Transcription de l'épisode avec Vulgaires Machins : Contempler l'abîme

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance

Nous sommes le 5 novembre 2025, en provenance de la salle des tortues à Montréal. Aujourd'hui, je reçois un groupe qui n'a de vulgaire que la machine qui critique et questionne depuis bientôt 30 ans : je reçois les Vulgaires Machins à L'Album Podcast. Bonjour à tous !

Avant de vous présenter dignement mes invités, je tiens à remercier Véronique Lambert pour commanditer cet épisode, parce que présentement on est à la salle des tortues. Alors, si vous avez besoin d'un vidéo corporatif, humour, musique, tutoriel, n'importe quoi, ben Véro va vous attendre à la salle des tortues. C'est un studio écran vert tout équipé, donc cherchez la salle des tortues sur les réseaux sociaux et vous pourrez entrer en contact avec Véro. Merci beaucoup.

Cet épisode est aussi commandité et présenté par la microbrasserie L’HOPÉRA. C'est une microbrasserie qui œuvre à Jonquière, au Saguenay. Ils ont un restaurant-bar, mais aussi une usine en plein cœur du parc industriel à Jonquière où il y a un joli petit pub qui s'appelle La Shop. Vlad va vous recevoir avec son équipe pour goûter les différents produits. Alors merci beaucoup à Vlad et son équipe pour la commandite.

Si vous désirez soutenir le podcast, vous aimez le travail que je fais, alors vous pouvez faire un don via PayPal, soit un don spontané ou un don par mois. Vous pouvez cliquer dans le lien dans la description ou vous rendre à lalbumpodcast.ca, ça ferait énormément plaisir. Je tiens à remercier aussi les nouveaux abonnés, merci de soutenir le podcast par votre présence. Donc abonnez-vous : YouTube, Instagram, etc. Vous connaissez la poutine ! Alors merci à tous ceux et celles qui se sont abonnés et ceux qui nous suivent. Les Vulgaires Machins, bonjour !

Guillaume Beauregard

Allô !

Marie-Ève Roy

Bonjour Hugo !

Hugo Lachance

Méchante intro ! Je devrais tout préenregistrer ça, mais je suis comme ça, moi. Ben, bienvenue à L'Album Podcast.

Marie-Ève Roy

Merci de l'invitation.

Hugo Lachance

Ça, c'est vraiment cool. Je pense qu'on va passer un bon moment. Donc, je pose la même question que j'ai posée au groupe B.A.R.F. que j'ai reçu il n'y a pas longtemps — allez écouter l'épisode, c'est très bon. C'est votre 30e anniversaire bientôt. Avez-vous prévu des événements spéciaux pour votre 30e anniversaire ?

Guillaume Beauregard

Non, on n'a rien prévu. Je pense qu'on va peut-être aller souper ensemble, hein ?

Marie-Ève Roy

Moi j'ai pensé qu'on pourrait aller souper.

Guillaume Beauregard

Ben, en janvier là...

Hugo Lachance

Où est-ce que tu amènerais le groupe souper ?

Marie-Ève Roy

Ben, on fait ça là, on a commencé ça dernièrement. On se fait des soupers des fois de groupe juste parce que, quand on se voit juste dans les répètes ou dans les shows, c'est pour le travail. Mais ça fait du bien d'aller prendre une soirée une fois de temps en temps juste le band.

Hugo Lachance

C'est une bonne activité pour parler du travail et d'autre chose.

Guillaume Beauregard

On se met à jour, mettons.

Hugo Lachance

Écoute, je vais vous présenter individuellement. Je pose toujours les mêmes cinq ou six questions à chaque personne pour mettre tout le monde un peu sur un même dénominateur, puis montrer qu'on part toujours de quelque part. Alors je vais commencer avec Guillaume. Tiens, tu es un petit gars de où, toi ?

Guillaume Beauregard

Un petit gars de Granby.

Hugo Lachance

Oh yeah ! Super. Puis ton album d'enfance ? Ça, c'est cool, vous avez le temps d'y penser vous deux là. Le plus loin dont tu te souviennes ?

Guillaume Beauregard

Le plus loin que je me souvienne, en tout cas certainement le plus marquant : Thriller de Michael Jackson. C'est le premier vinyle que mes parents m'ont acheté à ma demande. C'est ma première possession en musique. Avant ça, ben j'ai dû écouter Rock et Belles Oreilles.

Hugo Lachance

Ouais, c'est sûr. Avant ça, Passe-Partout.

Guillaume Beauregard

Passe-Partout... oui, oui, j'ai écouté Passe-Partout. On danse dans ces zones-là. J'ai beaucoup trippé sur Debbie Gibson aussi.

Marie-Ève Roy

Ah ouais ? Electric Youth ?

Guillaume Beauregard

OK, ah ouais, OK.

Hugo Lachance

J'avoue que ça a eu son impact quand c'est sorti. Mais on a à peu près le même âge. Bonne question : 50, toi ?

Guillaume Beauregard


Hugo Lachance

47, bon, c'est ça, à peu près la même génération. Ton album d'adolescence ? L'album formateur ?

Guillaume Beauregard

Possiblement Generator de Bad Religion. Ça a été quand même très marquant, ado. Il y en a eu beaucoup là, je ne veux pas m'éterniser, mais Eric's Trip ont été bien importants. Pas tant Nirvana... un peu, mais pas autant qu'Eric's Trip. Puis Bad Religion, NoFX...

Hugo Lachance

Bah oui, OK, cool. Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?

Guillaume Beauregard

Radio-Canada, c'était fort. C'est fort ça, dans le char, ça parlait. Mes parents écoutaient beaucoup de musique québécoise : Charlebois, ils écoutaient du Diane Tell, ils écoutaient le Boléro de Ravel...

Hugo Lachance

Le Boléro de Ravel ! Michel Rivard ?

Guillaume Beauregard

Ah ouais, OK, ben oui. Puis le Boléro de Ravel, j'avoue que moi aussi ça m'a marqué. Ils mettaient tout le temps ça le samedi. On dirait que tout le monde l'a eu parce que là, vous êtes évidemment deux frères, donc un peu les questions qui se répètent. Mais j'avoue que le Boléro de Ravel, on l'avait je pense en vinyle, ça a été comme la grosse affaire.

Guillaume Beauregard

Ah, ben c'était Charles Dutoit qui l'avait fait, je pense, à la fin. En tout cas, bref.

Hugo Lachance

Et puis, à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?

Guillaume Beauregard

Les premiers sentiments de cet ordre-là doivent dater de l'époque de Vilain Pingouin. Jean Leloup, la salle, l'affaire... je commençais déjà à réaliser que la musique allait jouer un rôle important dans ma vie. Mais le moment précis où je me suis dit « c'est ça que je fais dans la vie, de la musique », je pense que c'est avec Generator de Bad Religion.

Hugo Lachance

Super. Puis ton premier instrument ?

Guillaume Beauregard

Guitare.

Hugo Lachance

Guitare, OK. Merci. Marie ! Oui, fille de où ?

Marie-Ève Roy

Granby !

Hugo Lachance

Mais oui ! L'orgueil de Granby. Ouais, j'ai hâte de savoir il vient de où Max. Ouais, c'est ça, on garde le punch pour la fin, restez à l'écoute. Ouais, c'est ça, mais ton album d'enfance ?

Marie-Ève Roy

Mon album d'enfance... ben effectivement, Passe-Partout. J'avais le vinyle. Mon album... non, je me rappelle être assise devant la table tournante, Passe-Partout, voir Nathalie Simard. Ah ouais ? Oui, la Danse des canards, de regarder toutes ses affaires en arrière, de fantasmer sur sa robe, son ensemble, tout ! J'ai vraiment écouté ça.

Hugo Lachance

OK. Je pense que c'est ça. À l'adolescence, ton album ou tes albums marquants ?

Marie-Ève Roy

Je pense que mes premiers albums marquants... tu sais, on écoute souvent la musique de notre grand frère. Fait que moi je suis tombée dans mes premiers bands, ça a été The Tragically Hip et R.E.M. que j'ai écoutés énormément.

Hugo Lachance

OK, cool. Au début de l'adolescence ?

Marie-Ève Roy

Ouais.

Hugo Lachance

Ton petit côté punk, il vient d'où, lui ?

Marie-Ève Roy

Mon côté punk, c'est plus vers la fin. Vers 17 ans, quand on s'est rencontrés au secondaire, à écouter Green Day, NoFX...

Hugo Lachance

OK, parfait, cool. Ouais, ça c'est bon.

Marie-Ève Roy

The Breeders...

Hugo Lachance

Ouais, ça revient un peu ça. Puis qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?

Marie-Ève Roy

Céline Dion, Martine St-Clair...

Guillaume Beauregard

François... c'est quoi celui qui chantait souvent ?

Marie-Ève Roy

« Je pense à vous Madame » ?

Hugo Lachance

Claude François ? Ils n'écoutaient pas ça, non.

Guillaume Beauregard

Claude Barzotti !

Hugo Lachance

Ah, Barzotti ! OK. Ça n'a pas changé, hein, finalement ?

Marie-Ève Roy

C'est pas vrai, elle écoute plein d'affaires ! C'est bon.

Hugo Lachance

Puis, c'est ça, à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale ?

Marie-Ève Roy

Quand j'étais jeune là, je chantais tout le temps devant le miroir avec mon micro, puis à un moment donné j'ai pris des cours de chant. Puis je pense que c'est là. Puis à un moment donné j'ai demandé une guitare à Noël.

Hugo Lachance

Fait que ça a été ton premier instrument, la guitare ?

Marie-Ève Roy

Ouais, la guitare, mon premier instrument.

Hugo Lachance

Maxime, oui. Maxime, tu es un gars de... C'est le temps de le dire, le suspense est fini.

Maxime Beauregard

Oh mon Dieu ! Spécial Granby !

Hugo Lachance

Ben on dirait... c'est drôle, on ne savait pas ! Ton album d'enfance ? Toi, tu es plus jeune, plus vieux ?

Maxime Beauregard

Plus vieux.

Hugo Lachance

Plus vieux, OK.

Maxime Beauregard

Mon album d'enfance, je me souviens, j'avais demandé un vinyle de Culture Club. Ah ouais ? Ouais, ça a été le premier album cool. Ça sonnait là, cette affaire-là.

Hugo Lachance

Bah oui ! Mais écoute, c'était partout, MusiquePlus... on l'entendait constamment. C'était bon.

Maxime Beauregard

Ouais. Puis mon album d'adolescence... secondaire 1, je me souviens : Led Zeppelin I et II. Puis là j'étais vraiment... le Zep, c'était comme...

Hugo Lachance

Puis est-ce que tu étais dans le même char que Guillaume ou... ?

Maxime Beauregard

Mais dans le char là, je pense que mes parents, il y avait à l'époque juste les cassettes, puis ils ne mettaient pas de cassettes dans l'auto. C'est pour ça que je parlais de Radio-Canada, moi dans ma tête ça parlait dans le char.

Hugo Lachance

OK, ouais. Parce que dans le char de mes parents, c'était comme s'il y avait des cassettes : c'était Gerry Boulet, c'était Marjo, c'était Beau Dommage. Ils écoutaient des vinyles chez nous, dans le char... non, OK, OK. Ils n'étaient pas rendus là. OK, cool. Puis à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale ?

Maxime Beauregard

Ben, au secondaire là, 15-16 ans. J'avais beaucoup d'amis qui jouaient de la musique puis on avait un espace à Granby, il y avait plein de locaux. Fait que je ne sais pas, ça me faisait tripper. Mais j'ai troqué la raquette de tennis pour le air guitar. Je pense que c'est là que ça s'est mis en place. Mais j'ai flanché le air guitar pour le air bass.

Hugo Lachance

OK. Puis l'autre question : est-ce que c'est parce que Guillaume jouait de la guitare que tu jouais de la basse ?

Maxime Beauregard

Non, non. C'était plutôt moi qui jouais de la guitare parce que j'ai commencé un petit peu avant Guillaume. Mais Guillaume, parallèlement, il faisait ses affaires avec ses amis. On n'était pas tant chums. Puis à un moment donné, on a eu un band avec mon meilleur ami, puis le batteur c'était Yannick, le premier batteur d'ailleurs des enregistrements avec les Vulgaires. On avait joué ensemble, mais ça a été un petit peu plus tard qu'on a commencé à jouer pour vrai ensemble, les Vulgaires.

Guillaume Beauregard

Max n'a pas l'air de se souvenir, mais moi je me souviens qu'il y avait bien des affaires que je trouvais challengeantes à écouter qu'il ramenait à la maison. C'était sa gang, ils écoutaient D.O.A., ça m'a marqué. Dead Kennedys... On était un peu avant le punk rock californien entre guillemets là. C'était ce qu'on avait trouvé de plus « heavy » qui était quand même mélodique.

Maxime Beauregard

Ben, j'appartiens un peu à ça nous aussi. On a découvert par hasard D.O.A., Aborted... Puis ça, ça a été un gros, gros, gros, gros choc.

Hugo Lachance

Ouais, c'était quand même accrocheur.

Maxime Beauregard

Oui, c'était du bon trash. Puis la scène de Seattle aussi m'a donné, un petit peu plus tard.

Guillaume Beauregard

Ouais, c'est plus tard, ouais. Quand Nirvana est à Paris, on découvre un peu.

Hugo Lachance

Fait qu'on est ici dans le fond pour parler évidemment de votre nouvel album, on va en parler un petit peu plus tard. On est là aussi pour célébrer, souligner votre 30e anniversaire. Bon, je prends de l'avance, pas tout de suite, pas tout de suite ! J'ai hâte de venir au podcast : « Waouh, des vieux ! ». On pourrait se rendre, hein ?

Marie-Ève Roy

Si on se tient en forme, on pourrait se rendre à 100 ans.

Guillaume Beauregard

Ouais, ouais, on va se faire cryogéniser !

Hugo Lachance

SEGMENT : Présentation de l’artiste

Hugo Lachance

Afin de mieux connaître l'histoire du groupe, j'essaie de faire un peu différent des séries de podcasts que vous avez faits, du livre et puis tout ce qui entoure le groupe. Fait que j'ai consulté Wikipédia, « Vulgaires Machins ». Ça va être édifiant, j'ai l'impression ! On va apprendre des affaires sur nous-mêmes. C'est tout le temps drôle de challenger Wikipédia. Non, j'ai fouillé pas mal, vous allez voir. Donc, un extrait de Wikipédia : « Vulgaires Machins, parfois raccourci en Vulgaires et abrégé VM, est un groupe de punk rock canadien originaire de Granby au Québec. Tout commence au milieu des années 90 à l'école secondaire où Guillaume et Marie-Ève, âgés de 17 ans, décident de créer le groupe qui dénonce la société de consommation, le capitalisme et le monde qui les entoure. » Et le monde qui les entoure, c'est vrai que c'est large, hein ? C'est quoi l'histoire du groupe là ? Racontez-nous-le.

Marie-Ève Roy

On a tout commencé en même temps. En fait, c'est qu'on s'est rencontrés au secondaire. Moi j'avais commencé un peu à faire des shows de midi avec une amie à guitare sèche puis... Je pense qu'on a fait... en fait, c'est que tu m'as demandé là, pour jouer dans ton band avec Yannick puis Raphaël...

Guillaume Beauregard

Ouais, Raphaël Paris.

Marie-Ève Roy

Puis là on s'est mis à... c'est là qu'on s'est rencontrés. Puis tu sais, j'avais même pas de guitare électrique. Fait qu'il venait avec moi, on est allés chez Monsieur Guitare. J'ai acheté un ampli... La Fender, Squier...

Guillaume Beauregard

Ah, La Fender de ça ! J'étais allé avec mon frère, on était descendus à Montréal, on avait acheté un Traynor, hein ?

Maxime Beauregard

Ouais, on avait acheté le...

Guillaume Beauregard

Que tu as encore ?

Maxime Beauregard

Que j'ai... que j'ai modifié puis avec lequel je joue aujourd'hui.

Hugo Lachance

Il y a des photos dans le livre de ça ?

Guillaume Beauregard

Ouais.

Hugo Lachance

Quand je fais référence au livre, je fais référence au livre Vulgaires Machins écrit par Félix B. Desfossés. On salue d'ailleurs, on aime ça saluer du monde à L'Album Podcast. OK, c'est quoi ? C'est venu comme ça là ? Une idée de jouer avec des chums ?

Marie-Ève Roy

Puis on s'est mis à descendre à Saint-Alphonse puis pratiquer dans une grange. C'était... on n'a jamais fait de show avec ce band-là.

Guillaume Beauregard

Non, on faisait des covers surtout. Je me souviens qu'on jouait du Ramones, on jouait du Green Day, un peu du Nirvana. C'était vraiment une activité pour chasser l'ennui là, il me semble, au début, début. C'était ça.

Marie-Ève Roy

Parce qu'on venait juste de se connaître, on n'était pas encore amis tant que ça.

Hugo Lachance

Dans le fond, c'est au secondaire là : tu te retrouves dans une gang, puis là toi tu joues de la musique ? Ah, on essaye de jouer de la musique. C'était vraiment ça ?

Guillaume Beauregard

Exact, ouais.

Hugo Lachance

C'est un peu mon parcours aussi là, des chums puis essayer de quoi là, mettons.

Marie-Ève Roy

Puis ça, ça a duré quelques mois, je pense. Puis à un moment donné, les gars nous ont mis dehors, ou je ne sais pas trop.

Hugo Lachance

On dit ça ? Mais est-ce que c'est vraiment ça qui s'est passé ?

Guillaume Beauregard

Je me souviens qu'on avait un local à la Régie puis le local ne se payait pas. Il y a juste un membre dans le groupe, Raphaël, qui avait une job puis il se retrouvait à payer tout seul le loyer chaque mois. À un moment donné, il s'est tanné puis il a quitté le local.

Marie-Ève Roy

Ouais, ben oui. Puis après ça, on avait envie de continuer. Puis c'est là que tu as demandé à ton frère ?

Guillaume Beauregard

C'est là que tu as demandé à Max...

Maxime Beauregard

Ben, moi je me souviens très bien que j'étais à la maison puis Guillaume m'a appelé. Il était dans une cabine téléphonique à J.-H. Leclerc, c'est notre école secondaire.

Guillaume Beauregard

J'avais appelé Maxi.

Maxime Beauregard

« J'ai trouvé un batteur, on pourrait se partir un band là ! J'ai un batteur ! ». C'était comme... tu sais, le batteur c'est comme tout le temps : qui va jouer du drum ? Il n'y en a pas beaucoup. C'était Mathieu Lecours là.

Guillaume Beauregard

Mathieu Lecours, tu sais, je le gardais. Il est 4 ans plus jeune que moi mais tu sais, je l'avais gardé une fois. C'est notre voisin, Mathieu Lecours. C'est encore un grand chum.

Maxime Beauregard

Très, très proche. On se voit encore beaucoup régulièrement, on fait de la musique ensemble avec Speed Massacre entre autres. Mais Mathieu et moi on était des amis à 1 an et 2 ans. On a un un an de différence puis on a des photos ensemble, on est tout petits, on a 1 an et 2 ans dans le carré de sable. C'est pour ça que j'étais surpris... les autres, ils avaient déménagé dans un autre quartier en ville. On a 4 ans de différence, fait qu'on ne se voyait pas. On avait deux écoles secondaires, nous autres. J'étais tout en transition. J'étais jamais à l'école avec Guillaume puis Marie parce qu'ils étaient plus jeunes que moi. Fait que là finalement, c'est là que Guillaume m'a dit « on pourrait jouer, Marie va être là ». Là je savais Marie... je savais, c'est la petite sœur de Yannick. Il y a un monde, tu sais, le monde est petit quand même !

Hugo Lachance

Ben j'avoue quand même ! Tu sais, quand tu as 4 ans de plus vieux...

Maxime Beauregard

Ouais, c'est loin à cet âge-là. Moi j'étais... j'avais fini le secondaire.

Hugo Lachance

C'est 17-21, c'est ça. Vous, en secondaire 5 ?

Marie-Ève Roy

Ouais.

Maxime Beauregard

Fait que finalement, il dit « Marie joue de la guitte tout ». OK, pas de trouble. Mais je me rappelle que tu me l'avais demandé à... tu sais, je me rappelle vraiment là, en bas des marches à l'école sur l'heure du midi.

Hugo Lachance

Fait que tu as fait comme : « Toi, tu veux-tu ? ». Tu es allé appeler ton frère : « Toi, tu veux-tu ? ». Tu étais proactif !

Guillaume Beauregard

J'étais proactif puis j'avais le numéro de Max, ouais, facile.

Hugo Lachance

Mais tant mieux ça parce que tu aurais pu demander à Raf de jouer de la basse, il jouait de la basse.

Guillaume Beauregard

Ouais, mais je pense que c'était la période dans notre vie où je prenais conscience que mon frère pouvait être autre chose que mon grand frère. J'avais beaucoup de choses à lui prouver. C'est un modèle, c'est un héros aussi dans une certaine mesure. Puis je pense que le fait d'avoir cette initiative-là de partir un band puis de demander à Max de jouer de la basse, c'était un premier choix là. Ce n'était pas « ah, je vais demander à mon frère », c'était parce que c'était une façon de consciemment et inconsciemment de concrétiser quelque chose. On commençait à bien s'entendre là puis à se rendre compte qu'on avait plein d'atomes crochus finalement.

Hugo Lachance

C'est cool. On va continuer le groupe avec Wikipédia toujours : « Le groupe avoue que s'ils avaient su qu'ils allaient finir par faire des chansons à saveur critique, ils auraient choisi un nom moins humoristique ».

Guillaume Beauregard

Ah, on a changé d'idée !

Hugo Lachance

Ah ouais ?

Guillaume Beauregard

OK, OK. À cette heure on dit : il y a eu une période où on regrettait notre nom, puis là on recommence à l'aimer.

Hugo Lachance

Je vous mets devant le fait accompli. Moi je n'ai rien à dire, mais ça vient d'où le nom ?

Guillaume Beauregard

Il y avait beaucoup de bands dans le temps qui s'appelaient « quelque chose métalo », il y avait le style de musique dans le nom. Puis on voulait se détacher de tout ça parce qu'on ne voulait pas être mis dans un carcan même si on faisait du punk. Fait qu'on a essayé de trouver le nom qui voulait le plus rien dire. Fait que « Vulgaire » comme un vulgaire objet, puis « Machin » comme une patente. Quand même bon là, mais ouais, c'est ça.

Hugo Lachance

Je t'ai dit, on... tu vois, on l'a cherché ! Vous commencez à l'aimer. Au début c'était « La Vulgaire Machin » ou... ?

Guillaume Beauregard

Non, mais ça a fait son chemin.

Hugo Lachance

Mais quand tu penses à ça, Vulgaires Machins, Cowboys Fringants... il n'y en a pas un qui est plus beau que l'autre vraiment.

Guillaume Beauregard

Moi j'aime mieux Vulgaires Machins que Cowboys Fringants.

Hugo Lachance

Ouais, moi aussi j'assume. « Le groupe est actuellement composé de Guillaume Beauregard (chant, guitare), Marie-Ève Roy (chant, guitare, piano), Maxime Beauregard (basse) et Pat Sayers à la batterie. » Les anciens membres, il y a Patrick Landry ?

Guillaume Beauregard

Ouais, qui est allé jusqu'à Compter les corps.

Marie-Ève Roy

Ouais, il a fait Compter les corps.

Guillaume Beauregard

Il est allé jusqu'à Aimer le mal... jusqu'à Requiem.

Marie-Ève Roy

OK, c'est ça, oui.

Hugo Lachance

Puis le premier, c'était Mathieu Lecours ?

Guillaume Beauregard

Il a fait Regarde le monde, mais il n'a pas enregistré.

Marie-Ève Roy

Ouais, ouais, il a enregistré Regarde le monde.

Guillaume Beauregard

Mathieu a fait La vie est belle. Mathou est parti, Yann Parent est venu faire 24...

Marie-Ève Roy

24-40.

Guillaume Beauregard

Puis Mathieu est revenu sur...

Marie-Ève Roy

Mais il a commencé 24-40, là il est parti, Yann est venu en relève, il a enregistré.

Guillaume Beauregard

Exact.

Hugo Lachance

OK, cool. Il est revenu. J'ai insisté pour que Maxime soit là, j'ai insisté pour que tu soit là, je trouvais ça important, tu vois. Les faits... il y a des sources, mais d'habitude les dates, ces trucs-là, Marie est meilleure que moi. Mais je voulais que tu sois là. Donc Maxime, tu es comme le George Harrison du groupe, le « Quiet Beatle » ? C'est comment d'être le frère de l'un et le beau-frère de l'autre ? Oasis ?

Maxime Beauregard

Oasis, mais pas de chicane ! Ouais, c'est bon ça. Tu sais, on ne pense pas à ça.

Hugo Lachance

On ne pense pas à ça, OK. Puis c'est quoi ton rôle dans le groupe ? La basse ?

Maxime Beauregard

La basse, à part ça... je l'espère !

Hugo Lachance

Non, mais est-ce que tu t'impliques dans l'écriture, les compositions ?

Maxime Beauregard

Moins, parce qu'il y a eu une époque où on faisait vraiment tout ensemble, vraiment intense. On pratiquait quasiment 7 jours sur 7 jusqu'à Requiem, je pense qu'on a mis des heures, des heures répétées. Puis après notre arrêt, notre pause qui a duré quelques années, ben tu sais, la dynamique de ça a changé. C'est plus Guillaume puis Marie... ben malgré tout, les compositions ça a toujours été plus Guillaume puis Marie. Mais tu sais, maintenant je suis comme un peu... je rentre, je sors, mon implication est beaucoup moins importante.

Hugo Lachance

Bon... j'ai des contacts puis ils m'ont révélé un de tes secrets les plus intimes. Tu es prêt à l'exposer à la face du monde ? On m'a dit que tu avais un seul tatouage. Qu'est-ce que c'est ?

Maxime Beauregard

Un quoi ? Un tatouage ?

Hugo Lachance

Ouais. C'est Wikipédia qui dit ça ?

Maxime Beauregard

Non, c'est mon contact ça ! Ben j'en ai un très beau fait par un repris de justice.

Hugo Lachance

OK. C'est pas une poule qui... ?

Maxime Beauregard

Ouais, c'est un oiseau qui est perché sur un joint. Ouais, OK, c'est de toute beauté !

Hugo Lachance

Merci mon contact ! C'est pour te mettre à l'aise un peu.

Maxime Beauregard

Je l'avais oublié !

Hugo Lachance

Tu l'as encore ?

Maxime Beauregard

Ben ouais, j'ai pensé le faire effacer mais là... rendu au point où je suis rendu, je vais l'assumer !

Hugo Lachance

Vous vous êtes formés en 96 à peu près... dans ce point-là. Bref, j'allais dire oui.

Marie-Ève Roy

Merci Marie ! Moi j'ai fait 96, je pensais que c'était ça l'année.

Guillaume Beauregard

Hugo Lachance

Bon, anyway. Juste pour brosser un portrait du paysage musical de l'époque, j'ai fait l'inventaire. Donc, on va commencer à l'ADISQ en 96. Groupe de l'année, il y avait : Noir Silence, Beau Dommage, les Colocs, les Frères à Cheval... Qui a gagné en 96 ?

Guillaume Beauregard

Les Colocs ?

Marie-Ève Roy

Les Beaux Dommages parce que c'était le retour, genre...

Hugo Lachance

Non, c'est Noir Silence qui a gagné. Oh, on tombe dans les souvenirs ! Chanson populaire de l'année, il y avait « Tout simplement jaloux » de Beau Dommage, « Le doux printemps » de Bélanger, bon les Colocs, « Seigneur » de Kevin Parent, je ne sais pas, de Céline Dion...

Marie-Ève Roy

« Seigneur » ?

Hugo Lachance

« Seigneur », ouais ! Bravo ! Ouais, facile. Album rock de l'année, on s'approche : La fin du diable de Dan Bigras, Atrocetomique des Colocs, Noir Silence de Noir Silence, C'pas grave des Frères à Cheval ou Une à une de Nanette Workman ?

Guillaume Beauregard

Ça doit être soit les Colocs ou Noir Silence.

Marie-Ève Roy

Les Frères à Cheval là, ça marchait fort, hein ?

Hugo Lachance

Mais c'était Noir Silence. C'était l'album rock de l'année. Puis les albums marquants de 96 : Fred Fortin avec Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron. Grand album, 96.

Guillaume Beauregard

Ouais, 96. J'aime ça faire ça pour remettre un peu en contexte. Je me rappelle qu'on l'écoutait en boucle.

Marie-Ève Roy

Ah ouais ! C'était vraiment hallucinant ça.

Hugo Lachance

Il y a Jean Leloup, Le Dôme.

Marie-Ève Roy

Ouais, gros album aussi ! Gros album, en boucle là.

Hugo Lachance

Dans les scènes plus locales, il y avait Groovy Aardvark qui ont sorti Vacuum. C'est quand même une grosse année.

Marie-Ève Roy

Ouais.

Hugo Lachance

Meltdown... ouais. NoFX, tu parlais de NoFX tantôt là, c'était Heavy Petting Zoo en 96 ou après ?

Guillaume Beauregard

Punk... moi j'aime bien cet album.

Hugo Lachance

Puis le meilleur vendeur mondialement, avec 32 millions de copies vendues en 96 ?

Marie-Ève Roy

Nirvana ?

Hugo Lachance

Non. Falling Into You de Céline Dion ! Ça reste local quand même, ouais, ouais. Fait que à quoi ça ressemblait la scène à ce début justement ?

Guillaume Beauregard

Ben tu en as nommé des gros morceaux. GrimSkunk... Groovy, c'était le sommet de la chaîne. Anonymus était là, Overbass était là...

Marie-Ève Roy

Overbass, Arseniq33... est-ce qu'on joue avec eux au début, début ou un petit peu après ?

Guillaume Beauregard

C'est plus en 2000. Mais c'était vraiment GrimSkunk qui était...

Marie-Ève Roy

Moi il y a toujours, ben en tout cas à cette période-là, il y avait une grosse place dans mon cœur pour les Secrétaires Volantes. Ah, qui viennent de sortir leur album, réédité ça !

Hugo Lachance

Puis Granby, étiez-vous les seuls ?

Guillaume Beauregard

Non, non, non. De cette époque qui ont fait ben des groupes qui ont vraiment sorti de Granby puis qui ont eu une activité un peu plus provinciale mettons, il n'y en a pas tellement. Pas tant que ça, hein ? Mais il y avait une scène très active, très vibrante à Granby à cette époque-là quand même. On était plusieurs groupes. C'était surtout Indie Rock. Ce n'était pas tant punk qu'alternatif. C'était plus indie. C'était de très bon goût, Granby, la musique à cette époque-là. OK, cool.

Marie-Ève Roy

Ouais.

Hugo Lachance

On va... Ah, il y avait les Mauvais Quart d'Heure aussi.

Marie-Ève Roy

Ah oui, c'est vrai ! Qui avaient quand même un clip, deux-trois clips. Je me rappelle de ça.

Hugo Lachance

Archive... fait que je n'ai pas juste consulté Wikipédia, j'ai fouillé dans le fond le site de la Bibliothèque des Archives nationales du Québec. C'est vraiment cool. Je suis allé chercher votre plus vieil article que j'ai trouvé. Alors : Anne Normand, La Voix de l'Est, 2 décembre 95. « Pas toujours facile pour un groupe local de se dégotter une tribune musicale. Le Cégep de Granby a décidé cette année de leur donner un coup de pouce en accueillant à compter de lundi, dans le cadre de sa semaine de la musique, cinq d'entre eux. Les groupes musicaux Gain, Vulgaires Machins, le duo Alexandre Deslauriers et Frédéric Bisson et Jalopy se produiront ainsi à l'heure du midi au café étudiant. C'est aussi au même endroit qu'on pourra entendre la formation Thirsty Flow, lauréate du concours de la génération Teflon... Je trouve ça drôle ! Au festival des musiciens de rue de Cowansville cet été. » Ben tu vois, Thirsty Flow puis Jalopy, ça c'était deux bands qui faisaient partie de cette scène-là qui était plus active. On faisait beaucoup de shows avec les autres. Joakim Morin, qui était chanteur de Jalopy, a travaillé avec nous, ça fait encore partie de l'entourage.

Marie-Ève Roy

Ben oui. On le salue là. Joakim !

Hugo Lachance

Salut ! On salue Joakim. Ouais, mais c'est ça. Puis ces shows-là le midi, vous l'avez fait plusieurs...

Marie-Ève Roy

Ben ça, ce show c'est ça. C'est comme dans nos premiers shows là, c'était des shows de midi... mettre des bretelles !

Guillaume Beauregard

Mettre des bretelles ! Mais je ne me souviens pas de... on a des images, mais je me souviens d'avoir joué au Cégep mais juste une fois à Granby. Ouais, ben ouais. Dans le café étudiant là. C'était vraiment, vraiment au début.

Marie-Ève Roy

C'était vraiment plate !

Guillaume Beauregard

Ben non, non ! Mais ils fermaient les lumières puis il y avait comme quand même une ambiance là, comparé à Longueuil sur les... dans les cafétérias. Ouais, parce qu'on a fait une tournée là de Cégeps le midi. Ah ouais ? OK. Subventionné ! C'était malade ça.

Hugo Lachance

C'est payant en plus ?

Guillaume Beauregard

Ben ils payaient. Des sous formateurs surtout, ouais, ouais, exactement.

Hugo Lachance

Parce qu'à Granby il n'y avait pas beaucoup de bars. Ben, vous étiez jeunes en même temps.

Marie-Ève Roy

Il y avait des bars. Il y avait le Café Campus ouais, qu'on pouvait jouer là. Il y avait des shows aussi : Mauvais Quart d'Heure, GrimSkunk qui avaient joué au... On a vu beaucoup Tricky la scène, les Secrétaires... On a vu tous ces shows-là au Café Campus à Granby.

Hugo Lachance

Ouais, OK. Fait qu'il y avait une scène, il y avait un endroit quand même pour recevoir ces shows-là. Anne Normand toujours, La Voix de l'Est, le 1er juin 96. « De la belle musique en perspective cet été à Granby. La formation punk rock alternatif Vulgaires Machins de Granby... ». C'est la première photo que j'ai trouvée de vous ! Ouais, c'est quand même cool. Ouais, c'est très cool. « Justement de la belle musique, les rythmes africains de Takadja, Henry Breton Blues Band, le groupe francophone Mensonge de Saint-Hubert et la formation Vulgaires Machins ». Bon, ils sont tous morts les autres, ça fait 100 ans. Très bon. On continue. J'aime ça trouver les vieux articles comme ça. Tania Tkach, ben oui, Brome County News, le 15 juillet 1998. « Sunnymead... ».

Guillaume Beauregard

Ah, Sunnymead ! On avait joué avec Blink-182.

Marie-Ève Roy

Tout le festival de Sunnymead, exactement !

Hugo Lachance

« A réuni cette année les plus grands noms de ses 5 années d'histoire et a enregistré une participation record. Dans l'après-midi du samedi 4 juillet, les DJs de la station radio américaine Buzz 99.9 ont animé les Sunnymead Picnic Playoffs, anciennement Battle of the Bands, mettant en vedette cinq groupes locaux en compétition pour 500 CD et 25 heures d'enregistrement au studio à Hudson. » On s'en souvient, c'est vrai. « Écoute, les adolescents dansaient et gambadaient totalement inconscients de la pluie battante. Les Vulgaires Machins, un groupe local de Granby, ont surpassé les autres groupes et ont remporté le premier prix. Attraction principale : Blink-182. Parmi les autres groupes à l'affiche figuraient GrimSkunk, Nocturnal Emission, Bald Vulture et The Kingpins. » Ah ouais ! Quand même ! C'est quand même une belle affiche, hein ?

Guillaume Beauregard

C'était le début de Meltdown de GrimSkunk. Je pense que c'étaient les premiers shows de la sortie de l'album. Ouais. Puis on avait gagné, je me rappelle. Il avait dit « Vulgar Machine ». On fait quoi, nous autres ? Puis là on est allés chercher notre prix puis on avait été enregistrer deux tounes dans un studio avec quelqu'un qui n'avait pas vraiment envie de nous avoir.

Hugo Lachance

Ah ouais ? Et vous avez fait quoi avec 25 heures de studio ?

Marie-Ève Roy

Ouais, mais ces chansons-là... non, il nous a clairés ! On n'a pas été là pendant 25 heures.

Guillaume Beauregard

Puis je me souviens, je me souviens que c'était très, très toxique comme expérience. Ce n'était pas agréable du tout. Lui, il n'avait pas envie qu'on soit là visiblement. C'était un anglophone... pas parce qu'il était anglophone, mais il était anglophone, il ne comprenait rien de ce qu'on chantait. On était extrêmement inexpérimentés pour opérer dans le studio. La chimie n'est pas passée, on est disparus. Ces enregistrements-là n'ont jamais servi à rien puis de toute façon les chansons n'étaient pas vraiment prêtes.

Hugo Lachance

Est-ce que c'était votre premier enregistrement ?

Marie-Ève Roy

Non, on avait déjà fait... ah oui, 24-40.

Guillaume Beauregard

Ouais, c'est vrai ! Non, on avait fait La vie est belle, je pense.

Marie-Ève Roy

Non, non, non... C'est Mathieu qui battait ?

Guillaume Beauregard

C'est Mathieu qui battait aussi ? Non, non, non... On n'a pas les bonnes dates, ouais.

Maxime Beauregard

Non, moi ce qui m'avait marqué de cette expérience-là, c'est... on se rappelle qu'il y avait des lunettes blanches à la mode ?

Guillaume Beauregard

Mais moi ce que j'ai gardé de cette expérience-là, c'est qu'on est entrés dans le studio puis le réalisateur, ou en tout cas le propriétaire, nous avait exigé qu'on ouvre les coffres de guitare et qu'on laisse les guitares prendre la température et l'humidité de la pièce. Ça, c'était bien important avant d'enregistrer. Puis encore aujourd'hui, quand je rentre dans le studio, j'ai le réflexe de sortir ma guitare.

Hugo Lachance

D'après moi, c'est un moyen pour passer des heures de studio !

Guillaume Beauregard

Ouais, peut-être ! Là il nous disait là « faut attendre 3 heures que les guitares prennent la bonne température ». Non, il n'était pas allé jusque-là. Mais cette affaire-là pour moi, c'était comme la science infuse là : faut ouvrir les caisses quand on rentre en studio. Ouais, ça m'est resté.

Hugo Lachance

Je comprends l'écart entre un jeune band punk puis un professionnel. On continue. Sylvain Cormier, Le Devoir, 5 mai 1999, à propos des Francofolies de Montréal en 99. « David Jobin lui semblait à juste titre content de sa série de spectacles. Jeunes en tout genre... ». Hip-rap-rock ? Une marque de céréales ? « Un véritable sans faute de couplage heureux. En hip-hop corsé selon son expression, les Français de Arsenik et Muzion ne pouvaient que s'allier. Pareil pour les Mauvais Quart d'Heure et Caféine en rock alterno. Les Bretons de Matmatah et Vilain Pingouin en rock de filiation celtique. Ou encore la reine du country de ruelle Mara Tremblay et le bruyant groupe de rock garage Gros Mené, Overbass et Vulgaires Machins. Catherine Durand et Nancy Dumais. Le groupe de funk reggae français Tryo et les Frères à Cheval. Difficile de ne pas y trouver son compte. » Puis comment ça s'était bien passé ?

Marie-Ève Roy

Ouais, ça c'était au Spectrum.

Guillaume Beauregard

Ouais, c'est au Spectrum. On avait fait la première partie d'Overbass. Puis on avait les cheveux oranges !

Marie-Ève Roy

Ouais, on s'était teint les cheveux pour cette occasion.

Hugo Lachance

Ah ouais ? OK, waouh ! Puis c'était votre première expérience là de...

Guillaume Beauregard

Ouais, ouais, un Spectrum plein là !

Hugo Lachance

Vos premières Francos ?

Marie-Ève Roy

Ouais, OK, ouais.

Hugo Lachance

Ah, c'est cool ça ! Ouais, c'est vraiment très cool. Tu sais, je disais... je parlais avec Ariane Roy hier puis je disais que mes premières Francos que j'ai faites avec WD-40, ça a été comme un blackout, je ne m'en souviens plus. Ah ouais ? Ouais, je veux revoir ça ! Si jamais vous avez ça, envoyez-moi. Les Francos... La Voix de l'Est, 25 juin 99. Celui-là je l'aime, ouais, je l'aime bien celui-là. « Les piscines ont fait une compétition féroce aux festivités de la Saint-Jean au parc Daniel-Johnson. Selon toute vraisemblance, les 31 degrés enregistrés pendant la journée constituent un nouveau record de température pour la région de Granby. » Je trouve ça douteux mais bon. « La chaleur était telle qu'elle a découragé certains vacanciers qui ont préféré passer l'après-midi dans l'eau de leur piscine ou à l'air climatisé plutôt que de se faire rôtir sur les pelouses du parc. » Attention au témoignage ! « Plusieurs ne sont pas venus parce qu'il fait trop chaud, déplore Margot Lussier, présidente du club de pétanque du parc des loisirs de Granby. » Tu vois ça drôle ?

Guillaume Beauregard

Non, non ! C'est rien qu'on fait Margot.

Hugo Lachance

Il y a un argumentaire : « D'habitude je passe la journée ici mais là c'est trop chaud, affirme Guillaume Petit, un étudiant de 19 ans. Je m'arrange toujours pour venir parce qu'il y a une belle ambiance, indique-t-il avant d'aller rejoindre ses amis devant la scène des loisirs de Granby où le groupe rock les Vulgaires Machins se démènent. Certains ne se sont d'ailleurs pas gênés pour trasher devant la scène, formant ce qu'ils appellent un moshpit. » Ils ne sont pas gênés pour... fait 31 degrés à Granby, c'est un record ?

Guillaume Beauregard

Ben 96 c'était chaud... on commence à se rappeler ! Sûrement aussi que c'est parce qu'ils nous avaient fait jouer dans le stationnement. Puis ça, on était bien, bien, bien, bien déçus de ça. Ils nous avaient mis dans le stationnement au lieu de nous mettre sur le beau gazon où est-ce que d'habitude il y avait les shows. Puis je me rappelle qu'on avait fait une sortie là... insurgés !

Hugo Lachance

La cigarette au bec ?

Guillaume Beauregard

La cigarette au bec ?

Hugo Lachance

Ce n'est pas écrit ça dans le truc, non. Ben j'ai pris les bouts le fun. J'aimais ça que les jeunes forment un moshpit. C'est sûr qu'un moshpit dans un stationnement, c'est dur sur les genoux. On continue. 2 juillet 99, François Tousignant pour Le Devoir. « Samedi se pointe avec sa belle température tristounette... ». Ce n'est pas qu'on veuille revenir toujours là-dessus, ça tourne toujours un peu autour de la météo finalement. Ben écoute, la thématique... tu as raison ! « La nature ne collabore pas toujours. Depuis le début des festivités, on se les gèle bien comme il faut, ce qui explique en partie que les alentours de la scène du Maurier nous aient paru bien vides lors du spectacle regroupant les Vulgaires Machins, Claude Péloquin et Me Mom & Morgentaler. » Méchant lineup pareil ! « Pourtant, la réunion surprise de ces derniers nous faisait croire que l'endroit serait bondé d'irréductibles et un peu nostalgiques de la belle époque. À 20h, Vulgaires Machins a produit beaucoup de décibels devant une poignée de spectateurs mitigés. Le poète Péloquin a ensuite fait son apparition, les laissant les uns ravis et les autres complètement stupéfaits. L'endroit s'était rempli raisonnablement. Me Mom & Morgentaler se sont installés vers 21h30 pour l'hybride spectacle réunion-adieu. » Ouais, ça c'est plein là.

Marie-Ève Roy

Ouais, OK, OK.

Hugo Lachance

La scène du Maurier ?

Marie-Ève Roy

Ouais, c'est ça.

Hugo Lachance

C'est aux Plaines d'Abraham ça ?

Marie-Ève Roy

Non, c'est la seule fois qu'on a joué avec Me Mom, quand même !

Hugo Lachance

Vous avez joué avec Morgentaler ? Ben assez géant. D'ailleurs vous avez travaillé avec Gus van Go ?

Guillaume Beauregard

Ouais, après ça, quelques années plus tard, on est entrés en contact avec lui.

Hugo Lachance

Ouais, OK. Aussi, La Voix de l'Est... ça s'achève là. La Voix de l'Est, 11 septembre 99. « L'école de chant Cantabilé... ». Ah oui, oui ! Alors on a Marie-Ève Roy, professeur.

Marie-Ève Roy

Ah oui ! J'étais professeur. Oh my god !

Hugo Lachance

Ah ben ! On remercie les archives nationales !

Marie-Ève Roy

Ça n'a pas duré longtemps ma carrière de professeur !

Hugo Lachance

Tu avais l'air contente sur ta photo !

Marie-Ève Roy

Ben oui, hein ? Mais c'était une photo de photobooth.

Hugo Lachance

Ouais, c'est sérieux, c'est bon ça. Un petit dernier avant de passer à votre discographie. Olivier Bouffard, Le Droit, 15 septembre 2000. « Guillaume note aussi que le groupe a amélioré sa prestation vocale, mais il faut d'abord trouver les mots à chanter. Qu'est-ce qui inspire Monsieur Beauregard ? ». Donc je te cite : « Je l'ai dit souvent, c'est le chaos. On n'a qu'à regarder dehors : les gens qui dorment sous les ponts, la politique, les gens qui se font baiser à tour de bras par les grosses compagnies. Il s'installe une espèce de fascisme du capitalisme où on devient des machines, où les humains sont de moins en moins humains, dit-il. Mais ce qui le met encore plus en rogne, c'est... ». Non là, moi je t'écoute puis je suis comme : ouais, on dirait que c'était moi la semaine passée !

Guillaume Beauregard

J'allais le dire ! Les mêmes thèmes ! Waouh !

Hugo Lachance

Ah, c'est parfait ! C'est... tu es ça ! Ça va continuer. Moi je pense qu'il va parler des punks sur le banc, non ? Ouais, c'est l'apathie. Un thème récurrent dans toute la discographie du groupe. 25 ans plus tard, est-ce que la façon d'aborder les textes a changé ? Parce que cet article est paru en 2000. Fait que la façon d'aborder les textes a changé pour Vulgaires Machins ? Je pense que tu viens d'y répondre, mais c'est quoi la grande différence, mettons ?

Guillaume Beauregard

Ben, je ne sais pas. Je pense que dans la première partie d'existence du groupe, il y avait cette envie-là de dénoncer puis de, entre guillemets, conscientiser ou en tout cas de nommer. Parce que moi, je ne m'entends pas dans mes écouteurs.

Hugo Lachance

Ah, tu ne t'entends pas ?

Guillaume Beauregard

Fait que moi je fais ça ou ça, ça ne fait rien. OK, bon mais c'est pas grave là.

Hugo Lachance

Ben écoute, parce que ça va être important tantôt.

Guillaume Beauregard

Je pense qu'aujourd'hui, il y a un regard qui est plus personnel, plus émotif par rapport à ces questions-là, qu'une envie de dénoncer mettons. Je pense qu'il y a quelque chose qui est ramené un peu plus à la façon dont on vit, puis on cherche à faire du sens à travers le chaos de la société, tu sais.

Hugo Lachance

Ouais, OK. C'est une belle conscience mais les textes... c'est vrai que les textes ont quand même évolué. Les thèmes sont là, mais l'approche, je trouve qu'elle est différente aussi. Surtout depuis Disruption, il y a comme un changement dans les textes.

Marie-Ève Roy

Là il y a eu surtout la facette plus... une petite pause pour le groupe. La facette plus vie quotidienne, genre « Pistache » ou...

Guillaume Beauregard

Il y en a moins.

Marie-Ève Roy

Ben c'est ça ! Il y a eu une période au début où c'était aussi une recherche là, d'une voix puis d'une façon de communiquer là.

Hugo Lachance

Ouais, c'est clair, mais je trouve qu'il y a une belle évolution là-dedans. Alors on va passer à votre discographie. Je vous donne un album, êtes-vous capables de me le résumer, de me dire c'est quoi cet album-là en une phrase ? Mettons en une phrase, OK. 96, La vie est belle. Ce serait quoi en une phrase, cet album-là selon vous ?

Guillaume Beauregard

Distorsion ? Ben c'est l'album, plus que tous les autres, de l'apprentissage du DIY.

Marie-Ève Roy

C'est ça que je m'en allais dire, ouais. « Apprentissage », c'est le mot qui me vient.

Hugo Lachance

Vous aviez quel âge ?

Marie-Ève Roy

J'avais 17.

Guillaume Beauregard

17, à peu près. 18.

Hugo Lachance

18, OK. C'est jeune pour un album. Ensuite, 98, 24-40. En une phrase, ce serait quoi cet album-là ?

Guillaume Beauregard

Distorsion ? Ben c'était le premier album où on était accompagnés. Il y avait Indica derrière le projet. Il y avait un vrai réalisateur en la personne de Pierre Remillard. On était encore évidemment dans l'apprentissage parce qu'on ne connaissait rien à cette époque-là non plus, mais on était accompagnés. C'était le début de l'accompagnement, puis c'est la période aussi où on a commencé à faire des shows avec GrimSkunk. Donc on était accompagnés à tous les niveaux : en studio, dans la production de l'album puis en show aussi.

Hugo Lachance

Vous avez appris à devenir pros quand même ?

Guillaume Beauregard

Ouais, l'expérience. On a fait beaucoup, beaucoup de shows.

Marie-Ève Roy

On apprenait à écrire nos tounes, tu sais. On prenait conscience que là ça s'en allait... on apprenait à structurer les tounes. Franz nous aidait beaucoup là, mais même aussi c'est là qu'on a fait Jeunes Volontaires. On apprenait aussi à être DIY même dans le côté business : les premières gérances puis tout ça.

Hugo Lachance

OK. 2000, Regarde le monde. Ce serait quoi en une phrase, cet album-là ?

Marie-Ève Roy

Drôle de pochette ! Moi je dis drôle de pochette.

Hugo Lachance

Ben c'est excellent, c'est bon !

Guillaume Beauregard

C'est l'arrivée à Montréal.

Marie-Ève Roy

Regarde le monde, le logo aussi.

Guillaume Beauregard

Mais c'était tellement les pochettes horizontales. Il y avait comme Escape Plan, il y avait une couple... même Les Chiens aussi je pense, La nuit dérobée. C'est une série de photos, mais toujours je pense que c'était l'époque.

Marie-Ève Roy

Ce n'était pas un album facile, Regarde le monde. Puis en même temps, c'était un album important dans l'évolution du groupe.

Guillaume Beauregard

C'était un deuxième album officiel fait qu'il y avait comme une pression. Il n'y avait pas de chansons en banque. Ça a été le premier album où tout s'est fait dans une séquence : on a commencé à écrire des chansons, à la fin du processus on les a enregistrées. Fait que c'était plus stressant. C'était nouveau aussi.

Guillaume Beauregard

Une phrase : c'est la dernière fois qu'on a pratiqué à Granby.

Maxime Beauregard

Moi je dirais que c'est ça, Regarde le monde : c'est Granby qui s'en va à Montréal. On finit, c'est là qu'on est partis.

Hugo Lachance

Mais rendu là, c'est comme aussi un choix de carrière finalement ?

Maxime Beauregard

Oui, mais on y croyait ! Ça s'est fait vraiment plus à l'autre.

Hugo Lachance

On va y venir ! On va y venir. Déjà là, les albums, ça commençait à marcher. On commençait à se dire « crime ! on continue, on s'en va par là-bas ». Puis ouais, non, c'est ça, je comprends. Puis le prochain, ben en 2002 toujours sur Indica : Aimer le mal. Ça, ça a été votre breakthrough en bon français ?

Guillaume Beauregard

L'arrivée de Pat Sayers.

Maxime Beauregard

Ouais, hein ? Ouais, ouais, ouais.

Hugo Lachance

J'avoue que quand Pat Sayers débarque dans ton club, c'est plus la même game !

Marie-Ève Roy

Ben ça change quand même, hein ! Ce n'est pas pour dire du mal des autres batteurs, mais c'est tout...

Guillaume Beauregard

Là c'est la vague là, tu sais. On a pogné une vague avec Aimer le mal. Pour moi ça change complètement, un monde s'est ouvert là.

Hugo Lachance

Est-ce que c'est l'ère des Les Paul ?

Guillaume Beauregard

Oui !

Maxime Beauregard

Ouais, c'est là qu'on a acheté nos petits... gros... un peu.

Guillaume Beauregard

C'est l'ère de Pat Sayers et des Les Paul. C'est bon ça.

Marie-Ève Roy

Et du métronome !

Guillaume Beauregard

Oh ! Ah ouais, OK. Ouais, ouais, là ça ne niaisait plus là !

Marie-Ève Roy

Et de Dale Penner aussi, tu sais. On a aussi eu un nouveau réalisateur. On est allés à Toronto mixer l'album. C'était comme une expansion.

Guillaume Beauregard

Il y a une préproduction, plus de recherche...

Marie-Ève Roy

Ouais, c'est ça, un meilleur entourage aussi.

Guillaume Beauregard

Puis j'ai envie d'ajouter : c'est l'album aussi où Vulgaires Machins a commencé à assumer à 100 % la direction plus engagée, politique, qui était semi-assumée avec Regarde le monde. J'aurais envie de dire : moi j'ai fini l'école...

Marie-Ève Roy

On a lâché les jobs ! C'est là où on s'est dit « c'est terminé le fun ».

Guillaume Beauregard

Au contraire, moi je pense que c'est le gros fun !


Voici la transcription révisée de la seconde moitié de l'entretien (à partir de l'album Compter les corps), intégrant les corrections validées : l'orthographe d'Éric Parazelli, l'utilisation de « Légaliser l'héroïne » pour le titre de la chanson, et le formatage rigoureux des interventions audio et de la parlure québécoise.

Guillaume Beauregard

Ensuite, 2006, Compter les corps. Ça c'est difficile, juste une phrase j'imagine, hein ? C'est quoi qu'il faut résumer là ? Ben là ça c'est... ben Gus van Go débarque à Compter les corps. Ça c'est un élément vraiment qui a changé beaucoup de choses. Parce que Pat était déjà là. C'était aussi un processus d'écriture qui était différent des autres albums parce que Marie-Ève aussi sortait d'un épisode qui a changé un petit peu la dynamique à ce moment-là, j'aurais envie de dire.

Marie-Ève Roy

Peut-être que mon épisode c'est mon... ma psychose ? Non pas psychose ! Ma dépression, mon burnout après Aimer le mal. Mais moi cet album-là c'était plus genre... je ne sais pas, je ne veux pas dire « assiduité ». Je pourrais-tu dire ça ?

Guillaume Beauregard

On pourrait être assidus ! On était assidus, on était vraiment très... on a énormément travaillé.

Marie-Ève Roy

On consacrait vraiment tout dans... tu sais, Compter les corps, on avait bien plus de tounes qu'il y en a sur l'album là !

Guillaume Beauregard

Ah ouais !

Marie-Ève Roy

Mais tu sais, c'était le premier album aussi qu'on faisait dès le début que c'était ça notre métier. On mettait tout notre temps là-dedans.

Hugo Lachance

En fait, c'est un album qui avait des attentes aussi j'imagine ?

Guillaume Beauregard

Oui, parce qu'il y a eu quand même un bon laps de temps entre Aimer le mal puis Compter les corps. 4 ans ! Fait que tu sais, on était décrochés un peu. On était débarqués un peu. Puis en même temps, c'est ça, « assidu » c'est le bon mot. Marie-Ève puis Gus est arrivé pour nous aider à finaliser cet album. Ce n'est pas comme le syndrome du deuxième album puisque ce n'est pas le deuxième. Mais il n'y avait pas la même chose ?

Marie-Ève Roy

Non, c'était peut-être le premier album où là mentalement on est en mode « tout ce que je fais c'est pour la toune ». Ouais, ouais ! Tu sais des fois, tu as travaillé une partie là chez vous là, puis tu arrives dans le local là, tu joues ta partie, tu trippes. Mais là c'était... ta partie est bonne mais c'est ça que Gus il nous a appris beaucoup : rendre la toune meilleure. C'est tout le monde faire jouer ce qu'il faut. Puis au drum, c'est là qu'on a comme... c'est là qu'on a décroché du punk rock traditionnel, tu sais, de Californie là. On était plus dans le power-pop. Puis Pat il était techniquement capable de faire des tounes du prog, jouer des trucs. Puis Gus il l'a plus amené à simplifier les affaires.

Hugo Lachance

Ah OK, OK, OK ! Parce que lui c'était infini, il peut faire n'importe quoi là. Moi c'est l'album qui contient... moi j'ai une playlist avec les meilleures tounes du monde : il y a « Compter les corps » dessus. Moi c'est hallucinant ! Mais c'est parfait ! C'est intense, le bridge... un des meilleurs bridges du monde.

Guillaume Beauregard

Ouais, c'est vrai.

Hugo Lachance

Si, c'est hallucinant ! Tout est beau là-dedans, tu sais. Moi c'est... quand j'entends ça, j'ai fait comme OK... Je pense qu'ils ont atteint un sommet. Pensez-vous avoir atteint un sommet avec cet album-là ?

Guillaume Beauregard

Mais on n'aurait pas pu aller plus loin. Je pense qu'on est allés vraiment le plus loin qu'on pouvait.

Hugo Lachance

Pour moi c'est un petit chef-d’œuvre. C'est un album qui... j'ai tout réécouté vos albums pour me préparer, puis c'est vraiment là comme...

Marie-Ève Roy

Mais les autres sont bons aussi !

Hugo Lachance

2010, Requiem pour les sourds. Ouais, ça c'est une super belle pochette.

Marie-Ève Roy

Ouais ! C'est vraiment... je pense que c'est une de nos plus belles.

Guillaume Beauregard

C'est un de mes titres d'album préférés aussi. On l'aime cet album-là, nous autres. Pour vrai là... Ben c'est après Les Corps, c'était un peu un album de questionnement pareil. C'était l'album où on était beaucoup dans le doute puis dans le questionnement. Puis c'est l'album aussi qui nous a amenés vers la grande pause. Ben c'est ça, hein ?

Marie-Ève Roy

Si on parle d'un vrai album officiel du groupe... ouais, Requiem pour les sourds. Moi je me souviens en tout cas mentalement d'être dans une zone où je me disais peut-être que là j'ai envie de faire d'autres choses. Parce que Vulgaires Machins est trop précieux pour ne pas le faire si on n'est pas complètement sincères. Puis ouais, c'est vraiment une période de questionnement même dans nos vies privées, dans notre vie professionnelle. C'était les réseaux sociaux, ça commençait vraiment là. On pensait que Facebook ça allait remplir des salles ! Puis ce n'est pas du tout ça qui s'est passé. On était comme dans une transition, je trouve. À cette époque-là, ce n'était pas pareil, les shows... ça commençait, ça s'était comme un peu essoufflé. Puis là on avait fait quelques bars là... en faisant des shows de bar là...

Guillaume Beauregard

Après avoir fait des grosses salles, tu tombes dans un bar là, des shooters là ! Puis là ça commence à...

Maxime Beauregard

Ah ouais ? OK, ouais, ce n'était pas tant ça là ! Je ne me rappelle pas des bars.

Guillaume Beauregard

Tu ne te souviens pas ? Tu m'avais dit « Allô moi ».

Maxime Beauregard

Non, mais c'est à cause de ça !

Hugo Lachance

OK. Ensuite, ben l'album de 2011, album acoustique éponyme dans le fond. Ça, ça fait du bien parce que moi je trouve ça fait du bien.

Guillaume Beauregard

Ouais, ouais, moi je... c'est très cool de voir, de revisiter les tounes sous un autre angle. Moi je pense que Requiem, c'était comme là on a atteint notre bout dans le rock là ! Fallait que la courbe redescende vers quelque chose de plus... moi j'avais envie en tout cas d'exprimer beaucoup de la douceur là. Puis c'est ça, il y avait une envie d'explorer ça. Cet album-là, j'appellerais ça l'album de la transition en fait, un peu là, avec les années qui ont suivi après.

Marie-Ève Roy

Mais c'est lui qui a mené à une pause aussi après ça.

Guillaume Beauregard

Ouais, c'est lui qui a mené à une pause, mais ça a été fait vraiment avec beaucoup de... tu sais, j'adore les trois chansons inédites sur cet album-là. J'ai vraiment... on a vraiment aimé ça faire ça. L'expérience de cette tournée-là aussi, c'était vraiment le fun.

Hugo Lachance

C'est quoi la structure ?

Marie-Ève Roy

La structure... 20 shows qu'on dansait puis avec notre ami François Bernier, c'est la première fois qu'on avait un metteur en scène. Puis on avait fait un décor, on avait tout scripté un peu le show, l'histoire qu'on avait envie de raconter. En fait, on avait engagé un musicien avec nous parce que... Pat était parti ! À la première pratique, on voulait commencer à... comment on va organiser ça ? Cet album-là, Pat n'était pas là.

Hugo Lachance

C'est ça !

Maxime Beauregard

Moi puis... on n'était pas dans... tu sais, c'étaient des chants puis de la guitare sèche. Ah, mais tu n'étais pas là, toi ? Il n'y a pas de basse ?

Guillaume Beauregard

OK, bon, ça m'a échappé ça !

Marie-Ève Roy

Non, non, tu sais... c'était comme un peu moi-même, je découvrais les tounes différentes, différemment. Puis quand on s'est donné rendez-vous pour pratiquer, ça faisait déjà un bout là qu'on était comme dans un mini break. On savait là que ça s'en venait. Pat était un peu... il était retourné aux études. À la première pratique, il dit « Ben là c'est fini, ça ne me tente plus ». Fait que je dis « Ben, tu me laisses ton drum, tu sais ! ». Fait que j'avais patenté genre un drum là pour faire du bass-drum. Fait qu'on avait monté le show à 4, mais sans lui. Puis musicalement, c'est une super belle expérience. C'est le fun de ne pas être dans le carpet ! C'est sûr ! C'est vraiment... je suis contente de toucher à ça. Je pense que j'avais envie là, d'un show qui était intime, puis de m'entendre chanter, puis de vivre des moments.

Guillaume Beauregard

Puis ça a été une autre dynamique, un autre rapport avec le public aussi à ce moment-là. Pour la première fois là, on s'entendait parler, on pouvait parler avec le public, faire des blagues. Le monde était assis. C'était un autre... écoute, c'était une autre livraison.

Marie-Ève Roy

C'était ça aussi, une super belle expérience. Puis dans le fond, l'album n'est pas très long, puis fallait monter un show d'une heure et demie. Fait que ça a été l'occasion de revisiter plein de tounes du répertoire puis de les arranger dans cette formule-là. On avait... on a fait juste vite, vite... on avait fait un show à Radio-Canada aussi là, au Studio 12, puis on avait joué avec une violoniste. Ça nous faisait encore évoluer dans un certain sens.

Hugo Lachance

Ouais, ouais. C'est un beau studio ça, c'est le gros studio dans le fond avec le plafond qui... On va revenir un petit peu à ça, par exemple. Mais 2022, le retour avec Disruption. En une phrase ?

Guillaume Beauregard

Pandémie !

Hugo Lachance

Ah ben ouais ! Mais ouais, c'est vrai ! Non, mais moi j'ai... juste pour moi, s'il y avait une phrase à dire, c'est vraiment comme ce que tu disais tantôt : l'intégration de nouveaux sons, prendre une nouvelle direction quand même, puis ça sans dénaturer Vulgaires Machins non plus. Parce qu'il y a des... moi j'ai beaucoup aimé cet album-là.

Marie-Ève Roy

Moi je pense que c'est mon album d'à toi aussi d'à... comment on pourrait dire... « assumer » ? Je ne veux pas dire ça mais... de...

Guillaume Beauregard

Ouais, c'est l'album où tu as assumé quelque chose.

Marie-Ève Roy

Pourquoi genre « assumé ta voix » là ? Parce que c'est un des albums que j'ai écrit le plus de chansons puis que je suis allée au bout. Que j'ai pris ma place. Fait que j'ai réussi à trouver ma place. Anciennement, on réussissait à en passer une ou deux, mais dans le son genre... mais là j'ai réussi comme à trouver la façon que je voulais être dans le band.

Hugo Lachance

Ouais, ouais, c'est parfait ! Puis ça paraît : l'intégration justement du côté New Wave un peu, des nouvelles sonorités. Moi, j'ai eu vraiment des belles surprises là-dessus. Puis la pochette encore est super belle aussi. Ouais, c'est vrai. Puis 2025, album qui n'est pas sorti encore que j'ai eu la chance d'écouter — pas assez à mon goût — mais Contempler l'abîme. Waouh ! C'est très bon en passant là ! Pour vrai là, j'ai vraiment trippé ! Il y a des belles choses là-dedans. C'est Vulgaires Machins, je trouve que c'est une belle continuité avec Disruption. On va l'écouter d'ailleurs tout à l'heure. Il y a eu un split en 2004, Crossing the bridge / Passe le pont, avec Burning Heads, c'est ça ? Album live 2008, Presque sold out. Ouais, c'est le DVD. Quand tout le monde... tu as la chance d'être un band qui sort un DVD ! Le reste... bon, il y a les prix tout ça. Vous avez gagné plusieurs... ben vous avez gagné entre autres le GAMIQ pour Compter les corps. Êtes-vous allés au Gala de l'ADISQ ?

Guillaume Beauregard

Ouais, ouais, on est allés. On n'a rien gagné, non.

Hugo Lachance

OK. Ça, vous étiez nommés... il y en avait quatre nominations ?

Marie-Ève Roy

Ouais ! Ah ouais, OK.

Guillaume Beauregard

Auteur-compositeur, album, révélation... ou alternatif. C'était un beau gala. Bon, on était sortis très déçus, je pense.

Marie-Ève Roy

OK, c'est le seul qui est resté pour le party, c'est vrai !

Guillaume Beauregard

Non, mais on prenait l'avion pour la France. Je sais, j'étais avec Marc-André Thibert, l'ancien guitariste de... Marc-André venait avec nous autres en France. On était top shape, on était...

Hugo Lachance

J'en doute pas du tout ! Puis ensuite, il y a les discographies mais solo. Ça vaut la peine de souligner. 29 mars 2019, Josée Lapointe pour La Presse. « Guillaume Beauregard fait sa rentrée montréalaise demain à La Tulipe après avoir lancé l'automne dernier un solide 2e album solo intitulé Disparition. Marie-Ève vient tout juste de lancer Multicolore, disque pop tout en nuances qui est aussi son deuxième album. "Le solo m'a permis de me découvrir en tant qu'auteur-compositrice", dit la chanteuse. "Quand tu es seule, tu vas vraiment au bout de tes idées." » Fait que ça, qu'est-ce que... dans le fond, ça a été un peu la rupture de... ben la pause en fait de Vulgaires Machins puis vous avez fait des albums solo ? C'est quoi la différence, mettons ? Un album, une approche Vulgaires... vous faites des albums solo tout en sachant que vous êtes un couple, vous vivez sous le même toit. Comment ça s'est passé ces choses-là ?

Guillaume Beauregard

C'était très salvateur, en fait. On avait besoin de cette pause-là, de créer chacun notre univers parce que dans les Vulgaires, veut veut pas, on est tout le temps en train de mettre notre nez un peu dans les affaires de l'autre, puis de dire notre opinion, puis de faire des compromis. Je pense que c'est ça qui fait la force de Vulgaires Machins là, mais là on avait vraiment besoin de se... en tout cas moi j'avais vraiment besoin de me définir. Puis de prendre... ouais, puis d'aller au bout, puis de gagner en confiance, puis de savoir c'est quoi moi que... OK... que...

Hugo Lachance

Puis est-ce que vous aviez mis des règles ? Dans le sens : je fais ça de mon côté, toi tu n'as rien à voir là-dedans ?

Marie-Ève Roy

Ouais, ouais, ouais ! On ne s'est jamais consultés de rien. OK, OK, OK ! Jamais je n'ai travaillé sur ses chansons, il n'a jamais travaillé sur... OK, ça... OK ! Puis mais ça a donné des bons albums ?

Guillaume Beauregard

Ouais, super bons albums.

Marie-Ève Roy

Je recommande à beaucoup de monde. Ouais, c'est... moi je l'ai écouté. Il travaillait quand même dans le sous-sol, j'entendais tout le temps ! Non, mais c'était le fun parce que pour une fois on pouvait être là pour soutenir l'autre mais juste dans tout ce qui est la poutine autour de la musique, c'est ça. C'était vraiment le fun d'avoir un rôle un peu détaché.

Hugo Lachance

Cool. Fait que... ben Guillaume : D'étoile de pluie et de cendre sur La Tribu en 2014, Disparition sur La Tribu... tu as une nomination pour meilleur album folk au Gala de l'ADISQ quand même. Puis live en studio, c'est ça. Ça, oui, sur Wikipédia c'est... il y a une section instruments, ça dit : Gibson SG classique Rouge Cerise. Rouge cerise, oui ! Rouge cerise...

Guillaume Beauregard

Rouge cerise sur Wikipédia ! Tu as les descriptions d'album puis tu as ça en dessous ?

Hugo Lachance

Ouais.

Guillaume Beauregard

C'est ce qu'il y avait... c'est son backup ça ! Il ne joue même pas. 30 ans de carrière, ça : « Rouge Cerise ».

Hugo Lachance

Mais là je viens de rappeler au monde que vous utilisiez des Les Paul, ils vont pouvoir ajouter ça aussi ! Marie-Ève donc : Bleu Nelson en 2016, super beau titre, et Multicolore sorti le 22 février 2019. Ouais, très bon. Juste pour avant de passer à un autre segment, la séparation. Je veux parler de votre séparation. Wikipédia dit : « Par la suite, le groupe ne donne aucun signe d'activité. Des rumeurs circulent même sur une éventuelle séparation. Ces rumeurs sont nourries par la publication du groupe en 2014 d'une image de cardiogramme qui tombe au neutre sur leur site web et leur page Facebook ».

Guillaume Beauregard

Ouais, on a aimé ça faire ça ! On ne voulait pas rien dire.

Marie-Ève Roy

Ce n'était pas la fin, c'était juste comme : on est dans le coma. Ouais, puis on verra. Pas loin de la fin. On ne savait pas, il n'était pas question de nommer ça. C'était : on a besoin de prendre des distances, on fait des trucs en solo. C'était... on était dans le positif là, pas dans le négatif par rapport à Vulgaires Machins.

Guillaume Beauregard

C'est un épuisement, puis il y a une part de nous qui se disait : je pense que tout était possible. Qu'il se pourrait qu'à un moment donné on ait envie de refaire un album ensemble. Puis on n'aurait jamais annoncé la fin du groupe, il n'y avait pas de raison de le faire de toute façon. Il n'y a pas eu de chicane.

Hugo Lachance

Puis comment votre public a réagi ? Avez-vous eu des feedbacks de ça ? De la pause en tant que...

Guillaume Beauregard

Ben, il n'y a pas... c'était le silence radio, fait qu'il n'y a pas eu... OK, en tant que tel. On a juste arrêté nos activités.

Hugo Lachance

OK, OK, OK. Bon, je pensais que ça avait peut-être suscité des commentaires pour une réaction ?

Marie-Ève Roy

Non, je pense qu'on s'est rendu compte en fait que nos fans étaient bien contents qu'on prenne un break !

Hugo Lachance

Ça c'est bon ! Excellent, excellent. On va continuer. En fait, le prochain segment qui est présentation de l'album, mais avant ça, il y a certaines personnes qui vous ont laissé des messages pour rendre hommage aux Vulgaires Machins. C'est parti !

[Message audio] Martin Lentagne

Hey allô les Vulgaires Machins ! Bon 30e ! Ici Martin Lentagne, gérant des t-shirts et du bac très lourd de livres Écosociété de 2006 à 2009. Ce que je veux vous dire, c'est que je me rappelle souvent de la première édition du Rockfest à Montebello où c'était au terrain de balle, puis qu'on a joué avec les Écorchés qui étaient un projet de B.A.R.F.... je ne suis pas sûr là de tout ça. Et puis mais on est arrivés pendant un soundcheck puis la toune elle s'appelait « Shot », puis il criait « Le shot ! » puis on a bien ri de ça. Puis la toune d'après mais c'était « Il va y avoir de la viande sur les murs ». En tout cas, un weekend super comme tous les weekends qu'on a faits. Alors bye bye !

Hugo Lachance

Martin d'Indica ! Docteur Martin ! Un des groupes de Granby qui ont... mais tu sais, ce n'était pas au début de la scène mais dans les années début des années 2000 qui a percé, qui a joué à MusiquePlus tout ça. OK, cool. Bon on le salue, on salue Martin. « La viande sur les murs », ce n'est pas... ?

Guillaume Beauregard

Ah non, mais je me rappelle tellement : « Il va y avoir de la viande... ». Ouais, ça nous a beaucoup marqués. On se disait : ils chantent ça les autres, on peut faire ça ! C'est très bon, ouais.

[Message audio] Vincent Peake

Plutôt cet été, Groovy a joué avec les Vulgaires au Festirame de Saint-Gédéon. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu Max, Pat, Guillaume puis Marie fait que j'étais content de les voir. Puis dans notre emballement, il m'a demandé si ça me tentait de faire une toune avec eux autres. J'ai dit : « Ben je ne connais vraiment rien du répertoire des Vulgaires mais ça peut vous faire plaisir ». Fait qu'il m'a suggéré « Égaliser l'erreur »... non... « Légaliser l'héroïne » ? Non... c'est... c'est la seule toune que je connais d'eux autres, c'est la seule bonne toune que j'aime d'eux autres ! Fait que je l'ai apprise, même si je la connaissais un peu, parce que je voulais faire une bonne job, tu sais. Je ne voulais pas avoir l'air d'un navet devant ce band-là puis devant 8000 festivaliers et festivalières. Fait que j'ai appris la toune, ça a bien été. Sauf que là le lendemain, man, j'ai commencé à faire de l'héroïne puis je suis fucking junky puis je suis pogné bien raide, je ne sais pas comment je vais m'en sortir. Fait que merci pour ça les Vulgaires, je vais mal ! Merde ! Vincent Peake !

Hugo Lachance

Avez-vous... n'avez-vous pas honte ?

Marie-Ève Roy

C'est le seul qui s'est fait avoir ! Excellent.

Hugo Lachance

Fait qu'il a joué avec vous une toune, c'est ça ?

Guillaume Beauregard

Ouais, il est venu chanter avec nous « Égaliser l'erreur ». Ouais, ouais, OK.

Hugo Lachance

C'est cool ça, ouais, très cool. Continue. Là je ne vais pas me fourrer dans mes pitons, mais il me semble que c'est là.

[Message audio] Éric Parazelli

Bon, les Vulgaires Machins ont 30 ans. Moi je n'ai pas le goût de faire un hommage, je vous dis tout de suite. Les hommages on fait ça quand on est vieux, quand le meilleur est derrière nous. Les hommages c'est comme pour dire « tu as vraiment fait du bon travail mais là on va passer à d'autres choses ». Puis le problème avec les Vulgaires Machins, c'est que même quand on pense que le meilleur est derrière eux, ils arrivent toujours avec de quoi qui est tellement lucide dans le propos, tellement en phase avec l'époque, tellement mélodiquement fort, tellement puissant musicalement, tellement touchant aussi. D'ailleurs je me suis toujours demandé pourquoi les tounes des Vulgaires me touchaient autant. Encore sur le dernier, Contempler l'abîme, les larmes me venaient aux yeux puis je pense que je ne suis pas le seul. Je ne suis certainement pas le seul à me sentir moins seul, à être révolté de ce qui se passe en ce moment en écoutant ces tounes-là. Puis je pense que c'est ça la force des Vulgaires Machins : le fait de jouer sur les émotions, de jouer les éveilleurs de conscience surtout, mais en passant par l'émotion puis par les tripes aussi. Bon, là je suis en train de faire un hommage pareil ! Mais pour vrai, je ne connais pas beaucoup de groupes qui sont restés aussi pertinents après 30 ans comme ça. Je pourrais aussi raconter des souvenirs qui sont reliés aux Vulgaires que j'ai suivis tout au long de ma carrière de journaliste musical de 30 ans, moi aussi d'ailleurs en passant — merci, bonne fête ! Quand j'ai reçu la première cassette par exemple des Vulgaires Machins dans le temps que je commençais au Voir. Mon tournage avec eux à Toronto dans le temps de Bande à part, on s'était retrouvés à Tent City au milieu de centaines de sans-abris sur un espèce de terrain désaffecté qui appartenait ironiquement à Home Depot. La claque aussi que j'ai mangée en pleine face quand j'ai entendu pour la première fois la chanson « A » sur Aimer le mal, qui reste pour moi une des plus grandes chansons de l'histoire du rock québécois. « Le silence est la clé de la mairie ». Quelle phrase ! Quelle trouvaille quand même comme phrase ! J'ai même vérifié sur internet voir si ça venait de lui, je ne l'ai pas trouvé sur internet, donc ça vient vraiment de Guillaume. Bravo ! Je pourrais parler aussi de la fois où leur booker est venu me chercher dans la file quand j'habitais à Rouyn, que je n'étais plus vraiment journaliste musical, mais il m'a amené les saluer dans leur loge avant le show. Je trouvais ça très sympathique. Puis toutes les conversations sans bullshit que j'ai eues avec eux au fil des années. Mais bon, tout ça ça serait tombé dans la nostalgie, ça ne serait pas très Vulgaires Machins je trouve, de la nostalgie. En tout cas merci d'avoir été là, merci d'avoir été là et d'être encore là aujourd'hui. Le Québec a besoin de vous autres plus que jamais, je dirais. En tout cas moi j'ai besoin de vous autres pour me rappeler que ce n'est pas parce qu'on est vieux qu'on devient mou, puis que le meilleur est derrière nous. Parce que ben non Guillaume, c'est pas terminé le fun !

Hugo Lachance

Ah, c'est tellement touchant ! C'était Éric Parazelli. Merci ! Message très cool. Ne tombe pas dans l'héro, Éric, fais pas comme Vincent ! Non, mais Éric a été vraiment... comme il dit là, ça fait 30 ans qu'on le côtoie là ici et là puis il a été... on a vécu des moments intenses avec lui. Je suis tombé sur un article d'ailleurs où vous étiez dans les premiers bands à jouer sur Bande à part radio. Ça fait quand même longtemps. C'est la version 1 d'internet ou les sessions Bande à part ça... ça sonnait super bien. Ouais, c'est une belle époque ça. Ouais, j'avoue là ça rend nostalgique ! On continue.

[Message audio] DVTR

Salut les Vulgaires ! Salut ! Bravo pour votre nouvel album ! Donc, petite anecdote : nous on vous appelle nos parents adoptifs parce que vous nous avez inclus gentiment dans votre tournée de quatre shows au Québec et au MTELUS. Notre rêve ! Notre premier MTELUS ! Donc puis merci Marie-Ève d'avoir ramené notre étui qu'on avait oublié aux Haricots entre un pot de ketchup et des piments forts. C'est un legs de ma grand-mère, c'est l'objet le plus précieux que je possède, j'ai presque failli le perdre. Merci de faire briller la scène punk québécoise et de rapporter les étuis à leurs propriétaires ! C'était DVTR.

Hugo Lachance

Oui, une belle rencontre sympa, ouais ! Mais je voulais recevoir l'année prochaine, la prochaine saison de L'Album Podcast, c'est sûr. C'est super beau ce qu'ils font. Ils proposent vraiment quelque chose, de l'énergie. L'avant-dernier...

[Message audio] Bruno (Les Marmottes aplaties)

Yo les Vulgaires ! C'est Bruno des Marmottes. Salut Max ! Salut Marie ! Salut Guillaume ! Je fais un petit message pour vous féliciter de vos 30 ans de carrière. C'est pour vrai, je trouve ça vraiment cool. Premièrement, il n'y a pas beaucoup de groupes qui réussissent à s'endurer pendant 30 ans. Bon, je sais que vous autres c'est un peu la famille fait que vous n'avez comme pas tellement le choix ! Génial ! Vous êtes une gang hallucinante puis vous méritez vraiment tout ce qui vous arrive. Vous êtes super talentueux. Puis petite anecdote, moi je vais vous raconter comment je vous ai découverts en fait. Je ne sais pas, ça devait être autour de 96-97, c'est dans le temps de votre premier démo... ben votre seul démo dans le fond. J'avais entendu « Cocaïnomane » à CIBL puis tout de suite ça m'avait vraiment interpellé. Pas dans le propos là, mais plus dans l'attitude de la chanson. Ça m'avait rejoint. J'avais comme senti une connexion, quelque chose avec Les Marmottes, avec ce que je faisais. Quelque chose qu'il n'y avait pas tellement dans le paysage québécois. Fait que tout de suite j'étais couru à l'Oblique pour acheter le démo, puis là j'avais pris le numéro de téléphone dans la cassette. J'avais appelé Guillaume à l'époque, qui devait habiter chez ses parents j'imagine. Puis on s'était jasé ça un peu. On a parlé de la possibilité de faire des shows, de se rencontrer. Je ne me souviens pas si j'étais allé le rencontrer à Granby... je me souviens qu'on avait parlé de peut-être aller se rencontrer à quelque part, prendre un café ou une bière ou whatever. En tout cas, est-ce que ça s'est concrétisé ou non ? Je ne m'en souviens plus, je suis trop vieux ! Guillaume pourra confirmer ou non. Sinon, je vais vous raconter une dernière petite anecdote pour vous illustrer à quel point c'est des beaux humains, les Vulgaires. Vous allez verser une larme, je pense. Donc, on a fait une petite tournée avec les autres, des jours collés. On était un peu sur la route, on ne revenait pas chez nous. Puis Martin, le batteur des Marmottes, il y avait comme un genre de gastro puis il avait chié ses culottes là, mais solide ! Puis c'était comme la dernière journée de la tournée puis Marie-Ève, il lui restait une paire de bobettes propres. Puis là ben Marie-Ève, tout de suite sans hésiter, elle les avait prêtées à Martin pour qu'il puisse être au spectacle ! Alors merci Marie-Ève ! Martin te sera éternellement reconnaissant pour tes belles bobettes propres ! Donc bye bye les Vulgaires ! Je souhaite encore 30 ans de carrière. Je vous aime ! J'espère vous voir bientôt. Ciao !

Hugo Lachance

Oh God ! Bruno ! Ça me dit quoi vaguement...

Marie-Ève Roy

Je me rappelle qu'elles étaient comme... ah ouais, c'est un peu serré !

Hugo Lachance

Mais la question : est-ce qu'il t'a rapporté... ?

Marie-Ève Roy

Non, je ne pense pas !

Guillaume Beauregard

Marie-Ève devait être la seule qui s'amenait des bobettes propres en tournée à cette époque-là !

Hugo Lachance

J'avoue ! Je vais finir avec ma tape, mon complice que je remercie beaucoup pour m'avoir aidé à ramasser les messages puis développer. Vous allez le reconnaître assez vite.

[Message audio] Joakim Morin

Salut Vulgaires Machins ! Ici Joakim Morin, chanteur du groupe Speed Massacre dans lequel Guillaume Beauregard fait aussi partie. Ami de Vulgaires Machins, ancien tour-manager de Vulgaires Machins à l'époque où il y a eu une transition entre les maps de papier et le GPS. Les GPS n'étaient pas tout à fait de tête mais au moins ça nous donnait de l'espoir vers un avenir un peu plus simple que déplier des longues, longues feuilles de map qu'on devait acheter au dépanneur dans chaque ville quand on arrivait. Parce qu'on était arrivés au bout de la map puis ça nous prenait l'autre partie ! Regarder ça pendant qu'on est au volant, c'était pire que prendre ses textos à Granby ! Surtout avec les copilotes qui dorment et compagnie. J'ai plein d'aventures que j'ai vécues avec Vulgaires Machins que j'aimerais raconter. Je ne serais pas capable de toutes les raconter, il y en a évidemment vraiment plusieurs. Mais un autre niveau de plusieurs là, faut pas sous-estimer le mot ! J'ai quand même appris avec Vulgaires Machins à devenir un adulte organisé puis je vais vous remercier pour ça. Mais j'ai surtout eu énormément de plaisir puis des heures et des heures avec des fous rires incroyables. Obligés d'arrêter le camion sur le bord de la route parce qu'on riait trop puis on pleurait de rire. Je vais laisser Maxime vous en compter trois-quatre parce qu'il y en a tellement, mais je sais que Max est un bon fan de mes aventures. Il va pouvoir vous en raconter quelques-unes. En tout cas merci ! Longue vie aux Machins !

Hugo Lachance

Oh my god ! Merci Joakim ! Merci ! Il a travaillé fort pour courir après les messages puis merci beaucoup Joakim, c'est très apprécié. Maxime, on t'écoute !

Maxime Beauregard

Il n'y en a pas tant que ça de racontables ! On est pas mal dans les inside.

Hugo Lachance

Non, mais moi je celle du GPS là, le chemin ?

Maxime Beauregard

Oui ! Ouais, c'est comme une des premières fois justement qu'on utilisait le GPS puis je ne sais pas, on était dans la région de Sherbrooke je pense. En tout cas peut-être pas. Puis là le GPS nous dit de rentrer dans un bois, un chemin de bois ! Mais c'est un chemin de bois, mais nous on a une remorque là puis une van là ! Fait qu'on est dans le chemin de bois, on n'est sûrement pas bons, on roule à 5 km/h... il y avait comme une porte et tout !

Hugo Lachance

Ah c'est bon ! Oh my god ! C'était le bon chemin finalement ?

Maxime Beauregard

Oui, mais on avait fini par... tu imagines tout le monde dans la van ? On est comme tout là : « Qu'est-ce c'est qu'on fait ? ». GPS, c'est à chaque fois, c'est sûr !

Marie-Ève Roy

Mais il faut comprendre que passer du temps avec Joakim en tournée, surtout quand tu donnes plein de responsabilités de gestion puis d'organisation, c'est comme entrer dans un film !

Guillaume Beauregard

Ouais, c'est un personnage Joakim qui t'amène dans un univers parallèle. Absolument.

Hugo Lachance

Moi j'ai connu Joakim à l'époque des Mauvais Garçons de la Roquette, puis je me suis rendu compte que c'est vraiment quelqu'un de vraiment cool, extraordinaire. Comme tu dis, quand he prend le contrôle de quelque chose, on ne sait jamais où ça peut aller cette affaire-là !

Marie-Ève Roy

On a énormément ri avec ! Oui, les blessures aux côtes ça pouvait arriver là.

Maxime Beauregard

Ça faisait mal ! Non, ça arrivait qu'on se supplie d'arrêter !

Marie-Ève Roy

C'était la période Compter les corps.

Hugo Lachance

Ah ouais ? OK, c'est ça exactement. On va passer au segment présentation de l'album. On va se remettre de nos émotions ! Merci beaucoup hein ! Merci pour ce moment-là. Merci, ça fait plaisir. On a conjugué nos efforts pour... ben 30 ans ça se mérite quand même ! Ça fait chaud au cœur, merci. Moi ça me rend heureux. Vous avez émis un communiqué : « Comme un dernier souffle de vie, cet album apparaît le 14 novembre prochain. S'inscrit évidemment dans la lignée pop-punk rock de la formation, mais s'aventure également dans les sonorités New Wave et les orchestrations symphoniques. Guillaume Beauregard, Marie-Ève Roy, Maxime Beauregard et Pat Sayers rallient ainsi à eux la cinquantaine de musiciens et musiciennes du prestigieux orchestre symphonique de Budapest pour les accompagner dans cette nouvelle salve à forte teneur politique et sociale ». Alors ce nouvel album c'est... moi comme je disais tantôt, je l'ai écouté, j'ai eu le privilège de l'écouter. C'est vraiment cool ! Comment vous avez abordé l'écriture ? Est-ce qu'il y a... c'est quoi le contexte d'écriture de cet album-là ? Qu'est-ce qui vous a poussés à le faire ? Comment vous vous êtes rendus là ?

Guillaume Beauregard

Ben on avait envie d'écrire un autre album, en fait. Ça s'est fait sans trop se poser de questions. Je pense qu'on a des visions séparées parce que, comme pour Disruption, cet album-là on l'a écrit chacun séparément. On a gardé ça de nos albums solo. En fait, c'est qu'on se donne la liberté d'écrire nos chansons, d'aller le plus loin qu'on peut. Fait que pendant des mois on ne sait pas ce que l'autre fait. On n'écoute pas.

Marie-Ève Roy

Ah ouais ? OK !

Guillaume Beauregard

On ne veut pas que l'un teinte la direction de l'autre. Cette diffusion-là puis cette indépendance-là est salvatrice là. Puis ouais, puis c'est une belle richesse d'avoir toute la liberté d'aller jusqu'au bout de ses idées au lieu de commencer trop tôt dans le processus à intervenir sur ce qu'on aime, ce qu'on aime moins. Puis Guillaume ne nous donne pas la chance vraiment de commenter les paroles parce qu'il nous donne juste des brides, puis il nous chante ça dans n'importe quelle langue ! Fait que tu ne sais jamais trop !

Marie-Ève Roy

Mais là ça parle de... ouais mais ça part de telle affaire mais là lis-nous le couplet... c'est pas tout à fait... on a le thème !

Guillaume Beauregard

Non, mais ça fait aussi en sorte que quand on arrive puis qu'on se rend compte... ben là moi je peux apporter des choses. On s'apporte des choses mutuellement puis on va plus loin, tu sais, parce que tout à coup il y a un vent frais, il y a un nouvel œil qui se passe.

Hugo Lachance

Et comment vous arrivez au compromis ? Ou est-ce que les compromis ça rend les... ?

Guillaume Beauregard

Gus van Go !

Marie-Ève Roy

Ah ouais ! OK !

Guillaume Beauregard

Gus, c'est notre... c'est celui en qui on a totalement confiance. C'est comme appeler un parent !

Marie-Ève Roy

Bah OK, ouais.

Hugo Lachance

Un adulte, ouais !

Guillaume Beauregard

Un adulte pour démêler les choses. C'est lui qui dit « Non c'est Marie-Ève qui a raison » ou « Non c'est Guillaume qui a raison ». Puis on le truste. C'est beaucoup plus simple vu qu'il a du recul.

Hugo Lachance

Ouais, non mais c'est ça, il a déjà travaillé avec vous. Mais je peux vous dire d'un œil extérieur : c'est sachant ça, ça paraît. Mais quand tu écoutes l'album, c'est quand même un album des Vulgaires Machins. Vous allez un petit peu plus loin, c'est vrai. Sachant ça, c'est vrai que vous allez un petit peu plus loin dans vos tounes un peu plus personnelles. Ben je pense surtout à toi Marie-Ève. Mais ce n'est pas un album qui disparaît, qui s'en va dans tous les sens ?

Marie-Ève Roy

Non ! Parce que quand on se rend compte... tu sais, je mets la hache dans les chansons de Guillaume, puis Guillaume apporte ses solos de guitare dans les miennes. Puis je veux dire le modelage se fait quand même.

Hugo Lachance

Ben ouais, ça reste un album des Vulgaires Machins. Et puis comment ça s'est passé l'enregistrement ? Comment vous fonctionnez pour enregistrer un album ?

Guillaume Beauregard

Ça a été très laborieux. C'était un album quand même ambitieux. D'un point de vue de la production cétait compliqué : beaucoup d'enchaînements, beaucoup d'interludes, beaucoup de... Ben l'orchestre symphonique ! Beaucoup de synthétiseurs ! Tout ça a fait que avec le peu de temps qu'on avait, on ne s'est comme pas rendu compte de la production. Plus que tous les autres albums où on prend le temps de réfléchir, on écoute ce qu'on a fait tout ça, on modifie des affaires. Là c'était 1-2-3 go !

Marie-Ève Roy

On a passé... mais le concept on a découvert ça comme en rentrant en studio. C'est qu'on allait comme enregistrer... c'est dans le but d'enregistrer la batterie vraiment là, mais dans l'ordre ! On a choisi le pacing des chansons avant de commencer. On pouvait parler pendant une heure avant de commencer à enregistrer de « ça marche-tu les tonalités ? ». OK, ouais. La vitesse ? Telle toune après celle-là, ça marche-tu ? Fait qu'il y avait beaucoup aussi de...

Guillaume Beauregard

Ben c'est ça ! Celui-là, c'est cet album-là qui se rapproche le plus d'un album concept qu'on essaye de faire depuis 30 ans. C'est notre but depuis 30 ans ! On parle juste de ça.

Hugo Lachance

C'est comme un album qu'il n'y a pas nécessairement de concept, mais la façon de réaliser s'en est un dans le fond ! Parce que ça, c'est vrai que les tounes coulent bien, il y a les transitions.

Marie-Ève Roy

Ouais, mais il y a le concept, il y a aussi le... il y a comme un thème quand même récurrent dans l'album : ça commence en disant que c'est la fin...

Hugo Lachance

Ouais, c'est ça, exact.

Marie-Ève Roy

Puis toutes les chansons parlent un peu à leur façon du temps.

Hugo Lachance

Du temps, OK. Puis on parle d'orchestre symphonique. Comment vous êtes arrivés à ça ? Parce que ça prend quand même... faut prévoir une orchestration !

Guillaume Beauregard

Ben déjà au début, début du processus, je m'amusais à faire des transitions, à faire des moments. J'avais comme une vision au niveau des dynamiques : loud-quiet-loud. Moi dans ma tête c'était : orchestre symphonique, band punk, orchestre symphonique, moment de piano... J'avais une vision au niveau des dynamiques. J'avais envie d'un orchestre symphonique parce qu'il y a quelque chose d'épique puis de dramatique dans ce qu'on fait que j'avais envie d'exploiter. Donc j'ai fait des mouvements symphoniques entre guillemets très, très basic avec GarageBand pour pouvoir montrer à Marie-Ève et Gus où est-ce que j'avais envie d'aller. Puis après ça, ben c'est devenu une évidence qu'il y aurait un orchestre symphonique. On ne savait pas techniquement comment on allait le faire. Mais on a demandé à Guido Del Fabbro de faire ces arrangements-là comme du monde, selon les règles de l'art. De les écrire finalement à partir de ce que j'avais écrit de façon...

Marie-Ève Roy

Parce que toi tu avais écrit comme mettons trois-quatre voix, mais il fallait qu'il y ait quelqu'un qui l'écrive pour 59 musiciens !

Guillaume Beauregard

59 musiciens ! Parce qu'il y avait les...

Hugo Lachance

Oui absolument ! Là que vous avez fait... vous avez appelé... ?

Guillaume Beauregard

Ben là non en fait, non ! On a passé un certain temps à essayer d'organiser ça avec des musiciens à Montréal puis on a fait toutes sortes de budgets puis de scénarios possibles. Puis ce n'était pas possible financièrement. Impossible d'enregistrer un orchestre symphonique à Montréal. Et aucune subvention aussi pour cet album-là pour la première fois en 30 ans. Donc c'est devenu une option parce que l'orchestre symphonique de Budapest, tu peux les engager pour une heure. Puis avec l'aide d'intermédiaires puis avec le chef d'orchestre, il y a par Zoom moyen d'envoyer les pistes puis de les faire jouer sur les pistes à distance. C'est Gus en fait qui avait ce contact-là parce que sur l'album qu'il avait fait de Metric, il avait mis de la musique symphonique. Ouais, c'est lui qui avait le contact. Puis effectivement, on est comme là avec eux en live là à distance, on les voit !

Marie-Ève Roy

Ah ouais ? Ouais !

Guillaume Beauregard

Fait qu'on était Gus, Guido, Marie-Ève et moi avec nos idées. Les charts avaient été faits par Guido en amont, puis là ils nous l'ont joué une première fois. Puis là on se consultait. Après ça on faisait le message au traducteur qui faisait le message au chef d'orchestre qui faisait le message à l'orchestre. Puis tout ça en temps réel ! C'était vraiment tellement efficace ! Si ça pouvait exister ici en fait... C'est merveilleux là ! Parce que c'est accessible. Parce que pendant une journée complète par exemple, ils reçoivent les charts puis ils les jouent. Fait que tu n'as pas besoin de trouver, louer un studio, trouver les musiciens... C'est OK.

Hugo Lachance

Bon, super ! Ça m'étonne, c'est quand même impressionnant ! Je ne m'attendais pas à ça, pour vrai là.

Marie-Ève Roy

Tu sais dès la deuxième, on l'avait la take là !

Guillaume Beauregard

Il y a eu beaucoup de takes parce qu'il nous restait du temps mais on était déjà contents là. Les musiciens les autres, ils n'ont pas besoin de pratiquer pour ça nécessairement. C'est toute la lecture à vue.

Hugo Lachance

À vue ! C'est hallucinant !

Marie-Ève Roy

Ce n'est pas les bands de rock !

Guillaume Beauregard

La lecture à vue c'est pas... non pas tellement ! La lecture tout court, je te dirais ! De quoi tu parles ?

Hugo Lachance

Bon, est-ce qu'on l'écoute cet album ? Non, on ne l'écoute pas. On va rapidement passer à la présentation. Donc le titre : Contempler l'abîme. Année : 14 novembre 2025 sur Costume Records. Nombre de pistes : 12. Réalisation et mixage : Gus van Go. Les musiciens : évidemment il y a Guillaume (guitare, voix et paroles), Marie-Ève (guitare, voix, piano, synthétiseur et paroles), Maxime Beauregard (basse), Pat Sayers (batterie). Chant sur « L'effondrement qui vient » : Jenny alias Jill Salgado. Mouvement symphonique : Orchestre symphonique de Budapest. Arrangements symphoniques : Guido Del Fabbro. Studios : Studio PM à Montréal et au Studio Giant à Toronto. Vous avez fait quoi à Toronto puis Montréal ?

Guillaume Beauregard

Ben les basics à Montréal. Un peu de guitare. En fait c'est qu'on a... les basics étant la batterie puis la basse.

Marie-Ève Roy

Ouais mais on a gardé des guitares !

Guillaume Beauregard

On a gardé finalement une coupe de tracks.

Hugo Lachance

OK, cool. Mastering : je ne sais pas... Ryan Morey ?

Marie-Ève Roy

OK ouais, Ryan.

Hugo Lachance

Je vais l'inviter au podcast, par son nom il vient ! Il en a tellement fait Ryan ! Période d'enregistrement : entre janvier et mars 2025 ?

Marie-Ève Roy

Ouais.

Hugo Lachance

Conception de la pochette : ben là on va faire apparaître la pochette ! Vous êtes des enfants de la télé, vous autres ! Attention... 1-2-3... Et voilà ! Alors comment avez-vous abordé le visuel ? La pochette est vraiment belle.

Marie-Ève Roy

Elle est trop belle, hein ! Je pense que c'est vraiment une belle pochette. C'est Renaud Philippe, un photographe-journaliste qui vient de Québec. Il travaille pour le New York Times, pour Le Devoir. Il fait des photos incroyables, des photos remplies d'émotions puis aussi à caractère social.

Hugo Lachance

Fait des... ben celle-là on peut dire que c'est un photographe engagé ! Juste pour les gens qui sont à l'audio, c'est vraiment on voit quelqu'un dans un char qui fait un gros show de boucane puis qui est comme... ça fitte tellement avec la thématique de votre album ! C'est comme... c'est la fin, c'est ma perception, c'est qu'on s'en contre-crisse, tu sais ! On y va dans le tapis, la fin n'est pas loin !

Marie-Ève Roy

C'est ma perception de ça ! Je trouve la route... il y a quelque chose de méditatif là aussi.

Hugo Lachance

SEGMENT : Une chanson après l'autre

Hugo Lachance

On va passer au segment une chanson après l'autre. On écoute un petit bout de la tune, puis vous en discutez. Mesdames et messieurs, c'est la fin, il est temps qu'on y arrive, il aura fallu qu'on dégraisse les trois quarts de tout ce qui existe. Cette chanson-là, elle est très épique et en plusieurs mouvements. On va juste faire avancer un petit peu pour voir comment cette chanson-là peut progresser. C'est terminé le fun. Terminé le fun. Est-ce que c'est vraiment terminé le fun ?

Guillaume Beauregard

Je veux juste dire que c'est toute une intro. J'avais envie que ça soit l'ouverture de l'album. En l'écrivant, je pensais à ça en me disant que ce ne serait peut-être pas l'intro de l'album, mais j'avais envie que ça soit ça parce que j'avais envie de commencer par la fin aussi. « Terminé le fun » dans le sens où il y a des choses qui sont amenées à disparaître en ce moment dans notre civilisation, dans notre système, dans notre société.

Guillaume Beauregard

Je pense quautant on perd des choses qui sont des grandes pertes et pour lesquelles il faudrait commencer à défendre et à sauvegarder, autant il y a des choses qui sont amenées, j'ai l'impression, à disparaître, et ce n'est peut-être pas une mauvaise chose non plus. Il y a cette idée-là dans le fun : c'est peut-être une sorte de fun un peu vide qui disparaît, puis peut-être une réalisation d'une réalité qui nous rattrape à quelque part.

Hugo Lachance

Moi je trouve que ça fitte avec le fait que, scientifiquement, on a peut-être passé un point de non-retour. Avant, on disait qu'il était minuit moins cinq ou minuit moins deux, je pense qu'il est minuit. C'est exactement le feeling que j'ai eu en écoutant ça : l'espèce de génération a franchi un certain point de non-retour.

Marie-Ève Roy

Faire comme si ça n'existait pas, ça ne se peut pas non plus. C'était ça aussi, je pense, que Guillaume voulait faire : c'était de donner une claque puis de dire que c'est là qu'on est rendu.

Hugo Lachance

De là ce que je disais, la pochette aussi : le gars qui va faire des shows de boucane puis « fuck », peu importe ce qui arrivera, on va essayer d'avoir du fun malgré tout. C'est une tune qui est vraiment épique, vraiment cool. Tu veux citer Bernard Stiegler : « C'est la crise de ce qu'on appelle maintenant le consumérisme, c'est une crise extraordinairement grave, sans aucun doute la plus grave que l'humanité n'ait jamais connue, et c'est une crise à laquelle absolument personne n'ose vraiment s'attaquer. » C'est beau quand même.

Guillaume Beauregard

En fait, Bernard Stiegler, son expertise de philosophe est beaucoup autour de la révolution numérique, de la technologie, etc. C'est beaucoup ça ses recherches des dernières années avant qu'il décède il y a trois ou quatre ans. Mais il y avait aussi un propos autour du capitalisme, du consumérisme, etc. J'avais envie de lui offrir un petit moment sur l'album.

Guillaume Beauregard

J'avais envie de lui rendre hommage parce qu'il a occupé une place importante dans ma vie à partir de la pandémie. Quand j'ai découvert ce qu'il écrivait, j'ai lu beaucoup Bernard Stiegler, ça m'a beaucoup inspiré, ça m'a beaucoup éveillé. J'ai eu l'impression d'avoir accès tout à coup au-delà de la mêlée, quelqu'un qui réfléchissait de façon très globale, très intelligente et très intelligible aussi. C'est une façon de lui rendre hommage, de faire circuler son nom, d'amener un peu sa réflexion vers les auditeurs.

Guillaume Beauregard

Je me souviens quand j'ai entendu la chanson « Stick the Fucking Flag Up Your Ass, Motherfucker » de Propagandhi, c'est là où je me suis dit : « Ah, peut-être je devrais lire Noam Chomsky, peut-être que je devrais m'intéresser à ça parce qu'un groupe que j'aime beaucoup, qui partage un certain nombre d'idées, m'invite à le faire ».

Hugo Lachance

C'est vrai qu'il y a des liens avec Propagandhi, c'est sûr. Vulgaires, c'est clair. Avez-vous déjà joué ensemble ?

Guillaume Beauregard

Oui, on a joué cet été même ensemble, ça a été super.

Hugo Lachance

Est-ce qu'il y a autre chose à ajouter ? « Om Mani Padme Hum », enfin c'est la fin d'après toi, la mort prête ce temps où la folie avorte, la fin du tram et la fin d'une époque, enfin l'industrie culturelle est morte, c'est la fin de la fin de la fin. Super bonne tune. Donc « Om Mani Padme Hum » est un mantra bouddhiste célèbre, il est souvent traduit par le joyau du lotus et incarne la fusion de la compassion et de la sagesse. On tombe dans le punk rock, super bon beat, ça sonne au bout.

Guillaume Beauregard

C'est une continuité de « Terminer le fun ». C'est ce dont je parlais tantôt, avec tout ce qui disparaît, tout ce qu'on est content de voir disparaître, tout ce qu'on est moins content de voir disparaître et qu'on devrait défendre. Cette phrase-là est ressortie pertinente pour moi : « C'est la fin des inquiétudes infécondes ».

Guillaume Beauregard

C'est un peu un souhait, un vœu que je lance dans l'univers en disant que l'inquiétude, l'anxiété, l'angoisse qu'on vit en ce moment peut, il faut l'espérer en tout cas et travailler dans ce sens-là, nous amener ailleurs. Les inquiétudes, il faut les voir comme quelque chose de positif, comme l'expression de la santé mentale qui essaie de rester en nous. « La fin des inquiétudes infécondes », pour moi, ça dit : servons-nous de ça pour agir.

Guillaume Beauregard

Musicalement, elle fait partie du premier extrait qu'on a sorti qui dure presque neuf minutes. Dans « Terminer le fun », à un moment donné, je chante un couplet vraiment doux, et il se retrouve dans ce couplet de « Om Mani Padme Hum » aussi. C'est répété comme une deuxième fois. Pour moi, cette chanson-là, c'est la continuité, c'est la même tune qui dure neuf minutes.

Hugo Lachance

On continue avec « Travail à la chaîne ». « Il n'est pas dans nos gènes, il n'est ni dans notre ADN, il ne coule pas dans nos veines ». C'est une de mes tunes préférées de l'album. J'aime beaucoup le côté un peu rétro, vintage, un peu classe. Je trouve que ça sonne bien, la basse, tout est bien placé. Ça apporte un nouveau souffle chez les Vulgaires Machins.

Maxime Beauregard

Musicalement, quand on fait les tunes de Marie, on n'a pas le même feeling. Tout le monde, on dirait que ça n'a pas le choix de nous amener ailleurs. C'est tellement loin, on se demande comment on peut rendre ça un peu « Vulgaire Machin ». C'est le contraire.

Marie-Ève Roy

Si Guillaume nous montre des parties, c'est vraiment Ramones. Avec moi, on joue différemment. Pour « Contempler l'abîme », c'était plus guide-voix parce que ça change l'approche. Dans cette chanson-là, ce que je voyais mentalement, c'était vraiment les prisonniers qui travaillent à la chaîne, qui ont le boulet, et c'est un rythme qui est là, répété comme une machine.

Hugo Lachance

Il y a vraiment un côté années 70. Je pense qu'aussi le fait d'avoir doublé les voix, il y a quelque chose d'un peu symphonique là-dedans. Ça fait bien dans le pacing. On continue avec « L'effondrement qui vient ». C'est vraiment bon en plus. Guillaume nous a dit que la première fois qu'il nous l'a fait écouter, il n'était pas sûr, il pensait la jeter.

Marie-Ève Roy

C'est là qu'on est pertinents, parce que moi et Gus, la première fois qu'on l'a entendue, c'était comme : « Tu ne jettes pas ça là ! ». Ça a été unanime dans le band. Vocalement, c'est ailleurs, c'est une façon de chanter différente, même en gueulant.

Guillaume Beauregard

Je me souviens de ce moment-là où on écoutait les chansons. J'étais convaincu de la qualité de l'écriture de Marie-Ève, mais pour ma tune que je voulais jeter, Marie-Ève et Gus m'ont dit qu'elle était bonne. Dès le début, j'avais pensé à Jenny pour cette chanson.

Marie-Ève Roy

Jenny était vraiment la muse de ce délire-là. J'avais toute conceptualisé l'idée, mais je n'étais pas convaincu que c'était pertinent de mettre de l'énergie là-dedans. Ils m'ont convaincu d'aller jusqu'au bout de cette idée.

Hugo Lachance

Vous les avez connus quand ?

Guillaume Beauregard

Ils ont fait notre première partie au Métropolis. À cette époque-là, on trouvait que le hip-hop et le punk rock, ça marchait, mais personne ne faisait ça. On avait décidé de les inviter, ça avait été une drôle d'expérience, on s'était fait huer par certaines personnes. C'était un peu pour brasser l'affaire, pour défaire les habitudes.

Marie-Ève Roy

Depuis ce temps-là, on est comme frères un peu, on a le même esprit revendicateur, le même esprit de rassemblement. Jenny est tellement intelligente et belle. Le résultat est bon. Il y a toujours une connexion entre Vulgaires Machins et eux, mais il n'y avait jamais eu de connexion artistique. C'était le bon moment de connecter.

Hugo Lachance

Ce que j'aime bien, c'est que ça ne fait pas « featuring pour avoir un featuring ». Ça paraît que la tune a été réfléchie. C'est un bon single d'ailleurs. On continue avec la prochaine. C'est une de mes préférées, il y a un côté rigolo et ironique là-dedans. Ta basse sonne au bout d'ailleurs sur l'album.

Maxime Beauregard

J'ai jamais aimé vraiment le son de la basse de « Compter les corps ». Pour moi, « Disruption », c'est mon album préféré niveau son. Pour celui-là, c'était vraiment un concept : on fait du fuzz. Gus trippe bien gros sur la distorsion.

Guillaume Beauregard

J'adore ce bridge-là, c'est un de mes préférés.

Hugo Lachance

On continue avec l'interlude. C'est une mélodie qui revient ou non ?

Guillaume Beauregard

C'est vraiment une interlude, c'est aussi un peu un hommage à Harmonium. C'est aussi un bel endroit dans l'album pour prendre une pause. Guillaume essayait d'écrire de façon différente, d'écrire une partition et de se demander ce qu'il aurait le goût d'entendre après, sans se préoccuper si c'était un couplet ou un refrain. Ça a donné des interludes.

Marie-Ève Roy

Ça donne aussi la place à l'orchestre et au piano.

Guillaume Beauregard

Mentionnons Guido Del Fabbro. L'arrangement que j'avais fait de ce segment-là était beaucoup plus basique. Toutes les parties de vents, c'est Guido qui a écrit ça. Il a vraiment donné vie à ça, il a rendu ça vraiment très beau. Tu te rends compte que c'est une vraie job être arrangeur.

Hugo Lachance

On continue avec « Tout recommence ». Marie, as-tu pensé faire un album solo avec nous autres ? Tu n'étais pas sûre pour celle-là ?

Marie-Ève Roy

Je n'avais pas l'impression de revendiquer quelque chose. J'ai juste fait ce que j'avais envie d'entendre. En show, on va avoir une autre musicienne qui va se joindre à nous, Lisa, qui joue des keyboards, donc on va pouvoir garder l'essence New Wave.

Guillaume Beauregard

Marie a souvent un pied dans la porte, elle était prête à s'en aller. On l'aime la tune, il a fallu la forcer un peu.

Hugo Lachance

On continue avec « Avalanche ».

Guillaume Beauregard

La progression d'accords qu'on entend dans l'intro, c'est la même progression d'accords qu'une autre chanson qu'on entend plus tôt dans l'album, que j'avais envie d'exploiter autrement. C'est la seule chanson sur l'album où j'ai écrit la musique et les mélodies, et Marie a pris le relais pour les mots plus tard. C'en est une autre que je voulais jeter, mais Marie a dit qu'elle allait essayer d'écrire des mots dessus.

Marie-Ève Roy

On a travaillé fort pour l'amener à bon port. L'intro qu'on entend, c'est une session GarageBand.

Guillaume Beauregard

Au moment où on perd la perspective, le doute devient toxique. On ne sait plus s'il y a moyen de savoir si c'est bon ou non. On a besoin des autres pour nous dire que notre idée est bonne.

Hugo Lachance

On continue avec « Il faut se jeter à l'eau ». J'ai bien aimé les paroles aussi.

Marie-Ève Roy

C'est une chanson très personnelle parce que j'ai perdu quelqu'un que j'aimais beaucoup, donc elle est teintée de ça. Parallèlement, elle me fait penser à notre état dans la société. À un moment donné, il va falloir qu'on plonge à l'eau. Le ultra-intime se reflète bien dans l'universel.

Guillaume Beauregard

J'adore les harmonies vocales dans le refrain. J'ai beaucoup écouté ABBA avant d'entrer en studio, les harmonies sont débiles. On a exploré les backups vocaux dans cet album-là. C'est une chanson très lente, un autre univers. Souvent, le danger apparaît et on a plutôt le réflexe de se dire : « Puisqu'il y a du danger, allons-y ».

Hugo Lachance

On continue avec « Libérer la foudre ». Il y a toujours une tune « Vulgaire » un peu rock and roll comme ça. « Depuis que je ne bois plus, ma prison est beaucoup plus vaste ». Tu ne bois plus, Guillaume ?

Guillaume Beauregard

C'est un choix. La sobriété est vraiment un bel allié de la création. J'ai eu l'impression plus que jamais d'avoir du contrôle sur ce que je faisais, autant sur le plan mélodique que lyrique. Le plaisir que j'ai pris à écrire est beaucoup plus vif. Je n'ai jamais écrit en état d'ébriété, j'ai toujours écrit le matin, mais j'ai beaucoup écrit « hangover » par exemple.

Hugo Lachance

Faire le pas et se rendre compte que c'est possible de continuer de créer sans alcool, tout le monde me dit que c'est mieux. Ça change la dynamique en tournée aussi.

Marie-Ève Roy

On est dans un état beaucoup plus reposé. On n'a plus 20 ans, on ne ferait plus le party comme on le faisait.

Guillaume Beauregard

« Libérer la foudre » utilise le sarcasme. Ça permet d'aller dans des zones où, au premier degré, c'est plus difficile.

Hugo Lachance

On est rendu à « Faire défection ». C'est la tune punk californienne de l'album.

Guillaume Beauregard

Les trois dernières s'enchaînent vraiment. C'est la section de l'album où on entre dans mes réflexions sur l'exercice artistique, le sens que ça a dans la vie et les perspectives de changement que l'art peut apporter. Pour le son punk californien, il faut accorder le crédit à Gus van Go, parce qu'il va toujours être tenté de s'éloigner de ça, ce n'est pas son bagage artistique, et c'est une bonne chose.

Hugo Lachance

On termine avec la dernière chanson de l'album.

Marie-Ève Roy

C'est la dernière qu'on a chantée. On a tellement changé de choses à la dernière minute, on a paniqué à un moment donné. On a « choppé » les refrains à la fin.

Guillaume Beauregard

Cette tune-là, c'est un peu un retour au début, on y retrouve un ton un peu adolescent dans le propos. Ce sont des réflexions qui me réveillent la nuit : à quoi ça sert de faire de la musique ? Est-ce que ça fait du bien à quelqu'un ? Pour garder ce projet-là en vie, tout ce qui est investi, est-ce que ça vaut la peine ? C'est une question qui demeure et qui revient.

Hugo Lachance

Chapitre 31 : Conclusion

Hugo Lachance

On a passé à travers l'album ! Bravo ! Marathon honorifique. Quelle chanson représente le mieux cet album ?

Guillaume Beauregard

« Terminer le fun » et « Om Mani Padme Hum » ensemble.

Hugo Lachance

Qu'est-ce qui vous rend heureux dans cet album ?

Marie-Ève Roy

J'ai hâte de les jouer en show. C'est le fun de se dire : « J'ai hâte de voir comment ça va sonner quand tout sera fini avec les arrangements ».

Hugo Lachance

Où est-ce qu'on peut se procurer l'album ?

Marie-Ève Roy

Il sera disponible sur les plateformes et en vinyle chez les disquaires indépendants.

Hugo Lachance

Merci à vous deux, c'était vraiment cool ! Merci aux auditeurs, merci à Véro Lambert et la salle des tortues. On se revoit pour un autre épisode.