Transcription intégrale de l'épisode Vilain Pingouin : Roche et Roule
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Nous sommes le 5 juin 2025 à Blainville et aujourd'hui, je suis très content parce que je reçois enfin mes pingouins préférés. Mais non, il ne s'agit pas de Sidney Crosby ou de Mario Lemieux. Non, il ne s'agit pas non plus de Danny DeVito ou de Meredith Burgess. Mais non, il ne s'agit pas des pingouins de Madagascar, mais bien les plus vilains des Vilain Pingouin : Rudy Caya, Claude Samson et Michel Vaillancourt. Tout ça à l'Album Podcast!
Hugo Lachance : Bonjour tout le monde. Avant de vous présenter convenablement mes invités, je tiens à remercier mon ami Robert Fauvel qui est là et qui nous accompagne pour cet épisode. Je tiens aussi à remercier ma petite voix enrouée de fin de grippe et d'allergie. Mais sinon, je tiens surtout à remercier les nouveaux abonnés. Merci de vous abonner, c'est vraiment cool. Si vous aimez le podcast, parlez-en, c'est important. Venez nous suivre sur Instagram, Facebook, BlueSky, YouTube. Prenez le temps de cliquer sur les abonnements, laissez des commentaires. C'est pas grand-chose mais c'est extrêmement utile pour un podcast comme celui-là. Alors voilà. Aujourd'hui, je suis avec les Vilain Pingouin.
Rudy Caya : Salut.
Claude Samson : Salut.
Hugo Lachance : Enfin !
Claude Samson : Oui, ça fait longtemps qu'on en parle.
Hugo Lachance : Je pense que ça fait deux ans qu'on essaie de se rejoindre
Rudy Caya : …et on a attendu que la ville soit en train de défaire le chemin devant.
Michel Vaillancourt : Ouais, c'est ça. Ça ne donne pas un coup de main.
Hugo Lachance : Je suis avec Rudy Caya, Michel Vaillancourt et Claude Samson. Nous sommes ici à Blainville dans votre repère, ton garage, Michel.
Michel Vaillancourt : C'est vraiment un endroit vraiment très « caverne pingouin ». Tout le monde me dit, quand ils viennent ici, qu'ils sentent vraiment le pingouin.
Claude Samson : Ça sent le pingouin.
Michel Vaillancourt : C'est très garage. Comme on a toujours été un band de garage, je pense qu'on fit très bien ici.
Hugo Lachance : Non, c'est parfait, c'est vraiment super. C'est un honneur parce qu'il y a plein d'artéfacts qui datent. On est ici pour parler de l'album Roche et Roule, ce sera le sujet principal du podcast. Mais avant de parler de l'album, vous amorcez la dernière tournée. Comment ça se passe ?
Michel Vaillancourt : La tournée d'adieu
Claude Samson : Ce n'est pas une tournée d'adieu.
Rudy Caya : Non, c'est la dernière tournée. On ne fera plus de tournées.
Hugo Lachance : Ah, OK.
Claude Samson : C'est sûrement qu'on va faire des shows ici et là, peut-être un ou deux par année. Ce n'est pas un divorce, on ne se dit pas « appelle-moi plus ».
Hugo Lachance : Une chance ! Puis comment ça se passe, cette tournée ?
Claude Samson : Mais il ne nous appelle plus! Ça se passe très bien. Il était question qu'on finisse en 2024, mais finalement ça va bien. On va aller jusqu'à la fin 2025.
Rudy Caya : On n'a jamais arrêté de faire des spectacles. On était habitués de faire des spectacles pour le public, mais depuis que c'est la dernière tournée, le public a changé.
Hugo Lachance : Ah ouais ?
Rudy Caya : Les réactions ne sont pas pareilles. Les shows ne sont pas pareils parce qu'on est un band très sensible à l'énergie du public. Le public est tellement dedans. Michel Vaillancourt : On voit beaucoup de jeunes, un renouveau. Des jeunes de 17 ou 18 ans qui disent qu'ils viennent de découvrir ça et qu'ils capotent.
Hugo Lachance : Ok! Vous réussissez à rajeunir votre public.
Michel Vaillancourt : Vraiment, les deux dernières années ont été solides.
Rudy Caya : À Victoriaville, il y avait 8 000 personnes. Je me disais qu'il y en aurait au moins 2 000 pour nous autres, mais je pense qu'il y en avait un 2000 qui n'était pas pour nous autre mais les autre 6 000. oui! On a eu un moshpit de petits gars de 12 ans au premier rang. Honnêtement, les shows les plus forts côté réaction en 35 ans, c'est depuis deux ans qu'on les a.
Michel Vaillancourt : On tire la plogue quand ça va bien. On s'arrête.
Claude Samson : On part en pleine gloire.
Hugo Lachance : Avant de tomber dans le vif du sujet, je vais vous présenter individuellement. Je pose les mêmes questions à tous mes invités parce qu'on commence tous quelque part. Je vais commencer par toi, Rudy. Tu es un petit gars de où ?
Rudy Caya : Laval. Je suis né à Drummondville puis je faisais de l'anémie, alors je suis resté à l'hôpital pendant un mois. Dès que je suis sorti, mes parents ont déménagé à Laval. J'ai toujours été un gars de Laval.
Hugo Lachance : Super. Puis ton album d'enfance, le plus lointain dont tu te souviennes ?
Rudy Caya : J'en ai pas vraiment un seul. Mon père était un chanteur de chorale avec les moines, ma mère était dans une autre chorale. Chez nous, il y avait toujours de la musique. Je ne me rappelle pas un moment où je n'ai pas baigné dans la musique. Je pourrais dire Black Sabbath, Deep Purple Made in Japan... c'est là que ça a commencé.
Hugo Lachance : Tu as répondu à deux trois de mes questions avant le temps! Et qu'est-ce qui jouait dans la voiture de tes parents ou à la maison ?
Rudy Caya : Mon père, c'était le full classique. Ma mère, c'était plus irlandais, on écoutait les Irish Rovers. Mais elle me chantait des tounes quand j'avais mal aux oreilles ou qu'elle me peignait les cheveux ; c'était des chansons américaines de films, un peu jazzy.
Hugo Lachance : Ton album d'adolescence ?Black Sabbath j’imagine?
Rudy Caya : Je vais dire Sabbath, encore. C'est l'album qui m'a lancé dans le métal et dans la musique musclée. Mais pour moi, la musique c'est un tout, je ne peux pas en choisir un seul.
Hugo Lachance : Ton premier instrument ?
Rudy Caya : La guitare, toujours. Enfin, le premier c'était le violon pendant quatre ans, mais je n'étais pas fait pour ça. Dès que j'ai découvert la guitare, j'ai su que c'était mon instrument. Tu peux faire des accords, tu as un contact physique avec tes cordes. Au piano, tu tapes sur des touches. Même le sax, tu as l’hanche un peu sur les lèvres, non! Moi, j'ai besoin de la prendre comme un outil.
Hugo Lachance : Claude, ton tour. Tu es un petit gars de où ?
Claude Samson : Un petit gars de Verdun. J'y ai passé mon primaire et la moitié de mon secondaire. Je viens d'une famille de sept enfants, une famille très modeste.
Rudy Caya : Tu as passé ton primaire toi? Moi je ne l'ai pas passé!
Claude Samson : Je viens d'une famille de sept enfants, une famille très modeste.
Hugo Lachance : Ton album d'enfance ?
Claude Samson : Comme j'étais le septième, mes frères et sœurs écoutaient plein de styles. J'ai découvert les Beatles avec eux. J'écoutais tout ce qui jouait, de Ravi Shankar à Jimi Hendrix. Plus tard, à l'adolescence, j'ai découvert Black Sabbath, Deep Purple…
Rudy Caya : … et Genesis?
Claude Samson : Genesis c'était un peu plus tard à l’adolescence
Hugo Lachance : Justement, ton album d'adolescence ?
Claude Samson : Jimi Hendrix, Band of Gypsys. L'album blanc des Beatles et Nursery Cryme de Genesis avec « The Musical Box ».
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui jouait dans la voiture ou à la maison ?
Claude Samson : À la maison, c'était tous ces albums-là à cause de la fratrie. Dans la voiture des parents, comme j'étais le plus jeune, il n'y avait pas de musique.
Rudy Caya : Il était dans la valise!
Hugo Lachance : C’était pas grave à cette époque là!
Claude Samson : Mon père disait qu'il n'aimait pas la musique à cause du bruit de mes frères, mais quand il entendait du Pérez Prado ou du l'orgue de Pipitò, il dansait.
Hugo Lachance : Ton premier instrument ?
Claude Samson : Ma sœur était majorette dans les corps de clairons. J'ai vu la parade et j'ai dit : « Je veux faire ça dans la vie! ».
Hugo Lachance : Majorette?
Claude Samson : Non! Je voulais jouer du drum, de la caisse claire. Mais quand ma mère m'a inscrit, la madame Prieur a dit que j'étais bien trop petit et que j'allais tomber par en avant avec le drum. Elle m'a donné un clairon à la place. J'ai appris la gamme et j'étais le plus jeune seul de la gang et le seul capable de la faire. J'ai fait une coupe de parades mais j'ai vite compris que ce n'était pas vraiment ça. ailleur, je n’avais pas de clairon alors il fallait que j'emprunte un et….
Rudy Caya : Et connaissant Claude, prendre le clairon d’un autre, meeeeeh! Tu gagais-tu quand il fallait le vider?
Claude Samson : Non, je le nettoyais avant.
Rudy Caya : Haha, je suis content d'avoir introduit cette image-là!
Hugo Lachance : Michel, alors, tu es un petit gars de où ?
Michel Vaillancourt : Notre-Dame-de-Grâce (NDG). Je suis allé au secondaire à la même école que Claude. Claude, c'était mon idole : il jouait de la guitare, il avait son blouson de cuir, un bandeau, les cheveux longs... il était vraiment « hot ».
Rudy Caya : Dit-il avec nostalgie!
Claude Samson : J’ai changé pas mal!
Hugo Lachance : Ton album d'enfance ?
Michel Vaillancourt : Comme Rudy, j'ai écouté de tout. Pink Floyd a fait une grosse partie de ma vie…
Rudy Caya :April Wine!
Michel Vaillancourt : Jerry Mercer (d'April Wine) ça a été la cloche du Train, il n’y a pas grand monde qui savent ça. Ça été une influence majeure pour ma façon de jouer du drum.
Hugo Lachance : Ton album d'adolescence, celui qui a forgé ta personnalité?
Michel Vaillancourt : Plusieurs, mais surtout April Wine Harder…Faster et des trucs du genre.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui jouait dans la voiture ou à la maison ?
Michel Vaillancourt : Dans l'auto, je me souviens que c'était CKAC. Ça allait de Félix Leclerc à Tex Lecor et Trois p’tits coups sur le plafond de ta chambre.
Claude Samson : Johnny Farago!
Michel Vaillancourt : Oui! Ça c’était dans l’auto en montant dans l’nord
Hugo Lachance : Ton premier instrument ?
Michel Vaillancourt : Ça a toujours été le drum. C'était un concours de circonstances. J'étais jeune et pas très habile de mes mains. Quelqu'un a dit à ma mère de me faire prendre un instrument pour me développer. Un de mes chums jouait du drum, j'allais chez eux et je tripais. J'ai commencé à prendre des cours et je n'ai jamais arrêté et je n’ai toujours pas de coordination!
Hugo Lachance : Rudy, j’ai fait des recherches sur wikipédia et je lis des énoncés et on en parle. On connaît Rudy Caya en tant que chanteur de Vilain Pingouin, et il ne souhaite aucunement renier cette époque durant laquelle il a connu le succès auprès de milliers de fans. C'est ce qu'on lit sur Wikipédia et c'est une affirmation qui n’a pas rapport.
Rudy Caya : Plutôt, mais fidèle à ce que tu vas retrouver sur Wikipedia.
Hugo Lachance : C’est comique parfois wiki. À part le groupe, tu as deux albums solo : Mourir de rire en 1995 et Le Taureau en 2007. Le Taureau c’est la rencontre entre deux musiciens, Hugo Mudie et Rudy Caya, rencontre qui semblait a priori improbable... Pourtant, lorsque les Yesterday's Ring, autre groupe d’Hugo Mudie avec The Sainte Catherines, ont été approchés pour faire la première partie de Vilain Pingouin, les punk rockers montréalais ont accepté sans hésitation. De son côté, Rudy Caya songeait déjà à son prochain album solo, il a demandé à Hugo Mudie de faire une chanson sur son prochain disque. Comment ça s'est passé, comment ça a influencé ton écriture?
Rudy Caya : Premièrement, on avait joué avec eux autres à l’Hémisphère Gauche et, je ne sais pas trop pourquoi, mais quelqu'un m'avait dit qu'Hugo était bien excité de jouer avec nous, mais ce soir-là, on ne l'a pas vu. Après ça, j’ai su que ce soir là, Il chokait tellement mal à cause de ses excès de coke qu'il n'a pas osé venir nous parler. C'est cet événement-là qui lui a fait réaliser qu'il devait arrêter tout ça. Il était dans une mauvaise passe. Il était tellement sous influence que ça l’a empêché de venir nous parler. Il m’a dit : J’ai manqué ça parce que j’étais trop fucké, faut que j’arrête! Ça a été un processus mais c’a a été l’événement déclencheur. Plus tard, je l'ai appelé pour une chanson et il a voulu réaliser le morceau. J'ai dit : « M’a faire un deal avec toi, je te laisse réaliser si tu réalises tout l'album ». Parce que... Déjà, j'avais vu sur son Facebook une photo de lui, passe-out sur un trottoir, sur le bord d'un égout. avec un chandail de Vilain-Pingouin. Ça peut juste être bon. Quand on a parlé, je m'entendais vraiment bien avec. Le côté un peu gaga, Vilain-pingouin quand j'étais petit, mais ça a passé vite. Moi, j'ai connecté tout de suite avec. On parlait de musique. C'était plus un fan qui voulait faire un toune avec moi. Non, c'était juste deux gars qui aiment vraiment la musique. Je me sentais à l'aise et j'avais vraiment le goût de travailler avec. Je trouvais qu'il y avait la même vision que moi.
Hugo Lachance : Oui, oui, oui. C'est une belle rencontre entre deux générations. Ça donnait un album qui fonctionne bien, qui est super bon.
Rudy Caya : C'était une expérience très cool. Chaque toune, c'était bon, on appelle qui? Il y avait le noyau Sainte-Cat qui était le band, mais après ça, on l'appelait les Dales Hawerchuk. On appelait plein de monde qui jouait sur l'album, Hugo Saint-Cyr. qui est venu faire une toune avec Michel. C'était un trip de de punk centre-ville que tu lâches lousse dans un studio. C'est comme, on peut faire des niaiseries!
Hugo Lachance : On le salue d'ailleurs Hugo (Mudie), je veux juste signaler à tout le monde qu’il va bien maintenant! Claude, multi-instrumentiste mais principalement guitariste. Claude, tu es de loin le membre le plus populaire du groupe. Toi seul aura aussi réussi l'exploit de renouveler ton fan base depuis quatre décennies. Tu es connu chez les 0 à 100 ans car tu es aussi membre fondateur de Vilain Pingouin mais aussi du groupe jeunesse Les P'tites Tounes avec Carlos Vergara depuis plus de 30 ans!
Claude Samson : Ça fait pas mal 30 ans.
Hugo Lachance : C’est quand même phénoménal d'avoir deux carrières dans le même milieu.
Claude Samson : Oui. Quand Rudy a fait ses albums solo, il y avait un petit break pour nous. Je travaillais en garderie avec Carlos. Les éducatrices savaient qu'on était musiciens et elles nous ont demandé une chanson. On en a fait une coupe puis on s'est dit qu'on ferait une petite cassette pour les parents de la garderie, sans prétention. Ça a tellement marché qu'on est allé voir d’autres garderies. On en a fait un deuxième, puis un troisième... on est rendus à sept albums.
Hugo Lachance : Vous êtes rendu à sept albums…
Rudy Caya : Deux Félix!
Hugo Lachance : Vous avez remporté deux Félix ! Plusieurs nominations, plusieurs DVD et plusieurs clips aussi.
Claude Samson : Une cinquantaine de vidéoclips au moins. C’est grâce à une entente avec Télé-Québec. Ils en payait une partie et on payait l’autre.
Rudy Caya : Vous avez participé à plusieurs émissions de télé. Vous aviez des capsules.
Claude Samson : Oui, au canal VOX aussi avant ça.
Hugo Lachance : La grande question, on parlait du public tantôt. Quel est le meilleur public? Les enfants ou le public de Villain-Pingouin?
Claude Samson : Les passionnés finalement.,. C'est le meilleur public, que ce soit les enfants ou les adultes. Quand on joue et les enfants chantent nos tunes ou les adultes chantent nos tounes. C'est fou quand même. Je me souviens la première fois que Vilain Pingouin en 90, quand le public chantait les paroles, on avait des frissons.
Hugo Lachance : Je me souviens d'une anecdote quand on a joué ensemble au Café Campus avec WD-40. Tu m'avais fait le solo des pirates. Le scat des pirates!
Claude Samson : C'est toi ou le chanteur de WD-40 qui avais crié : « Allez-vous faire les pirates ! ». puis les Vilain pingouin, il y a une toune qui s'appelle Les pirates. Faque là j’ai dis on la fait pas en soir puis il part à rire?
Hugo Lachance : C’était moi!
Claude Samson : C’est toi ? Ben non, la fait pas en soir les pirates parce que c'est pas dans notre set list. Mais là tu pars à rire parce que tu faisais une blague tu faisais référence aux Pirates des petites tounes
Hugo Lachance : Ben oui des petites tounes, dans ma tête je savais pas qu'il y avait une toune des pirates des Vilain Pingouin. Très bonne confusion!
Vilain Pingouin a joué plus d’une fois Prout, prout!
Michel Vaillancourt : j'ai été voir Claude l'année passée à Terrebonne, un show des petites tounes. Je suis dans la crowd avec les enfants et les parents, et il commencent une toune que je connais pas, c'est une de vos nouvelles, les parents chantaient, les enfants chantaient c'était comme, voyons donc, tout le monde connait les paroles!
Hugo Lachance : C'est bon les petites tounes dans le spectacle de parents du CPE de mon garçon on a joué 2-3 tounes des Petites tounes, c'était vraiment vraiment chouette. C'est bon pour les adultes. C'est bien fait.
Claude Samson : Notre public est vieilli, les petites tounes, et le public des pingouins rajeunit. C'est le moins dans l'envers.
Hugo Lachance : Au début, il y avait Rodolphe qui était bassiste des Vilain pingouins. Il a été remplacé par Éric Bégin.
Claude Samson : Éric Bégin, oui.
Hugo Lachance : Excellent bassiste, d'ailleurs. Salut Éric! Michel, membre fondateur aussi, tu as travaillé 25 ans dans l'aviation. Mais tu faisais aussi partie du groupe Les Taches.
Michel Vaillancourt : C'est comme ça que j'ai rencontré Rudy. Je faisais partie des groupes populaires de NDG. J’ai pogné le Voir et j'ai vu que Les Taches cherchaient un batteur, j'ai passé l'audition et j'ai été pris. Quand Rudy est arrivé dans le local, j'ai su tout de suite qu'on avait quelque chose de différent. Rudy, c'était une bombe. J'ai tout de suite flashé sur musicalement. Je disais, OK, il y a quoi à faire avec ce gars-là.
Hugo Lachance : Parce que les Les Taches, c'est un groupe, il y a eu 40 musiciens à peu près là-dedans.
Michel Vaillancourt : Il y en a eu pas mal. On est allé en France.
Hugo Lachance : Il y a eu les musiciens de Jean Leloup là-dedans, Gilles Brisebois, Desrosiers, etc.
Michel Vaillancourt : À un moment donné, j'ai eu le choix de rester avec Les Taches ou de partir faire un album avec Rudy. J'ai choisi Rudy.
Rudy Caya : Il faut dire que l'autre membre cofondateur nous avait fait chier tous les deux !
Hugo Lachance : Est-ce qu’on le nomme?
Rudy Caya : On ne le nommera pas, ça ne vaut pas la peine..
Hugo Lachance : C'est quoi le reste de l'histoire après Les Taches ? Claude est arrivé comment là-dedans ?
Claude Samson : À un moment donné, je l'appelle parce qu'on cherche un guitariste.
Michel Vaillancourt : Je connaissais Claude parce qu'on avait eu un groupe ensemble, At First Glance. On avait même fait le Spectrum et la première partie d'INXS avec une chanteuse british, Jane C?,
Claude Samson : Pour 200$
Michel Vaillancourt : Écoute, ça remonte à loin. J'ai trouvé des photos récemment où on se mettait du noir en dessous des yeux
Hugo Lachance : début des années 80?
Claude Samson : Oui, alors Michel m'appelle alors que j'ai déjà un groupe. On cherche quelqu'un pour faire le concours Rock Envol, je pense. Je propose de les accompagner pour ces chansons-là. J'arrive au local et Rudy me dit : « Non, on cherche un guitariste pour de vrai ». Je réponds que je ne peux pas lâcher mon band, alors je m'en vais. En sortant, il y a Rodolphe qui faisait l'entrevue après moi. Pis, un an plus tard, je m'en rappelle. Pendant cette année-là, je suis allé voir le groupe à Rock Envol et je me suis dit que j'aurais dû accepter. Avec mon groupe, ça n'avançait pas beaucoup, c'était plus instrumental, sans chanteur, et c'était moins le fun. Quand je vois les autres avoir du fun sur scène, je me dis que j'ai raté mon coup. Six mois plus tard, on me rappelle. Ils cherchaient encore un guitariste. J’ai dit “ Vous avez pas Rodolphe?” Ben oui mais on en cherche un autre! Ce coup-là, j'y vais avec ma guitare. On parle un peu et ils me disent : « OK, parfait, tu es engagé ». Je demande s'ils veulent jouer un peu et ils me répondent : « Pas besoin ». Je n'ai même pas sorti ma guitare.
Hugo Lachance : C'est bon ça. Je continue dans l'histoire, j'ai consulté Wikipédia pour le groupe et les concours. Quelques mois après sa formation, Vilain Pingouin se produit au concours Rock Envol du printemps 87 et au premier Festival international du rock de Montréal. Le public accueille favorablement la musique enthousiaste, brute et surtout originale du groupe, ce qui permet à Vilain Pingouin d'atteindre la finale de l'Empire des futures stars l'année suivante. Est-ce que les concours étaient essentiels à l'époque pour connaître du succès ?
Claude Samson : Tout le monde faisait ces concours-là. C'était une bonne façon de jouer devant une foule et devant l'industrie aussi, parce que toute l'industrie y participait. On a fait l'Empire pour se pratiquer pour Rock Envol, mais finalement Rock Envol a dit qu'on ne pouvait pas venir puisqu'on faisait l'Empire. On était un peu déçus, mais on s'est rendus en finale quand même.
Hugo Lachance : C'était l'époque des concours, il n'y avait pas encore MusiquePlus.
Rudy Caya : C'était la façon la plus efficace de se faire connaître. Ce que j'en ai retiré le plus, c'est qu'on a appris à ne plus être tout croches. On a appris à jouer avec des guitares accordées et des fils qui ne font pas de branchements défectueux.,
Hugo Lachance : Pour rentrer dans un concours à l'époque, il fallait être bon quand même.
Rudy Caya : Claude parlait de son groupe avant Vilain Pingouin. Une fois, on a joué dans une brasserie à Montréal devant peut-être 14 personnes. Sa blonde est venue le voir et elle capotait après le show parce qu'elle ne l'avait jamais vu comme ça. D'habitude, en spectacle, il était tout concentré, la tête baissée, alors que là, il se promenait partout, regardait le monde et souriait. C'était ça, Vilain Pingouin : musicalement c'était simple, on ne se cassait pas la tête, mais on avait du fun. Ça a créé une dynamique naturelle avec le public. Mais on avait du fun. Pis on allait voir le monde, pis « Hey, y'a-tu du fun? Mais pourquoi? » Puis que ça créait une dynamique de public band. « OK, là, on a tout du fun, on est à partait des autres. ». C'est ce que tu retrouves aussi dans les concours. pis moins dans des shows de 12 personnes dans des places que personne te connait pis personne se crisse toi finalement parce que on n'a pas fait beaucoup de shows on a quasiment fait juste des concours des shows chauds peut-être 4-5 dans le top
Claude Samson : pis les concours c'était plein de monde
Hugo Lachance : C'était médiatisé! On continue. En 89, Vilain Pingouin enregistre son premier single, « François », sous l'étiquette Audiogram à laquelle le groupe restera fidèle tout au long de sa carrière. « François » connaît un succès retentissant et reste en rotation sur MusiquePlus pendant 12 semaines. La même année, un autre single, « Salut Salaud », propulse Vilain Pingouin au sommet du palmarès Radio-Activité. Vous avez connu une grande popularité rapidement. Comment avez-vous géré cette attention soudaine ?
Claude Samson : C'est arrivé vite. Un ami de l'école secondaire, un dénommé Éric Canuel qu'on salue, a réalisé nos trois premiers clips, et même plus. Pour « François », il est venu dans le local avec une caméra..
Rudy Caya : Et toute l'équipe des 5-6 premiers clips c'étaient des gars qui allaient à l'école ensemble, des finissants en cinéma. Et C’était tout des futurs top réalisateurs au Québec. Podz était là, Alain DesRochers, Éric Canuel aussi.
Hugo Lachance : C'était très DIY avec un côté punk là-dedans.
Rudy Caya : Ce qui a aidé pour le côté quotidien, c'est que les concours nous ont propulsés vite à la radio. Les clips marchaient bien et on avait tout de suite une image un peu « pro, un peu vedette », même si on n'avait pas encore le bagage de spectacle pour supporter ça. On avait quand même tous à peu près 30 ans, donc on ne réagit pas comme à 20 ans.
Michel Vaillancourt : Le succès est venu tard.
Hugo Lachance : Donc, là, si je vous comprends bien, vous n'aviez pas d'album encore.
Rudy Caya : Au début, on n'avait pas encore l'album. « François » était un single qui était le prix de l'Empire. On a réussi à tordre des bras pour faire le disque avec Audiogram. Les amis de Michel ont convaincu Audiogram et, à partir de là, « Je marche seul », « Salut Salaud », « Le Train », ce sont tous des singles de l’album à venir.
Claude Samson : Quand on a sorti « François », l'album était distribué dans toutes les stations de radio. On s'est dit qu'il fallait faire un clip parce que MusiquePlus venait d'ouvrir (en 1986). Ils voulaient des clips québécois et ils nous ont fait tourner à la planche. Tout le monde était pluggé sur Musiqueplus à cette époque là.
Michel Vaillancourt : Encore là, je vous ai bien aidé parce que je connaissais quelqu’un à MusiquePlus.
Rudy Caya : On a fait un show à MusiquePlus, de 5-6 tounes, invités par Bill Saint-Georges.
Hugo Lachance : Bill Saint-Georges?
Rudy Caya : Bill Saint-Georges qui était un des tops là-bas avant de devenir un des tops chez Audiogram. Il a toujours beaucoup fait pour nous. On a fait une journée SOCAN ou je ne sais pas quoi, où on était évalué par des journalistes. Il avait été le troisième à dire « Ah, ben moi, j'y connais, j'ai écouté les leurs tounes, puis attention, ils s'en viennent. ». Il nous avait « hypés » au maximum. Il a toujours été un bon mécène pour le groupe.
Hugo Lachance : On se rapproche de l'album, mais avant, le nom « Vilain Pingouin » vient d'où ?
Claude Samson : Ça s'appelait déjà comme ça quand je suis arrivé dans le groupe . J’pense que c’est Fred qui a trouvé Pingouin?
Rudy Caya : C'est Rodolphe qui avait trouvé « Parfait Pingouin ». Qu’il avait peinturé partout!
Michel Vaillancourt : Mais là, c’est Rémy des Parfaits Salauds nous avaient contactés pour dire qu'il semblait y avoir une confusion. Rodolphe a dit : ok, on va le changer. On a donc changé pour Vilain Pingouin.
Hugo Lachance : C’était quoi la confusion?
Michel Vaillancourt : Parfait salauds, Parfait Pingouin…
Hugo Lachance : Ah oui!
Michel Vaillancourt : Après ça, il y a eu le train. Ils ont sorti le dernier train. Il y a eu Salut salaud, Les parfaits salauds.
Claude Samson : La confusion a eu lieu quand même.
Hugo Lachance : On continue. Après sa première tournée provinciale, le groupe lance son premier album rafraichissant, Vilain Pingouin, le 12 septembre 1990, avec des titres aux sonorités évoquant la country américaine et la pop des années 60.
Rudy Caya : On va dire Cow-punk
Claude Samson : Cow-punk yé-yé!
Hugo Lachance : Vilain Pingouin transforme la scène musicale québécoise et devient disque d'or en 1991. Leur album éponyme est souvent considéré comme le plus acclamé et le plus connu de tous. Pensez-vous que cet album a vraiment changé la façon dont on voit la musique au Québec ?
Claude Samson : À ce moment-là, c’était un gros coup. C'était un gros coup, c'était rafraîchissant.
Michel Vaillancourt : Il y avait une question de timing
Rudy Caya : C’est un concours de circonstances, en même temps que Jean Leloup qui faisait un style qui n'existait pas ici. Notre génération (nous et plein d’autres bands) arrivait avec une nouvelle vision de la musique québécoise. Avant ça, le québécois sonnait d'une certaine façon. Pour notre génération, ça ne veut rien dire « du québécois », car il y a du punk, du country, du rock et du métal québécois. D’un coup sec le québécois n'était plus un style de musique c’était une identité.
Claude Samson : Le fait de jouer de la mandoline a aussi apporté une sonorité à laquelle le monde n'était pas habitué. Quand je suis rentré dans le groupe, Rudy m'a dit : « Va falloir que tu joues de la mandoline ». J’ai dit “ de la mando… quoi?”
Hugo Lachance : C’est toi qui a eu l’idée de la mandoline?
Rudy Caya : Hoche la tête
Hugo Lachance :Ah oui!
Claude Samson : Ils m'ont montré un peu les accords. On avait une mandoline très « cheap » qui traînait sur le mur. On a voulu en acheter une vraie, mais à cette époque-là, on n'en trouvait nulle part. Je suis allé chez Italmélodie, les Italiens, et le gars est parti à rire en disant : « On vend du rock nous autres, on ne vend pas des mandolines ». Maintenant on en trouve partout des mandolines, plein de sortes. J'en ai finalement trouvé une chez un luthier, ce n'était pas de la grosse qualité.
Hugo Lachance : Mais c’est vrai maintenant que la mandoline fait maintenant partie de notre sonorité québécoise.
Claude Samson : Aux États-Unis c’est autre chose on aurait pu en trouver mais ici c’était introuvable.
Hugo Lachance : J’avais une question en tête mais je me m’en rappelle plus!
Rudy Caya : Welcome to my life…
Hugo Lachance : Ça me reviendra peut-être… Suite à ça, il y a eu la mythique tournée « Rock le Lait ». Je suis un peu slacker sur les shows et je m'en veux parce que je l'ai ratée alors qu'elle s'était arrêtée à Chicoutimi. Mes amis d'Arvida y étaient et ils ont vraiment tripé. Avez-vous une anecdote particulière ? J'imagine qu’il y en a plus d’une!
Michel Vaillancourt : Il y avait Jean Leloup et la sale affaire..
Hugo Lachance : France D'Amour!
Michel Vaillancourt : Les musiciens de France sortaient de l'école, ils étaient tranquilles en avant pas trop party.
Rudy Caya : Tout le monde était en avant tranquille. La gang de Spectra était au milieu et, en arrière, il y avait les Pingouins et Jean Leloup et la Sale affaire qui jouaient.
Michel Vaillancourt : À chaque village, Jean prenait le micro de l'autobus et nous faisait une description à la Jean Leloup.
Rudy Caya : Imitant Leloup Je connais leur dialecte!
Michel Vaillancourt : Rire mais rire de même là… À un moment donné à Rimouski, on était dehors dans le parking devant l'hôtel de ville. Le party était pogné. Tout le monde est là, Jean Leloup, Rudy, France d'amour…
Rudy Caya : La seule fois que France est sortie avec nous autres.
Michel Vaillancourt : Le party est pogné. France décide d'aller dans l'autobus puis de danser sur le banc, accroche le break à bas, l'autobus part vers l'hôtel de ville. le party a fini là.
Rudy Caya : Et Jean Leloup a voulu arrêter le bus en se mettant en devant!
Hugo Lachance : Qui a arrêté l’autobus finalement?
Rudy Caya : C'est la chauffeuse qui a réussi à l'arrêter.,
Michel Vaillancourt : J’aurais pu t’en conter plein. C'était comme dans Spinal Tap, on faisait des arénas et on se demandait dans quelle ville on était parce que les arénas se ressemblent tous.
Hugo Lachance : Ça a duré combien de temps cette tournée- là?
Michel Vaillancourt : La tournée a duré environ 6 mois, un été et plus,
Hugo Lachance : Une vingtaine de shows à peu près?
Michel Vaillancourt : Une vingtaine de shows ouais.
Hugo Lachance : Wow!
Michel Vaillancourt : Il y avait l'autobus des musiciens et l’équipe Audiogram et un gros 45 pieds pour l'équipement. Comme dans les vrais shows.
Hugo Lachance : C'était quelque chose. Ça devait sentir bon dans cet autobus-là?
Claude Samson : Oui!
Rudy Caya : La tournée s'est passée en deux temps. Au début, on faisait deux dates et on revenait à la maison pour une semaine. La première mini-tournée, personne n'avait pensé à amener de quoi fumer. Pour la deuxième partie, j'ai dit : « Checkez-moi bien ». Le bus part, j'ai jeté mon sac sur la table en embarquant et j'ai entendu tout le monde faire pareil. À peine embarqué sur la 40, la police arrive avec les lumières.
Michel Vaillancourt : Comment finir une tournée!
Rudy Caya : La chauffeuse a débarqué pour parler au policier. Elle a ramassé le ticket et a perdu ses points. On a tous cotisé pour payer le ticket et un surplus pour compenser ses points perdus.
Claude Samson : J’pense que France est débarquée aussi…
Rudy Caya : Non…
Hugo Lachance : Wow! Ce sont de bonnes anecdotes.
Rudy Caya : Peut-être que France était avec elle finalement.
Hugo Lachance : Cette tournée a vraiment ancré le groupe dans la légende populaire. Tantôt, ce que je cherchais c'était de parler de votre image. On a parlé de votre image et de vos clips, mais il y a aussi ton fameux bandeau, Rudy. C'est resté dans la culture populaire.,
Rudy Caya : C'était pour la sueur. J'ai les yeux très sensibles et, après deux chansons, je ne voyais plus le public. J'ai porté le bandeau pour ça et c'est devenu une mode. Je n'ai pas inventé le foulard, j'avais vu un gars au Café Campus avec ça et j'ai trouvé que c'était une bonne idée. Je n'ai pas inventé le foulard. Je sais que c'est bien, bien plus lieu. Mais le retour du foulard, c'est même pas moi non plus.
Hugo Lachance :Oui, c'est ça, parce qu'il y avait comme une répercussion. On voyait apparaître des foulards comme ça. C'est comme devenu un symbole du regard. C'est pas toi qui a inventé ça, mais au Québec, tu l'as comme popularisé.
Rudy Caya : Je l'ai popularisé. Mais il y avait quand même peu de monde qui avait recommencé à en porter. Je disais « Ah, c'est une bonne idée! » Comme pour la musique, je faisais partie d'un mouvement. La plupart des mouvements comme ça, c'est pas une personne, c'est un concours de circonstances, un timing.
Hugo Lachance : La dernière partie c'est une traduction parce que votre Wikipédia est plus intéressant en anglais. Alors que Vilain Pingouin est à son apogée, ses membres ressentent le besoin de se détendre et de se consacrer à des projets personnels. En novembre 1994, ils annoncent une pause après un concert d'adieu intitulé « Pingouins sur Glace » au Snatches Electric en décembre 1994.
Claude Samson : aux Snatches Electric?!
Hugo Lachance : C’est bien la traduction sur wikipedia.
Michel Vaillancourt : Snatches Electric?! haha! Aux Foufounes Électriques!
Rudy Caya : Ça aurait été un bon nom par exemple!
Michel Vaillancourt : Incroyable!
Hugo Lachance : …en décembre 1994. Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre le groupe en hiatus?
Claude Samson : en décembre 1994, la tournée se calmait un peu dans ce temps-là.
Rudy Caya : On n'arrêtait pas depuis 4 ans. C'était non-stop. On n'était pas le genre de groupe à sortir un disque tous les deux ans par obligation de carrière. On sentait une pression.
Claude Samson : Tu caressais déjà l’idée d’avoir un album solo.
Rudy Caya : Oui. On avait tous des projets, on voulait aller ailleurs. Ce n'était pas une dissolution, on savait qu'on était encore des Pingouins. Claude avait ses « P'tites Tounes ».
Hugo Lachance : Avant de passer au segment de présentation de l'album, je résume votre discographie : Vilain Pingouin éponyme (1990), Roche et Roule (1992), Y'é quelle heure ? (1998), Jeux de mains (2003), Les belles années (2014), Coup de cœur (2018), Coup de main (2022) et Coup de grâce (2025). Qu'est-ce qui s'en vient ? Tu m’as fait écouter les deux nouvelles chansons qui s’en viennent. Merci d'ailleurs! Coup de grâce c’est le dernier?
Michel Vaillancourt : On ne dit jamais c’est le dernier.
Rudy Caya : La dernière tournée, c'est exactement ça. La dernière tournée. Ça ne veut pas dire qu'on ne parle pas de tounes. Les Beatles ont connu une belle carrière après arrêter de faire des shows je ne vois pas qu'on ne ferait pas d'autres choses après.
Hugo Lachance : Il va prendre quelle forme?Vous allez le sortir en CD ou numérique?
Rudy Caya : il sort en CD en septembre et en même temps on va sortir un vinyle des trois (Coup de cœur, Coup de main, Coup de grâce). On va peut-être couper une couple de tounes parce qu'il n'y a pas de place sur le vinyle mais ça va être une sorte de compilation. Trois p’tits coups…
Michel Vaillancourt : …sur le plafond de ta chambre
Hugo Lachance : On passe au segment de présentation de l'album. Comment s'y prend-on pour composer une chanson chez Vilain Pingouin ? On parle ici de Roche et Roule.,
Michel Vaillancourt : Roche et Roule, c'est un ramassis de tout ce qui restait de chansons depuis le début de notre carrière. Ce sont des choses qu'on traînait Rudy et moi et qui n'avaient pas leur place sur le premier album.
Rudy Caya : On avait deux publics. On avait le public de quelqu'un qui rentre dans un magasin de disques et qui ne regarde que le display des top 10, puis qui achète ce qu'il y a en radio. Et celui qui venait voir nos spectacles, c'était un autre public.. Et on a décidé de faire un album qui ressemble plus à notre public de spectacle, qui était plus hard, qui était plus…
Michel Vaillancourt : Écouter un show de Vilain Pingouin, c'est l'album Roche et Roule.Il y a du blues, comme « Le Bleu du papier blanc », « Délinquance ». On l’avait amené à CKOI et quand il fait jouer ils capotaient parce que les aiguilles allaient dans le rouge
Claude Samson : On l’avait fait masterisé à New-York
Rudy Caya : On nous a dit que le son était « trop » on ne peut pas le jouer. J'ai dit : excuse-moi, je n’entends pas, Nirvana est en train de jouer à ton poste de radio! C’est là qu’on a appris qu'il y avait deux kits de mastering : un pour les Québécois qui mettent les voix en avant, et un pour la musique américaine. Ils ont utilisé le côté américain. Ils l’ont mis du côté américain et ils ont dit : Ah, OK, là, ça fait du sens. OK, on va la mettre.!
Claude Samson : Après le premier album, on avait un local chez Kitch qu'on louait à l'année sur la rue Parthenais.
Michel Vaillancourt : C'est là que j'ai appris à jouer avec un click track.
Claude Samson : On avait acheté à Michel Rivard un enregistreur à cassettes VHS…
Rudy Caya : …qu’il a essayé de me refiler 25 fois mais qu’il a toujours dans sa cave!
Claude Samson : On était rendus plus organisés, on ne vivait que de musique à ce moment-là. On avait le local 24h sur 24, ce qui nous a permis d'élaborer plein de chansons.
Hugo Lachance : Si je vous demandais une phrase pour décrire le groupe à ce moment-là, ce serait quoi? C'était quoi l'état d'esprit avant d'enregistrer Roche et Roule ?
Rudy Caya : Éclectique.
Claude Samson : On était en plein contrôle de notre talent.
Rudy Caya : Audiogram ne nous comprenait pas tout à fait, ils nous disaient : « Faites ce que vous voulez ».
Hugo Lachance : Ça fitte avec la prochaine question. Question du public de Pierre-Luc Hamelin : est-ce que la pression était plus forte pour le deuxième album ?
Claude Samson : On était au mythique studio Morin-Heights avec Rick Hayworth et Glen Robinson. On a habité là-bas pendant un mois, on était bien relaxes. C’est vrai qu’avec un réalisateur comme lui, il fallait être vraiment sur la coche. Rick a moins travaillé sur le premier que sur le deuxième parce qu'on avait fait nos devoirs.
Rudy Caya : Je dirais que la pression était plus forte avant le studio, quand on était au local et qu'on se demandait si on allait avoir assez de matériel. Une fois au studio, on savait où on s'en allait. Mais avant, est-ce qu'on va avoir de quoi? Je ne sais pas. La pression, c'est plus fait comme là, ça prend du matériel, puis disons, let's go, let's go, on travaille. Mais avant, est-ce qu'on va avoir de quoi? Je ne sais pas. La pression, c'est plus fait comme là, ça prend du matériel, puis disons, let's go, let's go, on travaille. C'est bien sérieux. Après ça, quand on est allé au studio, c'était plus relax. On savait où on s'en allait.
Claude Samson : On avait l'expérience du premier!
Hugo Lachance : On va commencer. Le titre, Roche et roule. J'ai quelqu'un qui vous a laissé un petit message. Écoute, ça fait deux ans. Parce qu'on était supposé se rencontrer il y a deux ans. Chers membres de Vilain Pingouin, c’est Marie-Christine Blais qui s’adresse à vous et qui vous remercie d'avoir été là dans une période où la chanson québécoise redevenait aimée. Après des années difficiles pour la chanson en français. Encore aujourd'hui, ça m'épate que vous ayez baptisé votre album Roche et Roule. Comment ça se fait que personne n'y avait pensé avant vous? Merci pour toutes ces chansons, merci pour toutes ces années. Ce qui est l’fun c’est que vous continuez! Merci.».,
Michel Vaillancourt : Ça vient de qui ça finalement : Roche et roule? C’était Fred c’est ça?
Rudy Caya : Oui
Claude Samson : C'est Rock and Roll!
Hugo Lachance : Oui! Roche et Roule, c'est Rock and Roll en français.
Rudy Caya : Fred avait souvent des idées auxquelles personne n'avait pensé avant.,
Hugo Lachance : L'album est sorti le 31 octobre 1992 chez Audiogram, Pour la réalisation dans Le droit, 31 octobre 1992 de Marc André Joanisse : Une fois de plus, Vilain Pingouin s’est tourné vers Rick Hayworth pour donner le son qu’il voulait à ses chansons. Je cite Rudy je crois «Dans notre tête, Rick est un Pingouin à part entière. D'un côté comme de l’autre, on ne cesse d’évoluer et on parvient toujours à se rencontrer.» Parce qu’il a su donner rapidement la saveur voulue aux Pingouins, Rick Haworth a passé seulement un mois derrière la console de son. «Ça été le party. Ma chienne et la chienne de Rick ont même jappé sur le disque.
Claude Samson : Oui!
Hugo Lachance : Je ne l'ai pas entendu il me semble.
Claude Samson : C'est sur la chanson « Roche et roule ». C'est une pièce qu'on a faite de façon spontanée : on allume les micros et on joue. Rudy était au piano.
Rudy Caya : Oui et je n'en joue pas du tout.
Claude Samson : Moi j’avais l'harmonica. Fred avait la contrebasse.
Rudy Caya : Il faut avouer que c'était une façon de donner des points de genre d'auteur de plus à Rick. Sur le premier album, Rick était comme, je ne sais pas quel titre il avait, mais sur le deuxième, il était réalisateur de l'album.
Hugo Lachance : Le dernier épisode que j'ai fait, c'est avec Grimskunk. puis c'est Glenn Robinson aussi qui fait le premier album de Grimskunk. Il a fait aussi Voïvod. puis il a vraiment un son particulier ce gars-là parce que quand on écoute les albums le drum est souvent au premier plan, ses drums sonnent tout le temps c'est vraiment très bon réalisateur
Hugo Lachance : On continue, producteurs Michel Marceau, Rick Hayworth et Glenn Robinson. Les musiciens : Rudy Caya (vocal, guitare, piano), Claude Samson (guitare, mandoline, accordéon, voix, harmonica), Rodolphe Fortier (guitare, banjo, vocal, mandoline et basse), Frédéric Bonicard (qui est décédé) à la basse et contrebasse, et Michel Vaillancourt à la batterie et percussions. Il y a aussi Andy Czerny à l'accordéon.
Rudy Caya : Andy Chersny c'est une sorte d'Ukrainien, je sais pas quoi qui jouait dans les mariages et quand il est venu j’étais comme : Il y a combien de notes sur ton affaire?
Claude Samson : Ça c’était pour la toune Le bleu du papier blanc. Pour la chanson « P'tite vie p’tite misère », c'est moi qui ai fait l'accordéon.
Rudy Caya : Car l'autre était trop complexe, c'était jazzy. c'est bien trop complexe c'était 4 niveaux en haut n'importe quel gars du band on était tous ok merci monsieur!
Claude Samson : En fait, je jouais pas d'accordéon sur le premier album, il y avait un accordéoniste qui est venu et il a fallu que je le fasse. Qu'est-ce qu'on va faire live? OK. Ça en prend un qui joue de l’accordéon.. C'est là que j'ai commencé.
Hugo Lachance : Guitare, Banjo, Bajo Sexto. Rick Haworth, Trombone, Pete Sullivan.
Rudy Caya : C'est le gars de l’orchestre symphonique.
Hugo Lachance : Studio, le mythique studio de Morin-Heights. Le droit, 31 octobre 1992 : Avec les moyens que les Vilain Pingouin ont maintenant, ils ont pu se permettre de la qualité. Tant à la réalisation qu’en studio, et ils se sont assurés les services de l'un des meilleurs guitaristes au Québec, Rick Haworth…
Rudy Caya : …comment ça un des meilleurs?
Hugo Lachance : Ben, je ne sais pas, il y en a peut-être des meilleurs que lui!
Rudy Caya : C’est le meilleur!
Hugo Lachance : Claude n’est pas meilleur que Rick??
Rudy Caya : Non!
Claude Samson : J’ai tout appris de Rick!
Hugo Lachance : …en compagnie de Glen Robinson et l'enregistrement a été effectué au très réputé «Le Studio» de Morin Heights. D'ailleurs, on en parle souvent, Robert et moi. Pensez-vous que votre album a bénéficié de l’aura de ce studio si mythique?
Michel Vaillancourt :
Claude Samson : Assurément.
Michel Vaillancourt : 100 miles à l’heure
Claude Samson : On couchait là, comme je le disais tantôt. Il y avait une maison, une « guest house », et il y avait environ un kilomètre entre la maison et le studio. Tu pouvais faire le trajet à pied en marchant dans le bois, tu pouvais le faire en canot, en pédalo ou en bicyclette. Quand tu arrivais en canot ou en pédalo, tu arrivais sur le quai, tu voyais le studio qui se dessinait sur le cap.
Michel Vaillancourt : Je faisais mes tracks de drum et il y avait des chevreuils qui passaient. Rudy s'occupait de la machine à café et nous faisait des cappuccinos. On avait dans ce temps-là un Nintendo 64 et on jouait à des jeux de course de chars avant d'aller faire nos tracks.
Rudy Caya : Le jour où on est arrivés à Morin-Heights, il y avait un corridor avec un petit pont pour aller au studio. Il y a un studio qui est en face d'un autre, où il y avait le « blue screen », c'était le studio B. Nous, on était dans le principal. Pour se rendre de l'entrée au principal, on passait devant le B, qui est quand même un gros studio, et Michel Pagliaro était en train de travailler un son de cymbale. On a enregistré notre album pendant un mois et quelques ; quand on est sortis de là, et Pag était encore en train de gosser sur son son de cymbales.
Hugo Lachance : C’est pour ça qu’il ne l’a pas encore sorti son album!
Rudy Caya : Exactement! Cet album-là n’est jamais sorti!
Hugo Lachance : Il doit être rendu au bass-drum! C'est super ça. Donc, mixage Glenn Robinson, période enregistrement août et septembre 92. Nombre de pistes 12. Puis, conception de la pochette. C'est quoi l'histoire de la pochette?
Rudy Caya : Ça a coûté cher en tout cas!
Hugo Lachance : Regardez, on va profiter de la magie de la télé pour la faire apparaître : 1, 2, 3... elle est là. Regardez la pochette.
Rudy Caya : Moi, j'ai eu le réflexe de dire que c'est une copie du premier quand je l'ai vue.
Michel Vaillancourt : Elle nous avait coûté cher celle-là!
Rudy Caya : Quinze mille piastres. C'était cher, ça a coûté entre 12 000 $ et 15 000 $. On en payait un pourcentage. Il fallait qu'on en vende au moins 4 000 ou 5 000 juste pour payer la pochette.
Hugo Lachance : C’est vous qui avez fait la direction artistique ?
Claude Samson : C’est le photographe qui a fait la première pochette? Je ne m’en souviens plus.
Hugo Lachance : Son nom n’est même pas dans mes notes.
Michel Vaillancourt : On avait été échaudés avec le premier album : ils nous avaient donné une planche avec plein de photos en nous disant de mettre un X sur celles qu'on ne voulait pas. Finalement, la photo qu'on a eue pour le premier album, c'était celle sur laquelle tout le monde avait mis un X.
Hugo Lachance : Ha oui? Haha!
Michel Vaillancourt : On était tellement contents de faire un album. Celle-là, personnellement, je n'avais jamais pensé à U2. Je la regarde et je me dis que si on a vendu beaucoup d'albums avec l'autre, c’est parce qu'on a l'air d'une gang de sans-dessein.
Rudy Caya : Fred est en train d'enlever son coat, on dirait un vendeur de crayons, tout le monde a du fun.
Hugo Lachance : J’avoue qu'elle n’est pas si bonne que ça cette photo-là!!
Rudy Caya : Elle est poche, j’m’excuse mais elle est poche!
Claude Samson : Michel Bélanger avait dit : « C'est parce que c'est ça, vous autres. Vous avez l'air sans-dessein et ça vous représente comme il faut ».
Hugo Lachance : Dans ce cas-là, ça marche. Petit segment : Ils ont dit où on parle de la réception de l’album. La presse du 8 novembre 1992, Marie-Christine Blais écrivait que Roche et Roule reprend en fait là où le premier disque s'était arrêté, quelque part entre Paul Piché de l'époque de À qui appartient le beau temps ? et Renaud. Rudy Caya signe toujours des textes à forte teneur sociale et dénonciatrice. Comment as-tu abordé l'écriture des textes pour cet album et quelles sont les différences avec le premier ?
Rudy Caya : Il n'y en a pas vraiment.
Claude Samson : Dans le premier album, tu avais des tounes qui dataient depuis longtemps, comme « François ».
Rudy Caya : Mais j'écrivais de la même façon. J'ai toujours été quelqu'un qui observait la vie, j'ai étudié en psycho et en philo. Pour moi, la musique est un moyen pour parler de ce qui m'intéresse. La musique n'est pas ma vie, c’est le langage que j'ai choisi pour parler de la vie. Ce sont encore les mêmes sujets qui me touchaient : les problèmes sociaux, les inégalités, les injustices. Tout ce qui est un. C'est pas vraiment... Quand t'es dans un groupe, comme tu dois savoir, t'es déjà dans une micro-société. Tu peux pas dire « je... » en sachant que le drummer ou le guitariste pensent pas à tout la même chose. Tu limites tes sujets et ta façon d'en parler à quelque chose qui va pas déplaire ou quelqu'un dans le band, c'est comme, moi, je suis concerné. C'est comme, tout le monde pouvait dire « OK, mais ça pourrait être moi qui dis ça. »
Hugo Lachance : OK, je comprends. La différence aussi, sur le premier, tu chantes un petit peu plus à la française.
Rudy Caya : On arrivait de France. Déjà, Renaud m'avait ouvert les yeux à la musique francophone beaucoup plus que le québécois. Quand le québécois était à la mode avec les Beau Dommage et Harmonium, moi j'étais à l'âge Black Sabbath, ça me touchait moins. J'avais manqué la course d'Offenbach. C’était les grands frères de mes amis qui écoutaient du québécois et je ne m'identifiais pas à ça pantoute. J'étais anglophone à 100 % jusqu'à ce que je voie Renaud en France. Ça nous a allumés. Et là on a commencé à voir toutes les bandes comme Parabellum puis La Souris déglinguée.
Michel Vaillancourt : Ça nous a allumé pas mal!
Hugo Lachance : Il y a aussi un côté Bruce Springsteen. C’est ce qui fait la différence entre le premier et le deuxième album.
Rudy Caya : CHOM FM nous faisait jouer, on était en rotation régulière. Ils nous ont fait plaisir en disant qu'on était le plus américain des bands québécois. Sans rien enlever au groupes francophones québécois. Les anglophones écoutaient et se reconnaissaient musicalement.
Hugo Lachance : On était le renouveau de la musique québécoise, les années 70 étaient finies.
Claude Samson : Dans les années 80, Rudy et moi étions dans un groupe où tout le monde chantait en anglais. À l'Empire des futures stars, c'était en anglais. C’est pour ça que Vilain Pingouin avait décidé d'aller à Rock Envol, parce que là-bas, c'était en français.
Hugo Lachance : La presse, 24 octobre 1992 Plus rock, plus rugueux. Roche et roule, le deuxième album de Vilain Pingouin, a été fait dans le bonheur. Même s'il est plus corrosif, ce nouvel album ne choquera pas les radiodiffuseurs, estiment le chanteur Rudy Caya et ses collègues. D'après nos palmipèdes favoris, le phénomène du rock francophone devient incontournable. Notre showbiz n'a qu'à bien se tenir!
Parlant de showbiz, juste pour mettre en contexte à l'époque, à la disque, en 92, groupe de l'année, vous avez été nommé comme groupe de l'année en 92.
Claude Samson : C'est l'album rock de l'année, non?
Michel Vaillancourt : En 91, 93.
Hugo Lachance : En 92, vous êtes nommé. Qui avait gagné?
Claude Samson : Les BB, sûrement.
Hugo Lachance : Les BB, oui. Il y avait la Bottine souriante. Hart rouge, Paparazzi et il a Vilain Pingouin
Rudy Caya : Quand j’étais au Cégep. Je jouais dans un trio métal avec Patrick Bourgeois. Et quand on a fini Cégep, moi et Michel, on a commencé Les Taches, puis lui a commencé les beaux blonds qui sont devenus Les BB. On est toujours restés super chums. Quand on a gagné à l'ADISQ, ce sont les B.B. qui ont remis notre trophée.
Hugo Lachance : En 93, vous étiez nommés encore groupe de l'année.
Claude Samson : On était nommé dans deux catégories c’est ça?
Hugo Lachance : Oui, exact! Qui avait gagné?
Claude Samson : Groupe de l'année en 93? Ce n'était pas encore Les BB?
Hugo Lachance : Non! C’était un gros groupe.
Rudy Caya : Les Colocs?
Hugo Lachance : Exactement! Il y avait la Bottine Souriante, Les Colocs, Les Parfaits Salaud, Rude Luck et les Vilain Pingouin. Bref, album de l'année rock en 93. C'est bon?
Claude Samson : Ça, c'est ça.
Hugo Lachance : Qui avait gagné?
Michel Vaillancourt : Je sais pas, mais ça ressemble à ça!
Rudy Caya : Nous autres!
Hugo Lachance : Il avait France D'amour pour Animal. Il y avait Bruno Pelletier, éponyme, il y avait Les Colocs éponyme aussi, puis il y avait Les Parfaits salauds, Sans faire de bruit. Puis un disque d'or pour Roche et roule en 98, c'est ça?
Claude Samson : En 98. oui. Un disque d'or pour le premier album.
Rudy Caya : En 93, c'était l'année que le gala avait lieu à Québec, puis il y avait des grandes tables pis il y avait une grande table avec Les Vilain pingouin pis une grande table avec Les Colocs. En pensant qu'il y avait peut-être des shots intéressantes à faire sur les deux compétiteurs et après qu'on se soit passé des joints, des bouteilles pendant tout le jour il arrêtait pas de se changer ok, va-t'en de là, va-t'en de là!
Hugo Lachance : Question du public. Attention, grosse question de Guillaume Blais : C’était quoi au juste la chicane avec les Parfaits Salauds? Selon la légende, leurs compagnies de disque respectives auraient monté une genre de rivalité, allant même jusqu’à saboter des événements.
Rudy Caya : Non
Claude Samson : Ce n'est pas notre version à nous. Il y a eu un malentendu. Le public entendait à la radio « Salut Salaud » et l'animateur, à CKOI, disait que c'était un succès des Parfaits Salauds. Comment ça fait qu'il se trompe? C'est quand même une radio professionnelle. En tout cas, tout le monde était mêlé.
Rudy Caya : C'est plein de petits mélanges comme ça. À un moment donné, ça a tapé ses nerfs à Rémy. C'est plus Rémy qui est en guerre avec Vilain pingouin que les salauds. Parce que le reste du band, ils ne savaient pas quoi dire. Nous autres, on ne leur en voulait pas, les autres, ils ne nous en voulaient pas. Mais la blonde à Rémy avait laissé un long message pas contente à mon gérant à un moment donné, parce que dans le temps, je sais pas si ça existe encore, il y avait Radioactivité, une sorte de magazine. Et comme toute compagnie normale de disques, quand tu sors un disque, ben t'achètes une page de pub. Fait qu'ils ont acheté une page de pub dans Radioactivité, qui était la première page. Pis c'était Vilain Pingouin, le groupe rock, qui vend. Elle a interprété ça comme si on disait qu'eux ne vendaient pas. Pepsi là, quand ils font des annonces ils disent que c'est le meilleur cola.
Hugo Lachance : ils ne diront pas que c'est le cola numéro deux! il y avait une rivalité mais pas malsaine j'imagine avec les parfaits salauds? j'ai trouvé la question intéressante parce que moi aussi à l'époque j'en avais entendu parler.
Michel Vaillancourt : Pas avec le band!
Rudy Caya : Pas avec le band moi quand on entend parler de la chicane entre les Parfaits salauds et les Pingouin ça peut penser à la chicane entre Montréal et Québec. “Le monde de Montréal disent ça!” Non, le monde de Montréal ne disent jamais rien sur nous autres.
Hugo Lachance : Ça prend une rivalité pour exister dans le fond.
Claude Samson : On était à La Rochelle puis on avait fait le tour des tentes médiatiques toi puis moi. Les gars étaient partis à la plage pour voir les filles pas de top.
Hugo Lachance : Je ne comprends pas pourquoi!
Michel Vaillancourt : Les monokini!
Claude Samson : Puis en tout cas, on arrive à un moment donné, le gars, le français, d’une radio française, il dit, « Alors, dernière question, qu'est-ce que vous pensez des Parfaits salauds? » Parce que les Parfaits salauds, il avaient joué à La Rochelle aussi cette année-là. « Qu'est-ce que vous pensez des Parfaits salauds? » « C'est un bon band de Montréal, du Québec, qui ont des très bons textes. » « OK, parfait. » Puis là, il arrête ça de même, puis en fermant les micros, il dit, « Ah, ben, vous êtes bien gentils, parce que c'est pas ça qu'on dit de vous autres. ».
Hugo Lachance : Ah, pas sérieux!
Claude Samson :Ben oui, on n'a pas posé de questions mais…
Hugo Lachance : Bon, écoute, on les salue quand même.
Claude Samson : Ben oui, on les salue quand même.
Hugo Lachance : Bon, est-ce qu'on écoute cet album-là? On va commencer avec « Passe-moi le Celt ». C’est une de mes chansons préférées, surtout les paroles!
*Extrait de « Passe-moi le Celt »
Hugo Lachance : C’est quoi l'histoire de cette chanson-là?
Claude Samson : J'étais chez nous, je jouais sur une guitare électrique pas branchée, il manquait la grosse corde de Mi. J'ai commencé à gosser… On trippait pas mal sur les Pogues puis les musiques Celtiques.
Rudy Caya : Un mélange de celtique et de folky rock.
Claude Samson : Je suis arrivé avec ce riff et il n'y avait pas vraiment de couplet ou de refrain, juste un thème.
Michel Vaillancourt : Il y avait pas une histoire qui nous manquait des tounes pour jouer live puis que t'avais amené ça pour remplir du temps?
Claude Samson : Ben, je sais que quand je l'ai gossé, j'avais pas rien d'autre en tête que...
Michel Vaillancourt : Parce qu'il y a pas de parole, il y a rien, ça a été fait…
Hugo Lachance : C'est tout une intro d'album, par exemple.
Rudy Caya : Oui, je pense que probablement, me connaissant, quand Claude était arrivé avec j’ai dis : ok, elle sonne bien de même pour rajouter de quoi? Il n'avait pas besoin de parole.
Hugo Lachance : C'est un statement, parce que la première toune, c'est elle qui décolle le nouvel album.
Michel Vaillancourt : C'est encore l’intro des shows aujourd’hui!
Rudy Caya : Ça commence avec ça.
Michel Vaillancourt : On a essayé plein d'autres choses. On a essayé plein d'affaires, puis on vient toujours à celle-là. C'est la toune.
Claude Samson : Aussitôt qu'on rentrait un couplet ou un autre riff, ça dénaturerait la toune. Elle s'en allait ailleurs.
Hugo Lachance : Ce qui est cool, c'est que tu reconnais Rudy, même s'il n'y a pas de paroles. Les “Hey” c’est une autre de tes signatures.
Rudy Caya : Mais ça, le « Hey » est carrément... Je m'en cache pas, de Steve Earl.
Michel Vaillancourt : Copperhead Road!
Hugo Lachance : Ah oui, OK. C'est vrai. Je dirais que c'est l'une de mes tounes préférés parce qu'il y a une des premières tunes que j'ai pogné à la guitare. Je m'en souviens quand j'ai pogné cette petite mélodie-là. Je suis comme « Oh yeah! » J’étais vraiment content.
Rudy Caya : Elle est l’fun parce qu'il y a des cordes ouvertes. Ça résonne. T'es pas obligé d'avoir un son de la mort pour qu'elle sonne bien. Parce que déjà, le fait qu'il y a des cordes ouvertes qui résonnent avec qu’est-ce que tu joues en même temps, c'est déjà un son en soi.
Hugo Lachance : Le bass-drum là-dedans, il sonne au bout. On passe à, la première vraie toune, « Le droit de chialer ».
*Extrait de « Le droit de chialer »
Hugo Lachance : Le droit de chialer “Mais j'y donne ma chemise même si c'est ma seule. J'arrête ma crise pis j'ferme ma gueule. Parce qu'on m'a dit que le droit de voter. Ben c'est aussi le droit de chialer Pis la chemise qu'ils portent y'a des bonnes chance que ce soit la mienne. J'reprends ma chemise même s'ils la veulent . Je repars ma crise pis j'm'ouvre la gueule. Parce que j'ai compris que le droit de voter, c'est aussi le droit de chialer.” Parfait ça en début d’album! Ce n'était pas le Vilain Pingouin du premier album.
Claude Samson : Oui et non mais en tout cas..
Rudy Caya : J'les renie pas, parce que je trouve que les paroles sont vraiment, vraiment bonnes dans “les belles années” et “Sous la pluie”.
Hugo Lachance : Oui, absolument.
Rudy Caya : On ressemblait plus à des tounes comme « Le droit de chialer » et là il y a de la place pour y aller des textes…
Hugo Lachance : …des textes plus forts?
Rudy Caya : Pas plus agressifs, mais oui.
Hugo Lachance : Je ne disais pas ça pour dénigrer le premier c'est juste que vous commenciez…
Michel Vaillancourt : …plus de mordant!
Hugo Lachance : Il y a du mordant, il y a du grit,
Rudy Caya : Et je commençais à avoir envie parce que dans ce temps-là le premier album quand il sortit ça marchait là ça commençait à tous les bords, tous les côtés le tiraillage politique. À l'époque, on était invités par tous les partis politiques. j'étais sympathique à certains aspects de certains partis pas vraiment à d'autres mais je voulais pas moi personnellement je voulais pas être associé à aucun parti parce que j'avais probablement l'impression et avec raison avec le recul qu'ils finissent tout par te décevoir.parce que je sais pas les partis ce qu'ils disent Puis ce qu'ils font n'est pas la même chose. Puis je voulais garder une opinion. Je me rappelle un moment donné, je ne sais pas si en quelle année, mais quand Michel Chartand s'était présenté aux élections, puis que Bernard Derome avait dit oui, mais vous n'avez pas de chance de gagner. Puis Chartand avait répondu, je trouve ça magique. “Je ne veux pas gagner, parce qu'un gouvernement est aussi bon que son opposition. Moi, je veux être en opposition”. C'est vrai. C'est vrai en esti. Quand l'opposition est d'la bouette, le gouvernement fait ce qu'il veut. Quand l'opposition fait sa job, le gouvernement est checké et il se tient. Il est toujours en train de se défendre. Une bonne opposition, c'est au moins aussi important qu'un bon gouvernement. C'est ce qu'il fait à un bon gouvernement. J'ai toujours voulu prendre de côté l'opposition. Je ne peux pas dire au monde quoi voter, mais je veux dire au monde mais ça, c'est cave. Comme ici, ouvrir un dépotoir à Blainville. C’est cave!. Là, c'est un peu l'esprit de la toune, le droit de chialer aussi.
Hugo Lachance : Autre chose à ajouter sur “Le droit de chialer”?
Michel Vaillancourt : Elle est encore très actuelle
Claude Samson : On la joue encore.
Rudy Caya : Je le mentionne aussi à ce temps-là. Dans le temps, c'était le droit de voter, c'est le droit de chialer. Je le crois encore, mais avec la vie tu dis ok mais c'est pas assez. Parce que de un, chialer donne rien. Il faut qu'il y ait des actions qui suivent pis c'est à tous les jours que tu votes oui au jour des élections il y a une feuille mais le lendemain t'as d'autres façons de voter. Comme notre bassiste Michel Bélanger qui se présente aux élections contre Pierre Poilievre. Le Parti Rhinocéros a parti ce mouvement-là. Et ils sont 200 à se présenter contre lui. Fait que quelqu'un qui veut aller voter, quelqu'un qui va voter, va avoir un bulletin de vote avec 200, quelques noms. Et Pierre Poilievre, il est dans les “P”. Fait qu’il y a beaucoup de noms avant son nom. On a été obligés d'agrandir des trous pour rentrer les bulletins. Faque Michel Bélanger va sûrement décrocher les votes de ceux qui n'ont pas le temps et qui ont changé la vie et son implication est une forme de vote.
Hugo Lachance : Oui c'est vrai c'est un commentaire aussi, excellent
Claude Samson : “Le droit de chialer” C'est aussi un des meilleurs solo que Rudy Caya a fait.
Rudy Caya : Parce que moi je le sais quand je le fais comme dans “François” il y a le punch c'est The Cure, “ Boys Don't Cry” dans ça c'est c’est Deep Purple
Hugo Lachance : c'est bon ça c'est une toune que j'aime beaucoup! On passe à, une autre que j’aime beaucoup aussi : « La mort ».
*Extrait de “La mort”
Hugo Lachance : Donc « La mort ». Un peu grunge n’est-ce pas?
Claude Samson : Oui. Pis Rodolphe, il y a un bon tremolo là-dessus.
Rudy Caya : C'est un des très bons exemples de beats de drum que les drummers ne comprennent pas parce qu'ils ne font pas ça. Ce que les drummers font, Michel, il n'était pas vraiment capable de le faire. Il fait son affaire. Il y en a qui vont jouer pendant 20 ans en espérant trouver leur son, mais Michel, il n'est pas capable d’avoir son. Il ne joue que comme lui. Toute le band est un peu comme ça. Je ne suis pas capable d'imiter les autres, je fais mes affaires à ma façon.
Hugo Lachance : Ça paraît parce que vous avez comme toutes vos influences, mais quand on écoute l'album, évidemment, on sent les influences, c'est pas un album qui part de tout bord, tout côté, c'est quand même solide, il y a comme un lien entre les tounes, donc s'imagine que tout le monde a mis sa personnalité dans l'album
Rudy Caya : Oui, puis on avait joué beaucoup, le premier album nous a permis d'arrêter de faire 30 bebel, puis de se concentrer sa musique, et on s'est amélioré beaucoup musicalement.
Michel Vaillancourt : Je me souviens qu'on pratiquait cette toune-là, puis Rudy, il m'avait dit ça prendrait comme 3 hi-hats dans cette toune-là et moi je m'étais dit « Fuck, 3 hi-hats, faut que j'achète 2 autres faut que j'achète 2 autres stands. M’a y concocter quelque chose! Pis j'étais arrivé avec *il chante un beat. Et il a dit « Hey, c'est ça » Voilà! Un hi-hat!
Hugo Lachance : Un Hi-hat, deux baguettes et un p’tit peu de syncope!
Michel Vaillancourt : Rudy me demandait des choses, 3 hi-hats, je ne peux pas avoir 3 hi-hats, mais je comprends ce qu'il veut. Il veut avoir un hi-hat prédominant et le snare sur le up. Ok, on y va avec ça.
Hugo Lachance : Le drum est très bon dans cet album-là. Il sonne tempête
Claude Samson : Il roule, il est en train de faire une progression dans la toune qui fait qu'à la fin, c'est l'apogée de la toune. Puis là, il tombe sur un 4/4. Il module dans un autre.
Hugo Lachance : Oui, exact. Ça donne une fin plus dynamique. Puis, Rudy, les paroles, “ Ta voix est bonne aussi là-dessus. Je suis la mort!
Rudy Caya : Il y a aussi… C'était aussi la fin du cancer de ma mère ; elle s'était battue pendant 4 ans. Elle est venue au dernier jour de studio et on a fait une écoute avec les familles. Cette toune était ma façon d'exorciser la mort, de la mettre en face de moi pour lui donner des claques et lui donner une dimension moins gagnante.
Hugo Lachance : Ouais, la confronter dans le fond. Faire la paix avec la mort en la confrontant un peu.
Rudy Caya : Ouais.
Hugo Lachance : Autre chose à ajouter?
Claude Samson : On la joue encore!
Hugo Lachance : On passe à...
Rudy Caya : Et la ligne de base à l'origine était basée sur La bohème.
Hugo Lachance : Ah oui, ok. Un autre type de toune!
Rudy Caya : Prends garde à toi.
Hugo Lachance : Mais la bohème, c'est *Il chante la bohème.
Rudy Caya : Mais c’est dans la bohème!
Robert Fauvel : Carmen
Rudy Caya : Carmen, c'est ça!
Hugo Lachance : Merci, Robert. Oui, on passe à « Chu tu seul à soir ».
*Extrait de « Chu tu seul à soir »
Hugo Lachance : Donc « Chu tu seul à soir » un classique,
Michel Vaillancourt : Une grosse toune. Selon plusieurs gars du band, c’est l'un de tes meilleurs textes.
Hugo Lachance : Je suis bien d'accord
Rudy Caya : Ryan, c'est sa toune préférée. Hugo, des Sainte-Catherines, c'est sa toune préférée.
Michel Vaillancourt : Une autre toune avec le drum simple.
Hugo Lachance : tu joues pour la toune c'est ça mais ça c'est un gros classique
Claude Samson : En spectacle, il est arrivé qu'on n'ait pas les arrangements et Rudy l'a faite seul avec la guitare. C'était l'une des meilleures versions que j'ai entendues.
Hugo Lachance : Me semble que j'entends pas cette toune-là sans accordéon
Rudy Caya : Moi non plus!
Hugo Lachance : En tout cas c'est des beaux moments parce que le monde doit vous chante
Rudy Caya : Ça a un côté très théâtral de chanter ça la toune tout seul. Claude a un côté très théâtral! Ça doit son côté fanfare!
Hugo Lachance : Les paroles “le gars que tu connais il n'est plus dans le miroir celui qui le remplace il n'est pas beau à voir. ton absence me fait mal, le silence me fait peur. Le destin m'a frappé quand je le regardais ailleurs. Avec mon air bête. je suis tout seul à soir” C'est vrai que c'est une bonne toune c'est solide. est-ce qu'il y a autre chose à ajouter?
Claude Samson : On la joue encore!
Hugo Lachance : On passe à Témoin
*Extrait de “Témoin”
Michel Vaillancourt : Ça, c’en était une qu'on traînait mon pis Rudy depuis Les Taches. On a décidé de la refaire avec de l'accordéon, et c'est devenu vraiment très rock.
Claude Samson : Il y avait des paroles en anglais là-dessus à l'origine ?
Hugo Lachance : Ah oui? C’était le même genre de texte?
Rudy Caya : Oui, mais c'était le même genre de texte. Il y avait « Another lonely Night » qui est devenue « Belles années », « You kill me » qui est devenue « Sous la pluie », ou « Medal for the brave » qui est devenue « Dieppe ». “Viva l’élection” je ne me rappelle plus du titre en anglais de celle-ci. Mais c'est "Hey boys and girls, it's your time to vote." Kissing Hands and Shaking Babies c'est le même genre. il y avait 5 tounes au moins qui était en anglais bien avant Te retourne pas qui était Don’t turn around
Hugo Lachance : Vous devriez faire un disque en anglais. Mais tu disais que tu avais rajouté l'accordéon ; moi je trouve que c'est vraiment ça qui en fait une toune de Pingouin.
Rudy Caya : Sans l'accordéon, c'est une bonne toune, mais elle ressemblerait à un million d'autres. L'accordéon, pour moi, ça fait... Je veux pas dire qu'on est aussi bons, là. Mais que ça... Oh! Du Led Zep!. Ou... Le genre d'affaires que tu dirais, oh, il y a personne d'autre qu'eux autres qui font ça!
Hugo Lachance : L'accordéon, pour moi, ça donne vraiment la touche Pingouin.
Claude Samson : J'ai toujours adoré les contrastes ; un de mes albums préférés était celui de Deep Purple avec l'orchestre philharmonique. J'aime passer de l'électrique à l'accordéon ou à la mandoline, car ce sont des instruments qui contrastent avec le style musical du groupe.
Hugo Lachance : Ça donne une sonorité agressive quand même.
Rudy Caya : Claude n'est pas un accordéoniste. Quand il joue de l'accordéon, tous les accordéonistes écoutent ça et se disent qu'ils n'auraient jamais fait ça. Il joue de l'accordéon comme un guitariste. Il transpose des idées de guitariste sur l'instrument, ce qui fait que c'est vraiment pas orthodoxe. Il se sert du son, mais il ne joue pas de l'accordéon de manière classique.
Hugo Lachance : C'est vraiment ça qui fait la couleur de la toune.
Claude Samson : Il y a des gens que je connais qui ne sont pas tellement des fans de Pingouin, mais qui trippent sur le heavy rock, et c'est leur chanson préférée.
Hugo Lachance : Excellent. Il n'y a pas de mauvaise toune là-dessus. Il n’y a pas de fillers.
Rudy Caya : Il y a Roche et roule qui est un peu un filler… mais pas vraiment parce que quand je l'écoute elle représente bien tout le mois qu'on avait passé…
Hugo Lachance : Parce que ça en prend des filler dans un album pour faire apprécier les autres autres tounes. C'est Alexandre Martel puis Lou-Adriane Cassidy, que j'ai reçu à mon podcast, qui disaient ça. Ils ont décidé de faire volontairement un filler sur l'album pour faire apprécier les autres tounes. Dans le cas de Roche et Roule, c'est plus une toune un peu joke ?
Michel Vaillancourt : C'est l'énergie qu'on a eue pendant toute cette session.
Rudy Caya : Quand je l'écoute après, je me dis que c'est la toune qui décrit le mieux le mois et demi qu'on venait de passer. Tu entends la bonne humeur, la communication entre les musiciens et la spontanéité. C'est peut-être la toune qui représente le mieux Vilain Pingouin à cette époque-là.
Claude Samson : Avec Festin de Pingouin peut-être?
Hugo Lachance : Ouais Festin de Pingouin c'est sûr
Rudy Caya : Oui mais on faisait plus attention. Là on se laissait aller.
Hugo Lachance : Festin de Pingouin on va en parler tantôt mais c'est vraiment une toune qui a une structure tandis que Roche et Roule c'est plus on se lâche lousse. La prochaine! Délinquance.
*Extrait de Délinquance
Hugo Lachance :Donc « Délinquance », après « Le Train », Pour moi personnellement, c'est celle qui a eu le plus d'impact.
Rudy Caya : Côté texte, je dirais que la toune qui a eu le plus d'impact et qui m'a suivi toute ma vie, c'est « Salut Salaud ». Chaque année, j'accompagne quelqu'un dans un moment difficile qui me parle de cette toune-là. Mais musicalement, il y a « Le Train », « Délinquance » et « Marche seul».
Claude Samson : Tu voulais dire « Délinquance », c'est un peu le « Le Train » de cet album-là.
Hugo Lachance : C'est une bonne façon de voir ça. Il y a « Le Train » qui est un classique intemporel, et sur cet album-là, c'est cette toune qui m'a marqué.
Michel Vaillancourt : Oui, tu as raison, mais je pense que c'est peut-être plus "p'tite vie p’tite misère" autant au niveau toune, parce que souvent, je suis en vacances, le karaoké, il y a une toune de Vilain Pingouin, c'est "petite vie".
Hugo Lachance : Ah oui, je comprends ce que tu veux dire. au niveau de la personnalité. Moi, c'est une toune qui m'a marqué. J'ai adoré ce tourne-là. C'est une toune dans son époque aussi. Grunge un peu, mais super rock. J'étais content de voir qu'au Québec,on pouvait faire du grunge et ce n’étais pas cul-cul,
Rudy Caya : Et on ne copiait pas Nirvana, et que Nirvana ne copiait pas Boston ou les Smashing Pumpkins. C'était l'époque où on entendait tout ce son-là qui brassait dans l'air.
Hugo Lachance : Ce n'est pas de la copie, c'est une toune de son époque, mais c'est vraiment du Vilain Pingouin. Elle est vraiment bien réalisée. C'est audacieux quand même.
Claude Samson : C'est cette toune-là qui a fait sauter les radios.
Hugo Lachance : Elle a une texture, un power, tout est bon : le drum, les guitares qui sonnent au bout, la manière dont Rudy chante et les propos qui seront malheureusement toujours actuels.
Rudy Caya : Je me souviens, on était à Larochelle et Rick Hayworth marchait avec nous, et Laurent Saulnier du journal Voir. Rick a dit : « Ce riff-là, je trouve que c'est le meilleur riff de guitare rock au Québec ». J'étais fier que Rick dise ça.
Hugo Lachance : Qui l'avait fait, le riff ?
Rudy Caya : C'est moi. C'est vraiment mon bout de guitare qui me rend le plus fier. J'ai fait de bons solos, mais ce riff-là, j'en suis particulièrement fier. Je me souviens très bien l'avoir composé avec ma nouvelle guitare Héritage, pendant que ma blonde me disait de venir souper. Je lui disais : J’ai pas fini! C'est la seule toune dont je me rappelle précisément le moment de la composition.
Claude Samson : Ça a été le premier single de l'album aussi.
Hugo Lachance : Ça a marché fort.
Rudy Caya : Rick avait tellement bien encadrée du début à la fin, on dirait que tout tombait en place. Les autres musiciens arrivaient et ils faisaient leur parts, c'est exactement ça,, on change rien. Et chaque gars arrivait avec sa parts et c'était parfait.
Hugo Lachance : Au niveau de la réalisation du mix et tout ça, c'est comme impeccable, cette toune là.
Rudy Caya : Glenn Robinson, c'était vraiment son style. Plus que n'importe quoi. Lui, il s'est laissé aller. Tous les musiciens, tout le monde s'est laissé aller à être le mieux qu'il peut être. Sans forcer.
Hugo Lachance : Comment ça se passe, l'enregistrement d'une toune de Vilain Pingouin en studio pour cet album-là ?
Claude Samson : On commence par la session rythmique.
Michel Vaillancourt : Moi, je travaille comme ça depuis tout le temps. Moi, c'est un drum seul avec un clic. Toutes les tounes. On l'a fait les deux. Une journée et demie.
Claude Samson : Il n'y a pas de basses, la fois?
Michel Vaillancourt : Non.
Rudy Caya : Non. Moi, je reste à côté juste pour lui donner des cue. Pis j’vais chanter les deux premiers mots du refrain, la dernière phrase avant le refrain. juste des points de repas dans la toune.
Michel Vaillancourt : Le drum, après ça la basse après ça la guitare.
Rudy Caya : après ça on met le reste dépendamment de quelle toune.
Michel Vaillancourt : on travaille encore comme ça aujourd'hui le nouvel album s'est fait comme ça
Hugo Lachance : On continue avec L’orage.
*Extrait de L’orage
Hugo Lachance : On vous entend parler au début de la toune.
Michel Vaillancourt : Ça, là, juste pour dire, j'ai fait mon ménage la semaine passée, j'ai trouvé un single, petite vie, petite misère, puis la toune 2, c'est L'orage, Elle dure 4 minutes 16. Écoute, on ne souvient pas personne d'avoir...
Rudy Caya : On voulait être sûr. On voulait être sûr que ça ne jouerait pas à la radio!
Michel Vaillancourt : L'anecdote, c'est que c'est une toune sur l'abus Il y avait une bouteille de scotch Johnny Walker ; j'ai pris la dernière gorgée et je l'ai mise sur le floor tom, j'ai fait « pink ». C'est une bouteille de Johnny Walker avec du ruban adhésif sur le floor tom.
Rudy Caya : À l'époque, notre équipe de gérants, il était trois. Un qui était vraiment plus au côté administratif, subventions. Un qui était plus gérant avec les téléphones. Puis un qui était plus d'été, en tournée avec nous autres. Notre mère genre! Puis à un moment donné, il a dérapé. Puis on l'a perdu. Il a empoché une avance qui était pour le groupe pour un show qu'on avait pas le droit de faire. Puis ça l'a mis dans le nez. Puis il a disparu. Ils ont changé les serrures Puis le jeudi, c'est comme notre mère qui nous a mis au monde, puis le vendredi, on ne l'a plus jamais revu. Puis ça nous a fait chier. Fait qu'on a fait la toune, puis on n'en voulait pas, c'est une faiblesse, il est tombé.
Michel Vaillancourt : C'est la seule toune où Rudy n'avait pas fait son texte alors que l'album était fini. Il s'est couché en dessous d'une console à Morin-Heights parce qu'il y avait un gros soleil et qu'il voulait « avoir mal », car la toune ne parle pas de bonheur. Je me rappelle, ma mère est venue visiter le studio et a demandé pourquoi mon chum était couché là !
Rudy Caya : Je m'étais installé là parce qu'ils avaient enlevé des panneaux d'aluminium ; j'étais carrément rentré dans la console comme dans un gros cercueil bizarre. Il faisait noir, il faisait chaud, et tout le monde était dehors sur le bord du lac en train de fêter. Je devais finir le texte car Glen revenait à 2h et on devait taper la toune. J'écrivais avec une chandelle car on ne voyait rien. Dans ce temps-là, on écoutait l’album Kiko de Los Lobos. Ça ressemble beaucoup c'est le même genre de swing de mouvement puis la toune s'est composée vraiment vite puis c'était juste en pensant à Bob qu'on ne verrait plus et malheureusement Bob je pense qu'il est venu à un show quelqu'un me dit qu'il avait vu en arrière mais il n'est pas venu nous parler je ne me rappelle pas pourquoi, il a eu une maladie puis il est mort, on n'a jamais pu dire comme : hey man on t'en voulait pas c'est juste 2000 piastres.
Ça arrive des affaires la même, on en connait tous un moment donné qui pars sur une chire de poudre une niaiserie de même. en tout cas! On passe à une autre toune, un autre classique de cet album là Festin de pingouin.
*Extrait de Festin de pingouin
Hugo Lachance : Donc « Festin de Pingouin », vous vous mettez dans la peau d'un vieux band de jazz ?
Rudy Caya : Comme nous autres!
Claude Samson : On écoutait beaucoup de Django Reinhardt dans ce temps-là.
Hugo Lachance : Ce qui est intéressant, ce sont les commentaires sur les membres du groupe. Je vais les lire car c’est quand même cool. “Michel jouait du balai comme la meilleure des ménagères mais lui il balayait sur sa caisse claire, un peu comme Buddy Rich, mais en moins riche et en moins beau. Mais sa batterie entrait dans son auto.” Parfait ça! “
Claude Samson : Traiter Michel de moins beau que Buddy Rich. Ce n'est pas un compliment!
Hugo Lachance : Non! C'est vraiment drôle. ”Rodolphe n'était jamais pressé, sauf peut-être des fois quand il voulait aller se coucher. Quand il lâchait sa guitare pour dire «merci» et s'en aller c'tait toujours pour aller relaxer.” “Fred était le contrebassiste mais avant tout un philosophe existentialiste. Pour divertir pendant le spectacle il faisait un peu de tir à l'arc. Essayez pas, les cordes débarquent.” C’est quoi ça?
Rudy Caya : Il était vraiment exubérant. C'est l'un des rares bassistes que j'ai vus casser plus d'une corde de basse.
Hugo Lachance : “Claude jouait de la mandoline, de l'harmonica et d'la guitare d'l'accordéon et quoi encore? Il jouait un peu comme un Django mais avec quelques doigts en trop. Il passait son temps à faire des jeux de mots.” On est comme ça, nous deux. On sait quoi faire des jeux de mots.
Rudy Caya : Quiconque écoute comme il faut, Claude, c'est le gars qui a le plus le trémolo (picking) de Django. Il a un trémolo très rapide.
Hugo Lachance : Rudy était reconnu pour ses paroles pas celles qu'il chantait mais celles qu'il oubliait pis c'est sur nous que ça retombait.
Michel Vaillancourt : Ça n'a pas changé!
Hugo Lachance : Comme un oiseau qui part et qui s'envole, sa mémoire se promenait. Qui a écrit ça ?
Michel Vaillancourt : C’est de l’autodérision!
Rudy Caya : C'est moi. Je préfère rire de moi-même, je choisis les points à attaquer et je le prends bien.
Claude Samson : Toutes ces définitions-là, ça nous ressemble tous. Ce sont des « insides ».
Rudy Caya : Oui, c'est beaucoup des insides. Claude, c'était le ramasseux. Longtemps, dans le local de Pingouin, il y avait l'horloge Moulson que Claude avait ramassé. Les deux disques de gyproc là c’est Claude qui les as fait.
Hugo Lachance : C’est très drôle!
Rudy Caya : Il ramassait et n'importe qui qui m'appelle et qui me demande : as-tu des photos? Demande à Claude!
Michel Vaillancourt : Moi, c'était le running gag quand on faisait un show et c'était compliqué à la fin. Mon drum, il rentre dans mon auto. C'est ça. Il rentre dans mon auto!
Hugo Lachance : Tu as la froc de la compilation?
Michel Vaillancourt : Oui. La veste de cuir.
Hugo Lachance : C'est vraiment un petit musée ici. on va prendre des photos tantôt et on va faire défiler une couple d'affaires. Donc, oui, c'est une super bonne toune. Oui. Vraiment, vraiment cool.
Claude Samson : On ne peut plus la faire parce que ce n'est pas tous les membres qui sont là.
Hugo Lachance : Oui. Mais quand même, c'est vraiment une bonne idée de mettre ça là-dessus parce que ça casse justement le côté lourd de l'album. Ça humanise un peu la patente. La prochaine : « Te retourne pas ».
*Extrait de Te retourne pas
Claude Samson : C’est une toune qu’on fait encore live mais elle a changée et j’aurais aimé l’entendre un peu plus pour voir comment on la fesait dans l’temps.
Hugo Lachance : On peut la remettre!
*Suite de Te retourne pas
Rudy Caya : C'est la plus vieille toune des Pingouins. Je l'avais composée quand j'avais 16 ans, elle était métal. On avait enregistré quatre tounes métal pour un concours à CHOM FM. Puis, le gars du studio où j'avais enregistré la toune m'a rappelé comme 2 ans après. Il me dit, « Hey, ça et tente-tu de partir un band Les Taches? » J'ai dit, « OK. » Ça a été vraiment le point de départ. Puis, c'était vraiment métal. Don't turn around, don't ask any questions, there aren't any answers for you, you.
Hugo Lachance : Est-ce que tu as encore les enregistrements?
Oui, affirmatif. Moi, j'ai ça sur cassette, puis je me suis acheté un cassette player.
Rudy Caya : En anglais?
Michel Vaillancourt : Oui, je t'ai fait écouter. Ben oui Rudy, je l'ai ai dans mon bureau, mon gars. J'ai la cassette avec Te retourne pas, avec Les belles années, puis avec... J’en ai trois.
Hugo Lachance : Tu m'enverras ça,, on en mettra des extraits.
Michel Vaillancourt : Ah, je ferais te l'envoyer.
Rudy Caya : C'est pas très bon.
Hugo Lachance : C'est pas très cool, ça. « Je regarde dans tes yeux, et tout ce que je vois c'est folie. Et je dois essayer d'y pénétrer. Toi, tu deviens fou et tu essaies d'en finir. Un dernier regard avant de repartir mais j'te dis: Te retourne pas. J'ai plein de questions, mais pas de réponses pour toi. » Ce sont de belles paroles.
Rudy Caya : Je l'avais composée en réaction à mes cours de psychologie qui m'avaient vraiment déçu à l'époque. J'aimais la psycho comme telle, mais quand j'ai étudié en psycho, j'ai vu tout ce qu'il y avait avec ça. Ça m'avait comme... Non.
Hugo Lachance : OK. Wow. Moi, c'est une toune que j'ai appris à redécouvrir avec le podcast. Un autre grand, grand, grand classique. P'tite vie, p'tite misère.
*Extrait de P'tite vie, p'tite misère
Rudy Caya : C’est toi qui fait l’accordéon là-dessus non?
Claude Samson : Oui. C’est mon accordéon en tout cas.
Rudy Caya : Oui. Je l'avais faite parce que Claude s'était beaucoup amélioré à l'accordéon et pouvait donner ce riff-là. C'est son riff le plus « accordéoniste », car normalement il fait plus de la rythmique. On a suivi une structure un peu cajun. Comme il y avait la capacité de faire un cajun un peu, la toune a tout de suite pris ce genre, puis MIchel, c'est son beat naturel. Avec la frappe. Elle a été très, très facile à monter ça.
Hugo Lachance : C'est un cajun, on suit la structure, puis le refrain est super bon.
Rudy Caya : Mais c'est aussi un style que chaque gars maîtrisait naturellement déjà très bien.
Hugo Lachance : Mais c'est rendu une des tonnes, je me disais, une des plus populaires des pingouins.
Claude Samson : C’est vrai ce que Michel disait tantôt. Avec Le train, c’est la toune qui est dans tous les karaokés.
Michel Vaillancourt : Je l'ai même entendue en Jamaïque l'année passée ! Heille c’est ma toune! Ya man, ya man!
Hugo Lachance : Pour les paroles « C'est quand meme drole il parait qu'on gagne sa vie. Mais moi j'ai rien gagné, je l'ai travaillée. Pis si jamais un jour j'me rends au paradis, j'veux travailler aux admissions pis mon boss va brûler… P'tite vie p'tite misère. Qu'esse que j'vais faire? J'suis pris dans l'bas de l'échelle de votre tour de Babel ».
Rudy Caya : Oui, je travaillais chez Sears, puis comme tout gars qui n'aime pas sa job, qui n'aime pas son boss, je ventile!
Hugo Lachance : Ah oui, mais tu vois, Sears, ça n'existe plus. La Baie non plus. Tu vois là. T'as tout détruit, Rudy Caya! Fait que oui, P’tite visite, P’tite misère, un grand classique. Il y avait un bon vidéoclip. Ça fait longtemps que je n'ai pas écouté, par exemple.
Michel Vaillancourt : À l'usine d'épuration d'eau à Verdun. Point-saint-charles, dans ce coin-là, je pense.. Très cool, le clip.
Hugo Lachance : Je me souviens plus du clip, mais je me rappelle qu'il était cool.
Rudy Caya : C'est un rappel inspiré de... Les Temps Modernes de Chaplin Et Métropolis de… Je ne me souviens plus.
*Extrait de Le bleu du papier blanc
Hugo Lachance : “Le bleu du papier blanc” Oui, ça m'a fait triper cette toune-là parce que ça a été une des premières que j'ai entendues qui parlent du syndrome de la page blanche. Il y en a plein, des tounes, qui existent. Mais ton texte, je me rappelle, moi je suis né en 75, je me rappelle que ce texte-là m'avait impressionné.
Claude Samson : Oui. L'allongement est impressionnant aussi. Le trombone, c'est un instrument que je préfère. Un des instruments que je préfère.
Hugo Lachance : C'est quand même pas audacieux, mais différent, disons.
Rudy Caya : Mettre Délinquance pis ça, c'est pas c'est pas garanti que le monde va aimer les deux, y'en a qui vont aimer une qui vont haïr l'autre.
Hugo Lachance : Mais ton texte est super fort aussi
Rudy Caya : Je me rappelle un moment donné, quand j'ai dit un moment donné je fais des chansons d'amour, le flash que j'avais eu c'est qu'on a fait un show un moment donné je sais pas pourquoi mais c'est une affaire d'industrie pis on était sur le stage pis on faisait notre show pis y'a plein de monde, All Eyes On You, pis là Roch Voisine est rentré pis là : On s’en câlice de Vilain Pingouin! pis on était en train de jouer!
Michel Vaillancourt : On était sur un tapis rouge à Québec. Les journalistes étaient tous après nous, puis ils nous ont lâchés d'un coup parce que Roch Voisine arrivait.
Rudy Caya : C'était un petit « jab » à l'industrie.
Claude Samson : À ceux qui gagnent leur vie à coups de millions en faisant des tounes prévisibles. Il fut un temps où on jouait cette toune-là en... Il y a très longtemps. On faisait cette toune-là à la fin du show, après le rappel les lumières allumées. Pis là les gens venaient vider le stock. On était assis sur les road cases.
Hugo Lachance : L'image du concierge qui passe le balais…
Claude Samson : Ouais, c'est exactement ça.
Michel Vaillancourt : Oui, après Rock le lait.
Hugo Lachance : Roche et roule
*Extrait de Roche et roule
Claude Samson : C'est un « one take », on n'a rien touché.
Hugo Lachance : Pas pire ton piano quand même!
Rudy Caya : Ça fait penser à un vieux son. J’avais trouvé les cinq notes qui marchaient! On entend Fred qui scat.
Michel Vaillancourt : L'album était fini et on s'est tous retrouvés autour du piano à queue dans la grande salle du Studio Morin-Heights. Le chien à Rudy était là, le chien de Rick, on s’est mis à jammer. Quelqu'un a pesé sur « record ».
Claude Samson : Rudy a joué un couple de notes au piano. Fred a sorti sa contrebasse et on a joué.
Hugo Lachance : C’est l’fun ces affaires-là. C'est un instant qu'on ne pourrait pas reproduire,
Rudy Caya : Et on ne l'a jamais jouée live.
Hugo Lachance : On a passé à travers l'album ! on va finir par un petit segment rafale des questions un peu plus rapides. Votre top 3 de l’album Roche et roule?
Claude Samson : c'est sûr que je suis capable d'écouter les tounes à des moments différents ça va être la meilleure tounes à ce moment-là
Hugo Lachance : Ok alors. Voici ce qu'on va faire si vous avez une toune à faire écouter qui représente le mieux l'album à quelqu'un, ce serait laquelle?
Claude Samson : Délinquance
Michel Vaillancourt : Moi j'irais avec « Délinquance ».
Rudy Caya : Pour d'autres raison, ce serait « P'tite vie, p'tite misère » ou « Témoin ». « Témoin », c'est le band tout nu, c'est audacieux. « P'tite vie », c'est le fun spontané. “Témoins” c’'est le band tout nu. Moi, j'écoute P’tite Vie, il n'y a aucun apparât, il n'y a rien. Non, je lui mets deux instruments, puis il dit go, Puis spontanément, ils vont jouer la toune comme ça. C'est tellement audacieux et il n'y avait pas grand groupe qui faisait ça.
Hugo Lachance : Non, mais c'est varié aussi. Fait que tu sais, ça guide les gens vers différentes...
Rudy Caya : La slide dans L’orage. Pour moi, ça fait vraiment legit.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui fait de cet album un classique ?
Rudy Caya : Ce qui fait qu'il est un classique, c'est le monde. J'ai fait des tounes crissement bonnes qui n'ont pas pognée. Et ça reste des tounes crissement bonnes mais pas des classiques. Les tounes qui sont devenues des classiques, c'est parce que le monde a mis leur vie dessus. Puis ils représentent leurs souvenirs.
Hugo Lachance : Comme tu disais tantôt, avec Salut Salaud, les gens qui te contactent, ils vivent des moments difficile
Rudy Caya : Le train, là, toutes mes tounes, après 15 fois, t'as l'excitation d'avoir une nouvelle toune, l'excitation quand c'est meilleur à chaque fois que t'as joué tout le monde, à un moment donné, il y a un plateau, pis c'est plus l’fun. Fait que le fun que j'ai à jouer, pis j'ai encore beaucoup de fun à jouer Le train live, mais mon fun est pas de la jouer et de voir la face du monde et de voir leurs souvenirs dans leur face, leur première blonde, leur premier char, c'est de voir la vie de tout le monde. C’est à eux-autres la toune.
Hugo Lachance : La meilleure toune de cet album?
Claude Samson : Sur 12 tounes, on en joue 8 sur cet album! On fait quoi? 20 tounes en show?
Hugo Lachance : P’tite vie, p’tite misère ça doit marcher fort en show non?
Claude Samson : P’tite vie, p’tite misère ça marche! La mort, j'adore jouer cette toune-là en spectacle.
Rudy Caya : Elle est très théâtrale, je peux me laisser, un peu à la Nine Inch Nail un
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui vieillit bien et qu'est-ce qui vieillit mal dans cet album-là?
Rudy Caya : Je trouve que tout vieillit bien. Vilain Pingouin, on vieillit bien! Je regarde nos anciens vidéos et pour l'époque je regarde des vidéos des B.B. ou n'importe qui d'autre et nos clips, oui, je vois qu'ils sont dans les années 90, mais ils sont pas dans un côté négatif.
Hugo Lachance : Je suis d'accord avec toi.
Rudy Caya : Ça pourrait être fait maintenant, avec quelques tweekings, mais même le linge qu'on portait…
Hugo Lachance : Non, ça marche pour vrai. T'as raison sur cet aspect-là.
Rudy Caya : On n'a jamais été l'artiste de l'heure, mais on n'a jamais été passé date non plus.
Hugo Lachance : S'il y avait une toune enlevée sur l'album? La toune mal-aimée là-dessus ou s'il y avait une toune à retirer, ce serait laquelle?
Claude Samson : Je n'en vois pas, mais c'est sûr qu'il y a des tounes comme le Festin Pingouin, comme il y a des membres qui ne sont plus là, qui sont moins d'actualité. Mais c'est une bonne tonne pareille.
Hugo Lachance : Aucune toune à retirer là-dessus? J'avoue que c'est difficile.
Michel Vaillancourt : Quand c'est bon, on ne touche pas à ça!
Hugo Lachance : C'est bon ça. Où est-ce qu'on peut se procurer cet album-là? Sur les plateformes, Bandcamp, pour les trucs comme ça?
Claude Samson : Oui, sûrement, mais en physique, là.
Michel Vaillancourt : En vinyle, il n'y en a pas parce qu'ils ont été numérotés de 1 à 1 000. Moi, j'ai la copie 35.
Rudy Caya : Les deux premiers sont sortis numérotés et ils ne se ressortiront pas pour ne pas baisser leur valeur. Peut-être qu'à un moment, ils vont avoir une sorte de réédition bien modifiée.
Michel Vaillancourt : Moi, j'en ai deux, donc je suis tout ouvert.
Hugo Lachance : Moi, ça m'intéresse.
Michel Vaillancourt : Il faut que je paie mes taxes!
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui s’en vient pour Vilain Pingouin? C'est le temps.-là!
Rudy Caya : Notre dernier EP, la trilogie des coups, qui sort le 12. On a deux tounes de fini. On en fait une le mardi prochain. On travaille la troisième et on finit l'album. On espère une version extra de Passe-moi le celt. Une instrumentale.
Michel Vaillancourt : Passe-moi le poivre.
Rudy Caya : Ça va être encore un... une sorte de tournure naturelle.
Hugo Lachance : On a terminé, les gars!
Claude Samson : Ben, c'était le fun!
Hugo Lachance : Merci. Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Michel Vaillancourt : Merci tout le monde!
Hugo Lachance : Je vous remercie les auditeurs. N'oubliez pas d'aller vous abonner sur Instagram. Vous connaissez la poutine Facebook, BlueSky. Merci Robert Fauvel pour d'avoir veillé aux caméras. Rudy Caya, Claude Samson, Michel Vaillancourt, merci beaucoup de votre présence. Puis on se retrouve pour un autre épisode de l'album Podcast. Yeah!