Transcription de l’épisode Keith Kouna : Les années monsieur

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 1er mai 2025 au Knockout à Québec et aujourd'hui, je suis vraiment content parce que je reçois quelqu'un que j'admire depuis longtemps. Alors, préparez-vous car je reçois Keith Kouna à l'Album Podcast.

Hugo Lachance : Et bonjour à tous. Avant de vous présenter mon invité de manière décente, je tiens à remercier Roxan et JP et tout le monde du Knock-out à Québec. On se trouve en ce moment dans le meilleur disquaire indépendant à Québec, ça c'est clair. Non seulement vous y trouverez évidemment des bons disques, mais aussi des bonnes recommandations et il y a aussi certains événements culturels qui se passent ici. Alors c'est un disquaire qui est impliqué dans la communauté. Je vous invite, pitchez-vous à Québec sur la rue Saint-Joseph au Knockout. Aussi je tiens à remercier les nouveaux abonnés. Abonnez-vous, évidemment vous connaissez la poutine sur Apple Podcast, toutes les plateformes en fait, Instagram, YouTube, Blue Sky. Allez mettre des étoiles sur Apple Podcast, c'est toujours super apprécié puis vraiment motivant pour un balado comme celui-là. Alors merci à tous ceux qui sont des nouveaux avec nous puis j'espère que vous allez apprécier cet épisode en compagnie de Keith Kouna. Bonjour Keith, ça va ?.

Keith Kouna : Salut. Ouais, ça va. Ça va pas pire malgré un rush de travaux. C'est l'enfer pareil!

Hugo Lachance : Ouais, mais on est là, on a le temps. On est là, c'est du passé, on passe à autre chose. Donc je t'ai invité et je te remercie d'avoir accepté l'invitation. On est là pour parler de ton album Les années monsieur. C'est l'album que tu as choisi.

Keith Kouna : Ouais. Tu me demandais de quel album on pourrait jaser. Puis là, je me demandais pourquoi pas Les années monsieur. C'est le premier, c'est probablement celui dont j'ai le moins jasé. Vu que quand c'est sorti, c'était mon premier, je sortais des Goules, ce n'était pas encore indépendant.

Hugo Lachance : Je pense que c'est un bon choix parce qu'il y a certains artistes qui vont préférer parler des albums récents, d'autres qui font un retour dans le temps. C'est cool aussi.

Keith Kouna : Le plus récent, on en a parlé en masse récemment. De tomber dans le vieux, quand tu me parlais tantôt des crédits, je me disais qu'il y a des affaires un peu jazz là-dessus.

Hugo Lachance : C'est de ça qu'on va parler. Le but, c'est un balado qui est axé sur la création, alors on veut savoir comment les chansons se sont faites. Écoute, j'ai écrit un texte pour toi. J'aime ça écrire des textes pour mes impressions des artistes. Je raconte une anecdote aussi qui est arrivée à l'école avec une de mes collègues. Une collègue qui voulait aller voir un spectacle m'a demandé si c'était bon Kouna. Je lui ai répondu : « Vas-y, tu vas triper, c'est garanti ». Quand je l'ai recroisée quelques jours plus tard, elle avait effectivement tripé sur le spectacle, le personnage, la musique. C'est une séduction instantanée. Elle m'en parle tout le temps. Étant bien heureux de ma shot, je me suis souvenu avoir eu la même réaction lorsque j'ai découvert l'univers des Goules de Keith Kouna. Surtout un spectacle en particulier, un déplugged au Quai des Brumes en duo avec, je pense que c'est ton claviériste des Goules.

Keith Kouna : C'était Vinette ? Si c'était Kouna, c'était avec Vincent peut-être, Vincent Gagnon.

Hugo Lachance : J'ai jamais ri autant. Des chansons écrites à l'adolescence pour un projet de métal en anglais alors que tu ne parlais pas anglais.

Keith Kouna : C'était avec le guitariste des Goules. Puis ça, c'était notre époque où on s'appelait Spider. On écrivait ça, c'était des textes qu'on écrivait pendant le cours de chimie, on était tout le temps bien frost. On riait puis on écrivait des paroles complètement épaisses en anglais, mais en anglais vraiment poche. J'avais gardé le cahier Canada puis, pour un cabaret des Goules, on avait monté ça. Le cabaret des Goules, c'était trois soirs et il y avait le duo avec Robin qui s'appelait Pep Pépin. Puis il y avait une partie avec Pavel, c'était le duo Spider. C'était des textes de secondaire 4 puis finalement on l'a refait au Quai des Brumes.

Hugo Lachance : C'est tellement drôle parce qu'il y a de l'humour là-dedans. Ce déplugged-là, c'est un spectacle expérimental semi-acoustique au Quai des Brumes, c'était vraiment drôle. Je continue mon texte : pour moi Keith Kouna, c'est de la poésie avant tout. Je le sens un peu punk, je le sens un peu poêle, je le sens comique, je le sens un peu sauvage, je le sens fâché. Je le sens capable d'écrire des chansons qui font broyer. Je l'entends chanter parfois comme une canisse, des fois j'entends chanter Desjardins. Je l'entends débouler ses mots, bien des mots qui déboulent le long de ses chansons. Des mots qui nous ensevelissent, des mots qui nous rappellent que la vie est belle pareil malgré ce que ça nous coûte de la vivre. C'est un texte inspiré de ta chanson justement. C'est comme ça que j'aime te présenter. On va commencer avec des présentations d'usage. Keith Kouna, c'est un gars de où ?.

Keith Kouna : De Saint-Aug, Saint-Augustin-de-Desmaures. J'y suis revenu il y a quelques années.

Hugo Lachance : Ton album d'enfance le plus loin dont tu te souviennes ?.

Keith Kouna : Je dirais que c'était Roger Whittaker. Il y avait ça dans les disques de ma mère : Mon pays bleu, Un éléphant sur mon balcon. C'est loin. Puis il y avait Joe Dassin aussi, Mosquito, et cetera. On est aussi la génération Passe-Partout classique, les vinyles de Passe-Partout. Il y a des bonnes chansons quand même.

Hugo Lachance : Ton album d'adolescence ?.

Keith Kouna : Je dirais quasiment soit Powerslave ou The Number of the Beast d'Iron Maiden, soit Master of Puppets de Metallica, ou peut-être Appetite for Destruction de Guns N' Roses. Powerslave, c'est la première cassette que j'ai achetée, ça m'a marqué.

Hugo Lachance : Qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ?.

Keith Kouna : Mes parents n'étaient pas très mélomanes. Ma mère était plus une fan d'Elvis, des Beatles et un peu des Rolling Stones.

Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?.

Keith Kouna : C'est à l'adolescence quand j'ai commencé un petit band de covers avec le guitariste des Goules. On était dans la même classe depuis la maternelle, on est chums depuis un bout. À l'adolescence, dans son sous-sol, on avait fait une espèce de reprise de Sanitarium de Metallica; c'était poche, c'était filmé. Après ça on a formé un band de covers, mais je pense que c'est quand j'ai commencé à écrire quelques affaires en français que ça a changé. C'était suite à la découverte de Bérurier Noir. Ah, c'est pas pire ça, Bérurier Noir, Ludwig von 88 puis tout ça. Je commençais à écrire ou à raconter des histoires un peu frost aux autres dans le parc porno à Saint-Aug. Je commençais à être un petit peu showman. Au début, je jouais de la basse et je chantais, mais finalement j'ai fini par juste chanter.

Hugo Lachance : Ton premier instrument c'était quoi, à part la basse ?.

Keith Kouna : Oui, j'ai possédé une basse. Quand j'ai commencé avec le band de covers, il y avait une guitare acoustique. J'ai commencé à apprendre mes premiers Pink Floyd, je suis passé par là aussi.

Hugo Lachance : J'ai consulté ta page Wikipédia. Il y est écrit que tu commences ton parcours musical en chantant dans les rues, les bars et les squats en Europe de 97 à 99.

Keith Kouna : Auparavant, j'avais commencé à écrire des chansons en 95. Quand je m'étais fait kicker du band de covers, j'écrivais déjà, j'étais déjà rendu un poète. Je savais que je voulais vivre à écrire, c'était réglé. Je me voyais plus écrivain à 19 ans. À 16 ans, je savais que je voulais écrire, je commençais à lire beaucoup, je dévorais tout ce que je pouvais lire. Travailler dans la vie, c'était de la merde. J'étudiais au cégep en intervention en délinquance, j'avais fait deux ans puis j'ai sacré mon camp une année à Joliette en musique classique. C'était une suite pour ne pas finir ma technique et ne pas me ramasser à devoir chercher une job là-dedans. Je n'avais aucune connaissance en musique, je suis rentré en mise à niveau pour apprendre les bases de l'écriture et de la théorie. J'avais des prébourses, alors je restais chez nous et j'écrivais, j'écrivais, j'écrivais. Je ne connaissais personne à Joliette, c'était quasiment une résidence d'écriture. C'est là que j'ai écrit mes premières chansons comme « Richard Labrador » en 1995. Ces chansons-là sont sorties en 2008, treize ans après les avoir écrites.

Keith Kouna : Quand je suis revenu de Joliette, j'ai fini ma technique, mais après j'ai sacré mon camp en 97 en Europe. J'allais chanter dans la rue, faire du pouce, faire le tour. J'ai beaucoup bougé. Je m'étais rendu compte que je faisais pas mal de cash quand je chantais à Genève dans les trams et dans les squats, il y avait une scène alternative. Je pouvais passer quelques mois à jouer dans les trams et les bars squats. Là, je faisais du cash et je partais en République tchèque, en Turquie. J'écrivais beaucoup, j'ai commencé à écrire toutes les chansons qui se retrouvent sur Les années monsieur, comme « Tarentules joyeuses », ça s'est écrit là-bas. C'est pour ça qu'il y a un petit côté franchouillard dans Les années monsieur. Quand j'avais une nouvelle chanson, j'allais la casser dans le tram puis je l'ajoutais à mon set. Je chantais pas mal de Brassens, de Renaud, un peu de Jean Leloup, un peu de Félix. C'était une méchante école. Je suis parti deux ans quand même. À chaque fois que je revenais, je me disais que je n'étais pas prêt et j'y retournais.

Hugo Lachance : À ton retour au Québec, vous formez le groupe Les Goules avec des amis. Le premier album du groupe paraît en 2002. Comment vous êtes-vous formés ?.

Keith Kouna : En revenant, j'avais participé à un concours à Limoilou, « Les oiseaux de passage ». J'étais rendu en finale et j'avais enregistré trois chansons dans un studio à Québec. Ça m'avait permis d'aller chercher une petite bourse du CALQ pour enregistrer une maquette. J'étais dans un processus d'enregistrer un album solo. Finalement ça s'étirait, il n'y avait pas d'argent. On m'offrait un contrat de disque qui me faisait me braquer, alors j'ai chié dans la pelle du contrat de disque. J'étais écœuré de mes affaires à ce moment-là et j'ai revu des chums. On s'est mis à jammer pour le fun avant de sortir au Scanner. On allait chez Robin (Rabin), il n'avait jamais joué de clavier de sa vie, mais sa blonde avait un petit clavier. C'est là que sont nés les « Capitaines Robots », c'était des beats de préréglages sur le clavier. J'avais plus de fun à faire ça que de triper avec des musiciens pigistes. Finalement, j'ai lâché mon projet solo pour fonder Les Goules. Au début, c'était assez garage. Il y avait de quoi dans Les Goules, personne ne pensait qu'on s'embarquait pour trois albums. L'album des Goules est devenu un classique même s'il a été enregistré rapide.

Hugo Lachance : Il lance ensuite son premier disque solo en 2008, Les années monsieur. En 2013, il remporte le prix de la chanson SOCAN pour sa chanson « Batiscan ». C'est ta chanson la plus connue personnellement. En 2014, Kouna fait paraître Le voyage d'hiver, une réécriture originale en français des poèmes de Wilhelm Müller mis en musique par Schubert. C'est arrangé par René Lussier, c'est bon en tabarnak.

Keith Kouna : Ça a été long et fastidieux. Ce projet-là était à part. J'aimerais me replonger dedans en même temps ça fait peur pareil. Ça vieillit bien.

Hugo Lachance : En 2019, il lance un disque pour enfants sous le nom de Kid Kouna. Ça a bien fonctionné. On en fait encore, ça fait 5 ans que ça roule.

Keith Kouna : Les enfants accrochent à ce que je fais, c'est peut-être la voix, les mélodies, le style. C'est ma blonde qui m'avait dit que je devrais faire un projet pour enfants. Ça s'est fait en parallèle avec les tournées, l'album est sorti en 2019. Ça a été fait maison avec Martien et Fred des Roches. C'est l'album le plus cool à composer et le spectacle est tellement le fun à faire. Sauf que ça ne me tente pas d'en faire un autre, ça ne me tente pas de dire que c'est le dernier spectacle. Il faut s'amuser.

Hugo Lachance : La discographie avec Les Goules : 2002 Les Goules, 2005 Memories, 2007 Les Animaux, 2008 La fête des morts (un live), 2016 Coma. Ta discographie solo : Les années monsieur, Du plaisir et des bombes, Le voyage d'hiver, Bonsoir Shérif, Kuna, La Duchesse et en 2023 Métastase. Métastase a été réalisé par Alexandre Martel. C'est quand même une grosse discographie.


Chapitre 6 : SEGMENT : Présentation de l'album

Hugo Lachance : On est là pour parler évidemment de ton premier album solo. Ça fait longtemps que tu l'as écouté, semble-t-il ?

Keith Kouna : J'ai dû le réécouter pour réapprendre quelques... Non, c'est quoi les titres ? Je ne me souvenais plus des paroles là. C'est ça, je pense que je vais le rejouer en haut. Ouais, c'est ça. J'avais besoin de me rafraîchir la mémoire ou la brillantine. Ouais, je ne l'ai pas réécouté d'un bout à l'autre. Ça fait longtemps.

Hugo Lachance : Ça va être cool de faire ça. Le 5 novembre 2009, Alain Brunet pour La Presse écrivait, en racontant une coupe de tes chansons : « J'ai du mal à résumer ce qu'elle raconte parce que des niveaux simultanés. Je préfère laisser à l'auditeur le soin de l'interpréter. Il ne faut pas s'y méprendre, cette aversion pour l'autodescription n'a rien d'une carence langagière. De toute évidence, ce gars-là sait écrire, parler et chanter. » Est-ce que je dois m'inquiéter pour le balado ?

Keith Kouna : Ça devrait aller. En 2009, Brunet, ouais. Puis ce que j'aime de cet album-là et ce que j'aime des Goules, c'est justement le type d'écriture que j'ai moins maintenant et qui était peut-être plus abstrait, moins précis, moins dans la forme. Donc ça paraît que j'étais dans la même époque ; c'est la fin des Goules, c'est l'avant-Goule aussi. C'est comme les deux mélangés en fait. Il y a de quoi auquel j'y reviens de temps en temps, mais il y a des affaires que j'ai écrites sur cet album-là que je trouve que c'est le fun.

Hugo Lachance : Fondamentalement dans ta carrière, c'est quoi la différence entre Les Goules et Keith Kouna ?

Keith Kouna : C'est le jeu, je pense. Dans Les Goules, il n'y a pas de chanson d'amour. Il n'y a aucune chanson d'amour. Il n'y a pas de jeu ou, s'il y a des jeux, ça va être un petit peu plus un personnage. Il y a un détachement. C'est moins personnel Les Goules. Il y a des affaires qui se croisent quand même, on s'entend, mais peut-être plus récemment, sur Coma peut-être. Après avoir fait Bonsoir Shérif, c'est sûr qu'il y a un reste.

Hugo Lachance : Question d'une auditrice, Nick Co. : « Bien qu'il ait été enregistré en 2008, plusieurs des chansons ont été écrites il y a 30 ans. Lesquelles ? »

Keith Kouna : Les plus vieilles, c'est « Rue Richard » puis « Labrador ». C'est à Joliette en 95, donc oui, il y a 30 ans.

Hugo Lachance : Quel a été tout le processus de préparation et de l'enregistrement pour ces chansons écrites des années plus tôt en solo, mais enregistrées en groupe ?

Keith Kouna : C'est que justement, j'avais déjà commencé un enregistrement au studio Sismique avant Les Goules. Finalement j'ai flanché ça. Ça existe encore, je suis retombé là-dessus à un moment donné et je pense que j'ai bien fait d'arrêter ça. C'est mieux d'attendre.

Keith Kouna : Moi, j'ai connu Tristan McKenzie. C'est lui qui a réalisé le dernier album des Goules, Les Animaux. On avait tapé ça chez lui. Il restait sur René-Lévesque dans un espèce de bloc caché en arrière. On avait fait l'album là, puis après ça je suis devenu chum avec Tristan. Ça a cliqué, on s'entendait bien. Je suis arrivé et j'ai dit : « Moi j'aimerais ça taper mon album ». Je suis arrivé avec juste guitare-voix, les tounes. Pas de musiciens. On a commencé à enregistrer ça chez lui. On faisait venir des musiciens.

Hugo Lachance : Tu parles pour l'album, mais tu n'étais pas prêt du tout là ? Tristan a participé à tout le processus ?

Keith Kouna : C'est de la réalisation totale. Ce n'est pas comme arriver en band déjà prêt. On part de rien.

Hugo Lachance : C'est drôle parce qu'il n'y a pas une toune là-dessus où tu as l'impression d'être tout seul avec la guitare.

Keith Kouna : Peut-être « Richard » ou « Rue Richard », je ne me rappelle même plus comment c'est enregistré. Sur une toune comme « Haut », il y a des musiciens qui sont venus jouer là-dessus que je n'ai jamais rencontrés. Ils passaient chez Tristan. Tristan tournait beaucoup avec, comment ça s'appelle, les Bell Orchestre dans ce temps-là, puis La Turrell Orchestra aussi. Il y a eu des cuivres là-dessus par un joueur de trompette. On a des métallophones là-dessus, c'est Tristan qui en joue. Il y a Fred Lebrasseur qui est venu faire des pistes de batterie, le guitariste des Goules qui est venu faire quelques pistes de guitare, puis le bassiste des Goules aussi. Il y a Godichon — Hugo, le bassiste des Goules — qui l'a mixé. Tristan se disait que s'il y avait trop d'affaires, on donnait le contrat à Hugo pour s'amuser là-dedans. C'est vraiment une pizza. Typiquement, dans le premier album, tu ramasses toutes tes vieilles compos, tu fais de quoi avec puis tu te débrouilles selon les moyens.

Hugo Lachance : Combien de temps ça a pris ?

Keith Kouna : Ça a été long. Un an, facile. L'album des Goules était sorti en 2007, donc ça doit être tout de suite après. Quand tout est neuf, un an c'est long. J'ai squatté chez Tristan.

Hugo Lachance : Comment es-tu arrivé à sortir l'album ? Par toi-même en CD ou avec un label ?

Keith Kouna : Je me souviens que Tristan partait en tournée avec Silver Mt. Zion. Ils s'en allaient pour une tournée de deux ou trois mois en Europe. Moi je capotais. On a fait un espèce de matriçage à l'arrache. Je pense qu'il a dû arriver genre cinq minutes avant de prendre son avion à Montréal. C'était vraiment à la dernière minute. Après ça, c'est Sam que j'ai connu, je l'ai sorti chez P572. C'est Sam qui a envoyé le master à une de ses chums, Marie-Pascal Hardy, qui a fait la pochette à distance parce qu'elle était en Angleterre. Elle m'envoie les trucs et je me dis que c'est parfait, c'est excellent.

Hugo Lachance : Olivier Robillard Laveaux, le 4 décembre 2008 pour Voir, écrivait : « Son adaptation de "L'Hélicon" de Renaud, rebaptisée "Oublie ça", témoigne parfaitement des dualités du projet. Le rock versus la chanson, le sérieux versus l'absurde. Au centre du carré, Kouna et son imagination bien personnelle tirent son épingle du jeu lorsqu'il couche sa voix plus posée sur des musiques atmosphériques, parfois progressives et toujours raffinées. C'est le cas des cinq dernières compositions du CD. Une révélation de taille qui à elle seule vaut l'achat de Les années monsieur. »

Keith Kouna : J'étais content de l'avoir celle-là. C'est vrai que les cinq dernières pièces sont plus matures, on dirait, que les premières. Au début on va partout, puis à la fin ça se pose, ça se couche tranquillement.

Chapitre 7 : L'anecdote de "Labrador"

Keith Kouna : Mais « Labrador », moi je ne voulais rien faire avec. J'étais écœuré de cette toune-là. Totalement. C'est Tristan qui l'a sauvée parce que ça faisait déjà 13 ans que je la jouais à la guitare un peu country et j'étais tellement à bout, j'étais écœuré de la faire en spectacle. Les paroles, les « Montréal dans mon cul », je trouvais ça... Puis Tristan l'a faite au piano. C'est un vieux piano droit chez son ex. On est allés là taper ça bien « live ». En écoutant ça, ça a comme fait renaître la toune, ça lui a donné une nouvelle vie. C'est comme si elle ne voulait pas exister avant.

Hugo Lachance : Ton texte est tellement bon en plus. Les gens la chantent, tu es comme plus proche de Desjardins un peu.

Keith Kouna : J'étais vraiment, à l'époque où j'ai écrit ça... Rue Richard, c'est une rue à Joliette où je restais, mais j'étais vraiment imbibé de Richard Desjardins. C'est vraiment les années 94-95. J'étais imbibé de Tu m'aimes-tu, Les derniers humains. C'est normal. Mais de passer de la guitare au piano, ça a tout changé. Ça donne un côté épique aussi grand que le Labrador.

Chapitre 8 : Présentation de l'album (suite)

Hugo Lachance : D'où vient le titre ?

Keith Kouna : Moi avant, je m'appelais Monsieur quand j'étais en Europe. Monsieur en spectacle. Quand est venu le temps de sortir l'album, je me suis demandé comment je m'appellerais. Je ne m'appellerais pas Monsieur. Dans le temps, il y avait Sylvain Cossette, puis Stéphane Côté aussi. Je trouvais ça tellement générique. Alors je me suis dit que je m'appelais Keith Kouna depuis 2001.

Chapitre 9 : L'origine de Keith Kouna

Hugo Lachance : Ça vient d'où justement, le « Kouna » ?

Keith Kouna : Ça vient de nulle part. C'est une improvisation. On s'est donné des pseudonymes en 15 minutes dans le parking avant l'Ostradamus. On était les cinq. On enregistrait tout et dans l'improvisation il y avait Kouna, Pavel Chudé, et Rabin. Rabin s'est appelé comme ça parce que pour le tout premier spectacle à l'Ostradamus, au début il y avait cinq ou six tounes des Goules et je faisais dix ou douze tounes à moi. On avait déjà intégré les costumes parce que je donnais des cours de théâtre à des enfants, les « canquenous », et j'avais plein de costumes dans mon Corolla station. On prenait n'importe quoi dans le char. Rabin avait une petite kippa et un petit manteau, puis il venait lire des passages de la Bible. Il est devenu le Rabin. Cramabovic, je pense que ça fait juif. Moi il y avait Kouna. Sylvain s'appelait Pavel, et Claude est devenu Igor. On ne l'appelle plus jamais Claude, on l'appelle tout le temps Igor, même dans la vie normale. C'est un « inside joke », une niaiserie. Il n'y a aucune recherche, aucune raison.

Hugo Lachance : Si on se lance solo avec un nom de niaiserie... Finalement oui. Ça fait une séparation entre Sylvain Côté et Keith Kouna.

Keith Kouna : Bah oui, un personnage.

Chapitre 10 : Les crédits de l'album

Hugo Lachance : Les années monsieur, 11 novembre 2008, indépendant bien entendu. Réalisation Tristan McKenzie, paroles et musique Keith Kouna. Musiciens : Hugo Lebel (Claude Samson de son vrai nom) à la basse des Goules, donc le mix est de Godichon. Le chasseur, c'est Can Pavel, le guitariste des Goules. Tristan McKenzie à la batterie, clavier, vibraphone, percussion et piano. Antoine Breton, piano sur « Eau ». Fred Lebrasseur, batterie sur « La joyeuse » et « Marin ». Alexis Basque, trompette. Studio du Shérif. Prise de son, mixage, matriçage et réalisation par Tristan McKenzie. Aide au mix et au matriçage : Francis Beaulieu. Il y a 12 pistes.

Chapitre 11 : La pochette

Hugo Lachance : Conception de la pochette : Marie-Pascal Hardy. J'adore la pochette.

Keith Kouna : Marie-Pascal a participé à presque toutes mes pochettes. Sur l'édition en CD, quand on a fait des réimpressions, Sam est un maniaque et change toujours un petit quelque chose. Il a oublié de mettre « Labrador ». Là je me retrouvais avec je ne sais pas combien de CD où il manquait « Labrador ». Refaire faire ça, ça n'avait pas de bon sens, alors je m'étais fait faire des petits autocollants que je collais pour indiquer la piste 12. C'est devenu comme une toune cachée finalement.

Hugo Lachance : Photographie : Nick Quentin.

Keith Kouna : Nick a fait les photos de presse, je pense. C'est une toile qui a été photographiée ? Je ne suis plus sûr.

Hugo Lachance : C'est quoi le concept derrière le visuel ?

Keith Kouna : C'est Sam qui a envoyé le master à Marie-Pascal. Elle a écouté ça, elle a fait des dessins et elle a envoyé ça. C'était parfait.

Chapitre 12 : Présentation de l'album (suite)

Hugo Lachance : Y a-t-il un fil conducteur conceptuel ?

Keith Kouna : Non. À la fin, j'essayais de mettre le mot « art » dans tout : « Marin », « Godichon », etc. Mais quand j'écrivais ça, je pensais que ces tounes-là étaient des nouvelles, comme si je repartais à zéro. Je ne pensais pas que ces chansons-là allaient se mélanger aux plus vieilles. Il y a comme deux époques d'écriture là-dedans.

Hugo Lachance : Tu faisais tes pistes de base à la guitare et à la voix, et c'est Tristan qui faisait tout l'enrobage ?

Keith Kouna : On a tout enregistré « guide voix-guitare », puis ensuite on est repartis de là. On n'a rien gardé de la guide. Peut-être « Richard », je ne me souviens plus. On se collait un peu à ce que je faisais en solo. On enrobait.

Chapitre 13 : SEGMENT : Une chanson après l'autre

Chapitre 14 : Tarentule

Keith Kouna : La voix était très « Goule ». C'est une des premières que j'ai faites outre-Atlantique, je pense. Je l'ai jouée dans le tram.

Hugo Lachance : Ce qui revient dans tes tounes, c'est que tu écris beaucoup. Tu as vraiment de longs textes. Comment abordes-tu l'écriture d'un texte ?

Keith Kouna : Je pars avec la guitare et la mélodie, et je dis n'importe quoi. Je chante, j'enregistre tout. C'est comme une écriture automatique. Quand il y a des affaires que je trouve intéressantes dedans, je les garde, je brode autour. À cette époque-là surtout, c'était vraiment l'écriture automatique. Souvent ce sont juste des images ou c'est carrément abstrait.

Chapitre 15 : Haut

Hugo Lachance : « Haut » évolue un peu comme un effet planant. C'est à la mode à la fin des années 90.

Keith Kouna : J'écoutais pas mal de Tom Waits, je pense. Ça paraît. C'est là que j'ai pris une coupe de tics. C'est très romantique 19e siècle : la vie, la mort, l'amour, la souffrance.

Chapitre 16 : La joyeuse

Keith Kouna : Un classique le fun à jouer en spectacle. C'est Tristan qui l'a sortie comme ça. Tout le monde a une toune qui a cette suite d'accords-là, mais ça reste un classique. Si le spectacle prend de la bouteille, on embarque « La joyeuse » et c'est clair que tout le monde vire fou un peu.


Transcription : L'Album Podcast — Keith Kouna (Partie 3)

Hugo Lachance : Chapitre 20 : Godichons. [Musique] « Mais des pas lambdas de rien le jardin je préparais, je préparais le jardin, je pends ma fable au plant, la pasta merci en haut terre tourbe tournante, car elle s'est temps pleure trop tentant, chiqué dans dur craché dans l'urbain de chimie nous qui perd son sang maintenant notre temps, fais les klaxons me l'auront de ce temps beau temps des cœurs sous petit la paix un somme de fin de craque dans peau dans l'assiette à ton voisin puis tu chanteras aux amours. »

Keith Kouna : Moi non, ça, ça fait longtemps que je n'ai pas écouté ça. C'est bon ce qu'il a fait Hugo. J'aime la vitesse. Je la joue bien plus vite que ça. Faudrait que je me slacke, c'est plus fun ça comme un rap puis un trad un peu là. Ouais ouais ouais. Le texte, il y a du mot, il y a du stock. J'en ai 20 pages de texte mais c'est une toune que j'aime bien gros, elle.

Hugo Lachance : Ouais, OK. Puis c'est comme un petit peu, c'est comme un peu hip-hop ou c'était...

Keith Kouna : Ouais, ben il y a un côté comme tu dis, pas intentionnel. Ce n'est pas intentionnel. C'est ça que ça me tentait quand j'ai sorti cet accord-là, j'aime bien cette tune-là. Encore, tu sais, j'étais revenu justement, j'étais revenu au Québec puis j'avais écrit ça chez mes parents, dans la cave là, tu sais, à fumer des tops. Puis on passe à « Marin », aux suggestions.

Hugo Lachance : Chapitre 21 : Marin.

Keith Kouna : Faire quelques murs en... Ces textes-là sont collés dans l'écriture. Écoutez, on a quand même eu du beau « Salut Bonjour », on a dédié ça avec Colette ou météo un peu exception, j'ai jamais fait ça mais on va dédier ce vin à Stéphane.

Keith Kouna : [Musique] « Tu marches dans tu dans les rues, dans les vergers de la démence tu cherches encore, tu planes en or, tu gardes d'or, tu pars à tu dis pard tu parais fort, tu dans le vin chamblant sommaire et dans l'aide tu manges tu t'en sens tu meurs mon ami, tu ris tu cries tu pleures tu chantes tu bois tu penses tu danses tu pannes balance tu cries de même, dans la minace dans la mélasse dans mais sais. »

Keith Kouna : Robillard-Laveaux, quand il disait ça tantôt, c'est vrai qu'il y a comme une progression, on sent comme ça change pour les 5-6 dernières tunes. Elles n'ont pas été écrites en même temps. Toutes ces tunes-là ont pas mal été écrites plus tard. « Rue Richard », c'est plus... Non, ça c'est... mais c'est « Marin », « L'or », « Le tape », ça a tout été écrit genre dans la même période de temps en revenant, puis dans un esprit de faire peut-être un album de juste tout ça.

Hugo Lachance : Finalement, sonorité...

Keith Kouna : Ouais, puis j'ai arrêté puis j'ai collé ça avec les autres, mais c'est comme peut-être plus de piano aussi, la réalisation n'est peut-être pas pareille, je ne sais pas.

Hugo Lachance : Ouais, c'est plus molo aussi. Mais tu es bon pour chanter les ballades.

Keith Kouna : Ouais ouais, c'est un bon... vraiment ouais, c'est ça exact. Ça ne paraît pas de même mais c'est le fun des tunes molles là-dedans puis ça fonctionne. Puis à chaque fois que tu fais un setlist pour un show, il y a peut-être trop de molo, tu sais, puis c'est comme si j'étais réfractaire au molo. Là je fais le setlist pour le duo, on joue une demi-heure de molo, pourtant j'adore l'affaire.

Hugo Lachance : Mais tu aimes ça chanter aussi. J'imagine s'ils vont te voir, tu dis non, faut pas que je fasse le côté chanteur de tram, faut que j'envoie un peu de pep, faut que tu fasses ton planning comme il faut. Mais c'est genre que le monde en show doit chanter puis ça va triper au bout en show avec « L'or ».

Hugo Lachance : Chapitre 22 : L'or. [Musique] Ça c'est ma br... Ouais, c'est écœurant. Là on l'a, le guide, le métallophone. [Musique] Tu parlais tantôt de ton influence aussi. Je pense que Tristan avait fait son bac en musique en percussion.

Keith Kouna : Je ne sais pas. Il y avait ça chez eux. « Paraisse la pleine nuit passée là-haut détour des décadences s'étendre et attendre son nom disparaissant des morts. [Musique] Honorer la descente vers l'orquin mais que d'elle chant des seins f chant-dit la balise quand des. »

Hugo Lachance : Là, ton texte là-dedans, c'est encore l'écriture automatique ou là tu parles le tape ? Désolé, mes gros doigts semi... Ça c'est une de mes tunes préférées, mais c'est ma préférée sur l'album aussi dans mon répertoire. Je pense qu'il n'y a pas un show où je ne la fais pas là, tu sais, faut que je fasse « L'art ». Puis j'aime bien le texte. Puis oui, c'est parti encore en automatique, mais tu l'écoutes puis tu réussis à la construire, tu trouves un filon. Ce n'est pas clair la direction, mais il y a une direction.

Hugo Lachance : C'est ça qui est le fun quand on lit tes textes, c'est qu'on peut se faire des images dans le fond. C'est ça un peu le but de la poésie là.

Keith Kouna : Puis tu sais, je sais ce que je veux dire, même si je ne suis pas nécessairement en mesure de l'expliquer clairement. Puis je le vis en le chantant. Fait que c'est... tu laisses un texte, on peut se faire des images aussi plus facilement. Ça je trouve ça cool aussi. Quand tu es habitué à lire un peu de poésie ou à écouter de la musique comme ça, ben tu te laisses embarquer, pas nécessairement obligé de comprendre. Tu peux avoir une coupe de clés pour t'aider.

Keith Kouna : C'est rendu plus tough à faire avec le temps. Ce genre de chanson-là, on dirait que ça prend une certaine naïveté. Puis ça prend le bon support mélodique. On dirait qu'avec le temps, la forme devient plus importante que le texte. On dirait qu'il y a une direction claire qui s'installe plus rapidement qu'auparavant. J'étais peut-être plus patient avec ce genre d'imagerie-là avant. On dirait que je laisse moins de chances que les choses évoluent aussi. Sauf que j'aimerais ça de temps en temps de même.

Hugo Lachance : Donc on poursuit avec « Le tape ». 

Chapitre 23 : Le tape. [Musique] [Applaudissements] [Musique] « La route faut me plane ma carcasse pique dans le e il fait noir sans la panne faut du gaz faut du juger la tanque qui se suce 140 depuis tôt quelques murs pas de ceinture quelques crashs quelques morts craquent dans le dash. » Très bon ça, c'est une bonne tune.

Keith Kouna : Ouais, je suis content que tu aies du fun à la réécouter. Ça sonne bien finalement, ce n'est pas un album maison. Je pense qu'il y a eu un remastering pour les plateformes.

Hugo Lachance : Ton texte est bon. C'est comme si tu compares un accident de char... comment est ton texte dans « Le tape » ?

Keith Kouna : Ben c'est comme un char tout scrap, à la fin tu ne vois plus rien. C'est comme si le char a sauté. Il cherche puis il a besoin de sa musique. Finalement c'est une fille : « J'ai besoin de ta musique de ton rire Octane or. » Comme sur les pompes à gaz.

Hugo Lachance : OK, il y a des super belles images dans tes textes. Moi je trouve ça vraiment le fun. On y va avec l'avant-dernière, « Rue Richard ». 

Chapitre 24 : Rue Richard. Il y a de la mise en scène, une petite marche avec un sifflotant.

Keith Kouna : Oui, je me souviens qu'on avait fait ça. [Musique] « Je me promenais hier soir rue Richard. J'avais rien à faire. Cherchais un bar pour boire ma petite bière. Tout seul dans un coin noir me paqueter la gueule. Oh oui, c'est comme ailleurs. On se sent nulle part. Puis même si j'ai un cœur des fois, je me sens mort si broyer. C'est pas facile la vie. »

Hugo Lachance : Rue Richard, belle mise en scène au début, marche dans la rue puis métallophone en arrière. L'ambiance est parfaite. Ça colle bien, il y a un lien avec « L'or », il y a comme quelque chose d'autre qui s'est installé vers la fin d'album. Puis là, ton texte est plus précis.

Keith Kouna : Ah bah oui, là tu racontes vraiment une réflexion sur... C'est jeune. Je suis... c'est déjà le fun qu'elles aient survécu, autant qu'elle se soit ramassée là, elle puis sa sœur « Labrador ». Ce sont deux tunes de l'époque Joliette. La mise en scène, c'est quand je jouais avec les Shirley, on a fait la même affaire, une porte de char, on roule qui joue à la radio. On passe au classique des classiques, « Labrador ». 

Chapitre 25 : Labrador.

Keith Kouna : « Quand je suis parti dans le Labrador avec rien qu'une canne de ragoût, une paire de bas puis un fou ou m'a dire que je passais pour un fou. J'étais arrivé là, il y avait plus de chemin. Il y avait de la neige en plein mois d'août, juste la tundra, des Indiens, bien des lacs puis des caribous. »

Hugo Lachance : Évidemment, latounese poursuit, devient de plus en plus épique. Le texte est cool parce qu'il y a un développement, les textes sont comme plus accessibles. Dans le fond, tu as toute la chanson qui parle du Labrador puis à la fin, on se rend compte qu'il n'est jamais allé, il a juste fantasmé un peu sur la patente. Ça marche. Moi je trouve que c'est assez abouti comme toune pour un gars qui avait 20-21 ans. C'est une belle boucle.

Keith Kouna : J'étais justement... c'était avant d'aller à Joliette, les débuts de « Labrador ». Je chantais ça à ma sœur, c'était plus country. Mais en studio, elle a carrément reviré de bord. Elle n'aurait pas survécu, je la ridiculisais un peu à la fin, je la jouais un peu toune« colonne ». Puis c'est devenu... ça a donné toute la force, très Richard Desjardins, très épique avec le reverb. Es-tu allé finalement au Labrador ?

Keith Kouna : Non non non, je ne pourrais plus la chanter ! [Rires]

Hugo Lachance : Bon, on a passé à travers l'album. Finalement, je suis content de mon premier disque. On passe au segment Rafale. 

Chapitre 26 : SEGMENT : Rafale. Des petites questions un peu rapides. Ton top 3 de l'album, ça serait quoi ?

Keith Kouna : « L'or », « Godichon » puis... « La joyeuse ». Non, pour l'ordre, ça m'engage, moi j'avais écrit « Labrador » en premier, « La joyeuse », « Oublie ça » parce que je suis un fan inconditionnel de Renaud, mais on peut remplacer par « Déo ».

Hugo Lachance : Quelle chanson représente mieux cet album ? Si tu avais à faire écouter unetouneà quelqu'un ?

Keith Kouna : J'irais avec « L'or ». Ce n'est pas nécessairement représentatif de l'ensemble de l'album, mais c'est latouneque tu laisses... ma meilleure chanson en concert de cet album-là.

Hugo Lachance : La chanson enlevée serait laquelle ? Celle que tu aimes le moins ?

Keith Kouna : C'est « Brillantine ». La mal-aimée.

Hugo Lachance : Où est-ce qu'on peut se procurer l'album ?

Keith Kouna : Chez les disquaires indépendants, en CD. Le projet de vinyle est dans l'air depuis des années, mais c'est un album assez long, 53 minutes. L'idéal c'est 40 minutes. Faut que tu tombes dans un double ou que tu enlèves des tunes. Tu enlèves « Brillantine » ! C'est un projet qui va sûrement peut-être, j'adore ça, sûrement peut-être un jour se faire.

Hugo Lachance : Qu'est-ce qui te rend heureux dans cet album-là ?

Keith Kouna : Tout... rien là. Non, j'aime les tunes, je trouve qu'il y a un paquet de bonnes petites chansons. Le vocal me gosse un peu, mais pas tout le temps.

Hugo Lachance : Moi je trouve que c'est un album qui vieillit bien. On connaît ce que tu fais par après, puis revenir au premier nous donne des clés. Je trouve que c'est bien réalisé, Tristan a fait une job de réalisation variée, c'est très éclectique. Qu'est-ce qui s'en vient avec Keith Kouna ou Les Goules ?

Keith Kouna : Avec Keith Kouna, je pars demain, on fait une petite tournée, j'ai baptisé ça la « tournée payer ses impôts », la tournée du printemps. On a une quinzaine de dates acoustiques avec Martien à la guitare. Un déplugged, on passe au Quai des Brumes la semaine prochaine. Puis après ça, commencer à écrire des nouvelles tunes tranquillos. Pour Les Goules, on se voit, on est des bons chums. Pour finir, Rabin Kramaslabovitch m'a envoyé un message. 

Chapitre 27 : Message de Rabin Kramaslabovitch.

Rabin Kramaslabovitch : Je t'ai rencontré vers 8-9 ans. Tu m'avais vendu sans savoir que c'était moi, un dessin copié d'Iron Maiden, c'était dans le temps de Power Slave, 50 cents. Ce n'était pas fort comme dessin, c'était une copie. J'étais un ami durant le secondaire, ça fait quoi 40 ans qu'on se connaît. Avec ton groupe Brain Damage, tu es allé virer en Europe, tu es revenu avec une cassette solo intitulée « Les coureurs des bois ». Je faisais écouter ça à tout le monde. Puis tu as sorti un démo, « Clap Clap Clap », sous le nom de Monsieur tout court. En 2001, tu as décidé de faire le projet fou qui était Les Goules. Même moi j'en doutais un peu, mais j'étais fier de faire de quoi avec toi, c'était enrichissant au niveau de la créativité et de la mongolerie. Puis après trois albums, on s'est donné une pause. Je suis allé te pousser dans le cul pour que tu refasses des affaires. Aujourd'hui le problème, c'est que je suis pogné avec toi et chaque matin ou presque, tu m'envoies un message vocal avec unetouneun peu épaisse. Tu pourras peut-être faire écouter ça pour montrer à quel point tu es intelligent !

Keith Kouna : J'en ai une ici. Avantage de logements sociaux pour les parents, davantage de réseaux sociaux pour les enfants. Davantage de logements sociaux pour les parents, davantage de réseaux sociaux pour les enfants. J'envoie ça à 6h30 du matin là. Il y en a d'autres un peu plus « colonnes ». Je vous invite à découvrir Pepoot et Pépin. 

Chapitre 28 : Pepoot et Pépin. C'est un projet en duo avec Rabin, c'est tellement con, mais j'aime beaucoup la déconnade.

Hugo Lachance : Tu faisais des dessins de Maiden, c'est drôle. 

Chapitre 29 : Les dessins d'Iron Maiden.

Keith Kouna : Ma sœur avait dit : « Vinette voudrait t'en acheter un pour 50 cents ». J'en vendais beaucoup à l'école, je faisais des cousus de jeans, je faisais des Eddie. Le plus weird que j'ai fait, c'est un gars qui m'a amené une paire de bobettes pour que je fasse un Maiden au crayon feutre ! 

Chapitre 30 : Le moment du défi. Je te mets au défi d'inviter quelqu'un au podcast.

Keith Kouna : GP le pad l'a fait ? Québec en font pas. GP c'est une excellente idée.

Hugo Lachance : Chapitre 31 : Conclusion. Merci Kouna, c'est vraiment cool. Merci à Roxan et GP de nous avoir accueillis au Knockout à Québec. Il y a même Sam, le créateur de la pochette des années monsieur, de P572. Allez vous abonner sur Instagram, YouTube, laissez des étoiles. On vous aime beaucoup. On se retrouve pour un prochain épisode de l'Album Podcast.