Transcription de l’épisode avec GENERAL CHAOS : Can't please 'em all

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Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions.  Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !


Hugo Lachance : Nous sommes le 10 août 2026 en provenance du Café La Ligne Verte à Montréal. Vous savez que d'habitude je reçois beaucoup d'artistes vétérans, mais aujourd'hui j’accueille un groupe de la relève déjà bien établi dans la scène punk au Québec. On replonge dans l’énergie de la jeunesse avec General Chaos à L’Album Podcast !

Hugo Lachance : Bonjour à tous. Avant de replonger dans l'énergie de la jeunesse avec General Chaos, je tiens à remercier les nouveaux abonnés qui se sont joints à nous sur YouTube, iTunes et toutes les autres plateformes. Venez vous abonner; vous savez comment ça marche, on est fatiguant avec ça, mais c'est le nerf de la guerre. Je tiens à remercier aussi le café La Ligne Verte, qui commandite cet épisode en nous prêtant ses locaux. C'est la nouvelle place pour se réunir dans le Centre-Sud, situé juste devant le métro Frontenac. Le café est spécialisé en cuisine réconfortante; c’est un endroit sécuritaire et inclusif où il y a des shows d'humour, de jazz et plein de variétés.

Hugo Lachance : Je remercie aussi la microbrasserie Hopera, qui commandite aussi cet épisode. Hopera, c'est un resto-bar sur la rue Saint-Dominique à Jonquière, mais c'est aussi l'usine La Shop, située dans le parc industriel, où vous pouvez déguster leurs produits. C'est vraiment une gang fantastique et très impliquée culturellement. Merci à Vlad et sa gang. Si vous aimez ce que je fais, vous pouvez aller au www.lalbumpodcast.ca pour faire un don spontané ou mensuel. Ça me ferait extrêmement plaisir.

Hugo Lachance : Alors, je suis avec Rémi Jacques, Constantin Blondy et Aude Deniger. Bienvenue à L’Album Podcast !

Constantin Blondy : Merci.

Hugo Lachance : Enfin on réussit à se voir, ça fait longtemps qu'on se court après. Votre album, Can't Please 'Em All, est sorti le 8 mai dernier. Comment ça se passe depuis ce temps-là ?

Rémi Jacques : Bien, ça va très bien.

Constantin Blondy : Oui, très bien.

Hugo Lachance : Vous faites pas mal de shows ?

Aude Deniger : Oui.

Hugo Lachance : Cool. En travaillant mon introduction, j’ai cherché sur le concept du chaos et je suis tombé sur une citation de Jiddu Krishnamurti, un philosophe indien de la contre-culture des années 60. Elle représente bien, à mon avis, les paroles et la philosophie de l'album : « Le chaos du monde n'est que la projection du chaos régnant dans chaque individu ». Est-ce que ça fait du sens pour vous ?

Constantin Blondy : Je pense que oui. Je trouve que ça fitte avec les paroles de l'album. On va avoir l'occasion d'écouter ça toune par toune.

Hugo Lachance : J'ai aussi fait certaines recherches et j'ai trouvé un article de Dominic Tardif paru dans La Presse le 14 septembre 2023. L'introduction disait : « Constantin Blondy se confond en excuses. À l’heure dite de l’entrevue, le batteur de son groupe, Rémi Jacques, n’est pas encore revenu de son excursion au dépanneur. "Il est allé chercher du Kool-Aid", explique le leader de General Chaos ». Rémi était finalement apparu sur son vélo avec une bouteille de liqueur de deux litres et une tablette de chocolat, mais pas de Kool-Aid. Constantin lui avait lancé : « Redonne-moi mon change, là ». C'est une géniale introduction, très bien écrite. Pour des vieux comme Dominic et moi, c’est un peu comme retourner dans notre jeunesse. Qu'est-ce qui a changé depuis cet article ?

Rémi Jacques : Ça fait quand même trois ans. On ne boit plus de Kool-Aid, c'est fini.

Constantin Blondy : J'en ai jamais bu tant que ça. On a fait ça deux ou trois fois avant des shows et c'était des super bons shows.

Rémi Jacques : On évite le cancer, l'eau c'est meilleur.

Hugo Lachance : Est-ce que Rémi est toujours en retard ?

Constantin Blondy : Non, je ne pense pas, pas pour des raisons comme ça.

Rémi Jacques : Non, non.

Hugo Lachance : Vous vous êtes formés quand vous aviez 12 ou 13 ans, je pense ?

Constantin Blondy : Oui, 12 ans. Rémi avait 13 ans.

Hugo Lachance : D'où vient le nom General Chaos ?

Constantin Blondy : C'est vraiment spontané, on est venus avec ça comme ça.

Hugo Lachance : Vous avez fait vos premières apparitions au Pouzza Fest en 2022 et 2023 ?

Rémi Jacques : Oui, on a fait la scène extérieure.

Hugo Lachance : Bon, je vais vous présenter un par un. Rémi, t'es un petit gars de où ?

Rémi Jacques : Montréal.

Hugo Lachance : Ton album d'enfance, le plus loin que tu te rappelles ?

Rémi Jacques : Ce serait quelque chose comme les premiers albums d'Iron Maiden, comme Run to the Hills ou Peace of Mind.

Hugo Lachance : Ton album d'adolescence le plus formateur ?

Rémi Jacques : Tous les albums de Dead Kennedys, surtout Fresh Fruit for Rotting Vegetables.

Hugo Lachance : Ton premier instrument ?

Rémi Jacques : La batterie.

Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?

Rémi Jacques : Il n'y a pas eu de moment précis, ça a juste toujours été ça. J'ai toujours été dans la musique, c'est présent dans ma famille aussi.

Hugo Lachance : Aude, t'es une fille de où ?

Aude Deniger : De Saint-Hubert, à Longueuil.

Hugo Lachance : Ton album d'enfance ?

Aude Deniger : L'album d'Avril Lavigne avec la chanson Complicated dessus.

Hugo Lachance : Ton album d'adolescence ?

Aude Deniger : Punk in Drublic de NOFX.

Hugo Lachance : Ton premier instrument ?

Aude Deniger : J'ai fait du violon pendant quatre mois, mais je suis tombée à la basse par la suite.

Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique serait fondamentale ?

Aude Deniger : Durant l'été de mes 13 ans. J'ai commencé à aller voir plus de shows dans les festivals et c'est là que j'ai commencé la basse.

Hugo Lachance : Constantin, t'es un petit gars de où ?

Constantin Blondy : Montréal.

Hugo Lachance : Ton album d'enfance ?

Constantin Blondy : Il y en a plusieurs, mais je dirais In Utero de Nirvana ou le premier album des Ramones.

Hugo Lachance : Ton album d'adolescence ?

Constantin Blondy : Le premier album de Rancid ou Somewhere Between Heaven and Hell de Social Distortion.

Hugo Lachance : Ton premier instrument ?

Constantin Blondy : J'ai fait du piano, mais pas sérieusement. Je dirais la trompette et la flûte au primaire.

Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique serait fondamentale ?

Constantin Blondy : Je le réalise de plus en plus chaque jour, à chaque show. Je réalise la place que ça prend dans ma vie.

Hugo Lachance : On est ici pour parler de votre album Can't Please 'Em All. Comment vous êtes-vous formés à la base ?

Constantin Blondy : Rémi et moi avons commencé à jouer ensemble pendant la COVID. J'ai appris la guitare durant cette période et Rémi jouait déjà du drum. On était à la même école, à FACE. On a pris un ami commun pour jouer de la basse au début.

Rémi Jacques : On a eu plusieurs bassistes ensuite, mais c'est Aude qui est là depuis le plus longtemps. Il y avait Zoé Chapman avant toi.

Hugo Lachance : Dans votre discographie, il y a le démo General Chaos en 2023, Outta My Way en 2024 et Can't Please 'Em All en 2026. Il y a aussi un EP reggae sur iTunes, c'est quoi ça ?

Rémi Jacques : Non, ça c'est une erreur. Ce n'est vraiment pas nous autres. Voilà pourquoi il faut acheter des copies physiques !

Hugo Lachance : Je veux jouer au jeu des étiquettes. Stomp Records a publié un communiqué disant que votre style se situe entre le punch de Rancid, l'urgence des Descendents, le dynamisme de Green Day et le tranchant de Propagandhi. Comment définiriez-vous l'album ?

Constantin Blondy : C'est de la musique. C’est du punk direct, « straightforward ». On n'a pas essayé d'être originaux, on a juste fait ce qui nous tentait de faire.

Hugo Lachance : Quelles sont les différences avec Outta My Way ?

Constantin Blondy : Outta My Way était plus une compilation de toutes les chansons qu'on avait à ce moment-là. Le nouvel album est un tout qu'on a composé ensemble.

Hugo Lachance : Quel est le contexte d'écriture ?

Constantin Blondy : On a eu plusieurs phases. On avait planifié une pré-prod, mais il nous manquait des chansons, alors on a écrit énormément durant un mois. Les chansons You Proved Nothing et The Idiots Have Taken Over ont été composées très rapidement juste avant l'enregistrement.

Hugo Lachance : Comment s'est passée votre signature avec Stomp Records ?

Rémi Jacques : On les a gossés. À la base, on les contactait pour du booking, puis on leur a demandé s'ils voulaient sortir notre album. Ils ont dit oui sans même nous avoir vus en show auparavant. La première fois qu'ils nous ont vus, c'était au Bâtiment 7 pour le lancement du premier single.

Hugo Lachance : Vous allez tous au Cégep maintenant ?

Rémi Jacques : Oui, je m'en vais au Cégep de Saint-Laurent en musique, en drum jazz.

Aude Deniger : Moi aussi je vais à Saint-Laurent en musique.

Constantin Blondy : Moi je fais un DEP en électricité.

Hugo Lachance : Constantin, tu disais dans le communiqué que cet album est bien meilleur que le précédent. C'est quoi l'approche des textes ?

Constantin Blondy : C'est très impulsif, ça sort souvent en moins d'une heure. Par exemple, 200 Yards a été écrite la journée où on a appris que Charlie Kirk s'était fait tirer dessus.

Hugo Lachance : On va passer à la présentation de l'album. Il a été réalisé par Fred Jacques. Comment en êtes-vous venus à travailler avec lui ?

Rémi Jacques : Il nous l'a proposé. Comme c'est mon père, il nous a fait un prix très raisonnable, c'était pratique. Il s'est impliqué dès la pré-prod. On a passé deux jours ensemble à écouter les chansons et à changer des trucs.

Hugo Lachance : L'enregistrement s'est fait avec Ryan Battistuzzi au studio Le Stuzzio. C'est quoi votre méthode en studio ?

Rémi Jacques : On a fait le drum et la basse en même temps, puis on a ajouté les guitares et les voix ensuite. On a enregistré l'album en trois jours en novembre, les 20, 21 et 22. C'étaient de grosses journées.

Hugo Lachance : La pochette a été photographiée par Justin et le montage graphique a été fait par la mère d'Aude avec vous.

Hugo Lachance : Le 6 octobre dernier, je recevais le groupe Yesterday’s Ring et j'avais fait un segment intitulé « Enfants ». J'avais demandé à Rémi et à Milan Mudie de poser des questions à leurs pères. Aujourd'hui, je fais le segment « Parents ». Rémi, on va écouter la question que tu avais posée à ton père : « C'est quoi la pire situation dans laquelle tu t'es trouvé en tournée ? »

Fred Jacques (extrait audio) : « Il y en a plusieurs ! Une fois aux States, ou peut-être dans l'Ouest, j'avais bu beaucoup d'alcool et j'avais vraiment envie de chier. On s'est immobilisés sur une route secondaire, j'ai ouvert la porte arrière du trailer et j'ai fait mes besoins dans le triangle du trailer. Ce n'est pas très glorieux ».

Hugo Lachance : Ça montre la différence entre vos générations. Vous êtes sobres, vous ne consommez pas ?

Rémi Jacques : Je ne me considère pas comme sobre au sens strict, mais je ne suis pas un « crackhead ». C'est propre à chacun.

Hugo Lachance : Fred disait aussi qu'il était fier de toi. Il disait : « Il est fucking bon au drum, il s'en va en jazz ». Constantin, ton père, Karim Blondy, t'a aussi laissé un message.

Karim Blondy (extrait audio) : « Constantin, je suis fier de toi. Si vous en êtes là, c'est grâce à vos efforts. Vos parents ont pu vous mettre sur la voie en vous faisant écouter de la musique, mais c'est vous qui livrez la marchandise. Je sais que la musique nous a rapprochés. Gros bisous ».

Hugo Lachance : C'était Karim, ton père, Constantin. Ton père a joué dans le Karlof Orchestra, qui a quand même assez bien marché dans l'underground. Rémi, évidemment, ton père c'est Fred Jacques des Sainte Catherines. Constantin, qu'est-ce que ça te fait d'entendre des trucs comme ça de ton père ?

Constantin Blondy : C'est le fun. C'est rassurant. Je ne sais pas, ce sont des trucs auxquels je pense aussi. C'est génial.

Hugo Lachance : On continue. On a un message d'Éric Deniger, le père d'Aude. Écoutez bien ça.

Éric Deniger (Message audio) : Yo ! Je suis supposé faire des vidéos avec ta mère, mais t'es partie grimper le mont Saint-Hilaire avec elle. On se sentait seuls, alors j'ai décidé de le faire avec Flucky. C'est presque pareil. Je suis bien content de t'avoir. Tu as eu une basse dans les mains en cinquième année et tu as pu jouer avec le band des Royal Star, le band du parascolaire. Depuis ce temps-là, tu nous rends fiers au bout. Avant ça aussi, mais là on partage les mêmes passions et c'est vraiment cool : les shows, la musique, c'est malade. Le body surfing au MTELUS pendant que c'est toi qui chantes sur le stage... Wow ! Peu importe ce que tu vas faire dans la vie, on va être là pour te supporter. Quarante heures de route pour quarante minutes de show au Summerfest à 16 ans, c'est incroyable. Tu décides d'aller jouer au théâtre au secondaire au lieu de faire de la musique ? C'est correct. On sait que la musique est faite pour toi. On te laisse aller pareil, on te supporte. C'est génial. Lâche pas, on t'aime bien. Constantin, désolé, ta guitare qu'on va laisser tomber sur le stage au MTELUS, c'est grave, excuse-moi ! Puis Rémi, arrête de dormir un peu partout dans le char,  tu baves, c'est dégueulasse.

Hugo Lachance : Alors, c'était Éric, ton père, Aude. La raison pour laquelle j'ai fait ça, c'est parce que moi aussi je travaille avec des jeunes et je trouve ça important de souligner leurs efforts et leur travail. Je pense que vos parents vous soutiennent tous. Il y a une dernière personne qui vous a laissé un message, peut-être meilleur en vidéo celui-là, mais bon. What’s up, General Chaos !

Milan Mudie (Message audio) : Vous êtes tough, vous êtes nice, vous êtes smart. Je t’aime !

Hugo Lachance : C'était Milan Mudie ! C'est cool, j'ai contacté vos parents et on a fait ça en une journée à peu près. On va passer au segment « Une chanson après l’autre ». Le concept est simple : on écoute un extrait et ensuite c'est à vous de parler de la toune, des paroles ou des anecdotes. On commence avec You Prove Nothing.

(Extrait de « You Prove Nothing »)

Hugo Lachance : Alors, parlez-moi de cette chanson-là.

Constantin Blondy : C'est une des tounes qu'on a faites en deux secondes. Il n'y a presque pas de production sur celle-là. On l'a faite entre la pré-prod et l'enregistrement.

Hugo Lachance : Puis au niveau des paroles ?

Constantin Blondy : C'est pas mal instantané et « self-explanatory ». Ça se raconte tout seul.

Hugo Lachance : Donc c’est une des tounes faites à la dernière minute. Quelque chose à ajouter ?

Rémi Jacques : Le pre-chorus ressemble pas mal à du Motörhead, à Ace of Spades.

Hugo Lachance : Ah oui, j'avoue ! C’est drôle, vous avez fait ça sans le vouloir. C’est ça le punk rock. On continue avec The Idiots Have Taken Over.

(Extrait de « The Idiots Have Taken Over »)

Hugo Lachance : On parle de qui là-dedans ?

Constantin Blondy : Le titre est un clin d'œil à NOFX. Eux disaient ça il y a vingt ans, mais là les idiots ont vraiment pris le contrôle. On parle de politique américaine, mais c’est partout dans le monde avec la montée de la droite. Ça nous inquiète. Musicalement, c'est une autre chanson composée rapidement, mais c'est une de mes préférées, peut-être même ma préférée.

Aude Deniger : Moi aussi je l'aime beaucoup. C'était juste avant Constantin, le squelette était là mais ce n'était pas fini pour la pré-production. On a ajouté des trucs après. Les back vocals sur tout l'album ressortent bien, peut-être parce que j'aime beaucoup les Vulgaires Machins; la présence féminine est cool là-dedans.

Hugo Lachance : La troisième : Zipko. C'est qui ce Zipko-là ?

Constantin Blondy : C'est une vraie personne. J'ai eu un livre à Noël 2026 de mon oncle qui s'appelle The Bike Riders par Danny Lyon. Il a suivi les Outlaws de Chicago, un club de motards des années 60. Ce sont des entrevues avec des histoires de fous, très dignes d'un film. Zipko est un des personnages et la toune est une reformulation de son histoire.

Hugo Lachance : Je pense avoir vu le film, il est sorti au cinéma il n'y a pas si longtemps. Constantin, j'aime beaucoup ta voix. Je trouve qu'elle a beaucoup changé entre le premier et le deuxième album.

Constantin Blondy : J'ai enregistré toutes les voix en une journée parce qu'on n'avait plus de temps, il fallait finir le dimanche. J'ai moins une voix de kid. On sent un peu l'influence de Tim Armstrong de Rancid.

Hugo Lachance : C'est clairement mieux que sur le premier album. C'est intéressant parce que moi je suis prof au secondaire à Ville-Saint-Laurent et je travaille avec des jeunes de secondaire 3 et 4. Je trouve ça cool d'être avec vous aujourd'hui pour ça. On continue avec Busted.

(Extrait de « Busted »)

Hugo Lachance : Busted, ça coupe un peu raide. Qu'est-ce qu'il y a à dire là-dessus ?

Constantin Blondy : C'est une toune le fun. Ce n'est pas tant une toune personnelle, mais j'avais tendance à l'école à toujours être celui qui se faisait pogner. Quand tout le monde faisait la même chose, c'était toujours moi qui payais. Depuis le début du secondaire.

Hugo Lachance : Tu étais quel genre d'élève ?

Constantin Blondy : Je n'étais vraiment pas bon à l'école. J'avais des problématiques avec les profs. En grandissant, je réalise que c'est le système d'éducation au Québec qui ne me convenait pas. La musique m'a aidé; jouer des shows et ouvrir pour The Offspring, c'est très valorisant comparé aux étiquettes que l'école me mettait.

Hugo Lachance : Puis Rémi, quel genre d'élève il était ?

Rémi Jacques : On faisait tous les deux des conneries, mais j'avais de bonnes notes. En secondaire 5, toute ma classe a décidé de faire n'importe quoi à la fin de l'année. Je suis allé sur le toit de l'école et je me suis fait pogner, j'étais le dernier à le faire alors que tout le monde l'avait fait sans se faire prendre. Au bal des finissants, on a tout avoué à la direction, ils n'en revenaient pas. Ils étaient vraiment fâchés.

Hugo Lachance : On continue avec Bon à rien.

(Extrait de « Bon à rien »)

Hugo Lachance : C'est quoi l'histoire derrière cette toune-là ?

Aude Deniger : C'est « self-explanatory ». Constantin avait commencé à écrire et j'ai rajouté un ou deux couplets. C'est moi qui chante. Ce n'était pas prévu d'avance, mais Constantin n'aime pas tant chanter en français.

Constantin Blondy : Je trouve ça difficile d'écrire en français, ce n'est pas très agréable à chanter non plus. Il manque une certaine attitude qu'on a en anglais. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Mais on va peut-être essayer d'en avoir une par album, ce serait une bonne idée.

Hugo Lachance : On passe à 200 Yards. Les paroles sont assez intenses.

Constantin Blondy : On s'est inspirés de la journée où Trump s'est fait tirer à l'oreille. C'était instantané. Rémi avait le riff, et j'ai jammé la basse chez moi. C'est hallucinant de vivre des moments politiques comme ça et d'en faire une toune; c'est du matériel d'écriture gratuit.

Hugo Lachance : On continue avec No Bullshit.

Constantin Blondy : C'est très direct. Ça s'applique beaucoup à la scène, aux bands superficiels qui en font trop. Ça s'applique à tout en général.

Hugo Lachance : On poursuit avec 65 Cadillac.

Rémi Jacques : C'est une toune de party, très rock'n'roll. C’est la première qu'on a écrite pour l'album. On avait déjà un démo avant qu'Aude arrive; c'est Zoé Chapman qui avait composé la base et Aude l'a refaite. Il y a un bridge où on s'entend tous les trois, c'est cool.

Hugo Lachance : Suivante : Stupid.

Constantin Blondy : C'est subliminal. Ça vise les gens qui glorifient la consommation et qui pensent qu'ils sont meilleurs que toi parce qu'ils consomment. L'intro est très The Clash. Ce n'est pas ma préférée sur l'album, elle est un peu plate en show, mais j'aime beaucoup le solo.

Hugo Lachance : Une que j'aime beaucoup : Trust Anyone. Vera Bozickovic de Taxi Girls chante dessus.

Aude Deniger : On voulait une toune hardcore rapide. J'ai marmonné le riff dans mon téléphone pour ne pas l'oublier et je l'ai montré à Constantin. Je ne joue pas vraiment de guitare, mais je peux faire des power chords. On a contacté Vera parce qu'on aimait sa voix; elle a écrit ses propres paroles et le résultat est super. Fun fact : Vera était ma prof de basse et la prof de drum de Rémi.

Hugo Lachance : On continue avec El Bato. Une toune ska !

Constantin Blondy : On a un background de bands ska comme Operation Ivy ou Rancid. On est sur le label de Matt Collyer des Planet Smashers, alors c'était la chose à faire. Mon père a trouvé le nom; à la base c'était Passing the Boat, mais durant la pré-prod, Fred criait « El Bato » au début de chaque prise. On l'a gardé.

Hugo Lachance : Junkie Territory. Qui a écrit ça ?

Constantin Blondy : C'est moi. Ça parle du Centre-Sud. Il y a beaucoup de junkies qui ont migré là depuis la COVID avec la gentrification. Ce sont des souvenirs de skate où il y avait des seringues par terre. Récemment, au MTELUS, j'ai vu un gars par terre, les gens essayaient de le réveiller et il ne bougeait plus. Les ambulances sont arrivées. Ça fait partie du paysage urbain, c'est banalisé et ça fait mal de voir des chums tomber là-dedans.

Hugo Lachance : La dernière : Wilder Days.

Constantin Blondy : Ça parle de la société de consommation. C'est une des premières tounes qu'on a jouées avec Aude en 2024. C’est une bonne conclusion pour les shows.

Hugo Lachance : En terminant, qu'est-ce qui s'en vient pour General Chaos ?

Rémi Jacques : On a une tournée avec les Planet Smashers, Mustard Plug et K-Man & The 45s en septembre. On a beaucoup de dates au Québec et une à Ottawa. On est vraiment contents d'avoir fait cet album ensemble, c'est un truc de coché sur notre « bucket list ».