Sara Dufour : On va-tu prendre une marche?
Sara Dufour : On va-tu prendre une marche?
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Sara Dufour Site officiel : https://www.saradufour.com/
Sara Dufour sur Instagram : https://www.instagram.com/saradufour/?hl=fr
Le 1er octobre 2024, à la Salle des Tortues à Montréal, l'animateur Hugo Lachance recevait une véritable force de la nature : l’autrice-compositrice-interprète Sara Dufour. Originaire de Dolbeau-Mistassini, celle que plusieurs surnomment la « reine du folk-rock » s'est imposée comme une figure incontournable de la scène musicale québécoise. Carburent au folk, au country et au rock, ses chansons sont de véritables invitations au voyage, cumulant les nominations aux galas de l'ADISQ et du GAMIQ.
Cet épisode coïncide avec le lancement officiel de son opus On va-tu prendre une marche ?. Réalisé par son complice de toujours, Dany Placard, cet album capture l'essence même de sa vie : la route, les grands espaces, la nostalgie du pays, la culture nordique et une soif de liberté totalement indomptable.
Depuis la sortie de son tout premier EP Le dépanneur en 2015, Sara Dufour a avalé des milliers de kilomètres pour aller à la rencontre de son public. Reconnue pour ses performances électrisantes où elle ne fait qu'un avec sa guitare acoustique, elle a trimballé ses récits autobiographiques dans les plus grands festivals du Québec et s'est même exportée à l'international, notamment lors d'une tournée mémorable en Asie.
Sa grande force réside dans son identité textuelle : elle utilise son « parlé » d'origine et ses expressions régionales pour créer un pont immédiat, sans filtre, avec son auditoire. Les arrangements musicaux du nouveau disque ont d'ailleurs été entièrement pensés pour le live, afin de transposer en studio le côté robuste et la spontanéité de ses spectacles.
Avant de décéder, la mère de Sara lui a confié une vision très forte pour sa carrière : elle voyait une « grosse vague » déferler sur elle. Cette image puissante s'est concrétisée peu de temps après. L'artiste a vu les opportunités majeures s'enchaîner, qu'il s'agisse de monter sur la scène du Centre Bell aux côtés des Cowboys Fringants ou de s'envoler pour des tournées majeures en France.
C'est la toute dernière pièce à avoir été écrite pour l'album. Pour préserver l'émotion pure et l'intimité du moment, la chanson a été immortalisée en une seule et unique prise, dans le dénuement le plus total — simplement armée d'une guitare et d'un micro —, au studio de Ben Bouchard à Montréal.
Bien qu'il s'agisse de la première chanson entamée pour ce projet, Sara est longtemps restée bloquée sur l'écriture du second couplet. Refusant de tomber dans la facilité ou la redite, c'est finalement son retour physique et définitif au Lac-Saint-Jean, combiné à son installation dans sa nouvelle maison, qui lui a insufflé l'inspiration nécessaire pour boucler le texte.
Son retour aux sources a donné lieu à un hiver particulièrement rude. Sara a rapidement découvert que sa nouvelle demeure manquait cruellement d'isolation : le matin, le thermomètre oscillait autour de 13 degrés et le bas des murs gelait au point de devenir complètement blanc. Pire encore, l'absence d'isolation sous le toit faisait fondre la neige, provoquant d'importantes infiltrations d'eau au beau milieu de sa zone de confort.
Sara Dufour mise tout sur l'instinct, la fraîcheur et la vérité brute du moment. Elle estime que si ses musiciens pratiquent et décortiquent trop les morceaux à l'avance, l'interprétation finale en studio risque de perdre son étincelle, sa naïveté et sa spontanéité initiale.
À l'âge de 10 ans, munie de 75 $ d'argent de poche qu'elle avait économisé, elle s'est offert ses deux premières cassettes audio : l'album éponyme des Colocs (porté par le succès La rue principale) et le mythique Rendez-vous doux de Gerry Boulet.
Issue d'un milieu modeste, la jeune Sara ne laissait pas le climat freiner sa passion pour la musique. Pour se rendre à ses cours de guitare en plein hiver à Dolbeau, elle marchait de longues distances dans la neige, transportant sa guitare de marque Sonata à bout de bras, sans même avoir les moyens de s'offrir un étui pour la protéger des intempéries.
Pendant sa tournée en sol chinois, les autorités locales lui ont formellement interdit de prononcer des paroles faisant référence à la drogue. Pour pouvoir chanter sa pièce axée sur l'univers du baseball sans s'attirer d'ennuis, l'astucieuse Dolbéenne a simplement modifié sa ligne de texte en direct, remplaçant le segment « on a fumé du pot » par « on a fumé des topes ».
Sources et références journalistiques :
Chronique de Philippe Papineau, Le Devoir, 3 novembre 2023.
Article de Daniel Côté, Le Quotidien, 3 novembre 2023.
Critique de Jocelyn Legault, BP Arts Médias, 3 novembre 2023.
Chronique de Cédric Bélanger, Le Journal de Québec / Samedi, 28 octobre 2023.
Contenu exclusif issu de l'épisode du 1er octobre 2024 de L'Album Podcast.