Transcription de l'épisode avec  Fuudge : Les horribles

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Chapitre 1 : Introduction

Nous sommes le 11 mai 2026, en provenance de la salle des tortues à Montréal, et aujourd'hui ça sera un épisode fondant car je reçois David Bujold du groupe Fuudge à l’Album Podcast. Hey, bonjour à tous ! Avant de vous présenter convenablement mon invité, je tiens à remercier Véro Lambert car aujourd'hui nous sommes au studio la salle des tortues à Montréal.

Véro nous prête sa salle pour l'épisode. Alors, si vous avez besoin d'un studio avec écran vert pour enregistrer des podcasts, tourner des vidéoclips, faire des vidéos de conférences ou n'importe quoi, comme des sketchs d'humour, cherchez la salle des tortues sur Internet et vous allez tomber dessus facilement. On remercie Véro. Merci Véro !

Et voilà, je tiens à remercier aussi la microbrasserie Hopera qui soutient le podcast depuis longtemps. Hopera est une microbrasserie située à Jonquière, au Saguenay. Je vous invite à goûter leurs excellents produits. Pour vrai, c'est vraiment très cool. C'est une microbrasserie vraiment investie dans le milieu culturel par des gens passionnés.

Ils ont une usine qui s'appelle La Shop, en plein cœur du parc industriel à Jonquière. Vous pouvez aller là-bas prendre une bière, vous allez être très bien reçus. Je salue Vlad, Félix et toute la gang de chez Hopera. Merci beaucoup.

Aussi, merci à ceux qui se sont abonnés. Si ce n'est pas encore le cas, s'il vous plaît, faites-le sur YouTube et sur tous les réseaux sociaux. C'est vraiment ça le nerf de la guerre. Vous savez comment ça fonctionne : allez prendre un petit deux minutes pour juste vous abonner. Moi, ça me fait vraiment plaisir.

Et si vous voulez soutenir le podcast, allez voir dans la description de la vidéo ou au www.lalbumpodcast.ca ; vous pouvez faire un don mensuel ou un don ponctuel si ça vous intéresse.

Hugo Lachance : Chapitre 2 : SEGMENT : Présentation de l'artiste

David Bujold, bienvenue à l’Album Podcast.

David Bujold

Ça me fait plaisir d'être là, Hugo. Merci de me recevoir.

Hugo Lachance

Merci à toi d'être là. Ça fait un petit bout que j'en parle, que j'aimerais te recevoir. Finalement, grâce à Ophélie, on a réussi à faire le lien. On est ici pour parler du nouvel album à paraître qui s'appelle Les Horribles, mais aussi du fait que ça fait déjà 10 ans de carrière pour Fuudge. Est-ce que tu as prévu des choses pour fêter ça ?

David Bujold

On aurait voulu faire des célébrations pour les 10 ans de Fuudge, mais en même temps, ça a adonné que je voulais sortir un album. Pour moi, c'est plus important de faire un album. Je n'étais pas prêt à me dire qu'on délayait la sortie de l'album juste pour faire des événements autour du dixième anniversaireEn ce moment, on se concentre sur l'album. Peut-être plus tard dans l'année, ça va être une coupe de publications, mais malheureusement, d'une certaine manière, il n'y a pas vraiment de spectacle prévu où on jouerait le premier EP dans son intégralité.

Hugo Lachance

Je tiens quand même à le souligner, parce que Fuudge en 10 ans, c'est plus de 200 spectacles. Vous avez joué au Festival d'été de Québec devant 8000 personnes, trois fois aux Francos de Montréal, au FME, au Festif, dans une grange, chez des disquaires, dans un skate shop, au Grand Théâtre de Québec avec un quatuor à cordes, et au festival New Colossus à New York. C'est aussi cinq prix aux Francouvertes 2016, quatre Luciens, puis le prix de la synchronisation de l'année en 2025.

David Bujold

Cibolaque ! C'est ce qu'on dit aux médias quand on veut montrer qu'on est « hot ». 

Hugo Lachance

Bravo ! Je vais poser les mêmes six questions que je pose à tout le monde afin de te présenter et pour souligner qu'on commence tous quelque part. Alors, David Bujold, c'est un petit gars d'où ?

David Bujold

Montréal, Hochelaga-Maisoneuve.

Hugo Lachance

Cool. Ton album d'enfance, le plus loin dont tu te rappelles ?

David Bujold

Je ne sais pas si c'est le plus loin, mais je me rappelle des Gipsy Kings. J'avais la cassette et je l'aime toujours jusqu'à ce jour, l'album qui a Bamboleo dessus. C'est un maudit bon album pour vrai.

Hugo Lachance

J'ai écouté les deux-trois tounes connues.

David Bujold

Je pense que tu serais surpris si tu l'écoutais au complet. Tu te dirais que tu en connais beaucoup. Il y a une coupe d'instrumentales qui sont quelconques, mais presque toutes les tounes chantées sont de grosses chansons. Un de mes souvenirs marquants par rapport à cet album, c'est qu'à un moment donné, j'avais reçu un jouet, un aimant pour faire une sculpture aimantée. Ma cassette était à côté et je l'ai mise dedans. Ça ne marchait plus. j'étais bien traumatisé.

Hugo Lachance

Les joies de l'analogique ; Et ton album d'adolescence, celui qui a été formateur ?

David Bujold

C'est Nevermind.

Hugo Lachance

J'avoue. Qu'est-ce qui jouait dans le char de tes parents ou à la maison ?

David Bujold

Dans le char, c'était du U2 : The Unforgettable Fire et The Joshua Tree. Mon père n'était pas nécessairement un grand fan de U2, c'est juste que c'était cette époque-là quand j'étais enfant.  Mon père étant un mélomane, il aimait bien ça, et ma sœur trippait là-dessus. Mais mon père, c'est les Beatles, Crosby, Stills & Nash, Yes et Genesis, Frank Zappa. 

Hugo Lachance

Tu as baigné là-dedans. Oui, je vois ton magnifique t-shirt de Frank Zappa. Ton premier instrument, ça a été quoi ?

David Bujold

Je pense que c'est le piano, mais ce n'est pas mon instrument principal ; c'est la guitare.

Hugo Lachance

À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ? Il y a eu un moment clé ?

David Bujold

Je ne sais pas comment c'est arrivé vraiment. J'ai commencé à jouer de la guitare à 11 ans, en 1991, quand il y a eu tout ce retour du rock à MTV avec Nevermind, le Black Album de Metallica et les Red Hot Chili Peppers.

David Bujold

En l'espace de quelques semaines, il y a six albums majeurs qui sont sortis. Ça a fait en sorte qu'on retournait dans le rock. Je devenais un ado à ce moment-là et je voulais apprendre la guitare pour jouer ces tounes-là. C'est là que ça s'est concrétisé.

Hugo Lachance : Chapitre 3 : Fuudge

Parfait. Tu fais partie du groupe Fuudge. Je n'étais pas un fan de Fuudge au début, j'avais jamais vraiment écouté autrement que par hasard. Mais je me suis plongé dans votre univers et j'ai vraiment eu du fun. J'ai écouté votre dernier album et toutes les influences que tu viens de me nommer transparaissent dedans.

Hugo Lachance

On va commencer par le début : le nom.

Hugo Lachance : Chapitre 4 : La controverse autour du nom Fuudge

Quand on a fait les Francouvertes, il y a des gars qui sont arrivés aux préliminaires et nous ont demandé de changer de nom parce qu'ils avaient eu un band dans les années 90 qui s'appelait Fudge. Comment ce scandale s'est-il résolu ?

David Bujold

C'était anecdotique et un peu loufoque, mais ça s'est bien terminé. J'avais choisi le nom Fuudge sans savoir qu'il y avait eu un groupe du même nom dans les années 90. Il y avait peu de traces de ce groupe-là, donc c'était normal qu'on ne l'êut pas su. Des gars du band sont arrivés, ils n'étaient pas menaçants, ils trouvaient juste ça plat. On était un peu embarrassés. Ça m'a donné le kick pour rajouter le deuxième « U ». À partir de ce moment-là, quand tu tapais « FUUDGE » avec deux U, tu tombais sur le band plutôt que sur des recettes de fudge.

Hugo Lachance

Ça donne une belle personnalité au nom du band. Le vinyle de votre premier EP s'appelle Fudge avec juste un U ?

David Bujold

Ouais, le vinyle avait déjà été envoyé au pressage et à l'imprimerie avant que cet événement arrive. Il n'y a donc qu'un seul U sur le vinyle du EP1.

Hugo Lachance : Chapitre 5 : L'importance des Francouvertes pour Fuudge

Pour raconter l'histoire du groupe, je vais utiliser le plus vieil article que j'ai pu trouver sur Fuudge, daté du 13 juin 2016. On y dit que le groupe a su faire ses marques aux Francouvertes, encensé par le public et le jury, même si vous n'avez pas accédé à la finale.

Hugo Lachance

Tu disais : « On ne s'arrache pas les cheveux avec ça, on a quand même soutiré beaucoup de positif et de visibilité ». David, les Francouvertes ont été importantes pour vous ?

David Bujold

C'est un super tremplin. Ça te donne toute la visibilité que tu n'as pas quand tu n'existes juste pas. Tout d'un coup, tu es sur la map instantanément. J'ai une énorme reconnaissance pour les Francouvertes.

Hugo Lachance

On salue la gang des Francouvertes. Fuudge a un EP de six chansons que David Bujold s'est donné comme devoir de tout composer et tout enregistrer.

Hugo Lachance : Chapitre 6 : David Bujold maître d'œuvre chez Fuudge

Tu disais : « En studio, je fais tout de A à Z. Je suis multi-instrumentiste depuis que j'ai 16 ans ». Quel est le processus ? Comment écris-tu une chanson pour Fuudge ?

David Bujold

Je suis un gars de musique avant les paroles. C'est quelque chose qui se discute souvent dans le monde du songwriting. Je fais de la musique, puis à un moment donné, faire des paroles devient une obligation, un passage obligé qui n'est pas naturel pour moi. C'est parfois tortueux.

David Bujold

Une fois que j'ai les paroles et la musique, je vais en studio. J'avais déjà un background avec d'autres projets où je m'étais familiarisé avec Logic Pro. Je fais de la prise de son maison ; je ne possède pas de gros studio. Pour un gros projet, je loue un studio professionnel, mais je peux faire la majorité des choses chez nous, comme la guitare, la voix, le piano ou les synthétiseurs.

David Bujold

Ultimement, je finissais juste par faire le drum dans un vrai studio. J'enregistre généralement avec un clic parce que sinon, il faudrait que je commence par le drum. J'ai assumé d'enregistrer tout seul parce que je voyais d'autres artistes le faire, comme Ty Segall, Tame Impala ou même Paul McCartney sur ses albums solo.

David Bujold

À 16 ans, mon père m'avait donné un quatre pistes à bobines et je m'étais mis à faire ça dans la cave. J'étais déjà familier avec ce processus.

Hugo Lachance

C’est impressionnant. Tu as dit que dans un band démocratique, on doit parfois laisser tomber des idées auxquelles on croit. Dans ton projet, tu disais : « Je n'accepterai jamais ça. C'est moi qui tire la locomotive. Je ne peux pas faire de compromis artistique ». Je trouve ça cool que tu l’assumes.

David Bujold

Ça me paraît un peu arrogant avec le recul, mais je m'assumais là-dedans. Pour le nouvel album, Les Horribles, ça marque un tournant parce qu'on l'a fait tous ensemble. Sur toutes les tounes, tout le monde joue.

Hugo Lachance

C'est intéressant, parce que même si on travaille pour une vision, on travaille ultimement pour le bien de la chanson.

Hugo Lachance : Chapitre 7 : Discographie

On va passer à ta discographie pour que les gens connaissent votre histoire.

Hugo Lachance : Chapitre 8 : EP "Fuudge" (2016) et Man! (2017)

En 2016, il y a le premier EP.

David Bujold

J'ai enregistré les deux premiers EP en même temps. Au départ, je voulais sortir tout de suite un album, mais en consultant des gens de l'industrie et pour les subventions, on m'a suggéré de faire des EP en premier.

David Bujold

Musique Action avait un programme pour la promotion de quatre titres numériques. Je me suis dit que j'allais prendre six tounes pour le premier EP, puis garder les autres pour le suivant.

David Bujold

Je trouve que les EP sont très différents du reste, c'est la genèse. C'était fondamentalement original, peut-être plus que ce que j'ai fait après car je me suis précisé par la suite dans une ambiance plus agressive, plus noise, doom et métal.

David Bujold

Ça me gosse un peu que sur les plateformes de streaming, les EP soient mélangés avec les singles tout en bas. Pour moi, les EP, c'est comme un album, ils devraient être en haut avec les autres.

Hugo Lachance : Chapitre 9 : Les Matricides (2018)

En 2018, vous sortez Les Matricides. C'est un très bon album.

David Bujold

Il est foncièrement plus dark. J'étais vraiment dans des influences comme le vieux Pink Floyd, les Beatles et la psychédélique des années 60. Mais pendant que je bâtissais le projet, j'ai commencé à écouter des affaires plus « hard » comme du noise et du métal.

David Bujold

Je voulais aller vers quelque chose de plus agressif, tout en gardant le côté psychédélique. C'est la recette fondamentale de Fuudge : faire une toune pesante, mais qui demeure bizarre.

Hugo Lachance

Je pense que c'est l'album le plus proche de votre dernier.

David Bujold

C'est la continuation de quelque chose. En 2020, il y a eu...

Hugo Lachance : Chapitre 10 : Fruit-Dieu (2020)

C'est un nom bizarre, je ne sais pas d'où j'ai sorti ça, peut-être de la drogue. Les paroles disent : « Pense deux fois avant de croquer dans ce fruit-là ».

David Bujold

C'est un de nos plus forts albums, il a une place spéciale dans mon cœur. Malheureusement, il a été affecté par la pandémie. On l'a sorti en novembre 2019 et on avait une belle tournée prévue quand tout a fermé en mars.

Hugo Lachance : Chapitre 11 : Déplogué au Grand Théâtre de Québec (2021)

Ce projet enregistré sans public a permis de revisiter vos morceaux les plus abrasifs avec un quatuor à cordes.

David Bujold

Notre claviériste, Vincent LaBoissonnière, faisait son barreau pour devenir avocat et ne pouvait pas participer au projet. On a donc invité Flavie Léger-Roy, une grande amie qui est dans le groupe Les Princesses, pour amener un côté féminin et amical.

David Bujold

Il y avait aussi Shinako Itoh aux claviers et au vibraphone.

David Bujold

L'idée de départ était de faire un « unplugged » à la MTV, comme celui de Nirvana. On devait avoir un public, mais les règles de la COVID ont changé. On a profité d'une subvention de la SODEC pour le filmer et rester actifs.

Hugo Lachance : Chapitre 12 : ...qu'un cauchemar devienne si vrai (2023)

C'est votre premier album sur l'étiquette Folivora.

David Bujold

Beaucoup de monde me dit qu'il est plus métal. Il n'y a aucun « slow » là-dessus. C'est vraiment intense du début à la fin. C'est le seul album que j'ai enregistré entièrement dans un vrai studio, celui de Ben Bouchard.

David Bujold

Avant la pandémie, j'enregistrais tout seul dans ma chambre, mais avec le télétravail, j'entendais mes voisins tout le temps. Je ne pouvais plus gueuler ou brancher un ampli chez nous, j'avais besoin de sortir.

Hugo Lachance : Chapitre 13 : L'écriture des textes des horribles

Le 10 mai 2023, Sami Rixhon pour Sorstu.ca écrivait : « David Bujold ne possède pas la plume la plus raffinée de la scène musicale au Québec. Il est souvent nécessaire de s'accorder plus d'une écoute pour découvrir la profondeur de ses textes. Ces textes à phrases courtes et corrosives. Des phrases mordantes, voire hargneuses, relatives à des styles comme le métal ou le hard rock ».

Hugo Lachance

J'en parle encore parce que j'aime beaucoup la façon dont tu écris.

Voici la transcription révisée de la seconde moitié de l'entretien avec David Bujold (Fuudge), incluant les corrections validées pour les noms des collaborateurs (PA, Vincent LaBoissonnière, Olivier Laroche, Ryan Battistuzzi, JP Villemure, Marc Olivier Germain, Camille Gladu Drouin), les références musicales et les termes techniques de studio.

Hugo Lachance : Chapitre 14 : La question Ricardo !

Alors quoi de mieux pour parler du dernier album du groupe que de consulter les tops commentaires de la recette de Fudge de Ricardo ? Tu vas voir où je veux en venir. Giselle V. a mis 5 étoiles : « Merci Ricardo, je viens de découvrir cette recette. Un vrai délice, meilleure recette à vie ! ». Mais Johanne L. donne deux étoiles : « Pas vraiment la texture attendue d'un fodge, manque d'onctuosité, goûte le chocolat qu'on a utilisé sans plus, n'a pas obtenu de succès chez nous ».

Hugo Lachance

Alors, après l'écoute de l'album, est-ce que tu crois que les auditeurs pencheront plus du côté de Giselle ou de Johanne ? Weird question, je sais.

David Bujold

Ben peut-être qu'il va y avoir un peu des deux parce que c'est vrai que je me suis permis d'aller ailleurs quand même sur cet album-là. Néanmoins, il y a quand même des tounes qui sont fondamentalement Fuudge, comme le dernier extrait qu'on a sorti qui s'appelle Je sais pas ce que je fais ici. Je pense que ça, c'est fondamentalement Fuudge.  C'est très noise, c'est très sludge, c'est doom un peu. Mais aussi il y a des ingrédients même dans cette toune-là que j'ai jamais faits, comme un bout qui est un petit peu new métal dans le build-up. On dirait du Limp Bizkit, j'ai jamais fait ça. D'ailleurs, j'ai jamais vraiment tant trippé New Metal, sauf certaines exceptions. Mais si tu prends le vidéoclip Le mentor, je suis super fier de ce vidéoclip-là et de la chanson aussi. Je pense que la chanson n'est vraiment pas Fuudge dans le sens qu'elle ne ressemble à aucune autre toune qui a été faite par le groupe avant. Bien que j'aie déjà fait des affaires assez pop, ce n'est jamais devenu ce genre de pop-là, un petit peu saccadé.

David Bujold

C'est comme la toune de l'album aussi. Je l'aime beaucoup, mais elle sort de la discographie entière. Peut-être que certains fans vont dire : « Celle-là, je la skipe tout le temps », comme Johanne qui a moins aimé ça. Peut-être que comme Johanne, certaines personnes vont dire : « Non, pas mon type de Fuudge ». Mais moi je trouve que dans le pacing de l'album, elle fait du bien.

Hugo Lachance

Moi je suis plutôt du côté de Giselle. J'espère que les gens vont être plus Giselle. Je prends deux minutes pour faire le segment « Salut à toi » parce que je l'ai oublié durant l'enregistrement.

Chapitre 15 : SEGMENT : Salut à toi ! Le balado des caisses de 24

Hugo Lachance Je fais un beau clin d'œil à Joël Desmarais-Racine et à son père qui font le balado Le balado des caisses de 24. C'est un balado qui couvre chaque album de Plume Latraverse, en plus d'entrevues avec des musiciens qui ont partagé la scène avec lui.

C'est vraiment bon, ce sont de longs épisodes vraiment intéressants. Ça vous aide à découvrir l'univers de Plume et plein de détails. Il partage aussi des archives. Je l'avais invité quand on a fait l'épisode sur la bande dessinée de Plume Latraverse.

De retour à l'entrevue avec Fuudge.

Hugo Lachance : Chapitre 16 : SEGMENT : Présentation de l'album

Qu'est-ce qu'on disait ? Oui, Les Horribles est un album qui aborde des thèmes de l'inconnu, de la métamorphose et des monstres. Il est surprenant à plusieurs égards, notamment par une approche littéraire plus soignée et par une certaine extravagance qui rappelle parfois les premières heures du groupe. Si on avait des étiquettes à mettre sur cet album, qu'est-ce que ce serait ?

David Bujold

Ben justement, je nomme trois thèmes : l'inconnu, la métamorphose et les monstres. Je pense que c'est un album peut-être un peu plus personnel que certains autres. En général, je puise souvent dans des choses que je vis, mais j'essaie tout le temps de trouver le parallèle extérieur à moi qui se reflète aussi dans la société en général.

David Bujold

Aussi, des fois, je vais insuffler dans une toune carrément de la fantaisie ou de la fiction. Je vais personnifier le personnage central pour qu'il devienne quelque chose, un sujet plus grand que juste moi-même.

Hugo Lachance

C'est souvent des conversations dans tes paroles, des échanges, on parle à quelqu'un...

David Bujold

Il faudrait que je relise mes paroles pour m'en rendre compte. Des fois, je deviens comme l'auditeur. Je ne sais même plus, une fois que c'est fait, j'oublie moi-même à quoi je pensais quand j'ai écrit de quoi. Je ne sais même plus de quoi ça parle.

Hugo Lachance : Chapitre 17 : Le jeu des étiquettes

Si on avait à mettre des étiquettes sur cet album-là, ça serait quoi ? Pour une personne qui n'a jamais entendu, le changement est un thème qui revient beaucoup.

David Bujold

Le changement, la métamorphose et les monstres sont des thèmes sur lesquels j'ai fait des liens pour essayer de créer un univers dans cet album-là. C'est hétéroclite aussi. Il y a des changements mais ça reste homogène quand même. Je parle du changement en général : dans ma vie, je vis beaucoup de changements, mais collectivement aussi on en vit énormément.

David Bujold

Pour les monstres, je me suis inspiré beaucoup du livre La métamorphose de Kafka. C'est un être qui se réveille le matin et qui est un insecte énorme, qui est un monstre finalement. Ça m'interpellait parce que j'ai l'impression de vivre ça dans ma propre vie.

David Bujold

J'ai l'impression que du jour au lendemain, je suis complètement quelqu'un d'autre. Mais je vois ça aussi autour de moi. J'ai l'impression que le monde soudain vient de faire un virage. Et les monstres, je trouve qu'il y en a beaucoup autour de nous. Les Horribles, c'est ça aussi : ce sont les temps horribles, les personnes horribles, puis ce sont aussi les idées horribles. C'est plein de choses que je trouve horribles.

David Bujold

D'ailleurs, le titre de l'album, ça m'a pris beaucoup de temps avant de le trouver. Au début, je voulais appeler ça L'Abomination. Puis je trouvais ça un petit peu trop intense, on aurait dit un Marvel Comic, ça ne marchait pas.

Hugo Lachance

C'est un super beau titre. J'aime ça comment tu le décris parce que c'est vrai que la société change vite puis il y a plein de petits monstres qui sortent partout à l'extérieur, mais aussi dans notre tête. Tu nous donnes les clés de l'album.

Hugo Lachance : Chapitre 18 : Les crédits de l'album

Le titre c'est Les Horribles, année 2026, compagnie de disque Folivora Records. Réalisation, prise de son, mixage, voix et guitare par David Bujold. Il y a aussi Pierre Alexandre (PA) à la basse et voix sur L'Abomination, Vincent LaBoissonnière aux claviers et Olivier Laroche à la batterie.

David Bujold

Vous avez réussi à faire un maudit bon son de drum. Ça, c'est Ryan Battistuzzi. Ses prises de son sont magiques. Ryan, c'est la personne qui revient le plus souvent au podcast.

Hugo Lachance

Studio, il y a le studio Bubu, puis Ben Média Multi-Média & Friends International Entertainment. C'est ton studio à toi, j'imagine ?

David Bujold

Non, moi c'est le studio Bubu. L'autre, c'est le studio de Ben Bouchard. Il est au La Track, il a un super beau studio là. C'est là que j'ai enregistré au complet Cauchemar. Cette fois-ci, on y est allés juste pour enregistrer des keyboards.

Hugo Lachance

Mais là, cette fois-là, tu as enregistré avec ton band. Prise de son : Ryan Battistuzzi et David Bujold. Matriçage : Jean-Philippe (JP) Villemure. Édition : DOZE Publishing. Gérance : DOZE Management. Spectacle : Culture Choc. Période d'enregistrement : j'ai commencé en février 2025.

David Bujold

J'ai pesé sur le gaz, mais c'était plus pour faire des démos. Je ne faisais jamais de démos avant, mais là, vu que je voulais le faire avec le band, il fallait que j'en fasse. Quand tu ne le fais pas avec le band, tu n'as pas besoin : je commençais, je faisais une traque, puis quand j'étais content, je la gardais. À la fin, j'avais une toune et je passais à l'autre.

Hugo Lachance : Chapitre 19 : La pochette

Au moment où on enregistre, l'album n'est pas encore sorti, mais j'ai eu des images. Je considère que vous avez toujours eu une très belle esthétique, mais vraiment pour le dernier album, c'est bien. C'est comme un espèce d'humain semi-humain plante. Est-ce que ce s'est ça la pochette officielle finalement ?

David Bujold

Ouais. C'est une photo de Camille Gladu Drouin, une photographe avec qui on collabore souvent depuis longtemps. Je cherchais du matériel pour la pochette et je suis arrivé sur son Instagram. C'était une photo en cyanotype.

David Bujold

C'est l'ancêtre du développement de la photo qui donne des imprimés bleus parce que le composé chimique réagit à la lumière. La photo est un peu bleue foncée. Ça donne aussi une photo plus texturée dépendant du papier utilisé. C'est peut-être un peu plus flou, plus granuleux.

David Bujold

C'est pour ça qu'on ne voit pas clairement l'entité sur la photo. Je trouvais ça le fun. Il y en a une avec une main qui tient une fleur sur le dos du vinyle. Celle avec l'être mystérieux semi-humain, semi-fleur, moi je l'appelais le « Big Foot ». Je voyais une espèce d'entité étrange et ça fittait avec le thème des monstres.

Hugo Lachance

Est-ce qu'il y a d'autres choses à ajouter pour les crédits de l'album ?

David Bujold

J'ai rajouté un crédit sur le vinyle pour la gravure de la laque (le lacquer). C'est peut-être un peu geek, mais c'est super important. À l'époque où il n'y avait pas de CD ni de cassette, c'était ça le mastering. Ils regardaient les sillons au microscope. Ils gravaient la musique enregistrée et mixée sur un master tape vers un médium.

David Bujold

Si tu prépares un fichier pour un CD, c'est du mastering aussi, mais pour un CD. Quand tu fais un mastering, le gars demande si tu fais un vinyle, parce qu'il faut un master différent. En réalité, ce que JP Villemure m'envoie, ce sont les waves prémastérisées. Pour le vinyle, il enlève le limiting pour que le gars qui grave la laque puisse faire distorsionner le son s'il veut.

David Bujold

Le travail du graveur change le son, il décide s'il enlève des basses ou s'il pousse plus. C'est pour ça qu'on nous envoie des test pressings. Le mastering d'un vinyle est fait à deux : la personne qui fait le prémastering et celle qui fait la laque.

Hugo Lachance

Biz de Loco Locass m'avait fait une belle analogie : le mastering, c'est comme la couche de vernis qu'un peintre met sur sa toile pour la finition et la beauté de la chose.

Hugo Lachance : SEGMENT : Une chanson après l'autre

On va passer au segment une chanson après l'autre. On va commencer avec, dans le fond, on écoute un extrait puis après ça, je t'invite à parler de ta toune. Ah, mais attends une minute ! Dans le fond, pour la gravure de la laque, je n'ai pas nommé c'était qui : c'est Marc Olivier Germain. Il travaille au Lab Mastering. Bon, bien on le salue ! OK, on y va avec « J'va bientôt t'abandonner ».

Hugo Lachance : Chapitre 20 : J'va bientôt t'abandonner

(Musique). « J’m’en viens te dire que j’va bientôt t’abandonner... Tsé, si on arrête pas, on va juste continuer ». Donc, « J'va bientôt t'abandonner ». Moi, ça m'a fait penser à Frantic de Metallica ! (Rires). Mais moi j'adorais ça. Super belle intro d'album franchement. C'est comme une espèce de build-up.

David Bujold

Ouais, c'est un build-up qui, pour moi, était une évidence : c'est sûr que ça ouvre l'album, cette affaire-là. Ben, tu veux qu'on parle de la musique ou des paroles ?

Hugo Lachance

Ah, moi je suis plus musique ! Si tu veux moins parler de tes paroles.

David Bujold

Ça va. Bien, tu vois, moi ce que j'avais en tête, il y a une espèce de synthé qui rentre qui est un son un peu « trend ». Pour moi, ça sonne un peu Ministry, ou un peu Ministry/NIN. J'avais ça comme référence quand le monde me demande c'est quoi les influences. En réalité, les influences, je vais essayer de les nommer après coup ; pendant la création, je n'y pense pas tout le temps.

Hugo Lachance

Mais il y en a plein d'influences là-dedans de toute façon, dans tout l'album, puis tant mieux ! Tu as super bien joué avec ça. Moi je pense qu'il y a aussi un petit peu de Queens of the Stone Age.

David Bujold

Oui, j'ai entendu Mr. Bungle un peu aussi plus tard. Moment donné, il y a un petit bout parton là qui fait que ça switch. Mais ça, c'est aussi une formule qui est beaucoup utilisée dans Fuudge : le fait de prendre le champ puis de revenir en « quiet-loud ».

Hugo Lachance : Chapitre 21 : L'abomination

(Musique). « Quessé qu’t’as ? J’te r’connais pas... Comment ça que t’es dev’nu ça ? Un ignoble, une catastrophe ». L'abomination. On parlait des paroles tantôt : « Je me suis levé en pensant être encore libre. Le vent soufflait tellement fort dans la maison. J'ai couru vers le miroir. C'était horrible. Je suis une abomination ». C'est quand même cool.

David Bujold

C'est le livre de Kafka, la Métamorphose. Je ne m'en cache pas, c'est l'abomination pour moi. Ce n'est pas exactement la même histoire, mais ça ressemble à ça : il s'est levé un matin puis c'était un monstre. Les deux tounes qu'on vient de faire jouer, pour moi, c'est le changement et la métamorphose.

David Bujold

Le « J'm'en viens te dire que j'va bientôt t'abandonner », pour moi, ça signifie que j'ai traversé dans les dernières années une espèce de métamorphose dans ma propre vie où j'ai l'impression de devenir quelqu'un d'autre ou d'abandonner une personne qui n'est plus moi. Il s'agit d'abandonner des habitudes, un mode de vie, une métamorphose carrément.

David Bujold

« L'abomination », sans être le même texte, continue dans ce sens-là : je me suis levé, je pensais que j'étais libre, mais finalement non. Je suis pris dans un nouveau corps étrange, monstrueux.

Hugo Lachance

Puis « Quessé qu't'as ? », c'est la conversation dont tu parlais tantôt. C'est pour ça que j'ai demandé à Pierre Alexandre (PA) de chanter le refrain ? C'est lui qui chante.

David Bujold

Pour ceux qui ne l'ont pas remarqué, c'est la voix de PA. C'est la première fois qu'il chante un « lead vocal » dans une toune. C'est le fun. Musicalement, c'est vraiment cool. Ça fait vraiment différent aussi.

David Bujold

Ouais, c'est une toune qui est schizophrène, avec des « quiet-loud » très prononcés. Dans le beat, je trouve qu'il y a un petit peu de Beck là-dedans. Il y a tellement d'influences : du T-Rex, peut-être un peu de Devo au début, puis du Beatles dans les accords de voix.

Hugo Lachance : Chapitre 22 : La honte

(Musique). « Tiens, salut, c’est moé, la Honte. J’veux juste te dire que chu vraiment ben là où tu m’as mis ». Donc, « La honte ». Au niveau des influences, celle-là est très claire.

David Bujold

Il y a deux influences. Le refrain, c'est clair que c'est du Nirvana. Mes influences de Nirvana datent du jour 1, je ne me suis jamais caché de ça. Dans Fuudge, c'est clair, ça frôle même le pastiche. J'ai déjà mis dans certaines tounes des références super spécifiques à Pink Floyd ou d'autres.

David Bujold

Mais pour celle-là, je ne dirai jamais non : c'est clair, c'est du Nirvana. J'embrasse le fait que je suis fortement influencé. Les couplets, par contre, sont un petit peu plus Beck pour moi.

Hugo Lachance : Chapitre 23 : Le mentor

(Musique). « On commence tu’suite, faque suis le tempo... T’as toute le kit, donne toute de c’que t’es ». Le mentor est peut-être la pièce la moins « Fuudge » de tout le répertoire du groupe, avec des refrains résolument pop qui pourraient faire sourciller les fans. Moi j'adore cette toune, et le vidéoclip est vraiment cool.

David Bujold

Je ne dis pas que j'ai fait des choix super conscients dans ma direction artistique, mais on a fait le constat qu'en show, les tounes qui « payaient » le plus, c'étaient les tounes « heavy ». Je voyais que sur les tounes pas heavy, le monde trouvait ça super bon, mais sur les tounes heavy, ils viraient complètement fous et se mettaient à thrasher.

David Bujold

Inconsciemment, ça m'a donné le goût d'en faire plus, mais j'aime quand les bands essayent des choses. Pour le mentor, je ne savais pas quoi faire de ce riff-là, je trouvais que ce n'était pas Fuudge. J'ai un projet solo très folk et ça ne fittait pas non plus. J'étais entre les deux, mais c'était plus proche de Fuudge, alors j'ai forcé parce que c'était un trop bon petit riff.

Hugo Lachance : Chapitre 24 : Le cortège

(Musique). « Les atomes, les morses, les hérétiques... sont tous venus pour te dire merci d’être venus ». Le cortège, c'est cool. C'est elle qui faisait un peu Mr. Bungle ?

David Bujold

Ouais, c'est une toune qui est vraiment différente, mais je trouve que ça fitte avec Fuudge. C'est mon petit bonbon, mon petit chouchou sur cet album. Je ne sais pas si c'est ma préférée parce qu'elle est juste tellement bizarre, c'est une chanson résolument bizarre, un peu « laboratoire ».

David Bujold

Depuis que j'ai sorti mon album solo, je me suis dit que j'allais faire un album de Fuudge, puis un album solo. Mon album solo ressemble à du folk, très Nick Drake. C'est guitare acoustique, plus « chanson », ultra « quiet ». L'album s'appelle Le sol ou le ciel, c'est sorti à l'automne 2024.

David Bujold

Une autre influence pour l'album solo, c'est Carrie & Lowell de Sufjan Stevens. Pour en revenir au « Cortège », c'est presque un album concept à cause de l'aspect des monstres. C'est une énumération d'entités sur l'anxiété sociale. Il y a un peu de Krautrock là-dedans. Un de mes albums favoris, c'est Third de Portishead, qui est très Krautrock. Ça m'a inspiré ce son-là.

Hugo Lachance : Chapitre 25 : J'vois noir dans l'clair

(Musique). « Je sais pas c’que tu penses mais j’pense que tu sais que j’sais absolument rien... J’vois noir dans l’clair, j’monte en bas ». « Je souffre mais je le sais pas ».

David Bujold

C'est une petite manipulation des mots avec des inversions, mais j'ai réussi à insuffler du sens dans un texte qui a l'air absurde. C'est le sentiment d'être complètement perdu, la perte de sens. « J'monte en bas », il y a beaucoup de contradictions. C'est quelqu'un qui se cherche, un peu comme dans une gravure d'Escher, c'est surréaliste.

David Bujold

Musicalement, on est encore dans Nirvana, mais les couplets sont un petit peu plus Beatlesses avec des harmonies à trois voix. Ça fait sacrer mes musiciens parce que c'est deux fois plus de job à apprendre, mais ils sont vraiment efficaces.

Hugo Lachance : Chapitre 26 : Pas fier

(Musique). « Ch’tu dev’nu quelqu’un ? Si j’t’ai trahi quand j’ai acheté ma vie... Chu pas fier ». Parle-nous de cette chanson-là.

David Bujold

On est encore dans la honte, la recherche identitaire de personnes torturées par la vie, avec des regrets et des remords. C'est clairement Bleach, c'est très nirvanesque. On m'a déjà reproché d'afficher mes influences de Nirvana aussi ouvertement, sans vergogne, mais qu'est-ce que tu veux ? C'est la vie. Ce n'est pas du plagiat, ce sont des influences assumées.

Hugo Lachance : Chapitre 27 : Je sais pas c'que j'fais icitte

(Musique). « J’ai honte des fois d’entrer dans l’antre, l’antre des rois... J’ai besoin de toute ». C'est une de mes préférées de l'album, et elle ne fait pas Nirvana en plus !

David Bujold

Là on est plus dans le noise, le Melvins, ou même le new-métal dans le bout juste après. Quand je dis « Je sais pas ce que je fais icitte », toi tu sais ce que tu fais ici ? Moi je ne sais pas. La toune est « down-tunée » en Si (B).

David Bujold

Le son de drum de Ryan Battistuzzi là-dessus est écoeurant, il a le don d'apporter la touche « crottée » qui sonne bien. C'est une toune qui parle des inégalités sociales et de l'angoisse des épiceries. Ça t'est déjà arrivé d'être dans un Maxi ou au Costco et de te dire : « Oh my God, je ne me sens juste pas bien » ? C'est l'opulence des épiceries, il y a tellement de stock que ça fait peur.

Hugo Lachance : Chapitre 28 : Non! Oué!

(Musique). « Tu veux-tu du cul, tu veux-tu le mal ? Vivre sans but ou être normal ? ». Un autre avenue dans l'album.

David Bujold

Il y a une toune comme ça sur chaque album : c'est le côté Kinks de Fuudge. Un moment « Kinks » bien construit, limite un peu Breastfeeders, plus rock n' roll. Puis il y a un interlude atonal où on joue avec le clavier sans tonalité : c'est notre bout à la Stravinsky, ou à la Zappa qui trippait sur Stravinsky.

Hugo Lachance : Chapitre 29 : Tu t'en fous

(Musique). « Les rayons gamma dans nos gueules... sourire à la caméra ». C'est le petit galop.

David Bujold

C'est la première fois qu'on utilise le galop dans du Fuudge, c'est un « statement ». C'est une autre toune de collage où il n'y a aucun lien entre la partie A et la partie B. Le riff du début, je le traîne depuis 2018 ; il devait être sur Fruit-Dieu, mais finalement la version finale n'avait plus ce riff-là. On recycle !

Hugo Lachance : Chapitre 30 : V'là les horribles

(Musique). « Attention v’là les affreux, les vils, les froids, les honteux... Mort aux horribles ! ». C'est cool, c'est hardcore.

David Bujold

C'est un peu plus punk. Les horribles, ce sont les nouvelles idées de marde qui circulent dans la société, la montée de la droite. Je les personnifie comme des êtres qui envahissent la ville pour voler tes enfants.

Hugo Lachance : Chapitre 31 : Les ciels oranges

(Musique). « Dis adieu aux affreux, on s’en va très très loin de c’qui existe pu... Tu dessines des ciels oranges ». Il existe une version rock de cette pièce dans tes archives ?

David Bujold

Ouais, j'ai une version avec le band qui était très Queens of the Stone Age. C'était cool, ça bûchait beaucoup, mais l'album n'avait aucun « break ». J'ai eu un flash : j'en ai fait une version acoustique « smooth ». Ça fait du bien dans le pacing.

Hugo Lachance : Chapitre 32 : Ma joie m'étrangle

(Musique). « On avait pas de télés din’ poches pis on savait pas qu’la fin était si proche ». Pas une toune pour finir l'album.

David Bujold

Les dernières tounes d'album sont souvent plus « moodies », moins pop, avec une espèce d'ouverture. Pour moi, le pacing est crucial pour raconter une histoire, et ça fonctionne bien ici en conclusion. Le sujet est nostalgique, c'est moi qui réfléchis à un temps révolu. Ça boucle la boucle.

Hugo Lachance : Chapitre 33 : SEGMENT : Rafales

On a passé à travers l'album ! Ton top 3 de l'album ?

David Bujold

« Le cortège », « L'abomination », puis j'hésite entre « La honte » et « Je sais pas ce que je fais icitte ».

Hugo Lachance

Le mien : 1. « Le mentor », 2. « Je sais pas ce que je fais icitte », 3. « L'abomination ». Si tu avais une toune à enlever ?

David Bujold

Malheureusement, ça serait « Ma joie m'étrangle ».

Hugo Lachance : Chapitre 34 : Conclusion

L'album sort le 15 mai, et le lancement est le 18 juin. Allez vous procurer tout ça ! David Bujold, merci beaucoup d'avoir joué le jeu de l'Album Podcast. C'est vraiment un bel album. Allez vous abonner aux réseaux sociaux de David Bujold et Fuudge. Merci à Hopera, merci aux nouveaux abonnés, et merci à Véro de la salle des tortues. À un prochain épisode !