Transcription de l’épisode Sébastien Froment & Fred Jacques : Repose-pied

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : J'invite les autres à le faire aussi s'il vous plaît. C'est un geste qui est gratuit, puis qui fait extrêmement plaisir et qui est bien motivant. Merci beaucoup et parlez-en si vous aimez le podcast, c'est vraiment important. Je suis avec Sébastien Froment et Fred Jacques. Salut Hugo. Bienvenue les gars.

Fred Jacques : En fait, merci de nous recevoir chez toi.

Sébastien Froment: Ben merci à toi. Merci de l'invitation. Très cool.

Hugo Lachance : On est ici pour parler de votre album Repose-pied. Je disais que c'est un album OVNI parce que je considère, je décris un album OVNI comme un album qui a une sonorité différente de ce que les gens font habituellement. Je suis bien content qu'on en parle. On va quand même vous présenter. Ce sont les mêmes questions que je pose à tout le monde dans le fond. Je vais commencer avec toi Sébastien. Sébas de où, ?

Sébastien Froment: Pointe-aux-Trembles, le bout de l'île. J'ai grandi là. J'ai eu mes locaux de musique dans le sous-sol du bing bang,.

Hugo Lachance : J'ai entendu dire que tu étais bien nerveux parce que c'était ton premier podcast.

Sébastien Froment: Ouais. Mais je regarde ça et ça va bien.

Hugo Lachance : C'est parfait. Un vrai pro, c'est toute ma vie. Ton album d'enfance, le plus loin, toi tu as eu le temps d'y penser.

Fred Jacques : Ouais, je sais. C'est chien pour lui, le plus loin, le plus loin, le plus loin.

Sébastien Froment: C'est une bonne question. Peut-être Led Zeppelin IV. J'écoutais ça sur le vinyle de ma mère. J'écoutais ça pas mal avec des écouteurs quand j'étais jeune.

Hugo Lachance : Excellent choix. Ton album d'adolescence ?

Sébastien Froment: Ben je dirais le premier mettons, c'était des amis à ma sœur qui m'avaient fait une cassette de l'album de Pennywise. C'est mon premier rapport avec le punk, puis j'ai joué pas mal celle-là. Comme avec la petitetounesqui commence avec le piano au début,.

Hugo Lachance : De quoi tu parles ? Moi c'est la même affaire. Mon contact avec le punk a commencé avec une compilation qu'un de mes chums avait faite. Ça a été paf, une révélation ! 

Sébastien Froment: Moi j'avais une sœur de cinq ans plus vieille que moi, fait que ses amis me donnaient des cassettes puis disaient : « Viens, sois un punk ». 

Hugo Lachance : Et qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents, ?

Sébastien Froment: Beaucoup de CCR. CCR, Roy Orbison. Mon père aimait bien ça aussi. On l'appelait le roi des bisons quand on était jeunes. Mais CCR là, on allait à Wildwood. Nos vacances étaient tout le temps à Wildwood puis dans l'auto c'était du CCR qui jouait, ça faisait vacances.

Hugo Lachance : Exact. À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?

Sébastien Froment: En fait, c'est un de mes amis quand j'étais au primaire, je ne me rappelle plus quelle année. On était chez eux puis lui, il avait un grand frère qui avait des guitares et qui en jouait. La première fois qu'il m'a mis la guitare dans la main puis qu'il m'a montré à barrer les deux accords, le mi puis le do, là j'ai tout de suite pogné ça, j'ai tout de suite aimé ça.

Hugo Lachance : Premier segment pour toi, ça s'est bien passé, comme un poisson dans l'eau. Fred Jacques, tu es un petit gars d'où toi, ?

Fred Jacques : Moi j'étais un petit gars de Lanaudière. Le Gardeur en fait, ça s'appelait Saint-Paul-l'Ermite dans le temps. C'est Legardeur-Repentigny mais dans le fond du rang de la presqu'ile à Le Gardeur. J'ai grandi là jusqu'à 17 ans. À 17 ans, j'ai crissé mon camp. Je ne voulais plus être là. C'est la section campagne de maintenant Repentigny,.

Hugo Lachance : Ton album d'enfance le plus loin que tu te souviennes ?

Fred Jacques : Plus loin que je me souvienne, je te dirais en fait les deux premiers vinyles que j'ai mis la main dessus, ça peut-être fait de moi une personne weird : Michael Jackson Thriller et Boy George. Il y avait ça chez nous. Ce sont les deux premiers albums qui sont rentrés chez nous, après ça en même temps que Van Halen aussi,.

Hugo Lachance : Ça c'est bon. Ton album d'adolescence ? Ça peut être un groupe d'albums aussi.

Fred Jacques : On dirait que l'adolescence là, je vais aller à 12 ans ou 13 ans. J'ai comme découvert en même temps Bérurier Noir, Dead Kennedys puis les Sex Pistols comme dans le même été. Entre mon été de 6e année puis de secondaire, ça a comme un peu été une genre de révélation.

Hugo Lachance : Gros été ! Et qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents, ?

Fred Jacques : Du Roy Orbison aussi puis du Elvis. Beaucoup d'Elvis. Ma mère tripait raide sur Elvis. Bien du Elvis. Il y avait beaucoup de croc-détente aussi dans l'auto de mes parents, puis toute la franco aussi genre Claude Barzotti, Herbert Léonard, toutes ces affaires-là plus dures un peu. Il y a moins de monde qui relate là, mais moi c'est Francis Cabrel, toutes des affaires avec lesquelles j'ai grandi aussi.

Hugo Lachance : On salue Herbert Léonard qui est décédé pas longtemps, la semaine passée je pense. À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi, ?

Fred Jacques : J'ai réalisé vraiment jeune en fait parce qu'avant de jouer de la guitare, entre mettons 6 et 9 ans, je jouais de l'orgue puis j'en jouais beaucoup, beaucoup. Ma mère, elle voulait faire de moi un petit organiste d'église. J'ai grandi dans une famille très, très catho fait que j'aimais vraiment ça. Je trouvais que je progressais bien là-dedans dès 6 ou 7 ans,.

Hugo Lachance : Tu n'as jamais mis nulle part une petite track d'orgue dans tes projets ?

Fred Jacques : Rien de rien. Non. L'orgue sur lequel j'ai appris à jouer, je l'ai encore au chalet. Je ne joue jamais dessus. C'est bizarre mais je l'ai encore.

Hugo Lachance : On s'approche de votre projet mais je veux quand même vous présenter. Sébastien, donc toi tu es dans le milieu du cinéma.

Sébastien Froment: Je suis un peu le mystérieux : « C'est qui ça Seb Froment ? ».

Hugo Lachance : Ben oui, mais c'est pour ça que je vais te présenter. Je veux te connaître en même temps. Perchiste, monteur sonore, mixeur cinéma à la télé, autant pour des productions québécoises qu'américaines notamment pour 19-2, X-Men, Fugueuse, Pet Sematary et cetera. J'ai reçu au podcast Martin Blackburn de Jesuslesfilles qui fait aussi ce métier-là. Tu le connais ?

Sébastien Froment: Mathieu ou Martin ? Martin, je ne pense pas l'avoir croisé.

Hugo Lachance : Bon, c'est bon. Fait que tu es là-dedans, puis musicalement tu as eu des bands comme Madame de Wire, Jeunesse. Ce sont des affaires que personne ne connaît.

Sébastien Froment: Peut-être dans le temps d'Alix, j'ai fait des Scofest. Ce sont de vieux démons que je ne sortirai jamais. Tu ne trouveras aucune trace.

Hugo Lachance : C'était de l'apprentissage. Tu as fait des productions musicales avec Gabriel Khalil puis le groupe Positive ID. Puis j'ai trouvé de quoi, c'est toi Dallo et Sébastien Fran ?

Sébastien Froment: Non, ce n'est pas moi. Je viens d'apprendre qu'il y a un autre Sébastien Froment. Il y en a deux au Québec parce que sur mon permis de conduire ça finit par 02. Ça dit le nombre de lequel tu es, moi il y en a un qui est avant moi.

Hugo Lachance : Je ne savais même pas que le chiffre à la fin c'était ça ! Tu as aussi réalisé des vidéoclips pour Art et les Mains Sales,.

Sébastien Froment: Ben c'est Fred. Oui, c'est comme ça qu'on s'est connus un peu. J'ai vu tes vidéos. C'est fait maison mais avec beaucoup d'amour.

Hugo Lachance : Tu as joué dans un film aussi ? Car il y a un Sébastien Froment acteur qui existe.

Sébastien Froment: Non, j'allais dire qu'on partageait ça parce que moi avec WD-40 on a joué deux fois au cinéma notre propre rôle. Dans La vérité de Marc Bisaillon en 2011 puis La disparition des lucioles de Sébastien Pilote. On est là en tant que band dans les deux films. Sauf que dans La disparition des lucioles, on voit ma barbe comme un quart de seconde entre Alex puis Étienne mais je suis dans le générique pareil,. Mais non, j'ai toujours été derrière la caméra.

Hugo Lachance : Parce que le gars dans le film c'est un musicien, il joue le rôle d'un musicien. Je me disais que c'était peut-être toi. Avec Catherine Deneuve en plus.

Sébastien Froment: C'est un Français ! Sébastien Froment. On le salue.

Hugo Lachance : Fred Jacques, salut ! Figure légendaire du punk rock québécois. Fred Jacques est actif dans le paysage musical alternatif depuis 1999. Auteur, compositeur, interprète de plus de 150 pièces par 16 albums ainsi que plusieurs EP. Il se fait connaître principalement comme membre fondateur du groupe punk rock The Sainte-Catherine bien entendu. Son penchant Country Rock Yesterday's Ring, la formation FK Country, Miracle, et son projet solo franco Les Mains Sales, en plus du groupe Medictation formé des membres de Leatherface et des Sainte Catherines. Ses albums comptent pour plus de 50 000 disques vendus. Toute une carrière,. Ça se retrouve dans votre projet aussi, de manière un peu plus subtile,.

Fred Jacques : Ouais. Il y a unetounesun peu, dans l'initiale, on en parle un peu.

Hugo Lachance : Si tout va bien, on devrait se voir dans un épisode de Yesterday's Ring qu'on essaie de faire depuis deux ans.

Fred Jacques : Ça s'en vient. On travaille fort là-dessus.

Hugo Lachance : On est ici pour parler de Repose-pied, votre projet à deux. Quand je suis tombé là-dessus, ça a été vraiment une super belle surprise. J'ai parlé d'un album OVNI parce que ça détonne de la production habituelle des musiciens. J'ai écrit un texte pour vous deux : « Habituellement, Fred Jacques nous livre des offrandes qui croulent sur les décibels des Sainte Catherines, les Mains Sales et cetera ou sur le folk punk nostalgico-romantique grinçant de Yesterday's Ring et Miracles. Cette fois-ci, son association avecSébastien Fromentnous propose l'énigmatique Repose-pied. Parmi les contraintes que se sont imposés les musiciens : 11 accordages différents pour 11 chansons et pas de jeu au pic, seulement aux doigts. Ce n'est pas sans risque mais après deux ans de travail c'est le pari réussi pour Jacques et Froment. Repose-pied est un album laboratoire cohérent qui s'est créé dans le plaisir et ça s'entend. Si Fred est à la guitare, aux textes et à la voix, From quant à lui, outre la guitare, est au bidouillage électronique et à l'habillage sonore. Goutte d'eau, chant de baleine, bruit de porte de char, voix issue de l'intelligence artificielle, beatbox et autres textures sont savamment utilisés. Attention, ce n'est pas parce qu'on crée une galette acoustique expérimentale que l'on exclut le vieux punk en soi. Les thèmes abordés sont dans les oppositions complémentaires : l'incendie, l'inondation, l'innovation et la nostalgie. Plywood, Boderb. Cet album tout en douceur ne manquera pas de vous égratiner un peu »,,,,,. Est-ce que vous considérez cet album-là comme un OVNI ?

Sébastien Froment: Probablement. Objet volant non identifié, ouais. On voulait faire quelque chose de différent de nous, surtout pour Fred,.

Fred Jacques : C'était mon intention de sortir justement de ce que tu as nommé : les décibels. La contrainte de jouer finger picking, c'était la base dès le début.

Hugo Lachance : Vous vous êtes donné comme contrainte 11 accordages différents ?

Sébastien Froment: Ben en fait, ça n'a pas fini par 11 en bout de ligne. Des fois lui est accordé d'une façon, moi d'une autre.

Hugo Lachance : Comment vous êtes arrivés à vous entendre pour vous donner des contraintes ?

Fred Jacques : On voulait explorer d'autres façons de jouer. Moi, ça fait longtemps que je joue d'une façon accordée un peu bizarre, quelqu'un m'avait montré ça. Je trouvais ça le fun de repartir un peu à zéro parce que je ne suis pas un musicologue. Tu explores, tu essaies des affaires,,.

Sébastien Froment: Moi c'est vraiment ça que j'ai aimé. Quand on a commencé ça, il m'a montré son accordage weird et j'étais comme « oui OK ». Il y a tout un univers qui s'est ouvert et ça m'a vraiment inspiré. J'ai checké un peu comment Sonic Cute s'accordait. Pas tant pour utiliser leur accordage mais juste pour pogner ton manche de guit et que plus rien ne marche. Ta gamme n'est plus bonne, plus rien. À force de jouer avec, tu sais où aller. La sonorité de l'accordage guide la composition. Je pognais un open, je jouais puis ça ne marchait pas. Fait que je détournais une corde, je la mettais un demi-ton plus bas. Tu te promènes sur le manche puis ça va chercher des notes que tu ne peux pas avoir avec un accordage normal. Tu n'as pas le choix d'innover,,.

Hugo Lachance : Comment arriviez-vous à vous entendre pour dire que cette toune-là allait dans la bonne direction ?

Sébastien Froment: Lui il faisait une tune, il l'enregistrait vraiment vite, me l'envoyait puis j'essayais de faire quelque chose dessus. Ça marchait ou ça ne marchait pas. On en a scrappé une coupe.

Hugo Lachance : Votre album ne part pas dans toutes les directions, c'est cohérent.

Fred Jacques : On l'a fait sur trois ans dans des conditions avec des guitares différentes. On le faisait chacun chez nous. J'avais tout mon temps, on n'avait aucune contrainte,.

Hugo Lachance : Quand vous écriviez les tunes, c'était par internet ou vous vous rencontriez ?

Fred Jacques : On ne s'est pas vus beaucoup. Une fois pour une gouttes d'eau au chalet, à ton chalet.

Sébastien Froment: « L'erreur humaine » est la seule qu'on a vraiment composée ensemble. Sinon il m'envoyait un riff, je gossais dessus puis on partait de là.

Hugo Lachance : C'est un album qui n'est pas fait pour les shows ?

Fred Jacques : Dès le début, il m'a dit qu'il n'aimait pas faire des spectacles. Puis moi j'étais bien à l'aise avec ça. En spectacle ça serait weird, ça prendrait beaucoup de guitares, genre six chacun, parce qu'on les accorde tout le temps. Les ambiances sont super importantes pour amener le mood,.

Hugo Lachance : Je trouve ça le fun de faire un album qui ne sera jamais fait en show.

Sébastien Froment: C'est dur à vendre mais c'est un bon trip personnel. Il y a aussi tout l'habillage sonore. On a fait des basses aussi, des claviers et des beats électro,.

Hugo Lachance : Passons à travers les crédits. Titre : Repose-pied. Année : 3 octobre 2024.

Sébastien Froment: Sur Bandcamp il est sorti un peu avant parce qu'on voulait faire des tests.

Hugo Lachance : Compagnie de disque indépendante. Réalisation : Fred Jacques et Seb Froment. Composé, arrangé et interprété par vous deux. Enregistré à Montréal et Saint-Alphonse-de-Rodriguez, à l'exception du violoncelle sur « Incendie majeur » joué par Hugo Tremblay. Mixage et mastering par Sébastien. Période d'enregistrement entre 2021 et 2024. Trois ans, ça a permis du recul.

Fred Jacques : On a travaillé fort sur les arrangements.

Hugo Lachance : Conception de la pochette par Gabriel Khalil. On va faire apparaître la pochette. Attention, 1, 2, 3 et voilà ! Comment avez-vous abordé le visuel, ?

Sébastien Froment: On s'envoyait des pochettes. Fred m'en a montré une de Jaguar, ils sont sur une plage en train de jouer de la guitare,.

Fred Jacques : Ça nous avait marqués au chalet.

Sébastien Froment: La pochette, on voit juste vos pieds. Ça vient d'une photo que j'ai envoyée à Fred parce que je niaisais. Puisqu'on faisait du finger picking, j'ai dit qu'il faudrait s'acheter des Repose-pied comme les musiciens classiques. J'en ai acheté deux sur Amazon puis j'ai envoyé une photo où j'étais en pantoufles. On a gardé l'élément des pantoufles,,.

Hugo Lachance : J'ai trouvé ça intrigant. Il y a des significations qu'on peut trouver,.

Fred Jacques : On a fait un photoshoot à son chalet avec Gab dans la rivière.

Sébastien Froment: On voulait un style de pochette comme les vieux bands funk des années 70.

Hugo Lachance : Dans les crédits, vous avez mis : « aucune intelligence artificielle n'a été utilisée sur cet album, sauf la voix sur l'erreur humaine ».

Sébastien Froment: Il faut marquer ça maintenant.

Hugo Lachance : Merci à Louis Desparois pour son micro U67.

Sébastien Froment: C'est un micro Neumann U67 des années 70 à lampe. C'est le bijou sans lequel ça n'aurait pas été la même chose. Les guitares ont presque toutes été faites avec ça. Ça donne une chaleur, une présence. Ça coûte dans les 20 000 $.

Hugo Lachance : Merci à Ryan Battisti et Marc-André Baudet pour l'écoute et les commentaires.

Sébastien Froment: Surtout que j'ai déménagé souvent en trois ans, je n'avais pas de salle de mix bien settée.

Hugo Lachance : Ils viennent nous parler de leur album que je considère comme un album OVNI. On s'en reparle de l'autre côté du thème à l'Album Podcast. [Musique]. Et bonjour à tous. Avant de vous présenter mes invités décemment, je tiens à remercier tous ceux et celles qui se sont abonnés à ma chaîne YouTube, Facebook, Instagram.

Sébastien : Fait que là je mixais avec une paire de petits speakers d'ordi. Non non non, c'était quand même des bons speakers là, mais bref, puis là j'écoutais partout, mais là je voulais écouter dans un environnement fait qu'ils ont été assez fins pour nous laisser écouter. On est allés au studio de Ryan, au studio de Baudet pour faire deux fois des écoutes pour prendre des notes puis que moi je checke un peu pour être sûr que j'étais à la bonne place.

Hugo Lachance : Merci à Guillaume Beauregard, chanteur des Vulgaire Machin, pour nous avoir fait croire au début du projet qu'il en valait la peine.

Fred : Ouais, ben Guillaume, en fait, si on fait un peu un récap de tout ça, c'est que Guillaume, j'ai au début envoyé les tounes pour qu'il les écoute puis peut-être pour qu'il nous aide aussi parce qu'on se disait plutôt qu'on avait fait une demande au CALQ puis monté toute la demande de subvention que moi je n'avais jamais faite. Ça, c'est terrible, c'est un processus de merde que le moins possible je referais. On voulait l'essayer, mais en bout de ligne j'étais quand même content de l'avoir fait parce que comme Guillaume m'avait dit justement, ça a fait une genre d'introspection sur le projet. Ça m'a fait vraiment réfléchir sur le projet, puis où on voulait aller avec tout ça. On en a parlé puis au bout de ça a été beaucoup d'heures, mais c'est ça, on n'a pas eu la subvention.

Sébastien : Mais ça a quand même aidé à... lui il allait chapeauter notre projet puis nous guider un peu là. C'était comme notre mentor puis c'est ça, au début on a envoyé puis il nous avait envoyé des super beaux commentaires sur les trois tounes qu'on lui avait envoyées, fait que ça nous a comme motivé.

Hugo Lachance : Ah ben c'est cool d'avoir une oreille extérieure de même.

Sébastien : Bah ouais, clair, au début justement pour ne pas trop s'en....

Fred : Ouais c'est ça, parce que c'est passé d'instrumental à pas instrumental, on a fait les deux, juste instrumental ça a bougé beaucoup.

Hugo Lachance : Merci à Hugo Tremblay d'avoir compris ce qu'on avait besoin même si on n'était pas super clairs. Prochaine fois on te donnera des charts.

Sébastien : Ouais. Ouais. Ben ça c'est le violoncelle. Le violoncelliste me disait : « As-tu des charts là ? ».

Fred : Je lui dis : « Mais non ! J'écris pas de musique. J'écris pas de musique ». C'est drôle pareil le clash des musiciens formés puis des musiciens qui jouent à l'oreille. Mais il est arrivé à l'oreille, il a jammé un peu. On disait : « Ça c'est bon, ça on aime ça. On n'aime pas ça ». Puis il a fait le chemin dans sa tête. Ouais, ça c'était cool.

Hugo Lachance : Merci à Geneviève Roy l'Escure pour ses conseils et sa patience tout au long du processus de composition.

Fred : Ouais, ben ça c'est ma conjointe, ma blonde qui m'endure depuis maintenant presque 20 ans avec mes riffs interminables. On la salue. Elle a aidé surtout sur ce projet-là d'ailleurs, à piquer puis repiquer puis repiquer des bouts de tounes. J'aurais dû remercier mes deux enfants aussi là qui, à chaque toune, s'il y avait comme deux ou trois semaines vraiment intenses à pratiquer pour rentrer ma patente... ouais.

Hugo Lachance : Fait juste une petite parenthèse, tes enfants et ton garçon qui joue dans General Chaos ?.

Fred : General Chaos, ouais.

Hugo Lachance : Puis j'en profite pour t'inviter officiellement, ton père m'a donné la permission. Tu serais invité avec General Chaos. Et merci à Maria pour tes ronflements sur « Ouvre et ferme les yeux » et pour avoir enduré tout le bruit.

Fred : Ouais, ben ça c'est mon ancienne conjointe avec qui j'habitais puis c'est parce qu'à un moment donné je me demandais c'était quoi ce bruit-là dans « Ferme les yeux ». J'étais en train de gosser la toune puis je me demandais c'est quoi le bruit. Je ne le trouve pas, puis j'enlève mes écouteurs puis je me rends compte que c'est elle que j'entends ronfler.

Sébastien : Pour te montrer comment le micro U67 était vraiment bon. Il l'a entendue ronfler dans une autre pièce. Fait que je suis allé l'enregistrer pendant qu'elle dormait et ronflait. Il y a le son de son ronflement, il est passé dans du reverb puis dans des affaires mais il y a son son de ronflement dans la toune.

Fred : Fait que je l'ai utilisé parce que je l'entendais puis j'étais là : « Ben je vais le mettre, on va l'utiliser ». Puis parce qu'elle a enduré moi qui mixe des tounes puis elle entendait la toune pendant trois heures en loupe, juste des fois des kicks, juste des fois des caisses claires.

Hugo Lachance : Mais vous parlez depuis tantôt beaucoup d'endurance, moi je trouve ça cool que ce projet-là ait vu le jour parce que c'est carrément le genre de projet qu'à un moment donné tu fais comme : « Bon ça s'essouffle puis garde... ».

Sébastien : Ah oui mais ça passait proche une couple de fois. Fallait que moi ou lui on se réveille puis qu'on fasse quelque chose pour rallumer l'autre personne. C'est vraiment ça.

Fred : Ouais, il y avait vraiment des bouts où il ne se passait rien, puis là à un moment donné tu as un genre de kick ou je ne sais pas trop, ça te revient puis là je devenais full productif. Puis là je le gossais puis lui il reparaissait, puis vice-versa. Puis à un moment donné on a tellement travaillé là-dessus qu'on est bien de le sortir même si ce n'est pas dans des conditions qu'on voudrait.

Hugo Lachance : Dernière question avant de passer justement à l'écoute de l'album. Y a-t-il un fil conducteur dans l'album ? Y a-t-il quelque chose que vous aviez prévu mis à part les contraintes de jeu ? Dans un concept quelconque.

Fred : Non, je pense non. Ça s'est fait tout seul en fait parce qu'en instrumental, ce qui est le fun, c'est que tu peux faire dire ce que tu veux. Avec le titre tu fais dire ce que tu veux un peu. Mais non, il n'y avait pas de contexte. Comme on disait, on a l'eau... c'est peut-être moi qui divague mais il y a beaucoup d'eau là-dedans, il y a des titres contraires comme « Incendie ».

Hugo Lachance : Ouais non, mais dans ton intro j'ai apprécié ta remarque là, mais ce n'était pas prévu ?.

Fred : Non, je pense que c'est des thèmes sûrement inconscients.

Hugo Lachance : Peut-être que si tu avais mis ça dans ton texte tu aurais eu ta bourse.

Fred : Ouais, peut-être. Écoute, prochaine fois je t'engage comme conseiller.

Hugo Lachance : Ça coûte cher ces conseillers-là. En plus, tu fais de l'argent sur tout, c'est payant un projet de même !.

Fred : Oh oui.

Hugo Lachance : On va commencer par le segment une chanson après l'autre. Ce qu'on fait, c'est qu'on écoute un petit extrait de la toune. Vous la commentez, ça vous appartient. Vous allez faire parler vos tounes. On commence par « Première impression ».

Fred : Ouais, ça c'est juste une intro de son parce que la première toune commençait direct avec la guitare, pas d'ambiance. Puis on se disait qu'on voulait commencer avec « Dégâts d'eau » l'album mais on se disait que ça manquait, qu'il faudrait qu'on présente que le projet c'est l'ambiance puis que ce n'est pas une toune avec des paroles. On voulait présenter le projet, fallait que ça commence avec des ambiances. Puis « Dégâts d'eau » n'en avait pas fait qu'un soir j'ai pris trois quatre sons de rapport puis j'ai passé ça dans du delay puis du reverb puis des effets puis j'ai fait de quoi de cool comme ça.

Hugo Lachance : OK cool. Ça a sa place des intros comme ça. Moi je pense que oui, puis surtout parce que l'autre a commencé sec un peu. Justement, on y va avec « Dégâts d'eau ».

(Musique)

Fred : On pourrait l'avancer plus à la fin pour comprendre. Mais l'intro est bonne.

Hugo Lachance : C'est l'intro qui me séduit de l'album. Là quand j'ai entendu ça, j'ai fait comme : « Oh yeah, ils s'en vont là, c'est cool ». Puis évidemment elle évolue.

Sébastien : Ouais, dans le fond c'est un floor tom utilisé un peu comme... c'est un peu un fantasme. Tu m'avais dit que tu avais tout le temps rêvé d'avoir de la timbale fait qu'on a juste pris un floor tom puis on gossait avec la clé. Puis j'avais mis un micro contact, c'est un micro qui capte les vibrations plus que le son ambiant. Je l'avais collé sur le floor pour que ça le poigne encore plus. C'est comme un pickup de guitare un peu si tu veux.

Fred : C'était cool ça. Cette toune-là aussi elle avait beaucoup plus de stock avant. On l'a vraiment épurée.

Sébastien : Ouais. Mais ça c'est comme bien des tounes d'ailleurs. Moi j'arrivais, je mettais 28 000 claviers. Il y a plein d'idées qui ne sont pas bonnes, mais à un moment donné on a l'impression qu'il y en a trop, il faut structurer ça.

Hugo Lachance : Fait que ça c'est quoi ?.

Fred : C'est en do. Moi c'est do mineur ouvert mon tuning. Open C minor en anglais. C'est monté un peu comme une toune de 54. C'est comme s'il y avait couplet-refrain, mais c'est juste des riffs. Refrain à la fin avec un riff qui est comme autre que le reste de la toune qui explose un peu.

Hugo Lachance : Là le dégât d'eau s'en vient.

Fred : Ouais, c'est des gouttes d'eau qui arrivent, ça s'accélère, ça grossit. Ils sont là là. Ça c'est l'autre riff dont je te parlais qui est un peu à part du reste de la toune. Cette toune-là, on a réalisé tous les fantasmes de Fred en fait : il voulait faire du floor tom et jouer avec son pig à pou.

Hugo Lachance : On va l'écouter deux secondes avec le... ouais ça c'est le pig à pou là ?.

Fred : Ah ouais OK. Un petit cri de pig des poux. Ceux qui ont eu des coups ici savent de quoi on parle. Puis elle va finir un peu dans le chaos. Il y en a de l'eau, c'est un dégât là, le sang nait là. Fait que c'est une de mes préférées.

Sébastien : Cool. Puis je trouve que dans le pacing elle est vraiment bien placée. Fallait qu'elle commence parce que ça met la table pour le reste. On ne voulait pas trop faire peur aux gens qui sont fans de Fred, qu'ils ne se disent pas : « Qu'est-ce qu'il fait là lui, il a changé ? ».

Fred : Ouais, changé plus punk ! Non mais je voulais que les punks aient le repère là, à la bonne place.

Hugo Lachance : Moi je pense que c'est courageux de faire un album de même.

Sébastien : On pourrait dire ça ou moi j'aime ça essayer des affaires. Mais dans ma tête c'est tout le temps la même affaire, c'est de la musique. On passe à « Maison en feu ».

(Musique)

Hugo Lachance : Maison en feu. Moi je trouve que c'est une super bonne pièce. Puis tu m'as parlé du micro le U67. Je pense que c'est une des qualités de l'album, c'est que ça sonne. La prise de son est vraiment bonne.

Sébastien : Ouais. Le U67 a beaucoup aidé dans la prise de son. Puis après ça, ben c'est les trois ans de mix là. Il y a un peu d'endurance aussi. Mais c'est une des rares qui a du vocal dessus.

Hugo Lachance : Puis on reconnaît, tu n'as pas dénaturé ta façon de chanter.

Fred : Non, sauf qu'il n'y va pas très fort. Puis dans Les Mains Sales, c'est de même qu'on s'est rencontrés un peu. Au début il avait fait des maquettes puis il disait que ça sonnait mal mais il me l'a fait écouter puis j'ai dit que je pouvais les mixer si il voulait comme ça ça allait sonner mieux un peu. Puis dans ses maquettes des Mains Sales, il y avait cette voix-là un peu plus douce.

Sébastien : Moi j'avais accroché sur sa voix quand il est doux comme ça, j'adore.

Hugo Lachance : Moi ce que j'ai remarqué c'est que c'est vraiment un style, une façon de chanter qui est unique à la culture que vous avez créée dans le fond avec Les Sainte Catherines. Il y a une façon de chanter là.

Fred : Ouais puis je ne sais comment dire ça, je n'ai pas de mot là-dessus. C'est vrai que dans des moments je le faisais plus puis j'aime ça chanter de même. J'avais déjà fait ça dans le vieux Yesterday's Ring, même ma première toune que j'ai faite tout seul en 2000.

Hugo Lachance : C'est ton identité. Mais j'aime aussi quand tu gueules comme dans Les Mains Sales.

Fred : J'aime les deux. Puis souvent on me disait : « Ah, tu chantes comme Hugo ? ». Je ne chante pas comme Hugo, je chante comme moi. J'ai backé Hugo pendant fucking 20 ans fait que ce n'est pas que je ne l'ai pas nommé non plus parce que c'est la sonorité que vous avez créée tout simplement.

Hugo Lachance : Vous avez des influences de partout comme tout le monde. C'est normal. Comment tu as abordé les textes pour « Maison en feu » ?.

Fred : Je m'étais mis des petites notes là-dessus. En fait je parle de mes yeux souvent. Dans les messages, je parle que de mes yeux. J'ai eu un gros accident de char en 2015 puis j'ai perdu pas mal de vision dans mon œil en 2017. Le 28 février, mais j'avais appelé ça 29 février parce que c'était plus cool, c'est la journée bissextile. Je me suis laissé aller un peu. Je n'avais pas nécessairement d'histoire à raconter. C'est plus des images que je voulais. Ce n'est pas une toune où un gars rencontre une fille. C'est des images, des métaphores. La voix devient comme un instrument.

Hugo Lachance : Ça fonctionne super bien. J'adore toutes les paroles sur cet album.

Fred : J'ai travaillé quand même fort. Pour mes paroles, j'écris des affaires que je trouve cool puis à un moment donné j'en ai une chierée puis là je pige là-dedans. J'essaie de l'associer avec une autre affaire puis là je pars de là. Puis Seb était vraiment un bon conseiller. Il me disait s'il aimait moins telle affaire. On se donnait nos avis.

Sébastien : Ouais puis je n'ai pas d'ego là-dedans non plus. J'étais content quand j'ai entendu « Tout pour le rock ». Tu m'as fait remarquer ça. Ah oui c'est vrai pareil !.

Hugo Lachance : C'est chouette que ce soit instinctif. J'ai écouté mon WD-40 comme tout bon québécois. On passe à « C'est assez ».

(Musique)

Sébastien : Je me rappelle que quand tu me l'as envoyée, j'ai fait comme : « OK, on vient de pogner un niveau ». Elle est vraiment belle, surtout quand tu es arrivé avec le carillon.

Fred : Celle-là, je me rappelle très bien quand je l'ai composée. J'étais dans le local de pratique de 54 justement puis il y avait une garderie en haut, des enfants qui couraient. Puis c'est la première fois dans tout le processus que j'ai catché comment jouer en accord ouvert. J'étais capable de me placer puis j'étais comme : « Ah ouais c'est cool ». Puis la guit que j'ai faite là-dessus, j'ai travaillé en tabarouette, ça a pris plusieurs takes avant que je la rentre comme je la voulais.

Hugo Lachance : Pourquoi « C'est assez » ?.

Sébastien : Je voulais faire un projet où je mélange mon métier de monteur sonore puis ce que j'aime, la musique. Quand les deux guitares étaient là, j'ai vu qu'il y avait de la place pour avoir des ambiances en masse. J'avais fait un court-métrage à un moment donné puis j'avais fait un son de baleine. J'ai tout le temps aimé ce son-là puis j'en étais fier. Je me suis dit que je voulais le réutiliser. Fait que j'ai commencé à le mettre sur la toune.

Fred : Rien à dire d'autre. Le carillon traînait dans la chambre de mon gars. Il jouait ça à l'école. Je gossais là-dessus puis c'était quand même plus tough que je pensais à faire bien sonner. Ce que j'aime c'est qu'il n'est pas parfait. Tout l'album a des imperfections. Quand tu fais deux guitares en finger picking, à un moment donné il y a une note qui va te passer de travers. C'est tellement une orgie de notes que tu vas en faire une un peu de travers mais tu ne vas pas te badrer avec ça.

Hugo Lachance : C'est ça qui humanise la patente.

Sébastien : Exact. On a corrigé une coupe d'affaires c'est sûr, mais il faut le garder vivant. On entend souvent mon nez d'ailleurs. Des fois quand tu portes attention, on entend nos vêtements, on s'entend bouger sur les chaises. Les glissements de fret.

Fred : Ouais, des bruits de fret parce qu'on a choisi de jouer avec des guitares acoustiques et non classiques. Si on avait joué avec des classiques, ça aurait été plus facile. Mais on n'est pas des guitaristes classiques non plus. Faire du finger picking surtout avec des accords fuckés que tu promènes d'un bout et de l'autre... après ça au mix, il faut que tu diminues tout ça un par un, tous les squeaks. Ce n'est pas enlevable.

Sébastien : Surtout avec un micro de même. Le micro va chercher la richesse, mais il ne pardonne pas sur les imperfections. J'ai passé des heures à juste... mais ça marche au final, c'est vivant. On va passer au nouveau segment. On va écouter « Linge sale ».

Hugo Lachance : Comment tu veux faire ça ?.

Sébastien : J'ai chaque track. On peut commencer par la track de guitare de base. C'est la mienne. Puis après on mettra le résultat final.

(Musique)

Sébastien : Puis après ça, il y a Fred qui embarque.

Hugo Lachance : C'est vraiment cool d'entendre ça comme ça.

Sébastien : Ça c'était les deux guitares. Avant ça, il y avait les ambiances de sécheuse. Elles sont le fun à écouter parce qu'il y a des effets dedans. Ça commence avec les ambiances comme ça. C'est vraiment le début de la toune avec la porte de char. C'est trois différentes perspectives de sécheuse. On est loin, on s'approche puis après on est comme dedans.

Fred : C'est ça qui m'a donné l'idée du texte. J'entendais la sécheuse là, ça m'a donné l'idée de linge sale en famille. Je suis parti du son de sécheuse. Il y a la porte de char clac-claque juste après.

Sébastien : OK, là on peut peut-être rajouter le beat de drum. Ce riff-là de Seb m'a fait rocher parce que ça a l'air simple mais ce n'est pas du tout en 4/4, le tempo change tout le temps. J'ai réussi à trouver un genre de fil conducteur pour, puis moi je ne le comprends pas son fil conducteur.

Fred : Si on rajoute la basse... Les basses sont le fun.

Hugo Lachance : Waouh ! On est totalement ailleurs.

Sébastien : Il y a une vraie basse, une basse synthé aussi. Il y a des claviers intéressants plus loin.

Hugo Lachance : OK, là tu as les deux basses plus les percussions. Ça change tout pareil.

Sébastien : Ouais. Là si je rajoute, il y a un petit clavier aussi. Wouh !.

Fred : On pensait que c'était assez épuré mais quand même ! Puis là la voix : « La beauté du Nirvana en déguisant nos souffrances aujourd'hui et maintenant ».

Sébastien : Mon mix final c'est pas mal ça. Sur l'album il y a le mastering en plus.

Hugo Lachance : Les guitares sont quand même en avant.

Sébastien : Ouais, vraiment en avant. Ça fait que quand tu écoutes juste les basses puis les drums, ça donne quelque chose de trash. On écoutait juste les basses tantôt et on est vraiment ailleurs.

Seb Froment : Ouais, oui. Puis c'est ça, les premiers mix que moi j'ai faits, les claviers étaient en avant et là Fred était là à se demander ce que c'était que ça. Il capotait, il disait qu'on enlevait ça, puis moi j'avais ma tête de cochon et je faisais juste les baisser vraiment plus bas pour qu'on les entende moins. On a fini par trouver une balance, mais il m'a souvent fait couper bien des claviers. C'est correct, il n'y a pas d'orgueil; je pioche un peu, je l'essaye, et il a tout le temps raison en fait.

Fred Jacques : En fait, ce n'est pas tant d'avoir raison, c'est juste que je trouve que quand il y a trop d'affaires, c'est comme s'il n'y avait plus rien.

Hugo Lachance : Ouais, exact, ça vient de là toute l'art du mix aussi. Créer une chanson c'est une chose, l'enregistrement c'est une autre, et le mix en est encore une autre.

Sébastien Froment: Bah ouais. Ajouter les arrangements, c'est ajouter des couches et ce sont toutes des étapes qui influencent la création et le produit fini.

Hugo Lachance : Clairement. Ce qu'on vient d'écouter là semble peut-être un peu chaotique, mais c'est parfait. Je suis vraiment content du tout ensemble, ça marche. Et au niveau des textes?

Fred Jacques : Au niveau des textes, celle-là s'adresse à ce dont je parlais avec les gars de Yesterday's Ring (54), c'est un linge sale en famille. Il y a une coupe de phrases là-dedans que j'aime particulièrement, comme « à trop danser pour la décadence, j'ai appris qu'on ne peut pas atteindre la beauté du Nirvana en déguisant nos souffrances ». Dans ma tête, c'est comme un peu toutes les misères qu'on a eues dans le camion dans ces années-là, en faisant semblant que tout était cool quand tu montes sur scène. Tu dis que c'est malade, mais dans le camion ce n'est pas facile; j'ai faim, j'ai soif, je suis tanné. Ce qui se passe dans le camion reste dans le camion.

Sébastien Froment: Exactement, il y a ça.

Fred Jacques : On lave notre linge sale en famille, tout pour le rock.

Hugo Lachance : Ouais, exactement. J'ai connu pas mal un peu ça aussi, le mal de cœur dans le fond du camion. C'est clair, tout le monde peut s'y identifier facilement. On continue avec « L'erreur humaine ».

[Musique]

Hugo Lachance : Vos arrangements sont bons, ils sont trippants.

Sébastien Froment: Je pense que des fois je ne sais même plus qui fait quelle note entre moi et Fred. Nos guitares se mélangent bien, même si on n'est pas pareils.

Fred Jacques : Ah, pas du tout.

[Musique]

Sébastien Froment: Ça c'est du B A D G A D.

Fred Jacques : Moi je suis en open C minor de base.

Hugo Lachance : Elle est un peu mystérieuse celle-là, un peu plus post-rock.

Fred Jacques : Ouais, exact, comme un début de pièce post-rock.

Hugo Lachance : Tu as bien raison. Ce n'est pas facile à faire parce qu'il y a des changements de tempo assez importants dans cette pièce.

Fred Jacques : Oui, c'est vrai, il y a une montée graduelle avec trois tempos différents.

Hugo Lachance : Puis après trois minutes, l'intelligence artificielle vient créer votre musique.

[Musique]

Fred Jacques : Elle permettra à l'être humain d'écouter des chansons parfaitement construites et d'éliminer les erreurs.

Hugo Lachance : Il n'y a pas trop de notes derrière à respecter aussi. Donc ça, c'était « L'erreur humaine ». C'est une très bonne pièce. Pour la voix, vous l'avez faite comment?

Sébastien Froment: J'ai pris le texte mais je l'ai modifié pour donner du rythme. Je l'ai modifié dans le sens que j'ai joué un peu avec le pitch de la voix.

[Musique]

Sébastien Froment: J'ai passé bien du reverb aussi. Il y en a qui me disaient que ce n'était pas une bonne affaire d'utiliser l'IA pour parler contre l'IA, mais moi je trouvais ça quand même cool.

Hugo Lachance : Ah ben ça, c’est un beau paradoxe, ça marche. Autre chose à ajouter?

Fred Jacques : Ben celle-là, c’est pas mal la seule qu'on a faite ensemble ici.

Sébastien Froment: Ouais, on l'a pas mal montée ensemble. On a comme une version démo où je tape du pied. Après ça, on a fait nos tracks chacun de notre bord, mais c’est une de celles composées ensemble. C’était l'avant-dernière avant « Incendie majeur ».

Hugo Lachance : Cool. On passe à « Interlude ». La fameuse porte de char.

[Applaudissements]

Sébastien Froment: Là, c’est le monteur en moi que je laisse jouer. On construit un petit univers avec la pluie.

Hugo Lachance : Encore de l'eau, mais comme plus en majeur un peu.

Sébastien Froment: Ouais, je fais le même riff tout le long. Quand je l'ai fait, je me suis dit que c'était tellement un bon riff que je ne pouvais pas faire autre chose. J'ai juste bouclé ce riff-là et je l'ai envoyé à Fred qui a fait sa guitare extraordinaire par-dessus.

Fred Jacques : C’est une des seules pièces où on est trois aussi. D’habitude on est panés gauche-droite, mais là au milieu il y a comme une troisième guitare quand les sons trafiqués embarquent.

[Musique]

Fred Jacques : J'adore ce riff. Celle-là a été vite à mixer. Toutes les autres pièces ont genre 15 sessions de différents mix, mais celle-là il y en a genre 5.

Hugo Lachance : Ah oui! C’est la première fois qu'on écoute autant de pièces au podcast. D’habitude on écoute un 30 secondes.

Fred Jacques : C’est dur à savoir ce qu'est la pièce en 30 secondes. C’est « Interlude ».

Hugo Lachance : C’est quoi le petit son, le petit effet en arrière?

Sébastien Froment: C’est un clavier qui passe dans 8500 effets, enfin pas 8500, mais je le passe dans des delay et des reverb. C’est un petit clavier avec un plugin d'instrument virtuel, mais ça marche bien.

Hugo Lachance : Ça marche bien, je trouve ça psychédélique. J'aime ça quand on crée des ambiances sonores. C’est comme une espèce de mise en scène qui apparaît soudainement dans une pièce.

Sébastien Froment: Ouais, c’est ça exact. Je voulais que chaque pièce ait son ambiance un peu différente. Sur celle-là, tu vois bien la personne qui embarque dans son char. Dans mon ancien groupe, les Charlie, on avait fait ça pour l'introduction d'une chanson avec une porte de char, et c'était une de nos pièces qui jouait à la radio. C’est un peu cliché mais stratégique. Le char c’est tellement important; moi je vais écouter tous mes mix dans mon auto. Je ferme la porte et je fais jouer la musique bien fort pendant que le monde passe dans la rue.

Hugo Lachance : Clairement, c’est un bon spot pour écouter de la musique. Moi aussi je fais mon mix dans mon podcast et après je l'écoute dans mon char; c’est là que j'ai toutes les réponses. C’est un studio mobile. On continue avec « Ouvre ferme les yeux ».

[Musique]

Sébastien Froment: On avait essayé de mettre de l'autotune là-dessus, mais ça a pris le bord assez vite. C’était une bonne idée.

Fred Jacques : J'ai essayé des guitares qui s'accordent pendant qu'on joue. J'ai toujours voulu faire ça, c’est un autre fantasme.

Hugo Lachance : « Ferme les yeux quand on embrasse l'inconnu ». Ce qui est le fun là-dedans, c’est l'espèce de côté pop qui est complètement en opposition avec le jeu de guitare.

Fred Jacques : Clairement, les guitares sont fuckées. On a un beat vraiment nice aussi.

Sébastien Froment: J’ai accoté la basse dessus. J’ai essayé de suivre le kick. Je me suis dit que j'allais faire une ligne de basse moi-même. Ça a tout changé quand tu es arrivé avec la basse, je me rappelle.

Hugo Lachance : La voix est le fun aussi.

Sébastien Froment: Ah, les paroles sont extraordinaires, ce sont mes paroles préférées de l'album. Ça parle de vieillir en fait.

Hugo Lachance : Je n'ai même pas analysé les paroles, elles ne sont pas sur Bandcamp.

Sébastien Froment: C’est noté, on va corriger ça et j'en parlerai à notre gérant.

Fred Jacques : Les paroles disent : « on ouvre, on ferme les yeux quand on embrasse une ou un inconnu ». Mais c’est plus comme quand on embrasse l'inconnu en vieillissant. Le thème central, c’est que tu acceptes ou tu refuses; tu es dans le déni ou dans l'acceptation de ce qui t'arrive dans ta vie. Puis encore une fois, ça parle des yeux.

Hugo Lachance : Cette pièce, c’est l'OVNI d'un album OVNI. On poursuit avec « Éclat de vert ».

[Musique]

Hugo Lachance : Bonne basse. C'est quoi le petit grattage?

Sébastien Froment: C’est la basse en mute, le truc percussif.

Hugo Lachance : Ah ok.

[Rires]

Sébastien Froment: Fred a fait une guitare extraordinaire. J’étais tout le temps excité quand il m'envoyait une voix ou une guitare. Même dans mes meilleures espérances, ça n'avait pas été si bon; il s'en va toujours quelque part où on ne sait pas. C’est ça qui était le fun du projet, on s'envoyait des affaires de chez nous.

Fred Jacques : J’avais le même feeling, j'avais hâte d'ouvrir la session. Je ne l'ai jamais envoyé si je n'étais pas convaincu.

Sébastien Froment: J’étais tout le temps excité de l'écouter.

Fred Jacques : Je me suis gardé une petite gêne, je gossais longtemps avant de t'envoyer des affaires. Il faut se filtrer.

Sébastien Froment: Cette pièce-là monte tellement à la fin. Quand on la faisait, je mettais la musique fort dans mes écouteurs et je me levais de ma chaise tellement ça montait.

Hugo Lachance : Il y a de très beaux arrangements de claviers. C’est une pièce que j'aime beaucoup, elle est dans l'ADN de l'album.

Fred Jacques : Elle est moins oppressante, moins sombre. Elle fait du bien, c’est comme une fenêtre ou un rayon de soleil dans l'album.

Hugo Lachance : On continue avec « En attendant ». C’est la première pièce que Fred m'a envoyée.

[Musique]

Fred Jacques : « Croche comme le Stade olympique, gris comme le Mont-Royal, un autre perdu dans les avenues ». Espérer le printemps, c’est une pièce qui fait écho à une vieille chanson de Yesterday's Ring. À la base, on avait prévu de faire un album complet en français en 2022, et celle-là en faisait partie. Ça fait écho à la chanson « Libre » sur l'album 11 chansons pour faire pleurer le mort-vivant.

Hugo Lachance : C’est quoi l'histoire?

Fred Jacques : C’est l'histoire de quelqu'un qui attend son vendeur au coin de la rue. Tu espères le printemps, le soleil.

Hugo Lachance : Ce que j'aime de ces paroles, c’est que c’est très brut mais sur une pièce douce. Il y a des images montréalaises très précises.

Fred Jacques : J'avais le goût d'identifier des endroits différents à Montréal, des spots que j'ai fréquentés, comme le Stade olympique ou le Carré Saint-Louis. C’est un contraste entre la musique douce et ces endroits.

Hugo Lachance : On termine avec « Incendie majeur ».

[Musique]

Fred Jacques : C’est un « one take » pour moi à la guitare. Il y a le violoncelle de Hugo Tremblay.

Hugo Lachance : Salut Hugo!

[Musique]

Seb Froment : Ça sonne riche. On s’est payé un violoncelle; ça nous a coûté 200 piastres, notre seule réelle dépense de tout le disque. Mais il fallait se le payer, on s’en parlait depuis longtemps. J’adore le violoncelle.

Fred Jacques : J'ai tout le temps eu du violon et du violoncelle dans la tête, comme dans Murder by Death. C’est très bon, et ce n’est pas du métal malgré le nom. Celle-ci, c’est la dernière qu'on a faite.

Seb Froment : J'ai déjà dit que j'ai fait quelques spectacles avec Murder by Death.

Fred Jacques : Oui, tu me l'as dit, je suis très jaloux. Au début, on pensait mettre du violoncelle sur « C’est assez », mais finalement on a trouvé que c’était « Incendie majeur » qui en avait besoin. Ça clôt l'album de manière positive, étant en majeur. Elle propulse vers autre chose.

Fred Jacques : Quand on a fini l'album, ma mère est venue au chalet pendant deux jours. Je l'ai assise dans une grosse chaise rouge de capitaine entre les deux speakers et je lui ai fait écouter l'album au complet. Quand cette pièce-là a joué, elle m'a dit que c’était la chanson qu'elle voulait avoir à ses funérailles.

Hugo Lachance : Waouh! C’est cool d'avoir réussi ça. Ta mère écoutait déjà ce que tu faisais?

Fred Jacques : Un peu, mais quand c’était trop punk ça ne l'intéressait pas vraiment. Cet album-là, je savais que ça pourrait plus l'intéresser. On la salue!

Hugo Lachance : Salut! On va finir avec un petit segment rapide. Quel serait votre Top 3 du moment?

Fred Jacques : « Dégâts d'eau » parce que c’est une des premières, « Incendie majeur » et « Maison en feu ».

Hugo Lachance : Moi ça change tout le temps. « Dégâts d'eau » c'est clair, « Maison en feu » et « Linge sale ». Mais selon l'humeur, « Éclat de vert » et « Incendie majeur » amènent ailleurs. J'aime bien « L'erreur humaine » aussi.

Seb Froment : « L'erreur humaine », « Incendie majeur » et « Maison en feu ».

Hugo Lachance : Et la pièce qui représente le mieux l'album?

Fred Jacques : Soit « Dégâts d'eau » ou « Incendie majeur ».

Hugo Lachance : « Dégâts d'eau », je pense que c’est mon choix aussi. L’album est disponible uniquement en numérique?

Seb Froment : Oui, sur toutes les plateformes. On va peut-être investir dans quelques copies vinyles très limitées prochainement.

Hugo Lachance : C’est quoi la suite?

Fred Jacques : Il n'y a pas vraiment de suite, on aimerait faire imprimer des vinyles, mais c’est un investissement. On a parlé de faire d'autres chansons.

Seb Froment : On va sûrement refaire de la musique ensemble, c'est sûr.

Hugo Lachance : Merci les gars. Merci à tout le monde. Si vous aimez ça, achetez l'album sur Bandcamp, ça nous aide à faire imprimer des vinyles. Je mettrai les liens dans la description. Abonnez-vous aux réseaux sociaux de l'Album Podcast et on se revoit pour un prochain épisode.

Seb Froment : Yes sir!