Grimskunk : Grimskunk
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Site de Grimskunk : http://www.grimskunk.com/
Grimskunk sur instagram : https://www.instagram.com/grimskunkmusic/
Le paysage musical et l'histoire du rock au Québec ne seraient tout simplement pas les mêmes sans l'apport sismique de GrimSkunk. En 1994, la formation jetait les bases d'un son unique en lançant son tout premier album éponyme, une œuvre audacieuse fusionnant avec une agilité déconcertante le punk, le métal, le reggae et les influences psychédéliques. Trois décennies plus tard, les membres fondateurs Franz Schuller et Joe Evil se posent au micro de Pierre-Olivier Brassard pour un épisode rétrospectif majeur de L’Album Podcast.
Né en 1988 sur les cendres de la formation Fatal Illness, GrimSkunk a vu le jour pour répondre à un besoin viscéral d'exutoire créatif. Le choix du nom lui-même symbolise une dualité fascinante qui colle à la peau du groupe depuis ses débuts : le mot « Grim » pour évoquer la dureté de la vie, la résilience et les zones plus sombres de l'existence, et « Skunk » pour illustrer l'énergie brute, l'effervescence artistique et leur engagement historique en faveur de la décriminalisation de la marijuana.
Lors de sa sortie sur le marché en 1994, l'album Grim Skunk bouscule les conventions par son style éclaté et inclassable. À l'époque, la critique internationale — notamment le journaliste Markus Kavka du réputé magazine allemand Metal Hammer en 1996 — s'étonne de cette proposition unique, n'hésitant pas à comparer la formation à un « Waltari à la canadienne ».
Pour accoucher de ce son dense et métissé, le groupe a fait confiance à des pointures techniques reconnues :
Réalisation : Confiée aux oreilles attentives de Glen « the gain governor » Robinson.
Enregistrement : Les sessions se sont déroulées au mythique studio White Crow Audio à Burlington, dans le Vermont.
Mastering : Signé par le célèbre ingénieur Howie Weinberg directement à New York.
Alignement d'époque : Le noyau dur du projet réunissait alors Franz Schuller (guitare/chant), Joe Evil (claviers/chant), Peter Edwards (guitare), Marc-Boris Saint-Maurice (basse) et Alain Vadeboncoeur (batterie).
00:05:58 // L'historique et le Wiki de GrimSkunk
00:12:57 // La fondation de l'étiquette Indica Records
00:19:27 // La sémantique derrière le mot Skunk et GrimSkunk
00:21:31 // Hommage à leur gérant Simon Galipeault
00:25:16 // Les projets parallèles et l'aventure Collectivo
00:28:05 // Les connexions artistiques et le lien avec Aut' Chose
00:32:16 // Chronologie et histoire du band (suite)
00:55:08 // La rencontre entre GrimSkunk et Mastodon
Ce premier opus se distingue par une richesse culturelle rare pour la scène rock de l'époque, le groupe naviguant avec aisance à travers plusieurs langues : le français, l'anglais, l'espagnol, le grec et même le perse. En entrevue, Franz et Joe décortiquent l'écriture et les secrets de production des 12 pistes de ce disque culte :
Silverhead : L'ouverture percutante et énergique qui dicte immédiatement le ton de l'album.
In Eight Years : Un morceau plus introspectif qui questionne les choix de vie, le temps qui passe et l'engagement.
Don't Hide : Un cri de ralliement puissant et une charge frontale contre la montée du fascisme.
Mother Of Creation : Une pièce profonde et planante, magnifiée par la présence vocale de Tracy Biddle.
Martha : Un hymne authentique et teinté d'humour qui raconte le quotidien et la camaraderie de la vie sur la route avec les Grim Skunk boys.
Le Dernier Jour : Une réflexion spirituelle vibrante écrite en français, pensée comme un véritable hommage à la vie.
00:57:07 // Silverhead
01:01:42 // In Eight Years
01:06:49 // Don't Hide
01:11:24 // Mother Of Creation
01:14:42 // Martha
01:18:22 // Bach In The Moors Of Mars
01:23:01 // Look At Yourself
01:27:20 // Watchful Elms
01:34:31 // Circle Square Triangle
01:38:02 // Texas Cult Song
01:43:26 // Le Dernier Jour
01:46:42 // Rooftop Killer
Au-delà de leurs performances scéniques incendiaires, GrimSkunk a carrément implanté les bases de la culture indépendante et du Do It Yourself (DIY) au Québec. En fondant la maison de disques Indica Records en 1997, ils ont ouvert la voie à toute une génération de bands locaux, devenant le tremplin d'artistes majeurs comme Les Trois Accords ou Vulgaires Machins. Leur réseau leur a également permis d'agir comme importateurs culturels, faisant découvrir au public d'ici des formations internationales d'envergure telles que Tryo ou Tagada Jones.
Cette feuille de route impressionnante a aussi été forgée à travers les épreuves. Le groupe prend le temps de saluer la mémoire de ceux qui ont marqué leur histoire : leur gérant et précieux « sixième membre » Simon Galipeau, parti subitement en 1997, ainsi que leur ancien bassiste Todd R. Wirschem, décédé en 2015.
Au fil de la discussion dans L’Album Podcast, Joe Evil et Franz Schuller posent un regard lucide sur le vieillissement de leur catalogue. Trente ans plus tard, l'authenticité brute et cette « agressivité positive » n'ont rien perdu de leur pertinence. Portée par une passion intacte, l'aventure humaine de GrimSkunk se conjugue d'ailleurs toujours au présent, notamment avec l'intégration de leur complice de longue date, Vincent Peake (Groovy Aardvark), au sein de l'alignement actuel.
D'où vient le nom du groupe Grimskunk ? Le nom provient de l'été 1988, alors que les membres travaillaient à planter des arbres en Colombie-Britannique et qu'ils ont découvert le skunk, une variété de marijuana puissante arrivant d'Europe.
Qui est le réalisateur du premier album et quel était son surnom ? L'album a été réalisé par Glenn Robinson, surnommé « The Gain Governor » car il aimait utiliser beaucoup de gain et des équipements analogues pour saturer le son.
Dans quelles conditions l'album a-t-il été enregistré ? Il a été enregistré en seulement 8 jours (4 jours de prise et 4 jours de mixage) dans un studio au Vermont, avec une approche « live » où chaque musicien pouvait ajuster son propre mix sur une console individuelle.
Quelle est l'histoire derrière la chanson « Watchful Elms » ? Les paroles sont basées sur un trip d'acide mémorable que Franz a vécu dans un chalet des Cantons-de-l'Est, où il s'est retrouvé perdu dans les bois en pleine nuit, imaginant que les arbres et les buissons l'observaient.
Quelle est la particularité musicale de la chanson « Texas Song » ? Joe Hebel explique que la structure de la chanson est conçue comme un concerto classique (pour orgue et band métal), où l'orgue alterne entre des moments en solo et des passages avec l'ensemble du groupe.
Alain Brunet (30 mars 1994) pour le quotidien La Presse
Gabriel Allard (Décembre 1999) pour la publication Cœur double du Cégep du Vieux-Montréal
Markus Kavka (Novembre 1996) pour le magazine européen Metal Hammer