Transcription de l'épisode : Grimskunk : Grimskunk

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 22 mai 2025 à Montréal et aujourd'hui j'ai l'honneur de recevoir un groupe légendaire, un groupe qui œuvre depuis plus de 30 ans dans la scène musicale. Alors chers auditeurs, chers auditrices, on fait comme dans le temps : on se roule un gros deux papiers, parce qu'on reçoit Grimskunk à L'Album Podcast ! Avant de vous présenter mes invités décemment, je devez remercier Véronique Lambert qui nous accueille ici dans son studio La salle des tortues. Alors pour tous vos besoins en production vidéo, c'est un superbe studio écran vert où les possibilités sont infinies. C'est un studio qui est tout équipé : micros, service de caméra, éclairage, son, tout. Alors si vous avez par exemple des shows d’humour, des vidéoclips, des vidéos corporatifs, etc., cherchez La salle des tortues sur les réseaux sociaux, vous allez rapidement tomber sur Véro. Alors contactez-la, elle est vraiment sympathique. Alors pour tous vos besoins vidéos : La salle des tortues. Aujourd'hui, je suis avec Franz Schuller et Joe Evil, bienvenue à L'Album Podcast les gars !

Franz Schuller : Merci beaucoup.

Joe Evil : Merci de l'invitation.

Hugo Lachance : Je suis tout énervé, là, c'est comme... je suis content de vous voir, ça c'est le fun. Franz, on se connaît quand même un petit peu, Joe on s'est croisés, une photo, on s'est croisés un petit peu là, ouais. Mais bienvenue à L'Album Podcast, on va discuter de votre premier album qui a 30 ans, 31 ans je pense.

Franz Schuller : 31 ans.

Joe Evil : 30 ans et demi.

Franz Schuller : 30 ans et demi, yes.

Hugo Lachance : Moi je suis content parce que c'est un album qui a été vraiment formateur pour moi, c'est un album que j'ai connu dans ma jeunesse, j'ai grandi avec ça. On va commencer par les questions d'usage. Je pose toujours les mêmes questions à tout le monde parce qu'on commence tous quelque part dans la vie, puis ces questions-là servent à mettre tout le monde sur un même dénominateur. Alors on va commencer avec toi, Franz, tu es un p'tit gars de où ?

Franz Schuller : J'organise... j'suis un gars de Montréal en fait. C'est pas vrai, je suis né à Ottawa, mais je pense j'avais 1 an quand je suis déménagé à Montréal, fait que moi j'ai grandi toute ma vie à Montréal.

Hugo Lachance : Puis ton album d'enfance, le plus loin que tu te souviennes ?

Franz Schuller : Moi, le premier band qui m'a influencé c'est les Beatles, mais le premier album que j'ai eu c'est un 45 tours de Blondie, Heartglass, j'avais 7 ou 8 ans.

Hugo Lachance : Cool, puis ton album d'adolescence ?

Franz Schuller : Misfits, ouais.

Hugo Lachance : Ah ouais OK, waouh, ouais, ouais. J'ai écouté un documentaire sur Misfits parce que c'est bon. Moi puis Joe, c'est honnêtement... même Pete aussi, c'est vraiment le band qu'on a écouté le plus, ouais, ok. Ensuite, qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ?

Franz Schuller : Mes parents écoutaient mettons du Dire Straits, du Claude Dubois, du Van Morrison... triple Van Morrison ! De temps en temps du francophone aussi, puis de la musique classique, puis genre un peu de la musique du monde.

Hugo Lachance : Ok, ok cool, ouais c'est assez varié. Puis à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale dans ta vie ?

Franz Schuller : Pas mal tôt. Je pense que j'avais peut-être 8 ans, j'étais dans le sous-sol de mes parents puis je suis tombé sur la biographie des Beatles, la première, la grosse par Hunter Davies, je pense, qui est comme genre grosse de même. Puis j'ai comme ouvert la page de... j'ai lu la première page, j'ai lu le livre au complet, on dirait qu'à partir de ce moment-là, c'est ce que je fais dans ma vie.

Hugo Lachance : C'est con, même con comme la pluie de dire, les Français... bon, ton premier instrument ?

Franz Schuller : Guitare.

Hugo Lachance : Guitare, OK right. Joe, oui, tu es un p'tit gars de où, toi ?

Joe Evil : Ben moi, je suis né à Vancouver, mais j'étais arrivé à Montréal quand j'avais 3 ans, fait que je viens de Montréal.

Hugo Lachance : Ton album d'enfance ?

Joe Evil : Mon album d'enfance c'est... c'est les Beatles, en fait. C'est soit Sgt. Pepper's, Let It Be, ou ben Abbey Road, comme... Ouais.

Hugo Lachance : Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?

Joe Evil : C'est ça, parce que moi je suis le plus jeune de trois frères, fait que c'est la musique de mes frères. C'est mes frères qui jouaient de la musique, là. C'était les Rolling Stones, les Beatles et Pink Floyd, plein... ouais, OK right.

Hugo Lachance : Puis quand est-ce que tu as réalisé que la musique allait être fondamentale dans ta vie ?

Joe Evil : Ah écoute... quand est-ce que tu as commencé à faire tes cours de piano ? Ouais, j'ai commencé à faire des cours de piano à, je sais pas, à 10 ans ou quelque chose de même, puis un moment donné, peut-être à 12 ou 13 ans, je commençais à pratiquer plus souvent, je sais pas.

Hugo Lachance : Ton premier instrument, j'imagine c'est le piano ?

Joe Evil : C'était la guitare finalement, ouais, mais j'ai pas aimé la guitare fait que mes parents... mes parents m'ont switché au piano, là.

Hugo Lachance : Alors dans Grimskunk, les membres actuels, il y a évidemment... il y a Franz et Joe. À la guitare et au chant, toi c'est l'orgue puis au chant aussi.

Joe Evil : Exactement, oui.

Hugo Lachance : Il y a Vincent Peake à la basse, il y a Peter Edwards à la guitare, oui, puis Alex votre bon... au drum.

Franz Schuller : Alain à la batterie, exactement, ouais.

Hugo Lachance : Puis les anciens membres, il y a... parce que c'est important d'en parler parce qu'ils sont sur... ils étaient sur l'album, ouais, Boris.

Franz Schuller : Ouais, Marc-Boris Saint-Maurice qui était à la basse.

Hugo Lachance : Il y a Todd.

Franz Schuller : Ça c'est plus tard, plus tard, plus tard, ouais. Comme, quand Boris est parti, on a remplacé Boris par Todd, puis quand Todd est parti, on a remplacé Todd par Paco, ok, puis quand Paco est parti, on a remplacé Paco par Vincent, ok, bon. Et puis Ben Shatskoff.

Joe Evil : Et Ben Shatskoff, ouais. Puis après, Alain a remplacé Ben, son remplaçant...

Franz Schuller : Ok, ouais c'est ça, il est revenu dans le band.

Hugo Lachance : Alright, donc pour monter mes questions, ben j'ai... j'ai fouillé dans les vieux articles de journaux, on remonte à loin, on se met dans... dans le contexte de l'album, puis j'ai consulté votre page Wikipédia aussi. Ah ben fait là, je me donne des affaires de Wikipédia puis vous allez commenter, alright. Grimskunk est un groupe de punk rock canadien originaire de Montréal au Québec. Il est formé en 88 à partir des cendres de Fatal Illness.

Franz Schuller : Tout à fait vrai. Moi, Joe et Peter qui étions dans Fatal Illness, il y avait trois des cinq.

Hugo Lachance : Ouais, puis que vous avez réédité plus tard, c'est Grimskunk plays... Fatal Illness.

Franz Schuller : On... on a réenregistré l'album, comme... OK c'est cool.

Hugo Lachance : Les membres du groupe sont très présents en Colombie-Britannique et peuvent être considérés comme les précurseurs de la présence massive de Québécois dans cette province année après année. Je sais pas ça sort d'où ça.

Franz Schuller : Je pense que c'est plus... il y avait beaucoup de Québécois qui allaient au B.C. pour travailler, mais surtout faire du snow, du ski, et oui exact, travailler. Quand... quand on jouait en Colombie-Britannique ou en Alberta d'ailleurs, si on jouait dans la région, tous les Québécois avaient tendance à venir au show, fait que tu avais un... il y avait des anglophones aussi, mais c'est comme si tu avais une soirée, tu avais plus de francophones que d'anglophones dans un bar, tu sais, fait que ça faisait un peu drôle, mais c'est vraiment sur Wikipédia, là, ouais.

Joe Evil : Le meilleur de tous, là, c'était... je pense c'était... non ben, à Banff puis à Canmore, là, mais à Kelowna, là, c'était quelque chose d'assez rigolo parce que, tu sais, on... on jouait pas à Kelowna à cette époque-là, puis on a commencé à jouer à Kelowna, là tu avais tous les pickers, comme Franz dit, les gens qui cueillaient des fruits, tout ça dans... dans la vallée. Puis... puis là ben, c'était l'invasion des Québécois. Tu avais comme presque aucun anglophone dans le bar, c'était des Québécois, puis ils prenaient le contrôle du bar au complet, là, ça c'était rigolo, ouais.

Hugo Lachance : Ça, c'est vraiment ma génération aussi, c'était comme un... un rite obligatoire d'aller au B.C., chaque jeune punk ou Québécois, il faut qu'il passe par le B.C., ouais. Exact. Ils intègrent également le français, l'anglais, l'espagnol, le grec et le perse dans leurs morceaux. Leurs morceaux comprennent d'ailleurs des éléments de punk rock, punk hardcore, reggae, de musique progressive, de rock psychédélique, de ska, de hip-hop et de musique du monde. Comment on compose une chanson dans Grimskunk, comment vous arrivez à faire un consensus avec tout ça ?

Franz Schuller : Mais le consensus, c'était qu'il y en avait pas, puis on était ouverts à tous les styles finalement. Mais tu sais, en général, on... on reste dans le punk, métal, hardcore, mais tu sais, on est toujours ouverts à essayer quelque chose, ouais.

Hugo Lachance : Je pose la question parce que c'est vraiment une des qualités de votre musique, c'est qu'on passe vraiment d'un monde à l'autre à travers un album, mais c'est pas n'importe quoi, il y a toujours un lien. Justement, ça doit être ça le... le côté hardcore, c'est ça qui fait la beauté, le truc qui tient le tout ensemble. Disons, maintenant, du rock psychédélique, là, un peu, surtout à cause du clavier de Joe qui rappelle des bands des fins des années 60, 70.

Franz Schuller : Mais on touche à beaucoup de styles parce que, de un, je pense que les gens dans le band, on aimait plein de styles puis on avait pas envie de se mettre de limites. Le concept dans ce band-là, c'était qu'on se met pas de limites. Mais en plus de ça, les cinq personnes dans le band sont très différentes. Ben oui, c'est... on a plein de points communs, mais on écoutait aussi des choses différentes, tu sais, comme Boris écoutait, tu sais, il écoutait plus de Frank Zappa que... que de punk, lui, là, tu comprends ce que je veux dire. Fait que tu as... tu avais ces influences-là qui venaient aussi s'ajouter, mais c'est ça, fait... ça fait une belle cohésion dans...

Joe Evil : Et même... même quand qu'on a commencé en 88, le punk hardcore commençait déjà à être vieux, tu sais qu'est-ce que je veux dire, quelque chose de... mettons, en 81. Nous, on arrive en 88 puis on a fait beaucoup le tour de cette musique-là, tu sais. Fait que, oui, après Nirvana puis Green Day ont pété des scores, mais ils faisaient de la musique qui... qui se faisait 10 ans en avant, qui est devenue mainstream soudainement. Fait que nous autres, rendus au début des années 90, c'était déjà le temps pour le punk de... de prendre des chemins différents, un petit peu comme... un petit peu comme le rock and roll en 66 ou 67, quand... quand c'est devenu psychédélique puis tranquillement prog. C'était fini le temps d'Elvis puis de Chuck Berry, là, puis on faisait un petit peu qu'est-ce qu'on voulait avec le rock maintenant. Fait que le punk en 90 était prêt pour ça, selon nous.

Hugo Lachance : Ouais ben écoute, moi je trouve que c'est un album qui vieillit super bien. Je l'ai écouté presque cinq fois pour me préparer, on va en parler plus tard, mais c'était étonnant comment il vieillit bien cet album-là. On continue avec le wiki : avec B.A.R.F. (Blasting all rotten fuckers), Anonymus et Groovy Aardvark, le groupe est l'un des premiers du genre alternatif à tourner au Québec. Oui, parce que même les bands qu'il y avait à l'époque, on parle de band alternatif, je te parle pas de... de par la scène underground, ouais.

Franz Schuller : Parce que même Voivod, ouais, qui est pour moi la référence en musique underground québécoise, c'est comme les premiers, là. Ils tournaient à l'international bien plus qu'au Québec, ils tournaient pas au Québec tant que ça. Vraiment, Voivod au tout début un peu, puis après ça ils partaient ailleurs puis ils jouaient quasiment pas au Québec. Et quand on a commencé à jouer, il y avait comme ces bands-là, plus... peut-être... peut-être un an après, un petit peu après tout, mais B.A.R.F., Groovy, puis nous, c'étaient un peu les bands qui... qui, dans ce style-là, le faisaient, avec Banlieue Rouge aussi à cette époque-là, puis quelques autres petits bands. Mais quand même, il y en avait, mais il y avait des... mais ça, c'est des bands... commencer à tourner dans les... dans les villages puis les petites villes du Québec, ça, ça se faisait pas, ouais.

Joe Evil : Ça, ça se faisait pas, il y a personne qui faisait ça, puis ça c'était vraiment une... je pense, une découverte pour... pour les bands d'aller voir les gens dans leur... dans leur région. Et évidemment, ça crée un genre de : « Aïe, c'est quoi cette affaire-là ? » dans les régions où ce qu'on a apporté une musique qui était totalement différente et nouvelle dans un... tu sais, dans... dans des régions où, écoute, il y avait pas ça, là.

Hugo Lachance : Moi... moi... moi je viens du Saguenay. Moi j'ai fini mon secondaire en 92, puis je me souviens, j'apportais des compilations comme Kitchen Squad, les albums de... de Grimskunk, c'était connu quand même au Saguenay. Mais tu sais, juste 500 km plus loin de la ville, vous étiez pas mal moins connus, puis vous avez fait des shows pas mal, vous avez défriché beaucoup, puis on parle de tous les bands de cette époque-là, vous avez fait beaucoup de défrichage pour la scène alternative.

Franz Schuller : La première fois qu'on a joué à Chicoutimi, il y avait pas bien gros de monde non plus, là, tu sais. C'était... c'était encore... c'était... c'était bel... tu sais, c'était comme... c'est un nouveau début avec quelques personnes un peu précurseurs qui allaient probablement à Québec ou peut-être à Montréal voir des shows puis découvrir des choses, puis les ramener dans la région, ouais, exactement, exactement, ok. Non mais c'est... c'est toute une époque. En 1997, Franz Schuller et les membres de Grimskunk fondent la maison de disques Indica, un label indépendant prônant le DIY pour encourager la scène underground locale du Québec, qui, en coopération avec Yelen Musique de France, a importé quelques groupes tels Tryo, La Rue Kétanou, La Ruda Salska, Tagada Jones, et ont connu des succès avec des groupes québécois tels que Les Trois Accords et Vulgaires Machins. Comment ça se passe, Indica aujourd'hui ?

Franz Schuller : C'est cool, c'est le fun, c'est... je te dirais que Indica, c'était au début un... un projet qui a été fondé et formé par le band Grimskunk, ouais, par le manager de Grimskunk, Simon Galipeau, et quelques... quelques... quelques amis, K Mariana. Puis le but de ce label-là, le premier but, c'était de s'occuper de Grimskunk parce que on avait perdu notre partenaire Cargo Records à cette époque-là, et on avait évidemment, rendu là, on avait des amis dans d'autres bands, là on s'est dit : « Bon, pourquoi pas essayer d'aider d'autres... d'autres amis ? » Mais c'était comme un genre de... comme un genre de... de... de... d'enfant de Grimskunk, c'est quand même... puis donc Grimskunk était à ce moment-là un peu dans notre... dans notre période parmi les plus actives de notre carrière, on était jeunes, on avait pas vraiment encore de... d'enfants ou de trucs de même, fait que Indica était très, très actif pour les années qui ont suivi. Puis maintenant, ça existe encore, on fait plein de choses, mais la locomotive qui est Grimskunk aujourd'hui, ouais, est pas la locomotive qui était Grimskunk quand Indica a commencé, genre, on fait moins... on fait plein de choses encore, on en fait beaucoup moins qu'avant, on a d'autres choses à faire dans notre vie, on est plus vieux, donc on fait moins de choses.

Hugo Lachance : OK, qu'elle faisait au début à sa création. Mais c'est cette époque-là, un petit peu après, qu'on s'est connus quand Fred Poulin travaillait pour... pour Grimskunk, pour Indica. Mais c'est le fun parce que l'histoire d'Indica, c'est drôle parce que tu as comme... je sais pas quel pourcentage, mais un pourcentage assez élevé de gens qui sont dans l'industrie de la musique au Québec qui ont transitionné par Indica à un moment donné, c'est hallucinant. Fait qu'on était un peu comme un endroit de... si Grimskunk a défriché avec les autres bands dont tu parlais tantôt le Québec pour la scène alternative, Indica a été un peu le... le training ground ou la ligue mineure de beaucoup de jeunes, les acteurs du milieu de la musique maintenant, ouais c'est vrai. Mais c'est un bon... ça fonctionne encore, ça va bien ? Oui, ça va bien. On continue : en 1999, le bassiste Marc-Boris Saint-Maurice quitte le groupe pour fonder le Bloc Pot au niveau provincial et le Parti Marijuana du Canada au niveau fédéral.

Franz Schuller : Ouais, en plein ça. C'est Alain, notre batteur en fait, qui faisait des jokes quand le Bloc Québécois est sorti, ouais. On était en tournée, puis là Alain... Alain est très comique, tu sais, puis là Alain, il disait : « Bloc Québe... Bloc Québécois, Bloc Québécois, c'est quoi ça ? On devrait faire le Bloc Pot », tu sais, puis là : « On devrait avoir des candidats comme Marie-Anne La Fleur », puis tu sais, puis il arrêtait pas, tu sais, c'était vraiment, vraiment drôle, puis nous autres on riait, tu sais. Boris a pris ça au sérieux, extraordinaire en tout cas.

Hugo Lachance : Ah c'est bon, mais on l'a encouragé Boris et son Bloc Pot quand même.

Franz Schuller : Ah écoute, oui. Tu sais, la légalisation de la marijuana était quand même un sujet qui était cher au band dès le début, même le nom du band, Grimskunk, tout ça, puis tu sais, on avait des accessoires de stage qui représentaient très bien la marijuana aussi, fait que, tu sais, c'était important pour nous. C'était une des affaires qu'on disait, comme : écoute, en 90, on se posait vraiment la question pourquoi que les policiers, pourquoi que l'État gaspille leur temps à... à mettre du monde en prison, à donner de l'argent à la mafia, quand que c'est... c'est la marijuana, tu sais, quand que l'alcool, la cigarette, le café et toutes les... la pharmacie et les antidépresseurs sont acceptés dans la société, pourquoi pas ça ? 30 ans plus tard, c'est... c'est arrivé, et 30 ans plus tard, là, là, la marijuana est rendue légale et on a vu que ça a pas changé grand-chose dans la société, ce que je veux dire, sauf qu'il y a moins d'argent peut-être qui se fait illégalement pour certaines personnes, tu sais. C'est peut-être... c'est pas une... tu sais, c'est une question de santé publique, aucune drogue n'est bonne, mais la question... les êtres humains c'est les êtres humains, ils cherchent ça, on peut pas s'empêcher, fait que la marijuana était toute comme ça. Et là, tu sais, c'est un petit peu comme le band, oui, Grimskunk, pourquoi... pourquoi ne pas fumer, puis là Boris s'est vraiment... s'est investi, ben comment on dit, il a pris ça à cœur aussi, puis tu sais qu'est-ce... mais c'est correct aussi, oui, oui, c'était parfait, puis écoute, il a fait une très bonne job, il l'a fait pendant longtemps, absolument, pendant très, très longtemps. Puis finalement, il était dans le Parti Libéral, puis Justin Trudeau a passé la loi en 2016 ou en 18, je me rappelle plus quand exactement, puis bravo Boris, oui ben on le salue, salut Boris, Bobo !

Hugo Lachance : Mais comment il vous a annoncé ça, il vous a dit : « Les gars, je quitte le band parce que je m'en vais au Bloc. » ?

Franz Schuller : Ben c'était... un moment donné, il était sur son téléphone cellulaire en train de régler des affaires de son parti politique pendant un... là, c'était comme : « Boris, faut que tu prennes... faut que tu fasses un choix dans la vie ». Puis peut-être... même peut-être lui a dit, comme : « Les gars, je suis désolé, j'ai plus le temps », c'est un petit peu les deux. Qui... moi je pense qu'il aimait le band beaucoup, mais je pense qu'il était peut-être encore plus passionné par sa cause de... de légaliser le weed que... que le band, que la musique. Ce qui est drôle de Grimskunk aussi, par rapport à ce lien-là, c'est que Grimskunk comme telle, la genèse initiale de Grimskunk, c'est arrivé en... à l'été de 88, ok. Quand moi, Joe, Benoît Fortier — qui a écrit Pourquoi pourquoi ne pas fumer puis Zig Zag — puis Benoît Robitaille — qui était notre chum de... d'enfance, de... qui a fait beaucoup des... des pochettes d'album, des t-shirts de Grimskunk —, on est allés planter des arbres.

Hugo Lachance : Quel âge ?

Franz Schuller : On avait 19 ans, 18-19 ans, des teenagers, là, puis on... on... c'est l'été où il y a eu, en tout cas pour nous, la première vraie arrivée du skunk qui arrivait d'Europe, d'Hollande, etc., cette espèce de... de... de... de weed, c'est quoi le mot qu'on appelait ça, hydroponique, hop, ouais, ouais. Puis là on capotait, là ! Le weed qu'on avait au Québec, c'était de la merde avant ça, là, tu sais, là on capotait bien raide, puis dans le temps on appelait ça le K.B., le mauvais, ou ça, ou je me souviens de l'avènement de l'hydro, on trippait skunk, skunk c'était quand la grosse affaire. Puis là, on plantait des arbres le jour, puis le soir on fumait du skunk, notre gang de quatre... de quatre larrons, là. Puis là ben, moi puis Joe on avait amené... j'avais une guitare, il avait amené un petit... un tout petit clavier, tu sais. Puis là, on était gelés ben raide, puis on savait pas quoi faire, on a commencé à jammer, on s'amusait, puis quand on est revenus en ville, on a décidé de... de continuer. On est allés chez Boris, puis on mettait une enregistreuse, puis là on fumait des bats puis on enregistrait nos free jams, on jammait ouvertement, c'était n'importe quoi, là, on n'écrivait pas des tounes, on jammait. Puis à partir de ces choses-là, on réécoutait, c'est là qu'on a commencé à dire : « Hé, c'est pas mal bon finalement, il y a des bonnes idées, tu sais ». Parce qu'on avait un talent, ouais, c'est... c'est ça, tu sais, puis... mais tu... on s'entend que la musique était différente de Fatal Illness, c'est ça qu'il faut comprendre. C'est la genèse, ou la graine qui a été plantée dans le sol de Grimskunk, elle a été plantée pas juste... mais elle a été plantée à cause du weed puis du skunk, puis c'est pour ça qu'on a appelé le band Grimskunk. Parce que Fatal Illness, c'était du punk hardcore, Grimskunk c'était plus... tu es gelé comme une balle, tu commences à faire des jams de... de... de Led Zeppelin ou de... de... de King Crimson ou je sais pas trop quoi, là, tu sais. Puis après ça, on a amené ça, on a ramené le punk dedans, mais le début, début des jams de Grimskunk, c'était du psychédélique total, ouais. Puis ça a donné ça, ça a amené une couleur vraiment unique, là, tu sais, oui, ok waouh.

Hugo Lachance : On achève avec le Wikipédia. Vous avez perdu votre gérant, oui, Simon, le gars dont je parlais tantôt, comique, qui décède de causes naturelles le 20 février... non, il skate... non, c'est lui qui fait du skate, je m'excuse. Ou il est descendu, la... tu sais, il habitait sur Mont-Royal, puis là il partait le soir des fois, il mettait ses écouteurs puis son... son Walkman ou je sais pas trop quoi à l'époque, tu sais, puis là il descendait avec son longboard puis il s'est fait frapper par un char dans la nuit, écrasé. Puis quel impact ça a eu pour vous autres, parce que c'était quelqu'un de vraiment important ?

Franz Schuller : Horrible, ouais, c'est horrible parce que, de un, c'est un très, très bon ami, mais c'est surtout que Grimskunk, on était très indépendants, très forts, on faisait du DIY, mais on est cinq personnalités très différentes, ouais. Puis ce que Simon amenait, c'était une espèce de gouvernail puis un équilibre entre nous, puis c'était une des seules personnes — il y en a une couple —, mais une des seules personnes au monde qui était capable de filtrer tout notre... notre chose puis... oui c'est ça, notre... notre... notre chaos dans le band, puis... puis faire un... un tout de ça puis nous diriger dans la bonne direction, ouais ok. C'était un très bon gérant aussi au niveau de la business, niveau... pas nécessairement artistique, mais comment se voir au niveau... tu sais, planification de carrière, il y avait vraiment comme... il était encore... tu sais, on a eu une bonne carrière, nous autres, mais c'est quand Simon est arrivé, comme, la... la pente est devenue plus difficile, tu sais, ouais. Tu sais, on montait comme ça, puis là on montait... tu sais, tu sais, on a changé d'angle un petit peu après son départ, parce que nous autres, quand même, on faisait de la musique, puis pendant que nous on faisait de la musique, lui il pensait à comment faire avancer le groupe, évidemment. Puis non seulement il pensait à ça, mais il était très, très bon, il y avait un super bon talent pour... c'était un gars de 26 ans, 27 ans, 28 ans puis qui avait la sagesse d'un bonhomme de 45 ans, exactement. C'était vraiment comme... je sais pas comment... tu sais, je connais aucun gérant à 25, 26 ans qui... qui aurait pu... ben peut-être il doit en avoir, mais comme Simon, il était vraiment... il y avait vraiment un talent et une passion pour ça, fait que, tu sais, comme Franz, on a un petit peu perdu, tu sais, notre guide de... de carrière, ouais c'est ça, ouais je comprends.

Hugo Lachance : Puis qu'est-ce que vous avez fait pour remédier à ça, vous avez engagé quelqu'un d'autre ou...

Franz Schuller : On a fait... on a fait notre possible, en fait, on pouvait pas... il était pas remplaçable, c'est ça le problème, il était pas remplaçable. C'était... tu sais, comme Joe dit, c'était quelqu'un qui avait... non seulement était brillant, très intelligent, mais il avait un... ce qu'on appelle Street Smarts, ah ok ouais. Puis il avait le tour avec les gens, puis il était capable... écoute, c'est pas compliqué, il avait commencé... des fois, il allait voir des gens comme... comme D.K.D., Donald K. Donald, qui était comme une... oui, légende de... de la promotion de la musique canadienne, point, là. C'est un gars qui a le... le... l'Ordre du Canada pour ce qu'il a fait, ce gars-là, tu sais, puis il travaillait avec les Beatles, les Stones, les... peu importe, nomme-les. Puis Donald... il allait peut-être des fois voir Donald, ou des gens qui travaillaient pour Donald, pour des conseils quand qu'il cherchait des... pour... pour avoir des... des idées pour comment faire avec Grimskunk et d'autres choses — il faisait pas juste Grimskunk puis Donald, quand Simon est mort, Donald est venu aux funérailles, puis tu sais, il a dit : « I'm heartbroken », il dit, « tu sais, moi je... I was grooming this guy to be my... » c'est... c'est lui qui... qui relève, oui, il était en train de l'amener pour... pour être son... son héritier en quelque sorte. Mais quand quelqu'un comme Donald pense ça de quelqu'un de 27 ans, là... non, j'avoue c'est pas un épais.

Hugo Lachance : Écoute, on va passer... je veux parler de vos projets parallèles, parce qu'il n'y a pas juste Grimskunk. Donc, Joe participe à Colectivo, un collectif de musiciens de la scène québécoise faisant de la musique à saveur internationale, notamment latine. Leurs spectacles sont un medley de leurs compositions et d'hommages à divers groupes, notamment Mano Negra, c'est ça ?

Joe Evil : Ah exactement, ben oui ! Colectivo, c'était comme... c'était vraiment le fun pour moi. J'ai commencé dans Colectivo parce que je jouais de l'accordéon, ok, fait que... fait que... puis ce qui était très intéressant de Colectivo, c'était tout le monde qui était issu de la scène montréalaise qui faisait comme de la musique alternative, un petit peu, Chantal d'Overbass surtout, ben c'est... c'est Chantal puis Joël qui... qui étaient derrière ça. Mais tu sais, fait... puis l'idée, c'était un petit peu d'amener d'autres personnes à jouer d'autres instruments ou d'autres styles de musique, fait qu'on se trouvait avec une... mon dieu, une belle gang de 10, 11, 12, 15, un moment donné on était quasiment 15 personnes dans l'autobus, tu sais qu'est-ce que je veux dire ! Puis... mais c'est vraiment grâce beaucoup, grâce à Chantal et à Joël qui... qui dirigeaient le bateau, tu sais qu'est-ce que je veux dire, puis là ben, comme Chantal... comme elle est mexicaine, elle pouvait chanter puis écrire en espagnol sans... sans accent puis tout ça, fait que, tu sais, puis nous on empruntait un petit peu la... la musique latino, mais tout le monde dans le band était issu de la scène punk, ouais. Fait que nos shows finissaient punk un petit peu, fait que, tu sais, c'était comme un party latino punk, puis c'est là que ça devient un petit peu comme Mano Negra finalement, qui... qui font de la musique un petit peu latino, musique mondiale, mais influencée alternative Paris, mais nous autres on était à la sauce punk Montréal un petit peu, ouais. C'est des gros shows, ces shows-là, c'est ça. Puis malheureusement, Chantal était plus capable d'être la mère du groupe après... après 15-20 ans, elle était tannée, puis c'est dur à gérer aussi une gang de... ouais c'est ça. Fait que, si tu savais, tu sais comme, l'amitié... l'amitié est toujours là entre tous les membres, mais Chantal a juste un petit peu perdu la flamme, un moment donné on a recommencé puis fait qu'après un an, elle fait : « Oh... » On la salue, Chantal, fait que on a comme... on est en pause, là. On va jamais dire que le groupe est arrêté, on est en pause, puis si jamais un jour Chantal veut recommencer quelque chose, on va recommencer. Overbass, c'est ça ouais, c'est vrai, c'est vrai, ben un moment donné c'est ça, fait que Joël puis Chantal ont lâché Overbass puis sont revenus... ils sont revenus quelques fois, fait qu'on sait jamais avec Colectivo, fait que... on est en pause depuis... tu sais, ben, la... comme un petit peu la pandémie, on est... on a commencé à jammer en plein milieu de la pandémie, puis là ça... là on a comme arrêté pour une autre pause après ça, ouais.

Hugo Lachance : Tout à fait. Vincent Peake et toi, vous avez fait partie de la dernière mouture d'Aut'Chose ?

Joe Evil : Oui, exactement, ça c'était vraiment hallucinant, ça c'était une super grande chance pour... fait, pour... pour moi et Vincent, avec Michel de Voivod, avec Michel de Voivod puis au début avec... aussi, fait que c'était vraiment, tu sais, un... un des amis à Lucien Francœur, Ron, qui... qui fait son site Internet puis tout ça, qui est journaliste puis tout ça, que... puis tu sais, il avait pris des photos de Voivod quand qu'ils étaient jeunes, puis un moment donné, il avait dit à Lucien, comme : « Tu sais, c'est de valeur comme, tu sais, qu'est-ce que... c'était Aut'Chose puis tout ça que... » Puis là Lucien, il a dit : « Ben si jamais, là, je vais continuer, là, ça me prend un crisse de bon band ». Fait qu'il a dit : « Va te trouver un bon band », il a parlé à... il a parlé à Michel, puis Michel il a dit : « Moi j'embarque c'est sûr, puis je te le garantis à 100 % que Peake embarque ». Puis là, là on a besoin d'un clavier, puis... et ça a donné, on a eu un clavier, puis j'ai eu de très, très bonnes années avec ce groupe-là, puis tu sais, ça, en vieillissant, c'est ça. Première fois que ça m'arrive que, c'est malheureusement Lucien et Jacques, les deux membres originaux du groupe, sont décédés l'année dernière à 6... 6 semaines de différence, fait que c'était vraiment comme... oh waouh, c'est... c'est triste.

Hugo Lachance : On va se diriger, on va parler du style musical. Il y a Marcus Kavka du magazine Metal Hammer qui considère le style musical du groupe comme « confus », étant donné qu'il n'existe aucun élément clair à reconnaître. Grimskunk se développe de plus en plus comme une sorte de Waltari à la canadienne. Lutz Koroleski analyse des éléments de punk hardcore, de punk rock, de rock alternatif, de crossover thrash et même de la même manière que Scatterbrain. Ah ben oui, c'est... c'est vieux ça. Pour le magazine allemand Zillo, leur style est un « crossover multiculturel », ça c'est pas pire quand même, de métal old school, de son progressif, de punk, de ska, de musique latine et de métal même extrême-oriental.

Franz Schuller : Oui, ben sur l'album Fieldtrip, on avait choisi le mot world punk pour décrire le son du band à cette époque, fait que c'est pas loin de ce qu'il dit, lui, ouais, ouais c'est vrai, c'est vrai. Fait que, tu sais, fait... tu sais, si on met des étiquettes sur... sur Grimskunk, il y en a... ça a toujours été l'enfer sur Grimskunk, c'est plus ou moins inutile en fait, ah ouais, exactement.

Joe Evil : Mais qu'est-ce qu'on avait, Franz, on avait Mozart, on avait... on avait quoi, on avait plein d'affaires au début, on savait plus comment expliquer ça, surtout que, non seulement le style du band était un peu pas définissable parce qu'il y avait trop... ouais, mais c'est surtout que nous autres, ce qu'on faisait, ça existait pas à cette heure-là, il y avait pas de référence. Mais ça, c'est une bonne chose, hein, c'est comme, genre, comment tu expliques à des gens qui ont jamais entendu ça, tu sais, ils font comme : « Euh... » Et même aujourd'hui, à ce jour, il y a pas énormément de... de piano et d'orgue psychédélique dans des bands métal, tu sais, comme... tu sais, quelques bands vont avoir comme des claviers qui font vraiment des... des pads un petit peu en arrière, mais tu as... c'est... c'est très rare d'avoir un groupe qui va avoir trois solos de piano ou... ou d'orgue par album ou quelque chose de trop entraînant aussi, ben genre, je sais pas, c'est... c'est pas... c'est pas un instrument que le monde... je sais pas qui cherche, fait que déjà le fait qu'on mette le piano dedans, ça ouvre plus de possibilités musicales, puis... mais ça a donné des couleurs incroyables, ça vieillit très bien en plus, fait que... c'est... c'est dur à définir parce que c'est juste comme... il y a pas beaucoup de piano dans... dans de clavier dans... dans le style alternatif, métal, punk, il y en a presque pas, tu sais. Il y en a, il y a de la présence des claviers des fois, mais mettre le clavier puis l'orgue comme le faisaient des bands de rock des années 60, 70, le faisaient, c'est presque inexistant dans... dans le punk ou métal. En plus, sur l'album Grimskunk, le drum est vraiment en avant aussi, là, quand tu le réécoutes, le drum.

Hugo Lachance : Non mais c'est Chris... c'est Alain, là, good job ! Allez, on va faire un petit retour dans le temps les gars, j'ai trouvé des articles. Alain Brunet, le 30 mars 1994, ok, pour La Presse : « Grimskunk, formation anonyme constituée de jeunes explorateurs, punks hardcore en quête de territoires inconnus, ex-enragés cherchant à catalyser autrement leur rébellion. Prenez le cas de Franz Schuller, on parle de toi, prenez le cas de Franz Schuller, guitariste et cofondateur de Grimskunk, perd sa mère à 5 ans, n'arrive pas à panser ses plaies, demeure un cas problématique jusqu'à ce que le rock représente pour lui un exutoire de choix. 100 % juste. L’énergie d’un tracteur, l'agressivité d'un Tasmanian Devil » ouais c'est sûr que j'étais quand...

Franz Schuller : Écoute, Vincent, moi j'étais allé à l'école primaire à l'Académie Michel-Provost parce que j'habitais sur la rue Peel à Montréal. Mon père travaillait à l'université, puis on avait un vieux appartement sur la rue Peel qui appartenait à l'université, les vieux trucs en... en... en pierre avec des... des... des plafonds genre de 20 pieds comme on voit à Berlin, mettons, en Allemagne, tu sais. Puis moi j'allais à l'école, puis Vincent, il a presque... presque 2 ans de plus que moi, pas tout à fait mais presque, fait qu'il était pas dans ma classe, ok. Puis lui il dit : « Moi je me souviens qu'il y avait un petit crisse plus jeune que moi qui était dans... tu sais, je le connaissais pas parce qu'il était pas dans ma... dans... dans... » on parle de genre 2e année, 4e année, le genre, tu sais, ouais. Puis il y avait un petit crisse aux yeux bleus qui faisait juste sacrer à longueur de journée, ah ouais, puis c'était moi, c'est sûr que c'était moi, il y en avait pas d'autres, là, fait que j'étais tellement turbulent que, tu sais, j'avais même réussi à... à... à avoir une certaine... à me faire remarquer par quelqu'un qui était comme genre 2 ans plus vieux que moi, tu sais, j'étais... j'étais pas... ah, j'étais pas... j'étais pas calme du tout.

Hugo Lachance : Bon, c'est ça, je... je continue là-dessus parce que c'est intéressant : « L'ami Franz ne changera qu'au terme de l'adolescence, à la suite de la lecture de Stranger in a Strange Land, écrit contre-culturel de Robert A. Heinlein. Franz décide alors de voir les choses autrement. Son hardcore, tout comme celui de ses collègues Joe et Peter, deviendra progressif, plus nuancé, plus subtil. Exit Fatal Illness, Grimskunk était fondé. »

Franz Schuller : Voilà, c'est ce que j'ai dit tantôt, c'est que Fatal Illness c'était plus punk, puis... puis Grimskunk c'était vraiment autre chose, la... la genèse de Grimskunk c'était vraiment autre chose. Puis ce qui est intéressant, c'est le livre Stranger in a Strange Land, on l'a tous lu, notre gang de chums. Quand Joe... quand tu es jeune, Joe l'a lu, Rick l'a lu, puis c'est... c'est l'histoire d'un... un Martien, l'histoire du livre, un Martien... ça commence bien, c'est un être humain qui est né sur Mars, c'est ça, c'est ça, élevé par des Martiens, bonne correction de Joe, puis lui il vit avec les Martiens fait qu'après... comme un peu comme Spock dans... dans Star Trek, tu sais, il vit avec une culture complètement différente. Puis une des choses que les Martiens font, c'est... il y a pas beaucoup d'eau sur Mars, ok, c'est très précieux, fait que les autres, quand qu'ils veulent créer un lien le plus profond que tu peux faire avec quelqu'un que... que tu aimes puis que tu veux te joindre à eux au niveau de ta vie, ton âme, ton... ton esprit, c'est de partager de l'eau, ok.

Hugo Lachance : Ah ouais ?

Franz Schuller : Puis moi puis Joe on est Water Brothers à cause du livre, ah ouais OK, waouh c'est cool ça. Ah, moi je connaissais plus Stranger in a Strange Land dans Iron Maiden, mais je pense je vais aller chercher le livre, ah ouais c'est excellent comme livre. Là on continue : l'origine du nom, on en a parlé. Donc, décembre 1999, Gabriel Allard pour Cœur double, c'est un document du Cégep du Vieux Montréal : au départ ils étaient six, au départ il y avait Franz, le guitariste-chanteur spirituel, il y avait Joe, le claviériste-chanteur endiablé, j'aime bien les petits qualificatifs, Peter, le guitariste ténébreux, ouais, Boris, le sombre bassiste, j'aime ça trouver des vieilles affaires de même, c'est cool, c'est un gars de Cégep, c'est parfait, c'est merveilleux.

Franz Schuller : Mais il y avait aussi Simon Galipeau, leur gérant, ben dans le fond c'est ça, ok, fait que c'est... justement on parle du décès de... de... de Simon, alors ben voilà pour ça, pour cette partie-là. Avant de tomber à l'album, on va parler de votre discographie, juste faire un tour de votre discographie parce que ça fait combien de temps que vous existez, là, Grimskunk ?

Joe Evil : Ben depuis 88, 88. On a commencé la première pratique fin 88, ah ouais.

Hugo Lachance : C'est quoi la première toune de Grimskunk ?

Franz Schuller : C'est Blown Away, ouais, on va dire c'est celle-là. Donc, démo en 91 Autumn Flowers, 92 Exotic Blend, 93 Rooftop Killer, oui, le vinyle, vinyle, moi c'est à cette époque-là que j'ai connu, 45 tours même, ah ouais OK waouh, deux chansons, ah ouais OK, ça... ça existe encore ça ?

Joe Evil : Il y a des copies qui existent, mais on n'en a plus, pas nous.

Franz Schuller : Album studio 94 Grim Skunk, oui, 96 Meltdown, 97 Autumn Flowers - Rerolled, reroll ouais, 98 Fieldtrip, 2001 Grim Skunk plays... Fatal Illness, tantôt, 2002 Seventh Wave, oui, puis je vais juste marquer une pause parce que là c'est quasiment un album aux 2 ans, c'était... c'était un an, bon en fait c'était souvent ça, c'est fou là, parce qu'en 94 et 2001, il y en a 1, 2, 3, ou 4, 5, tu sais quand même. Ensuite 2006 Fires Under the Road, 2012 Set Fire!, 2018 Unreason in the Age of Madness, de... et c'est fini, ouais c'est fini après ça, hein ?

Joe Evil : Ouais, c'est ça, ouais ok, puis un album live en 2003, oui c'est vrai, c'est vrai. Il y avait le DVD qui était filmé à notre... à cette époque-là, notre seul et unique show acoustique qu'on avait fait dans... à l'église Saint-Roch à Québec, ouais, puis c'était pendant le Festival de la Lumière, fait que Gaby — qui est maintenant... qui est notre soundman, lightman à l'époque, fait qu'il travaille maintenant chez Moment Factory sur les affaires de... de lumière tout ça —, lui avait éclairé l'église, c'est assez extraordinaire au niveau visuel. Mais on a fait... qu'on a fait un DVD avec ça, puis après ça un CD d'un show live, en fait j'en ai un double, cool.

Hugo Lachance : Question du public, Dominique Sicard : après tout ce bruit, comment vont vos oreilles ?

Franz Schuller : Ben, c'est un petit peu inquiétant dans mon cas parce que j'ai remarqué que j'ai une oreille qui entend moins bien que l'autre, fait que, ouais. Puis je peux dire que je fais pas d'acouphènes, mais tu sais, Peter, le guitariste, lui il travaille en studio puis tout ça, lui il met des bouchons puis des affaires de... beaucoup. J'imagine que notre batteur, Alain, à force de frapper sur son... son snare puis ses cymbales... C'est certain qu'on est tous... on a tous perdu une certaine quantité de fréquences, c'était la question tout le temps : « J'entends pas ». Et on va peut-être payer un petit peu le prix en vieillissant, puis déjà ma blonde trouve que je réponds pas vite, mais c'est ça. Puis Alain, c'est vraiment aussi, faut le dire, c'est un des batteurs je connais qui frappe le plus fort sur son drum, ouais, fait que, tu sais, le... le snare puis le... le... c'était comme... mais là il est devenu cardiologue, là, c'est quoi ?

Joe Evil : Non, c'est pas le docteur, un batteur de bon cœur, joke entendue près un milliard de fois, mais écoute, fallait que je la fasse, ok.

Hugo Lachance : Encore de trucs de style, oui. Une autre question du public, Martin Sasville : est-ce que c'est vrai que les cinq premières tounes sont comme le side B d'Exotic Blend et que l'album commence véritablement après ?

Joe Evil : Euh, pas sûr de comprendre la question, ah je sais pas, c'est peut-être... est-ce que... est-ce que c'est vrai que les cinq premières tounes de Grimskunk sont comme le side B d'Exotic Blend et que l'album commence véritablement après ?

Franz Schuller : Ben, un peu oui, parce que quand qu'on faisait Exotic Blend, on avait... on avait déjà des tounes en chantier — ben en chantier, il y avait Don't Hide aussi, qui était une toune de Fatal Illness, là, ouais — mais comme Silverhead, on la travaillait déjà à cette époque-là, ah ouais OK, tu sais, je me souviens plus, mais Don't Hide c'est sûr parce que c'est le côté B de Rooftop Killer qui... qui est sorti sur l'affaire, oui. C'est pas 100 % faux parce que, possiblement, il manquait de budget aussi à l'époque d'Exotic Blend, toutes les chansons qu'on avait composées, oui ok, c'est normal aussi, c'est votre premier album fait que c'est le ramassis de ce que vous aviez composé, Gros Gars est sur le démo Flowers puis Gros Gars qui est sur Exotic Blend aussi, tu sais. C'est possible que si on avait eu plus d'argent à l'époque d'Exotic Blend, on aurait fait Don't Hide, Silverhead, puis peut-être Martha, puis peut-être une autre sur votre premier album finalement, ouais c'est tout à fait possible, ok bon, on avait plus d'argent.

Hugo Lachance : On va passer au segment présentation de l'album, on passe à travers les... les crédits parce qu'il y a du monde qui ont travaillé là-dessus puis il faut souligner ça. Donc, titre Grimskunk, année 94, compagnie de disques, c'était... ben c'est nous, mais Cargo Records existait pas, c'était Cargo Records la compagnie de disques, puis nous autres on était comme la sous-compagnie de Cargo disques. C'est... Cargo disques était distributeur et compagnie de disques, mais pas vraiment une compagnie de disques qui nous disait quoi faire, ils acceptaient nos... ils acceptaient nos enregistrements sans aucun commentaire, ah ouais OK ouais. C'est un partenariat vraiment, c'est super, en fait avec Cargo c'est...

Franz Schuller : Ouais, c'est ça, on a commencé Indica parce que Cargo a fait faillite quand qu'ils l'ont vendu, en fait. Réalisation, enregistrement et mixage : Glenn "The Gain Governor" Robinson pour Dog Bite Productions, absolument, qui avait fait... et pourquoi on avait engagé Glenn, parce qu'il avait fait Voivod surtout, parce qu'il avait fait Nothingface, ça a été une grosse... ah, il a fait Gwar aussi qu'on trouvait... il a fait quoi, Gwar, il a fait notre deuxième album aussi, Glenn, puis on a continué avec lui, ça s'entend aussi, il y a des liens à faire, Nothingface puis au niveau sonore, Nothingface puis Grimskunk, Glenn... Glenn est très grand, ouais, ouais.

Hugo Lachance : Pourquoi "The Gain Governor" ?

Franz Schuller : Ben, "The Gain", on dit... parce qu'il mettait... il était trippé sur le gain, il mettait du gain, du gain, parce que Glenn, il trippait sur les... les sons vintage puis sur les... les préamps pas électroniques, les trucs organiques, les vieux, puis analogue, c'est ça le mot que je cherchais. Puis fait que lui, il prenait des trucs analogues puis il drivait ça avec du gain, il avait vraiment une bonne vision, Glenn. Il disait : « Vous autres, là, je vous ai vus en concert puis moi je veux que ça soit comme votre concert sur l'album ». Fait qu'il nous a amenés dans un studio puis il dit : « Tu sais, on n'a pas un grand budget non plus, puis je... j'ai la solution pour régler votre problème de budget, on va faire ça rapidement mais on va être efficaces ». Fait que ce qu'on avait... on est allés dans un studio au Vermont aussi parce que lui, il y avait... il y avait... je pense que sa femme venait du Vermont, ah ouais OK, qu'il connaissait un petit peu l'industrie du Vermont, puis il dit : « Je connais un super studio, un excellent studio avec tout le bon équipement, un orgue fantastique, puis ce que... » fait comment qu'on a enregistré l'album, c'est que on faisait les affaires live puis on pouvait mixer nous-mêmes, fait que tout le monde avait une mini console comme toi tu as devant toi, fait qu'on était pas obligés de dire : « Oh Glenn, entre les affaires, j'entends pas assez la batterie, peux-tu mettre la voix de Franz plus fort, oh peux-tu descendre Boris s'il te plaît, il fait trop d'erreurs » — non, pas du tout —, mais tu sais, on pouvait mixer nous-mêmes, fait qu'entre les tounes, il y avait pas de niaisage. Fait que là, on faisait la chanson, quand que la batterie était bonne, on l'écoutait, si on avait des erreurs, on réparait les erreurs, on faisait un punch in, punch out tout de suite, on passait à la prochaine toune, ok.

Hugo Lachance : Et vous, comment, le drum, la basse, on faisait tout live ?

Franz Schuller : Ah, tout live, tout live. On faisait une grosse erreur, on la réparait, mais on laissait des erreurs sur l'album — excuse-moi —, on laissait les erreurs sur l'album, pas les grosses, non, mais l'album est fait live, oui. On essayait de laisser les erreurs pour que ça soit comme un show, comme j'ai dit, tout sauf peut-être les vocaux c'était live, ouais ok ouais, les vocaux après puis tout ça, les overdub, etc., mais tu sais, on était les cinq qui enregistraient en même temps, c'est ça. C'est pour ça qu'il disait : « Moi je connais le studio qui a comme ces consoles, puis dans le temps une console c'était cher, puis le studio il a assez de préamps puis assez de compresseurs qu'on va être capables de... d'avoir un bon son du premier coup, tu sais qu'est-ce que je veux dire ». Fait qu'on avait un ampli de guitare dans un... un closet, on avait six, puis tu sais, comme tout était super bien organisé, puis je pense qu'on a enregistré ça en 8 jours, ouais. On a enregistré et mixé, on a enregistré en 4 jours puis on a mixé en 4 jours, ah ouais OK ben c'est cool, ça répond exactement à deux de mes questions que j'allais vous poser, super.


Modifications appliquées à la Partie 2 (Grimskunk)

Voici la transcription finale ajustée avec tes derniers correctifs pour la seconde moitié de l'épisode :

Hugo Lachance : On va passer au segment une chanson après l'autre, mais ça fait combien de temps que vous avez écouté cet album-là ?

Franz Schuller : Ben, récemment parce qu'on a... on a fait le show du Metropolis cette année qui était basé sur cet album-là, fait que là on a comme... on a travaillé pas mal, on l'a beaucoup écouté depuis. Moi, il y aura pas de surprise, alors on va commencer avec, écoute, une toune hyper... Silverhead, ok. Silverhead, moi ce que ça... je vous demande de commenter les tounes. Moi j'ai isolé des bouts de textes que je trouvais intéressants, mais l'objectif c'est qu'on jase des tounes, fait que let's go les gars, Silverhead.

With your head in the clouds

Yeah the music is loud

And I've seen you hanging around

With that evil crowd

The party rages on

Franz Schuller : Ben Silverhead, je pense que Joe serait mieux placé pour en parler parce que c'est lui qui a travaillé le texte avec Peter, ok. Mais juste pour faire un petit lien avec ce que tu disais sur les tounes qui étaient un peu... qui venaient un peu de l'époque d'Exotic Blend, Silverhead, on la travaillait depuis un bon bout. C'est une des chansons, en fait, qu'on a travaillées pendant longtemps à cette époque-là. Plus tard, on a travaillé des chansons pendant longtemps, mais à cette époque-là, on avait tendance à sortir les tounes clac, clac, clac, clac, clac assez... assez vite, puis celle-là, la version finale qu'on écoute sur l'album est quand même pas mal différente de la compo originale. C'est pas full, mais quand même, il y a beaucoup de changements qui ont été faits. Ça a été le premier extrait, il y a un vidéoclip avec ça. Moi je me souviens quand j'ai vu le clip... ben je pense que Franz l'a très bien dit, ça c'était un des premiers tounes qu'on a comme décidé de travailler, ou je sais pas trop quoi, avant il y avait comme un gros jam au début, ok. Puis un moment donné, peut-être il y avait même, tu sais, de notre histoire de sous-sol là, de jam, que... puis là c'est une des premières fois qu'on avait comme éliminé les jams pour rendre la toune plus efficace, je sais pas trop quoi dire.

Joe Evil : Fait que c'est vraiment ça. Les paroles, c'est vraiment... c'est con à dire, mais ça vient de... d'un masque en argent qu'on avait un soir puis... ouais, puis on trouvait ça pas mal cool, fait que c'est devenu Silverhead puis c'est tout un jeu de mots là-dessus, là. C'est dur comme la roche, puis comme une fille mystérieuse un petit peu, fait que... Le vidéo, il y avait des danseurs là-dedans, c'étaient des filles du Cirque du Soleil, ça, ah ouais OK ! Puis pour le vidéo, c'était... c'était vraiment cool. On le connaissait pas, mais c'était Geoffroy DuBois, puis je pense c'était Simon, peut-être, qui l'avait embauché, puis lui aussi, il avait vraiment mis tout son cœur puis tout... il a mis tous ses trucs dans ce vidéo, puis quel succès quand même, ah ouais ça, ça a bien roulé à MusiquePlus. Joe, il était magnifique dans ce vidéo, c'est... c'est vraiment le stage presence sur caméra de Joe qui est vraiment sorti. Il est photogénique, il est beau quand on regarde comme faut, là, il est pas mal beau, mais surtout c'est comme j'ai dit, Geoffroy, il a mis beaucoup de son temps puis beaucoup de caméras. En fait, il a probablement fait le vidéo pour rien, il a mis toute la qualité des caméras, le directeur photo il a vraiment mis le paquet. Puis moi, Chantal d’Overbass, qui était du Saguenay, elle m'a dit qu'elle a vu le vidéo de Silverhead, elle fait : « Hé, tu sais, genre c'est Grimskunk ça ! » C'était comme genre, on avait comme vraiment passé du niveau comme punk B.S. underground à quelque chose de hot, parce que c'était un peu au-delà de nos moyens à cette époque-là. Mais c'était le meilleur des véhicules que tu pouvais pas avoir pour promouvoir ta musique à l'époque.

Franz Schuller : Anecdote intéressante : la partie de la fin était filmée dans... l'usine Angus pas loin d'ici, juste en haut de la côte, puis un moment donné Geoffroy est littéralement dans un char. L'entrepôt est tellement gros qu'il était dans un char, puis nous on était dans le centre puis il roulait à l'entour de nous autres, lui qui filmait puis Larry qui conduisait, là, c'était vraiment cool. On a filmé même une partie à quelques mètres d'ici, au... aux shops Angus, le vrai shop Angus, là, pas ce qui reste, le mur de briques, mais... ouais, ouais, ouais, les vrais shops Angus, ok ouais.

Joe Evil : Puis la voix aussi, ta voix dans ce bout-là, c'est hallucinant, ah ouais.

Franz Schuller : C'est comme une toune... une toune signature pour... Oui, c'est une chanson composée par Peter, ah ouais OK, absolument. Il a composé beaucoup de tounes à Grimskunk, mais un peu moins que moi, puis... Fait qu'il faut signaler quand même que la première toune de l'album et le vidéo de l'album, c'était une des chansons de Peter, cool.

Hugo Lachance : Ah, moi c'est... c'est la toune qui m'a fait accrocher, tu sais. Je me... je me souviens très bien du vidéo, je me souviens très bien quand j'ai entendu ça à MusiquePlus, waouh ! C'est une signature, comme tu dis. On y va avec In Eight Years, parlez-moi de cette chanson-là.

People used to tell me Joe you'd better cool out

Playing in a band and blowing out your mind

They used to tell me one day your gonna find out

You're fucking up your life and wasting all your time

And you'll put me on

It might take eight years

And then you will find

You've wasted all your time

SATAN MADE ME DO IT!

Franz Schuller : Un autre chanson de Peter, ah ouais, il commence bien lui, absolument ! Écoute, moi c'est... c'est une de mes préférées de l'album, j'adore cette toune. C'est Joe qui a écrit le texte avec Pete, ou juste toi Joe ?

Joe Evil : C'est beaucoup moi qui a écrit le texte, je me rappelle plus qui qui avait eu le concept de In Eight Years. Je pense que ça... ça vient de nos conversations dans le camion avec Costa, puis... puis un moment donné on se disait... ben puis on commençait à réaliser parce que même l'album, là, il est enregistré en... en 93 ou 94, tu sais, il est enregistré en 94, ça faisait déjà... tu sais, on a commencé le band en 88, fait que ça faisait déjà 6 ans qu'on était dans un band, puis on voyait que, tu sais, le succès, là, ça peut prendre 8 ans un petit peu, tu sais, comme les Beatles qui ont commencé, ils ont pas commencé en 63, là, les Beatles, tu sais qu'est-ce que je veux dire, c'est ça comme... tu sais, faut que... tu sais, faut que tu passes ton temps à... à prendre tes chops, puis... et cetera, et cetera. Puis la grosse blague dans la toune, c'est que si tu veux pas attendre 8 ans, tu peux toujours signer un pacte avec le diable. C'est parfait, c'est vraiment drôle, puis êtes-vous contents du succès de Grimskunk, ouais, oui, ah ouais, absolument.

Franz Schuller : Mais moi en tout cas, pour moi, ce que je trouve le plus intéressant de l'impact que Grimskunk et de la musique que Grimskunk a eus, et même le spirit de Grimskunk a eu, c'est que ça a pas été limité au Québec, c'est... ça a été partagé à travers le monde, ouais.

Hugo Lachance : Mais c'est quoi, justement tu parles de ça, c'est... c'est quoi les répercussions mondiales de Grimskunk ?

Franz Schuller : Ben tu sais, quand on a... quand on a commencé comme à l'époque de l'album Grimskunk, c'est à peu près l'époque où on a commencé à vraiment tourner en Europe, aller aux États-Unis plus souvent. Puis c'est là qu'on... tu sais, notre but avec Grimskunk dès le départ — puis c'est là qu'on commence à... à le vivre —, c'est que on savait qu'on serait jamais... on chantait en français un peu, mais pas tant, puis on faisait de la musique bien trop fuckée pour faire partie, surtout à cette époque-là, pour faire partie de... tu sais, dans les années 2000, tu peux entendre les Vulgaires Machins à la radio, mais pas en 94. Fait que nous autres, on savait que notre potentiel au Québec était limité parce que, tu sais, on jouerait pas à la radio, que genre, tu sais, monsieur madame ça les intéressera pas, et cetera, il fallait jouer à la radio à cette époque-là, c'est ça. Fait que là, nous autres on se disait : ben nous autres on va aller chercher un public plus marginal, plus alternatif, puis on va essay d'aller chercher plus de fans en ayant... en ayant ce public alternatif là dans tous les pays du monde plutôt que d'essayer d'être plus gros au Québec ou au Canada. Puis je pense que c'est... moi, la plus grande comme joie que j'ai eue, puis que j'ai encore avec Grimskunk, c'est ça, ok. C'est de... d'amener, non seulement les gens qui nous écoutent ici, à... au Mexique avec une toune de Chantal d’Overbass, ou... ou en Iran avec une chanson en perse, ou... ou en Russie, ou en Grèce avec les paroles de Costa, puis la musique Perestroïka basée sur Gorbatchev, puis de les amener là-bas, autant que d'amener notre musique à ces gens-là dans... dans ces pays-là. Vous avez créé une fan base très, très solide qui vous a suivis tout le long, tu sais, ouais.

Joe Evil : Toi... Ben moi je me rappelle que pour le lancement exactement de cet album-là, on a réussi à... à faire un sold-out au Spectrum de Montréal en 94, puis ça m'a mis sur le cul carrément, comme... on faisait comme 400-500 personnes aux Foufounes, puis déjà là c'était beaucoup plus gros que les Misfits, ou que D.O.A., ou que Black Flag faisait quand j'étais jeune, qui jouaient devant 150-200 personnes. Fait que jamais je pensais qu'un band pouvait être aussi populaire, mais ça, je dis, vous avez créé, solidifié une fan base hallucinante, que quand... fait que quand qu'on a sorti cet album-là puis qu'on était capables de jouer devant un Spectrum plein, ben là j'étais satisfait de ma carrière déjà, ouais non c'est très cool.

Hugo Lachance : Bon, on arrête ça là, fini, après le podcast c'est fini. On continue avec évidemment la toune Don't Hide.

Adolph Hitler was my hero

Mussolini was my fave

I killed for one man's fascist craving

But now my bones rot inside their grave

Don't hide!

Don't hide behind your tombstone

Don't hide behind your grave

Don't hide behind your tombstone

When your gone it's your blood they save

Hugo Lachance : Ok, j'étais parti pour la réécouter là, mais quelle bonne... quelle bonne toune ! Ben écoute, ça c'est une chanson qui est très vieille, oui.

Franz Schuller : Ben oui, très vieille, non seulement ça paraît dans la composition, c'est une toune... en plein ça. Con, même con comme la pluie, je veux dire... Puis c'est... c'est une chanson, non seulement qui a été écrite... j'ai écrit ça à 15 ans, j'étais un jeune ado, puis qui faisait évidemment partie, pas longtemps après, du répertoire de... de Fatal Illness, ouais. Mais c'est aussi une chanson qui... qui a été écrite quand nous autres on avait 15 ans, puis qu'est-ce qu'on faisait, on allait voir Black Flag puis ces affaires, c'est une toune qui est basée, trempée complètement dans le punk hardcore point à la ligne, là, tu sais, c'est... avec une grosse influence des paroles des Misfits, exactement, ouais, ouais, ouais. Il y a deux... il y a deux côtés de la chanson, un côté qui parle du fascisme, tout ça, puis là l'autre côté c'est l'espèce de... d'imagerie de pas te soumettre, ouais, au fascisme, aux idées autoritaires ou répressives, totalitaires des gens, en te... tu sais, j'avais 15 ans fait que c'était pas vraiment l'image la plus belle du siècle, mais en te cachant derrière ton... ton tombeau, c'est-à-dire de... d'ouvrir ta gueule avant que... que ça te coûte ta vie, ouais je comprends. Tu comprends, c'est pour ça que quand qu'on parle de morts-vivants, on arrive avec tous les bons mots des Misfits dans la chanson, exactement.

Hugo Lachance : Non mais ça marche, puis c'est pour ça que c'est bien fait, les harmonies vocales sont hallucinantes.

Franz Schuller : Ben ça, c'est les Misfits encore, parce que le punk, le gros punk hardcore, oui, il y a eu d'autres bands comme Bad Religion après, mais à notre époque, le band qui chantait des vrais fucking harmonies vocales débiles dans le punk, c'était surtout eux. Ouais, mais j'avoue c'est vrai, mais cette toune-là, écoute... mais tu sais, c'est une toune d'adolescence, ça paraît, mais c'est une toune qui justement... qui ravive l'ado en chacun de nous, on dirait, cette toune-là c'est parfait, tu sais. C'est vraiment... puis j'imagine qu'en show ça doit être mongol, ah ouais tout le temps le fun, c'est sûr. C'est 2 minutes et 20 secondes ou whatever de... 25, ok. C'est un genre de... de... de... de défoulement, ouais, tu as tout un beau refrain, tu as le speed, pas de quoi... parfait.

Joe Evil : Puis en passant, c'est Alain qui a insisté pour qu'on la mette sur l'album de Grimskunk, cette chanson-là, ah ouais OK !

Franz Schuller : C'est Alain qui voulait qu'on la mette. C'est pas qu'on l'aimait pas, c'est juste que c'est ce qu'on faisait avant, ah ouais, c'est pas ce qu'on faisait avec Grimskunk, non, non, non. Mais... mais tu parles d'Alain, cet album-là je trouve qu'il vieillit tellement bien, il sonne cet album-là, oui ben ça c'est Glenn "The Gain Governor", ah ouais ! Mais quand j'ai entendu... je pensais à Glenn, mais c'est fantastique comment cet album-là vieillit bien, il n'y a pas de mauvaise toune là-dessus, tu sais, tu sais les... les compositions évidemment vieillissent bien, mais la... la réalisation vieillit vraiment bien aussi, là. C'est rare les albums qui sonnent comme ça, surtout pour un premier album, tu sais. Les autres, écoute, c'était... c'était de loin le truc qui sonnait le plus là quand qu'on l'a fait, là. Avant, on faisait des affaires comme on pouvait avec les moyens du bord, tu sais, les premiers démos de Grimskunk, on a fait notre possible, on a fait ça avec Marc-André, le guitariste de Groovy Aardvark, chez Groovy Aardvark, là, tu sais, c'est comme, on faisait notre possible, on était pas mauvais mais on était pas... on était pas des professionnels du son.

Hugo Lachance : On va continuer avec Mother Of Creation.

Generations are my creation

And every child of every nation

Is walking in the light of my love

I'm loaded with the blood of the earth

I'm gifted with the power of birth

So give me what I'm worth

I'm the atomic bomb

I'm the machine gun

The mother of creation

I give you heaven you give your love to me

Hugo Lachance : ...Mais là, tu entends vraiment la voix de Tracy Biddle, comme, c'est pas mal elle qui est la star de cette chanson, tant que c'est vraiment... puis avec raison, parce que non seulement elle a une sacrée belle voix, mais le concept de la chanson c'est que les femmes c'est les stars du monde puis les stars de l'humanité, puis les stars... les stars de la vie parce que c'est elles qui créent la vie puis qui... qui entretiennent la vie, fait que c'était ça le but de la chanson. Puis l'idée de mettre du militaire ou de la violence là-dedans, c'était de montrer un peu que, surtout ce sont les hommes qui ont tendance à être violents, ce sont surtout les femmes qui ont tendance à être nurturing — je sais pas c'est quoi le mot français, mais tu sais —, s'occuper de... ouais.

Franz Schuller : Nourricière, oui, puis... puis... puis que c'est elles qui sont la vie, puis plus les gars qui sont plus comme la mort puis la violence, puis c'est-à-dire : faudrait peut-être qu'on respecte celle qui, en fait, crée la vie dans notre univers, tu sais, c'est un peu ça le concept. Encore une fois pas super bien expliqué, mais c'est... c'est ça l'idée, c'est correct, tu sais, c'est pas évident d'écrire des textes de même, tu sais, on le voit encore aujourd'hui, tu sais, que... que... qu'on a encore un gros, gros problème de... c'est pas rien que le féminisme, existe vraiment un problème de sexisme puis... puis avec les agressions, c'est vraiment, tu sais, la moitié des femmes sur la planète Terre ont été agressées, là, tu sais, c'est vraiment un problème. Cette toune-là, c'était un peu : réveillez-vous, la force de la femme avec son amour puis sa... sa... sa manière de créer et... et de nourrir la vie, c'est plus fort et plus puissant que toutes vos bombes atomiques puis vos... vos armes, ah ouais exactement, c'est la vraie puissance, c'est ça, c'est ça l'idée, parfait.

Hugo Lachance : Non, mais c'est... c'est quand même louable quand tu écris des... des textes à cet âge-là. J'essayais d'expliquer quelque chose, mais tu sais, j'étais... j'étais jeune puis, tu sais, la... la musique c'est comme un peu comme du grunge-métal, un peu comme... il y a une grosse influence du début des années 90 quand même, ouais, ouais un petit peu, un petit peu d'influence de Seattle là-dedans, dans la composition musicale, là. Ouais, mais c'est quand même un son assez... assez unique aussi, comme... comme tout, c'est vraiment cool. On n'a fait aucune autre toune qui était vraiment comme ça dans l'histoire du band, ben fait que tu viens dans l'album aussi, ça change de beat un peu, hein, tu sais. Fait que Grimskunk, c'est peut-être l'album où tu as le plus de styles qui... ça, ça... ça fait ping-pong partout, là, c'est ça, ça paraît que c'est un premier album, puis les influences partent partout puis... mais c'est beau, mais c'est ça, ça vieillit bien quand même, c'est cool de l'assumer aussi, tu sais. Fait que c'est bon pour Mother Of Creation, on s'en va avec Martha.

Uncle Costa

With a coffee and the steering wheel in my hand

On the road again and where is it going to bring us

With the sun ahead of us, and these fuckin' hippies in the back

Nobody will ever stop us, Martha baby, I'm never going to leave you

Martha we move ahead, through summer and winter

I know that my Martha, she will get us there

With the Grim Skunk boys, we're smoking big fat joints

So everyone inside, 'cause the road is there -- and we're going to take it

Hugo Lachance : ...La voix de Costa, c'est juste... tu es malade, tu es malade, ça c'est sûr, c'est pas madame Biddle qui chante, non. Fait que Martha, c'est le nom du camion de Costa, ah ok, ah bon, ouais. Puis toute la chanson parle du camion et de la relation de Costa avec son camion, et envers le band et de la tournée, les gars de Grimskunk qui... puis fument puis... « moi je suis pogné à conduire puis le camion », puis pauvre... c'est malade, c'est... puis cette chanson-là, chacun... tu sais, chacun ses goûts, mais moi je pense que l'ensemble de la chanson Perestroïka est probablement plus forte, ouais, que Martha, mais moi je trouve que la performance vocale, les paroles et la performance de Costa, elle est meilleure sur Martha. C'est peut-être sa meilleure performance vocale selon moi sur Grimskunk, en tout cas c'est une très bonne performance vocale de vous deux, je pense, pour les harmonies, là, que vous faites en arrière, là.

Franz Schuller : Alain aussi.

Joe Evil : Alain aussi, ok.

Franz Schuller : Alain, moi je fais pas d'harmonies, non, ok ouais. Alain, il fait beaucoup... quand qu'on faisait beaucoup d'harmonies avec des voix hautes, c'est surtout... surtout Alain, ok. Mais c'est beau ce que vous faites en arrière, ça marche. Ben, on voulait ramener le côté ska, tu sais, genre jamaïcain, où ce que tu fais... c'est quasiment du ska de trois-quatre voix comme... comme les filles qui chantaient en arrière de Bob Marley le faisaient, tu sais, c'est... c'est ce côté ska qui faisait jamaïcain, tu sais, puis... ouais.

Hugo Lachance : Puis j'imagine... j'imagine que c'est un hit instantané en show.

Joe Evil : Ben écoute, ça c'est de la toune de party ! Ben écoute, on... on a fait l'album au Métropolis là, l'anniversaire de l'album au Métropolis, puis quelqu'un avait posté du balcon Martha, puis c'est vraiment... même moi je suis resté flabbergasté, là, les fesses à terre quand j'vieux la vidéo : toute la piste du Métropolis rebondissait, ah ouais ! C'est le fun parce que je pense que Martha, comparé à... comme, tout le monde peut danser là-dessus, oui c'est ça, c'est du ska. Comment tu veux pas danser sur du ska, c'est comme un dance trash quand même, là, c'est très mouvementé, là. Mais ouais, mais c'est la be... la beauté de Grimskunk dans la diversité, tout le monde trouve son compte à un moment donné aussi. Mais parce que on... on avait écouté et adoré le ska, c'est... non seulement dans notre adolescence on écoutait du reggae, du Bob Marley, du tout, du ska, et cetera, mais c'est aussi quelque chose avant l'adolescence, ou au début de l'adolescence : c'est la vague, la deuxième vague de ska anglaise avec Madness, The Specials, The English Beat puis tout ça, puis crisse, j'ai trippé autant sur ça que sur... tu sais, sur le punk à cette époque-là de ma vie, à 12-13 ans, là, tu sais, on écoutait ça, on aimait ça aussi, là, ouais. Puis ça, ça, je me rappelle, One Step Beyond, ah ben oui, souvent au... Cool.

Hugo Lachance : On continue : Bach In The Moors Of Mars.

Soldiers stand in calm silence

When we dread the coming violence

Clutching to their spears

Sweating through their leads...

Hugo Lachance : ...On va arrêter là. Ça, c'est une de tes tounes c'est sûr, c'est...

Franz Schuller : Ah, c'est ce que j'allais dire, c'est une des chansons... multiples chansons dans l'histoire de Grimskunk, mais particulièrement pour cette époque-là, où tu as... c'est des chansons un peu... comme nous comparer, pas de rapport, mais qu'est-ce que John Lennon faisait avec Paul McCartney, ouais. C'est que tu avais John Lennon qui composait une toune ou un bout de toune, McCartney composait un bout de toune, puis ils collaient les tounes ensemble, puis c'est un peu ce qui est arrivé avec cette chanson-là parce que c'est une toune vieille aussi, ça aurait pu quasiment être sur Exotic Blend parce que c'est... on l'avait composée assez... assez longtemps à l'avance, ou des idées de cette toune-là, mais tu as... c'est une chanson qui est en trois parties, il y a comme trois mouvements, là, ouais. Puis le premier bout, moi ce que... c'est quand la partie, je me suis souvenu... j'avais oublié à quel point elle est lente sur l'album, ouais, ouais, en show on la joue deux fois plus vite que ça. Mais c'est aussi une chanson où tu as vraiment, mais vraiment, le côté l'orgue et les solos d'orgue qui sont la base de l'ensemble, pour moi, de l'ensemble de la chanson, exact. L'orgue prend toute la place, c'est basé sur l'orgue, puis c'est ça qui fait... qui définit cette chanson-là, avec le texte qui commence avec une espèce d'hommage à... à des guerriers puis qui finit genre dans un... un trip cosmique de... d'espace, non mais c'est... c'est... mais ton orgue, c'est ça que je trouve cool parce que tu es pas juste là pour accompagner, tu sais, tu es aussi présent que la guitare des fois, c'est un instrument qui profite vraiment à la toune, mais c'est... l'orgue est comme... c'est comme un solo d'orgue sans arrêt toute la chanson, finalement. Et tu sais, c'est quand même une super bonne collaboration entre moi puis Franz, parce que moi je compose sur les partitions à Franz, Franz chante sur... en tout cas, c'est vraiment une... une chanson, comme Franz disait, que moi et Franz on a vraiment bien contribué les deux, et pas juste comme... pas juste comme Franz expliquait tout à l'heure, comme découper un à l'autre, mais vraiment parmi les autres partitions aussi, on composait un sur l'autre. Puis vraiment un gros succès qui donne something vraiment unique musicalement, comme Franz dit, chanson en trois parties, pas de refrain, pas de... pas de couplet, tu sais que trois mouvements, une progression puis tout se suit très, très bien, puis c'est vraiment du Grimskunk, ouais, c'est vraiment... exactement c'est vraiment... tu peux me battre. Puis dans l'intro, les voix en arrière de ma voix qui sont très belles, c'est Alain encore une fois, ok. Ça c'est Alain, c'est pas... on lui a pas dit quoi faire, ça c'est de la création pure d'Alain, Alain est très, très mélodique, c'est une personne très mélodique qui a une belle voix, puis qui aussi a fait une grosse partie du son du groupe depuis toujours, mais particulièrement à cette époque-là parce qu'il écrivait beaucoup, beaucoup de vocaux puis de... de mélodies vocales, ah ouais, autant que moi puis Joe dans le fond, ouais. Mais c'est une belle cohésion dans le fond, faut... faut me dire un gros... je sais pas c'est quoi le mot, là... un gros up pour... shout-out, exactement merci, un gros shout-out pour Johann Sebastian Bach là-dessus, là, parce que c'est lui qui a composé le... fait que la toune, on parle de lui puis, tu sais, c'est comme une variation sur sa fugue en do mineur, puis... OK, tu sais c'est pas Bach, c'est Bach In The Moors Of Mars, ah oui ok, oh oui ah ben oui, oui ok, un gros shout-out à... à J.S.B., on le salue. On continue avec Look At Yourself.

I see you running

Don't know what you're running from

Nobody's coming

Tell me who you're hiding from

I hear you bitchin'

Don't know what you're screaming for

Calm down and listen

Help is right outside your door

Hugo Lachance : ...Ta voix est hallucinante là-dessus, écoute ça, là, c'est un band qui s'appelle... ça fait penser un peu à Priestess.

Franz Schuller : Ben oui, ben oui, Priestess, tu sais, je sais plus quelle toune, là, mais Mikey, là, c'est le même range de vocal.

Hugo Lachance : Ben Mikey, qu'est-ce qu'il écoutait quand qu'il était jeune ?

Franz Schuller : Du prog, du groove... non, il écoutait comme Gentle Giant, Uriah Heep, puis... tu sais, toutes ses affaires, tu sais, c'est ça qu'il écoutait quand qu'il était jeune, il a trippé là-dessus. Puis... puis c'est... du gros, avec de la mouv super mélodique, ouais. Mais hé, qu'est-ce... c'est pas une chanson de Grimskunk, c'est un cover d'un band qui s'appelle Uriah Heep, puis... je vais essayer d'en parler à Joe parce que c'est vraiment... l'idée de cette toune-là, c'était presque exclusivement de mettre le clavier de Joe en valeur, point à la ligne. Mais c'est que moi j'avais le vinyle d'Uriah Heep quand j'étais jeune, là, le noir là, avec comme un miroir... un miroir argenté, oui, oui je me rappelle, ouais. Puis on avait une vieille table tournante, j'habitais avec Jonathan Veltman justement, le gars qui faisait de l'art pour nous à l'époque, puis notre... c'est une vieille table tournante de merde, puis des fois on se ramassait à mettre des... des 33 tours sur 45 tours, tu sais, puis là parce que la version de nous est plus vite que celle de... je connais pas l'original. Puis on l'aimait, ça, mais quand on l'a écoutée par erreur plus vite, ah ouais ! Puis là, tout d'un coup, ça faisait plus punk, on trippait là, quand même, l'idée de faire une version de cette chanson-là, ok ouais.

Joe Evil : Mais évidemment, c'était... c'était le clavier qui s'appelait Ken Hensley, je connais... non, c'est pas... non ça c'est le gars du... du band, là, en tout cas un autre, le gars, je sais pas le nom du... mais évidemment Joe va parler. C'était pas l'influence de Jon Lord de Deep Purple sur Joe, mais quand même une influence, ok, sur Joe, ouais. Puis on trouvait que Uriah Heep manquait de reconnaissance au Québec comparé à... à Deep Purple, à Yes, à Emerson, Lake and Palmer, puis... tu sais, parce que si on avait fait Highway Star, ben ça aurait été juste Highway Star, tout le monde connaissait la toune, tu sais, puis ils ont peut-être pas eu la chance de passer en show ou quelque chose comme ça, ouais. Mais c'est vrai qu'on en entend pas mal moins parler, c'est ça. Nous autres, on était comme : oh man, tu sais, ce band-là il mérite d'être connu plus au Québec, fait que c'était une des raisons... tu sais, dans notre tête, c'était vraiment un autre appel, nous un autre Deep Purple, puis on trouvait que, oui ils sont connus, mais pas assez connus, fait qu'on voulait... c'est donner comme un push pour ce band-là. C'est tellement un bon band, ça fite carrément avec Grimskunk. L'orgue il est tellement... c'est... c'est Glenn "The Gain Governor" encore une fois sur l'orgue, le B3 de White Crow il déchire partout là-dessus, puis tellement une belle composition qui fite, comme... comme Franz dit, légèrement accélérée dans le style de Grimskunk, c'est un mariage parfait pour nous, c'est un band américain...

Hugo Lachance : Anglais, ok, ok ouais.

Franz Schuller : Puis tu sais, c'est... comment je dirais ça, c'est comme, personne connaissait ce band-là à peu près, quelques hippies par-ci par-là, mais tu sais c'était comme full moins connu que King Crimson, comme pas connu à moins que tu sois comme un prog nerd, ah c'est ça ouais. Moi aussi je l'ai appris sur le tard, aussi, par des chums, mais tu sais, quelqu'un m'avait dit un moment donné, tu sais : « Grimskunk c'est intergénérationnel », puis là le père du gars il dit : « Crisse, qu'est-ce que tu écoutes, du Grimskunk ? C'est pas du... ça, mon petit, là ! », mais ouais c'est bon. On passe à Watchful Elms.

Franz Schuller : Évidemment, elle dure plus de 5 minutes, la toune, un peu longue, ouais, ouais, c'est ça comme ça. Pas mal plus que... l'intro est très slow, ouais, reste qu'on joue plus vite quand qu'on joue ça live. Watchful Elms, c'est une toune aussi qui a été écrite un peu sur la longueur, ça a été une toune que... que j'ai écrite, surtout la majorité, mais pas toute la toune, mais que j'écrivais par bouts, puis là je rajoutais des bouts, puis je rajoutais des bouts, puis, tu sais, ça a duré probablement 1 an et demi au moins, sinon 2 ans, les différentes parties qui ont été rajoutées dans cette toune-là. Puis il y a des sections, c'est vraiment des bouts de jam à la Grimskunk qu'on faisait comme quand on a commencé le band dans le sous-sol chez Boris, ça c'est vraiment, vraiment ce style-là. Puis après ça, l'intro c'était plus comme mon côté folklorique que j'avais rajouté comme intro, ça... ça progresse, ça progresse, ça monte, ça bâtit, ça... tu sais, là ça retombe, ça remonte, là c'est... c'est vraiment comme une espèce de montagnes russes de chanson, là, avec beaucoup de styles musicaux dedans, puis s'il fallait disséquer la chanson, on serait là toute la nuit. Mais ce qu'il faut comprendre surtout, c'est que le texte a été basé presque en totalité sur un trip d'acide qu'on avait fait chez notre amie Jennifer Holbroke, ok, une autre amie de... de... d'adolescence, puis où justement Jonathan, notre art guy, Benoît, notre art guy, Joe, Peter aussi je pense qu'il était là, mais je suis pas 100 % sûr parce qu'on était tous chums, ouais. Le gars à qui l'album est dédié, Shet Nicholson, c'était le meilleur ami de Jennifer aussi, puis elle, elle avait... c'est une maison de campagne dans les Cantons-de-l'Est, loin de... ouais, il y avait un chalet, puis elle avait fait un gros party chez elle. Puis on était gelés ben raide sur l'acide, puis un moment donné, au milieu du party, je décide que bon, je m'en vais voir la lune, tu sais. Et là je pars à marcher, puis là ben, tu sais, je regarde : ah la lune est belle, c'est des belles étoiles, et cetera, je suis à la lisière d'un bois. Puis là, je sais pas qu'est-ce qui est arrivé, 5 minutes après, je regarde, je vois plus la lune, je vois plus les... les étoiles, je suis dans le bois, mais je vois plus rien, c'est la nuit, fait qu'il fait noir, je vois rien, je... je suis dans un bois à côté d'un chalet puis je suis jamais allé, je sais pas où je suis, là je suis perdu. Là, je me dis : « Attends une minute, là, là jai gelé comme une balle, je suis dans le bois puis je sais pas comment sortir, je sais pas dans quelle direction aller, je vois rien ». Ah ouais ! Fait que là, évidemment, le côté imaginaire commence à tourner, puis là je commençais à voir, comme, l'acide, comme genre deux hits d'acide pur de Santa Cruz de notre ami John qui nous envoyait ça, puis là les... les buissons commencent à me regarder, les arbres, tu sais, me regardent, des faces apparaissent, ils rient de moi, tu sais, c'est comme un genre de trip d'acide de mongol, anyway. Fait que c'est basé un peu sur les espèces de... un peu fantaisie de l'imagination et... ou les délires de drogue que je vivais à ce moment-là, puis je comprends, c'est des trips... des trips comme ça, tu sais quand ça commence, mais tu sais jamais comment ça va finir. La toune parle beaucoup de trucs un peu... c'est beaucoup imaginaire, fantaisiste, comme une... une bande dessinée de... de... de Lord of the Rings, ouais oui c'est ça, c'est un peu... c'est vraiment ça, cool. On continue avec Autumn Flowers.

Dreaming of autumn flowers

Waiting for the day

When I'll get to use their powers

To take me away

Lord I've been waitin', anticipatin'

That magic day when I'll be high again

Hugo Lachance : Autumn Flowers, bel accent, dreaming... non, Autumn Flowers, mon accent... la question, ça parle de quoi cette chanson-là, la cueillette des fleurs en automne ? Ah waouh, c'est beau ! Un peu de jardinage, ouais. C'est une toune de jardinier, ouais.

Franz Schuller : Mais tu sais, le premier démo s'appelait Autumn Flowers, c'est Joe qui l'avait nommé, ouais. Puis évidemment, les fleurs qui poussent en automne, ben oui, c'est ce qu'on récolte, ouais bon. Et voilà, c'est pas la même chose que les fleurs qui poussent à... mais non, ce ne sont pas des lilas, non. C'est une belle toune pop-rock avec de la guitare, puis... Ah ouais, la... la performance de star de Boris est vraiment remarquable là-dessus, ça c'est la touche qui lui rend le côté Beatles, Rolling Stones 1966, comme, on est vraiment contents, puis un clin d'œil, tu sais, avant... avant de se lancer dans toute la musique mondiale, puis on avait créé cette ambiance-là qui sort de nulle part dans cet album-là un petit peu, tu sais. Puis c'est vraiment le fun, les paroles, les harmonies vocales, ouais. Puis c'est... puis finalement, c'est une super belle toune avec des... des progressions d'accords, des changements d'accords, les mélodies, tout est bien fait sur cette toune-là, puis c'est vraiment... là on est là, c'est Sgt. Pepper's, Revolver, pas pire, pas pire du tout, là, pas méchant, pour... pas fâché, pas de quoi... tu sais, c'est quand même une chanson qui dit : « J'aime le weed », il y a ça, il y a le côté un peu... tu sais, genre nous autres on a envie de fumer du weed puis on aime ça, oui, oui c'est ça exactement. À l'époque, c'était comme... c'était un crime, c'était... tu sais, Gros Michel qui travaillait aux Foufounes à l'époque, là, tu sais, je me souviens il disait : « Il est vraiment bon votre band, mais il faut que vous lâchiez votre affaire de weed, ça marchera jamais », ah ouais, c'est bon ça ! On continue avec Circle Square Triangle.

How could you be so blinded by your own greed

I tried to relax one day I found myself freed

I'd rather lose everything

Than gather gold like a king

With a crown on my head and a stone in my heart

Bleeding me dry 'till it tears me apart

Hugo Lachance : On est à peu près à 40 secondes de la toune puis on passe à travers trois... trois styles vraiment différents. C'est un peu... c'est Circle Square Triangle justement, qui a un titre parce qu'on n'arrivait pas à trouver un titre, la toune... on savait pas qu'est-ce qui se passait dans cette toune-là, mais le... c'est une omission de notre part de ne pas en parler plus longuement, mais... c'est une autre chanson où il y a eu beaucoup, beaucoup de collaborations du groupe entier, ok.

Franz Schuller : Également beaucoup avec moi puis Joe, les parts, qu'est-ce qu'on fait dans les parts, tu sais, c'est vraiment... Oui, oui, c'est vraiment une chanson très prog, il y pas de... il y a pas vraiment de forme comme telle, une série de mouvements, une série de vibes, et cetera. Ça fait partie du voyage puis même une série de paroles, un peu comme Bach In The Moors Of Mars, ça commence avec une chose au début de la toune puis à la fin de la toune, il y a une consistance : c'est l'avarice puis être addict à l'argent puis tout ça, mais quand même, tu sais, ça revole un peu au niveau de comment que c'est dit, là, ouais. Tu sais, un moment donné je suis dans un champ puis l'autre c'est... il y a vraiment un peu ça, ça se promène plus... ouais, plus prog un peu, plus imagé, beaucoup d'images là-dedans, ouais. C'est un bon trip, elle dure quand même 6 minutes parce qu'il y a un mouvement qui dure 4 minutes, ouais, vraiment cool. Ça, c'est je pense c'est un exemple d'une chanson où le côté, comme, se laisser aller... on se... on s'est donné à l'excès dans cette chanson-là, ouais. Tu sais, c'est une chanson non seulement longue et prog, mais on se... on se donne à l'excès, un peu comme la toune sur Exotic Blend, Joe In My Head, ouais, comme celle-là, on n'a vraiment pas fait comme Silverhead, on n'a pas décidé de... d'écourter puis de rendre ça, tu sais... non, non, juste, on... on va aller dans l'excès, on va tout mettre, on s'en crisse, on... tu sais, puis c'est ça, ça ferait drôle juste après Autumn Flowers que tu arrives avec cette toune-là, oui. Le retour de la star au début avec les premières phrases en perse, oui c'est ça, écrites par mon ami Mahmoud, le fameux Mahmoud de Mahmoud's Dream, ouais. On salue Mahmoud absolument, qui est à Téhéran en ce moment, qui est en Iran absolument, et puis qui... qui... qui m'a... qui m'a offert ces... ces... ces paroles-là pour... j'ai appris à aller les chanter avec l'accent, oui ouais. C'est lui qui va la dire, moi je parle pas perse, probablement que c'est tout croche ce que je fais, mais à cette époque-là on s'en... on avait une chanson russe, on faisait chanter un Grec dessus, on chantait en perse alors qu'on n'arrive pas à prononcer, on... on s'en crissait, ah ouais non, mais c'est ça, ben démontrer une ouverture à plein de choses, c'est ça qui est aussi... moi, j'aime beaucoup cette... cette toune-là. On continue avec Texas Cult Song, vas-y je t'écoute.

Some people think they always know what's going on

Can never admit that they said something wrong

Then one day they are exposed

They lose control they let it all explode

Joe Evil : Oui, ben Texas Cult Song c'est vraiment, tu sais... je... je me rappelle plus où est-ce que j'ai eu l'idée de baser ça sur les événements qui se sont passés à Waco, mais c'était une inspiration de Waco, Texas en 93 ou 94. Au début des années 90, il y avait une espèce de secte, les Davidiens, les Branch Davidians, ouais. Et c'est qui le leader, c'était David... David Koresh, puis c'est vraiment comme... c'est vraiment une secte, tu sais, puis il y avait comme des... il y avait des familles puis des enfants là-dedans, là. Puis un moment donné, évidemment, le gouvernement est venu péter leur bulle, tu sais qu'est-ce que je veux dire, ouais, le FBI aussi d'ailleurs, puis eux, il y avait... je sais pas, il y avait des armes puis, en tout cas, c'était vraiment bizarre. Puis là, they ont mis le feu puis c'était pas clair exactement qu'est-ce qui est arrivé à 100 %, puis le gouvernement les a poussés très fort, tu sais qu'est-ce que je veux dire. Puis fait que la chanson... puis la chanson parle des événements, c'est pas nécessairement que la secte est mauvaise ou que le gouvernement est mauvais, c'est plus qu'on raconte l'histoire de qu'est-ce qui s'est passé. C'est pas vraiment... il y pas de parti pris, il y pas de partie antigouvernement, c'est juste qu'on parle de qu'est-ce qui est arrivé là-bas. Puis musicalement, c'est vraiment une chanson qui est supposée représenter une espèce de... concerto orgue et band métal, ouais, ouais, ouais, ouais, ben oui. Quand je fais mon show en duo avec Vincent, j'explique que... que tu sais, il y thèmes musicaux qui reviennent puis il y a des parties où est-ce que l'orgue joue seul, puis il y a des parties où est-ce que l'orgue joue avec l'orchestre, comme un... comme un... un concerto de... violon où est-ce que le violon joue seul, ou un concerto de piano où est-ce que le piano joue seul puis après l'orchestre le suit tout, puis tu as des thématiques qui... qui reviennent dans la chanson. Fait que c'est pour ça que tu as des petits bouts où est-ce que l'orgue joue vraiment tout seul pour faire comme un concerto classique, tu sais, c'est hot, là c'est archi-hot. Écoute, c'est... c'est la musique classique baroque transposée sur du rock, on s'entend, mais c'est... c'est ça, c'est... puis c'est ce que on a toujours voulu à la fin de Fatal Illness puis dans Grimskunk, c'est de prendre non seulement le talent de compositeur de Joe, aussi son talent de musicien de 10 ans de piano classique, puis dire : on... il est capable de faire ça, tu comprends, on... on a envie de d'exposer la capacité de compositeur et... et... et de musicien de Joe en tant... en tant que pianiste, tu sais. Quand je dis que c'est un album qui vieillit bien, c'est que je l'ai écouté étant jeune, puis en le réécoutant à quasiment 50 ans, tu te rends compte de choses que... que tu as pas allumées quand tu étais jeune, notamment tout ça, tout le côté... tout ton... ton background classique, toutes les influences que vous aviez à cet âge-là, tout ce que vous avez réussi à réunir pour créer Grimskunk, puis c'est pas n'importe quoi, là, ça part pas de tous les bords, cet album-là, c'est quand même bien contenu, tu sais. Peut-être c'est le travail de Glenn Robinson, mais c'est quand même fascinant de voir comment des jeunes ont réussi à concocter un album très avancé comme celui-là, puis qui passe à travers le temps comme dans du beurre, tu sais, quand tu l'écoutes à 50 ans, c'est vraiment pas la même vision que quand tu étais jeune. Non mais moi, ça m'a fait tripper de... de repasser à travers. C'est si on disait tantôt là, que Grimskunk c'est un band de punk qui a quelque chose que quasiment aucun autre band de punk ou de métal ou d'alternatif a : c'est surtout l'orgue et le clavier de Joe. Cette chanson-là, je peux garantir qu'il y a aucun band punk, alternatif ou métal sur la planète qui fait ça, ça... ça c'est sûr et certain, il y a personne qui fait du classique en... en métal, non c'est ça, pas cliché non plus au clavier, je parle, tu comprends, il y a des bands qui font des choses classiques métal à la guitare, c'est pas pareil, c'est pas la même chose, c'est pas du baroque concerto comme Joe a fait, parce que ça... ça sonne pas cliché, ouais c'est complètement original, complètement, c'est bon pour... OK, on y va avec Le Dernier Jour.

Et si c'était le dernier jour

Et ces paroles les dernières flammes

Tomberaient-elles dans l'oreille des sourds

Mortes sans l'espérance de l'âme

Le vent se lève, le feu s'éteint

La chaleur s'échappe sans gardien

Réunis les os brûlés

Et toutes les visions calcinées

Un hommage à la vie

Roi mage à la vie

T'es juste à veille

De t'en aller

Tout juste avant de décâlisser

Faire ton voyage

Pense donc à toé

Tout haut d'ein nuages

J'ai mon ami à moé

Hugo Lachance : ...Récit, Le Dernier Jour, et si par les dernières flammes tombées, celles dans l'oreille des sourds mortes sans l'espérance de l'âme, le vent se lève, le feu s'éteint, la chaleur s'échappe, son gardien, le dernier jour, un hommage à la vie, roi mage à la vie, tu es juste à la veille de t'en aller, tout juste avant de décâlisser, faire ton voyage, donc à toi tout haut dans les nuages, j'ai mon ami à moi, ça c'est la... comme les dernières paroles, absolument.

Franz Schuller : Cette chanson-là, c'est une chanson qui sort vraiment mon côté folklorique. Moi j'ai toujours été très folk, pas que j'ai écouté du folk sans arrêt de ma vie, mais j'ai attiré au niveau de mon écriture, mon âme, mon esprit, la musique folk qui est finalement ce qu'on appellerait songwriter, singer-songwriter. Donc, par exemple, l'album Rubber Soul des Beatles, tu sais, qui est plus acoustique, qui est plus folk, fait que cette chanson-là, c'est une chanson où moi je pensais beaucoup, comme dans le film de Grimskunk, Alain il décrit la première fois qu'il m'a rencontré puis il voit une espèce de... il dit : « Je vois une espèce de Jésus-Christ avec une serviette avec une guitare sèche », tu sais. Ça, c'est le côté de moi plus folk, de... chansonnier guitare-voix, you know, puis j'ai appris ça en étant, comme qu'on disait tantôt, fan des Beatles avant tout quand j'étais enfant, quand j'apprenais à jouer de la guitare, donc c'est guitare-voix. Fait que c'est... c'est ce côté folklorique plus intime, plus personnel, émotif, puis le texte évidemment parle surtout de la mort puis comment que tu... tu essaies de transcender la mort, comment tu essaies de... oui, d'accueillir et ensuite... ensuite de vivre avec la mort puis de passer à travers de ça, parce que ça peut être très difficile, en gros c'est... c'est ça, ok. Mais c'est une super belle chanson, et en français, oui ben oui, bravo d'ailleurs, parce qu'on n'avait pas tant de chansons en français à ce moment-là dans le band. Sur Autumn Flowers, les chansons en français c'est... c'est plus des tounes de party ou drôles, c'est genre Rhinocéros ou Pourquoi pourquoi ne pas fumer, les affaires de même. Puis rendu sur... sur Grimskunk, Grimskunk c'est, je pense, le premier album où on commence à vraiment avoir des chansons francophones, je veux dire plus profondes, mais en fait plus comme des vraies chansons en français, c'est là que ça commence, ça commence avec cet album-là puis après ça ça se poursuit avec les autres albums, magnifique. Surtout ça laisse place à la prochaine, une de mes prefs de l'album, Rooftop Killer, c'est qui... juste l'avancer un peu pour... tu peux l'avancer au cri ouais, je pense que les fans la connaissent, une toune assez épique puis aux paroles assez rudes, j'imagine, non ?

All I want from you is to see you disintegrate

I'll sit here drink your beer and then assassinate

I desecrate your beauty I contemplate your fall

No matter what happens I'll exterminate you all

I've planned my final tactics the end will soon begin

All roads lead to death and evil I will always win

If you would look me in the eyes you'd clearly understand

I'll blow away each and every single one of you motherfuckers

Until your blood stains the entire land

Franz Schuller : C'est Franz qui a écrit ça quand... 15 ans encore, ouais encore, même 14 je pense, j'ai écrit ça en secondaire 3 je pense, 3 ou 4, là. Puis ce qui est intéressant de Rooftop Killer, c'est que parce que ça a été écrit si tôt, si... c'est tellement vieux, on avaient 14-15 pas plus, puis c'est un peu la première fois que tu vas entendre Joe être featuré avec l'orgue, d'une part, et de deux, d'être featuré au niveau vocal avec un côté vraiment de... personnalité, de jouer un rôle, de... de personnage et prendre un rôle, exactement, exactly. Puis c'est... tu sais, en... tu l'as sur Grimskunk, Grimskunk en 94, mais c'est une toune qui date de genre, je sais pas moi, 1984. Ça doit être à cause de cette toune-là qu'ils vont surnommer Joe... probablement c'est ça. Puis je pense que c'est intéressant parce que c'est pour moi la chanson qui... quand on l'a faite avec Fatal Illness, ou tu sais, l'idée c'était : « Joe, tu peux écrire un solo sur cette toune-là parce qu'il était bon au piano », c'est un peu ça le concept, là, tu sais. Nous autres, dans Fatal Illness, il faisait juste chanter, Joe, c'était juste un chanteur, mais on savait très bien que Joe était pianiste, tu sais, il pratiquait son piano tous les jours, 2 heures par jour. Puis là on se dit il y a une intro, tu sais, c'est la première fois avec Fatal Illness qu'on a eu l'idée de... peut-être qu'on pourrait demander à Joe de faire de quoi de vraiment musical, profond sur une toune, parce qu'on n'était pas capables de faire ça à cette époque-là, on était trop jeunes, on n'était pas de bons musiciens. Musicalement, les musiciens, on était pas bons, on était jeunes, on savait pas jouer, Joe savait jouer, puis c'est... c'est là que tu voyez vraiment le... non seulement le son de l'orgue de Joe, à son instrument, mis en valeur, et évidemment le talent de Joe de... d'interpréter des rôles dans des chansons, que ça soit Joe qui pogne le micro puis fasse fuck shit up puis qu'il soit comme, tu sais, comme genre agressif punk rock, ou que ça soit Joe qui... qui prend le rôle d'un... tu sais, d'un gars qui... qui... qui pète les plombs, qui monte sur un toit de building et commence à tirer. C'est pour moi... ça met en valeur ces deux côtés de la personnalité et du talent artistique de Joe en tant que... parce que Joe... ouais, parce que tu es tout sauf passif en arrière de ton clavier ou ton orgue dans les shows, là, ben oui, tu sais, mais exactement. Ben, enfin tu es pas... tu es pas le genre de claviériste, des keyboards partout puis, tu sais, tu sautes en arrière, puis... Moi je te dirais ça de même : moi j'ai écrit les paroles de la toune comme un genre de... de... de gars qui... qui pète les plombs, qui devient meurtrier, assassin, mais j'aurais jamais été capable d'interpréter le rôle, ouais, ouais je comprends. C'est Joe qui l'a fait, sans Joe, cette chanson-là elle existe pas, comprends-tu, c'est super important. Je le savais à 15 ans, on savait déjà à cet âge-là que c'est... c'est juste Joe qui pouvait faire ça, ok, tu comprends, ouais. Mais c'est parfait parce qu'on le sent, le personnage, tu sais, puis là on l'a sur Grimskunk, mais 100 ans plus tard, c'est ça qui est intéressant, ok ça marche toujours, ouais, yes, ouais. Hé les gars, on a passé à travers l'album, yes !

Hugo Lachance : Une autre question du public, de... de Pierre-Olivier Brassard : est-ce que... est-ce qu'il va y avoir un... un documentaire sur Grimskunk ?

Franz Schuller : Un autre... un autre documentaire ? Ça, on sait jamais, on sait jamais, pas dans les projets, ben c'est pas moi qui vais le faire, ok ouais. Le documentaire qui a été fait en 97, 98, c'est les frères Charbonneau qui sont venus nous voir pour faire... pour le faire. Fait que si jamais quelqu'un voulait faire un documentaire sur l'ensemble de la carrière de Grimskunk quand qu'on va être vieux et à la retraite, là, c'est tout à fait possible, c'est sûr. On est déjà en train de travailler des nouvelles chansons, fait qu'il va avoir encore d'autres créations du band, fait qu'il y aura peut-être matière éventuellement à faire un... ok, une histoire quelconque sur la suite après le premier documentaire, parce que le premier documentaire, il s'arrête en 98, ouais c'est quand même, il y a 25 ans de ça, on pourrait faire... on pourrait faire la deuxième partie peut-être un jour. Au moins on commence avec le podcast pour mettre des souvenirs, des idées, il s'en est passé des choses depuis 98 quand même les gars. Pour finir, des questions en rafale : votre top 3 de cet album-là, ça serait quoi ?

Franz Schuller : Ben comme c'est notre album à nous, c'est toutes nos enfants puis on peut pas vraiment choisir comme ça, ok d'abord. Si tu avais une toune à enlever là-dessus, ça serait laquelle ?

Joe Evil : Si j'avais une toune à enlever, ouais, oh je sais pas, retirer un enfant c'est pas facile, non c'est vrai. S'il fallait vraiment sacrifier une toune, peut-être je ferais celle qu'on a sacrifiée au concert, la toune qu'on n'a pas écrite, là, de... ouais, le cover, tu t'en viens... moi aussi ça serait celle-là en premier. Moi je dirais s'il fallait après que j'en coupe d'autres, je couperais peut-être Bugs in Billy Bob's bed, Mother Of Creation, puis... Si tu avais une toune... si vous aviez une toune à faire écouter de cet album-là qui représente le mieux, ça serait laquelle, la porte d'entrée, là ? Ben ça doit être Don't hide / Silverhead ou Rooftop Killer, tu sais qu'est-ce que je veux dire, une de ces trois-là, ça c'est... c'est vraiment comme... c'est... c'est pas bête en effet. Puis on a... où est-ce qu'on peut se procurer l'album, est-ce que... est-ce qu'il y a encore des cookies physiques qui existent, ou ah ?

Franz Schuller : Ben écoute, faut venir... on a des vinyles, ouais on a des vinyles, c'est... là il y a la grève des postes puis il faut venir nous voir en concert, ok. Peut-être quand la grève va être terminée, tu peux commander ça sur notre Bandcamp, il y en a quelques-uns dans quelques magasins, il reste des CD, Joe ? Peut-être il reste encore des CD aussi, il reste des CD... CD c'est la même chose, mais... mais sur Bandcamp c'est là, bref, l'avouer, mais c'est comme notre shop à nous, c'est notre site officiel puis... yes super les gars, on a passé à travers, je suis vraiment content, j'en aurais pris pour... Écoute, cet album-là c'est important parce que... il est important parce que c'est vraiment pour vrai le premier vrai album de Grimskunk. Je pense que Grimskunk, le... le spirit puis tout ça du band existe... c'était depuis... depuis qu'Alain est venu jammer, Grimskunk aujourd'hui... Alain est arrivé dans le band, on est vraiment devenus un band. Avant, on avait plein d'idées folles puis c'était bien le fun, puis Alain avec son drum, il a fait en sorte que ça pouvait vraiment être un band, un band de rock, un band de punk, un band de prog. Sans le drum d'Alain, le band n'existe pas, point. C'est un album clé aussi, hein, mais cet album-là, Grimskunk, Grimskunk c'est, comme je dirais en anglais, where it all came together, ouais, you know, comme, c'est comme un vrai album d'un vrai band entre guillemets — c'est un gros mot —, mais on pourrait dire professionnel, ouais absolument, absolument, tu sais quand qu'on parle comme... je pense que je peux parler pour tout le monde dans le band aussi, Bugs in Billy Bob's bed pour nous autres ça... c'est pas vraiment... oui c'est pas vraiment un... tu sais, c'est... c'est pour démontrer au monde qu'est-ce qu'on est capables de faire, c'est pas une œuvre, tu sais qu'est-ce que je veux dire. À l'époque, on... on parlait pas de non plus, à l'époque c'est le... c'est carrément... ouais c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Tu sais, puis même Exotic Blend, tu sais comme... tu sais, la question du... le gars, on peut inverser la question puis dire : non, c'est Exotic Blend qui aurait dû faire partie de Grimskunk, Grimskunk et non le contraire, tu sais qu'est-ce que je veux dire, ouais cool. Hé merci les gars, c'était super. Sinon pour Grimskunk, ben là on a des shows, on a des shows cet été. Le week-end dernier puis le week-end d'avant, on a passé des longues journées à travailler des nouvelles compos, fait que c'est juste que, tu sais, on est plus vieux maintenant, on a des jobs, on a des enfants, on a des ci, on a des ça, presque tout le monde dans le band a plus que un projet musical aussi, on a beaucoup... on a moins de temps. À l'époque, on n'avait rien à faire, on n'avait pas de job, on n'avait pas de blonde, on n'avait pas d'enfants, on habitait dans le même appart, c'était facile de faire de la nouvelle musique, on était tout le temps ensemble. Ouais, ça prend beaucoup plus de temps, mais il y a eu beaucoup de belles créativités, d'échanges quand on a commencé à travailler les nouvelles compos, incluant la nouvelle que... Joe, qu'on a faite en show depuis un an qu'on la joue. Fait que j'espère qu'on puisse arriver à créer et ensuite enregistrer ces chansons-là dans un laps de temps pas trop long, parce qu'avant, on faisait ça vite comme on disait, fait en 8 jours, puis en général on faisait : OK la démo est faite, on va les enregistrer de suite, à cette heure c'est plus long, ok, ben oui c'est sûr, ouais. Ben on peut vous suivre sur les réseaux sociaux, fait que cette fois merci Joe, merci Franz, ça a été un moment vraiment, vraiment cool, je l'apprécie vraiment au bout, puis merci aux auditeurs, auditrices, oubliez pas d'aller vous abonner, hein, sur les réseaux sociaux, YouTube, et cetera, et cetera, vous savez comment ça fonctionne. Merci à Véro de nous avoir prêté la superbe salle des tortues, merci beaucoup Véro on t'aime, et puis on se retrouve tout le monde pour un autre épisode de L'Album Podcast !