Transcription intégarle de l’épisode avec TEKE::TEKE En huit chansons clés
Avertissement : Cette transcription est le fruit d'une collaboration avec une intelligence artificielle qui fait de son mieux, mais qui ne saisit pas toujours toutes les "subtilités" de nos discussions. Le fichier audio/vidéo original demeure la seule référence officielle. Si un passage vous semble bizarre, faites confiance à vos oreilles et allez écouter l'épisode !
Hugo Lachance : Nous sommes le 22 juin 2026, en provenance du Vieux-Longueuil en banlieue de Montréal, et aujourd'hui j'ai l'immense honneur d'être invité chez TEKE::TEKE, un groupe que j'adore, un groupe étonnant, un groupe nippo-québécois. Donc on va parler de leur tout aussi étonnante carrière en huit chansons. Alors c'est ce qui nous attend, l'autre côté du thème, l'album podcast ! Avant de vous présenter convenablement mes invités, je tiens à remercier les nouveaux abonnés. Ça fait extrêmement plaisir. Venez nous rejoindre sur YouTube, entre autres, tous les réseaux sociaux : Instagram, Facebook, Bluesky, je suis partout et même sur Reddit. Je vous invite aussi à visiter mon site www.lalbumpodcast.ca. Si vous aimez mon travail, vous pouvez aussi faire un don par mois ou un don spontané comme ça. Rendez-vous sur le site, toutes les explications sont là. Mais le plus important, c'est d'en parler. Vous aimez le podcast ? Parlez-en, c'est toujours la meilleure publicité.
Je remercie aussi la microbrasserie Hopera, qui est commanditaire de cet épisode. Hopera, c'est une microbrasserie qui est située à Jonquière, au Saguenay. C'est du monde qui sont vraiment très, très cool. Ils ont de très bons produits, mais aussi, ce sont des gens qui sont intégrés au milieu culturel de la région. Ce sont des gens qui créent des connexions un peu partout, tant avec la bière, la nourriture et aussi le côté culturel musical. Alors, je vous invite, si vous allez cet été au Saguenay, à passer par Hopera. Surtout la shop qui est située en plein cœur du parc industriel à Jonquière. Vous allez voir, c'est une usine qui est vraiment cool. Vous pouvez déguster les produits et en acheter. Alors, je suis avec TEKE::TEKE. Bonjour !
Maya Kuroki : Bonjour !
Hugo Lachance : Merci de me recevoir chez vous.
Sei Nakauchi Pelletier : Ça fait plaisir. Bienvenue.
Hugo Lachance : Je suis en présence de Maya Kuroki, Hidetaka Yoneyama et Sei Nakauchi Pelletier. Bienvenue. Vous avez joué récemment à la SAT, vous avez fait le fameux Dôme. Comment ça s'est passé, le show ?
Sei Nakauchi Pelletier : Ah, c'est génial, hein ? Dans le Dôme, c'est surprenant. C'est la première fois qu'on vivait ça au niveau de la vidéo et tout. Ça vient avec ses challenges au niveau du son, par exemple, avec les speakers. Il y a quarante speakers dans le mur du Dôme. Mais en gros, c'était vraiment génial. C'est une belle collaboration aussi avec le VJ, Alex Vlair.
Hugo Lachance : Oui, il y avait des projections à 360 degrés, c'est ça ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, c'est ça. On a intégré le visuel artistique de Maya.
Maya Kuroki : On a envoyé tout ce qu'on a fait, puis il était content de travailler. Il disait : « Ah oui, amène-m'en plus, plus ! ». Puis j'envoie tout, tout, tout, de gros fichiers, et il a travaillé tellement fort.
Hugo Lachance : On va parler d'ailleurs de ton implication au niveau artistique dans TEKE::TEKE. Le concept de l'épisode, c'est qu'on a choisi huit chansons pour passer à travers votre étonnante carrière. Mais avant, j'aime ça présenter les artistes. Je pose toujours les mêmes six questions. Parce qu'on commence tous à quelque part et il y a toujours un début à tout. Je vais commencer avec toi, Sei. Sei, c'est un p'tit gars de où ?
Chapitre : Sei Nakauchi Pelletier
Sei Nakauchi Pelletier : En fait, d'ici. Je suis né au Japon, à Chiba, qui est près de Tokyo. J'avais à peine deux ans quand mes parents sont venus ici. Donc, un père québécois, une mère japonaise, qui se sont rencontrés au Japon. Puis, ils sont venus s'installer ici. C'est ça, j'avais à peine deux ans. Donc, j'ai grandi dans le Vieux-Longueuil. Je ne suis pas resté ici tout ce temps-là, évidemment j'ai vécu à Montréal, mais depuis trois ans, on est ici dans le Vieux-Longueuil. En fait, les trois même.
Hugo Lachance : Les trois aussi ? Ton album d'enfance, le plus loin que tu te rappelles. Préparez-vous, je vais vous poser les mêmes questions!
Sei Nakauchi Pelletier : Il y en a plusieurs, mais j'en ai ici. J'ai des albums de mon père ici. Il y avait beaucoup de Beatles, de Kinks, tout ça. Mais que je me souviens vraiment, c'est sûr qu'il y avait Thriller de Michael Jackson. Il y a un album de Nakajima Miyuki, qui est une chanteuse japonaise que mes parents aimaient beaucoup. J'ai cet album-là, j'en ai plusieurs d'elle, mais cet album-là, je ne sais pas si c'est lequel, peut-être le premier ou le deuxième, que j'aime beaucoup, qui m'a marqué, puis je me souviens très bien de l'avoir entendu beaucoup à la maison. C'est un disque qui est très précieux pour moi, que j'ai encore ici.
Hugo Lachance : Parlant de ça, qu'est-ce qui jouait à la maison ou dans le char de tes parents ?
Sei Nakauchi Pelletier : Dans la voiture, ce n'était pas tant, quoique, il y avait des cassettes dans ce temps-là. Mais à la maison, les Beatles, les Kinks. Ça, c'était beaucoup le côté de mon père qui était très dans la musique des années 60, un peu comme tout le monde dans cette génération. Tout le British Invasion, tout ça. Mais il y avait aussi beaucoup de Jacques Brel, par exemple. Beaucoup de Jacques Brel, donc ça m'a marqué. Encore aujourd'hui, quand j'entends ça, ça me touche.
Hugo Lachance : Et ton premier instrument ?
Sei Nakauchi Pelletier : Je pense que c'était la batterie parce que mon vrai amour, c'est pour les drums.Toi t'es drummer ?
Hugo Lachance : Un peu oui, on peut dire!
Sei Nakauchi Pelletier : Non ! Je suis plus nerd de drum que de guitare, je pense. Je voulais un drum kit quand j'étais petit, mais c'est le classique où les parents ne veulent pas ça. On n'avait pas de sous-sol. Donc ça a été une guitare électrique achetée chez Steve's, avec un petit ampli de marque Marathon. Ça a été ça mon premier instrument. J'ai commencé avec ça.
Hugo Lachance : Puis la dernière question : à quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?
Sei Nakauchi Pelletier : J'ai l'impression qu'il y a eu plusieurs niveaux de ça, plusieurs phases. C'est sûr que quand j'ai commencé à jouer de la guitare, peut-être à treize-quatorze ans avec ce petit ampli Marathon, déjà là ça a changé ma vie. Mais je ne me disais pas que c'est ça que j'allais faire plus tard, je n'avais pas de grands rêves nécessairement par rapport à ça. Après ça, j'ai fait beaucoup de sports, je jouais au hockey, j'ai grandi ici. Mais à partir de l'achat de la guitare, il y a vraiment eu un déclic. Puis je suis allé vraiment plus vers la musique, les arts et tout ça. Moi, j'ai joué dans les années 90 dans un band qui s'appelait Men O' Steel, un groupe de la Rive-Sud, punk rock. J'avais seize, dix-sept ans quand j'ai joué dans ce band. Ils étaient un petit peu plus vieux que moi, ils étaient déjà un peu établis.
Hugo Lachance : Étais-tu dans la gang de Groovy Aardvark ou avec Vincent Peake ?
Sei Nakauchi Pelletier : On a fait des shows avec eux. Vincent, c'était juste ici, à Longueuil. Quand j'avais quinze-seize ans, j'allais les voir les vendredis soirs en haut du D-Light Donuts.
Hugo Lachance : Tu es au courant de ça parce que j'ai fait un quatre heures de podcast avec eux. Les gens vont écouter cet épisode-là et ils vont déjà avoir écouté les deux heures d'épisode avec Groovy Aardvark.
Sei Nakauchi Pelletier : C'est à deux coins de rue d'ici. Moi j'ai un grand frère que je suivais partout, il les connaissait, puis on allait les voir jammer les vendredis soirs. C'était vraiment quelque chose pour un kid de quinze-seize ans.
Hugo Lachance : On les salue les gars de Groovy Aardvark !
Sei Nakauchi Pelletier : Quarante ans en plus cette année, félicitations.
Chapitre : Hidetaka Yoneyama
Hugo Lachance : On va continuer. Hidetaka, c'est un p'tit gars de où ?
Hidetaka Yoneyama : Alors moi, contrairement à Sei, je suis né à Londres d'un père japonais et d'une mère française. Je suis arrivé au Japon à l'âge de deux ans. J'ai vécu mon école primaire et après je suis allé en France. Je suis retourné au Japon et ça fait trente ans que je suis au Québec.
Hugo Lachance : Et puis, ton album d'enfance ?
Hidetaka Yoneyama : Il y en a plusieurs aussi, mais c'est sûr qu'il y avait beaucoup de... ma mère écoutait beaucoup de musique comme Motown, Stevie Wonder, aussi Diana Ross. Il y en avait beaucoup dans la maison. Il y avait aussi Queen, beaucoup de Queen à la maison, et aussi Pink Floyd. Donc ça sonnait beaucoup ce genre de musique.
Hugo Lachance : Et puis ton album d'adolescence ? Celui qui a été formateur.
Hidetaka Yoneyama : Qui a été formateur, je pense qu'il y avait un best-of de The Police. Je l’ai écouté en boucle. Ça m'a donné envie de faire de la guitare électrique.
Hugo Lachance : Et ton premier instrument ?
Hidetaka Yoneyama : Mon premier instrument, c'était à l'âge de cinq ans, le piano. Mais ça n'a pas duré longtemps parce que je ne faisais pas beaucoup d'exercices.
Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale pour toi ?
Hidetaka Yoneyama : Je pense qu'en allant au secondaire en France, j'allais dans une école de musique. Et là, ça m'a permis de rencontrer d'autres musiciens avec qui je pouvais faire des morceaux, comme beaucoup de morceaux sud-américains, de la musique sud-américaine des Andes. Puis là, ça m'a donné l'envie de persévérer.
Chapitre : Maya Kuroki
Hugo Lachance : Merci. Maya ?
Maya Kuroki : Oui.
Hugo Lachance : Alors, Maya, c'est une fille de où ?
Maya Kuroki : Oui, je suis née à Tokyo, au Japon. Puis je faisais du théâtre, en fait. J'étais dans une université de théâtre là-bas. Puis aussi, pendant cinq ans, je travaillais dans le domaine du théâtre. Puis après, je voyageais un peu partout dans le monde : Maroc, un peu en Europe, Pérou, Bolivie, Chili, Inde aussi. J'ai voyagé beaucoup aux États-Unis puis au Canada. Finalement, je suis arrivée ici et j'adore l'endroit. Donc finalement, je suis restée. Au début, quand je suis arrivée ici, je ne faisais que visiter. Oui, et tous les amis qui étaient autour, on habitait tous ensemble dans un loft. On faisait plein d'événements DIY, on cuisinait ensemble. Plein de choses artistiques qu'on faisait ensemble. Je trouvais que c'était vraiment magnifique. La vie était beaucoup plus facile aussi. À Tokyo, pour continuer le théâtre, ça coûte beaucoup. La vie coûte cher, on avait besoin de faire beaucoup d'efforts. Mais depuis que je suis venue ici, je me suis dit : « Ah oui, je peux faire ça, je peux faire ça ». Je travaillais pour payer le loyer, mais en même temps je pouvais avoir plus de temps pour créer des choses vraiment de zéro.
Hugo Lachance : Tout ça malgré l'hiver ?
Maya Kuroki : En fait, parce que dans la maison, dans l'appartement, c'est tout chaud. Beaucoup plus chaud qu'au Japon. Parce qu'au Japon, les gens mettaient des petits chauffages où ils se trouvaient. Donc, si tu te déplaces ailleurs, tu éteins. Ça commence par le froid.
Hugo Lachance : Et ton album d'enfance, le plus loin dont tu te rappelles ?
Maya Kuroki : En fait, on en a ici. Ça s'appelle Oyo Getaiyakikun. C'est un album d'émission de télé pour les enfants. L'émission s'appelle Hirakiponkeki. C'est un peu comme Passe-Partout, mais c'est une production vraiment très expérimentale.
Hugo Lachance : Ah oui ?
Sei Nakauchi Pelletier : Comme Passe-partout!
Hugo Lachance : C'est Michel F. Brault, je pense, qui faisait la musique. C'est assez psychédélique aussi.
Maya Kuroki : Oui, c'est vrai.
Sei Nakauchi Pelletier : La production de l’album est très riche, très bien réalisée.
Maya Kuroki : J'ai écouté beaucoup de ça. Mais j'ai réalisé que lui aussi, il a écouté beaucoup. J'ai l'impression que l'influence pour TEKE::TEKE vient de là aussi, je trouve.
Hugo Lachance : Ce sont les sons qu'on ont entend dans notre enfance qui définissent.. qui reste toujours quelque part. Et ton album d'adolescence ?
Maya Kuroki : D’adolescence? En fait, ce que j'aime beaucoup, c'est Ennio Morricone. John Zorn a fait l'album de chansons d'Ennio Morricone. Désolée, je ne suis pas bonne pour retenir les noms.
Sei Nakauchi Pelletier : The Big Undone, c’est un film que Ennio Morricone à scoré.
Hugo Lachance : Est-ce que tu joues d'un instrument ?
Maya Kuroki : En fait, je faisais de la guitare électrique, mais je n'en ai pas besoin parce qu'il y a deux très bons guitaristes. Donc je n'en ai pas besoin.
Hugo Lachance : À quel moment as-tu réalisé que la musique allait être fondamentale ?
Maya Kuroki : En fait, j'adorais la musique, je chantais et tout ça, mais en même temps, j'ai toujours pensé que la musique est pour quelqu'un qui a commencé depuis qu'il était petit. Puis je faisais du théâtre, et je sentais que la musique, non, je ne peux pas. Mais finalement, quand je suis arrivée ici, j'ai commencé à en faire quand même. J'ai la guitare, je ne connaissait rien, mais j'ai commencé à composer aussi, et c'est ça qui continue.
Wikipedia : L’épreuve des faits
Hugo Lachance : Évidemment on est ici pour parler des huit chansons, mais avant, pour tracer un peu votre parcours, on va faire un segment que j'aime beaucoup : le segment Wikipédia l'épreuve des faits. Alors j'ai consulté votre page Wikipédia. Comme vous voyez, je fais une recherche rigoureuse! Je vous fais des énoncés puis on en discute.
TEKE::TEKE est un groupe montréalais de rock psychédélique et expérimental dont l'univers sonore cinématographique mêle des influences de musique japonaise des années 60 et 70, avec des influences de musique autant brésilienne, bulgare et africaine que noise, art rock, voire pop. Est-ce que c'est bon ?
Sei Nakauchi Pelletier : C'est quand même pas mal, non ? Il y a certains détails qui peut-être sont propres à il y a quelques années, au début. Il y a un line-up un peu différent maintenant aussi. J’ai l’impression que je pourrais mettre une date là-dessus, disons 2020-2021.
Hugo Lachance : On dit aussi que c'est du J-Rock. Un terme qui revient souvent quand on parle de TEKE::TEKE.
Sei Nakauchi Pelletier : Parce que J-Rock, essentiellement, ça veut dire Japanese rock. Mais pour moi, c'est très mainstream, très radiophonique. J'en écoute, il y en a certains que j'écoute quand même.
Hidetaka Yoneyama : En fait moi je pense que le J-Rock, ce sont les groupes de rock qui sont au Japon. Nous, je pense qu'on est un groupe montréalais qui chante en japonais avec beaucoup d'influences japonaises, mais il n'y a pas que ça. Je pense qu'on ne peut pas nous mettre dans la catégorie J-Rock.
Hugo Lachance : Parfait, on rectifie le Wikipédia. Deuxième énoncé : le groupe est à l'origine un hommage au musicien japonais Takeshi Terauchi. Ça c'est vrai ?
Maya Kuroki : Ça c'est vrai.
Sei Nakauchi Pelletier : Ça c'est très vrai.
Hugo Lachance : Vous avez commencé comme ça.
Sei Nakauchi Pelletier : Absolument. Le premier show qu'on a fait au festival Distortion. J'avais recruté les musiciens et musiciennes pour monter un hommage à Takeshi Terauchi.
Hugo Lachance : Que j'ai découvert grâce à vous. C'est vraiment bon.
Sei Nakauchi Pelletier : C'est un grand guitariste. Quand j'ai connu sa musique, ça a vraiment... pour une fois, j'étais vraiment impressionné. Puis j'avais trouvé un peu mon guitar hero. Puis j'ai voulu apprendre son répertoire et ses techniques. C'est très, très agressif sur la main droite, en fait. Toujours très près du bridge. C'est un son très percussif qui rappelle un peu le shamisen, puis le koto, des instruments à cordes japonais traditionnels. Puis aussi sur le whammy bar.
Hugo Lachance : C'est très, très Ventures, mais poussé à l'extrême.
Sei Nakauchi Pelletier : En fait, comment ça a commencé, c'est que The Ventures, quand ils ont joué au Japon la première fois, ça a complètement révolutionné le monde de la musique là-bas, puis tout d'un coup tous les ados voulaient s'acheter une guitare électrique. Takeshi Terauchi était un peu le guitar hero qui représentait cette vague-là au Japon, mais qui amenait les éléments de musique traditionnelle.
Hidetaka Yoneyama : Je vais rajouter que sa mère était professeure de Shamisen. Et puis son père avait un magasin d'électronique.. Il s'est fabriqué lui-même sa première guitare électrique à partir d'une guitare acoustique. Il avait les techniques de Shamisen. Il est un peu à part des gens qui ont commencé la guitare électrique de façon standard.
Hugo Lachance : On continue. TEKE::TEKE est le nom d'un monstre issu de la légende urbaine japonaise qui raconte l'histoire du fantôme d'une jeune femme qui serait tombée sur une voie ferrée où son corps a été coupé en deux par un train. Dépourvue de ses jambes, elle marche sur ses mains ou sur ses coudes, traînant le haut de son torse et émettant un son semblable à un grattement. Mais, dans votre cas, le nom du groupe fait référence à l'onomatopée utilisée dans les années 60 au Japon pour décrire le son typique de la guitare surf. Est-c e que c'est ça ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, voilà, voilà. Merci! C'est arrivé souvent qu'on devait clarifier ça. Mais c'est normal, une petite recherche sur Google nous amène tout de suite vers cette légende-là. Mais oui, effectivement, c'est le son de la guitare. Tick-a-tick-a. C'est aussi un slang pour, dans les mêmes années, quand les ados s'habillaient en surfers mais qui n'étaient pas vraiment des surfers. Ils étaient considérés comme des ticka-tickas. C’est un slang. Et en plus, T et T, ce sont les initiales de Takeshi Terauchi.
Hugo Lachance : Le 30 janvier 2018, Patrick Baillargeon pour Voir.ca : « Si on voulait que ce projet ne soit pas éphémère, il fallait sortir un peu du côté hommage et créer quelque chose de similaire mais qui nous ressemble, parce qu’il y a réellement une chimie entre nous tous. On ne veut pas être catalogué comme un band rétro, alors on cherche à rendre tout ça plus actuel d’une certaine façon. Je te dirais qu’il y a quelque chose de plus sombre, plus sinistre, un peu à l’image des films d’horreur japonais des années 1960, 1970 et 1980 avec une touche noise. Puis, avec l’ajout de Maya, on est aussi allé piger dans le répertoire de certaines chanteuses pop japonaises que ma mère écoutait et qui m’ont marqué durant mon enfance ». Après l'hommage à Terauchi, Maya est arrivée. Comment ça a changé le son de TEKE::TEKE ?
Sei Nakauchi Pelletier : Ça a changé beaucoup, et assez rapidement, d'un show à l'autre. Maya s'est jointe à nous au deuxième concert au Divan Orange. On avait proposé au festival Pop Montréal de faire une soirée Shoa de l’époque d’après-guerre, années 60-70, avec nos influences des Pour faire ça, on savait déjà qu'on voulait de la voix. Maya était au premier show à l'ESCO pour l'hommage instrumental, mais elle était dans le public, on la connaissait déjà. Donc ça s'est fait très naturellement. Puis aussi, question de timing, de vie personnelle qui a permis tout ça. Donc deuxième concert au Divan Orange dans le cadre du festival Pop Montréal, c’était encore un hommage à Takeshi Terauchi mais surtout un hommage à l’époque. On a élargi le répertoire de chansons et on avait je crois deux chansons originales.
Hidetaka Yoneyama : Il y avait une chanson qu'on n'a jamais publiée mais au deuxième concert on n'avait pas encore de composition originale, c’était au troisième!
Hugo Lachance : Maya, je pense que c'est toi qui as publié la vidéo de l'historique de TEKE::TEKE sur YouTube en dessin animé. On te voit dans la foule en train de danser.
Maya Kuroki : Exactement ! Le premier concert, j'étais dans la foule, mais je connaissais quelques musiciens là-dedans. Yuki, la flûtiste, elle mettait la robe que ma maman portait dans les années 60-70. Je voyais ces gens-là jouer devant moi.
Hugo Lachance : Tu voyais ces gens-là jouer devant toi. Puis là, tu as vu quelque chose, j'imagine, en les regardant. Qu'est-ce que tu as apporté? C'est quoi ton plan?
Maya Kuroki : J'étais surprise que les gens aiment autant ici. Parce que moi, j'aime ça, je connais cette vibe-là. C'est la nostalgie, ça me touche beaucoup. Mais j'ai réalisé qu'ici aussi, les gens comprennent tout de suite et qu’ils embarquent là-dedans.
Hidetaka Yoneyama : En fait, dès le premier concert qu'on avait fait, on avait déjà un son qui était propre à nous, je trouve. Qui n'était pas exactement le son de Terauchi, c'était beaucoup plus fat, avec plus d'énergie punk. On était un peu à mi-chemin entre plusieurs influences. Je pense que ça a touché beaucoup de gens.
Sei Nakauchi Pelletier : Ça nous a un peu pris par surprise nous-mêmes, et c'est ça qui a fait en sorte qu'on a continué. Il n'y avait rien de planifié.
Hugo Lachance :Hey, parlant de vidéo, parce que j'ai trouvé très mignon d'ailleurs, la vidéo de présentation, j'avais dans mes notes... Oui, c'est ça, j'ai omis de vous parler de ça, mais dans la vidéo de présentation, on présente Maya Kuroki comme improvisatrice passionnée et fan des Residents.
Maya Kuroki : Oui, j'adore les Residents ! Je fais beaucoup d'improvisation de voix et je collabore avec plein de monde. Montréal a une scène expérimentale très vivante.
Hugo Lachance : Hidetaka, tu es un spécialiste de la bossa-nova ?
Hidetaka Yoneyama : Spécialiste, c'est un peu trop dit ! J'ai commencé avec la bossa-nova à Québec, même avant au Japon. TEKE::TEKE est le premier groupe où je joue de la guitare électrique. Avant, j'étais sur la guitare classique.
Hugo Lachance : Et tu es un enseignant de japonais ?
Hidetaka Yoneyama : Oui, à l'Université de Montréal.
Hugo Lachance : Et « faiseur de bruits » ?
Hidetaka Yoneyama : Oui ! Ça a été une grande révélation en travaillant sur un projet. J'ai fait des recherches sur le noise japonais pour une pièce de théâtre. On était même allés à Fukushima avec Antoine Laprise pour un spectacle sur Otomo Yoshihide , un musicien noise japonais. Ça m'avait ouvert des portes, je commençais à faire des recherches sur le Japon noise et je faisais des essais à la maison avec la guitare électrique en utilisant des pinces, des moteurs, tout ça.
Hugo Lachance : On le voit dans la session KEXP, tu utilises des pinces à la guitare.
Hidetaka Yoneyama : Oui, c'est ça. D'ailleurs, la première chanson qu'on a faite avec TEKE::TEKE en concert a commencé avec la pince. La pince est très importante pour moi ! Une pince long-nose.
Hugo Lachance : Une pince long-nose!
Hidetaka Yoneyama : Oui, c'est ça!
Hugo Lachance : Et Sei, tu es un compositeur pour le cinéma et la télé, anthropologiste du hip-hop et skateboarder.
Sei Nakauchi Pelletier : Ah oui, ça, c'est ce qui était écrit pour chaque... Anthropologiste de... Hip-hop, c'est vrai, parce que j'écoute beaucoup de rap, beaucoup de hip-hop depuis toujours. À penser à skateboarder, oui, mais là plus on vieillit, plus il y a de blessures, moins on en fait, mais j'en ai fait beaucoup quand j'étais jeune aussi. Ça m'a amené... tu disais que tu as oublié de me demander mon album fictif de l'adolescence.C'était très connecté à la culture du skateboard pour moi.
Hugo Lachance : C'est quoi ?
Sei Nakauchi Pelletier : Ça coïncidait avec l'achat de la nouvelle guitare. Quand j'ai découvert Minor Threat, je pense que ça a changé la vie de bien des gens. C'est un classique de comme : je peux jouer trois chords, on y va. Ça vient me chercher très profondément quand j'entends cette musique-là encore aujourd'hui. C'est quoi l'autre ? Anthropologiste ? C'était « skateboard enthusiast » puis anthropologiste. Ah oui, pour la télé, tes compositeurs pour la télé, cinéma, c'est quelque chose que je fais depuis plus de 15 ans maintenant. On and off, sur des projets de films, téléséries, un peu tout. C'est génial.
Hugo Lachance : Là, on a connu un peu l'histoire du groupe. On vous a connus personnellement. Maintenant, les membres de TEKE::TEKE, là, je pense qu'il y a eu du mouvement aussi de personnel. Mais il y a, évidemment, il y a toi, Sei, à la guitare-composition, Maya à la voix, Ian Lettre à la batterie...
Sei Nakauchi Pelletier : Non, c'est ça, Ian Lettre, c'est le O.G. drummer. Maintenant, on a un nouveau batteur qui s'appelle Oli Bernatchez, qui a fait son premier show avec nous à la SAT. Ah oui, je l'avais ici. Oui, oui.
Hugo Lachance : Puis Camily Michaud, ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, Camily Michaud qui est à la basse maintenant. Oui, c'est ça, depuis quand même... Elle a fait plusieurs spectacles avec nous.
Hugo Lachance : Il y a évidemment Hidetaka Yoneyama à la guitare. Il y a Mishka Stein à la basse.
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, lui, qui est aussi le O.G., qui a fait le premier show avec nous, qui a été avec nous très longtemps, qui a fait les albums, mais qui joue aussi avec Patrick Watson. Et puis, à un moment donné, c'était juste trop...
Hugo Lachance : Trop pour lui, hein ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, c'est ça.
Hugo Lachance : Puis anciennement aussi, Etienne Lebel, qui était au trombone. O.G. aussi, je pense.
Sei Nakauchi Pelletier : O.G. aussi, oui.
Hugo Lachance : Et l'excellente Yuki Isami.
Sei Nakauchi Pelletier : Yuki Isami, oui.
Hugo Lachance : J'ai écouté son album solo, d'ailleurs. Rives, oui. Ah, c'est magnifique. Ça sonne bien. Ah, yeah. T'es invité au podcast, il faut qu'on en parle. Qu’est-ce que j'ai aimé ça. Il faut qu'on en parle, j'ai adoré ça.
Discographie et Histoire
Hugo Lachance : Alors, on va passer à travers votre discographie, fait que c'est un moyen peut-être de raconter un peu dans quel état d'esprit ou de raconter l'histoire rapidement derrière chaque album. Alors, on commence avec Jikaku, c'est un EP en 2018 sur Ray-On.
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, le EP... Est-ce qu'on l'a ici ? Je pense qu'on l'a... Oui... Hugo Lachance : Wow, c'est magnifique.
Sei Nakauchi Pelletier : Enregistré en 2018. Enregistré au studio Masterkut, qui est un studio sur Saint-Laurent. Je pense que depuis, ça a changé de nom. C'est le réalisateur Jean Massicotte qui travaille dans ce studio et qui a travaillé avec nous sur ce EP. Et qui comprend deux covers, deux reprises sur un côté. Et puis... Ah non, c'est ça. Écoute, le side-A, ça me fait toujours rire quand je vois ça. Parce que c'est notre composition originale qui dure tout un côté dans le dos.. Avec une longue intro. Donc, c'est seulement cette chanson-là sur le côté A, puis sur le côté B, il y a la composition de Jikaku et une chanson de Takeshi Terauchi, et une chanson d'Asakawa Maki, qui est une des chanteuses dont on parlait plus tôt, dont on a fait des reprises avec Maya dans le deuxième show. C'est un premier enregistrement pour TEKE::TEKE, puis on le voit un peu comme genre de documentaire noir et blanc par rapport aux autres albums après qu'ils sont devenus peut-être plus technicolores. C'est un peu un test pour nous parce qu'on avait fait quand même quelques shows, on voulait voir si on pouvait enregistrer quelques chansons.
Hugo Lachance : C'est Maya, c'est toi qui fais toutes les pochettes, c'est ça ?
Maya Kuroki : C'est vrai. J'ai intégré la photo de ça. C'est les jambes de sa mère. Ici, c'est son père, quand il était au Japon. À Kyoto, je pense.
Sei Nakauchi Pelletier : À Kyoto.
Maya Kuroki : Jikaku, ça veut dire la conscience. Pour moi, je sentais que la musique de TEKE::TEKE, c'est vraiment comme ça, ça vient de son identité, de quelque chose. Ça m'a influencé, c'est ça vraiment. Juste, je voulais mettre ç
Sei Nakauchi Pelletier : Communiquer ça à travers l'art. C'est drôle parce que moi j'ai sorti des photos que je trouvais belles de l'époque et c'était plus esthétique dans ma réflexion, puis j'ai mis ça entre ses mains. C'est quand je l'ai écouté... j'ai vu ça, j'ai fait : il y a ma mère d'un côté, mon père d'un autre côté, puis j'ai fait, c'est ça TEKE::TEKE. Ça m'avait quand même frappé
Maya Kuroki : C’est parce que TEKE::TEKE, c'est pas juste comme une imitation de cette époque-là. C'est plus comme en utilisant notre manière comme filtrée ou quelque chose, condensée, je ne sais pas. Mais en même temps, il y a quelque chose qui ne change pas avec le temps. Donc Jikaku, c'est la parole, il parle de ça comme conscience que le temps, ça passe, mais j'ai la conscience du centre de moi qui ne change jamais, des choses comme ça.
Hugo Lachance : Ensuite, il y a Shirushi, 2021 sur Kill Rock Stars. C'est un album qui remporte le prix pour l'album Autre langue lors du 44e gala de l'ADISQ.
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, oui. C'est génial. On était tellement contents et c'est tout un honneur de recevoir ça parce qu'on est très fiers de cet album-là. C'est le premier long et puis celui-là, on est allés l'enregistrer dans le Rhode Island, un studio qui était un peu sur ma liste de « Dream Studios » sans être un studio inaccessible. C'est Machines with Magnets, ça s'appelle. C'est dans une petite ville qui s'appelle Pawtucket.
Hugo Lachance : Ah oui, oui, oui.
Sei Nakauchi Pelletier : Où il y a pratiquement rien d'autre. Il y a une genre de microbrasserie. Il y a le studio. Il y a même des pancartes d'indications pour le studio.
Hugo Lachance : Ah oui, OK, pour le tourisme. OK, OK.
Sei Nakauchi Pelletier : Mais j'avais... il y a des groupes comme Battles. C'est beaucoup des groupes quand même assez heavy, qui ont un son assez loud ou noise de la scène un peu Rhode Island qui avaient enregistré là, mais aussi le groupe montréalais Big Brave qui a fait tous ces albums-là.
Hugo Lachance : Je ne connais pas.
Sei Nakauchi Pelletier : Oh non ! Oh, il faut... parce que je pense que tu aimes aussi la musique assez lourde, assez heavy.
Hugo Lachance : Oh oui, la musique en général.
Sei Nakauchi Pelletier : Big Brave, c'est un de ces groupes. Puis ils ont réalisé, je ne sais pas combien d'albums, ils en ont plusieurs, mais ils ont tout fait là-bas.
Hugo Lachance : J'avais entendu parler de Pawa up first à l'époque, mais pas de Big Brave.
Sei Nakauchi Pelletier : Big Brave existe toujours, d'ailleurs. J'ai vu, je pense, par Big Brave, une connexion connaissant un des membres. C'est bien parce que c'est un studio qui comprend aussi un appartement qui est collé sur le studio. Pour nous, je savais qu'étant sept dans un groupe, on ne pouvait pas faire un album ici. Il fallait aller ailleurs puis rester là une semaine puis se concentrer sur ça.
Maya Kuroki : Sinon, il y avait quatre papas puis tout le temps occupés.
Sei Nakauchi Pelletier : Il fallait vraiment aller s’isoler quelque part.
Hugo Lachance : Je suis propriétaire de trois enfants aussi, je sais ce que vous avez. On continue.
Hidetaka Yoneyama : Est-ce que je peux rajouter quelque chose sur Jikaku ?
Hugo Lachance : Oui.
Hidetaka Yoneyama : Il y a une petite anecdote sur Jikaku. C'est un format de 33 tours mais c'est un 45 tours.
Hugo Lachance : Ah OK.
Hidetaka Yoneyama : Il y a beaucoup de gens qui l'ont écouté au ralenti et qui me disaient : « Mais je croyais que c'était une femme qui chantait et là j'entends un homme avec une voix très grave. Qu'est-ce qui se passe ? »
Hugo Lachance : C'est parfait ça. C'est très bon.
Sei Nakauchi Pelletier : En fait, la version lente...
Hugo Lachance : C'est comme deux albums en un.
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, parce que la version lente est quand même... C'est quand même bien. C'est très droney.
Hugo Lachance : C'est bon, c'est bon. On poursuit avec les chansons Onigami et Kodomo no Kuni qui sont publiées sur un 45 tours cette fois-là, en édition limitée via le club de vinyle exclusif créé par l'étiquette de disque de Seattle : Sub Pop.
Sei Nakauchi Pelletier : Ah oui, tout petit celui-là. Il avait une belle pochette aussi.
Hugo Lachance : Oui, ça, c'est une peinture que Maya a faite.
Maya Kuroki : On l'avait ici avant. C'était assez grand comme celui-là. Mais je viens de la vendre.
Hugo Lachance : Ah oui ?
Sei Nakauchi Pelletier : Un collectionneur a fait l'achat de ce morceau-là.
Hugo Lachance : Wow ! Félicitations. C'est cool, ça !
Sei Nakauchi Pelletier : Donc une nouvelle vie pour ce artwork.
Maya Kuroki : Oui, je suis contente.
Sei Nakauchi Pelletier : Ces deux chansons-là, on les a faites... on a travaillé avec Samuel Woywitka qui fait souvent aussi notre son live. Il est un musicien, artiste, mais qui a travaillé en studio aussi beaucoup. Il est un réalisateur. On a fait ça avec lui ici à Montréal. Et puis qu'est-ce qu'on peut dire de plus sur ça... ces chansons-là, c'était Hidden Ship dans son studio ? C'est ça. L'histoire avec Sub Pop, c'est que très tôt dans la vie du groupe, on a été approchés par un ami, Nick, qui est chez Sub Pop. Et puis finalement, bon, il s'est passé toutes sortes de choses, mais on n'a pas… Finalement, on a signé avec Kill Rock Stars et pas avec Sub Pop, mais ils ont toujours été très généreux avec nous, ils ont toujours voulu... Ils nous ont gardés en tête, et puis quand il y a eu l'opportunité de...
Hugo Lachance : :C'est quand même cool, parce que c'est une étiquette qui est très en vogue quand même, mais importante, Sub Pop.
Sei Nakauchi Pelletier : Moi, personnellement, j'ai écouté beaucoup d'artistes de Sub Pop et de Kill Rock Stars quand j'étais plus jeune. Donc oui, ils se sont rappelés de nous. Et puis quand il y a eu ce Singles Club, ce truc de vinyle, ils ont pensé à nous. On enregistrait les deux chansons pour ça.
Hugo Lachance : On continue avec Hagata, 2023 sur Kill Rock Stars. Il figure dans la grande liste du prix de musique Polaris de 2024. Il faut dire que Hagata deluxe aussi qui est sorti l'année passée. Encore une magnifique pochette, j'adore ça. Alors c'était quoi le contexte d'Hagata ?
Hidetaka Yoneyama : Hagata, en fait, on l'a enregistré à Outlier, le studio Outlier dans l'État de New York. Et contrairement à Shirushi, la plupart des morceaux, on les jouait déjà en concert. Alors que Hagata, ça a été plus un travail en studio. On a beaucoup travaillé en studio. On a eu des imprévus magnifiques qu'on a gardés, des choses comme ça.
Sei Nakauchi Pelletier : On a travaillé aussi en tournée. Parce que Shirushi a été fait très rapidement en 4-5 jours. Comme Hidetaka disait, les chansons étaient déjà assez réalisées, assez abouties. Puis Hagata, c'est différent. On a eu deux sessions de studio d'à peu près 5 jours séparées par une tournée. Donc il y avait comme une batch de chansons qu'on a faite, après on est partis en tournée, il y avait une autre batch qu'on a terminée en tournée un peu, mais pas tout à fait, puis on a terminé ça en studio dans la deuxième semaine.
Hugo Lachance : OK. Et puis il y a le dernier, Assassin's Creed Shadows, 2025.
Sei Nakauchi Pelletier : Ah oui, ça aussi on l'aime, Assassin's Creed Shadows. C'est bien d'en parler parce que pour nous, on considère que c'est comme un album parce qu'il y a 7-8 chansons, mais quand même assez long comme... c'est quand même...
Hugo Lachance : Oh wow ! Une espèce de box-set... wow, magnifique ça.
Sei Nakauchi Pelletier : Ça, c'est les trois... Parce que, bon, Assassin's Creed Shadows, il y a premièrement les compositeurs de la musique scored, qui est au-dessus de trois heures de musique. C'est pour un gameplay.
Hugo Lachance : L'immersion.
Sei Nakauchi Pelletier : Qui est plus orchestrale. Ça, c'est deux compositeurs de Londres qu'on a rencontrés, d'ailleurs. Ils sont venus aussi chez Ubisoft à Québec. Puis c'était le Festival d'été de Québec. On jouait... ils sont venus. Il y a aussi un autre groupe de Londres, Thunder Drum, qui s'occupait de la musique d'un des personnages principaux, qui est un samouraï. Et puis, nous, notre musique, c'était plutôt pour le personnage de ninja. Ah OK. Ça s'appelle Naoé. Et puis, donc, les espèces de scènes qui appellent les cinématiques dans le jeu, qui étaient associées à ce personnage-là. Nous, c'est là que la musique de TEKE::TEKE arrive dans le jeu. Donc, on a eu... ça a été un long procédé. On a été approchés quand même assez tôt alors qu'on se faisait envoyer des scripts, des petites vidéos. C'était un work in progress. Il y avait des vidéos très... c'était assez drôle aussi. Les animations pas terminées.
Hugo Lachance : Pas terminées.
Sei Nakauchi Pelletier : Ou les acteurs avec les… Ah, qui ont les points. C'était assez pour nous... belle, l'expérience.
Hugo Lachance : Question pour vous par rapport à ça. Qui a fini le jeu en premier ?
Sei Nakauchi Pelletier : Personne, dans TEKE::TEKE qui y a joué.. Mais Yuki, son copain est très, très... il est très jeux vidéo. Il a fait... il nous donnait des nouvelles, il nous disait comment c'était.
Métissage et Culture
Hugo Lachance : On continue, on s'approche tranquillement des 8 chansons, mais là j'aimais ça en savoir un peu plus justement sur le métissage entre le Japon et puis le Québec qui forment, dans le fond, le son de TEKE::TEKE. Alors Matt Bobkin, 9 janvier 2019 pour Exclaim, malgré la fusion unique d'eleki, de psyché et de shoegaze propres au groupe : « La formation se sent à l'aise dans la scène psych montréalaise », affirme Nakauchi Pelletier. Je te cite : « Beaucoup de gens ici au Québec, du moins, ont grandi en regardant des animés, des trucs à la télé qui étaient des séries japonaises doublées en français. Mais la musique originale est restée. Il y a cette étrange connexion. J'ai l'impression que les gens peuvent entendre quelque chose qu'ils connaissent un peu ».
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, mais c'est ça. Quand Maya parlait plus tôt au premier concert, tu es étonnée de voir les gens embarquer comme s'ils connaissaient un peu ça. Ma théorie à moi, c'est que parce que j'ai grandi au Québec avec les Démétan, Maya ou je sais pas toutes les séries qui étaient traduites en français mais qui avaient... Rémi sans famille avait toujours les musiques originales souvent, même encore en japonais. Dans le cas de Démétan, le générique est en japonais, c'est vrai.
Sei Nakauchi Pelletier : Des fois, c'était traduit, mais ils gardaient quand même la musique.
Hugo Lachance : Oui, je me suis dit, la mélodie. Je ne la chanterai pas, mais je me suis...
Sei Nakauchi Pelletier : Allez, allez.
Hugo Lachance : Non!
Sei Nakauchi Pelletier : Donc, moi, j'ai l'impression que quelque part... bon, parce que, disons que le public au premier concert, c'est quand même peut-être la même génération que nous. Oui. Donc, peut-être que ça s'est resté. Par rapport à la musique qu'on entend quand on est jeune, puis ça reste en plus avec les images et tout. Donc, il y a quand même une familiarité. Mais évidemment, on veut faire notre propre version.
Hugo Lachance : Bien oui, j'ai une question par rapport à ça. Quels sont les clichés de base que vous constatez au Québec ou en Occident en lien avec la musique japonaise ? Ce serait quoi les clichés ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oh my god ! Oh, tu nous mets on the spot là. Je sais pas si...
Hidetaka Yoneyama : Oui, il faut faire attention. En fait, souvent les gens vont faire une association quand ils écoutent TEKE::TEKE et certaines musiques japonaises. Par exemple, Kill Bill, le monde de Tarantino, parce qu'ils ont découvert souvent la première fois ce genre de musique grâce à Tarantino. Donc, même si c'est des morceaux des années 70, des anciens films japonais, Tarantino a été comme l'ouverture, la porte d'entrée pour beaucoup de gens, je pense.
Hugo Lachance : Absolument. Puis là-dedans, il y a des clichés.
Sei Nakauchi Pelletier : En même temps, je peux comprendre vraiment. Il y a pire que d'être comparé à un soundtrack d'un film de Tarantino. Mais cliché, je sais pas.
Hidetaka Yoneyama : C'est pas vraiment un cliché, mais c'est un peu l'association qu'ils font. Tout à l'heure, on parlait de Démétan. Et je regardais les commentaires après notre premier concert et il y avait quelqu'un qui avait marqué : « Ah, c'est comme du Démétan dans leur musique. C'est comme Démétan avec de l'acide ».
Sei Nakauchi Pelletier : Ça, c'est génial.
Hugo Lachance : Quand même, c'est bon!
Hidetaka Yoneyama : Merci à Démétan.
Hugo Lachance : Non, mais c'est absolument... t'as raison. C'est une porte d'entrée aussi à la musique japonaise, orientale aussi, ce qu'on entend, ce qu'on a entendu à la télé, ce qu'on voit dans les films, souvent ce qui devient des clichés aussi, par le fait même, des trucs comme ça.
Sei Nakauchi Pelletier : Quand ça commence à mélanger, c'est ça, les cultures.
Hugo Lachance : Et puis, ma dernière question par rapport à ça, en fait, artistiquement ou politiquement, qu'est-ce que le Québec vous permet de faire qui serait plus difficile à réaliser au Japon ?
Sei Nakauchi Pelletier : C'est toute une question. Maya, elle en a parlé un peu plus tôt en disant que quand elle est arrivée ici, elle pouvait vivre facilement en communauté, puis faire son art et pas besoin de travailler tant. Il y a ça, mais sinon, comment dire... wow, où commencer ? C'est tellement, tellement différent.
Hugo Lachance : Il y a une scène quand même. Les gens sont intéressés à ce genre de message-là ici ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, Montréal, c'est reconnu pour les mélanges, pour l'ouverture. Mais par rapport au Japon…
*Ils parlent en japonais
Maya Kuroki : C'est tellement important ça. Parce que... c'est moi qui pense comme ça. Mais je trouve qu'au Japon, le mainstream est tellement fort. Tellement fort. Mais il y en a qui sont underground, des choses expérimentales et tout ça. Il y en a aussi, mais c'est vraiment séparé. Il n'y en a pas de...
Sei Nakauchi Pelletier : Très niche. Très underground.
Hugo Lachance : L'underground est encore plus underground qu'ici.
Maya Kuroki : Oui, puis les gens... les gens de mainstream ont beaucoup de...
Hidetaka Yoneyama : Une hiérarchie peut-être ? Quelque chose...
Hugo Lachance : Les gens du mainstream, ils ont une certaine puissance. Ils ont décidé...
Maya Kuroki : En fait, c'est vraiment... il n'y a pas de lien. Mais ici, c'est tout mélangé, puis les gens qui ne font pas l'art ou n'importe qui, ils sont intéressés par des choses vraiment expérimentales, c'est vraiment faciles, comme il y a l'accès. C'est très accessible pour des choses osées ou expérimentales, c'est pas nécessairement mainstream.C'est tellement intéressant.
Hidetaka Yoneyama : Si j'ai quelque chose à rajouter, j'étais vraiment étonné que, par exemple, on propose avec TEKE::TEKE... la première fois, on avait proposé un projet de nulle part, c'était la première fois qu'on jouait, et les gens ont accepté qu'on joue dans un festival tout simplement. Et qu'au bout de 4 ou 5 concerts, on était déjà au Festival de Jazz sur scène. Ça s'est fait de façon très naturelle, sans obstacles.
Sei Nakauchi Pelletier : Les gens étaient juste très curieux et n'hésitaient pas à programmer quelque chose d'un peu différent. Mais je pense que c'est vraiment l'attitude ici, comme ça, on le voit.
Hugo Lachance : C'est le plaisir de découvrir un peu l'underground japonais au Québec. À quelque part, c'est le phare.
Sei Nakauchi Pelletier : Peut-être. Pourtant, moi, personnellement, j'ai toujours su que le Japon, ce serait probablement la dernière fois où on se produirait, justement parce que, comme Maya disait, la consommation de musique au Japon, c'est très mainstream. 80 % des gens, je pense, c'est vraiment la population, c'est consommer la musique du Japon, très mainstream. L'autre 20 %, c'est la musique américaine, très mainstream. C'est-à-dire 20 %. Il y a quand même un pourcentage très, très underground, parce qu'il y a des groupes punk, des groupes de Montréal qui vont tourner au Japon, puis c'est sûr qu'il y a des gens, il y a du monde partout.
Hugo Lachance : Est-ce que le Japon s'est intéressé à vous ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, en quelque sorte.
Hugo Lachance : Êtes-vous allez jouer ?
Sei Nakauchi Pelletier : Non. On est en discussion pour une tournée en Asie.
Hugo Lachance : Wow.
Sei Nakauchi Pelletier : Bientôt. Ça prend beaucoup d'organisation et beaucoup de budget, évidemment. C'est dans les projets quand même.
Hugo Lachance : Je n'ai pas le choix de vous parler de vos sessions sur KEXP. Donc, le 29 décembre 2023, dans une entrevue sur YouTube, il y a Jewel Loree, l'hôte de la session de KEXP, qui te parlait des opportunités sonores que le groupe vous apportait. Tu avais commencé ta réponse par « Opportunités sonores », « Sonic Opportunities ». Puis t'as dit : « Ah, je vais réutiliser ça ». Puis là, c'est moi qui le réutilise, c'est à mon tour. Alors, comment utilisez-vous ces opportunités sonores lors de la composition d'une chanson de TEKE::TEKE ?
Sei Nakauchi Pelletier : Ah oui, oui. Bien, encore aujourd'hui, ça a peut-être évolué, changé un peu, juste par les changements de line-up.
Hugo Lachance : Juste pour dire qu'il faut aller voir ça, parce que la façon dont tu en parles, avec l'enthousiasme avec lequel tu en parles, on se dit : « OK, il faut que j'en prenne mon souffle ». C'était vraiment cool.
Sei Nakauchi Pelletier : C'était tout de suite après qu’on ait joué. Mais je me rappelle de ce terme-là, « sonic opportunities », parce que pour moi, c'est juste de voir les ingrédients qui sont à ma portée avec TEKE::TEKE, avec tout ce que le trombone pouvait apporter... pas juste l'instrument, mais la personne, la personnalité, son background, ses influences, tout ça. Chaque personne, c'est comme ça.
Hugo Lachance : Ça fait beaucoup de sens parce que quand on écoute les sessions et quand on écoute la musique, mais quand on voit live, c'est autre chose que sur les albums. Son expression était pertinente parce que c'est vrai que vous apportez tous quelque chose de vraiment différent et c'est ça qui fait que la sauce prend, si on veut, dans TEKE::TEKE. Je trouve que c'est une belle expression.
Sei Nakauchi Pelletier : C'est ça. Il y a beaucoup d'éléments, beaucoup d'ingrédients avec lesquels on peut faire la sauce. C'est toujours inspirant.
Hugo Lachance : Donc, les fameuses sessions KEXP, elles sont désormais célèbres au Québec et dans le monde, car elles ont déclenché l'explosion d'Angine de Poitrine que l'on connaît. Vous avez participé à deux reprises à ces sessions qui sont super bonnes, en passant. Comment avez-vous bénéficié de cette exposition ?
Sei Nakauchi Pelletier : Bénéficié de...
Hugo Lachance : Est-ce que ça vous a aidé, les retombées plutôt ?
Sei Nakauchi Pelletier : C'est sûr, KEXP, c'est toujours très regardé. Puis c'est très écouté aussi. Il y a beaucoup de gens qui écoutent la radio de KEXP.
Hugo Lachance : Vous en avez fait une à Seattle et l'autre à Montréal ?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, c'est ça. La première, on l'a faite en mode COVID. Eux, ils appelaient ça les « KEXP at home ». Qui approchait des... je pense que ça a coïncidé peut-être avec la sortie de l'album. Il y a quand même toujours un certain timing avec les sessions KEXP. Puis ça s'est fait... je ne me souviens plus exactement, mais à travers notre équipe, j'ai l'impression peut-être... KEXP, c'est Seattle, c'est Sub Pop. Et Kill Rock Stars, c'est pas très loin, c'est à Portland. On est allés aussi plusieurs fois dans le... dans ce coin-là, dans l'ouest, parce que c'est là où il y a l'étiquette Kill Rock Stars, mais aussi on a quand même un bon fan base là-bas. Je pense que c'est à travers tout ça que finalement, on s'est fait approcher pour faire… Je vais mettre les vidéos dans la description. On va écouter ça, c'est vraiment cool.
Segment : Une chanson après l'autre
Hugo Lachance : Alors on va passer au segment Une chanson après l'autre. Donc en discutant avec Sei, on a pris la décision — je ne sais pas si vous avez décidé entre vous — mais de choisir 8 chansons clés qui couvrent votre carrière. Alors on va écouter des extraits. Si vous voulez aller plus loin dans la chanson, vous me le dites, on va essayer de trouver. De toute façon, je fais du montage. Alors on va commencer avec Jikaku.
*Extrait de Jikaku
Hugo Lachance : Donc, j'ai dit moi que ça coupe sec. Parce qu'on ne peut malheureusement pas toutes les écouter. Mais n'hésitez pas si vous voulez que je fasse avancer un peu la chanson. Donc, Jikaku, c'est à vous.
Sei Nakauchi Pelletier : Jikaku, c'est la première composition originale de TEKE::TEKE Avec de la voix. Parce qu'il y en a une autre sur le même EP, mais instrumentale. Donc, première collaboration originale avec la voix, les textes. Oui. Voilà.
Maya Kuroki : En fait, on a déjà parlé de ça tantôt!
Hugo Lachance : Oui, c'est ça. C'est correct. C'est chouette, ça. J'ai copié les paroles et les paroles en japonais sur Bandcamp. C'est chouette, ça. On peut faire avancer un petit peu pour... Maya, ta voix. Je pense que ça fait longtemps que tu n'as pas écouté.
Maya Kuroki : Wow. Je chante comme...
Sei Nakauchi Pelletier : Yeah. Mais Plus tard dans la chanson.
Hugo Lachance : Oui. C'est bon pour Jikaku, on a parlé tout à l’heure. On continue avec Meikyu.
*Extrait de Meikyu
Hugo Lachance : “Même si je fais semblant d'être une femme, ce n'est qu'un mensonge et c'est contrariant”...
Maya Kuroki : :Attends, ça c'est « kala kala ».
Hugo Lachance : “Ah, excuse-moi, oui, c'est vrai, tu as raison. “Je m'envoie les flottes dans les airs, parcourant les époques, je ne ressens que mon corps. J'en ai pas besoin de rêve, mais seulement de ma conscience. La conscience de l'espace”...
Maya Kuroki : Ça, c'est Jikaku!.
Hugo Lachance : Ah, oui! Jikaku, oui. Attends.
Maya Kuroki : On fait Meikyu ou Kala Kala?
Hugo Lachance : Mais bref, oui, t'as raison. Bref, moi, c'est une de mes tounes préférées de TEKE::TEKE. Puis surtout, oui. Puis le vidéoclip aussi.
Maya Kuroki : Ah oui, mais c'est ça. C'était la première fois qu'on a fait le vidéoclip. Pour moi, ça c'était...
Sei Nakauchi Pelletier : C'est le premier vidéoclip officiel de TEKE::TEKE.
Maya Kuroki : Très DIY!
Sei Nakauchi Pelletier : Oui. En mode COVID encore. C'est pour ça qu'on voit chaque personne individuellement. Puis aussi, juste en apprenant des programmes de montage, d'animation. On the spot.
Maya Kuroki : Oui, moi, je faisais le dessin, c'est l'illustration, mais je ne connaissais pas comment on va mettre ça dans une vidéo.
Hugo Lachance : C'est vraiment le DIY. Le résultat est excellent, ça donne une esthétique, c'est parfait, c'est réussi.
Hidetaka Yoneyama : Cette chanson a fait sa vie toute seule j'ai l'impression parce qu'elle a été utilisée dans plusieurs endroits comme pour la bande-annonce de Assassin's Creed et aussi Fantasia l'utilise aussi pour les bandes-annonces. Donc cette chanson a sa vie toute seule.
Hugo Lachance : C'est une super belle chanson très rock,
Sei Nakauchi Pelletier : C'est un peu pour nous la chanson un peu blueprint si on veut. On trouvait qu'on avait réussi à mettre beaucoup d'éléments qu'on voulait intégrer dans notre musique. Puis c'est ça, effectivement, c'est allé chercher beaucoup de gens. Puis le soundtrack de Assassin's Creed, en fait, Ubisoft ont utilisé la chanson pour la bande-annonce, puis c'est avec cette chanson-là qu'ils sont allés proposer qu'on compose la musique originale.
Maya Kuroki : Par rapport à Meikyu, ça veut dire labyrinthe. Mais en fait, c'est inspiré par le film House des années 70-80, le film japonais. Mais dans Meikyu, c'est un manoir qui est un peu comme Yo-Kai qui a la conscience et elle veut inviter les gens à perdre la danse. Un manoir fantôme, mais il y a une fille qui essaie de vraiment trouver sa propre chambre et de continuer de combattre dans ce labyrinthe. C'est ça, l'histoire.
Sei Nakauchi Pelletier : C'est un peu un thème de persévérance.
Hugo Lachance : Je ne vous ai pas posé la question tout à l'heure, mais tu as ouvert la porte. Comment on compose une chanson dans TEKE::TEKE ? Comment ça fonctionne ?
Sei Nakauchi Pelletier : Ça aussi, ça a beaucoup changé à travers les années. Au début, c'était plutôt moi qui apportais le gros de la chanson, parfois même une chanson au complet du début à la fin. Rapidement, j'ai réalisé qu'à sept membres, il fallait vraiment laisser les autres trouver leur connexion. Et puis, on a fait ce qu'on appelle le kintsugi, qui est l'art de réparer la céramique avec de l'or, et puis faire quelque chose de plus beau même par la suite. Donc, on a appliqué un peu cette analogie à la composition de TEKE::TEKE. On prenait mes chansons, on les brisait ensemble et on recollait les parties ensemble.
Hugo Lachance : Toi, Hidetaka, comment tu vois ça quand tu reçois une chanson de Sei ? C'est quoi ton approche ?
Hidetaka Yoneyama : En fait, j'aime beaucoup et tout de suite, je commence à penser à, par exemple, mettre du noise.
Hugo Lachance : Magasiner des pinces!
Hidetaka Yoneyama : Oui! Haha! Changer de pinces. Mais parfois, ça me faisait mal au cœur, au début, de casser complètement. Une fois qu'on était habitués à une chanson, de casser, de changer l'ordre, de changer même l'ambiance. Mais au fur et à mesure, on s'habitue. Au début, c'est un grand choc. Ça prend le temps de s'habituer à chaque fois.
Sei Nakauchi Pelletier : C'est intéressant comme procédé. Puis surtout, ça vaut la peine, vraiment. C'est juste beaucoup plus long, mais ça vaut la peine. Puis évidemment, je compose toujours en sachant très bien, je connais les ingrédients, je sais qui est là. Je pense à tout ça aussi. Puis c'est une question de confiance aussi. Avec le temps, je suis arrivé maintenant à savoir que je ne vais pas aller trop loin non plus. Je vais savoir où m'arrêter, puis me dire : OK, je vais m'arrêter là. Je vais amener ça aux autres pour voir ce que Hidetaka peut apporter, ou Yuki.
Hugo Lachance : Est-ce que vous travaillez plus en local ou à distance, les deux ?
Sei Nakauchi Pelletier : Pas vraiment à distance. Vraiment dans le local. Mais parfois en section parce qu'évidemment, les horaires de sept personnes, c'est toujours compliqué.
Maya Kuroki : Mais je vous dis que quand il apporte le démo, il est assez complété aussi. C'est pour ça que la composition est vraiment bien balancée. Parce que quand des gens écoutent comme ça, on peut imaginer que tu vas amener juste le squelette des choses, mais dans son cas, son démo est bien composé..
Sei Nakauchi Pelletier : En fait, assez réalisé. Je le fais parce que je veux donner la bonne impression de l'idée de départ. C'est difficile à communiquer certaines idées ou certaines choses juste verbalement ou même avec la guitare. Souvent c'est des concepts, ce n'est pas nécessairement un riff ou des accords, mais plutôt même un certain beat ou une idée globale. Donc j'ai comme pas le choix quelque part de faire un genre de démo.
Maya Kuroki : C’est ça la beauté je trouve.
Hugo Lachance : Vous êtes aussi habitués à travailler comme ça maintenant. Bon, génial! On continue avec Gotoku Lemon.
*Extrait de Gotoku lemon
Hugo Lachance : Gotoku Lemon : L’illumination par le citron!
Sei Nakauchi Pelletier : C'est un bon exemple de comment on a composé la chanson. Celle-là a mis beaucoup de temps à se développer. On a travaillé beaucoup de versions, j'ai des versions démos complètement sur un autre groove. Ça a été vraiment la contribution de tous les membres de TEKE::TEKE qui a donné ça. Donc pour moi c'est comme une chanson assez importante à cause de ça. Sinon les influences, c'est le Chindonya.
Maya Kuroki : Chindonya, c'est comme les musiciens de la rue au Japon qui vendent des choses comme de la publicité, qui font de la promo avec la musique puis les costumes colorés. Aussi, dans l'époque d'Edo, il y avait beaucoup de gens qui vendaient des choses dans la rue en chantant. Puis l'inspiration, ça vient de là. Mais nous, avec Gotoku Lemon, on vend des citrons. Avec ça, on voit le mensonge de la société ou quelque chose comme ça. Puis on a fait un vidéoclip pour cette chanson. J'ai fait cette peinture pour faire le background de cette vidéo. Je voulais filmer petit à petit comme ça, avec des gens qui marchent sur le background. Mais en fait, quand on a commandé un back screen en vert, c'était trop petit.
Hidetaka Yoneyama : On était tous serrés. Sur la vidéo, ça donne l'effet d'être comme des marionnettes.
Maya Kuroki : Beaucoup d'amis étaient dans la vidéo.
Hidetaka Yoneyama : En fait, c'est un morceau où il y a justement l'image de Chindonya qui est un peu un certain punk, mais aussi un rythme assez festif de festival japonais. Et à la fin, ça devient quelque chose de très épique. Donc il y a quelque chose de cinématographique aussi.
Hugo Lachance : Parce que le cinéma est important aussi dans TEKE::TEKE. On peut la faire avancer un peu.
*Extrait de Gotoku Lemon
Hugo Lachance : On passe à la suivante : Corpse Pose.
*Extrait de Corpse pose
Sei Nakauchi Pelletier : Corpse Pose, c'est un peu plus dans le trip-hop. C'est drôle parce que la chanson originale est du groupe Unwound. J'invite les gens à l'écouter, c'est très différent.
Hugo Lachance : Oui, je l’ai écouté!
Sei Nakauchi Pelletier : Unwound est un groupe qui m'a beaucoup marqué que j'ai découvert dans la fin des années 90, sur le label Kill Rock Stars. Il y a vraiment un lien très fort. J'ai découvert Unwound lors d'un show au Underworld skateshop dans le temps que c'était sur Henri-Bourassa. En fait, j'ai joué du drum dans un band à ce moment-là et on a ouvert pour eux. Il y avait aussi Blonde Redhead. Plusieurs années plus tard, on se retrouve sur Kill Rock Stars, qui est pour moi un label dont j'ai écouté beaucoup de musique, comme Elliott Smith ou Sleater-Kinney. Pour les 30 ans du label, ils ont fait une compilation et ont demandé aux artistes actuels de faire des covers de groupes du label. Pour moi, c'était automatique : mon choix était Unwound. Pourquoi la version est si différente ? Je pense que c'est parce que c'est une chanson très axée sur la basse. Quand Mishka, à l'époque, a proposé de faire une version complètement différente, on est allés dans cette direction. C'était osé, mais c'était vraiment bien parce que c'est une réinterprétation et de ramener ça dans notre monde aussi en respectant certains éléments de la chanson originale évidemment mais c'est intéressant de faire quelque chose de nouveau parce que la version originale elle existe, elle est là elle est pas une relecture différente,
Hugo Lachance : Parfait C'est ce que j'aime bien des covers aussi
Hidetaka Yoneyama : On a fait la première partie à New York et à Philadelphie de Unwound lorsqu'ils ont fait leur tournée. C'était une grosse pression de jouer leur succès Corpse Pose parce qu'on savait qu'ils allaient les jouer juste après nous. Mais le fait que ce soit différent c'était bien, on ne vendait pas le punch.
Hugo Lachance : Et leur réaction à eux ça a été quoi?
Hidetaka Yoneyama : Ah ben… Haha! Ils ont trouvé ça très intéressant.
Hugo Lachance : Pas plus que ça?
Sei Nakauchi Pelletier : Peut-être qu’ils ont été surpris! Le soir, je ne sais pas si c'était à New York, quand eux ont joué Corpse Pose, ils ont annoncé : « On va vous faire un cover de TEKE::TEKE ». C'était très drôle. Quel groupe légendaire, c'était très impressionnant leur show encore aujourd'hui.
Hugo Lachance : On continue avec Kodomo no Kuni.
*Extrait de Kodomo no Kuni
Hugo Lachance : Que c’est bon.
Sei Nakauchi Pelletier : Je suis content que tu aimes ça. Celle-là, je l'aime beaucoup aussi. On en a parlé un peu tantôt par rapport au travail avec Samuel Woywitka sur la réalisation. C'est un bon exemple d'une chanson où j'avais fait un démo assez abouti, très hip-hop, avec une influence un peu J. Dilla. Je l'ai approché vraiment comme un producer de hip-hop, de beat-making. Puis quand on l'a enregistré en studio, Yann a joué les beats et on a échantillonné notre propre trame. On a joué avec un beat un peu crush, la basse un peu en retard. Je me rappelle très bien du moment où j'ai présenté cette chanson à Maya pour le texte. Quand elle est revenue avec ce refrain-là, j'étais comme : wow ! C'est parfait ! Puis le texte aussi, vraiment, c'est très beau, puis ça se mélange bien avec l'artwork.
Maya Kuroki : Le texte parle de quand on était petits. Le titre veut dire le pays des enfants. Je parle par rapport au fait que quand on était petits, on croyait à plein de superstitions ou à des histoires étranges. On invente, mais on y croit aussi. Là-dedans, il y a beaucoup d'imagination et de passion qui peuvent changer des choses réelles. Puis il y a beaucoup de possibilités. Puis donc, juste je voulais amener ça.
Hugo Lachance : C'est magnifique ça fonctionne très bien On poursuit avec Kala Kala.
*Extrait de Kala kala
Hugo Lachance : C’est drôle dans celle-là j’entends du Frank Zappa! Quand vous jouez à l'unisson. Ça me fait penser à Apostrophe. Il y a un lien sonore qui se fait dans ma tête.
Sei Nakauchi Pelletier : C'est drôle parce que celle-là aussi a eu plusieurs versions. On a eu l'occasion de la jouer live beaucoup avant d'aller en studio. Éventuellement, on a travaillé avec un co-réalisateur qui nous a proposé d'autres structures. L'intro, avant, se retrouvait au milieu de la chanson. C'était un bridge qui est devenu une intro. Pour Kala Kala, on a fait une vidéo pendant la COVID où chacun était chez soi et envoyait une vidéo en train de jouer. C'est le son de chacun à la maison, ce n'est pas une track qu'on a mise après.Je pense que ça se voit encore sur YouTube.
Hugo Lachance : On a fait la même chose avec WD-40. J'ai enregistré mes drums dans mon local, sur mon iPhone. Alex a fait la même chose. Des tracks séparés. Après ça, j'ai fait le mix. C'est disponible sur YouTube.
Sei Nakauchi Pelletier : Oui. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont fait ça. On n'a pas le choix. Cette vidéo-là, c'est ce qui a fait en sorte qu'on a signé avec Kill Rock Stars. Quand le fondateur du label a vu la vidéo, il a senti la personnalité du groupe, de chacun et chacune.
Hugo Lachance : C’est ce que je disais tout à l’heure. Les albums c'est une chose, mais nous voir live c'est autre chose. On sent vraiment l’apport de chacun.
Sei Nakauchi Pelletier : Ils ont apprécié le côté DIY et humain. Je pense qu'ils ont apprécié le côté aussi DIY. Il y a quelque chose d'un peu cute dans le fait qu'on a un peu naïf de ce qu'on a voulu faire avec la vidéo. Pour eux, c'est le moment où ils ont senti qu'il y avait quelque chose d'humain là-dedans. qui a fait qu'il était intéressé.
Hidetaka Yoneyama : On filmait la vie quotidienne dans la pandémie. Il y a des vidéos où il y a des papas qui jouent avec leur enfant, il y a du stop-motion. Maya donnait des instructions artistiques un peu absurdes. Maya donnait des instructions comme, oui, roule-toi sur un tissu coloré avec un masque. des trucs un peu artistiques.
Hugo Lachance : Surtout quand on le fait seul chez-soi.
Hidetaka Yoneyama : J’envoyais ça et elle me disait : il faut que la caméra soit plus proche il y avait plein d'instructions et à la fin il y a aussi des membres qui font de la pâtisserie à la maison c'est très intéressant avec des stop motion.
Hugo Lachance : Ce n’est pas Yuki qui faisait de la pâtisserie?
Maya Kuroki : Oui, oui, oui. C'est Yuki qui fait la pâtisserie.
Hugo Lachance : C'est aussi parce que dans la vidéo de présentation de TEKE::TEKE,, dans la description de Yuki, c'est écrit Baker
Maya Kuroki : C'est vrai. C'est vrai!
Hidetaka Yoneyama : Il y avait beaucoup de pâtisseries à l'époque
Hugo Lachance : On passe à Mienai Iro.
*Extrait de Mienai Iro
Sei Nakauchi Pelletier : L’intro est hyper longue là-dessus. Inspirée de Kara kara. Ubisoft nous a demandé de nous ripé off nous-mêmes.
*Autre extrait de Mienai Iro
Sei Nakauchi Pelletier : C'est un morceau de la trame sonore de Assassin's Creed Shadows. C'est dans un moment crucial du jeu, apparemment. C'est comme dans les films quand il y a un montage de rédemption, de renaissance. Il y a une transformation pour le personnage de Naoé qui est une ninja. C'est quand même assez touchant,ce moment-là. Et puis, au niveau des textes aussi, Maya...
Maya Kuroki : Pour Assassin's Creed, au début, j'ai réfléchi à comment j'allais m'engager pour l'histoire qui consiste à combattre l'ennemi. Je pense que combattre l'ennemi, dans la fantaisie, c'est se combattre soi-même.
Je recommence. Par rapport à... Mettons, Assassin's Creed Shadow, il parle de ninja. Puis Ninja, tout ce que je connaissais par rapport aux Ninjas, c'était des images exagérées comme héros. Mais ce n'était pas comme ça de vrai. Mais je ne connaissais pas non plus. Donc je faisais beaucoup de recherches par rapport à un vrai Ninja. C'était quoi la philosophie et tout ça. Puis c'était vraiment intéressant. Admettons, Bushido, Samurai pour Samurai la mort est dans le combat c'est l'honneur mais pour Ninja il ne faut pas mourir parce que pour compléter la mission il faut survivre puis aussi, il faut rester caché. Donc, ils ne cherchent pas l' honneur. Il n'y a pas de réputation. Personne ne sait.
Hugo Lachance : C'est plus comme des contrats, dans le fond, les ninjas.
Maya Kuroki : Aussi, ils ne cherchent même pas de réputation. Ils peuvent changer en n'importe quelle forme Ils n'ont pas quelque chose d'attachement. Il peut être toujours laissé aller aussi. Puis pour s’entraîner soi-même comme ça, c'est vraiment difficile.
Hugo Lachance : Tu as fait un lien avec le combat intérieur?
Maya Kuroki : Oui, c'est ça. C'est ce volet-là que je voulais amener dans toutes les paroles.
Hugo Lachance : Je suis content parce que j'adore faire le podcast pour ça, pour Je suis content de connaître les secrets des chansons. Est-ce que tu pourrais chanter en français ?
Maya Kuroki : Oui, je peux. Chantez oui mais pas écrire les paroles. C'est pour ça que c'est en japonais. Il n'y a pas d'autres statements. Mais je pense que ce n'est pas si important que les gens ne comprennent pas. Mais en même temps, pour expliquer...
Hugo Lachance : Par contre, j'étais content de voir sur Bandcamp, sur certains albums, avoir les paroles en japonais, en anglais et en français
Sei Nakauchi Pelletier : Mais sur le site web de TEKE::TEKE, il y a vraiment tous les textes des albums traduits en français et en anglais pour les gens qui sont curieux.
Hugo Lachance : J’ai fouillé partout sauf là!
Maya Kuroki : Aussi c'est pour ça que je fais le dessin pour un petit peu montrer c'est quoi l'univers de cette chanson là.
Hugo Lachance : On continue avec Meimu
*Extrait de Meimu
Hugo Lachance : je l'arrête là mais super belle ambiance à dessus cette chanson là c'est magnifique
Sei Nakauchi Pelletier : Le côté cinématographique et le côté soundtrack. C'est un morceau où on a poussé l'utilisation d'échantillons, de samples. Je l'ai fait au départ avec le MPC je l’utilise comme un outil de création . C'est un mélange du démo avec l'enregistrement en studio.
Hugo Lachance : Comment fonctionnez-vous en studio? Est-ce que vous enregistrez tout ensemble ou il y a une base après des overdubs?
Sei Nakauchi Pelletier : Pour le premier album, on a enregistré tous ensemble. On essaie de faire le plus de choses ensemble. Après ça, Hagata aussi quand même. Mais on essaie de faire le plus de choses ensemble. Évidemment, on garde certains éléments de trombone-flute. Parfois, on va le faire ensemble, séparément du band, des overdubs. Meimu se retrouve sur Hagata Deluxe qui est sorti l'année passée. C'est un genre de compilation, genre de suite à Agatha avec des remixes et tout ça des versions alternatives. C'est la seule composition originale nouvelle qui souligne la transition ou un nouveau chapitre.
Hidetaka Yoneyama : Ça a ouvert des portes. Souvent on jouait tous ensemble, il y avait beaucoup de sons en même temps. Là, c'est un peu plus épuré, ça donne à chaque personne des moments intenses pour s'exprimer. Ça influence la suite des morceaux qu'on est en train de faire.
Hugo Lachance : En parlant de la suite, qu’est-ce qui s’en vient pour TEKE::TEKE?
Sei Nakauchi Pelletier : Le troisième album est en création en ce moment. On sera en studio cet été pour l'enregistrement mais cette fois-ci c'est un peu différent on fait des enregistrements un peu de notre côté on en fait en studio. On a notre studio aussi, ça va être un peu mélangé. Ce sera pas comme les autres fois où on est vraiment focusé. Ça va se faire surtout ici à Montréal.
Maya Kuroki : Puis t'as acheté de l’analogique?
Sei Nakauchi Pelletier : Oui, c'est ça. Il y a une approche au niveau de ce qu'on utilise comme équipement. J'ai beaucoup sur tape. J'ai voulu un peu m'imposer certaines choses, mais en même temps, je retrouvais un son qui est chaud. J'ai voulu un son qui est chaud, alors j'ai acheté un 8-track tape demi-pouce pour nous imposer des limitations au niveau de la composition. Pas juste empiler des tracks. C’est vraiment l’approche pour le 3e album.
Hugo Lachance : Avez-vous une date de sortie de prévue?
Sei Nakauchi Pelletier : On vise une sortie au début 2027.
Hugo Lachance : J’ai hâte d’entendre ça! Avant de se quitter, Maya, j'aimerais que tu me parles de la pochette de Hagata parce que j'adore le petit personnage avec la trace de morsure.
Maya Kuroki : Hagata signifie marque de morsure. On a vu un nuage qui avait cette forme-là. C'est l'idée que quelqu'un a mangé quelque chose, il le cache et pense que personne ne sait, mais la trace reste. Puis au début, quand on faisait la création de l'Album Hagatha,, il y avait des concepts un peu comme chaque chanson a des personnages un peu fantôme comme Yo-Kai. Au Japon, on croit beaucoup aux personnages spirituels comme les Yo-Kai. Croire à des choses qui n'existent pas nous rend plus humbles.
Hugo Lachance : Félicitations pour tout ce qui est visuel, c'est fascinant. TEKE::TEKE, merci beaucoup à vous trois. Merci à tous d'avoir écouté cet épisode. On se revoit pour un autre épisode de L'Album Podcast !