Transcription de l’épisode avec Edouard Tremblay-Grenier : François Roberge
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Nous sommes le 14 avril 2026, en provenance de la Salle des tortues à Montréal. Aujourd'hui, je reçois Édouard Tremblay-Grenier, qui vient nous présenter soit le PDG des boutiques de lingerie La Vie en Rose, soit l'entrepreneur de construction générale, ou peut-être même le député caquiste de Chambly à l'Assemblée nationale du Québec. On verra bien ! Une chose est sûre, c'est qu'il nous présente son album François Roberge à l'Album Podcast. Avant de vous présenter mon invité convenablement, je tiens à remercier les nouveaux abonnés. Ça va bien ! Venez nous rejoindre sur les réseaux sociaux : Instagram, Facebook, et YouTube surtout. On n'est pas loin des 1500 abonnés, alors venez nous voir. Faites un petit clic, c'est vraiment cool. C'est un geste qui ne prend pas de temps et qui fait extrêmement plaisir. Vous savez, c'est le nerf de la guerre. Alors, venez nous rejoindre. Allez suivre aussi les réseaux sociaux de mon invité. Je tiens à remercier aussi les commentaires de l'épisode. On va commencer par la magnifique Salle des tortues. Je tiens à remercier Véronique Lambert de nous accueillir dans ses studios. La Salle des tortues, c'est un studio écran vert tout équipé avec caméra, son, micros, tout ce qu'il faut. L’éclairage est tout flambant neuf. Si vous avez un vidéoclip, des vidéos corporatives, ou si vous voulez faire des spectacles d'humour, Marc Labrèche est même venu ici tourner pour le Bye Bye. C'est assez hallucinant ! Cherchez la Salle des tortues sur Internet et sur Facebook; Véronique va vous accueillir. Vous pouvez même y enregistrer des podcasts comme le mien. Je tiens aussi à remercier Hopera qui commandite l'Album Podcast depuis un bon bout de temps. Si vous allez au Saguenay, c'est un restaurant-bar sur la rue Saint-Dominique. Il y a aussi Hopera La Chop, qui est une usine située dans le parc industriel de Jonquière. Il y a un petit pub à l'intérieur où vous pouvez voir plein d'artefacts des groupes locaux comme Horloge Simard, Mononc' Serge et WD-40. Même les fermenteurs sont nommés. Vous pouvez visiter et surtout déguster leurs excellents produits. Pour vrai, c'est vraiment bon. Merci à Vlad et son équipe de commanditer ce fabuleux podcast. Si vous aimez mon travail, vous pouvez faire un don au podcast si ça vous chante, un don spontané ou un don mensuel via PayPal. Le lien est dans la description et si vous êtes à l'audio, allez voir mon site au www.lalbumpodcast.ca.
Édouard Tremblay-Grenier : Ça fait du stock ! Oui, tu as bien fait ça.
Hugo Lachance : Merci Édouard. Bienvenue à l'Album Podcast.
Édouard Tremblay-Grenier : Merci de l'invitation.
Hugo Lachance : Je suis vraiment content que tu sois là. Tu as aimé ma présentation ? Je trouvais que c'était super pour vrai.
Édouard Tremblay-Grenier : J'ai tout aimé ! J'ai hâte de déboulonner les affaires. J'ai bien hâte que ce soit le président de La Vie en Rose. Le pire, c'est que je l'ai appris après que tous les contrats aient été signés, donc je ne pouvais pas changer. Mais de toute façon, je m'en tiens à mon idée.
Hugo Lachance : Est-ce que tu as reçu une boîte de bobettes ou pas ?
Édouard Tremblay-Grenier : Non, même pas ! Je n'ai rien eu franchement. François Roberge, on te met au défi de m'envoyer une boîte de sous-vêtements, mais pas celui de mon album, l'autre !
Hugo Lachance : Ah ouais, lui ! Envoie-lui une boîte de sous-vêtements, s'il te plaît. Écoute, je pose toujours les mêmes six questions à mes invités. On va commencer par le début. Édouard Tremblay-Grenier, c'est un petit gars de où ?
Édouard Tremblay-Grenier : Un petit gars de Montréal. Un petit gars d'Hochelaga. Né et grandi à Hochelaga.
Hugo Lachance : Oh yeah, cool ! Et ton album d'enfance, c'est quoi le plus loin dont tu te rappelles ?
Édouard Tremblay-Grenier : Le premier que j'ai écouté où je me suis dit « OK, ça... », pour vrai, je me souviens que tous les albums des Beatles ont toujours bercé mon enfance. Mais l'album où j'ai réalisé que j'aimais la musique, c'est probablement celui des Trois Accords. J'ai fait « Wow, OK, ça c'est cool ». Je me souviens d'avoir été au lancement quand j'étais un petit cul. J'avais pogné de quoi; je m'étais probablement endormi après trois tounes, mais j'avais vraiment capoté.
Hugo Lachance : C'est bon ! Et ton album d'adolescence, celui qui t'a marqué à part les Trois Accords ?
Édouard Tremblay-Grenier : En adolescence, je n'écoutais que du Green Day. American Idiot puis 21st Century Breakdown. C'était ça que j'écoutais en boucle. Maintenant, j'écoute beaucoup plus de francophone, ce que j'écoutais beaucoup moins avant.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?
Édouard Tremblay-Grenier : C'est très vaste ! Autant des Beastie Boys, du Jean Leloup que du Malajube. Ça va loin ! Gillian Welch aussi. Ma mère m'a transmis l'amour pour Gillian Welch, j'en écoute encore aujourd'hui. C'est tellement bon.
Hugo Lachance : D'ailleurs, ce premier album, je pense que ça fait déjà 30 ans. Ton premier instrument, c'est quoi ?
Édouard Tremblay-Grenier : Le piano. Je n'ai jamais appris à réellement jouer du piano, mais je me souviens que je jouais la toune d'Inspecteur Gadget au piano quand j'avais 6 ans. Au primaire, je me suis mis à jouer du violon et maintenant je joue de la guitare.
Hugo Lachance : Super ! À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?
Édouard Tremblay-Grenier : On dirait que ça a toujours été là, ça a toujours été présent à cause de mes deux parents. Mon père fait de l'humour, mais il y a toujours une guitare à côté, et pour ma mère, il y avait des guitares constamment. J'ai toujours été encerclé de musique, j'en ai toujours fait.
Hugo Lachance : On va continuer en te présentant. Édouard Tremblay-Grenier est un musicien, compositeur et acteur québécois. Dès l'enfance, il développe son oreille musicale et compose sa première chanson à 13 ans. Son talent est remarqué lorsqu'une de ses chansons est intégrée au film Genèse de Philippe Lesage. Est-ce que tu peux nous la chanter ?
Édouard Tremblay-Grenier : Oui, c'est Entre toi et moi. C'est la première toune que j'ai écrite. Philippe Lesage l'a prise dans son film et ma mère l'a mise sur son album Cassiopée. Vous pouvez l'écouter; je zozote beaucoup dans la chanson, mais c'est moi qui est là.
Hugo Lachance : J'ai consulté ta filmographie. En consultant ton parcours de comédien, on remarque que tu as porté le nom de Félix dans trois projets majeurs : dans le film Les Démons en 2015, dans le film Genèse en 2018, et dans la série La Faille en 2019.
Édouard Tremblay-Grenier : C'est vrai. La Faille, je ne sais pas pourquoi elle revient souvent dans mes biographies, parce que je pense que j'ai une seule réplique là-dedans ! Je me souviens avoir eu du fun au tournage, mais j'étais juste là. Pour les deux Félix de Genèse et Les Démons, il y a une possibilité que ce soit le même personnage parce que c'est Philippe Lesage qui a réalisé les deux films. Je pense qu'il a fait exprès. Le personnage ne s'appelait peut-être pas comme ça pour Genèse, mais vu que c'est moi qui ai eu le rôle, il a dit : « On va le rappeler Félix ».
Hugo Lachance : Après avoir été Félix — qui signifie « heureux » en latin — pendant une bonne partie de ton adolescence à l'écran, le projet François Roberge est une façon pour toi de reprendre possession de ton nom ?
Édouard Tremblay-Grenier : On peut dire ça, oui. C'est bon ça !
Hugo Lachance : Multi-instrumentiste passionné, tu collabores avec divers artistes de la scène émergente. Tu joues quoi à part la guitare ?
Édouard Tremblay-Grenier : Pour vrai, le terme « multi-instrumentiste », c'est plus pour beurrer la confiture qu'autre chose ! Je joue de la guitare, et quand je fais des démos, je joue de la basse et je me débrouille sur un drum. Mais ce sont toutes des choses que je laisse aux gens autour de moi.
Hugo Lachance : En 2024, tu rejoins le House Band du spectacle de la Saint-Jean sur les plaines d'Abraham. C'est le show où tu jouais avec ta mère et où il s'est mis à pleuvoir ?
Édouard Tremblay-Grenier : On s'est levés et il pleuvait déjà. On était supposés faire une générale la journée même et on ne l'a pas faite. Au lieu de faire 2h de show, on a coupé une demi-heure pour faire 1h30. Dix minutes avant de monter sur scène, un artiste est venu dire qu'il ne voulait plus faire telle toune, alors on a tout switché le pacing dix minutes avant le show. C'était débile ! C'est le meilleur souvenir de show de ma vie. Ma mère n'a pas tant trippé parce qu'elle est tombée et elle s'est vraiment fait mal. Mais moi, j'ai capoté. Je vivais ma vie de rockstar, un de mes premiers gros shows sous la grosse pluie, je faisais des solos devant 20 000 personnes.
Hugo Lachance : C'est ton plus gros show à battre !
Édouard Tremblay-Grenier : Oui, de loin ! À ce moment-là, je commençais à devenir très amateur de la culture québécoise.
Hugo Lachance : Est-ce que tu t'identifies à cette nouvelle génération de jeunes qui s'identifient beaucoup au Québec, comme Lou-Adriane Cassidy ou Thierry Larose ?
Édouard Tremblay-Grenier : À 100 %. Je suis tombé en amour avec quelque chose que je connaissais bizarrement peu. J'écoutais les Trois Accords et Malajube quand j'étais jeune, mais c'était tout. Ça n'a pas évolué pendant longtemps. J'écoutais juste du franco en me disant que ce n'était pas bon ce qui se faisait au Québec. Puis, je suis tombé par hasard au show de Robert Charlebois aux Francos. J'ai pogné une claque ! Je me retourne et il y a 40 000 personnes qui chantent les paroles avec des drapeaux du Québec. Je suis sorti de là bouleversé. Le show tout de suite après, c'était Philippe Brach en show surprise. J'ai pogné une autre claque. Je me suis dit : « Comment Robert Charlebois et Philippe Brach vivent dans le même écosystème ? ».
Édouard Tremblay-Grenier : Je ne comprenais pas. Je pensais même que les Colocs était un petit band parce que ma mère était dedans ! C'était ça mon niveau. Alors j'ai été curieux et j'ai commencé à découvrir des noms que je pensais moins bons avant. Maintenant, avec des amis, on joue à un jeu : on boit une bière à chaque fois qu'on met une toune québécoise, et on finit la soirée très sous !
Hugo Lachance : Tu t’es intéressé tout de suite à ce qui se fait actuellement ou aux plus vieux ?
Édouard Tremblay-Grenier : Les deux ! À la base, c'était Louis-Jean Cormier et avec pas d'casque. Je suis replongé dans Malajube, qui est mon band préféré de tous les temps; j'ai deux tatouages de Malajube. Comme Louis-Jean Cormier aimait Gilles Vigneault, je suis allé écouter Gilles Vigneault et j'ai capoté. Puis ça m'a pris un peu plus de temps à rentrer dans Charlebois.
Hugo Lachance : Tu as commencé à écrire à 13 ans. Est-ce que tu composais des tounes plus anglophones étant adolescent ?
Édouard Tremblay-Grenier : À 13 ans, je composais en français, mais c'étaient des tounes que je n'aimais pas. J'ai eu un switch où je me suis mis à composer en anglais, je me trouvais une direction que j'aimais mieux. Mais après avoir vu Charlebois et Philippe Brach, je me suis dit : « Qu'est-ce que je fais ? Il faut que je compose en français, en québécois, en joual. Je veux faire partie de cette culture-là. » Depuis, je ne compose qu'en français.
Hugo Lachance : Est-ce que tu as toujours été solo ou as-tu eu des bands ?
Édouard Tremblay-Grenier : Toujours solo. Parfois un ami vient gratouiller avec moi, mais c'est solo la majorité du temps. C'est un peu un rêve d'avoir un band, mais je n'ai jamais fait le pas de dire « OK, on part un band ensemble ». Un jour, j'aimerais vraiment ça.
Hugo Lachance : Mais quand tu fais des shows maintenant, tu as un band ?
Édouard Tremblay-Grenier : Oui ! Je suis avec mon frère, avec Zak Boileau et avec Vincent Huard. Les trois sont débiles, je suis vraiment bien entouré. Victor est aussi capable de bien rendre les drums de Pierre Fortin. Quand on enregistrait l'album, Pierre disait que certaines parties pouvaient être compliquées même si elles avaient l'air simples, mais Victor est capable de le faire sans stress. On salue Vic ! Il a d'ailleurs un projet avec Vincent qui est débile et il va peut-être bientôt enregistrer un truc solo.
Hugo Lachance : On va continuer avec ton album François Roberge. Le communiqué de presse dit que tu y explores tes amours, tes aventures imaginaires, la quête du bonheur, mais aussi la perte de mémoire d'un être cher. Quel est le contexte de cet album ?
Édouard Tremblay-Grenier : Pour vrai, il n'y en a pas tant que ça ! Je qualifie ma composition de « vomi de cerveau ». Je m'assois, ça me prend moins d'une heure, je compose une toune et je n'y retouche plus après. C'est pour ça que l'album va dans plusieurs directions; je n'essaie pas de ressembler à ma toune d'avant, c'est juste le reflet de comment je me sentais à ce moment-là.
Hugo Lachance : Sur l'album, il y a des musiciens et tu as réussi à créer un univers sonore. Comment es-tu arrivé à faire ça avec tes musiciens ?
Édouard Tremblay-Grenier : On était trois : moi, Pierre Fortin et Jean-Sébastien Chouinard. On réalisait et on jouait un peu de tout. Alex McMahon et François La Fontaine sont aussi venus faire des claviers pour certaines chansons. C'est notre énergie ensemble qui a donné ce vibe-là; on niaisait et on tripait ensemble. Je n'envoyais pas vraiment mes chansons à Pierre d'avance. J'arrivais au studio et je disais « j'ai telle toune », et on la construisait track par track. Mes démos sont très basiques, juste guide voix et guitare, même si je peux parfois prendre 6h sur GarageBand pour faire des arrangements. Mais pour l'album, on a tout construit de manière organique à partir de ça.
Hugo Lachance : S'il fallait mettre des étiquettes sur ton album, ce serait quoi ?
Édouard Tremblay-Grenier : J'ai une définition du grunge qui est : « je fais ce que je veux et je m'en fous de la réaction des autres ». Pour moi, c'est ça, même si je sais que je ne fais pas musicalement du grunge ! Ça ressort avec des accents pop. C'est certain qu'il y a une partie du « son du lac » que Fred Fortin, Olivier Langevin et Pierre Fortin ont développé. Je suis très proche d'eux et je suis fan de Fred Fortin, c'est probablement mon artiste le plus écouté des cinq dernières années.
Hugo Lachance : Quels seraient tes albums de référence pour François Roberge ?
Édouard Tremblay-Grenier : Labyrinthe de Malajube revenait beaucoup. Pierre Fortin disait qu'on dirait qu'il y a toujours un tueur caché quelque part dans cet album-là, et c'est cette vibe-là qu'on voulait. Sinon, il y a la vibe de Avec pas d'casque; je suis très fan de la poésie de Stéphane Lafleur et de ses arrangements. Il y a aussi Louis-Jean Cormier pour certaines affaires.
Hugo Lachance : C'est quoi le contexte d'écriture ? La plus vieille toune date de quand ?
Édouard Tremblay-Grenier : La plus vieille date de l'été avant qu'on commence à enregistrer. Ça ne date pas de si longtemps. Le processus est organique. Il y a des journées où je compose quatre tounes et il n'y en a aucune de bonne ! Faire un album n'était même pas prévu au départ. Je cherchais juste un endroit pour enregistrer une toune. On a vu un studio avec mon gérant mais c'était trop cher. Au même moment, ma mère a su que Jean-Sébastien Chouinard était libre. On y est allés, et ma mère a dit : « Je veux que tu réalises aussi ». Jean-Sébastien a ramené Pierre Fortin parce qu'ils travaillent souvent ensemble. Finalement, au lieu d'une toune, on a décidé de faire un EP de six chansons. Puis, il y a eu la Saint-Jean, et au retour, on s'est dit qu'on ferait un album complet. Tout s'est fait comme si on débarquait un escalier fluffy et confortable.
Hugo Lachance : On aborde maintenant le chapitre du jeu versus la chanson. Ça fait déjà 16 ans que tu es acteur. Beaucoup de gens se demandent si tu veux maintenant te consacrer uniquement à la musique. J'imagine que tu aimerais pouvoir mêler les deux le plus possible. Y a-t-il des ponts à faire entre les deux ? C'est peut-être une question que tu entends souvent, un peu cliché, mais est-ce que ton métier de comédien t'aide à te mettre dans un certain état pour certaines chansons ?
Édouard Tremblay-Grenier : Je ne sais pas. Personnellement, je sais qu'il y a beaucoup d'acteurs-musiciens pour qui c'est le cas, mais pour moi, non. On dirait que je mets cela dans deux catégories tellement différentes. Pour moi, le jeu est quelque chose où je ne suis pas moi-même; j'utilise mes émotions, mais ce n'est pas moi. La musique, c'est juste moi. Mon album, c'est le plus proche que quelqu'un peut être de mon âme; c'est totalement l'inverse.
Hugo Lachance : Est-ce que c'est quelque chose que tu penses travailler plus tard, par exemple des personnages pour un concept ?
Édouard Tremblay-Grenier : J'aimerais tellement ça ! J'ai écrit environ cinq ou six chansons avec un thème particulier, comme une petite histoire. Je ne sais pas si ça va voir le jour, mais j'en ai parlé à des amis qui trouvaient ça cool et suggéraient de filmer quelque chose. Peut-être qu'un jour un court-métrage va « popper » avec un EP, on ne sait pas.
Hugo Lachance : Je te le souhaite vraiment. C'est cool que tu aies fait ton album et que tu aies déjà des idées pour le deuxième.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, j'ai déjà à peu près 40 chansons de prêtes dans ma tête. Ça continue, ça continue.
Hugo Lachance : On va passer au segment sur les parents. Mara, ta maman, je l'ai reçue ici au podcast; elle écoutait l'épisode d'ailleurs. J'étais vraiment content de l'avoir en entrevue. On avait déjà collaboré ensemble à quelques reprises, mais j'étais nerveux de la recevoir, comme quand j'étais chez Claude Rajot. On a parlé de plein de choses et j'ai gardé un petit extrait où elle parlait de ses « beaux garçons », Édouard et Victor. Elle mentionnait qu'un album s'en venait, qu'elle produisait sous l'étiquette Spectra, et que ton premier extrait sortait le 11, soit la veille de son propre album. Elle m'a dit après qu'elle était bien fière de savoir que c'était bon. Ta mère est donc ta productrice ?
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, c'est elle qui produit l'album. Je suis vraiment chanceux. Je ne vais pas me mentir, c'est sûr que ça aide d'avoir les parents que j'ai dans cette industrie. Je suis très fier de mes chansons, mais j'avoue que je n'aurais probablement jamais pu travailler avec Pierre Fortin et Jean-Sébastien Chouinard si ce n'était pas de ma mère.
Hugo Lachance : C'est quoi son implication ? Elle a financé l'album, mais a-t-elle une implication dans ton processus de création ou est-ce que tu la consultes pour des conseils ?
Édouard Tremblay-Grenier : Oui, totalement. À chaque fois que je compose une chanson, il y a trois personnes à qui je l'envoie : ma mère, mon père et ma blonde. Si les trois aiment ça, je la mets dans le dossier pour un deuxième album. Mais elle ne vient jamais par-dessus mon épaule pour écouter ce que je fais. La seule autre implication qu'elle a eue, c'est qu'elle est arrivée en studio pendant qu'on enregistrait la chanson « Fan de toi ». Pierre lui a demandé si elle voulait jouer de la basse, alors elle a joué de la basse pour cette pièce-là, mais sinon elle n'a rien dit sur l'album. Elle veut donner un coup de main, mais elle veut me laisser de la place. Je ne voulais pas non plus qu'elle réalise l'album pour ne pas qu'il y ait ce lien-là.
Hugo Lachance : C'est sûr que c'est un lien qui était inévitable, mais je suis content d'entendre que tu aimes ce qu'elle fait.
Édouard Tremblay-Grenier : J'adore ! Je suis chanceux, je suis fan de ce que mes deux parents font, je capote. Je sais que ce n'est pas le cas de tous les enfants d'artistes, mais moi je suis vraiment fan de leurs œuvres.
Hugo Lachance : On continue avec un message de ton père, Daniel Grenier : « Bonjour Édouard, ici papa. Un petit message pour te dire à quel point je t'aime et que tu es un humain exceptionnel. Tu as beaucoup de talent et je t'aime gros comme... je ne te le dirai pas, mais ça finit par "vert" comme dans univers. À la prochaine, on se jase bientôt. Bye ».
Édouard Tremblay-Grenier : C'est spécial ! J'adore ça, mais c'est spécial. Ça me rappelle une fois où j'avais été faire une entrevue pour une job dans un magasin de jeux vidéo. Sur mon CV, j'avais écrit : « vendeur de marchandise pour Mara Tremblay » et « vendeur de marchandise pour Daniel Grenier ». Le boss, tout fier, me dit : « Eh, savais-tu que ces deux-là ont déjà été en couple ? ». J'ai répondu : « Oui, je suis leur fils ». Il était tout dégonflé, il pensait m'apprendre de quoi.
Hugo Lachance : Un article de Raphaël Gendron-Martin dans le Journal de Montréal mentionne que l'absurdité coule dans tes veines à cause de ton père. Est-ce que le titre de l'album, François Roberge, était une façon de revendiquer cet héritage tout en proposant une musique intime ?
Édouard Tremblay-Grenier : À 100 %, c'est vraiment ça. Je « brainstormais » avec mon père sur la façon dont l'album pourrait commencer. Je voulais que ça débute un peu comme un album de Offspring, avec une voix qui dit « It's time to relax ». Je voulais une fausse bande-annonce de film des années 60. Finalement, mon père a dit : « On appelle ça François Roberge ». François Roberge est un de ses amis d'enfance qui travaille dans un hôpital. Mon père trouvait que ce serait débile que l'album porte son nom et qu'il fasse l'intro. François était prêt à tout faire. Mon père avait même fait une mise en scène pour un gala de Pierre-Yves Desmarais il y a quelques années où il faisait croire que François Roberge s'appelait Pierre-Yves Desmarais. C'est juste lui qui rentrait, disait salut et repartait. C'était bien drôle.
Hugo Lachance : Passons aux crédits de l'album. Le titre est François Roberge, sorti chez Spectra et produit par Mara Tremblay. La réalisation est de Pierre Fortin et Jean-Sébastien Chouinard. Aux instruments, on te retrouve à la guitare et à la voix. Pierre Fortin est à la basse, à la batterie, à la guitare, aux percussions et au synthé. C'est un vrai multi-instrumentiste.
Édouard Tremblay-Grenier : Il est tellement bon ! C'est mon idole. Je m'achèterais un vinyle avec juste ses pistes de batterie. J'adore l'écouter, surtout son jeu de « hi-hat »; ça sonne tellement bien sur l'album de ma mère et sur le mien aussi.
Hugo Lachance : Il y a aussi Alex McMahon (clavier, percussions, batterie), Jean-Sébastien Chouinard (guitares, basse), François La Fontaine (clavier), Laura Burkette (voix) et Mara Tremblay (basse). L'enregistrement s'est fait aux studios Croco et Tone Bender. Le mixage est de Jean-Sébastien Chouinard et le matriçage au studio Tone Bender. Ça a pris environ un an, d'avril à avril, parce qu'on faisait ça dans les temps libres de Pierre et JS qui sont très occupés. L'album compte 15 pistes. Quel est le concept de la pochette ?
Édouard Tremblay-Grenier : C'est moi qui ai fait le dessin. J'étais hospitalisé pendant une semaine et je n'avais rien à faire. Mon père m'a apporté un cahier et un crayon. J'ai dessiné ça et il a suggéré que ce soit la pochette. J'aimais le noir et blanc, c'est un clin d'œil à l'album Trompe-l'œil de Malajube. Je trouve que le blanc et le noir, ça ressort bien dans une « playlist ». C'est une espèce de masque de cochon. J'ai gardé la même esthétique pour les photos promos avec mon amie Éléonore Delvaux-Beaudoin. On a utilisé des masques d'animaux pour créer un univers bizarre et anonyme. Je voulais qu'on ne sache pas trop qui sont ces gens, pourquoi c'est François Roberge; j'aimais que ce ne soit pas clair.
Hugo Lachance : On passe au segment « Une chanson après l'autre ». On commence par l'intro, « Ici François Roberge ».
François Roberge (extrait) : « Bonjour, ici François Roberge. Vous vous apprêtez à écouter le premier album d'Édouard Tremblay-Grenier nommé François Roberge. C'est moi ça. Bonne écoute ».
Édouard Tremblay-Grenier : Il ne croyait pas au début que j'utiliserais son nom. Quand je lui ai envoyé une capture d'écran du contrat de Spectra, il n'en revenait pas. Il trouve ça bizarre d'entendre son nom à la radio. On a enregistré ça au chalet de mon père avec un petit micro. J'ai aussi fait des capsules tutoriels avec lui sur comment boire de l'eau ou ouvrir une porte, c'était génial.
Hugo Lachance : On continue avec « Ari ».
Édouard Tremblay-Grenier (extrait chanté) : « Ari sort dans un parc, elle marche seule après la gloire. Quand les gens l'attendent après l'orage, elles veulent voir, elle fait semblant de les connaître comme à tous les soirs... ».
Hugo Lachance : J'entends du Louise Forestier dans tes voix aiguës !
Édouard Tremblay-Grenier : C'est moi dans ma voix aiguë ! Je suis Louise Forestier ! J'ai écrit cette chanson en 15 minutes en rentrant chez nous après avoir rencontré une fille nommée Ari qui faisait du théâtre et qui ne filait pas. Ça m'avait rendu triste. Ma mère a pleuré en l'écoutant. C'est une réflexion sur la beauté du personnage versus la vraie vie. C'est important pour moi que les chansons aient du sens une après l'autre, que l'album soit une œuvre complète, pas juste une suite de singles.
Hugo Lachance : On termine avec « Ne me fais pas mal ». C'est selon moi la plus belle mélodie de l'album.
Édouard Tremblay-Grenier : Merci ! À la base, elle était supposée être un ton plus haut, mais Pierre a suggéré de la baisser pour que je sois capable de la chanter en spectacle. On a beaucoup travaillé la ligne de basse ensemble, je voulais que ça « grouve ». C'est ma préférée pour le « baseline », c'est Pierre qui l'a créée avec mes indications pour que ce soit vraiment accrocheur.
Hugo Lachance : Chapitre 4 : Papier sablé. Seul dans une pièce, je crie très fort. Tu te reconnais même plus où j'ai eu tort. Dans la lumière, je porte du froid. C'est qui qui se glisse entre moi et moi ?
Édouard Tremblay-Grenier : Oh ! Donc « Papier sablé ». Les démons doucement se rapprochent. Je sens leur souffle se coller à ma nuque. Fuyons-les doucement sans reproche. Si on court, ils vont nous rattraper. Dans la douceur de la brume, je recommence à m'aimer. Si je maintiens mon soupir, je m'empêche de pourrir,.
Hugo Lachance : Ouais, grosses paroles ! Super léger. Super léger ce texte-là. C'est sûr que dit comme je l'ai fait, ça sonne intense.
Édouard Tremblay-Grenier : Oui. Non, mais même quand je l'enregistrais, en fait. Oui, c'est vrai que c'est deep. Mais je ne me cache pas dans ce texte-là. Dans aucun de mes textes, en fait; c'est tellement proche. Je ne filais pas cette journée-là,.
Hugo Lachance : Ouais, mais absolument. Puis la chanson, c'est un bel exutoire aussi.
Édouard Tremblay-Grenier : Ah vraiment. Mais moi ça a toujours été ça. Quand j'étais plus adolescent, je ne filais vraiment pas. C'est là que je composais le plus. C'était ma manière d'extérioriser, d'essayer de mieux aller, et ça a marché aujourd'hui. Aujourd'hui je fais ça puis j'ai des passes. Je sais que mon deuxième album, il va être probablement plus dark que celui-là. J'ai des tounes quand même plus intenses. J'ai hâte de voir ce que ça va donner, mais ça, c'est ma toune la plus « Malajube » aussi, je pense.
Hugo Lachance : Ben oui, c'est là que j'en viens, mais j'allais dire Louis-Jean Cormier aussi en même temps. C'est un son qui nous appartient aux Québécois,.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, c'est là que tu as baigné, tu as grandi.
Hugo Lachance : Super belle toune, les arrangements sont bons.
Édouard Tremblay-Grenier : Merci. On a trippé aussi là-dessus, on a vraiment eu du fun. C'est la seule toune que j'ai écrite dans ma vie en deux temps : le matin et l'après-midi. C'est la seule, seule chanson où je suis revenu dessus et j'ai refait deux ou trois accords,.
Hugo Lachance : Ah ok, c'est great.
Édouard Tremblay-Grenier : Puis c'était Spectra qui voulait la mettre en single. C'est comme le deuxième single qui est sorti. Je suis content de cette toune-là. Ce n'était pas nécessairement mon premier choix, mais plus le temps passe, plus j'apprends à l'aimer.
Hugo Lachance : Moi je trouve que c'est un très bon album. Premier album, et j'ai hâte d'entendre ton deuxième. Je ne veux pas te mettre de pression.
Édouard Tremblay-Grenier : Moi aussi j'ai hâte d'entendre mon deuxième, vraiment ! Mais j'ai hâte de voir comment ça va progresser parce que ça paraît là-dessus que tu joues tes influences.
Hugo Lachance : Puis c'est comme si tu exorcisais ça. C'est super bien fait. J'ai hâte de voir dans quelle direction ça va aller.
Édouard Tremblay-Grenier : Moi aussi j'ai hâte. On dirait qu'à chaque fois que je réécoutais François Roberge, je ne savais pas trop où je m'en allais. Je suis vraiment content, je trippe sur la direction que ça prend. Là, je recompose des tounes. Pour les démos que j'ai faites à date, il n'y en a pas une que j'ai enregistrée vraiment sur GarageBand ou sur Logic. C'est tout du guide voix que j'enregistre,. Je me suis dit qu'on va vraiment les décortiquer, je veux qu'on les arrache, je veux qu'on les travaille en gang. J'ai hâte de voir justement. Tantôt on disait qu'on apporte une démo et on construit, mais là je veux vraiment qu'on se dise : « Qu'est-ce qu'on fait avec cette toune-là ? Y a-t-il du potentiel ? On passe à la prochaine ? »,.
Hugo Lachance : Ah, là ton approche va changer.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, je veux vraiment changer. Je veux explorer. L'univers du studio est quelque chose qui me passionne énormément. Maintenant que j'ai compris un peu plus comment ça marchait avec un premier album, je veux essayer des affaires. Je ne sais pas ce que ça va donner pour le deuxième album,.
Hugo Lachance : Mais j'ai exactement le même feeling qu'avec le dernier album de Take Glasses.
Édouard Tremblay-Grenier : OK, je ne connais pas.
Hugo Lachance : Ah, c'est un excellent band ! Ce n'est pas leur premier album, ils ont comme passé du punk rock à quelque chose d'un peu plus grunge. On dirait que c'est l'album où ils font exorciser un peu leurs influences. J'ai hâte de voir le suivant. C'est comme ça. On va continuer avec « Emmène-moi »,.
Hugo Lachance : Chapitre 5 : Emmène-moi. Emmène-moi où tu veux. Peu importe où tu vas, j'irai là. Emmène-moi. Emmène-moi. J'attire votre attention sur la mélodie parce qu'elle me fait penser à une toune de WD40, à « Diesel ». Ouais, c'est la même mélodie,.
Édouard Tremblay-Grenier : C'est Pierre qui est arrivé avec ça.
Hugo Lachance : Ah ouais, OK.
Édouard Tremblay-Grenier : Emmène-moi où tu veux, peu importe où tu vas, j'irai là-bas, au fond de la Gaspésie ou même en Abitibi. Sortons de la ville, de notre routine qui pèse un peu fort. Tu veux voir du pays, des paysages, et moi ton corps. Peu importe où tu vas, j'irai là-bas. La vie se comporte mieux quand je suis dans tes bras. Peu importe où tu vas, j'irai là-bas. Car c'est là que je me sens mieux quand je suis avec toi,.
Hugo Lachance : Ouais, cette journée-là, j'allais bien ! Comparé à « Papier sablé ».
Édouard Tremblay-Grenier : Je te le souhaite !
Hugo Lachance : Ouais. Non, mais cette toune-là, c'est ma toune avec podcast. C'est ma toune de l'album. Avant, je la chantais plus grave aussi. Je niaisais peut-être un peu trop. On l'a vraiment remodelée pour en faire un peu plus une « road song », que ce soit juste une voix et une guitare. C'était dans les deux tounes que j'aimais le moins la semaine avant que l'album sorte. Plus je la fais en show, plus je trippe, plus j'ai du fun. Maintenant j'ai du fun à faire toutes les tounes, mais avant j'étais comme : « celle-là et "Fan de toi", je ne suis plus capable de les faire »,,.
Hugo Lachance : C'est bon d'avoir des conversations avec des gens qui vont tirer une toune vers le haut aussi.
Édouard Tremblay-Grenier : J'écoutais Pierre, JS et ma mère qui disaient : « non, elle est bonne sur l'album ». Il faut leur donner une chance des fois. Je suis vraiment content d'avoir cédé parce que je les adore et je trouve que c'est un beau moment dans le pacing de l'album,.
Hugo Lachance : Chapitre 6 : Le vent. Ça me fait quoi de te voir sourire partout, même dans mes moments les plus las ? Bois mes paroles que je te sors de ce vers que j'écris de toutes pièces avec les regards que tu me laisses. Donne-toi le bonheur. C'est tellement doux, c'est tellement fou. Je pourrais t'en parler des heures. Ce petit bout d'inconnu qui part,. Évidemment, on écoute juste le début, mais ça évolue. Ça a une belle room là-dedans.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, c'est vraiment la voix de Laura Burkette. C'est une des deux tounes où elle chante. C'est le texte dont je suis le plus fier de tout l'album. Je suis vraiment content. À la refaire, j'enlèverais probablement les « dies ». Mon frère dit que c'est lumineux, donc il en faut. En show, d'habitude, je la fais tout seul. Je l'ai toute remodelée et je trouve que ça rentre plus au poste, j'ai plus de fun à la jouer. Le monde embarque,. Ça m'a étonné pour vrai. J'ai eu un show la semaine passée, je ne pensais pas vendre de billets, il y avait beaucoup de monde et le monde chantait tout. Je ne comprends pas ce qui se passe.
Hugo Lachance : Ça me fait capoter de voir le monde qui vient me voir. Ah, j'ai tellement trippé sur cette toune-là, je te voyais la chanter. Je ne comprends pas, ça me fait capoter.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, je capote. Merci, ça me fait flyer. Mais j'avoue que « Le vent », de la faire tout seul et d'entendre le monde, c'est gagné.
Hugo Lachance : Imagine si Paul Piché avait enlevé ses turluttes ! C'est un très bon point. Comme il manque de turluttes, il en faut pour le prochain album, c'est ça qui me manque. Un peu de trad, intégrer le trad.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, un peu de trad. J'ai reçu Maude-Aimée Soleil, en fait l'épisode n'est pas sorti encore. Mais quand le tien va être sorti, il va l'être. Eux autres ont des influences trad aussi. C'est vraiment hot la manière dont ils les intègrent,.
Hugo Lachance : Quel bon album ! Écoutez ça. On les salue, Malaimé Soleil. On continue avec, justement, « Fan de toi ».
Hugo Lachance : Chapitre 7 : Fan de toi. Enfin, je suis fan de toi. Je veux te voir gagner des prix et les trophées portés en ton nom. Seuls les plus grands peuvent les avoir. Comment faire ? Je suis fan de toi. Bon, « Fan de toi », c'est bizarre dans ce sens-là.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, la basse est un peu plus forte. C'est bizarre, hein ?
Hugo Lachance : C'est qui qui joue ça ? C'est peut-être la productrice ?
Édouard Tremblay-Grenier : Oui ! Elle a appelé le gars là. Elle a dit : « monte la basse ». C'était le contraire de l'album And Justice for All de Metallica.
Hugo Lachance : Je n'étais pas sûr que tu allais avoir la référence !
Édouard Tremblay-Grenier : Ben, c'est parce qu'ils ont enregistré l'album mais le drummer a dit de baisser la basse au minimum. L'ingénieur a fait : « OK, pas de basse sur l'album »,.
Hugo Lachance : Ça m'a pris du temps, mais la blague était bonne ! Donc c'est ta mère qui joue la basse.
Édouard Tremblay-Grenier : Oui, c'est ma mère.
Hugo Lachance : Je veux juste lire le texte que j'aime bien : « Comment faire ? Je suis fan de toi. Je veux te voir gagner des prix et les trophées porteront ton nom. Seuls les plus grands peuvent les avoir. Une salle remplie de moi qui t'applaudissent. Quand tu avances pour récupérer l'honneur, tout ce que tu évoques se transforme en or. Je me réveille mais tu n'es pas avec moi. Je voudrais vivre ce moment un jour quand tu vas vouloir me revoir ». Je trouve ça très beau, et très funny,.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, ben c'est tellement un amour toxique ! Pour être fan de quelqu'un à ce point-là... « Je suis fan de toi, je veux que tu gagnes, dis mon nom ». C'est tellement toxique. Mais ça fait de belles tounes au final. Même si, comme je disais tantôt, je ne l'aimais pas avant que l'album sorte, je suis content. J'aime que ce soit un mantra, qu'il n'y ait pas vraiment de refrain. Je l'aime bien, ma petite toune radiophonique de l'album,.
Hugo Lachance : Chapitre 8 : On r’gardera pas le temps. Si je n'ai pas besoin de me mentir, c'est que je t'ai vu t'endormir. Capuche rouge sur le dos. J'ai jamais rien vu d'aussi beau et le temps m'a confirmé que ce que je voulais le plus, c'est toi. Tes lèvres immenses depuis trop longtemps. Ah ouais, un gros solo ! Vas-y, vas-y,.
Édouard Tremblay-Grenier : Quand j'entends ça la première fois, je me demande qui joue de même. Il est tellement cliché, le solo, mais ça marche à fond.
Hugo Lachance : Ah, c'est ma toune « Beatles » !
Édouard Tremblay-Grenier : Ma petite descente. Le solo, c'est Jean-Sébastien Chouinard. Je ne suis pas capable de faire de beaux solos comme ça. Presque tous les solos sur l'album, c'est JS. À chaque fois qu'il m'envoyait de quoi, je disais : « ben oui, c'est parfait, j'adore ça ». Mais ça, c'est la toune la plus vieille que j'ai écrite. Elle date de l'été avant que je compose l'album. J'ai un attachement envers celle-là vu que c'est la première,.
Hugo Lachance : J'aime ça. On a poussé les paroles. Si je n'ai pas besoin de me mentir, c'est que je t'ai vu dormir. J'aime ça quand tu déclamais des poèmes dans mes écouteurs de même.
Édouard Tremblay-Grenier : Arrête ça ! Si je n'ai pas besoin de me mentir, c'est que je t'ai vu t'endormir. Capuche rouge sur le dos. Jamais rien vu d'aussi beau et le temps m'a confirmé que ce que je voulais le plus, c'est toi.
Hugo Lachance : Cool. La simplicité, ça marche. On y va avec « Je rêve ».
Hugo Lachance : Chapitre 9 : Je rêve. Je rêve de croire au mirage, je rêve d'éteindre l'orage qui nous distance, grand-maman. Je rêve que tu voies mes enfants. Je rêve qu'on ait assez de temps, que tu les voies grandir, que tu les voies sourire. Mon nom t'échappe, ton rire me rattrape,,.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, c'est beau quand même. On se doute de ce qui se passe. C'est la seule toune où j'ai pleuré en écrivant, quand j'ai écrit la dernière phrase : « ton nom t'échappe, ton rire me rattrape ». C'est ça, hein. C'est ma grand-mère qui progresse de plus en plus. On est chanceux qu'elle soit encore là et qu'elle nous reconnaisse encore, mais des fois elle oublie les noms. On la salue quand même,. Marie est une personne fantastique qui a élevé pas mal seule mon père et mon oncle.
Hugo Lachance : Ah ouais, hein ? OK. Fantastique.
Édouard Tremblay-Grenier : Ouais, ça fait en sorte que mon père est comme il est aujourd'hui. Elle est géniale, vraiment fantastique. Je lui souhaite le mieux. Elle est vraiment heureuse aussi, elle trippe. On va souvent manger ensemble, on va au Ben & Florentine. On va manger des patates. Mon père l'a prise en vidéo quand elle a écouté cette chanson-là pour la première fois. C'est un beau souvenir, touchant, parce qu'elle pleure et trouve ça émotif. Moi aussi je pleure,,. Elle me fait toujours de quoi, même quand je la fais en show.
Hugo Lachance : Oui, ça paraît qu'il y a une implication émotionnelle.
Édouard Tremblay-Grenier : Cette journée-là, j'ai écrit trois tounes qui sont sur l'album : « Je rêve », « Plus de juin » et une autre. « Je rêve » était la dernière, je n'étais plus sûr. Mon père m'a dit : « Édouard, tu es un maudit cave si tu ne mets pas ça sur ton album ». J'étais d'accord avec lui. Elle est bien placée en plus,. Je voulais faire comme ma mère dans « Tu m'intimides », qui a une toune pour sa mère pile au milieu. Je voulais mettre quelque chose de bien touchant au milieu pour mieux raconter le reste de l'album dans le placement des tounes,.
Hugo Lachance : Quand tu vas faire ton vinyle, ça va être un pivot aussi.
Édouard Tremblay-Grenier : C'est là que ça va être le pivot, pas mal. J'aimerais ça. J'ai demandé une subvention.
Hugo Lachance : Ah ouais, OK. On continue avec « Souvenir d'Ari ». On y retourne.
Hugo Lachance : Chapitre 10 : Souvenir (Ari). C'est aussi simple que ça. Question pour toi, une question technique : est-ce que tu as mis ta guitare dans le micro-ondes avant de jouer cette toune-là ? Ça sonne un peu de même !.
Édouard Tremblay-Grenier : [Rires]. On était au studio de Pierre Girard, puis je voulais juste faire un genre de souvenir justement après « Je rêve ». Moi, je capote sur ces interludes-là dans la vie. Je trippe vraiment fort sur Galaxie, ils ont des albums comme Le Goût du sang puis ils ont des interludes sur tous leurs albums, ils sont débiles. Ils vont dans des directions vraiment intéressantes. Pour moi, c'était primordial de mettre des interludes dans mon album.
Édouard Tremblay-Grenier : Celle-là a comme passé tout seul. Je me suis dit que vu que « Ari » allait probablement être la première ou la deuxième toune, je voulais la ramener juste après la toune de ma grand-mère qui perd la mémoire. C’est comme un souvenir flou, mais il n'y a plus de paroles. On se demande ce qui se passe, puis on tombe ensuite dans une toune qui a un peu plus de sens dans la construction.
Hugo Lachance : La prémisse est bonne : le souvenir un peu flou de la première toune. Il faut réfléchir à ça. On va jouer avec « Pluie de juin ».
Hugo Lachance : Chapitre 11 : Pluie de juin. [Musique]. « Le joint qui s'évapore, mon cœur ne fait pas la même chose. Je te revois loin de moi à me sourire, me serrer contre toi ».
Édouard Tremblay-Grenier : Ça, c'est bon ! C'est ma préférée à jouer. Elle me fait capoter.
Hugo Lachance : J'aime beaucoup ta voix là-dessus. C'est une belle avenue.
Édouard Tremblay-Grenier : Merci ! Je l'aime beaucoup cette toune-là. C'est la deuxième que j'ai composée de la journée, après « Plus de juin » et « Je rêve ». J'étais juste en mode où je m'étais acheté une nouvelle guitare et il fallait que ça sorte. J'avais jamais composé de même avant. Il se passe de quoi qui ne me déplaît pas du tout. C'est ce dont je te parlais tantôt : le drum de Pierre Fortin là-dessus est malade, c'est sa signature. Ça ramène un peu à l'album Tu m'intimides.
Hugo Lachance : C'est ma toune préférée de l'album !.
Édouard Tremblay-Grenier : Ah ok, merci ! Je l'aime beaucoup aussi. On me demande souvent quelle est la toune que j'aime le plus jouer en live, et c'est celle-là à 100 %.
Hugo Lachance : C’était dans mes questions ! Excuse-moi, je t'ai doublé. C’est une belle toune et une belle porte d'entrée pour l'album. On continue avec « Jarretière ».
Hugo Lachance : Chapitre 12 : Jarretière. [Musique]. Donc ça, c'est un autre interlude.
Édouard Tremblay-Grenier : Oui, c'est une autre interlude qui n'était pas prévue à la base. C'est vraiment Alex McMahon qui a pogné un trip pendant qu'on faisait le « Chat du Roi ». Il était au drum, son drum sonnait vraiment comme un vieux beat de rap des Beastie Boys. On s'est dit que c'était inévitable, qu'il fallait le mettre.
Édouard Tremblay-Grenier : Je l'ai appelé « Jarretière », je ne l'ai jamais expliqué mais je vais le faire parce qu'on est là pour ça. Dans « Le Chat du Roi », il y a le thème du roi qui revient tout le temps. Je parle d'Édouard III du nom. J'ai fait des recherches et Édouard III est le roi qui a fondé l'ordre de chevalerie le plus ancien encore actif aujourd'hui : l'Ordre de la Jarretière. Je trouvais que « L’Ordre de la Jarretière » c’était un peu long, alors j'ai juste appelé ça « Jarretière ».
Hugo Lachance : Il y a des liens dans tout ! Ça paraît qu'il y a un petit décalage au niveau des paroles. L’album semble presque divisé : il y a les six tounes qui devaient être sur le EP, puis après la Saint-Jean, il y a eu un break et les paroles sont devenues meilleures.
Édouard Tremblay-Grenier : Je comprends ton point. Je me suis beaucoup pratiqué en fait, donc je suis plus content de la suite. On passe au « Chat du Roi ».
Hugo Lachance : Chapitre 13 : Le Chat du Roi. [Musique]. « Dans l'aire grise, je cherche le chat du voisin pour ramener au roi, pour prouver que je ne suis pas un saint. Je suis donc le chat du roi. Oh yeah ! Je serai demain devant ce vieux fou prénommé Édouard III du nom, deuxième supplice. Je lui serrerai la main avant qu'il me serre le cou ». Parle-moi de cette chanson-là.
Édouard Tremblay-Grenier : C'est tellement sorti de nulle part ! J'avais ma nouvelle guitare, je voulais composer, j'ai regardé à gauche et dans ma fenêtre, il y avait un chat. Ça a composé l'histoire de quelqu'un qui vole un chat. Le bout que tu as mis, c'est mon côté un peu comme un loup; je change un peu et je nomme mon nom parce que c'est funky. Il y a aussi le fait de me nommer moi-même et de dire que je vais au poteau sans être vraiment moi. C'est l'idée d'être son propre pire ennemi, mais d'avoir la décision finale sur soi-même. Il y a de la profondeur dans l'absurde.
Hugo Lachance : C'est comme une projection pour ce qui s'en vient. On continue avec l'avant-dernière : « Villa Maria ».
Hugo Lachance : Chapitre 14 : Villa Maria. [Musique]. « Villa Maria dans un bateau, je trouve qu'on est beaux à survoler Montréal. À côté des oiseaux puis du stade au flambeau, ça fait du bien d'être spécial même si tout décide de fuir. Bagages sur le dos, pendant que je dors du côté droit, le soleil se lève encore. Orange Villa Maria ». Belle chanson sur Montréal.
Édouard Tremblay-Grenier : Ça part d'un texte que Laura Burkette a écrit. C’est elle qui fait de la poésie. En fait, toutes les paroles du refrain viennent d'un poème de Laura. J'ai décidé de le prendre et de composer des couplets autour. Je lui ai dit de venir chanter avec moi. J'aime beaucoup Montréal, même si c'est parfois une relation amour-haine. J'essayais de mettre les beaux côtés de la ville dans une toune.
Hugo Lachance : Je comprends totalement. Est-ce qu'il y a un petit secret dans l'album qu'on devrait savoir ? Une petite toune cachée ?.
Édouard Tremblay-Grenier : J'aime beaucoup les tounes cachées, comme celles de Malajube. C'était important pour moi d'en avoir une. La toune cachée, c'est la prochaine.
Hugo Lachance : Chapitre 15 : St-Ambable. [Musique]. « On le fait déjà si bien, nos mains se bousculent, mon cœur c'est le tien. Si bien, après une heure et quart de show... ». Est-ce qu'on peut la faire avancer ? C'est une super bonne toune. « St-Ambable », c'est là que je voulais arriver.
Édouard Tremblay-Grenier : C'est ma toune préférée de l'album. C'est le truc dont je suis le plus fier. On a eu un gros trip les trois ensemble. C’est la dernière que j'ai composée et la dernière qu'on a enregistrée. Je venais de finir un tournage et j'étais tombé en amour avec la première assistante-caméra, celle qui fait le focus. C’est pour ça que je dis : « focus sur mon âme, tu le fais déjà si bien ».
Édouard Tremblay-Grenier : J'avais juste le début, je l'ai envoyé à Pierre et il m'a dit de venir enregistrer le lendemain. On a gardé cette voix-là, on ne l'a pas retouchée. On a fait une mesure de trop à la fin, alors on l'a continuée en jam pendant 4 minutes. Jean-Sébastien Chouinard nous a envoyé des pistes de solos incroyables après. Je capote sur cette toune-là.
Hugo Lachance : Chapitre 16 : La "toune" cachée. « J'espère sincèrement que vous avez apprécié cet album intitulé François Roberge. C'est moi ça. Mais cet album aurait pu aussi s'intituler Laurence, Lucie, Nathan Roy, Bérénice Martel, Théophile Conception, Daniel Lacroix, Cali Tremblay, Avril Jensen, Gabriel Cloutier, Marie Lavoie, Ellie Boucher, Lua Bergeron, Steve... ». C’est la mélodie de « Ari » qui revient à la fin mais avec un autre instrument. On l'avait totalement oubliée.
Édouard Tremblay-Grenier : C'était vraiment important pour moi de faire un petit truc caché. Je me fous si la toune a moins d'écoutes à cause de ça, j'en suis fier. Les noms sont majoritairement des amis ou des noms inventés, avec quelques références et surnoms.
Hugo Lachance : On a passé à travers l'album ! Très bon. Est-ce que ça faisait longtemps que tu avais écouté ton album ?.
Édouard Tremblay-Grenier : Quand même ! La semaine avant qu'il sorte, je l'écoutais tous les jours. J'aime ma musique et je n'ai pas honte de le dire. Mais là, je suis tombé dans d'autres affaires, comme le dernier album de Marie Céleste. C'est vraiment bon, un mélange de Malajube et d'Harmonium, c'est débile.
Hugo Lachance : Chapitre 17 : SEGMENT : Rafales. Ton top 3 de l'album ?.
Édouard Tremblay-Grenier : Numéro 1 : « St-Ambable », puis « Pluie de juin » et « Le Chat du Roi ».
Hugo Lachance : Moi j'ai beaucoup aimé « Ari » et « Pluie de juin ». Si tu avais une porte d'entrée à suggérer à quelqu'un, ce serait quoi ?.
Édouard Tremblay-Grenier : Je dirais « Ari » parce que c'était le premier single, ou « Ne me fais pas mal ».
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui te rend heureux dans cet album ?.
Édouard Tremblay-Grenier : Le fait que je l'aie fait ! Ça fait tellement longtemps que je compose des tounes qui restent dans des dossiers. Je suis fier du résultat et j'ai le goût d'en faire toute ma vie.
Hugo Lachance : La toune que tu aimes le moins ?.
Édouard Tremblay-Grenier : Je dirais « Villa Maria », non pas parce que je ne l'aime pas, mais parce que c'est la seule que je n'ai pas composée au complet, c’est juste un guide voix. J'aurais aimé mettre plus d'arrangements.
Hugo Lachance : Qu'est-ce qui s'en vient pour toi ?.
Édouard Tremblay-Grenier : J'ai quelques spectacles qui s'en viennent. Il faut consulter mes réseaux sociaux. J'ai aussi une série qui sort, Avant qu'on m'oublie, qui fait sa première à Cannes.
Hugo Lachance : Chapitre 18 : Conclusion. Édouard Tremblay-Grenier, merci beaucoup ! Un super épisode.
Édouard Tremblay-Grenier : Merci à toi ! J'ai eu beaucoup de plaisir.
Hugo Lachance : Merci aux auditeurs, merci à Véro pour la Salle des tortues et merci à Hopera. On se retrouve pour un prochain épisode !.