LOU-ADRIANE CASSIDY & ALEXANDRE MARTEL : Journal d'un Loup-Garou
LOU-ADRIANE CASSIDY & ALEXANDRE MARTEL : Journal d'un Loup-Garou
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Lou-Adriane Cassidy site web : https://www.louadrianecassidy.com/
Lou-Adriane Cassidy sur Instagram : https://www.instagram.com/louadriyo/?hl=fr
Pour son dernier épisode, l’équipe de L’Album Podcast a posé ses micros dans l'ambiance chaleureuse du disquaire indépendant Le Knock-Out, en plein cœur de Québec. Autour de la table, un duo indissociable à la ville comme à la scène : Lou-Adriane Cassidy et son partenaire de création et de vie, Alexandre Martel. Ensemble, ils sont revenus sur la genèse de Journal d’un Loup-Garou, une œuvre fusionnelle qui redéfinit les standards de la pop-rock francophone.
// Le travail de la voix
// Honneurs et mentions
// Le parcours d'Alexandre Martel
// L'esthétique de la pochette
// Les coulisses de l'anecdote Bonsoir, bonsoir
// Le mot surprise de Thierry Larose
Lou-Adriane Cassidy prouve avec ce projet qu'elle n'est pas une "fille de" ordinaire. Diplômée en chant pop/jazz, elle insuffle une rigueur et une profondeur intellectuelle rare à ses textes. Après des propositions musicales plus sages, elle livre ici son œuvre la plus achevée, confiant au micro : « Je ne crois pas avoir jamais mis autant de temps, de soin, d’amour ou de moi-même en quoi que ce soit. »
Pour l'épauler, Alexandre Martel agit comme sa véritable moitié créative. Déjà reconnu comme l'un des architectes du renouveau de la scène de Québec grâce à son travail avec Hubert Lenoir, Thierry Larose ou Ariane Roy, le réalisateur franchit une nouvelle étape. Ses arrangements ambitieux et ses structures complexes élèvent chaque pièce du disque.
Sorti le 24 janvier 2025, cet "album de couple" est une mise à nu totale où chaque note a été pensée consciemment pour exposer les failles humaines : l'insécurité, le besoin viscéral de plaire et la peur de l'abandon. Conçu entre le Pantoum, le Studio Mixart et "chez Nao", l'album réunit des collaborateurs d'élite comme Vincent Gagnon au piano, Naomie de Lorimier, ou encore Ariane Roy et Thierry Larose.
Musicalement, le projet navigue à la croisée d'une pop mystérieuse et d'une force rock si intense qu'elle gagne le respect des amateurs de métal. Yanick Tremblay y voit même des clins d'œil à l'univers visuel théâtral de King Diamond.
Le voyage à travers les textes se déploie à travers plusieurs moments forts :
Dis-moi dis-moi dis-moi : Une ouverture percutante qui intègre une maxime de La Rochefoucauld : « On fait plus souvent des trahisons par faiblesse ».
Je pars en vacances : Un titre baveux et frondeur qui critique l’objectification des femmes sur scène. Lou-Adriane y adresse un véritable "majeur" poétique à ses détracteurs.
Ariane : Une chanson miroir touchante chantée en duo avec sa « sœur » de scène, Ariane Roy, pour démêler les souvenirs de leur enfance.
Journal d’un loup-garou : La pièce centrale de l'œuvre, co-composée avec Thierry Larose, qui explore le mirage de l'acclamation publique et le poids des grands secrets.
16 ans bientôt 30 : Un morceau nostalgique soutenu par une section de cordes impressionnante de 11 musiciens, évoquant l'image d'Emmylou Harris pour illustrer la fuite et la quête de nature.
Pour la critique, notamment Louis-Philippe Labrèche du Canal Auditif, Lou-Adriane Cassidy démontre une intelligence musicale bien au-dessus de la moyenne. Ce troisième album est celui de la maturité et confirme son statut d'autrice-compositrice de haut vol et d'interprète incendiaire. Le vinyle et son livret exclusif sont disponibles chez Le Knock-Out à Québec ainsi que chez tous les disquaires indépendants.
Le titre fait directement référence à « Toute des folles », un autocollant de pare-choc très populaire dans la région de Québec et lié à une station de radio locale. Lou-Adriane utilise ce clin d’œil pour égratigner la « fragilité masculine » de certaines radios de la capitale, tout en proposant un commentaire plus large sur sa propre perception de la santé mentale.
Le chef-d'œuvre d'Orson Welles a inspiré le procédé unique de la chanson finale, Celle-ci vient du cœur. À l'instar du cinéaste qui nommait ses collaborateurs de vive voix à la fin du film, Lou-Adriane et Alexandre ont choisi de clore l'album par un générique parlé, saluant un à un les musiciens et techniciens du projet.
L'esthétique de la pochette découle d'une affiche de Kate Bush datant de l'époque Hounds of Love, montrant l'artiste dans une forêt sombre entourée de deux chiens. Lou-Adriane Cassidy souhaitait recréer cette ambiance de conte de fées magique et sombre, mêlant la vulnérabilité de l'adolescence à l'idée de transformation, symbolisée par la nudité et sa prothèse de bras de loup-garou.
Alors qu'Alexandre Martel cherchait l'inspiration pour débloquer une section de la chanson, il a ouvert un livre au hasard et est tombé sur cette maxime : « On fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par méchanceté ». Les créateurs ont tout de suite senti que ces mots résonnaient parfaitement avec le thème de l'abandon parental exploré dans le texte.
L'artiste a choisi la voie de la production indépendante. Elle a autofinancé le projet en combinant des demandes de subventions et en investissant massivement ses propres économies. Accepter de tels risques financiers pour couvrir plus de 60 jours de studio était un pari audacieux, mais ce statut de productrice lui garantit aujourd'hui une liberté artistique totale et la pleine propriété de ses bandes maîtresses.
L'album fonctionne comme un journal intime thématique plutôt que comme un récit linéaire. Le point de départ s'est matérialisé avec Dis-moi dis-moi dis-moi, où Lou-Adriane aborde pour la première fois le sujet complexe de l'abandon de son père. Cette brèche lui a permis d'explorer le reste de ses zones d'ombre, de ses blessures et de ses insécurités sans aucune retenue.
C'est un véritable album de couple. Si leur collaboration avait débuté sur le disque précédent (Lou-Adriane Cassidy vous dit bonsoir), Alexandre Martel s'est impliqué beaucoup plus tôt cette fois-ci. Le processus s'est fait à quatre mains : ils coécrivent les textes, Alexandre dirige la réalisation et Lou-Adriane compose la musique, tout en se poussant mutuellement à dépasser leurs limites dans chaque département.
L'artiste revendique haut et fort sa fierté de créer et de chanter en français. Elle s'oppose fermement au préjugé qui tend à sous-évaluer la culture québécoise par rapport aux productions anglophones ou internationales. Pour elle, la scène locale actuelle est d'une fertilité exceptionnelle, mariant avec brio la richesse de la langue française à des standards de production anglo-saxons.
Sources journalistiques :
Chronique de Philippe Papineau, Le Devoir, 24 janvier 2025.
Critique de Louis-Philippe Labrèche, Le Canal Auditif, 25 janvier 2025.
Propos recueillis lors de l'émission du 1er mai 2025 de L'Album Podcast au disquaire Le Knock-Out.