Dion. Tous les albums francophones de Céline Dion, je ne le cache pas, mais je pourrais le cacher en tant que métalleux, mais j'adore Céline.
Hugo Lachance : Est-ce que tu te remets de sa maladie ? Comment tu prends ça ?.
Franck : Je trouve ça plate qu'une si grande diva soit clouée au sol. Je ne sais même pas de quoi elle est malade.
Hugo Lachance : C'est une raideur, une maladie dégénérative super rare. Patrick, dans le fond, je suis tombé sur un site qui donnait des informations sur vous autres. Travail de jour : électromécanicien.
Pat : Ça, c'est mon ancien métier, ouais. Maintenant c'est le Fermentor. J'ai été électromécanicien pendant 10 ans. Ça doit faire 8 ou 9 ans que j'ai arrêté parce que le Fermentor va avoir 7 ans cette année.
Hugo Lachance : D'autres projets musicaux : TB et Tabarnak ?.
Pat : Ouais, TB c'est avec Franck aussi, un band qu'on avait en français un peu. On l'a mis sur la glace, on n'a jamais dit qu'on arrêtait mais on l'a mis sur la glace. On a roulé un bout et on chantait en français. Tabarnac, c'était un hommage à Offenbach que j'avais avec des anciens membres de Reanimator, on a roulé un bout aussi.
Hugo Lachance : C'est comme le dernier jam avec WD-40, on s'installe puis ça va les gars. Franck Labelle, drum, travail de jour : technicien de scène et tueur à gages ?.
Franck : Oui, ben oui, tueur à gages sur le côté un peu. Avec la pandémie c'était compliqué, je ne peux pas tuer du monde sur Zoom. Johnny Bitches, ça a été mon premier band quand j'étais au secondaire. On vient de se reformer, on est en train d'enregistrer du nouveau matériel. C'est punk rock hardcore dans le fond. Moi j'ai toujours eu des bands de punk à côté, à part Reanimator qui est thrash métal, mais je suis vraiment un gars de punk rock à la base. J'ai toujours joué dans des bands de punk dont Les Dorothée. Avant, ça s'appelait Salope, mais ils ont changé de nom quand ils ont signé avec une compagnie de disques. Hommage à Pennywise et Ta Mère à Jarret aussi, c'étaient toutes des vieilles affaires. Je suis très énergique sur scène, je fais beaucoup trop de faces de cul en jouant. J'ai un personnage de scène qui est assez exubérant, tout le contraire de moi dans la vie.
Hugo Lachance : On se rapproche de Reanimator. Parlez-moi de la formation, comment c'est arrivé ?.
Pat : J'ai commencé à en parler tantôt. Dans le bus au secondaire, j'ai rencontré Max Cormier et Étienne Boucher qui jammaient déjà ensemble avec un ami qui s'appelait Julien Couture. On a enregistré le premier démo en 2005 dans mon garage, autoproduit avec une Delta Force à 4 entrées. C'était ardu, c'était n'importe quoi. Le premier démo s'appelait Living for Murder. Il y a eu plein de membres, je pense qu'il y a eu 15 membres dans Reanimator, ça fait 20 ans. Franck est arrivé peu de temps après qu'on a commencé à faire des shows. Notre premier show c'était ici, au Vieux Palais à L'Assomption, organisé par Marc-André qui est devenu notre gérant pendant un bout. Il nous a bouqués sur un show au Saphir et un show à Hull avec les gars d'Insurrection, on était déjà un peu plogués dans la scène. Les gars étaient jeunes au début, fait que le sérieux n'était pas trop là, ils aimaient mieux des fois aller jouer au soccer que de jammer. À un moment donné, moi puis Max Cormier le bassiste, on a fait un ménage. C'est Franck qui est rentré au drum après et Mathieu Allard qui est rentré à la guitare. Julien Lefort, qui est dans Ô Voleurs!, est rentré aussi en 2006.
Hugo Lachance : Pourquoi le nom Reanimator ? Est-ce que c'est un rapport avec le film ?.
Pat : Oui et non. La réflexion qu'on a eue en 2004-2005, c'est que le thrash métal était fucking mort. Dans les années 90 et 2000, le thrash n'était pas fort, le métal était ailleurs. On voulait réanimer le thrash un peu, fait que ça fait avec ma question. Vous avez fait votre créneau avec un style thrash des années 80 qui mélange groove, party et mosh pit. On pense à des bands comme Anthrax, Nuclear Assault, Metallica, Exodus, Kreator. Comment expliquez-vous ce retour du thrash métal ?.
Pat : Il y a eu un gros revival vers 2008-2010 avec Municipal Waste. Internet a aidé à découvrir ce qui s'est passé dans le passé. Moi puis les gars à l'époque, on a découvert Kreator ou Sodom sur internet, il n'y avait pas de Kreator au HMV ou au Music World. Il y a eu l'âge d'or du métal, après ça c'est tombé dans le grunge, puis il y a eu le nu-métal au début des années 2000. Mais il y a eu des bands old school qui ont sorti des cris d'albums, comme Exodus avec Tempo of the Damned en 2000 ou Testament avec The Gathering. On est tombés sur ces albums-là, tabarnac ça rentrait au poste ! On a découvert leur vieille discographie des années 80 et on se demandait pourquoi personne n'écoutait ça à l'école. Pourquoi tout le monde écoutait Children of Bodom ?. On était des kids, on trouvait ça fucking bon. C'était aussi une réponse aux bands de métal du début 2000 qui étaient trop overproduced, trop manicurés. On avait besoin de quelque chose d'un peu plus core, plus vrai. C'est ce qui explique le revival de 2007.
Franck : Moi à mon époque, c'était vraiment le crossover avec D.R.I.. J'ai commencé à écouter du métal en 86 quand j'étais vraiment jeune, à 10-11 ans. Il y a le facteur cool aussi, le thrash métal party : on s'en fout, on se pète la face. Ce sont des vagues. En 2008, l'album Rust in Peace avait 20 ans. Tes parents pouvaient avoir écouté ça et t'avoir légué leur collection.
Hugo Lachance : Comment se porte la scène métal au Québec ? Est-ce qu'on en parle assez dans les médias ?.
Pat : Je trouve qu'elle est un peu tranquille dernièrement. Depuis le retour de la pandémie, c'est crissement tranquille. Tu parles des médias, mais heureusement il y a des Voivod qui font rayonner le Québec, des Cryptopsy aussi, ça c'est cool. Mais localement au Québec, c'est vraiment tranquille. Même les promoteurs sont moins là, il y a de moins en moins de shows. Quand il y a des shows internationaux, souvent ce sont des tournées déjà préprogrammées sans bands locaux en ouverture. Nous on a vécu ça au milieu des années 2000, on a fait bien des premières parties de gros bands qui venaient en tournée et ça nous a aidés. Aujourd'hui les bands arrivent en package. L'économie en général est dégueulasse, les gens ont de la misère à sortir ou à acheter des albums. Reanimator est en composition, on ne fait pas tant de shows parce qu'il n'y a pas d'occasions.
Hugo Lachance : Votre discographie : Neighborhood (2007), Exodus Album (2009), Ignite (2013), Up (2015), Commotion (2022). J'ai consulté les moments forts du groupe dans votre biographie, je vais en nommer quelques-uns. Prestation au Trois-Rivières Metal Fest en 2007 ?
Pat : C'était complètement fou ! C'était avec le lineup dont je parlais tantôt : Julien, Mathieu, Franck et Max Cormier à la basse. On s'était ramassés sur le lineup du Metal Fest en 2007 à la Bâtisse Industrielle, notre premier gros show. Il devait y avoir un bon 400 personnes facilement, peut-être plus. Je me rappelle pas honnêtement du band de Yann Bercier, on a joué avec eux autres à Saint-Jérôme.
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Hugo Lachance : Chapitre 12 : L'anecdote du show avec Exodus.
Pat : C'est genre mon band préféré de trash métal ! Oui, puis justement, Marc-André et moi, on chillait dans un parc ensemble puis le lendemain c'était le show d'Exodus aux Foufs. Moi j'avais déjà mes billets puis là, Marc reçoit un appel de Galy de Galy Records à l'époque. Il parle au téléphone, puis il me dit : « Pat, j'ai un deal de show pour toi qu'on ne peut pas passer de côté ». Oh, ça c'est... je dis : « C'est quoi le deal de show ? Je m'en vais voir Exodus tabarnac ! ». Il me répond : « Tu vas jouer pour Exodus tabernac ! ».
Pat : Oui, on a chillé aux Foufs. On manquait l'école, on était encore au collège, on avait des examens pour aller jouer à Montréal. On a fait l'examen, puis on est partis. La vibe était cool. Les gars d'Exodus étaient un peu froids, mais sans plus, c'était très formel.
Hugo Lachance : Chapitre 13 : L'anecdote du show avec Municipal Waste.
Pat : Pour le spectacle avec Municipal Waste, ça, c'était très cool ! Je ne me rappelle pas comment on s'est ramassés là-dessus, mais de soirées de fous ! Je pense que c'était la deuxième fois que Municipal Waste venait à Montréal puis c'était les Foufs pleins à craquer. Il y avait Cauldron de Toronto aussi, puis nous autres. Il y avait du monde à la messe, mon gars, ça n'avait aucun sens !
Hugo Lachance : Ça, c'était avant pour l'album Exodus Album ?
Pat : Non, c'était en 2009. C'était pour The Last of the Party Animals. On a fait une tournée de « party » dans les Maritimes en 2009 et 2010. Ouais, ça dans le fond, dans le temps on faisait des shows qui s'appelait « Aggressor ». On se promenait, on faisait souvent des shows en Ontario, des shows dans les Maritimes, des shows au Québec. Puis on a fait deux tours en Maritimes avec les autres, c'était assez marquant parce que c'était de la brosse en tabernac ! C'était cool. On avait les boys d'Agressor, dont Bry qui tournait juste avec une taie d'oreiller et de la poudre pour bébé dedans, c'est tout ! Pour mettre de la poudre pour bébé sur sa peau. Des boys, c'était ça ! On le salue.
Hugo Lachance : Chapitre 14 : Tournée en Europe de l'Est. Ensuite, la tournée européenne « Trash Scratch Fever Tour » en 2014.
Pat : Ouais, mais ça dans le fond, c'est quand le lineup a changé plus tard. Fred et Phil sont rentrés en 2010. Max Cormier était revenu à la guitare, mais quand on a fait la tournée en Europe, Max n'était déjà plus là, c'était Ludo qui était rentré. On a fait une tournée en Europe de l'Est. On a fait la République tchèque quand même, c'était très cool, c'était débile ! C'était vraiment une tournée genre « défrichage ». C'était nous autres en headline avec des bands locaux dans chaque ville. On a fait la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque puis la Lettonie. Wouah ! On est partis là-bas, on avait une VAN avec un driver, un trailer. On avait loué le gear là-bas puis ça a été deux semaines de brosse, mais c'était malade !
Hugo Lachance : Avez-vous gardé une base de fans là-bas ?
Pat : Ben ouais ! Même quand on est arrivés, on avait des fans, on ne comprenait pas, mais encore une fois : merci Internet ! Il y a des shows qui étaient incroyables. Dans le nord de la Pologne, on a fait un show un mardi, il devait y avoir genre 400 personnes ! Wouah ! Aucun sens, les gens nous arrachaient le linge, ils agissaient comme si on était les Beatles ! Oui, c'est fou, fou, fou ! Ça devait être « fucked up ». Vraiment ! Il y a des shows où on arrivait puis il y avait genre deux personnes, c'était une tournée de même, c'était « weird ». Mais oui, on a gardé des contacts, mais on n'est pas retournés depuis puis ça fait quoi... ça fait 10 ans de ça. On aimerait bien ça, on a tellement de places dans le monde où on veut aller aussi !
Hugo Lachance : Tournée du Québec en première partie du groupe Anonymus.
Pat : Ben ouais ! Ça, c'est avant l'histoire du Fermentor et tout ça. Je veux dire, on a fait bien des shows avec Anonymus dans le temps. On s'est promenés pas mal avec les autres. On s'entend qu'Anonymus, c'est quand même un nom notable au Québec. On a aussi noté dans notre biographie les nominations de Up et de Commotion dans la catégorie « Album Heavy de l'année » au Gala de l'ADISQ en 2015 puis en 2023. En 2023 : Beyond Deviation, Kataklysm, Get the Shot qui a gagné encore. On a encore perdu ! Get The Shot, c'est vraiment une fierté québécoise, ces gars-là sont fous ! Les gars sont pratiquement tout le temps autonomes sur tout, ils s'auto-bookent, ils s'auto-gèrent, ce sont des malades ! Je ne les connais pas beaucoup mais ils sont super « low profile ». Tu devrais même les inviter au podcast parce que JP, le chanteur, si on l'agace il va se faire un plaisir de venir ! Il fait peur avec ses tounes, mais c'est une perle, c'est un amour.
Hugo Lachance : Chapitre 15 : SEGMENT : Présentation de l'album. C'est là qu'on passe à travers tous les crédits d'album, parce que c'est important de souligner ça. Titre : Commotion. Année : septembre 2022. Label : BAM.
Pat : Ouais, c'est la boîte Boîte à Musique, exactement.
Hugo Lachance : Réalisation : Alexandre Gagnon, Carlos Pimentel et Dani S.
Pat : Ben ça, c'est sur les vidéos. Dans le fond, c'est eux qui ont réalisé l'album et qui l'ont sorti, c'est la gang de BAM.
Hugo Lachance : Musiciens : Fred Bizier à la basse, Franck Labelle au drum — bon job merci beaucoup ! — Joel Racine et Phil Mires aux guitares, puis évidemment à la gorge, Patrick Martin.
Hugo Lachance : Chapitre 16 : L'écriture des paroles.
Pat : Ben pour cet album-là, on a écrit les paroles toutes en band. C'est la première fois qu'on faisait ça. Les autres albums, c'était moi qui écrivais les paroles surtout, ou presque, mais pour Commotion, on a pris le temps de les écrire en band puis j'ai vraiment aimé ça ! C'était cool en crisse.
Hugo Lachance : Comment ça marche ?
Pat : Ben c'était pendant la pandémie. Ce qui est arrivé, c'est qu'on avait composé la musique, on avait écrit des paroles pour plusieurs tounes, mais il restait une coupe de tounes à écrire. On était rentrés en studio pour recorder le drum le jour où ils ont déclaré la pandémie. J'étais en studio quand ils ont déclaré le Lockdown ! J'étais en train de finir les drums de Commotion. La phase de drum s'est faite sur deux jours au complet. Le setup prend une journée, puis le recording finit la première journée. La deuxième journée, on finissait les drums puis on a eu le Lockdown cette journée-là. Ça a déclenché pas mal tout ça.
Franck : D'habitude avec Jeff, ça va pas mal vite d'habitude !
Pat : Ben c'est ce qui est arrivé dans le fond, on était pognés genre tout le monde chez nous, on ne pouvait plus rien faire. On a mis pause sur le projet d'enregistrement puis là on s'est mis à essayer de finir les tounes. Il y avait plein d'affaires où on avait les drums mais pas fini la musique, on n'avait pas fini les lyrics, on en avait qu'on a changés, puis il y a des tounes où on avait zéro lyrics. Ce qu'on faisait quand on pouvait se rencontrer, c'était dans un parc. Ouais, on allait dans un parc à Montréal à côté de chez nous, on s'achetait une caisse de bière — un band de parc ! On écrivait dans le parc, on sortait un sujet. On avait un pad ou sur nos cells, on checkait des dictionnaires de synonymes puis on écrivait des lyrics ensemble puis on en discutait.
Hugo Lachance : Studio : Badass Studio et Drum Badass Studio enregistré au The Grid Studio.
Pat : En fait, on a travaillé tous nos albums depuis Great Balls of Fire avec Jeff Fortin qui est notre producteur et réalisateur. Avant on enregistrait au Badass Studio qui était à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, mais comme vous le savez, Sainte-Marthe a été inondée. Le studio de Jeff était dans l'inondation ! Jeff n'avait plus d'endroit pour enregistrer physiquement, fait qu'on est allés travailler au studio de Chris Donaldson, au Grid. On a enregistré les drums là-bas avec Jeff et Pichon qui est venu aider pour la prise de son.
Pat : Le tweak, c'est que justement il y a eu l'inondation quand le studio était installé chez les parents à Jeff. Nous on avait déjà parti le Fermentor puis Jeff et moi, on était colocs dans une maison à L'Assomption. Quand il y a eu l'inondation, il a tout ramené son studio à L'Assomption dans le sous-sol de la maison ! Fait que le studio était chez nous. Une fois que Franck a fait ses drums au Grid, le reste ça s'est tout tapé chez nous pendant la pandémie quand on pouvait se voir. C'était un gars à la fois qui venait chez nous et on tapait ça.
Pat : On est des maniaques de la préproduction, on préprode vraiment beaucoup ! Maintenant, on ne compose plus vraiment avec la formule standard de band où tout le monde joue en même temps. On compose beaucoup en sectionnel. Souvent on se rassemble deux ou trois membres ensemble, puis ça part presque toujours maintenant de Fred Bizier notre bassiste. Souvent c'est lui le main songwriter au niveau des riffs. Fred rencontre soit Phil ou Joël, ils finissent par trouver des nouvelles idées, puis après ça en band on fait des arrangements. On écrit tout, on fait des partitions de tout. Depuis 2 ans, Franck a son studio à L'Assomption et Reanimator est locataire steady du studio. On a le setup sur place au local et on peut faire des prépro sur place. Si on a besoin d'aide, Jeff n'est pas bien loin parce que son studio est rendu à l'usine du Fermentor à Lavaltrie. On a accès à deux studios professionnels, « easy » !
Hugo Lachance : Prise de son, mastering et mixage : Jeff Fortin. Période d'enregistrement : pendant la pandémie.
Pat : Ça a été longtemps, l'album a commencé à recorder fin 2020. Plusieurs invités ont fait des albums pandémiques. Dans 10 ou 15 ans, on va voir ça comme un « peak » dans les statistiques. Ça a été vraiment long parce que ce qu'on a sorti en 2022, ce sont des affaires qu'on a composées en 2017, 18 et 19 ! J'ai hâte de voir avec le recul ce que cette pandémie-là aura apporté à la musique.
Hugo Lachance : Chapitre 17 : La pochette.
Pat : C'est Fred Bizier notre bassiste. C'est lui qui a fait le dessin de la pochette à 100 %. Fred fait tous nos artworks depuis qu'il est dans le groupe. Fred est illustrateur et tatoueur de formation, les concepts viennent presque toujours de lui.
Hugo Lachance : Attention, on va la faire apparaître : un, deux, trois ! Le dessin est vraiment hallucinant, c'est fou le temps qu'il a passé là-dessus.
Pat : Il nous a montré un Time Lapse de tout. C'est fou le travail qu'il a mis là-dedans, c'est un d'artiste autant musicalement que visuellement. C'est un fou ! Il sait comment dessiner. Il a fait ça sur iPad. Il n'est jamais content, mais il a du talent.
Hugo Lachance : Comment abordez-vous le visuel ?
Pat : On aime ça créer un univers parce qu'on a une mascotte qui s'appelle le Réanimateur qui est comme un personnage d'outre-espace qui vient de l'enfer. Souvent avec les chansons, on aime ça créer un univers, un « lore » par rapport au band, puis les illustrations s'inspirent de ça. Pour cette pochette-là, on a laissé carte blanche à Fred. Je me rappelle lui avoir donné une couleur : « Je veux que ça soit rouge ». C'est pas mal ça ! Puis il nous est arrivé avec ça. On n'a pas le choix d'utiliser ça, c'est génial ! C'est vraiment métal, tu peux le regarder longtemps et il y a du détail.
Hugo Lachance : Graphisme : Alexandre Gagnon pour le layout de la pochette. Il y a une grosse photo en arrière, c'est Dan qui l'a prise quand on a fait le vidéoclip pour Entirety. C'est Simon L'Ancien et Dan L'Ancien qui ont fait la vidéo avec nous autres.
Hugo Lachance : Chapitre 18 : Le jeu des étiquettes. Où se situe Commotion dans le spectre métallique ?
Pat : C'est très thrash métal traditionnel, du crossover. On dirait du métal classique mais avec une prod plus léchée. Comme du Exodus mais version 2000 en montant, avec des riffs des années 80. Des solos de guite, des vocales un peu à la Exodus. On ne s'éparpille pas, ça reste thrash même s'il y a des sections un peu plus funky de temps en temps.
Hugo Lachance : Décrire le groupe au moment de l'enregistrement ?
Pat : C'était le premier album qu'on allait recorder avec Phil Mires, le dernier membre rentré en 2017. Toutes des tounes qu'on n'avait pas composées avec Phil, on avait hâte de mettre ça sur maquette pour montrer à tout le monde ce qu'on pouvait faire avec le nouveau lineup. On était excités ! Puis la pandémie nous a donné un bon coup de cochon en tabarnak. Mais ça a été bon parce que ça nous a permis de retravailler les tounes au maximum. À la fin, on se dit qu'on ne peut pas la mettre mieux que ça.
Hugo Lachance : Chapitre 19 : SEGMENT : Ils ont dit.
Hugo Lachance : Metalnews.fr écrit le 16 septembre 2022 : « Je vous invite à découvrir un pur album de trash épais et conséquent, truffé d'idées addictives et rempli de pièges en BPM affolés ».
Pat : C'est vrai que c'est épais ! Je ne suis pas sûr mais oui, c'est épais !
Hugo Lachance : Maxime Pageau, le 11 septembre 2022 pour Thorium Magazine : « Commotion est un album qui s'écoute bien du début à la fin et se démarque autant par son côté rapide et agressif que par son côté catchy. Les gars de Reanimator n'ont absolument rien à envier aux grands noms du thrash métal ».
Pat : Ben merci Maxime ! De beaux éloges.
Hugo Lachance : On va l'écouter cet album-là. Est-ce que vous réécoutez vos albums souvent ?
Franck : Non, quand ils viennent de sortir oui, pour le processus, mais sinon soir voir non.
Pat : Ça m'arrive une fois de temps en temps et je pleure, c'est beau ! Non mais tu fais de la muse, à un moment donné tu as tellement écouté les fucking tounes que tu es écœuré. J'ai écouté Commotion en char il n'y a pas longtemps, c'était pour quand on a sorti le vinyle, fallait que j'écoute le master.
Hugo Lachance : Chapitre 21 : Commotion.
Pat : On voulait une intro à l'album. C'est Fred qui nous est arrivé avec ça, on l'a fait ensemble. On voulait de quoi de « martial » un peu, genre « préparez-vous, ça s'en vient dans votre face ! ». On voulait commencer avec un solo, ce qui est plus long que l'habitude.
Hugo Lachance : « Commotion » met la table. Des twists rythmiques là-dedans ?
Pat : Oui, c'est ce que j'aime de notre musique maintenant : il y a beaucoup de twists rythmiques qui ne paraissent pas tellement, mais on joue beaucoup avec les signatures rythmiques. On essaie de faire passer ça de la façon la plus digeste possible.
Pat : Une fois, on avait un show à Chicoutimi, Fred ne pouvait pas jouer, on n'a pas eu le choix de jouer avec un playback. J'ai fait un vrai playback : j'ai pris les tracks studio de « Commotion », j'ai envoyé juste la track de basse dans une DI qui s'en allait dans son ampli. Ce n'était pas dans le PA, c'était comme s'il jouait pour vrai ! On joue toujours avec un métronome live. Ça a marché ! C'était trop « short » en temps pour trouver un remplaçant.
Hugo Lachance : Chapitre 22 : The ditch.
Pat : Moi j'adore cette toune-là, je pense que c'est une de mes préférées sur l'album. Elle est fun à chanter et elle représente le Reanimator d'une certaine époque. Quand on a écrit les paroles, plein de gars dans le band sortaient d'une période « weird » de leur vie : période de party sale, de mauvaise relation amoureuse, d'hygiène un peu malmenée... c'est la « brosse » que ça représentait à l'époque ! Une grosse brosse.
Pat : Musicalement, on voulait faire du classique Reanimator, très « square box », très « headbanger ». Ça marche, c'est cette toune-là qui m'a accroché.
Hugo Lachance : Chapitre 23 : Burnt by the witch.
Pat : Ça fait longtemps qu'on voulait se faire une toune un peu plus mid-tempo, plus lente. On n'en avait pas vraiment avant celle-là. On avait bien trippé sur Impact is Imminent d'Exodus. C'est genre un riff super simple mais où tout rentre au poste, et ce sont les vocales qui font la job.
Pat : Julie à L'Assomption a écrit qu'elle voulait savoir c'est qui la sorcière qui a inspiré ça ! Ben ça revient à ce que je disais tantôt : c'est une période où on était un peu tous croches, on a vécu des relations houleuses. C'est la sorcière qui nous a amenés au bûcher !
Hugo Lachance : Chapitre 24 : Terry Fire.
Pat : « Terry Fire », ça, c'est notre toune un peu plus rock and roll. De base, on voulait revenir à notre essence « thrash and roll ». Quand on a écrit ça, l'inspiration, c'était exactement « Danger » — je me souviens, c'était un gars sur le net qui faisait des vidéos. C'était un gars qui avait un coupe-l'œil puis qui faisait des jumps en skidou, mais dans le gazon. Espèce de gars sur le net, il faisait des vidéos, on écoutait ça, il y avait un malaise, puis il faisait des jumps en skidou. On se disait : « crisse de gars-là » ! Puis il y a aussi le fait qu'il y a le band Terry Fire; on a découvert un band de thrash métal de Vancouver qui s'appelle Terry Fire.
Pat : C'est un thrash rock, mais avec beaucoup, beaucoup trop de « layers » pour le contenu. Souvent, les tounes s'écrivent toutes seules parce qu'on avait le concept du gars, puis là on avait le cascadeur en trois roues. C'est super visuel, je commence à le voir. C'est ça qui est le fun de faire le podcast, parce qu'on voit en profondeur les tounes puis là on apprend des affaires que je n'aurais jamais imaginées, des « acid trips ».
Hugo Lachance : On y avec Chapitre 25 : L'appel du vide.
Pat : Ça n'a pas été facile, ça. Ça fait depuis le début qu'on voulait faire une toune en français puis qu'on n'arrivait pas à le faire. C'est la seule toune en français qu'on a eue avec Reanimator. J'avais eu l'expérience d'écrire des tounes en français auparavant, puis ça, c'est Fred qui a participé beaucoup aux vocaux. Moi, ça me faisait peur parce que ça rentre au poste. On s'est dit qu'on allait y aller. Je me rappelle, c'est Fred qui est arrivé avec le thème de « L'appel du vide ». Ce n'est même pas juste tomber dans le vide; c'est genre quand tu as une espèce de réflexe épais, genre tu roules en char et tu te dis : « je pourrais me crisser dans le décor » ou « je pourrais frapper ça », même si je l'aime. On a écrit une toune là-dessus en français, puis en « ending », ça rentre au bout avec un breakdown à la fin qui est brutal, ça fait mal. Je me rappelle quand on écoutait les mix, on avait des frissons, tabarnac ça rentre !
Hugo Lachance : Chapitre 26 : Le travail des guitaristes Phil et Joël. Les solos sont hallucinants.
Pat : On se fait un point d'honneur d'écrire des riffs qui sont vraiment extrêmement bons parce que souvent, quand tu fais des solos métal, le problème c'est que si tu tiens juste un accord de Mi, le gars n'a pas de viande pour faire son solo. Fred écrit beaucoup les riffs de solo en conséquence; il y a beaucoup de changements derrière. C'est tellement bon, les solos sont tellement travaillés. Tout est écrit, note pour note, selon le mood de la toune. Ce sont des malades, les gars !
Pat : Il y a beaucoup de « dive bombs », il y a un côté cliché dans les solos, mais à un moment donné tu tombes dans la performance pure, c'est réfléchi et bien fait. Ce sont deux guitaristes qui ont une grande culture musicale et qui ont étudié en musique. On s'est tous connus à l'époque au Cégep en musique, on est tous des gars qui ont étudié en jazz. Les gars se servent de ce background-là pour écrire. Une fois que la toune est faite, c'est comme une autre séance de composition de leur côté, puis ils nous présentent les solos après; ce sont tout le temps des « masterpieces ». Ça paraît que c'est écrit, c'est bien fait. On les salue, les gars. Ils ont vraiment un style chacun à eux. Phil, c'est plus comme Marty Friedman, avec beaucoup de « bends » et une grande culture guitaristique.
Hugo Lachance : Chapitre 27 : Necronomicunt.
Pat : Je me souviens exactement quand le titre est venu. On revenait de la Cité 2000, il y avait moi puis Fred, et on écoutait du métal. C'est l'histoire d'une espèce de pute zombie de l'apocalypse. Dans le fond, ce sont encore des histoires de relations avec des filles, c'est comme enterrer une relation. C'est l'histoire d'un gars qui tue sa femme et qui l'enterre, mais elle revient en zombie pour se venger. C'est très imagé, très cartoon.
Pat : On s'est questionnés sur bien des affaires par rapport à la censure, avec l'époque de « la liste ». J'ai eu peur pour les gens que je connaissais. Mais ça reste une crisse de bonne toune, et c'est très métal comme affaire. Si tu lis le texte, tu comprends que c'est décalé, style « Evil Dead ». C'est un renversement, c'est elle qui gagne à la fin.
Hugo Lachance : On continue avec Chapitre 28 : Anti-sobriety. Vidéoclip tourné ici ?
Pat : En partie. L'autre partie s'est faite au « shop » de tatouage à Fred, pour la scène du bar. On a travaillé avec Vincent d'Agressor, c'est une légende partout. Comment ça s'est passé avec lui ? Facile, on le côtoyait souvent dans les shows. Quand on a fini la « record », j'ai dit : « ok, là il y a une histoire ». On s'est assis et on a écrit un synopsis : ça nous prenait un « Doctor Rock » au Québec. On avait une liste, il y avait Vincent, il y avait Mononc' Serge. On a choisi Vincent, c'est un trip de thrash. Il est devenu le « Doctor Rock » du vidéoclip. Le concept, c'est un gars qui veut arrêter de boire, mais il se rend compte qu'arrêter de boire, ça ne le fait pas filer. Il va voir le médecin et le médecin lui prescrit d'arrêter d'arrêter de boire, il lui prescrit de la bière.
Hugo Lachance : Chapitre 29 : Jouer dans Reanimator quand on est sobre.
Franck : C'est une bonne question, mais moi j'adore ça. Je n'ai jamais bu de ma vie, jamais pris de drogue, jamais fumé une cigarette en 36 ans d'existence. J'aime le party et j'aime ce que ça fait ressortir chez les gens.
Pat : C'est lui qui nous drive, on est comme ses marionnettes quand on est chauds. Il a plus de fun que nous autres, il est constamment chaud par procuration.
Franck : Je conduis, c'est ça. Je m'assure qu'on est toujours en sécurité après les shows et que les gars peuvent faire le party comme ils veulent.
Hugo Lachance : Chapitre 30 : La bière "Anti-Sobriety".
Pat : On a brassé une bière Reanimator. Quand on a sorti l'album, on a choisi un single et on a brassé la bière « Entirety ». Je me rappelle exactement du moment au studio quand on a fait les « backing vocals », on buvait et on tapait des verres ensemble. Jeff a dû couper des affaires parce que c'était très grivois. C'est une idée à Joël à la base.
Hugo Lachance : On continue avec Chapitre 31 : Wretched affliction.
Pat : C'était la première toune que notre guitariste Philippe a amenée. C'est un morceau un peu différent des autres. Cet album a eu beaucoup de premières : premier mid-tempo, première toune en français, et « Wretched Affliction », c'est la première toune de Reanimator en 6/8, en ternaire. C'est un autre vibe. Au début, on se demandait si c'était encore du Reanimator, mais dès que j'ai mis les vocales, c'est là que c'est devenu clair.
Pat : Ça m'a fait peur au début, c'était dur pour moi de savoir comment placer mes voix, c'était trop métal compliqué pour moi. On a commencé à écrire sur une terrasse à Montréal : ça parle d'une bête qui pète tout et qui tue tout. J'ai essayé un style de vocal un peu plus « clean ». J'ai chanté dans des hommages au rock auparavant et j'ai pensé récemment à essayer de placer un peu plus de « clean », mais ma voix ne me permet pas de monter. Le fait d'avoir crié autant et d'avoir fumé, je ne suis pas pour chanter du Céline !
Voici la retranscription intégrale de la source R4.docx, traitée avec l'expertise requise pour respecter la langue québécoise et l'intégrité de vos instructions. Conformément à vos consignes, les paragraphes ont été complétés, les tics de langage ont été supprimés, le nom de l'animateur a été remplacé par Hugo Lachance, et la ponctuation originale a été conservée.
Transcription : L’Album Podcast — Reanimator (Album : Commotion — Suite et fin)
Hugo Lachance : Chapitre 32 : « Heads or tails ». C'est une toune qu'on oublie souvent, mais je suis d'accord, elle est vraiment cool. C'est l'avant-dernière toune de l'album, celle que tout le monde arrête d'écouter avant la fin.
Pat : C'est la contradiction, dans le fond. C'est vraiment le thème général, ça parle de contradiction quand tu as besoin de faire un choix. C'est difficile pour les gens autour de moi qui ont de la misère à faire des choix. C'est une crise de toune, vraiment bien faite, avec un super solo de basse,.
Hugo Lachance : Chapitre 33 : Le travail de la basse de Fred. Il est cool le solo, vraiment. J'en parlais tantôt parce que ce que tu disais, c'était plus comme un « walk », mais là c'est vraiment un solo. C'est vrai, c'est vraiment chouette,.
Pat : On aime ça donner de la place à Fred parce que Fred, en plus d'être un bassiste exceptionnel et un songwriter exceptionnel, c'est un guitariste exceptionnel. Souvent, il va prendre la place qu'il faut qu'il prenne dans la toune, mais on aime ça lui en donner. Pour vrai, ça n'a pas de sens sa main droite, ça n'a aucun rapport. On essaie de trouver des endroits pour justement qu'il puisse « shiner », parce qu'il va prendre juste la place qu'il faut. On a notre modus operandi : autant moi que Fred, on veut toujours faire ce qui est important pour la toune, jamais pour nos égos de musiciens. C'est toujours ce qui sert le mieux la toune. Les guitaristes aussi, mais ça reste des guitaristes pour la frime,.
Hugo Lachance : C'est un peu un rappel, moi je le voyais comme un rappel du vieux Reanimator, parce que notre premier bassiste, Maxime, c'était un bassiste qui jouait un peu à la Cliff Burton, avec beaucoup d'expression et beaucoup de « feel » de basse.
Pat : Fred a un style beaucoup plus carré, à la Jason Newsted. C'est ça qu'on veut maintenant, mais c'est un peu un clin d'œil à ça aussi, au passé de Reanimator qui avait vraiment du « bass hero playing ». Moi je trouve ça intéressant et je pense qu'on va peut-être refaire ça dans le futur, on verra.
Hugo Lachance : On y va avec la dernière toune : « Out for justice ». Chapitre 34 : « Out for justice ».
Pat : C'est la première toune qu'on a écrite pour l'album. Ça a été long à mettre des... non ce n'est pas vrai, c'est moi qui avais écrit les lyrics à 100 %. Ça faisait longtemps que je traînais ce texte-là, je l'ai fini tout seul, je m'en rappelle.
Hugo Lachance : Tu as une anecdote là-dessus ?
Pat : Je me rappelle, avec Fred on était dans le sous-sol où j'habitais chez Kev à l'époque. On a fait cette toune-là, et c'est la première fois qu'on passait la barre des 240 BPM, ce qui est très, très, très rapide. Je me rappelle que Jeff nous demandait à combien on était rendus, et je disais : « on est rendus à 250, je suis capable, je suis capable ! ». Jeff disait : « tu es sûr que tu veux faire ton drum à 250 ? ». J'ai dit oui. Quand les gars sont venus pour apprendre ça, ils m'ont traité de débile mental : « c'est quoi ça, tu veux que je me branche à 250 à la noire ? ». Ça parle au monde,.
Hugo Lachance : Elle est dure à jouer ?
Pat : Je l'aime vraiment, et l'écrire a été facile. C'est un thème que j'avais en tête depuis un bout, quelque chose de classique : on est là pour la justice, le gouvernement. Je ne suis pas un poète, mais je veux que ça ait de la gueule. J'avais tellement « overkill » dans la toune, comme du Bobby Blitz, ça je suis content, c'est mon Bobby à moi,.
Hugo Lachance : On va jouer un petit jeu, le petit jeu niaiseux des choix. Ok, parfait. Metallica, Anthrax ou Megadeth ?
Pat : Megadeth ! Consensus, Megadeth pour nous c'est important.
Hugo Lachance : Franck ?
Franck : Megadeth aussi. Dans le « Big Four », c'est Megadeth. Megadeth est au-dessus, c'est « God » pour nous, c'est l'influence qui fait tous les liens entre les membres,.
Hugo Lachance : Slayer ou Exodus ?
Pat : Ben moi ça va être Exodus, je n'ai pas le choix.
Franck : Moi je suis obligé de dire Slayer, parce que c'est le band qui m'a amené au thrash. Pour moi, ça faisait le lien entre le punk rock — je suis vraiment un gars de punk rock — et le thrash. Slayer, en ce qui me concerne, c'est le band ultime de crossover. C'est sûr qu'il y a Nuclear Assault qui était là avant eux, mais moi j'ai 36 ans, j'ai écouté ça après. Quand j'avais 17 ou 18 ans, c'était vraiment ça,.
Hugo Lachance : C'est tout à fait logique.
Pat : Moi c'est Exodus parce que ce sont les dieux du thrash, et puis Gary Holt.
Hugo Lachance : La scène métal de Québec ?
Pat : J'adore. Je joue avec parce que j'ai entendu leur dernier single, crime que ça rentre au poste ! Je suis fier d'eux, je trouve ça inspirant. On va peut-être faire un épisode avec eux bientôt.
Hugo Lachance : Anonymus ?
Pat : Anonymus, c'est le premier show que j'ai vu de ma vie. Avant même que Jeff soit dans Anonymus. Le « petit nouveau », Jeff, est là maintenant. On fait comme s'il était le Marty Friedman de la gang.
Hugo Lachance : Jeff est hallucinant, mais ça paraît tellement dans votre album. Joel aussi, honnêtement, ce n'est pas parce que c'est votre guitariste, mais c'est probablement la personne que j'ai vue le mieux émuler Mustaine et Friedman,.
Pat : Joel étudie ça depuis qu'il a 14 ans. C'est quelque chose d'hallucinant le duo Mustaine et Friedman, on n'a jamais été capables de répéter ça. Il y a plein de bons guitaristes, mais ce duo-là, à ce moment-là, c'était beau à voir.
Hugo Lachance : C'est une belle toune pour toi, mon héros. On continue : Derek Riggs ou Pushead ?
Pat : Derek Riggs, c'est lui qui fait les dessins d'Iron Maiden. Pushead, c'est Metallica. Je pense que Fred est plus fan de Metallica pour vrai, mais il n'a jamais écouté de Maiden de sa vie ! Ce n'est pas un fan de Maiden. Pour l'esthétique, c'est un mélange des deux. Moi je prends la pochette de Pushead,.
Hugo Lachance : Steve « Zetro » Souza ou Tobias Forge ?
Pat : Zetro ! Mais j'adore Ghost. Ghost, je pourrais me faire tatouer sa face dans le dos, c'est un de mes bands préférés. C'est religieux pour moi, c'est sur la coche, tout un génie incroyable,.
Hugo Lachance : Trois-Rivières Metal Fest ou Rockfest ?
Pat : TR Metal Fest ! On n'a jamais joué au Rockfest, ils ne nous aimaient pas beaucoup je pense,.
Hugo Lachance : Frank Bello ou Danko Jones ?
Pat : Frank Bello, il est très cool et il remplace même Ellefson en ce moment pour tourner avec Anthrax. C'est tellement cool.
Hugo Lachance : Question mode : Battle vest ou t-shirt de Slayer ?
Pat : T-shirt de Slayer !.
Hugo Lachance : L’âge de bière ou Tout le monde ?
Pat : L'âge de bière ! Tout le monde est bonne aussi, j'ai été très agréablement surpris quand c'est sorti, c'était une maudite bonne saison. L’âge de bière est vraiment différente, c'est une blonde de soif, c'est ça qu'on boit en ce moment. J'en bois plus souvent parce que je l'ai gratuite,.
Hugo Lachance : Les gars, l'avant-dernier segment : les Rafales. On y va rapidos. Top 3 de l'album Commotion ?
Pat : Pour moi, ça va être « Commotion » en troisième, « The Ditch » en deuxième, et numéro 1 : « L’appel du vide ». Sans équivoque, elle me fait capoter,.
Franck : Moi, en numéro 3 c'est « Entirety », numéro 2 c'est « L’appel du vide », et numéro 1 : « Burnt by the Witch ».
Hugo Lachance : On a passé à travers l'album ! Yes ! Quels sont vos projets ?
Pat : On travaille sur le booking de shows et sur de la nouvelle musique, il ne faut pas s'asseoir sur nos lauriers. On est en train d'écrire, on a deux tounes de prêtes. On va peut-être faire un EP au lieu d'un album complet. On a aussi une idée de faire des liens thématiques entre les deux prochains projets pour que ce soit une sorte de question-réponse l'un de l'autre,.
Hugo Lachance : Hallucinant. Pour finir, le moment du défi : suggérez un autre invité.
Pat : G O 41 ! Les gars sont « down » avec ça.
Hugo Lachance : Merci les gars, c'est terminé ! Merci de nous accueillir au Fermentor. On se retrouve pour un autre épisode de l'Album Podcast !,.